LA SEMAINE DE LA FOLIE ORDINAIRE

Dans l’émission de ce jour, nous vous diffusons un entretien réalisé avec des membres du collectif organisateur de la semaine de la folie ordinaire sur Paris.

En effet, la Semaine de la Folie ordinaire (SDLFO) est de retour du 28 mars au 3 avril 2022, avec au programme, une déambulation festive dans les rues de Montreuil le vendredi 1er avril et un week-end de folie à la Parole Errante.

Les Semaines de la Folie ordinaire (SDLFO) ont été créées en 2011 à Reims par le collectif Artaud, un collectif de patient(e)s et soignant(e)s, en contrepoint des « Semaines d’information sur la Santé mentale ».

Au travers des manifestations culturelles et artistiques, des rencontres et des débats, nous souhaitons questionner la politique dite de « santé mentale ». C’est l’occasion de créer et rendre visible des espaces libres, créatifs et politiques ; se redonner de l’air collectivement ; se réapproprier les questions liées au soin et à l’accueil ; continuer à nourrir nos luttes et se raconter avec nos mots !

RATP : appel a la grève le 25 mars / MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE du 17 mars

La maison de la RATP à Lyon-Bercy. Crédit photo : O Phil Des Contrastes

Les agents RATP seront en grève ce vendredi pour les salaires et contre la privatisation. Un rassemblement est appelé à 9 h 30 devant le siège à Lyon-Bercy

Avec la privatisation en marche, les conducteurs de bus savent ce qui les attend dès cet été 2022 : « travailler le samedi en deux fois, rajouter 1 h 30 de travail et perdre six jours de repos pour une compensation d’à peine 80 € ».

Pour parler de cette journée de grève, nous vous proposons un entretien réalisé avec Ahmed Berrahal, délégué syndical CGT RATP.

L’intersyndicale nationale interprofessionnelle réunissant la CGT, FSU, Solidaires et UNSA, et les organisations de jeunesse, FIDL, MNL, UNEF et VL organisait une Manifestation pour L’augmentation des salaires et des pensions, ce 17 mars 2022.

Les salarié-es du secteur public comme du privé, les retraité-es, les jeunes partagent toutes et tous une même priorité face à l’augmentation du coût de la vie, il demande une augmention des salaires, les pensions, les allocations et des bourses étudiantes.

Les micros de l’actualité des luttes se trouvaient dans cette manifestation, ou nous avons rencontré, notamment, les salariés en lutte de Chronopost/ DPD et RSI , les salarié-e-s de la FNAC Saint-Lazare et nous avons réalisé en fin de manifestation, un entretien avec un syndicaliste de SUD-ÉDUCATION 93 sur une menace de dissolution de ce même syndicat.

les salarié-e-s de la FNAC Saint-Lazare sont toujours en gréve depuis le 8 décembre .

Voici le lien pour les soutenir : https://www.cotizup.com/grevefnacstlaz

En fin d’émission, nous vous lirons l’appel à mobilisation de cette fin de semaine contre le projet de méga-bassine ”un printemps maraîchin contre les méga- bassines”

Les infos sur ce weekend contre les bassines et les départs en bus sont ici : https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/un-printemps-maraichin-contre-les-megabassines

JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTES DU DROIT DES FEMMES : retour sur la manifestation parisienne

Le 8 mars est la Journée Internationale pour les Droits des Femmes. Elle trouve son origine dans les luttes des ouvrières et des suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. En 1977, elle est officialisé par les Nations Unies comme la Journée Internationale des Femmes.

Cette année, les collectifs et associations qui participent de l’organisation de cette manifestation ont fait le choix d’une journée de grève des femmes avec une manifestation de la Gare du Nord à l’Hôpital Tenon. Nous vous diffusons un reportage réalisé lors de cette manifestation afin d’illustrer la diversité des personnes présentes et une partie des prises de paroles officielles. De plus, nous vous diffusons dans le corps du texte l’appel à cette journée, afin que vous puissiez mieux contextualiser cette mobilisation.
 

” La prise de conscience et les mobilisations féministes grandissent et font bouger les lignes partout dans le monde. Nous sommes debout, nous voulons décider de nos vies. Nous voulons l’égalité.

→ Nous voulons être reconnues dans nos métiers, bien payées, à égalité avec les hommes au travail !

Avec la crise sanitaire, les femmes sont toujours en première ligne, mal payées, majoritaires dans des métiers essentiels (soins, santé, services publics). Nous sommes touchées de plein fouet par la précarité, les bas salaires et le temps partiel subi. Notre travail est déconsidéré et invisibilisé. Aides à domicile, assistantes d’élèves en situation de handicap (AESH), enseignantes, soignantes, travailleuses sociales…Les grèves se multiplient dans les métiers féminisés. Faisons converger ces luttes le 8 mars pour imposer des revalorisations salariales, des emplois stables et durables et des perspectives de carrière ambitieuses ! Les femmes immigrées ou sans papiers sont surexploitées, peu reconnues socialement et peu susceptibles d’évoluer dans leurs emplois. Nous voulons qu’elles soient régularisées !

→ Nous voulons vivre dans une société sans violence sexiste et sexuelle ! Nous voulons être libres de nos choix sur nos corps !

#Metoo, notre mobilisation partout dans le monde bouscule les rapports de domination et met à mal le patriarcat. Nous refusons les violences sexistes et sexuelles que ce soit dans les bars (#BalanceTonBar), dans nos couples ou nos familles (#MeTooInceste), dans la santé (#StopVog, Stop violences obstetricales et gynécologiques), dans notre travail, les lieux scolaires universitaires (#metoofac), dans les fédérations sportives, la culture (#metootheatre), le journalisme, la politique (#metoopolitique).

Les femmes handicapées sont pénalisées par le manque de soins et freinées dans leur choix d’autodétermination de leur sexualité ou dans la possibilité de mettre au monde des enfants. Elles subissent d’autant plus les violences sexistes et sexuelles qu’elles soient d’ordre privé, institutionnel, médical ou économique (le versement de l’allocation d’adulte handicapé.e dépend des revenus du conjoint).

Nous dénonçons l’élection à la présidence du parlement européen d’une parlementaire anti-avortement et nous exigeons que le droit à l’IVG entre dans la charte des droits fondamentaux. En France, l’allongement du délai pour avorter doit enfin être voté, plus question d’être obligée de partir à l’étranger !

L’éducation non sexiste, la lutte contre les stéréotypes dans les manuels scolaires, contre le cyberharcèlement doivent enfin être effectives ! L’orientation ne doit plus être genrée, personne ne doit contrôler nos corps et la façon dont nous nous habillons !

→ Nous voulons avoir du temps pour nous, nous en avons assez d’assurer toutes les tâches à la maison, parce que c’est l’égalité et que nous le valons bien !

Nous refusons d’être les variables d’ajustement, celles qui sacrifient leur travail, qui enchaînent les doubles journées avec le ménage, les courses, la cuisine, etc. pour pallier les déficits de services publics et prendre soin des enfants ou des personnes dépendantes. Comble du mépris : notre travail est si dévalorisé que deux ans après le début de la crise sanitaire, le pouvoir fait toujours comme si on pouvait télétravailler tout en gardant les enfants ! Nous voulons une réduction du temps de travail pour toutes et tous, allongement du congé maternité et du congé paternité et d’accueil de l’enfant, nous voulons une meilleure rémunération du congé parental pour qu’il soit plus partagé, nous voulons un vrai service public de prise en charge de la petite enfance et de la dépendance !

Le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous ferons la grève féministe partout dans le monde pour

  • Affirmer notre solidarité avec les femmes du monde entier qui subissent la répression, la négation de leurs droits, à commencer par nos sœurs d’Afghanistan, violemment réprimées par les talibans et abandonnées par les pays occidentaux
  • Exiger des moyens pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, sachant que pour les seules violences conjugales, le Conseil Economique Social et Environnemental estime à 1 milliard l’investissement nécessaire. Afin de prévenir toutes les formes de violence, il est indispensable d’accompagner et protéger les victimes, de former toutes les personnes qui travaillent à leurs côtés, de sanctionner les agresseurs, de faire appliquer les lois existantes et de compléter la législation.
  • Exiger l’égalité salariale et professionnelle et dénoncer le fait que les femmes sont toujours payées un quart en moins. En France, c’est comme si nous arrêtions d’être payées chaque jour à partir de 15h40
  • Revendiquer la revalorisation des métiers féminisés, la fin de la précarité et des temps partiels et l’application de la loi qui – depuis 50 ans ! – prévoit un salaire égal pour un travail de valeur égale
  • Obtenir le rattrapage des pensions des femmes retraitées qui sont inférieures de 40% à celles des hommes
  • Exiger un investissement financier et un recrutement massif dans les services publics, notamment dans les secteurs du soin, du lien et de l’éducation pour socialiser les tâches domestiques !
  • Développer une éducation féministe et égalitaire qui lutte enfin contre les stéréotypes et les violences et qui donne à tou.te.s la possibilité de réussir leur parcours scolaire et professionnel
  • Exiger l’allongement des délais pour l’IVG et l’accès sur l’ensemble du territoire à des centres IVG

Ce 8 mars, nous serons à la veille des élections présidentielles. Le gouvernement et le patronat bloquent toute avancée et multiplient le féminisme washing. Pire, la réaction masculiniste s’organise relayée par l’extrême droite qui revendique un discours sexiste, raciste et LGBTophobe. Partout dans le monde, la première chose que font ces partis réactionnaires quand ils arrivent au pouvoir, c’est de remettre en cause les droits fondamentaux des femmes.

Alors que la « grande cause » d’Emmanuel Macron s’est avérée une vaste opération d’enfumage, que les idées misogynes relèvent la tête, nous donnons rendez-vous à toutes les femmes, à tous et toutes les féministes. Le 8 mars, on s’arrête tout.e.s. On se met en grève. Plus de bla bla, plus de promesses sans lendemain, des actes. Ne nous libérez pas, on s’en charge ! “

Appel lancé par : Action Aid Peuples Solidaires, Appel Femmes Debout, Assemblée des Femmes, Association Nationale des Etudes Féministes (ANEF), APEL-Égalité, ATTAC, Chiennes de garde, CGT, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV), CFD syndicale afghane, Collectif Tenon, Collectif bas les masques, Les Effrontées, Émission Remue Méninge féministe, Enfants d’Afghanistan, la FAGE, Féministes Tunisiennes, Femmes Egalité, Femmes Solidaires, Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir – FDFA, Fffrac, FIDL, Fond pour les Femmes en Méditerranée, Fondation Copernic, FSU, Hero.ïnes 95, Latir Por Mexico, Las Rojas, Les Rosies, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Maison des femmes de Paris, Maison des Femmes Thérèse Clerc Montreuil, Marche mondiale des femmes France, Mariachi au féminin ArrieraSomos, Mémoire Traumatique et Victimologie, Mouvement Femen, Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F), Negar- soutien aux femmes afghanes, Nous Toutes, NUAWE, Osez le féminisme, Planning Familial, Plus jamais ça, RajFire, Réseau Féministe « Ruptures », Solidaires, Stop Violences Obstetricales et Gynécologiques, SKB, UNEF, Union Nationale des Familles de Feminicides (UNFF), Union citoyenne pour la liberté, Urgences Afghanes.

Soutien des partis politiques : EELV, Ensemble !, France Insoumise, Génération.s, NPA, Parti de Gauche, PCF, Parti Communiste des Ouvriers de France, Parti Socialiste, Place Publique, Union des Communistes Libertaires

GRÈVE A L’EHPAD LE CHÂTEAU DE NEUVILLE SUR OISE

10 mars 2022 : Neuville-sur-Oise, sur le piquet de grevé devant l’Ehpad privé du Château

Depuis le 3 janvier, des salariées de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) privé du Château de Neuville-sur-Oise, dans l’agglomération de Cergy, sont en grève.

Cela fait des mois que ces infirmières et aides-soignantes dénoncent le manque de personnel, les emplois du temps démentiels, les congés qu’elles ne peuvent prendre, le manque de linge, de garnitures, de douches, et même de nourriture pour les résidents !

L’Ehpad de Neuville-sur-Oise appartient à un groupe tenu par la famille Liogier, de Compiègne, qui possède quatre établissements de ce type dans la région.

Le 10 mars dernier, nous nous sommes rendus sur le piquet de grève qui se tient devant l’Ehpad le château de Neuville- sur Oise, et nous avons rencontré : Siham, infirmière, déléguée CSE (comité social et économique) et déléguée syndicale CGT, Anaïs ; aide médicopsychologique et aide-soignante et Amélie, aide-soignante et assistante de soin en gérontologie, qui nous ont parlé de la situation dans cet Ehpad.

“La porosité et les liens entretenus entre Orpea et certaines ARS( agence régionale de santé) questionnent. Quand Orpea embauche d’anciens inspecteurs ou hauts fonctionnaires d’ARS, c’est pour une raison précise : leurs contacts”, explique le journaliste Victor Castanet devant les sénateurs. En cette fin d’émission, nous entendrons l’Auteur du livre enquête Les fossoyeurs sur les établissements du groupe Orpea, il était auditionné le 15 mars au Palais du Luxembourg par la mission d’information sur le contrôle des Ehpad.

LE GROUPE SOS ou “les chemins souriants du capitalisme sans but lucratif” / FNAC SAINT LAZARE : 3eme mois de grève

Le 5 mars 2022 se tenait une table ronde organisée par le cinéma La Clef. Était présent des membres du cinéma, ainsi que Marianne Langlet du Collectif des associations citoyennes et anciennement journaliste à Lien Social, aux côtés de Jean-Louis Laville, lui spécialiste de l’entrepreneuriat social et solidaire.

Le collectif La Clef revival occupe depuis septembre 2019 un cinéma dans le Ve arrondissement, proposant une programmation élaborée collectivement et proposée à prix libre. La démarche est à but non lucratif et le collectif entend tenir une organisation horizontale.

Quelques jours plus tôt, le cinéma était la proie d’une expulsion. Ce dernier étant l’objet à ce moment-là d’une proposition de rachat par le groupe SOS. C’est de ce dernier, et de la confrontation avec un projet économique et politique aux antipodes dont il sera question dans le sujet proposé (celui de “l’entrepreneuriat social”). Avec en perspective, la quête d’un modèle économique pérenne pour le collectif La Clef revival. Fidèle à sa ligne politique.

C’est bien de ce sujet dont il sera question dans l’émission qui va suivre. D’entrepreneuriat social. Ou d’analyser, non sans comparaison faite avec l’histoire et le modèle du collectif La Clef, ce qui se trouve derrière la logique de rachat par le groupe SOS. Un important acteur de l’économie sociale et solidaire.

Site internet du cinéma La Clef : https://laclefrevival.com/

Le 11 mars 2022, se tenait, un rassemblement de soutien aux salarié-e-s de la FNAC St-Lazare en grève depuis le 8 décembre 2021 pour protester contre des conditions de travail dégradées et les bas salaires, était organisé à proximité de la FNAC St-Lazare

Pour les salarié-e-s, les quelques avancées de la direction de la FNAC sont insuffisantes et les intimidations notamment avec la présence d’un huissier et d’un service de sécurité spécialisé se font de plus en plus présente.

C’est dans ce contexte que se tenait ce rassemblement et le reportage de cette seconde partie d’émission en sera l’objet

Bonne écoute !

DROIT DES TRAVAILLEURS MIGRANTS EN FOYER

Aujourd’hui, les résidents des anciens foyers de travailleurs immigrés, vivant isolés en France, et en solidarité avec d’autres membres de leur communauté, sont contraints de subir un changement de statut de leurs logements, catastrophique pour leurs droits et leurs modes de vie.

À la place des foyers, ils habitent des résidences dites « sociales ». Ces résidences sont conçues pour être des logements passerelle en attendant l’accès à un HLM. Sauf que les travailleurs en question ne vont pas dans leur majorité accéder à un HLM. L’offre est massivement insuffisante. Et leur projet n’est pas de mourir en France. Beaucoup souhaitent passer une bonne partie de leur retraite de retour au pays.

Les règlements intérieurs et contrats imposés par les gestionnaires dans ces résidences sociales sont infantilisants et abusivement restrictifs des droits. Il est interdit, sous peine d’expulsion des lieux, d’accueillir sa femme, son fils ou tout autre membre de la famille ou invité. Il est interdit, sous peine d’expulsion, de copier ou modifier la clef, le mobilier ou l’arrangement de la chambre. Les retards de loyer, quelle qu’en soit la cause, mènent tout droit vers le tribunal sans passer par les dispositifs protégeant les locataires de l’expulsion évitable.

Les résidents âgés qui font des allers-retours entre le pays et la France pour les besoins de la santé ou pour garder les contacts faits le long d’une vie de travail sont les premières victimes de ces exclusions et expulsions. Les résidences doivent, selon la loi, comporter des espaces dédiés à la vie collective et démocratique des résidents : salles polyvalentes, bureau pour les délégués élus, éventuellement restaurants associatifs.

Ces espaces existaient dans les anciens foyers. Ils étaient gérés, en commun accord avec le gestionnaire, par les comités de résidents. Dans les résidences, ils sont trop souvent interdits, l’accès étant sous le contrôle total du gérant.

Cette transformation provoque une montée scandaleuse des expulsions !

Le 18 février 2022, se tenait dans la Salle Jean Dame à Paris, une réunion publique sur le thème de la restructuration des foyers des travailleurs migrants. Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une grande partie des interventions de cette soirée. La rencontre se tenait dans le cadre de la campagne antiracisme et solidarité.

Bonne écoute !

DES POSTIERS MENACÉ DE RÉVOCATION / SNCF RATP : l’ouverture a la concurrence en Île-de-France

16 février 2022 Saint-Ouen : devant le siège d’Île-de-France mobilité

Les rassemblements du 13 janvier et 3 février dernier ont été un véritable succès, tant en termes du nombre de participants que par le caractère large des intervenantes et intervenant qui sont venues s’y exprimer. Pour gagner, la mobilisation contre la révocation de Christophe et le licenciement d’Antoine de la CGT FAPT 14.

Le 14 février dernier, la CGT FAPT Poste Calvados 14, SUD Poste 78, et SudPoste92 organisaient un rassemblement de soutien à Christophe (militant CGT FAPT 14) menacé de révocation par la direction de La Poste. Ce rassemblement se tenait devant le siège de La Poste à Montrouge.

Dans ce reportage réalisé se jour là, nous entendrons notamment des entretiens réalisés avec Christophe et Antoine, qui nous parlerons de la stratégie de la poste pour museler les syndicalistes.

Ce mercredi 16 février 2022, des centaines de salariés de la SNCF et de la RATP se sont rassemblés devant le siège d’IDF Mobilité, suite à l’appel des syndicats Sud Rail, CGT et Force Ouvrière. Ils dénoncent la déshumanisation des gares et la destruction du service public, et plus largement la privatisation et l’ouverture à la concurrence de la SNCF.

L’actualité des luttes se trouvait dans le rassemblement et c’est le reportage que nous vous proposons en cette seconde partie d’émission ou nous entendrons les entretiens réalisés avec une cheminote du secteur nord du RER B, un cheminot, agent d’équipe mobile sur la ligne H et un syndicaliste de la RATP sur la gréve du 18 février.

Nous terminerons cette émission en revenant sur la déambulation nocturne qui se tenait ce 12 février, contre le fascisme et l’extrême droite, organiser par le Collectif Paris 20ᵉ Solidaire avec tous les migrants, la Campagne Antiracisme et Solidarité, le collectif des sans papiers de Montreuil et la marche des solidarités.

Ce vendredi, c’est jour de grève dans les transports publics pour réclamer des hausses de salaires, et plusieurs rassemblements sont prévus.
À 8 h 30, la CGT RATP, FO, l’UNSA et Solidaires organisent un rassemblement à la gare de Val-de-Fontenay.
À 10 h 30, la CGT Cheminots-Paris Austerlitz organise un rassemblement en Gare d’Austerlitz devant les guichets pour interpeller la direction. 

Pour la campagne antiracisme et solidarité : les collectifs de sans-papiers et la campagne nationale Antiracisme et Solidarité appellent à Manifestation de soutien aux 5 de Montpellier ce vendredi 18 février à Paris à 16 h à partir de place de la République.

Le même jour Réunion publique COPAF : Droits des travailleurs migrants résidant en foyers Centre Sportif Jean Dame 17 Rue Léopold Bellan -75002, Paris métro sentier.

CONTRÔLES ET RADIATIONS A PÔLE EMPLOI ET A LA CAF

Dessin issu de https://lepoing.net/

Alors que plus d’un million de chômeuses et de chômeurs voient leurs allocations brutalement réduites et que l’ouverture des droits de près d’un demi-million de personnes est remise en cause, le gouvernement Macron fait encore du renforcement des contrôles un objectif politique !

Depuis le 1er octobre par décret et avec validation d’un Conseil d’État qui s’est couché, la réforme – ou casse – de l’indemnisation du chômage frappe de façon hallucinante et inégale les plus précaires.

Les dysfonctionnements graves se multiplient à Pôle emploi, où les demandeurs d’emploi sont gérés par des boites privées en sous-traitance, ou par des applications ou algorithmes conçus apparemment pour calculer les droits au rabais, multiplier les erreurs au détriment des plus précaires, tandis que s’accumulent les radiations abusives et illégales (pour non recherche d’emploi par internet alors qu’il ne peut y avoir d’obligation numérique vu la fracture numérique) et prélèvements de trop perçus non fondés.

Le 10 février dernier, Un collectif unitaire composé du comité national CGT chômeurs-précaires, CGT Pôle Emploi, SUD Emploi, SUD Culture Solidaires…), d’associations de chômeurs/ses, et d’associations comme la Quadrature du Net organisait une AG contre le contrôle des chômeurs (CAF et Pôle emploi).

Dans l’émission de ce jour, nous entendrons une partie des témoignages et les propositions d’action issue de cette assemblée générale.

LES CONVOIS DE LA LIBERTÉ / TIPIAK : Les pirates en grève pour leurs salaires

Un appel aux convoyeurs de la liberté ? “L’histoire montre que le peuple est du côté des Gilets Jaunes et de tous ceux qui se lèvent pour mieux vivre. De la même manière, l’histoire montre comment la dépréciation de nos vies profite à une minorité de nantis, de courtisans et de politiciens. Parce qu’au fond, ce que nous voulons, c’est tout simplement retrouver des moyens de vivre décemment. Nous savons ce qu’il nous en coûtera. L’heure de la décision a sonné. Donnons-nous la main et entrons dans Paris.”

Voici un extrait de l’appel du week-end dernier, pour cet appel des convois qui sont partie de plusieurs régions françaises. Dans cette première partie d’émission, nous pourrons entendre les reportages réalisés sur le cortège qui manifestait de la place d’Italie a Nation et sur les Champs-Élysées.

Les salariés de Tipiak épicerie (Saint Aignan de Grand Lieu, 44) ont lancé une grève illimitée le mercredi 26 janvier pour réclamer des augmentations de salaires décentes.

Tipiak a vu ses profits exploser depuis le début de la pandémie. Résultat : + 35 % de dividendes pour les actionnaires, + 8 % d’augmentation de salaire pour le PDG, +180 €/mois pour le comité de direction… Et + 2 % l’an dernier pour les ouvriers (40 € Bruts par mois environ)

Face au mépris de la direction, les ouvriers ont décidé de se mobiliser. Pour parler de la situation de cette entreprise, nous serons au téléphone avec Damien pelletier, délégué syndical CGT de Tipiak Pontchâteau.

Y’ EN A MARRE DU PASS SÉCURITAIRE !

Crédit photo Serge D’Ignazio https://www.flickr.com/photos/119524765@N06

Né sur les réseaux sociaux et inspiré d’un mouvement canadien, le Convoi de la liberté a commencé à s’élancer à travers la France mercredi dans le but de rouler sur Paris, à partir de vendredi 11 février puis Bruxelles à partir de lundi.

La préfecture de police a interdit le rassemblement des “convois de la liberté” qui doivent rallier la capitale pour protester notamment contre les restrictions sanitaires, en raison des risques de troubles à l’ordre public du vendredi 11 février 2022 au lundi 14 février 2022 inclus, indique la Préfecture dans un communiqué : “L’objectif affiché de ces manifestants serait de bloquer la capitale” en entravant la circulation routière dans les rues de Paris pour promouvoir leurs revendications avant de poursuivre leur protestation en direction de Bruxelles le lundi 14 février.

Le préfet de police, qui a donné “des consignes de fermeté” aux policiers, menace les manifestants de deux ans d’emprisonnement, 4 500 € d’amende, de l’immobilisation et de la mise en fourrière du véhicule utilisé pour commettre le délit d’entrave, du retrait de 6 points sur le permis de conduire, de la suspension pour une durée de 3 ans au plus du permis de conduire…

De plus il rappelle que “L’organisateur d’une manifestation interdite peut être puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende et les participants seront verbalisés avec une contravention de quatrième classe”, soit 135 €, ajoute la préfecture. Ce doit être ce qu’on appelle «  le droit de manifester », à condition de ne gêner personne, de ne bloquer ni l’économie, ni la circulation, bref un truc qui sert à rien !

Dans cette émission, vous pourrez entendre une interview réalisée avec une adhérente du café associatif de Saint-Affrique dans le Sud Aveyron, qui fait l’objet d’une fermeture administrative pour refus de contrôle de pass sanitaire.

Puis vous entendrez une partie des prises de parole enregistrées lors de la conférence de presse « Libérons nos droits ! », ou des soignants, des pompiers suspendus prennent la parole et expliquent leurs choix et leurs conséquences : « 150 collectifs de soignants suspendus appellent à l’aide ». C’est ce qu’on pouvait lire sur le site des Collectifs unis composés de soignants n’ayant plus le droit d’exercer, pour annoncer la conférence de presse du 1er février 2022 organisée à Paris.

◆ Des soignants en détresse : Depuis le 15 septembre 2021, tous les personnels soignants et non soignants travaillant dans le soin, la santé, le médico-social et les premiers secours, n’ayant pas répondu aux exigences de la loi du 5 août 2021, non vaccinés contre la COVID, ont été suspendus. Agents publics, salariés ou libéraux, en contact ou non avec le public, tous ont été punis, exclus, privés de salaire, poussés vers une précarité subite.

Dans le courant de l’émission, nous entendrons également, des appels pris çà et là pour rejoindre le convoi de la liberté.

GRÈVE A PÔLE EMPLOI / CONCERTS DES ANNULÉ-E-S

Les salariè-e-s de pôle emploi, dénoncent la perte de sens des métiers sciemment organisée par la direction, le dévoiement des missions en période électorale, la dévalorisation orchestrée des qualifications et de nos savoir-faire ! Car la charge de travail explose OUI, mais pas que… En plus de la charge de travail qui dégrade fortement les conditions de travail, les agents de Pôle emploi sont également confrontés à la perte de sens de leur travail.

Ce mouvement, dans la continuité des mobilisations sur les salaires du 27 janvier, est assez inédit dans l’histoire de Pôle emploi, fruit de la fusion entre l’ANPE et les Assedic en 2008. Si les derniers chiffres du chômage sont en baisse, cette embellie se fait au prix d’une plus grande précarité.

En interne, la « réforme » de l’assurance-chômage, la succession de plans d’aide au retour à l’emploi, l’augmentation de 25 % des contrôles se sont en effet, accompagnés d’une dégradation des conditions d’exercice et d’une perte de sens au travail.

Ce 1er février 2022, un mouvement de grève a eu lieu au niveau national et nous entendrons le reportage réalisé sur le rassemblement qui se tenait devant la direction générale de Pôle Emploi Île-de-France à Paris.

Les annulations de spectacles et concerts durent depuis début décembre, la reprise reste incertaine. Les causes des annulations ou des empêchements de travailler sont trop nombreuses. L’année blanche est finie et l’activité partielle fonctionne très partiellement.

Dans cette seconde partie d’émission, nous écouterons le reportage réalisé ce 2 février 2022, place du châtelet à Paris ou la CGT Spectacle organisait un concert des annulées.e.s.

FNAC : QUEL TEMPS FAIT-IL SUR ST LAZARE ?

Le mouvement reconductible initié à la FNAC Saint-Lazare, le 8 décembre 2021, qui découle d’années d’alertes sur la baisse de l’effectif et la dégradation des conditions de travail, se poursuit.

Trois réunions se sont tenues depuis entre les grévistes et la direction. Le 17 décembre 2021, le 13 janvier 2022 et enfin le 2 février 2022.

Le projet de protocole amendé reprend à la fois l’ensemble des engagements déjà actés, précise également l’encadrement dans le temps de propositions touchant à des effectifs supplémentaires et acte une nouvelle contre proposition des grévistes quant à l’obtention d’une prime de pénibilité spécifique au magasin Fnac St Lazare. Faute de trouver écho à la revendication d’une prime« Covid » générale.

Face au mépris de la direction ne s’attelant qu’à reverser des dividendes aux actionnaires alors que le groupe Fnac/Darty fait des bénéfices énormes depuis le début de la pandémie, les grévistes sont déterminés à défendre leurs conditions de travail jusqu’à satisfaction de leurs revendications.

À quelques jours d’une nouvelle mobilisation devant le magasin Fnac St Lazare, nous recevions dans nos studios, quatre salarié-e-s de la Fnac et en leurs compagnies, nous sommes revenus sur la construction de ce mouvement de grève dans cette enseigne.

Prochain rassemblement qui pourrait être l’ultime point de levier de la négociation après 2 mois de lutte, le samedi 12 février 2022 à 15 h devant la FNAC St-Lazare (passage du Havre, en face de la gare)

Lien caisse de grève : https://www.cotizup.com/grevefnacstlaz

PAROLE DE SOIGNANTE : le témoignage de Yasmina kettal épisode 2

Infirmière à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis (93), membre du Collectif Inter-Urgences et syndiquée à Sud Santé, Yasmina Kettal écrivait en octobre 2020 « Je crois que ça y est, je n’ai même plus la force d’être en colère (…).

Derrière les hommages, Macron asphyxie l’hôpital. Je me rappelle avoir dit juste avant la première vague : « On sera là, on fera le boulot » ». La gestion de cette première vague a été telle que, nous avons développé des trésors d’imagination et d’inventivité pour parfaire aux défaillances de l’État.

Les soignant.e.s avait fait de même.« La situation a changé depuis ! (…) Ce ne sont plus les respirateurs qu’il faut compter, mais les soignants. ». À la sortie du premier confinement, la manifestation des soignant.e.s du 16 juin 2020 contre la réforme du Ségur était violemment réprimée. Dans l’été, la réforme était adoptée et les fameux héros méprisés.

« Ces fameux gens, toujours là, toujours prêts (…). Tous ces gens ne vont pas de nouveau se donner autant, une fois encore. Car ils ont eu des crachats en retour. (…) C’est notre faute, on n’a pas assez déconstruit notre côté héroïnes, mais en même temps il ne nous reste plus que ça. Là est toute la perversion. Ce qui devrait être la contrepartie gratifiante est devenu notre poison ».

(…) Mais dans tout cela rendons à César ce qui appartient à César. La plus grande part de responsabilité revient à ceux qui décident. Oui, certaines mesures sont absurdes. Tout comme ne pas avoir mis les moyens tant qu’il en était encore temps, ne pas se pencher sur la gestion de facs surpeuplées ou la situation au sein des écoles. On laisse la gestion d’une épidémie au préfet ? Soyons sérieux deux minutes, crise sanitaire/préfet, ça ne choque personne ? La défiance est partout, mais n’est le fruit que de leur inconséquence et de leur mensonge.(…)

L’économie nous coûte la vie. Je suis bien placée pour le savoir. La surmortalité dans le 93 durant la première vague, j’en assez parlé. Je ne vais pas donner de chiffres, je ne les supporte plus. A-t-on eu le temps de prendre conscience que c’étaient des êtres humains, des familles ? Pendant le confinement, lorsque certains se mettaient au yoga ou à une langue étrangère, j’ai vu les miens partir travailler ou grossir les files d’attentes pour des colis alimentaires.(…)Et à présent il faudra peut-être les maintenir « quoi qu’il en coûte » au travail pour ne pas sacrifier l’économie ?

Pourquoi ne serait-il pas possible d’envisager que le coût incombe à ceux qui possèdent ? Pourquoi culpabiliser la population alors qu’ils font déjà beaucoup de sacrifices ? Si on n’était pas tributaires de décisions parfois absurdes ou injustes, pourquoi pas, mais là… (…) Toutes les décisions ou leur absence vont peser sur le bout de la chaîne, entre autres l’hôpital. Il y aura des choix à opérer et une nouvelle fois, ils seront pour ceux habitué à faire le sale boulot. Et donc, en ce moment, comment va le bout de la chaîne ?

Lire le texte en entier https://blogs.mediapart.fr/yasmina-kettal/blog/021020/probablement-qu-y-est-l-hopital-s-effondre-0

Au mois de février 2022, nous réalisons un entretien avec Yasmina justement à ce sujet : comment va le bout de la chaîne ? L’occasion de revenir sur les luttes qui se sont déroulées avant la covid-19 avec le collectif inter-urgence et inter-hôpitaux, de comprendre comment la gestion de cette épidémie les a éteintes, mais aussi ce qui nous reste aujourd’hui de nos envies de luttes et de changement profond sur la question du soin et la gestion de la santé.

Dans ce second volet, nous poursuivons cet entretien avec Yasmina Kettal et nous débutons avec son récit qui part de son expérience de septembre 2020.

PAROLE DE SOIGNANTE : le témoignage de Yasmina kettal épisode 1

Infirmière à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis (93), membre du Collectif Inter-Urgences et syndiquée à Sud Santé, Yasmina Kettal écrivait en octobre 2020 « Je crois que ça y est, je n’ai même plus la force d’être en colère (…).

Derrière les hommages, Macron asphyxie l’hôpital. Je me rappelle avoir dit juste avant la première vague : “On sera là, on fera le boulot” ». La gestion de cette première vague a été telle que, nous avons développé des trésors d’imagination et d’inventivité pour parfaire aux défaillances de l’État.

Les soignant.e.s avait fait de même.« La situation a changé depuis ! (…) Ce ne sont plus les respirateurs qu’il faut compter, mais les soignants. ». À la sortie du premier confinement, la manifestation des soignant.e.s du 16 juin 2020 contre la réforme du Ségur était violemment réprimée. Dans l’été, la réforme était adoptée et les fameux héros méprisés.

« Ces fameux gens, toujours là, toujours prêts (…). Tous ces gens ne vont pas de nouveau se donner autant, une fois encore. Car ils ont eu des crachats en retour. (…) C’est notre faute, on n’a pas assez déconstruit notre côté héroïnes, mais en même temps il ne nous reste plus que ça. Là est toute la perversion. Ce qui devrait être la contrepartie gratifiante est devenu notre poison ».

(…) Mais dans tout cela rendons à César ce qui appartient à César. La plus grande part de responsabilité revient à ceux qui décident. Oui, certaines mesures sont absurdes. Tout comme ne pas avoir mis les moyens tant qu’il en était encore temps, ne pas se pencher sur la gestion de facs surpeuplées ou la situation au sein des écoles. On laisse la gestion d’une épidémie au préfet ? Soyons sérieux deux minutes, crise sanitaire/préfet, ça ne choque personne ? La défiance est partout, mais n’est le fruit que de leur inconséquence et de leur mensonge.(…)

L’économie nous coûte la vie. Je suis bien placée pour le savoir. La surmortalité dans le 93 durant la première vague, j’en assez parlé. Je ne vais pas donner de chiffres, je ne les supporte plus. A-t-on eu le temps de prendre conscience que c’étaient des êtres humains, des familles ? Pendant le confinement, lorsque certains se mettaient au yoga ou à une langue étrangère, j’ai vu les miens partir travailler ou grossir les files d’attentes pour des colis alimentaires.(…)Et à présent il faudra peut-être les maintenir « quoi qu’il en coûte » au travail pour ne pas sacrifier l’économie ?

Pourquoi ne serait-il pas possible d’envisager que le coût incombe à ceux qui possèdent ? Pourquoi culpabiliser la population alors qu’ils font déjà beaucoup de sacrifices ? Si on n’était pas tributaires de décisions parfois absurdes ou injustes, pourquoi pas, mais là… (…) Toutes les décisions ou leur absence vont peser sur le bout de la chaîne, entre autres l’hôpital. Il y aura des choix à opérer et une nouvelle fois, ils seront pour ceux habitué à faire le sale boulot. Et donc, en ce moment, comment va le bout de la chaîne ?

Lire le texte en entier https://blogs.mediapart.fr/yasmina-kettal/blog/021020/probablement-qu-y-est-l-hopital-s-effondre-0

Au mois de février 2022, nous réalisons un entretien avec Yasmina justement à ce sujet : comment va le bout de la chaîne ? L’occasion de revenir sur les luttes qui se sont déroulées avant la covid-19 avec le collectif inter-urgence et inter-hôpitaux, de comprendre comment la gestion de cette épidémie les a éteintes, mais aussi ce qui nous reste aujourd’hui de nos envies de luttes et de changement profond sur la question du soin et la gestion de la santé.

MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE DU 27 JANVIER 2022

Les salaires, les pensions et les aides et allocations continuent de stagner ou même de baisser au regard de l’inflation, de décrocher par rapport aux qualifications dans le secteur privé comme dans le public.

Dans de certains secteurs et entreprises des mobilisations et des négociations ont permis d’obtenir des revalorisations de salaires, trop souvent encore les négociations sont au point mort ou les propositions des employeurs loin du compte.

La jeunesse confrontée à une grande précarité de vie et de travail, à la pauvreté accentuée par la crise sanitaire, économique et sociale, se contre des réformes libérales, de l’éducation, de la formation, de l’assurance chômage décidées par le gouvernement.

Ce 27 janvier 2022, se tenait à l’appel des organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, MNL, Unef et UNL, une mobilisation interprofessionnelle sur les salaires et l’emploi. 

L’équipe de l’actualité des luttes se trouvait dans cette manifestation et dans l’émission de ce jour, nous vous proposons le reportage réalisé ce jeudi.

Nous entendrons des interviews notamment avec une personne en statut AESH, un sapeur-pompier de Melun, des lycéens et lycéennes et une salariée en EHPAD…

LA LUTTE DES SANS PAPIERS DE RSI ET DE LA POSTE SE POURSUIT /SOLIDARITÉ AVEC LES CINQ DE MONTPELLIER

C’est le règne de l’impunité pour les exploiteurs de sans-papiers !
Il y a deux ans, en août 2019, le Ministère du Travail avait été obligé de lancer une enquête sur les pratiques de Chronopost et de son sous-traitant Derichebourg. Enquête qu’il a lui-même liquidé, sans aucune suite, à la faveur de la fin du conflit et de la crise sanitaire !

Le jeudi 13 janvier dernier les grévistes de Chronopost, soutenus par les travailleurs sans-papiers en lutte sur les piquets DPD à Coudray-Montceaux et RSI à Gennevilliers se sont rassemblés devant la Direction du travail du Val-de-de-Marne à Créteil.
Ils demandaient à être reçus par cette antenne du ministère du Travail afin de faire valoir leurs droits, et d’obtenir une relance de l’enquête avortée il y a deux ans. La Direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) du 94 a une fois de plus refusé de recevoir une délégation !

À la suite de cette mobilisation, un rassemblement se tenait le 20 janvier dernier, devant la direction régionale du Ministère du Travail à Aubervilliers, pour dénoncer le comportement des services de L’État face à Derichebourg et Chronopost à Alfortville.

Le reportage suivant a était réalisé lors de ce rassemblement et nous pourront entendre les prises de parole et les interviews réalisées avec les grévistes et leurs soutiens.

Le jeudi 7 octobre 2021, à Montpellier, huit militants sans-papiers ont été arrêtés sur le quai de la gare quelques heures avant le début du contre-sommet Afrique-France organisé par un collectif d’organisations locales et nationales. La préfecture de police et le Ministère de l’Intérieur ont été prévenus de cet évènement.

Le matin du 1er jour de ce contre-sommet, la préfecture a envoyé des policiers procéder à des arrestations ciblées et discriminatoires sur le quai de la gare. Deux d’entre eux ont été transférés en centre de rétention avant d’être enfin libérés cinq jours plus tard grâce, entre autres, à une riposte et une mobilisation rapide qui ont commencé le jour-même devant le commissariat de Montpellier.

Cinq autres sont sortis des locaux de la police avec OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) assortie d’une IRTF (Interdiction de Retour sur le Territoire Français) dès jeudi 7 octobre.

Le 18 novembre, ces cinq militants passaient devant le tribunal administratif pour contester l’illégalité de leur interpellation et des OQTF et IRTF prononcées par le préfet. Le tribunal de Montpellier a confirmé les obligations à quitter le territoire français (OQTF) et les interdictions d’y retourner (IRTF) complètement sourd aux éléments forts qui devraient logiquement amener à une annulation de ces dernières.

Des voix pour s’élever contre l’entrave au droit de manifester

E. Macron affirmait vouloir échanger avec la jeunesse africaine et « les acteurs du changement » durant ce sommet France Africain. Quelque chose ne change pas, la brutalité avec laquelle sont traités les militant.es antiracistes, et celles et ceux du mouvement social plus généralement sous l’ère Macron.

L’arrestation des huit militants de différents collectifs de la région parisienne est bien une remise en cause du droit de se faire entendre par l’action collective et le rapport de force, seuls véritables moteurs de changement et d’émancipation. La situation des sept interpellés est notre cause à toutes et tous.

Des voix pour en finir avec le contrôle aux faciès

Ces arrestations discriminatoires et illégales, jugées comme telles par le juge des libertés et de la détention ayant prononcé la libération des deux camarades enfermés en Centre de Rétention, sont à l’image des pratiques à dimension raciste de la police. Une étude de 2017, dirigée par le défenseur des droits, Jacques Toubon, démontrait que les contrôles de Police touchent 20 fois plus les jeunes “d’apparence noirs ou arabes”. Les contrôles d’identité ciblés visant à harceler la jeunesse des quartiers populaires et à expulser des migrant.es devant cesser.

Des voix pour faire vivre la solidarité contre le racisme et les frontières

Depuis les manifestations du 18 décembre, des centaines d’associations, de collectifs, de syndicats et d’organisations politiques s’organisent à travers la campagne Solidarité Antiraciste.

Les mesures administratives d’éloignement que sont les IRTF et OQTF condamnent à l’errance ceux et celles qui partent, et privent de tous leurs droits ceux et ou celles qui contreviennent à l’obligation de quitter l’espace Schengen. Harceler les migrant.e.s, les priver de leurs droits et les expulser, telle est la devise du ministère de l’Intérieur, à l’ère Macron.

C’est pourquoi, nous devons nous mobiliser afin d’éradiquer ces pratiques qui bâtissent des frontières dans nos villes, nos villages et nos quartiers.

Des voix pour exiger
• La levée immédiate des mesures administratives d’éloignement pour les cinq camarades arrêtés à Montpellier.
• La fin des arrestations discriminatoires à l’encontre de personnes racisé.es
• La liberté de circulation et d’installation
• La régularisation de tous les Sans-Papiers

Meeting de Solidarité à la Parole Errante,
9 rue François Debergue, Montreuil, le samedi 29 janvier à 17 h

Pour appeler à cet événement nous vous diffusons l’interview de Anthioumane militant du CSPM et de la marche des solidarités réalisé le 26 janvier 2022,

Solidarité avec les cinq de Montpellier !
Solidarité Antiraciste !
Liberté ! De manifester ! De circuler ! De s’installer !

ANTILLES : face à la répression la lutte continue

Depuis le mois de juillet, la mobilisation aux Antilles françaises ne faiblit pas. Au départ sur la question des mesures sanitaires et contre l’obligation vaccinal pour les soignants, cette mobilisation a pris de l’ampleur et revient sur l’ensemble des problématiques sociales qui ne sont qu’aggravées par la crise sanitaire : chômage, empoisonnement au chlordécone, accès aux soins vie chère, etc.

Ce mouvement réuni plusieurs formes de mobilisation avec des manifestations, des grèves, des actions et la mises en place de barrages en Guadeloupe. Il réunit aussi l’ensemble des acteurs sociaux avec un collectif de syndicats, divers collectifs, associations et des individus. Au mois de janvier 2022, cette mobilisation est aussi importante en termes de durée, de revendications et d’acteurs impliqués que la grève de 2009 qui avait durée 45 jours.

Pourtant, les institutions locales et hexagonales ne font que se renvoyer la balle quant à leur responsabilité face à la crise actuelle et encore aucunes négociations n’a pu être mise en place.

La seule réponse de l’État a été l’envoi de troupe du GIGN(groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) et du RAID(Recherche Assistance Intervention Dissuasion) accompagné d’une campagne médiatique qui ne revient que sur des faits de violences qui s’ils existent ne sont pas au cœur de la question.

Et pourtant, face au refus de dialogue social de la part de l’État et les conditions de vies que ce même état maintient lui-même par la violence comment ne pas s’expliquer que les tensions augmentent ?

La semaine dernière, alors que des barrages tentaient de se mettre en place suite à leur destruction en décembre par la police et l’armée, et et que les manifestations du samedis perdraient, les médias nous diffusaient  l’information selon laquelle 8 personnes responsables de certaines des “violences urbaines” ayant eu lieu lors du mois de décembre et de novembre en Guadeloupe.

Ils ont tous été mis en examen pour un ou plusieurs chefs d’association de malfaiteurs en vue de commettre crimes et délits en bande organisée. Quatre d’entre eux ont été placés en détention provisoire. Et au moment où nous avons réalisé cette émission, les débats se poursuivent devant le juge de la liberté et de la détention pour les trois autres.

Rien sur la mobilisation, et surtout pas sur la participation active de ces personnes a la mobilisation en tant que tel. Rien non plus sur leur rôle en tant qu’acteurs sociaux dans l’île avant même le début de cette lutte. Nous avons nous décidé ” de ne pas nous tromper de combat” et de continuer à diffuser la parole des acteurs de cette lutte, afin de réfléchir ensemble aux véritables raisons sociales qui animent cette mobilisation.

Ainsi, nous vous diffuserons dans cette émission plusieurs interventions. Tout d’abord vous pourrez entendre le montage de la prise de parole du collectif Moun gwadeloup (que nous avons interrogé au mois de décembre) suite à la manifestation de soutien qui avait lieu devant le commissariat où se trouvaient les personnes interpellées le  samedi 22 janvier 2022.

Ensuite vous pourrez entendre l’interview de Christophe Sinnan, gendre de Claude jean pierre, mort le 3 décembre 2021 des suites de ses blessures lors d’un contrôle de gendarmerie, sur le traitement médiatique de cette affaire.

Enfin nous vous diffuserons l’interview de Léandre Emrick, créateur et journaliste sur le média indépendant the link fwi, autour de son expérience les six derniers mois sur le terrain de la mobilisation et sur les éléments de contexte au plus long terme qui nourrissent et explique la détermination du peuple guadeloupéen.

Pour plus d’infos : 
http://www.thelinkfwi.com
https://m.facebook.com/MounGwadloup971GAM/

LA SOCIÉTÉ AVEYRONNAISE DE MÉTALLURGIE / JOURNÉE DE GRÈVE DANS L’ÉDUCATION NATIONAL

Les salariés de la Société Aveyronnaise de la Métallurgie (SAM) situé à Viviez (Aveyron), occupent leur site depuis plusieurs semaines pour dénoncer la liquidation de leur entreprise et le sacrifice de 333 salarié.e.s, de leurs familles et de leur territoire tout entier et en décidant de délocaliser leur activité notamment en Roumanie et en Espagne.

L’entreprise, placée en redressement judiciaire, attend un repreneur. En 2017, l’entreprise est reprise par Jinjiang, prévoyait d’investir 18,5 millions d’euros sur le site aveyronnais.

Ce mercredi 12 janvier, les salarié.e.s de la Société Aveyronnaise de la Métallurgie (SAM) se sont rassemblé.e.s devant le ministère de l’Économie et des Finances, soutenu.e.s par des centaines de militant.e.s de la CGT et par de nombreux élus et personnalités.

L’équipe de l’actualité des luttes se trouvait sur ce rassemblement et nous avons recueilli les propos des salarié-e-s et soutien syndicaux et notamment, un entretien réalisé avec un salarié de Renault qui nous parle de la gestion de la Société Aveyronnaise de la Métallurgie.

Face à la crise sanitaire, les fédérations de l’Éducation nationale FSU, UNSA, FO, CGT Educ’action, SNALC, SNE, SUD Education, la fédération de parents d’élèves FCPE, les organisations lycéennes MNL, La Voix Lycéenne, la FIDL, appelaient ce 13 janvier 2022, à la grève nationale et à une journée d’actions pour exiger le respect des personnels et des moyens de fonctionner.

La manifestation parisienne partait du Luxembourg pour se rendre en direction du ministère de l’Éducation nationale. Dans cette seconde partie d’émission, nous pourrons entendre le reportage réalisé dans le cortège avec la parole de lycéen-n-es, d’enseignant et enseignante et une réflexion sur cette journée de mobilisation.

FNAC : agitateur de précarité

Les grévistes de la FNAC St Lazare déterminé.e.s poursuivent le mouvement initié le 8 décembre 2021.

Le 23 décembre, après que des salarié.e.s et élu.e.s des différents magasins Fnac Paris ainsi que des soutiens extérieurs, se soient rassemblés à St Lazare et aient fait la tournée des magasins pour distribuer des tracts à la clientèle, la direction a commenté à la presse « que le pouvoir d’achat de ses collaborateurs est une préoccupation constante », insistant notamment sur le versement d’une prime
mensuelle de 135 € pour les salariés parisiens, « équivalent d’un 14 e mois »

Les salarié-e-s ne veulent plus travailler dans les conditions de manque d’effectif criant dans lesquelles ils et elles se trouvent et exigent des conditions de travail et d’accueil des clients décentes et qui n’altèrent pas leurs conditions physiques et morales.

Depuis une dizaine d’années, ce sont près de 50 % des effectifs de Fnac Paris qui ont été supprimé par le groupe Fnac Darty, un groupe qui annonce des bénéfices chaque année et reverse des millions aux actionnaires.

Le site internet Fnac.com affiche, en effet, des progressions exponentielles depuis le premier confinement, et le PDG Enrique Martinez se vante dans tous les médias de l’excellente santé et des bénéfices de son groupe, il s’est même permis d’augmenter sa rémunération de 30 % alors que certains de ces salariés sont en dessous des minimums de grille suite à la dernière augmentation du SMIC.

C’est dans ce contexte que les grévistes de la Fnac St Lazare, organisait un nouveau rassemblement pour exiger de meilleures conditions de travail devant le magasin ce 14 janvier 2022.

Nous vous proposons le reportage réalisé ce 14 janvier, devant et à l’intérieur du magasin. Nous entendrons les prises de parole des grévistes et de leurs soutiens.

Bonne écoute !

Le lien de la caisse de grève : https://www.cotizup.com/grevefnacstlaz

LA SITUATION DANS LE SECTEUR DE LA SANTÉ

Paris place des fêtes 4 juillet 2020 : le quartier fête son hôpital

Depuis le lundi 27 décembre, le personnel des urgences du CHU de Rouen s’est déclaré en grève illimitée « pour protester contre la dégradation de ses conditions de travail et le manque de moyens humains et matériels », en raison du manque de personnel dans l’hôpital, 40 postes d’infirmiers ne sont pas pourvus et une cinquantaine de lits fermés.

Ainsi, ce mercredi, ce sont deux autres services de l’hôpital qui ont décidé de rejoindre de concert le mouvement et déposer un préavis de grève pour le mercredi 12 janvier. Précisément, c’est l’unité d’hospitalisation d’attente (UHA) et l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD) qui sont concernées. Deux services complémentaires des urgences jouant le rôle d’« unités tampons » selon les propos du secrétaire de Force Ouvrière du CHU Philippe Vasselin, rapportés dans le journal local Actu 76.

« Pour les personnes qui doivent rester après un passage aux urgences, ce sont dans ces unités qu’elles sont placées en attendant l’hospitalisation » explique-t-il. Toujours pour le journal Actu 76, Guillaume Herlin, syndiqué chez SUD, rapporte de son côté : « C’est l’effet boule de neige… La saturation des Urgences amène maintenant ces unités à leur tour saturer ». « La crise de la Covid vient exacerber une situation déjà bien tendue », ajoute-t-il.

la grève a eu lieu dans ces deux services à compter du mercredi 12 janvier toute la journée et durant la soirée. Les grévistes ont pour revendication le respect de leurs horaires de travail, ainsi que le recrutement de deux agents supplémentaires. A ce sujet, Phillipe Vasselin rapporte : « Une aide-soignante est partie, et elle n’a jamais été remplacée. La charge de travail a été répartie entre les autres soignants ». Ils demandent également la réouverture des lits en aval de ces deux services.

Encore une fois, la crise de la Covid vient mettre en évidence le manque de moyens et de personnel chroniques dans l’hôpital public, manque résultant des politiques de casse de l’hôpital public qui se succèdent depuis plusieurs décennies. Entre 2013 et 2019, ce sont plus de 13000 lits en hôpitaux qui ont été fermés.

Pour parler de la situation au CHU de Rouen, nous serons au téléphone avec Guillaume Herlin, syndiqué à SUD SANTÉ SOCIAUX et infirmier en service de néonatalogie.

Récemment, l’Autriche a décidé un confinement sélectif épargnant les vacciné·e·s. Singapour a quant à elle décidé de dérembourser les soins des patient·e·s hospitalisé·e·s pour Covid et non vacciné·e·s. En France, les non vacciné·e·s ayant besoin d’une consultation dans un établissement de santé seront bientôt refoulé·e·s. (avec la mise en place du passe vaccinal à la place du passe sanitaire).

Attention : limiter les droits fondamentaux et les soins aux non vacciné·e·s n’arrêtera
pas la pandémie de COVID-19. Continuons à soigner les non-vacciné·e·s et refusons de les discriminer.

Toute personne infectée par la Covid doit pouvoir bénéficier efficacement de soins, qu’elle soit vaccinée ou non : conseils, isolement, surveillance ou traitements spécifiques. Empêcher l’accès aux soins et au dépistage des non vacciné·e·s ne mènera qu’à l’augmentation des contaminations. Les structures hospitalières sont sous pression à cause de restrictions de capacités d’accueil et d’hospitalisation, organisées par les décideurs·euses depuis plusieurs années sur des bases
économiques de rentabilité sans lien avec les besoins de la population.

Les fermetures de lits se poursuivent sur ordre du gouvernement, alors que nous sommes en période épidémique. Et le départ des personnels·les soignant·e·s de l’hôpital qui s’opère depuis plusieurs années est dû à des causes structurelles (manque de moyens, bas salaire, heures supplémentaires non payées…). Les
personnes non vaccinées ne sont pas responsables de ça. L’argument de la vaccination indispensable pour « soulager l’hôpital public » est dangereux. Les difficultés d’accès aux soins ne relèvent pas de la responsabilité des individu·e·s : ce sont les gouvernant·e·s qui dégradent les services publics.

Notre système est (encore) basé sur la mutualisation des moyens et le partage des risques. Ce qui fait par exemple qu’une personne atteinte d’un cancer du poumon n’avance pas de frais liés à sa maladie, peu importe qu’elle ait fumé, ou été exposée à l’amiante ou autre. Se désolidariser de celles et ceux qui sont malades et qui ont besoin de soins revient à détruire les fondements de Sécurité sociale de l’assurance maladie : si chacun·e est responsable de lui/elle-même, alors pas besoin de
mettre dans un pot commun pour couvrir les soins de tous et toutes.

Chacun·e serait alors obligé·e de payer pour son propre compte en fonction des « risques » pris au cours de la vie, auprès de systèmes assurantiels qui n’attendent que ça. Il est illusoire de croire que nous pouvons individuellement nous assurer pour des risques qui représentent des sommes astronomiques (3 000 € la journée en soins intensifs, 30 000 € certaines lignes de chimiothérapie) La police d’assurance sera salée, plus salée que la cotisation solidaire qui est versée à l’Assurance maladie
aujourd’hui.

Voici une grande partie du communiqué de presse du 22 décembre 2021 du syndicat de la médecine général et nous reviendront dans les grandes lignes de ce communiqué avec Lanja Andrian, membre du SMG et médecin généraliste à Perpignan

Les soins urgents et vitaux sont encore dispensés, mais dans quelles conditions ?

Les personnels des soins sont au bout du rouleau, désabusés de leur métier, broyés dans la machine.

Au point pour certains de perdre la boussole de leur éthique professionnelle et de mettre en avant le tri à faire sur les malades qui se présentent.

Qui en est responsable ?

Certainement pas ces professionnels eux-mêmes, sur qui on reporte des questions qui devraient être traitées par le débat démocratique.

Depuis des années, les gouvernements successifs ont sacrifié notre système public de santé et l’ont vendu à la découpe au privé, sans aucune pensée globale et prospective sur les besoins et défis de santé à venir.

Des professionnels sous-payés par rapport à leurs compétences, leur qualification et leur engagement ; une absence de reconnaissance des savoir-faire ; une logique économique qui passe avant la logique des soins ; des dysfonctionnements majeurs liés à une logistique et une administration inadaptées, pourtant pléthoriques ; un empiètement de plus en plus important de techniques managériales nocives qui ne sont là que pour faire marcher des escadrons de petits soldats…

La servitude volontaire des plus gradés, paramédicaux, administratifs et malheureusement parfois médicaux, soumet aveuglément l’ensemble au dogme de la productivité, de la performance, d’une prétendue efficience, de la course au chiffre, de la concurrence entre services, établissements… Cette bureaucratie comptable, disciplinée et aveugle, dont le coût et le poids sont énormes, présente dans toutes les strates des hôpitaux, des GHT mille-feuille, des ARS… aboutit à une maltraitance des patients et des soignants, détruit le soin, dégoute les soignants et les conduit à l’arrêt ou à la fuite.

Quoi de mieux que ce lent pourrissement, cette destruction organisée pour faire fuir aussi les patients et permettre de proposer le privé lucratif comme sauveur ?

Nous en sommes arrivés là.

Peut-on encore parler d’erreur ou d’incompétence là où une stratégie de non-assistance clairement affichée trouve son illustration ?

Plus encore, c’est l’absence de vision de santé publique qui fait défaut : celle qui articulerait la médecine de ville à la médecine hospitalière, restaurerait une permanence des soins, prendrait véritablement en compte les plus précaires (4 % de la population n’a pas de mutuelle et devra payer de sa poche le nouveau forfait urgence à 19,61 € alors que les le manque de médecins généralistes est criant). Là encore il s’agit de favoriser attente, conflit, humiliation des patients par des équipes exsangues pour les dégouter un peu plus.

La psychiatrie en est une parfaite illustration. Alors qu’elle est démantelée depuis des années, mais ô combien nécessaire par les temps difficiles que nous traversons, elle n’a eu droit qu’à quelques mesurettes en septembre dernier alors que les besoins se chiffrent en milliards.

Ce communiqué de presse publié le 7 janvier 2022 par l’USP – Union Syndicale de la Psychiatrie- donne un aperçu de la situation dans le secteur de la Psychiatrie. Nous reviendrons sur cette conjoncture en compagnie de Delphine Glachant, Psychiatre en Île-de-France et présidente de l’union locale de la Psychiatrie.

Nous terminerons cette émission par l’appel à soutien pour Vincenzo Viecchi et ensuite, nous entendrons un entretien réalisé avec Charlotte Jimony, l’épouse de Jimony Rousseau, habitant de Lagny, incarcéré à la prison de Meaux-Chauconin le 6 janvier 2021 puis décédé le 2 février 2021. À cet effet, un rassemblement aura lieu ce mercredi 19 janvier 2022 à 12 h devant le tribunal de Meaux pour la suite de cette affaire.


JOURNÉE D’ACTION DANS LE SECTEUR DE LA SANTÉ/ MILITANTES KURDES ASSASSINÉES

Saint-Denis 8 janvier 2022 : devant le siège de l’agence régionale de santé

L’actuelle vague épidémique de la COVID-19 met une nouvelle fois durement à l’épreuve notre hôpital public, déjà fortement sollicité par cette pandémie. Cette crise sanitaire a par ailleurs mis en lumière les inégalités d’accès au soin et les grandes difficultés de notre hôpital public complétement dévasté par des années d’austérité budgétaire.

Tous ces problèmes nous les retrouvons démultiplié en Seine-Saint-Denis, territoire particulièrement frappé par l’épidémie, où ici plus qu’ailleurs l’hôpital public joue un rôle déterminant pour l’accès au soin, alors qu’il connait un épuisement très inquiétant des personnels.

Pour ne prendre qu’un seul exemple, l’hôpital Robert Ballanger dénombre plus de 30 % de ses lits fermés par manque de personnels. Et pour tordre le cou aux affirmations qui martèlent que nous ne pouvons pas former des soignants en 3 mois, nous rappelons que cette pandémie dure depuis 2 ans et qu’il y a quelques mois des étudiants ont dû saisir le conseil d’État pour contraindre le gouvernement à ouvrir des places dans les facultés de médecine.

Ce ne sont que des exemples parmi d’autres qui témoignent d’un véritable abandon de l’hôpital public. Car notre système de santé est bien au bord de l’effondrement et les grands discours, les promesses généreuses, sont vécus par les personnels comme autant de gifles tant ils peinent à se concrétiser et sont à rebours des réalités du terrain.

La communication semble vouloir agir comme un contrefeu pour tenter de masquer une situation de crise d’une intensité jamais égalée. Pourtant, chacun reconnait que les salarié.e.s des secteurs du sanitaire, médico-social et social public et privé sont essentiels, notamment pour garantir à toutes et tous l’accès aux droits sociaux et aux soins. Quand va-t-on enfin leur donner les moyens d’exercer leur métier dans de bonnes conditions ? Quand va-t-on réellement décider de valoriser les métiers du soin ? Combien de crises faut-il pour qu’enfin les demandes citoyennes soient traduites en politiques publiques à la hauteur des besoins et des enjeux ?

Ce tract d’appel cosigné par une intersyndicale du 93, appelait à un rassemblement le 11 janvier 2022 au matin devant l’Agence régionale de Santé à Saint-Denis et en début d’après-midi, une manifestation partait de l’hôpital Cochin.

Dans cette première partie d’émission, nous vous proposons un reportage mixant ses deux rendez-vous.

Comme chaque année à la date anniversaire de l’assassinat des trois militantes le 9 janvier 2013, les organisations kurdes en France, appelle à descendre dans les rues afin de réclamer justice pour Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. Dans cette seconde partie d’émission, nous entendront un entretien réalisé avec deux militantes kurdes, lors de la manifestation du samedi 8 janvier 2022 à Paris.

LES POSTIERS SANS PAPIERS DEVANT CHRONOPOST / MANIFESTATION CONTRE LE PASS VACCINAL

Samedi 8 janvier 2022 – Place de Catalogne → Place de la nation. Crédit photo : Serge D’Ignazio https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/albums

Avec les limitations d’accès aux magasins causées par la pandémie, le trafic du colis a explosé. Les plateformes se font une concurrence sauvage entre Amazon, Prisme, Geodis… et la Poste. La Poste avec ses différentes divisions ou filiales utilise, elle aussi, la main-d’œuvre sans papiers. Alors Sans-papiers et postier, est-ce possible ? La direction de la Poste dira que non. Non, la Poste se contente de sous-traiter. La Poste, sous le nom de Viapost, Coliposte, DPD ou Chronopost, sous-traite à des sociétés qui gèrent les colis sur les lignes de roulement.

Dans ses garages et ses plateformes, la Poste et ses filiales ont confié une partie du travail à des entreprises de manutention pour contourner l’organisation syndicale et intensifier le travail. Au DPD de Coudray Montceaux comme au Chronopost d’Alfortville, la société sous-traitante s’appelle DERICHEBOURG. Cette société a fabriqué une entreprise d’intérim, DERICHEBOURG INTERIM. DERICHEBOURG se loue ainsi du personnel à lui-même à l’aide d’un artifice juridique validé par l’État. Cela rajoute un niveau de sous-traitance qui rend encore plus difficile la défense de nos droits.

Pendant 7 mois, de juin 2019 à janvier 2020, une lutte devant l’agence Chronopost d’Alfortville, avec un piquet installé jour et nuit, a permis d’imposer la régularisation de 27 travailleurs surexploités par cette filiale de La Poste et ses sous-traitants. Cela a permis aussi la régularisation de 46 autres travailleurs, travaillant dans d’autres sociétés et ayant activement participé à ce combat.

Depuis le 7 décembre 2021, un piquet de grève est réinstallé devant l’agence Chronopost Alfortville. Cette action a été décidée suite aux ruptures de contrats imposées par le sous-traitant Derichebourg sur le site de l’agence.

Le jeudi 6 janvier, se tenait devant le siège de Chronopost, un rassemblement des postiers sans papiers. Cela concernait tout particulièrement les deux piquets de grève liés à la Poste : celui de DPD, au Coudray-Montceaux avec Solidaires et SUD Poste 91 et celui devant l’agence Chronopost d’Alfortville avec Solidaires et SUD Poste 94.

Nous vous proposons dans ce premier temps d’émission, le reportage réalisé ce 6 janvier 2022 devant le siège de Chronopost dans le 14eme arrondissement de Paris.

La prochaine manifestation de soutien aux grévistes sans-papiers du piquet Chronopost Alfortville aura lieu jeudi 13 janvier à 11H, de la Direction de La Poste, 3 Place Salvador Allende à Créteil (M° Créteil Préfecture), jusqu’à l’antenne 94 de la Direction du travail (DRIEETS), hall B, immeuble Le Pascal (entrée sur le parking du centre commercial Créteil Soleil, niveau 2).

Le 8 janvier 2022, les Gilets jaunes et citoyens en colère était bien décidés à emmerder Macron, alors que la loi sur le Pass Vaccinal a été votée à l’Assemblée nationale puis renvoyée au sénat et un appel national fut lancer aux gilets jaunes.

Ce samedi, la manifestation parisienne partait de la place de Catalogne, en direction de nation. L’équipe de l’actualité des luttes se trouvait dans le cortège et nous vous diffusons le reportage réalisé ce même jour.

Bonne écoute !

 

LOGEMENT : marche pour la réquisition / OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT D’AUBERVILLIERS : Terreur et répression antisyndicale

Paris 2 janvier 2022 ; Marche des Réquisitions et pour L’application de la loi de réquisition pour les sans logis et les mal logé-e-s

Le logement a rapporté à l’état 78,8 milliards de recettes fiscales en 2020, il a rapporté 74,4mds en 2017 et 61,6 mds en 2011  ! C’est le produit de la hausse des prix immobiliers et fonciers, des transactions, des coûts de construction et d’entretien, de la taxe foncière…
L’état n’a consacré que 37,6 milliards au logement en 2020, contre 41,7 mds en 2017 et même 43,7 mds en 2011

Près de 500.000 locataires sont en impayé de loyer, 130.514 jugements d’expulsion ont été rendus en 2019, et plus de 30.000 expulsions forcées menacent en 2022.
Les loyers, les charges et l’énergie augmentent, les APL sont réduites, de plus en plus de locataires sont en difficulté. Les jugements d’expulsion pleuvent. À partir du 1er avril, 30.000 familles qui ont échappé à l’expulsion en 2020 et 2021 du fait de la crise sanitaire, pourraient être jetées à la rue et 700 000 sont menacées de coupure d’énergie.

Pour les habitant.e.s d’abris de fortune et de squats, les mises à la rue sont quotidiennes même en hiver ! Toujours plus de locataires sont expulsé.es illégalement et impunément par leur bailleur, souvent des marchands de sommeil !

Extrait de : Plate-forme 2022 des mouvements sociaux : « un logement pour touTEs »

Ce dimanche 2 janvier 2022, se tenait à paris, la Marche des Réquisitions et pour L’application de la loi de réquisition pour les sans logis et les mal logés, initié par association droit au logement. Le micro de l’actualité des luttes se trouvait dans le cortège qui partait du parvis de l’hôtel de ville de paris en direction du ministère du Logement

Dans ce reportage, nous entendrons les différentes prises de parole et notamment un entretien avec une demandeuse de logement et une locataire qui lutte contre la vente à la découpe de son immeuble.

Terreur et répression antisyndicale du DG de l’OPH d’Aubervilliers

Depuis l’arrivée du nouveau Directeur Général en juin dernier à la Direction de l’Office public de l’habitat (OPH) ­d’Aubervilliers et dès les premiers jours le ton était annoncé : froideur, condescendance et mépris. Puis il est passé rapidement à la vitesse supérieure avec insultes, humiliations, violences psychiques, traitements de faveur, division des troupes le tout complétement décomplexé et assumé.

Aujourd’hui plus de six mois après son arrivée, une ambiance délétère hante les couloirs de l’OPH. Plus personne n’ose exprimer ses idées, on ne compte plus le nombre d’arrêts de travail qui amoindrissent évidemment le service public rendu à la population : licenciements violents et contestés en justice, départs de collègues sans raison ni annonce : un vrai climat de terreur.

C’est cette situation anxiogène qui a poussé SUD à créer une section au sein de l’OPH en novembre dernier et dès lors notre Responsable de Section Syndicale a été intimidé, diffamé et mis à pied, alors qu’il est un travailleur protégé par son mandat. L’OPH n’a toujours pas accordé les droits syndicaux que la loi lui impose.

Ce lundi 3 janvier 2022, se tenait devant la mairie d’Aubervilliers, un rassemblement de soutien pour Tarek, le responsable de Section Syndicale qui a été intimidé

Dans ce reportage, nous entendrons l’entretien que nous avons réalisé avec Tarek et un focus sur les OPH

Bonne écoute !


CHRONOPOST : la lutte pour la régularisation continue


Il y a deux ans, en août 2019, le Ministère du Travail avait été obligé de lancer une enquête sur les pratiques de Chronopost et Derichebourg. À la faveur de la fin du conflit et de la crise sanitaire, l’État a lui-même liquidé son enquête.

Alors la Poste a continué à surexploiter les Sans-papiers exactement de la même manière, c’est-à-dire par le moyen d’une cascade de sous-traitance à l’intérieur de l’agence. Derichebourg n’a pas été inquiété et a continué à s’occuper d’une partie du tri et de la manutention en y employant des travailleurs sans-papiers.

Mais aujourd’hui affolés par la lutte de DPD Coudray, ces piteux patrons de La Poste ont lancé, dans la précipitation à Alfortville de pseudos contrôles de « papiers », et ont mis brutalement à la porte des « sans-papiers » qu’ils ont recrutés et exploitent pourtant en toute connaissance de cause depuis plusieurs années pour certains !

La lutte a repris devant Chronopost depuis le 3 décembre 2021 (piquet évacué par la police), et qu’un piquet permanent est installé devant l’agence depuis le 7 décembre. Plusieurs dizaines de travailleurs sont présents jour et nuit sur le piquet, malgré les conditions hivernales.

Le 29 décembre dernier, se tenait une manifestation qui partait de l’agence Chronopost Alfortville pour aller jusqu’à l’agence Colisposte qui se trouve à Créteil. Dans cette émission, nous entendrons le reportage réalisé ce même jour avec les interventions entre autre, des grévistes de Chronopost, de DPD Coudray-Montceau également filiale colis de La Poste et de RSI, intérimaires de cette société qui sont en luttes à Gennevilliers

En soutien aux grévistes de Chronopost, Le CTSPV, la fédération SUD PTT et l’Union Solidaires appellent à se rassembler devant le siège de Chronopost, 3 Boulevard Romain Rolland 75014 Paris, ce jeudi 6 janvier à 11 h 00. Métro porte d’Orléans ligne 4

INDE : LE SOULÈVEMENT PAYSAN N’EST QU’UN DÉBUT

Ça n’a pas traîné !

Aussitôt que le gouvernement a eu promis le MSP aux paysans, c’est-à-dire un prix minimum de vente des produits agricoles garanti par des accords entre l’État et les syndicats paysans indépendamment des cours mondiaux avec un minimum équivalent à une fois et demi le cout de revient, c’est-à-dire une sorte de Smic paysan, les ouvriers dont l’immense majorité n’ont pas le Smic, ni aucun droit en matière de retraite, maladie ou chômage, se sont mis à réclamer le Smic pour tous les travailleurs. Il y a eu des manifestations en ce sens en différents endroits notamment dans les États du Karnataka et du Tripura.

La première manifestation à vocation nationale pour l’application du MSP pour les paysans et l’extension d’un Smic de 25 000 roupies à tous les travailleurs, a eu lieu ce 19 décembre à Bangalore dans l’État du Karnataka à l’initiative d’un regroupement d’une quinzaine d’organisations ouvrières avec l’intention de généraliser ensuite ces manifestations.

Pour le moment, au niveau général, la situation est encore entre deux, sans encore savoir vers quoi et quand elle va basculer, entre la victoire qu’on fête encore partout et le démarrage d’une autre période de lutte dont on ne sent encore que les prémisses mais qui pourrait bien être celle de la mobilisation massive des travailleurs, comme le laissent déjà entrevoir les mobilisations actuelles. La première réunion entre le gouvernement et les paysans pour définir les modalités de l’application du MSP (sorte de salaire minimum paysan, un  succès considérable qui changerait tout le pays si c’était appliqué mais dont on ne voit pas l’application sans mobilisation encore plus forte que précédemment) aura lieu le 15 janvier 2022.  Le SKM qui a aussi prévu une réunion de la coordination paysanne ce jour-là, verra si le gouvernement a réellement l’intention de tenir sa promesse sur le MSP et en fonction de cela décidera de reprendre la mobilisation ou pas et comment. Ce jour-là, il décidera également s’il exclue ou pas, les organisations paysannes qui ont décidé de former une organisation politique afin de se présenter aux élections au Pendjab.

D’ici le 15 janvier qui sera donc une date importante, les mobilisations n’ont pas cessé, bien au contraire, mais sans la perspective concrète immédiate de les unifier que représentait la mobilisation paysanne.

Il manque donc quelque chose. On verra donc si ce “quelque chose”, facteur d’unification et perspective de changer de monde, réapparait au 15 janvier puisque le SKM a promis qu’il n’avait fait que suspendre la lutte et que si le gouvernement ne tenait pas ses promesses, il reprendrait et intensifierait la lutte.

En attendant, entre la victoire paysanne, la suspension du mouvement et aujourd’hui, il y a donc eu beaucoup de luttes, mais “dispersées” comme à l’habitude si on peut dire. Du côté des paysans, la période est encore largement dominée par les multiples fêtes organisées pour célébrer la victoire à chaque retour de paysans revenant des campements de Delhi ou d’ailleurs avec, en même temps, des grèves et manifestations des ouvriers agricoles qui demandent leur part, d’assez importantes manifestations locales ou régionales de paysans pour exiger des indemnités du fait des dégâts causés par les pluies, et puis des réunions, des mahapanchayats pour faire le point sur le MSP, puisque si le gouvernement en a promis le principe, il reste encore à l’appliquer concrètement.

En même temps, du côté ouvrier, comme si elles avaient été encouragées par le succès paysans, les grèves et manifestations fusent de partout, grèves des agents de nettoyage du Karnataka qui réclament un Smic à 35 000 roupies, grèves des employées de Foxccon, des ouvrières fabricant les feux d’artifice, des agents de santé de l’Uttarakand depuis une semaine, des médecins à Delhi, des ouvriers de Tata, Ford, Leyland, d’agents municipaux, d’ouvriers des universités, des enseignants du Pendjab, des chauffeurs de bus dans le Maharashtra, le Pendjab et le Telangana, des Anganwadi et Asha dans différents Etats et tellement, tellement d’autres. 

Mais il y a aussi des grèves et manifestations ouvrières de dimension nationale qui se multiplient en s’appuyant là aussi sur la réussite des paysans, puisqu’on a vu ces derniers jours, une grève nationale des ouvriers de la construction les 2 et 3 décembre – la plus importante de toute leur histoire -, une grève des médecins le 6 décembre, des ambulanciers le 8 décembre, puis les 9,10 et 11 décembre une grève nationale de trois jours des mineurs de fond, une grève  nationale de deux jours contre la privatisation des banques publiques, les 16 et 17 décembre, très réussie avec la fermeture de 95% des agences et participation d’au moins un million d’employés de banque et la menace d’une grève illimitée, mais il y a encore grève également des cheminots ces mêmes deux jours, la grève des salariés des entreprises fabriquant des fertilisants le 18 décembre, une grève nationale des petites et moyennes entreprises prévue le 20 décembre, d’autres encore en préparation  et pour couronner le tout une grève générale interprofessionnelle de deux jours sur toute l’Inde les 23 et 24 février à l’appel des dix principales organisations syndicales ouvrières – et du SKM, la coordination paysanne – pour l’abrogation des 4 lois anti-ouvriers qui suppriment 44 lois ouvrières acquises dans la lutte et qui protégeaient un peu les travailleurs, contre les privatisations. 

Tout est en fermentation mais il est clair que la mobilisation paysanne n’est pas finie, puisqu’il reste à mettre en application le MSP et que le succès paysan a ouvert bien des espoirs et des envies de mobilisation du côté ouvrier. Les jours et semaines au tournant de l’année 2021/2022 nous diront comment le rapport de force construit au travers de la victoire paysanne va se traduire dans les mobilisations de toutes les classes populaires d’inde.

Ce qui est sûr, c’est que le mouvement ne fait que commencer.

Dans cette émission, nous vous diffusons un entretien avec Jacques Chastaing que nous avons pu réaliser le 18 décembre 2021 derniers. Pour approfondir et croiser les regards sur ce sujet, nous vous diffusons par la suite un entretien que nous avons pu réaliser lors de la rencontre les peuples veulent 3.0 le 12 novembre 2021 avec un membre du collectif MASA qui s’organise sur le territoire indien afin de développer des pratiques d’autonomie au sein des luttes de travailleurs

JOURNÉE INTERNATIONAL DES MIGRANT-E-S / LE CAMPUS CONDORCET MOBILISÉ ; revendique du personnel et des espaces

Depuis le  10 décembre plus de 200 organisations, locales et nationales, et 800 signataires lancent la campagne « Antiracisme et Solidarité » avec l’appel « D’où que l’on vienne, où que l’on soit né·e, notre pays s’appelle Solidarité ». Dans ce cadre la manifestation du 18/12, pour la Journée Internationale des Migrant·e·s, sera le point de départ de cette riposte solidaire aux politiques et discours racistes et sécuritaire.

Le 15 décembre avait donc lieu une conférence de presse en appel à la mobilisation du 18/12 que nous avons enregistré et dont nous vous diffusons en première partie d’émission un montage à partir des prises de parole.

« Nous n’allons pas combattre le racisme par le racisme, mais grâce à la solidarité. » (Fred Hampton, Black Panthers Party – mai 1969)

Notre pays construit des ponts pas des murs. D’où que l’on vienne, où que l’on soit né·e, notre pays existe. Il s’appelle Solidarité.

Notre pays n’a ni carte, ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités.

Notre pays n’existe pas isolé, atomisé, soumis. Il existe dans tout ce qui relie, regroupe, donne confiance et lutte.

Notre pays est en grand danger. Il doit sortir, se montrer, se lever. Vivre.

Car notre pays brûle. Il s’appelle Avenir.

Car notre pays est étouffé. Il s’appelle Liberté.

Car notre pays se meurt. Il s’appelle Égalité.

Car notre pays est opprimé. Il s’appelle Dignité.

Notre pays est en danger. Nous appelons à la mobilisation générale.

Pour l’avenir. Si la planète brûle, cela n’a rien à voir avec les migrations, nos couleurs de peau, nos origines, nos religions. Le monde n’attend qu’une étincelle pour exploser et certain.e.s nourrissent l’incendie qui nous menace.

Nous dénonçons toutes les formes de racisme dont l’islamophobie, l’antisémitisme, l’anti-tziganisme, la négrophobie et le racisme anti-asiatique. Nous exigeons notamment la fin des contrôles au faciès, l’abrogation de la loi dite « séparatisme », le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la fin des dominations économiques, militaires et politiques, en particulier la Françafrique.

Pour la liberté. Nous voyons que lorsqu’on commence à limiter la liberté pour certain·e·s, c’est la liberté de tou·te·s qui recule. C’est ainsi que se mettent en place des pouvoirs de plus en plus autoritaires.

Nous exigeons la liberté de circuler et de manifester et notamment l’abrogation de la loi dite « sécurité globale », la fin des violences et des crimes policiers et pénitentiaires, la suppression des mesures de répression contre les migrant·e·s (OQTF*, IRTF*, …) et la fermeture des Centres de Rétention Administrative. Nous exigeons la destruction des murs qui s’érigent partout dans le monde pour séparer et contrôler les peuples.

Pour l’égalité des droits. Les arguments utilisés contre l’immigration sont faux économiquement et ne servent qu’à justifier les mesures qui amplifient monstrueusement le racisme et les inégalités sociales. L’oppression et la surexploitation des migrant·e·s aggravent les conditions de tou·te·s les salarié·e·s.

Nous revendiquons l’égalité des droits pour tou·te·s, le renforcement et l’accès réel à la santé, à l’éducation, à des revenus décents, au logement et l’arrêt des expulsions dans les foyers de travailleurs/euses migrant-es. Nous exigeons notamment la régularisation des sans-papiers.

Pour la Dignité. Nous refusons la banalisation de l’insoutenable. Nous dénonçons les politiques anti-migratoires et de non-accueil des migrant·e·s. Nous refusons l’instrumentalisation des femmes à des fins racistes. Nous réclamons vérité et justice pour les victimes de violences policières et pénitentiaires. Nous exigeons le respect des convictions et croyances de tou·te·s. Debout, nous redevenons dignes.

Pour la Solidarité. Nous appelons toutes et tous à se lever, se rassembler, s’organiser. À faire vivre notre pays partout où il existe. Dans les quartiers, les villages, les ronds-points, les écoles, les lieux de travail. Autour d’un hôpital menacé, d’une mosquée ou d’une synagogue fermée ou attaquée, d’une église où l’on fait une grève de la faim pour les migrant·e·s, des associations antiracistes dissoutes ou menacées de l’être, d’un théâtre qui avait été occupé, d’un piquet de grève, d’un immeuble menacé d’expulsion, d’une frontière. À partir d’un local associatif ou syndical, d’un lieu culturel et solidaire

Nous appelons notre pays à se lever en masse, s’organiser et lutter pour la solidarité et contre le racisme en multipliant les initiatives de toutes sortes dans toutes les villes et les villages en manifestant ensemble le même jour : le samedi 18 décembre à l’occasion de la Journée internationale des migrant·e·s. Et à Paris pour une manifestation nationale au mois de mars à l’occasion de la Journée internationale contre le racisme

Notre pays existe. Il s’appelle Solidarité.

Depuis le 23 novembre, les personnels de l’Établissement Public Campus Condorcet (EPCC) sont mobilisé·es pour dénoncer leurs conditions de travail.

Au sein du Grand équipement documentaire (GED), pourtant l’épine dorsale du campus, il n’y a qu’une soixantaine de salarié⋅es, souvent précaires, sur les 106 postes prévus. Résultat : le lieu n’est ouvert au public que deux jours par semaine et fonctionne mal malgré le surmenage de son personnel.

Les personnels mobilisé·es réclament les moyens de faire leur travail, c’est-à-dire :

Le doublement des effectifs ;

La pérennisation des emplois, en tenant compte des savoirs-faire et des qualifications nécessaires pour tenir correctement ces postes.

Le 9 décembre dernier, une nouvelle journée de mobilisation se tenait sur le campus d’Aubervilliers et nous vous proposons le reportage réalisé ce même jour ou nous pourrons entendre notamment, l’entretien réalisé avec deux salariées dont le contrat se termine le 31 décembre 2021.

MARSEILLE : l’après Macdo/ UN CONTRÔLE D’IDENTITÉ QUI DÉGÉNÈRE

La Société Citoyenne Immobilière“la part du peuple”

La Société Citoyenne Immobilière est une association à but non lucratif dont l’ensemble des adhérents participent à acquérir ou plutôt reprendre la maîtrise légale des bâtiments, des terrains et du matériel de l’ex MacDo de Sainte Marthe à Marseille. Ce lieu est l’emblème d’une lutte syndicale dans le secteur de la restauration rapide multinationale devenu depuis le 1er confinement en plateforme de lutte contre la détresse et la précarité alimentaire.

Rapidement rejoints par des habitants, des militants, des bénévoles et des artistes, l‘équipe de l’AprèsM (nom de plateforme) a permis de porter assistance à plus de 100 000 personnes en un an. C’est encore plus de 2000 familles par semaine qui bénéficient de colis.

La SCI a pour ambition de rassembler au moins 50 000 personnes pour donner les moyens au projet de Fast-Social-Food géré pas une SCIC composée d’anciens salariés, d’habitants, de commerçants, d’artistes et de tous ceux qui rêvent d’un monde centré sur l’humain, le partage et l’entraide

Dans cette première partie d’émission, nous sommes au téléphone avec Fati, qui nous parle de cette initiative.

Pour plus d’info : https://www.apresm.org

Soleymane, travaillant a Champigny-sur-Marne, dans le secteur de l’automobile, voit débarquer des policiers pour un contrôle de tarification non affiché à l’extérieur de son garage. S’ensuit un contrôle d’identité, mais Soléman n’a pas ses papiers identité. L’un des policier lui dit qu’il ment et ensuite cela dégénère de la part de policiers.

Cette affaire aurait pu en rester la. il se fait que Evelyne (présente en studio) et habitante de Champigny-sur-Marne, a suivi cette affaire.

Soleymane, que nous avons au téléphone, nous raconte la suite.

LA POSTE : les sans papiers comme variable d’ajustement

Lors de l’émission de ce jour en compagnie de Brahim

Entre le 15 et le 30 novembre, un piquet de grève des travailleurs sans-
papiers de cette société de colis, filiale de la Poste, s’est tenu à
l’intérieur du site. Un jugement, assimilant les grévistes à des squatteurs
(“sans droit [de bail] ni titre [de propriété]”) a ordonné l’évacuation. La
trentaine d’occupants a alors rejoint le piquet extérieur qui existe depuis
lors et se renforce de jour en jour.

Le 13 décembre,Poste/DPD/Derichebourg/Derichebourg Intérim, prétend ne pas connaître les grévistes. Mais confronté au manque de personnel pour les chargements, les déchargements et le tri des colis, les agences d’intérim recherchent de nouveaux Sans-papiers pour remplacer les grévistes.

Dans l’émission de ce jour, nous sommes en compagnie de Brahim, postier a Asnières-sur-Seine qui nous parle de la situation des sans papier à la poste

À noter, que nous ne pouvons vous diffuser q’une partie de cette émission, car une panne d’électricité a eu lieu dans les locaux de la radio ce même jour.

Bonne écoute !

BONNA SABLA: quand des intérimaires demandent leurs droits / MONTREUIL : le logement, ont en parlent quand ?

Dessin issu du site : https://www.droitaulogement.org/

Les intérimaires de Bonna Sabla construisent les tunnels du Grand Paris : leur entreprise ferme et le patron jette les intérimaires dehors sans même verser les primes qu’il leur avait promis.

Plus de la moitié de l’effectif est en intérim dont beaucoup d’entre eux sont dans l’usine depuis deux ou trois ans.

Le 2 novembre, commence une grève sur le site de Conflans Sainte Honorine.

Ce 9 décembre 2021, une délégation était reçue par la région Île-de-France

Dans ce reportage, nous entendrons une interview avec deux salariés et avec une membre de la CGT intérim, nous reviendront sur l’utilisation de l’intérim par des entreprises travaillant pour l’état.

Depuis 2018, la maison du 18, rue de l’Ermitage était occupée. Propriété de la mairie de Montreuil depuis 1990 et jusque-là louée à des proches des maires successifs, elle était restée vacante depuis l’arrivée au pouvoir de Patrick Bessac, mais la situation de détresse de logement de Mme Fahima LAIDOUDI, son fils et d’autres occupantEs sans logement nous avait conduits à la réquisitionner.

Cet été, des pourparlers étaient en cours avec le cabinet du maire et la préfecture pour résoudre les problèmes de logement de ses occupantEs et décider d’un avenir collectif pour cette maison qui ne devrait pas être bradée à des promoteurs immobiliers, mais servir au bien commun.

Samedi 25 septembre, après avoir préparé des sandwichs pour être distribués dans une manifestation, les habitantEs avaient quitté les lieux à 13 heures pour se rendre à Paris au lieu du rassemblement. À leur retour aux alentours de 19 h, les habitantEs ont alors trouvé porte close, une chaîne avait été installée ainsi que des vigiles et chiens d’attaque afin de les empêcher de réintégrer leur logement. Les voisinEs leur ont alors expliqué qu’un incendie s’était déclaré une heure après leur départ de la maison, vers 14 heures, et qu’ils avaient immédiatement prévenu les pompiers que des personnes étaient potentiellement restées bloquées à l’intérieur. Merci à eux pour leur réactivité et leur solidarité !

Ce serait vers 18 heures que la mairie aurait décidé d’envoyer une société de gardiennage privée changer la serrure et prendre possession des lieux. Pourtant, sur le plan légal et de l’aveu même de la police, aucun commandement de quitter les lieux n’avait alors été émis contre les occupantEs, un point devant être fait avec la préfecture en octobre sur la situation de la maison et de ses habitantEs.

L’expertise des pompiers a permis de constater trois départs de feux, à trois endroits différents de la maison… De quoi prêter à interrogation. Tout comme l’absence totale de préoccupation de la mairie pour ses habitantEs, premièrEs sinistréEs, dont elle avait les contacts au travers du cabinet de la mairie et avec qui elle avait durant l’été entamé des négociations ! Loin de s’inquiéter de leur situation, c’est étonnement les agents de police qui ont demandé des nuits d’hôtel pour les occupantEs, et pas la mairie, uniquement préoccupée de la condamnation informelle des lieux par une société de sécurité financée avec l’argent des contribuables.

C’est ainsi que dès le lundi matin des agentEs des services d’hygiène de la mairie étaient dépêchéEs sur place, accompagnéEs de la BAC, pour faire légaliser au plus vite le gardiennage de la maison pour raison de sécurité suite à l’incendie, bien qu’une seule des huit pièces de la maison ait été touchée par les flammes.

Malgré le campement improvisé par les habitantEs à l’extérieur de la maison, aucun éluE, aucun membre du cabinet, aucune personne des services de l’habitat ne s’est rendu sur place pour discuter avec les habitantEs, leur permettre de constater les dégâts, ni leur donner accès à leurs affaires, leur mobilier et les provisions restés à l’intérieur de la maison. De sorte que les habitantEs de l’Ermitage se trouvent actuellement dans une situation d’expulsion de fait, cet incendie venant à point nommé pour contourner la procédure légale en cours, l’avocat de la mairie ne se privant pas d’ailleurs de rappeler la précarité juridique de ses habitantEs plutôt que de s’inquiéter de leur situation.

Suite à l’incendie, une plainte a été déposée contre X par les habitantEs. Une autre devrait être ouverte pour violation de domicile. Nous attendons des explications de la mairie. Nombre d’habitations ont connu des sinistres bien plus graves, n’ayant jamais conduit à la mise à la rue de leurs habitantEs.

Depuis l’incendie, aucun contact n’a été établi par les services de la mairie en vue de résoudre le problème critique du logement des habitantEs, aucune assistance mise en place de son propre chef et aucun accès aux affaires n’a été jusque-là permis, bien que trois vigiles vivent et dorment sur place.

Par rapport à cette expulsion et l’ensemble des problèmes de logement sur la ville de Montreuil, le 8 décembre avait lieu une assemblée populaire sur la question du logement sur la place de la Mairie de Montreuil lors du conseil municipal tenu à huis clos ce même jour.

Nous entendrons dans cette seconde partie d’émission, le reportage réalisé sur l’assemblé populaire.

Le moyen pour les mal logés-e-s de se faire entendre publiquement, mais aussi de commencer à s’organiser sur la ville de Montreuil en appelant à une nouvelle réunion le mercredi 15 décembre à l’AERI au 57 rue Étienne marcel métro croix de chavaux

MANIFESTATION CONTRE LA PRÉCARITÉ ET LE CHÔMAGE

Paris 4 décembre 2021 : 19ᵉ manifestation contre la précarité et le chômage

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons le reportage réalisé ce samedi 4 décembre 2021, sur la 19ᵉ manifestation contre la précarité et le chômage

Pour plus d’info lire également : Comité pour le rétablissement de la semaine des 4 jeudis

L’HÔPITAL EN COLÈRE / SIDA : journée mondiale

L’accès à une santé de qualité et de proximité est de moins en moins assuré malgré l’abnégation des personnels. L’hôpital public se désintègre avec partout des fermetures de lits, de services, en particulier d’urgence et de SMUR mais aussi en psychiatrie, en chirurgie, en médecine, en soins de suite … Le laisser-faire actuel privilégie le secteur privé, avec des conséquences dramatiques pour l’accès aux soins (dépassement d’honoraire, frais administratifs… Mais aussi recul de la proximité).

C’est une catastrophe sanitaire qui s’amplifie. La situation actuelle des hôpitaux a pour conséquence d’accroître les souffrances des malades, des personnes en situation de handicap, et de provoquer une surmortalité. Le renoncement aux soins s’accroît.

Le gouvernement ne peut se contenter de distribuer quelques millions ici et là pour tenter de calmer les esprits. L’hôpital public est garant de l’accès aux soins de toutes et tous.

Nous demandons un plan d’urgence pour l’hôpital public !

Un choc d’attractivité pour les personnels, par une vraie reconnaissance salariale, par une amélioration de leurs conditions de travail, mais aussi en leur permettant de travailler conformément à leur éthique ce qui suppose de les écouter et de réformer la gouvernance. Il faut changer les systèmes de fonctionnement et de management basés sur des critères de performance et de rentabilité. Il n’y pas de soins sans humanité !
Un vaste plan de formation, de recrutement et la titularisation des contractuels.le.s :
La réouverture de tous les lits et services fermés et des ouvertures autant que de besoin.
L’établissement d’une vraie démocratie sanitaire unissant personnels et usagers-citoyens.
Les moyens financiers suffisants doivent en être donnés par une modification du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale 2022.

Face aux fermetures de lits et à un hôpital public « qui se désintègre », des associations, syndicats, collectifs de soignant.es et de citoyens appelait à une journée de mobilisations pour l’accès aux soins, le samedi 4 décembre 2021.

L’actualité des luttes se trouvait dans le cortège parisien, et nous vous proposons le reportage réalisé ce samedi 4 décembre. Nous pourrons entendre entre autre les paroles d’un médecin urgentiste au CHU d’Angers , d’une pédopsychiatre qui officie dans l’Essonne, le collectif grand Est…

Mercredi 1er décembre 2021, Act Up-Paris organisait la manifestation pour la journée mondiale de lutte contre le sida à Paris. Mot d’ordre : PRÉCARITÉ SANITAIRE, RIPOSTE COMMUNAUTAIRE.

Au-delà de l’invisibilisation, la chute du nombre de dépistages du fait de la crise sanitaire liée à la Covid-19 est le présage d’un retard dans la découverte de personnes contaminées, de leur mise sous traitement, de leur prise en charge, des impasses thérapeutiques et une hausse probable des contaminations, sans parler des effets délétères sur la santé mentale.

Dans cette seconde partie d’émission, nous vous proposons le reportage réalisé ce 1er décembre et nous entendrons les prises de paroles place de la Bastille et un entretien avec le collectif ACCEPTESS

Bonne écoute !

OCCUPATION DES SANS FAC A L’UNIVERSITÉ DE NANTERRE/ LES BIBLIOTHÈQUES UNIVERSITAIRE EN LUTTE

Depuis le 27 octobre dernier, un groupe d’étudiants et étudiantes emmené par une tendance de l’UNEF, occupe les locaux de la présidence de l’université de Nanterre. Ce mouvement des “sans-facs”revendique l’inscription en licence ou en master d’une soixantaine d’étudiants et étudiantes qui se sont retrouvés sans aucune place en formation à la rentrée, à cause de la sélection de plus en plus grande à l’université.

Le jeudi 2 décembre, un appel à soutenir et rejoindre l’occupation a amené des enseignant.e.s du 1er et 2ᵉ, des étudiant.e.s d’autres universités et des syndicalistes de différents secteurs à s’inviter eux et elles aussi dans les bureaux occupés.

Plusieurs participantes racontent cette journée et les raisons de leur participation dans des Interviews enregistrées pendant l’occupation. Et nous pourrons entendre également des prises de parole issue des meetings de fin novembre et début décembre.

https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/mobilisation-des-sans-facs-de-nanterre-un-combat-juste-20211111_ERCFNXT55RCWRHSMN2NKAJXHDI/)

En fin d’après midi, un huissier est entré avec des responsables de la fac, pour “constater l’occupation et les éventuelles dégradations”… Les personnes présentes en ont profité pour lui demander de constaté qu’elles étaient empêchées de sortir. Les agents de sécurité ont alors enfin accepté la sortie des quelques soutiens qui avaient besoin de partir.

À 19 h, une sorte de meeting s’est tenu dans l’entrée, avec le soutien des personnes dehors à travers des grilles et portes vitrées. Et le lendemain matin (vendredi), une rencontre s’est enfin tenue entre la direction de l’université et une délégation de sans-facs et de militants de l’UNEF. La direction a proposé que chaque sans-fac soit reçu par les responsables des UFR concernées.

En attendant, l’occupation se poursuit et une nouvelle rencontre a été proposée lundi à la présidence pour poursuivre la négociation.

Le communiqué de presse de la présidence et ses déclarations dans le Parisien comportent des mensonges flagrants :

– des agents de sécurité blessés… alors qu’ils m’ont parus en bon état, et que les contacts physiques les plus risqués sont systématiquement venus d’eux (et encore, pas tous, car la plupart étaient raisonnables) ;

– plusieurs fenêtres fracturées… alors qu’il y a eu simplement une fenêtre ouverte pour entrer.

– un agent de sécurité retenu plusieurs heures contre son gré… alors que ce sont ses collègues qui verrouillaient tout le bâtiment, l’enfermant dans l’occupation !

Depuis la mi-novembre, plusieurs mouvements de grève ont débuté dans des bibliothèques universitaires franciliennes.

Nous commencerons cette partie d’émission avec une des grévistes de la bibliothèque universitaire de Paris-8 (Saint-Denis) nous explique les motifs de ce mouvement lui aussi très suivi : la lutte contre le non-renouvellement de trois magasiniers et bibliothécaires contractuels qui enchaînent pourtant les CDD depuis cinq ans, et plus généralement la lutte contre la précarité de l’emploi. Dans les deux bibliothèques, les grévistes se rassemblent malgré les différences de statut pour défendre leurs conditions d’emploi et de rémunération.

Pour les soutenir, on peut passer sur les piquets de grève de chaque bibliothèque et même contribuer à la caisse de grève de Paris-8 :https://www.helloasso.com/associations/crev/collectes/caisse-de-greve-bibliotheque-paris-8

Ensuite, nous nous rendrons au campus Condorcet à Aubervilliers, ou le 30 novembre dernier, se tenait un rassemblement et nous avons rencontré une salariée du campus qui nous entretien de la difficulté de fonctionnement du site.

Et nous terminerons avec des grévistes de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Paris) à l’occasion du rassemblement qui s’est tenu sur place le jeudi 2 décembre pour demander le maintien du niveau de rémunération des horaires de soirée pour les magasiniers.

C’est la première fois que cette bibliothèque est fermée du fait d’une grève, très suivie par les personnels de différents statuts (fonctionnaires titulaires, contractuels en CDD, étudiants et étudiantes vacataires).

Voir par exemple le texte des vacataires étudiantes de la BSG :

https://paris-luttes.info/manifeste-deux-monitrices-de-la-15514?lang=fr
https://paris-luttes.info/manifeste-deux-monitrices-de-la-15514?lang=fr

DPD DE COUDRAY : Des postiers sans- papiers en grève

Ce lundi 15 novembre, 70 salariés sans titre de séjour travaillant pour DPD de Coudray-Monceau ou pour d’autres établissements de filiales de la Poste, se sont mis en grève.

Des postiers sans-papiers toujours plus nombreux
Avec les limitations d’accès aux magasins causées par la pandémie, le
trafic du colis a explosé. Les plateformes se font une concurrence sauvage
entre Amazon, Prisme, Geodis… et la Poste. La Poste avec ses différentes
divisions ou filiales utilise, elle aussi, la main-d’œuvre sans papiers.

Alors Sans-papiers et postier, est-ce possible ? La direction de la Poste dira
que non. Non, la Poste se contente de sous-traiter. La Poste, sous le nom de
Viapost, Coliposte, DPD ou Chronopost, sous-traite à des sociétés qui gèrent
les colis sur les lignes de roulement. Dans ses garages et ses plateformes, là
Poste et ses filiales ont confié une partie du travail à des entreprises de
manutention pour contourner l’organisation syndicale et intensifier le travail.

Au DPD de Coudray Montceaux, la société sous-traitante s’appelle
DERICHEBOURG. Cette société a fabriqué une entreprise d’intérim,
DERICHEBOURG INTERIM.

DERICHEBOURG se loue ainsi du personnel à lui-même, avec un artifice juridique organisé par l’État. Cela rajoute un niveau de sous-traitance qui rend encore plus difficile la défense de nos droits.

Il y a environ 200 Sans-papiers dans cette immense plateforme et il n’y a que des travailleurs sans titre qui arrivent à supporter ces conditions de travail sans fuir à toutes jambes.

Des conditions de travail de plus en plus abominables
Tout le travail doit se faire dans la vitesse. Le déchargement d’un camion doit se faire en quinze minutes avec des colis qui peuvent atteindre 50 kg. À ce régime, tout le monde a les reins en compote et si vous ne pouvez plus,
ce n’est pas grave. Votre mission sera interrompue et DERICHEBOURG trouvera quelqu’un d’autre. De toute façon, les missions d’intérim ne durent qu’une semaine, alors que nous pouvons être sur le même travail pendant des mois. L’argument pour l’utilisation de l’intérim est toujours le même « hausse temporaire de l’activité ».

Les horaires changent tout le temps, sans délai de prévenance. Nous pouvons faire des heures dans les transports en commun pour venir au travail et qu’on nous dise qu’on n’a pas besoin de nous. Quand des camions sont en retard, quand une machine de tri est en panne, notre temps de présence est transformé en pause non payée. Cela peut durer des heures. Les horaires sont totalement impossibles.

Le travail peut se terminer à minuit trente, nous obligeant à nous rendre à pied jusqu’à la gare de Corbeil, puis prendre deux bus de nuit pour rentrer. Certains jours, on peut passer 6 ou 7 heures dans les transports en commun.

Nous vous proposons un reportage réalisé, le mardi 30 novembre sur le piquet de grève des postiers sans papier de DPD et nous entendrons les grévistes et des syndicalistes, nous parler de la situation a DPD.

Pour soutenir les grévistes :DPD, Chemin de Chevannes, 91830 LE COUDRAY MONTCEAUX

LUTTE CONTRE LES LICENCIEMENTS / MANIFESTATION ANTIFASCISTE

Paris 27 novembre 2021 : manifestation nationale contre les licenciements

Ce samedi 27 novembre, se tenait à l’initiative des salariés de PPG et de TUI, soutenus par de nombreuses organisations syndicales et politiques, parmi lesquelles notamment Sud poste Hauts-de-Seine, info’Com-CGT, Fédération Sud Commerces et services, une manifestation nationale contre les licenciements.

Fut présent également dans cette manifestation les salarié-e-s de H&M France au Bourget et des salarié-e-s de monoprix, que nous entendrons dans ce reportage, ainsi que différentes prises de parole.

Au même moment, se tenait la manifestation unitaire contre l’extrême droite et le racisme organisée par la Jeune garde, le collectif paris Queer Antifa, la Horde, l’Afa paris-Banlieue, l’UCL et le NPA Paris et pour cette manif antifasciste, l’Afa paris-Banlieue, l’Afa-Nantes, Grenoble, Lyon, Strasbourg et Toulouse, la Coordination Féministe Antifasciste.

Mais aussi le Réseau d’Entraide Vérité et Justice, Cerveaux Non Disponibles, Acta, Collectif Justice et Vérité pour Babacar Gueye, Collectif Paris-Ayotzinapa , Comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng, Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires, Les Mutilé.e.s pour l’Exemple, Le Printemps du Care, L’Offensive, l’Union des Juifs Français pour la Paix, Urgence Notre Police Assassine, ou encore Act Up – Paris, la Brigade Anti-Négrophobie et la Brigade de Solidarité Populaire Aubervilliers – Pantin appellent à faire-bloc contre les violences d’État

Nous pourrons entendre les différentes prises de parole et interview réalisé dans le cortège.

Bonne écoute !

INDE : victoire du mouvement paysan indien

26 novembre 2021 : réunion au campement de la porte Tikri à Delhi

Nous passons cette heure d’émission en compagnie de Jacques Chastaing, pour revenir sur la victoire du mouvement paysan en Inde.

Le premier Ministre indien, Narendra Modi, voulait libéraliser l’agriculture. Après un an de colère et de mobilisation paysanne, il a annoncé vendredi 19 novembre 2021, de manière inattendue l’abrogation de la réforme.

Ces réformes prévoyaient de libéraliser les marchés agricoles donnant trop de pouvoir aux grands groupes. Les paysans indiens redoutaient également qu’à terme, ces lois ne marquent la fin des prix minimums garantis par l’État pour certaines denrées. Depuis l’adoption de ces réformes, les agriculteurs campaient aux portes de la capitale indienne. Ces mobilisations sont les plus importantes contestations depuis l’arrivée au pouvoir des nationalistes hindous en 2014.

La décision du SKM de continuer et amplifier la lutte, dessine l’émergence d’une organisation révolutionnaire originale et un changement de période où les classes populaires passent à l’offensive pour un monde meilleur et les classes bourgeoises se mettent en défensive, une tendance qu’on sent germer un peu partout, à la lumière de l’avant-garde du mouvement en Inde

Source: Jacques Chastaing

Forts de leur succès, un jour après que le premier ministre Modi, ait annoncé le retrait des lois anti-paysannes le 19 novembre 2021, les paysans par la voix du SKM (Front Uni Paysan, la coordination qui anime le mouvement) ont répondu par une gifle à Modi en décidant de continuer leur mouvement et de l’amplifier en maintenant tous les programmes de luttes annoncés, y compris ceux pour marquer le premier anniversaire de la manifestation des paysans le 26 novembre tout en faisant porter maintenant le centre de leurs revendications sur une sorte de salaire minimum garanti pour les 600 millions de paysans.

Le SKM exige en effet maintenant que l’État garantisse des prix satisfaisants contre les cours du marché mondiaux à une fois et demi le prix de production pour tous les produits agricoles et pour tous les paysans du pays. C’est une vieille revendication pour laquelle les paysans se battent depuis longtemps et c’est considérable. On estime en effet à l’heure actuelle que 30 % environ des paysans ne bénéficient pas du tout de cette garantie que justement Modi voulait détruire pour ceux qui en bénéficiaient encore en partie. Cette demande importante équivaudrait à une espèce de salaire minimum garanti pour les paysans, négocié avec les syndicats paysans ou leur coordination.

Le SKM exige également le retrait du projet de loi d’amendement sur l’électricité qui avec la privatisation envisagée par le gouvernement Modi mettrait fin au système de prix bas pour les paysans.

Le SKM a déclaré que les centaines de poursuites judiciaires contre des milliers de paysans doivent être retirées sans condition.

Il a également demandé que les familles des 700 paysans décédés durant le mouvement doivent recevoir une compensation et des emplois. Par ailleurs les 700 martyrs méritent également a-t-il dit qu’un hommage leur soit rendu lors de la session parlementaire et qu’un mémorial soit érigé en leur nom. Le SKM a également demandé des comptes dans les violences à Lakhimpur Kheri dans l’Uttar Pradesh, où une voiture appartenant au fils du ministre de l’Intérieur de l’Union, Ajay Mishra, a écrasé et tué quatre agriculteurs et un journaliste. Il a exigé que Ajay Mishra qui ne fait toujours l’objet d’aucune action en justice et reste ministre du gouvernement Modi, soit arrêté et renvoyé du Conseil des ministres.

Pour tout ces objectifs, le SKM a donc lancé un appel aux paysans des États du nord de l’Inde pour qu’ils rejoignent les différents campements de Delhi le 26 novembre. Des rassemblements seront organisés en même temps à travers toute l’Inde l’Inde pour marquer la journée. Dans les États éloignés de Delhi, le premier anniversaire sera célébré avec des défilés de tracteurs et de chars à bœufs dans les diverses capitales, ainsi que par d’autres manifestations.

En outre, le SKM a également exhorté les agriculteurs à faire du Mahapanchayat (Assemblée Générale de démocratie directe, pas tout à fait un soviet mais pas loin) qui se tiendra à Lucknow, la capitale de l’Uttar Pradesh, le 22 novembre, un grand succès avec un million de participants et d’y donner le maximum d’énergie.

Le 28 novembre, un gigantesque Mahapanchayat ouvrier et paysan sera également organisé à Mumbai (Bombay) dans le Maharashtra par une centaine d’organisations ouvrières, paysannes, associatives, citoyennes, ce qui est une première dans cette ville et cet État.

À partir du 29 novembre, une marche pacifique vers le Parlement avec 500 tracteurs sera organisée tous les jours jusqu’à la fin de la session afin de continuer à mettre les parlementaires sous pression et mobiliser ceux parmi eux qui disent soutenir le mouvement paysan en menaçant de faire perdre leur prochaine élection à toux ceux qui ne porteraient pas leur combat.

De même, les gares de péage autoroutières seront libérés de toute perception de frais.

En attendant, même s’ils restent méfiants, attendent que le Parlement ait voté le texte annoncé par Modi et se préparent aux prochains combats, partout l’état d’esprit est à la joie, et les paysans ont fêté avec intensité leur immense victoire notamment dans les campements paysans aux portes de Delhi.

POURQUOI LE RECUL SOUDAIN DE MODI ?

On peut se demander pourquoi Modi qui résistait depuis un an a tout d’un coup cédé, ce qui a surpris la presse aux ordres, toute déboussolée.

Bien sûr, la détermination des paysans et leur lutte massive et radicale ont bien sûr été l’élément majeur qui a fait reculer ce pouvoir d’extrême droite pourtant réputé inflexible face aux pauvres, bâti sur la haine des femmes, des castes inférieures, des religions non hindoues et dont le premier ministre Modi a fait ses armes dans un parti fasciste, le RSS et dont l’idéologue du parti n’hésite pas à se référer à Hitler ou Mussolini.

Mais il y a eu des éléments pour que Modi craque ces jours-ci.

Comme un signal politique de ce qui pouvait suivre, l’État du Télangana tout entier dont le gouvernement avait été un allié du BJP de Modi, a décidé le 18 novembre, de soutenir la lutte des paysans et des manifestations géantes ont été organisées à Hyderabad la capitale. Une tendance qui pourrait être générale puisqu’après le recul de Modi, les dirigeants des États et territoires de Delhi, Odisha, Jharkhand, Chattisgarh, Punjab, Maharashtra, Kerala, Rajasthan, Tamil Nadu et probablement d’autres à venir se sont félicités et ont demandé au gouvernement central de satisfaire aux nouvelles revendications des paysans.

Par ailleurs, le 22 novembre, les paysans avaient annoncé qu’ils attendaient un million de manifestants à Lucknow, la capitale de l’Uttar Pradesh, cœur du pouvoir du BJP . Cette manifestation aurait planté le dernier clou, disaient les paysans, dans le cercueil du BJP, avant sa défaite électorale probable dans cet État en début d’année prochaine – comme assurément au Pendjab, en Uttarakhand et peut-être encore au Manipur et Goa où ont lieu également des élections l’an prochain. L’échec électoral du BJP en début d’année prochaine notamment en Uttar Pradesh était prévisible au vu de la mobilisation paysanne montante dans ces États et au vu déjà de l’énorme défaite électorale au Bengale Occidental et dans les élections partielles en Uttarakhand du fait des actions du mouvement paysan malgré les énormes moyens qu’y avait mis le parti du pouvoir..

Cela aurait signifié la fin de toute autorité du BJP dans l’ensemble du pays, même s’il était resté formellement à la tête du pays jusqu’à son terme légal en 2024.

Les 26, 28 et 29 novembre, les paysans avaient également prévu toutes les mobilisations qui ont été décrites plus haut.

Mais peut-être et surtout, les paysans avaient annoncé conjointement avec les dix principales organisations syndicales ouvrières, une grève générale de deux jours consécutifs en début d’année prochaine lors de la session parlementaire sur le budget.

Une telle mobilisation générale de deux jours ne s’est jamais vu en Inde et aurait pu ouvrir la porte dans le climat actuel à bien des surprises.

En effet, pour le 26 novembre 2020, l’an dernier, avec un seul jour de grève générale, 250 millions de grévistes avaient participé à cette grève. Or les paysans en avaient profité pour lancer leur mouvement au niveau national alors que jusque là il était limité dans deux États, Pendjab et Haryana, en annonçant une seconde journée de grève une semaine après le 26 novembre. Dans la foulée, ils avaient organisé la marche sur Delhi qui s’était transformé en siège de la capitale avec des campements hébergeant jusqu’à 300 000 paysans et soutiens, syndicalistes, féministes, écologistes, étudiants, jeunes, indigènes, Intouchables, hindous, musulmans ou sikhs, faisant de ces campements des foyers permanents de fermentation de la révolution.

Cette grève générale de deux jours aurait donc pu être le point de départ d’un mouvement encore plus général dans tout le pays, d’autant que paysans et ouvriers à la base étaient déjà en train de la préparer activement ensemble dés maintenant.

L’affaiblissement général du régime en aurait dangereusement résulté pour les possédants.

Le cœur du pouvoir du BJP et sa vitrine résident en effet en Uttar Pradesh. Cet État géant – le plus grand de l’Inde avec 210 millions d’habitants quasi autant que le Brésil -, est dirigé par l’idéologue du parti, Yogi Adityanath, moine hindou fanatique et fascisant, faisant régner “l’Hindutva” dans l’État, le pire des régimes dictatorial et religieux mêlant les oppressions et divisions aussi exacerbées que violentes, de religions, de castes et de sexes. Une défaite démonstrative infligée en ce lieu par le mouvement populaire utilisant et détournant les élections à cette fin aurait signifié non seulement la défaite du BJP, mais aussi la défaite de tout le système idéologique de domination des riches indiens depuis des siècles avec leurs divisions des classes populaires entre sexes mais aussi entre mille religions et castes. Un basculement de l’histoire.

Car en effet, le soulèvement paysan n’est pas qu’économique, ce qui est aussi une révolution en soi.

LES PAYSANS INDIENS, DES PROLÉTAIRES ET DES FEMMES A L’IDÉAL SOCIALISANT

D’une part, sous l’effet de la mondialisation, comme partout dans le monde, avec l’augmentation de la paupérisation des campagnes et de l’exode rural, le travail agricole s’est profondément féminisé depuis quelques décennies et le monde paysan a été révolutionné dans ses habitudes par cette transformation.

D’autre part, par ce biais, le soulèvement paysan est lui-même l’héritier des valeurs d’un grand mouvement social, nommé Shaheen Bagh (du nom d’un quartier pauvre et musulman de Delhi). C’était un mouvement féminin et féministe mais aussi contre toutes les oppressions de religions et de castes, qui a eu lieu entre décembre 2019 et mars 2020, occupant massivement quotidiennement les places des grandes villes indiennes Il a été le premier grand mouvement à se lever contre Modi en s’opposant à une énième loi discriminatoire contre les musulmans et le premier à oser défier son système de haines de castes, religions ou sexes qui avait pourtant eu tant de succès électoral depuis 2014 et qui avait fait s’incliner tous les partis d’opposition et les avait tous amené eux aussi à suivre, peu pou prou, une telle idéologie réactionnaire. Quand le Covid et la répression avaient stoppé ce mouvement en mars 2020, le mouvement paysan sous les l’influence des paysannes en avait repris les valeurs humanistes dés ses débuts en juin 2020 au Pendjab et en Haryana puis les a porté et amplifié jusqu’à aujourd’hui donnant significativement une place centrale aux femmes, aux tribus indigènes, aux Dalits (Intouchables), aux jeunes et à l’alliance de toutes les religions musulmans, sikhs ou hindous en affichant clairement sa volonté de lutter contre toutes les oppressions.

Enfin, le mouvement paysan par ses nombreuses et fortes organisations syndicales combatives – très différemment de la plupart des organisations syndicales ouvrières – est l’héritier de toute l’histoire du socialisme indien et du Gandhisme de la période de l’indépendance et a maintenu en Inde le programme de l’autosuffisance alimentaire contre les groupes capitalistes agro-alimentaires.

À travers cela, se sont conservées, au moins en partie e dans certaines régions, par exemple au Pendjab et en Haryana, le cœur de la révolte, des structures étatiques de protection des paysans : pour l’essentiel, un prix des produits agricoles qui n’est pas dépendant du marché mondial, mais plus élevé (peut-être un des plus élevés au monde) et fixe qui est établi par l’État au cours de négociations avec les syndicats ; des marchés (mandis) d’État qui assurent la vente de ces produits agricoles aux prix fixés et les distribuent dans tout le pays ; la garantie de cent jours de travail salariés pour les paysans dans les périodes de faible activité agricole ; enfin, une démocratie directe à la campagne par des panchayats, des assemblées communales sous le contrôle d’Assemblées Générales de la population.

Tout cela faisait du monde paysan indien le dernier marché de taille qui ne soit pas entièrement ouvert à l’avidité des capitalistes. D’où l’enjeu des luttes qui s’y passent.

Ce n’est pas qu’une défaite de Modi, mais du capitalisme mondial.

Ainsi, si les 600 millions de paysans indiens ont moins de deux hectares et sont très pauvres, si la majorité de ces tout petits paysans sont aussi des ouvriers agricoles dans de plus grandes exploitations et s’ils sont enfin nombreux à être en même temps encore des salariés dans les communes et villes, un état d’esprit socialisant s’est maintenu chez ces prolétaires de la terre, et avec eux dans leurs organisations. Ainsi la moitié des 40 membres du SKM, la coordination paysanne qui anime le soulèvement, sont des militants communistes, libertaires, socialistes révolutionnaires ou syndicalistes radicaux.

LE SYSTÈME ÉLECTORAL REPRÉSENTATIF CONTOURNE ET UTILISE PAR LE MOUVEMENT PAYSAN

Il faut comprendre aussi dans les choix de Modi – et derrière lui de la bourgeoisie indienne – que s’ils avaient laissé arriver la défaite électorale annoncée du BJP en Uttar Pradesh, le système électoral représentatif aurait été lui-même tout entier ébranlé par une utilisation, un contournement et au final une dévalorisation des élections représentatives par le pouvoir de la rue mobilisée.

Or, ce système électoral complète les outils de divisions religieuses, de castes et de sexes quand ces dernières ne suffisent pas pour soumettre le million de révoltes et rebellions qui animent très régulièrement la population de ce pays tellement éruptif.

Les centaines de partis nationaux ou régionaux de ce système électoral presque tous plus ou moins corrompus, ses élections incessantes parfois de dimensions américaines, ses médias en grand nombre, ses millions de roupies dépensées en campagnes électorales spectaculaires et ses centaines de milliers de petits bureaucrates ainsi que ses dizaines millions de partisans illusionnés permettent aux notables indiens et leurs médias de parler de la plus grande démocratie du monde, mais seulement pour mieux changer le décor du théâtre afin que la pièce soit toujours la même et que rien ne change en profondeur dans la propriété des biens du monde et l’exploitation du travail humain.

Or, comme déjà un peu au Bengale Occidental, une défaite du BJP en Uttar Pradesh, signifierait la fin de l’emprise des illusions électorales sur les opprimés, puisqu’il n’y a pas d’alternance au BJP. En effet, le Parti du Congrès, traditionnel parti gouvernemental de centre gauche et opposant d’alternance au BJP n’est pas le parti pour lequel les paysans appellent à voter. Il est tout autant discrédité. Les paysans appellent seulement à battre leurs plus grands ennemis du moment. Mais au Pendjab, c’est le Parti du Congrès. Du coup, dans cette région Sikh, ce n’est même pas un parti Sikh comme il l’est souvent qui sera élu, car trop institutionnel, ce sera peut-être l’AAP, le Parti de l’Homme Ordinaire, une sorte de Podemos qui soutient activement les paysans, qui sera élu, comme il l’a été déjà à Delhi. Bref, c’est le mouvement de la rue qui fait et défait les élus en fonction du fait qu’ils tiennent ou pas leurs promesses : en quelque sorte des élus révocables à presque tout moment, le vieux programme des socialistes révolutionnaires depuis la Commune de Paris.

C’est tout cela, la déconstruction du système de division des milieux populaires par la caste, le sexe, la religion, la remise en cause du système électoral représentatif et de ses illusion, la confiance dans l’énergie et l’intelligence populaire, que la révolution paysanne indienne envoie comme message dans le monde. Ce n’est pas le 1917 russe mais c’est une révolution en cours.

C’est cela que Modi et les riches indiens voulaient éviter en cédant un peu pour ne pas tout perdre.

Mais il n’est pas certain au vu de la décision du SKM de poursuivre la lutte, qu’ils ne perdront pas tout quand même.

ÉBRANLEMENT DU MONDE ET CHANGEMENT DE PÉRIODE

On imagine facilement les répercussions de la revendication de cette sorte de salaire minimum garanti pour les paysans, rendue crédible par le succès du mouvement, sur l’ensemble des paysans en Inde – 600 millions quand même et 800 millions de ruraux – mais aussi sur les quatre cent millions d’ouvriers précaires en Inde qui n’ont aucune protection ni garantie – et sur l’ensemble des paysans et pauvres du monde en commençant par ceux des pays de la périphérie indienne qui sont en train de se battre aujourd’hui comme au Sri Lanka ou au Pakistan mais aussi sur toutes les classes populaires en lutte aujourd’hui au Népal, Maldives, Birmanie qui regardent avec espoir ce qui se passe en Inde.

Des élections vont avoir lieu dans l’État du Manipur en Inde l’an prochain, à la frontière birmane, là où les frontières sont poreuses et là où l’armée birmane concentre actuellement ses attaques, craignant justement cette porosité et l’aide des ethnies côté indien à leurs frères du côté birman. Imaginons un instant que le BJP y soit battu et qu’y advienne un pouvoir sous l’influence des paysans révolutionnaires et des ethnies qui vivent de part et part de la frontière dans cette région. La lutte en Birmanie y serait probablement transformée.

On mesure aussi la profonde détermination des paysans au fait qu’un an après le début de leur lutte, 700 morts, d’innombrables efforts et sacrifices, le mouvement a encore l’énergie de ne pas accepter de se contenter de cette victoire qui est certes très importante politiquement mais sans grand effet socialement puisqu’elle ramène à ce qu’il y avait avant. Ce refus donne une idée de l’immense détermination des paysans et de l’effet que cela peut avoir sur tout le monde.

Les paysans ne se contentent plus de se défendre en cherchant à maintenir le statu quo, ils veulent plus et mieux, plus qu’ils n’ont jamais eu puisque même au moment de l’indépendance il n’y a jamais eu développé à l’échelle de tout le pays, ce système de prix garantis. Au cœur de leur combat, il y a les campements paysans de Delhi qui fonctionnent un peu comme des partis pour l’ensemble du mouvement. C’est là dans le croisement et l’échange de centaines de milliers de militants de tous bords, paysans, ouvriers, syndicalistes, communistes, libertaires, féministes, écologistes, jeunes, étudiants et intellectuels ou artistes, Intouchables ou tribus indigènes, que se forge l’envie et les moyens d’un monde meilleur.

C’est de cœur ardent, existant depuis un an, que partent les initiatives, les militants allant dans tous les coins du pays et insufflant en permanence courage, volonté et compréhension, la volonté offensive et non plus seulement défensive avec les syndicats, les associations, les combats locaux ou régionaux, professionnels ou parcellaires.

Tout cela, révélé par la décisions du SKM de continuer et amplifier la lutte, dessine l’émergence d’une organisation révolutionnaire originale et un changement de période où les classes populaires passent à l’offensive pour un monde meilleur et les classes bourgeoises se mettent en défensive, une tendance qu’on sent germer un peu partout dans le monde à la lumière de l’avant-garde du mouvement en Inde.

Jacques Chastaing 21.11.2021

Le poids du secteur agricole de l’Inde est considérable, assurant la subsistance de près de 70 % de 1,3 milliard d’habitants, et contribuant à 15 % environ de son PIB, soit 2 700 milliards de dollars. La « révolution verte » des années 70 a permis à l’Inde, pourtant régulièrement confrontée à des pénuries alimentaires, de devenir un pays excédentaire, aujourd’hui important exportateur.

Selon une enquête du ministère de l’agriculture sur la période 2015-2016, plus de 85 % des agriculteurs possédaient moins de deux hectares de terres, moins d’un agriculteur sur cent était propriétaire de plus de 10 hectares. L’Inde octroie en moyenne 32 milliards de dollars de subventions aux agriculteurs chaque année, selon le ministère des Finances.

Q : Quelle est la réalité des agriculteurs ?

Sécheresse, inondations, l’agriculture indienne subit des conditions météorologiques de plus en plus erratiques en raison du changement climatique. Selon un rapport du gouvernement du Pendjab (nord) publié en 2017, cet État aura épuisé toutes ses ressources en eau souterraine d’ici 2039. On compte un important endettement et taux de suicide chez les agriculteurs indiens (300 000 se sont suicidés depuis les années 1990). Selon de récentes données officielles, quelque 10 300 agriculteurs ont mis fin à leurs jours en 2019. Agriculteurs et travailleurs agricoles abandonnent en masse le secteur : 2 000 jetaient chaque jour l’éponge, selon le dernier recensement datant de 2011.

Q : Quels sont enjeux des réformes agricoles de Modi ?

Les gouvernements qui se sont succédé ont toujours fait de grandes promesses aux agriculteurs – qui constituent une cible électorale cruciale – et Modi n’a pas fait exception, en promettant de doubler les revenus des paysans indiens d’ici 2022. En septembre, le parlement a ainsi voté des lois qui autorisent les agriculteurs à vendre leurs productions aux acheteurs de leur choix, plutôt que de se tourner exclusivement vers les marchés contrôlés par l’État. Ces marchés avaient été créés dans les années 50 pour protéger les agriculteurs contre les situations d’abus et leur assuraient un prix de soutien minimal (PSM) pour certaines denrées.

Nombre de petits exploitants sont attachés au PSM, qui constitue pour eux un filet de sécurité essentiel, et se sentent désormais menacés par la libéralisation des marchés agricoles qu’engendrent les réformes. Ils redoutent la concurrence des grandes fermes qui risque de les obliger, pour écouler leurs marchandises, à les brader à vils prix aux grandes entreprises.

LES AIDES A DOMICILE / LES INTÉRIMAIRES SANS PAPIERS DE RSI TOUJOURS EN LUTTES

Paris 23 novembre 2021 : à proximité de l’assemblée nationale

Face aux urgences du secteur du maintien à domicile et des structures médico sociales, le 23 novembre 2021, le Collectif National La Force Invisible Des Aides à Domicile a appelé à un large rassemblement des métiers du lien et du soin, bénéficiaires usagers et aidants, associations, collectifs, syndicats !

À l’appel du Collectif National La Force Invisible Des Aides à Domicile, des auxiliaires de vies de plusieurs régions de France étaient rassemblées devant Assemblée nationale.

Dans cette première partie d’émission, nous entendrons la parole de ses femmes, qui se tiennent prés des plus précaires.

Pour plus d’info :

Twitter : Collectif National LaForceInvisible Aide Domicile@NationalAide mail : collectif.laforceinvisible@gmail.com http://collectif-la-force-invisible.fr/

Depuis le 8 novembre au matin, les grévistes Sans-Papiers de la société d’intérim RSI tiennent un piquet de grève devant l’agence RSI de Gennevilliers.

Le 8 au soir, les policiers sont intervenus pour nous demander de démonter les trois tentes que nous avions posées. Ils se sont mis en ligne, à huit, bras croisés jusqu’à la fin du démontage. En gros, « vous pouvez revendiquer si vous voulez, mais vous aurez froid ». L’État se positionne aux côtés des patrons qui surexploitent leurs salariés. Il les protègent dans leurs illégalités.

Ce 22 et 24 novembre 2021, nous sommes allées à la rencontre des grévistes. C’est le reportage que nous vous proposons, en cette seconde partie d’émission.

Pour soutenir les grévistes sur le piquet : rsi 10 rue de la Sablière 92230 Gennevilliers. Métro Gabriel Péri (ligne 13). Puis Bus 177 vers Villeneuve-la-Garenne, arrêt Grésillons-Félix Éboué.

MARCHE CONTRE LES VIOLENCES SEXISTES/PROPOS RACISTES A LA RATP

Ce samedi 20 novembre avait lieu à Paris la marche annuelle contre les violences sexistes et sexuelles (à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre).

Cette année la marche parisienne a réuni environ 50000 personnes selon les organisatrices, soit une des plus grandes manifestations féministes récentes en France

L’Actualité des luttes a promené son micro dans le cortège à la rencontre de
participantes et de participants, membres de collectifs ou non, pour donner à entendre leurs revendications et leurs approches de la lutte contre le patriarcat.

Le 19 novembre dernier, un rassemblement contre les discriminations à la RATP, organisé par Solidaires RATP a eu lieu afin de protester contre la mutation/promotion d’un agent convaincu de propos raciste proféré sur les réseaux sociaux en tenu d’agent de la RATP.

Dans cette seconde partie d’émission, nous pourrons entendre les prises de parole qui se sont tenu lors de ce rassemblement.

Un certain nombre de témoignages d’agents, exprimé leur expérience d’un racisme ancrée et dissimulé au sein de la régie publique ; qui va dès agents de sécurité au cadre de terrain ou administratif.

Pass sanitaire/ grève des intérimaires sans papiers de RSI/ grève des intérimaires de Bonna sabla

Aujourd’hui, une émission autour des luttes menées par des intérimaires avec et sans papiers afin de mettre en question une fois la place des boîtes d’intérim dans l’organisation de l’exploitation des travailleurs avec ou sans papiers.

L’émission débutera par le témoignage d’une lutte dans l’entreprise fuji film autour de la question du pass sanitaire qui a lui été réalisé hier mardi 16 novembre a la suite d’une réunion publique organisée à la bourse du travail de Paris intitulée ;pass sanitaire arme sécuritaire : résister et rester solidaire.

Ensuite, nous vous diffusons deux reportages sur les luttes dans les boites d’intérim. Nous commençons avec un reportage réalisé le 12 novembre a Gennevilliers avec les travailleurs sans papiers de RSI en lutte depuis le 22 octobre 2021. Cette lutte a démarré avec une occupation des locaux de l’agence RSI a Paris et a été en butte à une sévère répression.

La boîte d’intérim parisienne ayant une antenne à Gennevilliers, les grévistes se sont retournée vers elle ou un piquet de grève s’y est formé 1 rue de la Sablière. Ils y réclament des certificats de concordance des cerfas, sésames pour la suite de leur parcours administratifs de régularisation.

Cette émission est aussi l’occasion pour nous d’annoncer le début d’une campagne a l’appel de la marche des solidarités contre le racisme et les logiques sécuritaires, dont le prochain rdv est le mardi 23 novembre a 19h au local de solidaires 31 rue de la grange au Belle. 

Nous poursuivons avec la diffusons du reportage réalisé le lundi 15 novembre avec les travailleurs en grève de Bonna sabla situé à Conflans-Sainte-Honorine.

Une soixantaine d’intérimaires en mission depuis trois ans pour les plus anciens sont en grève depuis deux semaines avec le soutien de la CGT Intérim pour exiger que  les primes, dont la prime Covid qui ont été promises par la direction de l’usine Bonna Sabla, une filiale du groupe suédois Consolis aux salariés titularisés leur soient aussi versés !

Il faut savoir que les intérimaires représentent 80 % de l’effectif de l’entreprise. Bonna Sabla fabrique des composants qui servent à faire les tunnels des métros du Grand Paris Express.

Bonne écoute !

SANS EMPLOI MAIS PAS SANS SALAIRE !

La guerre contre les chômeurs et les chômeuses s’est encore intensifiée sous la présidence Macron : elle s’est traduite concrètement par une nouvelle attaque de l’assurance chômage. On en connaît les effets : réduction du nombre de bénéficiaires, diminution du montant et de la durée des prestations… On ignore en revanche largement l’histoire dans laquelle elle s’inscrit.

Cette brochure cherche à combler ce manque, en revenant sur la construction et la généralisation de l’indemnisation du chômage en France, puis sur les attaques dont elle a été la cible. D’abord pour comprendre la logique générale de toutes les réformes de ces dernières décennies : faire dépendre toujours plus fortement les droits aux chômages de l’emploi exercé avant.

Mais ce retour historique rappelle aussi la logique originale de l’assurance-chômage, qui tend à attribuer aux chômeurs et aux chômeuses un droit à conserver son salaire hors de l’emploi.

En rappelant cette voie, et en montrant comment les syndicats combattifs l’ont défendue avant d’intégrer partiellement la logique des réformes, ce texte vise à outiller leur lutte, et à nourrir la réflexion autour de nos revendications sur le versement des prestations, la gestion des régimes et leur financement.

Les militant⋅es contre la réforme de l’assurance chômage y trouveront de quoi défendre une vision cohérente et offensive d’un régime unifié du chômage, géré par les travailleurs et les travailleuses, et leur garantissant le maintien de leur salaire hors de l’emploi.

Pour parler de cette petite histoire de l’indemnisation du chômage, nous recevons dans l’émission de ce jour, Baptiste Panier, l’un des auteurs de cette brochure.

PPG/BERGAMS/PAROLES DE BIBLIOTHÉCAIRES/HÔTEL DE BERRY/ MIMMO LUCANO

Dans l’émission de ce jour, nous vous diffusons une série de reportages sur les mouvements de grèves dans divers secteurs

Le 8 novembre dernier les salariés de PPG Bezons étaient au tribunal administratif de Cergy , pour faire casser la décision de la Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) de valider le plan social qui les affectent et qui les envoient à la case chômage.

En effet, cette validation est totalement contraire au droit. Car, la multinationale qui les employaient veut tout simplement délocaliser leur emploi pour plus de profits.  

Par cette lutte qui peut paraître perdue d’avance, ils ont réussi à maintenir le versement de leur salaire durant ces 10 derniers mois.

Nous entendrons l’entretien réalisé avec un salarié de PPG le 8 novembre 2021 devant le tribunal administratif de Cergy.

Les salariés de PPG mais aussi les TUI France, appellent à une manifestation le 27 novembre à 14 h devant le ministère des Finances et du budget à Bercy.

Les grévistes de Bergams poursuivent leur grève entamée le 14 septembre dernier pour mettre fin à la modulation du temps de travail, retrouver de meilleures conditions de travail et une rémunération prenant en compte l’ancienneté, suite à l’accord de performance collective signé il y a un an.

Cet accord de performance collective a eu pour conséquences : une Augmentation de la charge de travail, des accidents du travail, des Horaires modulés et variables sur la journée qui ne permettent pas de concilier vie professionnelle et vie personnelle et une baisse de rémunération jusqu’à 800 € pour certaines personnes.

Le 11 novembre dernier, l’équipe de l’actualité des luttes, c’est rendu à Grigny, à la rencontre des salarié-e-s de la société Bergams.

Nous poursuivons cette émission, avec le reportage réalisé le 10 novembre dernier sur la journée de mobilisation national des bibliothécaires contre le pass sanitaire et nous entendrons dans ce reportage, la parole de deux d’entre elles.

Mardi 9 novembre un rassemblement des salariées de l’hôtel de Berry s’est mis en grève pour obtenir  contre la suppression du 13ᵉ mois et de l’indemnité nourriture des salarié-e-s sous-traitées à la société Luxe Et Traditions.

Alors qu’ils se lèvent le matin à 4 h 00 et qu’ils n’ont même pas le privilège de pouvoir avoir un panier repas pour midi !

Nous vous diffusons le reportage réalisé ce 9 novembre devant l’hôtel de Berry dans le 8eme arrondissement de Paris

Nous terminons cette émission avec un appel pour une soirée de soutien a Mimmo Lucano

Domenico « Mimmo » Lucano, ex-maire de Riace (Calabre) a été condamné en septembre 2021 à plus de treize années de prison et 500 000 € d’amende pour avoir fait preuve d’humanité envers les réfugié•es arrivé•es par la mer en les accueillant dans son village frappé par l’exode rural, et en proposant un modèle d’intégration efficace.

Rappelons que le nombre de personnes ayant péri en tentant de rejoindre l’Europe a plus que doublé cette année ; selon les statistiques de l’OIM, il se monte à 1 146 pour le premier semestre 2021. Il était de 513 en 2020.

Le rendez-vous pour la soirée de soutien sera le 17 novembre 2021 de 18 h 00 à 21 h 45 à La Bourse du Travail (salle Ambroise Croizat), 3, rue du Château d’eau – 75010 Paris – Métro République

BIBLIOTHÉCAIRES CONTRE PASS SANITAIRE / H&M EN GRÈVE

La lutte s’ancre désormais dans la durée pour obtenir la levée du passe sanitaire dans les établissements, et plus généralement pour en exempter la culture et les services publics. Ainsi, à Grenoble, les personnels des bibliothèques entrent dans leur deuxième mois de mobilisation malgré les pressions et les sanctions demandées par le maire.

Le 22 octobre, les bibliothécaires grenoblois.e.s se sont mobilisé.e.s contre les sanctions dont sont victimes quatre de leurs collègues pour n’avoir pas voulu exécuter ce contrôle.

Troisième journée de mobilisation nationale dans les bibliothèques pour la levée du pass dans les lieux essentiels, comme les bibliothèques ce 10 novembre 2021.

Dans cette première partie d’émission, nous vous proposons l’écoute du reportage réalisé ce 5 novembre 2021 place du palais royal a Paris ou se tenait le rassemblement des bibliothécaires en luttes.

Depuis le 7 octobre dernier, le site de logistique de H&M France est en grève pour lutter contre sa fermeture à la faveur d’une délocalisation. 150 salariées risquent le licenciement. Dans cette seconde partie d’émission, nous entendrons le reportage réalisé le 26 octobre dernier sur le site de logistique de H&M France au Bourget.

LES ACCOMPAGNANTES D’ÉLÈVES EN SITUATION DE HANDICAP

Mantes-la-jolie 19 octobre 2021

Après celles des 8 avril et 3 juin dernier, ce 19 octobre 2012,se déroulait la troisième journée de grève nationale des AESH à l’appel de l’intersyndicale. Les accompagnantes d’élève en situation de handicap (AESH) ont encore une fois démontré leur capacité de mobilisation et leur détermination.

Cette rentrée 2021 a été marquée par la généralisation des Pôles inclusifs pour l’accompagnement localisés (PIAL), outil de la mutualisation des moyens d’accompagnement. À l’inverse de l’évaluation des besoins des élèves au plus près de la réalité, c’est une logique de rentabilité et d’économie des moyens qu’impose le ministère.

L’équipe de l’actualité des luttes, c’est rendue à Mantes-la-Jolie ou se tenait un rassemblement et nous avons rencontré ces femmes qui nous parlerons du peu de moyen qui leur est allouée et de la précarité dans laquelle, elle se trouve.

Dans ce reportage, nous entendrons également, un enseignant qui fera un point sur la situation des accompagnantes d’élève en situation de handicap au sein de l’éducation nationale.

Bonne écoute !

ACTION DE RÉGULARISATION DES TRAVAILLEURS SANS PAPIERS / LE FONCTIONNEMENT DE LA JUSTICE DANS LES CRA

Le lundi 25 octobre 2021, plus de 200 travailleurs sans-papiers ont entamé un mouvement de grève coordonné avec occupation de leurs entreprises sur huit sites en Île-de-France.

Dans diverses professions : Livreurs, plongeurs, ouvriers, éboueurs, intérimaires, les travailleurs sans-papiers, ont décidé de s’organiser avec la CGT pour gagner leur régularisation et pour ne plus subir la surexploitation dont ils sont victimes de la part des employeurs.

Dans cette première partie d’émission, nous vous proposons l’écoute du reportage réalisé ce mercredi 27 octobre devant le site de Sepur, entreprise spécialisée dans la collecte et le tri des déchets à Pavillons sous bois ou les travailleurs sans papiers menait une action de blocage.

En seconde partie d’émission, nous parlerons de l’abattage judiciaire qui s’exercent tous les jours dans les audiences des juges des libertés et de la détention pour les prisonniers des centres de rétention administrative(CRA). Nos invités reviendront sur une audience à laquelle ils ont pu assister, a l’annexe du tribunal de grande instance de Meaux qui se trouve à l’intérieur du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot.

Hôtel campanile :gréve victorieuse / sncf : ouverture a la concurrence/ musée du Louvre : grève à la restauration /Veolia : blocage d’un centre de tri.

Paris musée du Louvre 15 octobre 2021 Licenciements à Ducasse Paris

Dans l’émission de ce jour, nous diffuserons un panorama de reportages sur des grèves et des victoires de luttes

Courant octobre, en marge du rassemblement de soutien à Foued qui risque le licenciement pour avoir fait son travail de syndicaliste, Claude revient sur la situation dans l’hôtellerie, et à la CGT HPE.

Toujours en ce mois d’octobre, en marge d’un rassemblement de soutien à Patrick, un cheminot menacé de licenciement pour une erreur envers un proche de la direction de l’axe Paris Nord, Karim revient sur la situation à la SNCF, les conséquences de sa privatisation et l’état de la riposte syndicale.

Nous poursuivons avec un reportage réalisé le 15 octobre dernier au musée du Louvre : En grève contre le grand cuisinier Pierre Ducasse qui possède un restaurant à l’intérieur du musée du Louvre, Georges de la CGT, profite d’une action de paralysie du restaurant, le jour où les entretiens préalables au licenciement se sont déroulés pour nous expliquer les raisons de cette grève et le rapport de force dans la restauration du musée du Louvre.

Lancée jeudi 14 octobre, la grève de 46 agents de Xvéo (groupe Veolia) a mis à l’arrêt les activités de collecte sélective et de tri des déchets ménagers du Syctom Paris XVe. Un gros coup de pression infligé à la direction du site pour qu’elle consente à revaloriser les salaires. Nous terminerons l’émission par le reportage réalisé ce 20 octobre 2021, devant le site Xvéo ou les salariés était regroupé.

MONOPRIX OU L’ART DE LA DÉSHUMANISATION

Avec le collectif CGT monoprix Île-de-France

La direction de Monoprix a décidé de geler des embauches. Les quelques salarié-e-s présent-e-s malgré tout dans les rayons doivent faire plusieurs tâches à la fois.

Beaucoup d’arrêts maladies, d’abandons de poste, accidents de travail… car les salariés croulent sous une surcharge de travail qui ne fait qu’empirer.

Cette politique qui consiste à faire des économies dans tous les secteurs y compris en niveau même des frais de gardiennage.

L’enseigne demande toujours de fournir plus d’efforts sans contrepartie. Les salaires stagnent toujours au même niveau. Les primes sont très réduites, voire supprimées.

Dénoncer cette politique de réduction des effectifs a valu deux assignations en justice. Les salarié-e-s ont été attaqué-e-s en justice par l’enseigne à deux reprises et un appel a suivi ces deux décisions.

La Cour d’Appel de Paris a fait condamner Monoprix concernant le premier jugement et les salarié-e-s sont en attente de la décision du deuxième jugement en appel.

Monoprix a été condamné par la cour d’appel de Paris le 20 mai 2021 à verser 150 € aux 13 assignés. Monoprix se pourvoit en cassation pour sa condamnation en appel.

À la veille de la décision judiciaire, nous recevons dans nos studios, le collectif CGT Monoprix Île-de-France, ils nous parleront de la situation à Monoprix.

LES SAGES FEMMES EN COLÉRE

Bien que les sages-femmes exercent une profession médicale, leur métier reste très peu reconnu avec un salaire comparable à celui d’une infirmière. Les sages-femmes se battent afin d’obtenir plus de reconnaissance. Comment s’explique la colère grandissante de ces professionnelles de santé ?

Le quotidien d’une sage-femme

Le métier des sages-femmes est axé principalement sur l’accompagnement de la grossesse et de l’accouchement. La grossesse est une période particulièrement intense dans la vie d’une femme. La sage-femme s’assure alors du bien-être physique et psychologique de sa patiente et de son bébé à venir.

Ainsi, la sage-femme s’occupe de la surveillance de la grossesse : échographie, examens sanguins et urinaires, etc… Elle prend en charge les futures mamans tout au long des neuf mois nécessaires au développement du fœtus.

En dehors des accouchements à risque de complications (grossesse gémellaire, bébé en siège, etc…) et des césariennes obligatoirement pratiqués par un gynécologue-obstétricien, la mise au monde du bébé est accompagnée par cette spécialiste.

C’est elle qui organise les soins en salle de naissance et qui alerte le médecin en cas de complications. Elle gère aussi les situations d’urgence. Les sages-femmes libérales sont les cheffes d’orchestre des accouchements à domicile.

Par ailleurs, la prise en charge des sages-femmes ne s’arrête pas à la naissance du bébé. Elle se poursuit dans les semaines qui suivent la mise au monde de l’enfant. Le suivi post-natal ou encore la rééducation périnéale font ainsi partie des missions de la sage-femme.

Son rôle ne s’arrête pas là. La sage-femme s’occupe plus généralement de la santé des Femmes.

Elle peut également accompagner les femmes et leurs partenaires sur des sujets comme la contraception, la sexualité ou encore la ménopause. Toutes les femmes peuvent faire appel à une sage-femme même en dehors du cadre de la grossesse.

Covid-19 : des sages-femmes délaissées et désabusées

La crise sanitaire liée au coronavirus a compliquée le quotidien des sages-femmes. Elles ont dû s’adapter pour assurer la prise en charge des femmes dans des conditions de travail parfois très difficiles. Lors du pic épidémique, les parturientes (femmes qui accouchent), interdites de visite, étaient souvent seules pendant l’accouchement et lors du séjour à la maternité. Cette solitude les rendaient particulièrement vulnérables.

Les sages-femmes ont également été oubliées lors de la distribution de masques réservés au professionnel de santé. Elles ont dû batailler pour obtenir l’équipement permettant de protéger les patientes d’une éventuelle contamination. La crainte s’appliquait aussi à ces professionnelles de santé, qui retournaient à leurs domicile en espérant ne pas infecter leurs familles.

Malgré les contraintes imposées par le virus, les sages-femmes n’ont reçu aucune prime pour leur travail durant l’épidémie. De plus, les mesures promises par le gouvernement à l’occasion du Ségur de la Santé n’ont pas été à la hauteur des attentes de la profession.

C’est dans ce contexte, que nous recevons dans nos studios : Nadège, Coralie et Édith, sages-femmes a l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis. Nous aurons également par téléphone, l’intervention du chef de service le docteur Stéphane Bounan.

MANIFESTATION INTERSYNDICALE DE RENTRÉE

5 octobre 2021 Saint-Ouen : devant le siège du conseil régional Île-de-France

Nous nous sommes rendues à la manifestation parisienne de rentrée, organisée par l’intersyndicale. C’est vrai qu’elle se faisait attendre, il faut dire que la contestation syndicale est restée plutôt aphone pendant toute la période dite de la covid. Pourtant coté patronat et gouvernement ça a pas chômé ; licenciement, confinement, pass sanitaire, loi de sécurité global, loi séparatiste, loi antiterroriste et on en passe jusqu’à la plus ressente ; la reforme de l’assurance chômage.

Cette manif du 5 octobre était lamentable ; tout d’abord par son nombre, il faut dire que les centrales n’avaient pas vraiment informé et mobilisé. Les secteurs en crises ; l’éducation nationale, la santé, les transports brillaient par leur absence ou leur invisibilité. Les secteurs en lutte qui traditionnellement devraient prendre la tête du cortège étaient remplacés par un service d’ordre particulièrement conséquent. Question ballons, sonos, fanions et drapeaux il y avait ce qu’il fallait, à croire que tout les permanents syndicaux étaient de sorti.

Loin de nous, l’envie de jeter l’opprobre sur les syndicalistes de basse, qui se démènent comme ils peuvent pour maintenir leurs conquis. La colère légitime face à un gouvernement autiste qui détruit les biens communs, bétonne nos quartiers, flique nos vie n’avait aucun espace pour s’exprimer ce 5 octobre.

Il y avait comme un goût de monde d’avant, avant les mobilisations contre la loi travail, le mouvement des gilets jaunes et celui des retraites de 2019. Comme une reprise en main mortifère de la part des confédérations pour pacifier les contestations. Fini les cortèges de tête ou syndicalistes et non syndiqués, jeunes, précaires, sans papiers se mêlaient pour chercher ensembles des possibles.

Tout était fait pour que rien ne se passe ; entre cordons de CRS qui ouvraient la manif et la rythmaient en une déambulation insupportablement lente et un service d’ordre nerveux.

Les sonos avaient beau gueuler « Et la rue elle est à qui, elle est a nous » et «  on nous empêchera pas de manifester » la réalité était tout autre. Le parcours de la manifestation avait belle et bien était interdit et c’est le préfet qui l’avait modifié en accord avec les organisateurs.

Bien que la réforme sur l’assurance chômage, qui va plonger des centaines de milliers de personnes dans encore plus de précarité, venait d’être appliquée, le sujet était peu abordé alors qu’il était à l’ordre du jour.

Encore heureux que le matin, des secteurs en lutte s’étaient donnés rendez-vous pour exprimer leur colère. Nous étions avec les travailleurs de TRANSDEV en grève depuis quatre semaines devant le siège du conseil régional d’Île-de-France et au cours de la manifestation, nous avons pu rencontrer les personnes en grève, en conflit ou tout simplement dégoûtés.

Et dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute des différentes interviews réalisée ce 5 octobre 2021

AU ROYAUME DE LA CGT

Émission en compagnie de jean-Bernard Gervais

Journaliste et sympathisant cégétiste, Jean-Bernard Gervais intègre les rangs de la Confédération générale du Travail fin 2016, comme conseiller en communication. La Confédération vient de perdre la bataille contre la loi Travail, menée par son tout nouveau secrétaire général, Philippe Martinez.

Pour le conseiller en com’ qui se pense alors au plus près de ses convictions, l’illusion sera de courte durée. Au siège de la CGT, à Montreuil, se côtoient des « camarades » sans morale, des militants nostalgiques et des opportunistes sans états d’âme, évoluant dans un climat de crainte et de jalousie.

Durant deux ans, il sera ainsi le spectateur impuissant de la lente, mais inexorable perte de vitesse de la CGT, grevée par ses échecs consécutifs – les ordonnances Macron et la réforme de la SNCF – et spoliée de sa place de premier syndicat de France au profit de la CFDT.

Sur le terrain du combat social, force est de constater que la lutte se fait désormais ailleurs, au sein de corporations et de secteurs mieux organisés et plus déterminés, bien éloignés des querelles et mesquineries de la direction de la Confédération.

Dans l’émission de ce jour, nous recevons Jean-Bernard Gervais auteur du livre : AU ROYAUME DE LA CGT La résistible ascension de Philippe Martinez, chez Michalon éditeur. En sa compagnie, nous reviendrons sur les motivations qui l’ont poussée a l’écriture de cet ouvrage et la situation au sein de la confédération générale du travail.