CONTRE LES PROJETS DE MÉGA-BASSINE : l’assemblée des rivières du 27 mars 2022

Télécharger

Bois de la Colombière sur le plateau de Beauregard VS travaux sur la retenue collinaire de la Feclaz (crédit : collectif Sauvons Beauregard)

Paysans, syndicalistes, naturalistes, militant·es écolo, de plus en plus de personnes veulent faire de la gestion de l’eau un sujet de société et obtenir un moratoire sur les projets de méga-bassines.  

En ce début de printemps 2022, un nouvel appel à mobilisation a été lancé par les organisations Bassines Non Merci, les Soulèvements de la Terre et la Confédération Paysanne, pour un rassemblement du 25 au 27 mars dans la commune de La Rochénard. Un territoire symbolique puisque les habitant·es de La Rochénard subissent déjà des restrictions d’eau, un phénomène qui va s’aggraver avec la réalisation de six bassines autour de la commune. 

Ce samedi 26 mars, plus de 7 000 personnes se sont rassemblées dans les Deux-Sèvres à la Rochénard, une mobilisation d’une ampleur inédite contre les projets de méga-bassines qui accaparent l’eau dans la région. La manifestation s’est poursuivie par le démontage du réseau d’alimentation d’une future bassine, qui prélèvera l’eau au détriment des besoins des habitants de Vallans en eau potable.

Dans l’émission du 6 avril dernier (à retrouver sur ce site) nous vous faisions partager cette journée de manif action du 26 mars.

Le dimanche 27 mars, se tenait Une assemblée des rivières pour coordonner la défense de l’eau sur les différents territoires français, les échanges sur les pratiques agricoles et le partage de l’eau avec l’intervention de collectifs et de syndicats paysans, d’habitants.es du Marais poitevin et d’ailleurs, de naturalistes et de scientifiques.

Ce sont les interventions du dimanche matin, que nous vous proposons dans l’émission de ce jour.

Interviendront tour à tour : le collectif de la clusaz, Loire Vienne zéro nucléaire, la coordination eau Île-de-France, le collectif eau Vittel 88 et nous terminerons avec les soulèvements de la mer.

Bonne écoute !

Pour plus d’info :

http://collectif Loire Vienne Zéro nucléaire

https://www.facebook.com/coordination.eau.iledefrance/

https://www.leauquimord.com/collectif-eau-88/

https://www.facebook.com/soulevementsmer/

RÉVOLTE AUX ANTILLES

Télécharger

Ce dimanche 28 avait lieu une manifestation à Paris en solidarité avec la révolte qui gronde dans les Antilles françaises depuis plusieurs mois. Depuis le 17 de juillet dernier, des manifestations avaient lieu tous les samedis contre les mesures sanitaires et la crise de la covid dans les Antilles françaises. Le 2 septembre une liste de revendications avait été communiquée au gouvernement français, que le Préfet a rejeté dans son ensemble le 29 septembre.

Avec l’obligation vaccinale des personnels soignants et des sapeurs-pompiers c’est l’ensemble de l’archipel qui se met en révolte à la mi-novembre avec la mise en places de barrages et un appel à la gréve général de 17 organisations syndicales en Martinique le 22 novembre.

Face à cela l’état a mis en place un couvre-feu de 18 h à 5 h du matin le jeudi 19 novembre qui perdure encore aujourd’hui. Un envoi 200 policiers et gendarmes et 50 membres du GIGN et du RAID a été effectué le 22 novembre et un autre a été annoncé ce lundi 29 novembre de 70 gendarmes et 10 membres du GIGN.

Cette révolte qui est partie de la gestion de la crise sanitaire met en avant de nombreuses revendications sociales qui touchent à l’ensemble des conditions de vies des peuples d’outre-mer. Pour toutes ces raisons le mouvement ne faiblit pas, les barrages sont maintenus et les organisations syndicales se refusent à condamner les actes de violences et a appelé à levé les barrages.

Dans cette émission, vous pourrez entendre les reportages et interviews réalisés lors de la manifestation du 28 novembre à Paris. L’interview d’une syndicaliste de Guadeloupe de Combat ouvrier, et deux interventions glanées sur internet : Eli Domota ( syndicaliste du LKP) à la sortie d’une réunion de travail avec le préfet le 26 novembre et un militant martiniquais réalisé par Combat ouvrier et datant du 24 novembre.

Plateforme des revendications :

Revendications sociales :

  • La résolution de tous les conflits en cours ;
  • Le respect de tous les accords signés, y compris celui du SDIS-971, toujours pas appliqué ;
  • L’augmentation généralisée des salaires, des minima sociaux, des allocations chômage et des pensions de retraite en même temps que l’augmentation des prix ;
  • Le remplacement de tous les départs à la retraite ;
  • L’arrêt des licenciements, dans le privé et des suppressions de postes, dans le public ;
  • L’embauche massive de titulaires, dans toutes les fonctions publiques, à la poste, dans les écoles, à l’université… ;
  • L’arrêt de la répression judiciaire et patronale, contre les militants, les travailleurs et les organisations syndicales ;
  • L’abrogation des règles d’indemnisation du chômage ;
  • Le maintien de toutes les primes de vie chère ;
  • L’ouverture de négociations collectives, dans toutes les branches professionnelles, sur les salaires, l’emploi, la formation, la durée du travail, la protection sociale, la priorité d’emploi des jeunes, des chômeurs et des salariés de Guadeloupe, le fait syndical guadeloupéen.
  • La résorption de tous les emplois précaires et des embauches massives, dans le privé ;

Quant à la gestion de la crise Covid et la situation sanitaire locale : 

  • L’abrogation de la loi du 5 août 2021, relative à la gestion de la crise sanitaire ; 
  • La suppression de l’obligation vaccinale ;
  • La suppression du pass sanitaire ;
  • Le maintien de la gratuité des tests ;
  • Des protocoles sanitaires stricts, adaptés aux établissements publics et privés ;
  • Des recrutements de soignants et de personnel, dans les hôpitaux et cliniques privées, ainsi que dans le secteur social et médico-social ;
  • La mise en place d’un plan d’urgence pour l’embauche et la formation des jeunes ;
  • Des moyens matériels pour la santé, le secteur social et médico-social ;
  • La mise en place d’un système de santé de qualité pour accueillir et soigner les usagers, dignement et efficacement ;
  • Des mesures immédiates pour approvisionner les établissements en oxygène ;

Exigences très spécifiques concernant les pompiers : 

  • Le recrutement de 15 sapeurs-pompiers volontaires (SPV), sur dossier, dans l’immédiat ;
  • Le recrutement de personnel administratif technique et spécialisé (PATS), pour la filière administrative et technique ;
  • La réparation, l’entretien et le renouvellement des engins véhicules de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) et fourgon pompe tonne (FPT) ; 
  • L’organisation de concours pour les sapeurs-pompiers professionnels, au grade de caporal ;
  • La mise en place d’une nouvelle organisation : 12h00 de travail jour et 24h00 de repos, 12h00 de travail nuit et 72h00 de repos, pour le sapeur-pompier ;

Revendications sociétales et dans le secteur de l’éducation :

  • Des moyens supplémentaires et des recrutements de personnels techniques et encadrant, pour le dédoublement des classes et le respect des mesures sanitaires dans les écoles ;
  • Un bâti scolaire et des équipements sportifs et culturels, rénové au plus vite, conforme aux normes parasismiques et débarrassé des rats ;
  • Un plan d’urgence pour l’eau, pour un accès permanent de tous à une eau potable, buvable, sans pesticide, sans chlordécone, à un prix bas et unique, dans le cadre d’un véritable service public ;
  • Le nettoyage de toutes les citernes dans tous les établissements publics ;
  • La condamnation des empoisonneurs au chlordécone et la dépollution des sols ;
  • La mise en place d’un véritable service public de transport permettant aux usagers de se déplacer à toute heure sur l’ensemble du territoire.

QUI VEUT LA PEAU DE LA CGT-HPE ?

Télécharger

Aujourd’hui, nous rediffusons une émission de vive la sociale de juin 2021 sur la victoire des femmes de chambre de l’hôtel Ibis des Batignolles.

Dans un article précédent (« Clash interne à la CGT-HPE »), paru juste avant le confinement, nous rendions public les conflits qui traversent le syndicat, ainsi que les relations houleuses – manière de parler – avec l’UD de Paris et l’US Commerce Paris, elle-même en conflit avec la Fédération…

On aurait pu espérer que le confinement et l’isolement forcé auraient permis de calmer le jeu et de réfléchir conjointement à une sortie de crise honorable.

On aurait pu espérer que le confinement et l’isolement forcé auraient permis de calmer le jeu et de réfléchir conjointement à une sortie de crise honorable Malheureusement, c’est l’inverse qui s’est produit et la crise s’envenime.

Une partie de la CGT-HPE avait scissionné du syndicat en 2016 pour constituer l’UES Constellation (hôtels Hyatt Étoile, Louvre et Martinez), et cette scission a été actée par les 103 syndiqués présents lors de l’AG statutaire de la CGT-HPE le 3 mars. Les procédures juridiques se poursuivent, avec la volonté manifestement explicite de détruire la CGT-HPE pour s’en partager les dépouilles, quels qu’en soient les dégâts pour les syndiqués.

La première procédure a eu lieu le 4 septembre où un ancien délégué HPE passé à l’UES Constellation attaquait Claude Lévy pour avoir diffusé sa fiche de paye, ce qui révélait que ses heures de délégation étaient grassement payées en heures supplémentaires le samedi.

Pratique que nous connaissons bien chez les délégués appelés à intervenir hors de leurs heures de travail, toujours syndicalement condamnée puisque cela ouvre évidemment la porte à la possibilité de corruption indirecte. Les syndicalistes de classe confrontés à ces obligations soit viennent bénévolement lorsque c’est occasionnel (rencontrer l’équipe de nuit dans une usine, par exemple), soit récupèrent leurs heures de travail, puisque nous sommes en principe CONTRE les heures supplémentaires.

La révélation de cette feuille de paye, pour incorrecte politiquement qu’elle soit, est la preuve de la nature du syndicalisme de cet ancien délégué.

Notons, à titre anecdotique, que les conclusions de l’avocat de cet ancien délégué s’appuyaient sur les publications de notre blog « Où va la CGT ? ». Et bien, nous sommes assez satisfaits d’avoir contribué, à notre modeste échelle, à démasquer cet imposteur.

Enfin, pour compléter, la CGT UES Constellation est confrontée à des licenciements dans lesdits hôtels, et pour l’instant n’a pas jugé utile de s’y opposer, se contentant de négocier les miettes de départ, à la sauce CFDT. Cela a amené la CGT-HPE à dénoncer publiquement cette soumission à la direction et à démandater officiellement les délégués syndicaux dans l’entreprise, bloquant de fait la procédure en cours. Nous publions également ci-contre le communiqué de presse diffusé pour l’occasion.

La deuxième procédure est tragi-comique, mais lourde de conséquences.

Un incident sérieux a eu lieu lors du Congrès de l’UD de Paris fin janvier, entre Claude Lévy, et Rémy Picaud membre de l’US Commerce et de la CE départementale. Insultes, bousculades, coup de boule, ça n’a pas été reluisant, disons-le.

Les protagonistes se sont expliqués, Claude Lévy s’est excusé publiquement devant le congrès avant de le quitter prématurément, on pensait que l’incident était clos. En fait il n’en est rien. Il s’avère que Rémy Picaud a porté plainte avec le grand jeu, ITT, désignation d’un expert, supposé « problème à l’œil », etc.

Cela pourrait faire sourire puisque tout le monde a pu constater que ce militant a assisté au Congrès jusqu’à la fin, ainsi qu’à un concert de soutien jusqu’à minuit.

Cette affaire a révélé toutes les sordides manœuvres de l’US Commerce et de l’UD de Paris pour liquider le syndicat : démandatements de mandats de défenseurs syndicaux, pressions pour que l’URIF (qui n’est qu’une union d’UDs) prenne parti et interdise à l’UD 92 de donner ces mandats, etc.

On est en plein dans la bureaucratie et la lutte des places, et bien loin de la lutte des classes. Certes, la CGT-HPE est loin d’être un syndicat parfait et souffre de défauts bien visibles, mais quel syndicat est à l’abri de la critique ? L’US Commerce ? L’UD de Paris ?

Et il faut rappeler que derrière ces affaires sordides qui ne font pas honneur à notre syndicat, on laisse de côté la lutte des classes, le combat courageux des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, les victoires passées contre la sous-traitance (voir le film « On a grévé »), les centaines de procédures gagnées aux Prud’hommes en défense des salarié.e.s. Sans oublier de répéter que les animateurs du syndicat sont absolument intègres, ce qu’heureusement personne ne conteste.

D’autres procédures sont à venir avec le même objectif. Liquider le syndicat CGT-HPE pour en récupérer les restes, quoiqu’il en coûte pour les syndiqués – et pour la CGT dans son ensemble. Pour l’US Commerce, il s’agit de récupérer des mandats dans son combat (par ailleurs légitime) contre la direction de la Fédération, ainsi que le trésor de guerre du syndicat. Pour tous les réformistes, qu’ils ou elles soient à l’URIF, l’UD ou ailleurs, c’est faire taire un combat de lutte de classe qui tranche avec les conciliabules nauséabonds dans les bureaux du patronat, comme en ce moment face aux licenciements prévus à l’UES Constellation.

Nous le disons avec force. Il y a des tas de choses à critiquer dans la CGT-HPE. Mais il faut choisir son camp, celui de la lutte des classes. Et là, il n’y a pas l’ombre d’une ambiguïté : les camarades ont tout notre soutien.

Quant à tou.te.s celles et ceux qui s’acharnent pour la liquider, ils montrent également dans quel camp ils sont : celui de la bureaucratie et de la collaboration.
 

UN PARLEMENT PAYSAN EN INDE

Télécharger

l’inde en mouvement

Nous passerons cette heure avec Jacques Chastaing et en sa compagnie, nous parlerons de la suite du mouvement social en Inde.

Ce qui se passe en Inde avec l’instauration d’un Parlement paysan est historique. Le 23 juillet 2021 se tenait la seconde session du parlement paysan sous les regards du pays à 150 mètres seulement du Parlement bourgeois parallèlement en session lui-même.


C’est historique pour le pays où il n’y a jamais eu une telle représentation politique de ceux d’en bas, historique aussi pour le monde au vu de l’importance du pays mais aussi comme indication de la dynamique qui anime les mouvements sociaux qui traversent la planète depuis 2018-2019.

Ce Parlement paysan n’est pas suspendu en l’air.
Il repose sur un soulèvement massif du monde paysan et rural (800 millions de personnes en Inde) qui dure depuis 8 mois et qui lui-même est la continuation et l’héritier des valeurs d’un soulèvement populaire, appelé Shaheen Bagh, lui-aussi important mais surtout urbain, de décembre 2019 à mars 2020, qui a été conduit par les femmes contre toutes les discriminations qui divisent la population, religieuses, de castes, de sexe…

Le Parlement paysan n’est pas du folklore symbolique mais la partie émergée d’un immense mouvement de reconquête de la démocratie par en bas, par les plus pauvres.

Contrairement à l’habitude, ce soulèvement paysan, car il s’agit plus d’un soulèvement que d’un mouvement, est animé et dirigé par les plus pauvres d’entre eux.

Ce sont les tous petits paysans qui n’ont guère plus d’un ou deux hectares et qui se louent en même temps comme ouvriers agricoles tout en travaillant comme simples ouvriers à la ville lorsque l’activité agricole est au plus bas, qui sont à la tête de ce soulèvement. Ce sont aussi les ouvriers agricoles qui sont maintenant plus nombreux que les petits paysans propriétaires et avec eux, parmi eux, ce sont beaucoup de femmes paysannes, pauvres parmi les pauvres ou des Intouchables et des Adivasis (indigènes) qui sont les plus exploités et opprimés des paysans et ouvriers agricoles, qui donnent tout son dynamisme et sa détermination au soulèvement.

A leurs côté et avec eux dans le combat, il y a des millions d’ASHA et d’Anganwadi, des femmes qui jouent un rôle vital à la campagne dans le domaine de la santé sociale et santé tout court, tout comme des millions d’ouvriers de tous métiers dans les villages et les bourgs qui participent au soulèvement.

Ainsi, comme souvent dans bien des pays en soulèvement depuis 2018-2019, mais de manière encore plus évidente en Inde, c’est le prolétariat qui anime et dirige ce mouvement et lui donne ses particularités les plus radicales.

Et comme en Russie en 1905 et 1917 avec les soviets, ce prolétariat a réinventé et réinvente en permanence une démocratie des pauvres, des exclus, des exploités et opprimés qui s’étend peu à peu à toutes les classes populaires contre la démocratie représentative bourgeoise complètement dénaturée par la dictature des riches, du capital toujours plus prégnante. Les initiatives démocratiques du soulèvement paysan défient toute classification traditionnelle.

Le soulèvement paysan occupe des kilomètres et des kilomètres d’autoroute à Delhi ou ailleurs dans le pays pour établir des Communes libres abritant des militants de tous bords, des artistes et intellectuels, des syndicalistes, des féministes et écologistes et tous les débats, les plus riches et les plus libres, à l’envers de la société de Modi qui verrouille toute expression libre.

Le soulèvement paysan a transformé les occupations de péages autoroutiers en sites de protestations permanentes qui sont devenus des lieux d’Assemblées Générales journalières regroupant des centaines ou des milliers de paysans et leurs soutiens, prenant mille et une décisions quotidiennes, en sachant que depuis novembre 2020, il y a une centaine d’occupations continues de ces péages/AG rien que dans l’État du Pendjab.

Le soulèvement organise la démocratie directe des Mahapanchayats massifs de 10 000 à 200 000 participants, des réunions Assemblées Générales de démocratie directe associant paysans, ouvriers, femmes, jeunes, étudiants, coalition de syndicats agricoles avec des khap panchayats , structures municipales ancestrales, qui forment des structures de pouvoir local, capables d’imposer le bannissement social des dirigeants BJP et alliés, c’est-à-dire de les empêcher d’avoir une quelconque activité publique, capable de les assigner à résidence, d’empêcher leurs déplacements, leurs réunions, bref, capables de les réduire au silence.

Le soulèvement paysan a construit une démocratie économique par la solidarité, en généralisant l’idée du Langar (repas collectif gratuit pour tous chez les Sikhs) à tous les objets du quotidien et notamment sanitaires dans l’épidémie, pour mettre en place des centres de santé gratuits ouverts à tous, nourrir gratuitement les habitants de bidonvilles ou nourrir et loger les travailleurs “migrants” qui ont perdu travail et revenu avec les confinements, éduquer leurs enfants et ceux des autres, ceux des bidonvilles par exemple…

Le soulèvement paysan a imposé la lutte commune de tous en l’imposant par la démocratie d’en bas en réussissant à nouer des alliances avec les confédérations syndicales pour une lutte convergente plus radicale sous la pression de leurs bases, en construisant un front des ouvriers et des paysans auquel tous ceux d’en bas aspiraient pour être plus efficaces.

Le soulèvement paysan participe à toutes les luttes, celles des femmes contre leur oppression, des indigènes pour protéger leur culture et leurs forêts, des étudiants pour leurs droits aux études, des usagers contre la hausse des prix et les anime de sa détermination et d’une volonté de convergence…

Partout il a innové dans les pratiques démocratiques, cassant systématiquement toutes les barrières entre religions, castes, sexes et corporatismes… qui divisent et empêchent l’échange, le débat, l’union, une démocratie réelle des exploités et opprimés.

Le soulèvement paysan imprègne peu à peu tout le pays et les conditions diverses de ses pratiques, devenant le pivot social et sociétal de toutes les luttes.

Ainsi, les ouvriers de la Défense qui étaient appelé à la lutte le 23 juillet contre la suppression de leur droit de grève ont manifesté dans plusieurs États mais ont aussi envoyé une délégation au Parlement paysan. Début août ce sont les ouvriers de la sidérurgie en lutte contre leur privatisation qui monteront en nombre à Delhi et passeront deux jours auprès des paysans.

Mais plus que cela encore, le soulèvement paysan a permis la libération de milliers et de milliers d’initiatives multiples et diverses, petites ou grandes, qui traversent maintenant la société indienne tous les jours et la changent à tous les niveaux sous l’influence de cette poussée démocratique d’en bas.

La semaine dernière par exemple, sans les paysans, à Raipur, la capitale du Chhattisgarh il y a eu une sorte d’audition juridique publique officielle sur la condition des travailleurs migrants. Mais chose inimaginable avant le soulèvement paysan, ça n’a pas été une audition où les victimes présentent leur cas à un panel d’experts et de juges, mais une audition où le jury décisionnel était composé de 17 travailleurs migrants eux-mêmes, renversant ainsi totalement le regard et les décisions prises.

Autre exemple du changement d’ambiance, de jeunes chômeurs de l’Uttar Pradesh ont monté en farce le gouvernement terriblement dictatorial de Yogi, ce que personne n’aurait osé faire il y a quelques mois tellement il faisait trembler tout le monde, un incident qui a servi à mettre en évidence le chômage généralisé parmi les jeunes instruits dans un État où la parole était pourtant totalement verrouillée par le BJP.

La semaine dernière encore, contre la hausse des prix et notamment de l’essence, parmi de multiples manifestations traditionnelles des partis et syndicats divisées ville par ville, État par État, les paysans ont pris une initiative d’une journée nationale commune qui a été très suivie et, depuis, des citoyens ont lancé d’eux-mêmes une campagne “Merci Modi” sur les réseaux sociaux se prenant en photo avec le portrait du Premier ministre Narendra Modi et “Merci Modi” devant les pompes à essence, pour dénoncer la hausse des prix de l’essence et du diesel. Alors que le gouvernement punit sévèrement toutes ces actions sur internet, cela n’a pas empêché l’initiative d’avoir un succès viral.

La société indienne se transforme par en bas sous l’influence paysanne au fur et à mesure qu’elle se crispe en haut sous l’influence des capitalistes.
C’est tout cela, toutes les initiatives prises par en bas, par ceux d’en bas dans la foulée du soulèvement paysan et sa structuration en démocratie directe qui donnent du poids et de l’autorité au Parlement paysan, forment son pouvoir naissant, qui s’oppose de plus en plus centralement à celui de Modi et des capitalistes.

Aujourd’hui, des députés de différents grands partis d’opposition mais ensemble, portant les pancartes des revendications des paysans, ont perturbé le fonctionnement du Parlement bourgeois, puis sont allés manifester à l’extérieur, rendant hommage et d’une certaine manière allégeance au soulèvement paysan et son Parlement.

Le soulèvement paysan était devenu le pivot de toutes les luttes sociales et sociétales du pays. Il est en train de devenir un pivot politique, apparaissant comme un deuxième pouvoir, dessinant la possibilité d’une société plus fraternelle, d’un monde meilleur, en Inde et pour toute la planète.

Il y a encore beaucoup de chemin à faire, beaucoup d’obstacles à surmonter, mais le chemin est tracé pour ce qui anime en profondeur toutes les colères populaires actuelles dans le monde.

Article du 23 juillet 2021, de Jacques Chastaing

Nous ne pouvons pas nous empêcher de critiquer le pauvre article du monde diplomatique de juin 2021 sur l’Inde, intitulé Covid 19, les causes du désastre, rédigé par un soi-disant spécialiste de l’Inde, Christophe Jaffrelot. Qui soigneusement reste rivé au processus électoral des différentes forces politicardes en lisse sans jamais évoquer une seule fois le soulèvement incroyable qui révolutionne l’Inde actuellement. Quelle ridicule pour un journal qui prétend informer d’une manière critique et indépendante sur les bouleversements en cours sur la planète.

QUAND LA RATP VEUT LICENCIER UN SYNDICALISTE COMBATIF

Télécharger

Paris 10 mai 2021 ; conseil de discipline d’Ahmed Berrahal

Le lundi 10 mai a eu lieu le conseil de discipline d’Ahmed Berrahal, près de 200 personnes étaient venues place Lachambeaudie pour le soutenir, pour s’opposer avec force à son licenciement.

Ahmed est délégué du personnel CGT, référant harcèlement. Il se bat avec ténacité et sans compromis contre les mauvaises conditions de travail et soutient les femmes qui se font harceler sur leur lieu de travail. Malgré les grandes intentions et la féminisation de la PDG de la RATP, la boite ne fait rien et à tendance à sanctionner les femmes victimes de harcèlement et les délégués syndicaux qui les soutiennent.

Ahmed est un syndicaliste de base qui prend son mandat au sérieux, il fait parti de ces syndicalistes qui se battent avec leurs collègues, qui cherchent par tous les moyens à dénoncer les conditions de travail dégueulasses et se battent pour les améliorer, à renforcer le camps des travailleurs et à l’élargir ; il a été de ceux et celles qui ont fait vivre la convergence des luttes pendant la contre réforme des retraites, qui ne rechignait pas à bloquer les dépôts de bus, ni à faire des grèves reconductibles, qui a pris position contre les crimes racistes et sécuritaire. Il est déjà passé en conseil de discipline et a pris deux mois de mise à pied pour avoir fait vivre son engagement syndical ! Il risque lors de cette deuxième comparution son licenciement.

Une campagne de soutien a été réalisée à l’appel de ses collègues : appel/vidéo de 30 agents RATP à faire grève en solidarité avec Ahmed : « Nous sommes 30 agents de la RATP, au dépôt de bus de Flandre et ailleurs, et nous lançons un appel urgent à nos collègues : ne laissons pas se faire licencier notre camarade Ahmed, syndicaliste référent harcèlement et secrétaire de La commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT). Pour nous, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et à un moment il faut savoir dire stop ! Stop au harcèlement, stop aux violences sexistes et sexuelles dans l’entreprise, aux pressions et à la dégradation de nos conditions de travail…

Tous Ahmed, tous en grève le 10 mai ! ». Malheureusement, comme à son accoutumé, la confédération a une fois de plus brillé par son absence de soutien ; aucun communiqué, aucune affiche, autocollant… n’ont été réalisés par la centrale. Devant la mobilisation du 10, le lendemain elle s’est fendu d’un texte !

« Est-ce que oui ou non la CGT RATP (pas la CGT RATP bus, pas la CGT RATP métro RER), la CGT RATP a fait un tract avant le conseil de discipline d d’Ahmed ? Est-ce que le secrétaire de la CGT RATP est venu à Flandre lors de l’entretien ? Est-ce que le Secrétaire de la CGT RATP est venu à Lachambeaudie hier ? »NON !

Une fois de plus nous tenons à faire la distinction entre les syndicalistes de bases qui se battent pour leur classe et les bureaucrates cogestionnaires du capitalisme qui défendent leurs places.

Ce reportage a été réalisé le 10 mai 2021 devant le conseil de discipline de la RATP ou comparaissait Ahmed Berrahal.

THÉÂTRE DE L’ODÉON / JOURNÉE DE GRÈVE A LA POSTE

Télécharger

Les stratégies sociales se diversifient. Entre les occupations de théâtre, quelques salarié-e-s d’entreprises qui réagissent a des plans de licenciements, les occupations de terre face aux grands projets métropolitains et l’état qui continue de réduire les acquis sociaux.

Le 1er juillet, de nouveau dispositif de l’assurance chômage vont rentrer en service. Dispositifs qui va réduire les droits des chômeurs et chômeuses.

Dans l’émission de ce jour, il sera question de stratégies de luttes

Nous ouvrons cette émission, par l’assemblée générale des occupants et occupantes du théâtre de l’Odéon, qui se tenait a la bourse du travail de Paris, ce 10 mai 2021

Les projets de la direction de La Poste sont si violents et nombreux. Entre les réorganisations (1000 à la distribution), les suppressions de bureaux, la précarité qui monte, les changements divers et variés dans les missions des postier·e·s et le gel des salaires.

Le 11 mai dernier, une rencontre se tenait, en vue de la préparation de la grève du 18 mai 2021. La participation de militants de la CGT FAPT, d’une camarade chômeuse de La Poste et de syndicalistes de SUD-PTT notamment, on permit de faire le point sur la situation a la poste

Dans cette seconde partie d’émission, nous vous proposons quelques extraits de cette rencontre.

Bonne écoute !