Le “Pinata Gate” : entretien avec les étudiantes de la HEAR

Le 29 janvier 2026, des étudiant-es de la HEAR ( haute école d’art du Rhin) présentaient une Pinata en forme de voiture de police dans le cadre d’une restitution de Workshop autour des arts du Carnaval. Ce geste, qui visait à interpeller le public sur la question des violences policières, a déclenché une polémique médiatique et politique, dont s’est emparé le gouvernement et l’extrême droite, allant jusqu’ à remettre en cause les subventions allouées aux écoles d’art. Mais, il a aussi déclenché une vague de mobilisation dans de nombreuses autres écoles en solidarité aux étudiants de la HEAR. Dans cette émission, nous vous diffusons donc un entretien réalisé à Mulhouse avec les étudiant-es concernées, afin de revenir sur ces événements et sur la manière dont cela a engagé une réflexion sur la relation de l’art à la politique.

URGENCE SANTÉ dans les EHPAD

Nous sommes heureux de vous faire entendre la première émission d’une collaboration, que nous espérons longue, entre la Coordination de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité et l’Actualité des lutte sur FPP. Cette émission est une autre façon de rendre plus visible le travail remarquable de la coordination, trop peu connu et d’informer plus largement sur les résistances face au démantèlement du service public de la santé.

Cela faisait depuis plusieurs années que l’émission de radio l’Actualité des luttes sur FPP recevait la lettre d’information hebdomadaire de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité (CNCDHMP), qui propose une recension des mobilisations dans le secteur de la santé,  depuis sa création à Saint-Affrique en 2004. Elle permet à ses comités adhérant la mutualisation des expériences, des savoirs et des savoir-faire. Une mine d’information sur les résistances qui s’organisent partout en France face à la destruction de l’hôpital public, la privatisation des services et des établissements de santé, le manque de moyens financiers et humains des EPHAD , les difficultés croissantes d’accès aux soins.

Ces mobilisations mettent en avant les mêmes espoirs :

  • La primauté et le respect du Service Public en général et la volonté de l’améliorer.
  • La revendication de l’égalité territoriale dans le cadre d’un réel et équitable Aménagement du Territoire. Tous les hommes et les femmes ont les mêmes droits à une santé de qualité. La nécessaire proximité concerne l’ensemble de la population.
  • Le refus des Groupements Hospitaliers de Territoire qui imposent des fermetures de services.et remettent en cause le maillage territorial et la proximité – Le refus de la Tarification à l’Activité et de ses conséquences : endettement des hôpitaux, suppression de personnel et mise en danger des patients, introduction d’une logique de rentabilité au sein du Service Public Hospitalier.
  • La mise en place de mesures efficaces contre les déserts médicaux.
  • Le refus d’un affaiblissement de la Sécurité Sociale et son élargissement vers une prise en charge à 100% de la santé.

Si vous voulez en savoir plus et participer à l’activité de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité :

Courriel : cda12550@coordination-defense-sante.org

Vous trouverez sur leur site une info sur les luttes et les mobilisations en cours qui leurs sont remontées, leurs textes et programmes, contributions, fiches d’informations ainsi que les coordonnées de tous les comités et collectifs  adhérents.

Site: https://coordination-defense-sante.org/

Luttes sociales au cinéma

A l’occasion de l’ouverture du Festival de Cannes, nous vous diffusons aujourd’hui l’enregistrement d’une entrevue avec des membres du collectif “Sous les écrans la déche”, de “La Clef Revival” et de “MBPS”.

“Sous les écrans la dèche” est né à la suite de la dernière réforme de l’assurance chômage. Il fédère des travailleur·euse·s des festivals de cinéma dont la situation se précarise de plus en plus.

“Le Clef Revival” est un collectif d’artistes issu·e·s du squat, de jeunes professionnel·le·s du cinéma, de cinéphiles et d’habitant·e·s du quartier qui s’est constitué pour préserver le cinéma La Clef, qui a rouvert tout récemment grâce à l’énergie d’une lutte collective qui aura duré six ans.

“MBPS” est un collectif d’auteur.e.s et technicien.ne.s engagé.es pour un cinéma documentaire indépendant et proche des luttes; dont la première production est le film documentaire ” On n’est pas nos parents”, qui revient sur la luttes des ouvriers de Peugeot Citroën à Aulnay-sous-Bois.

Avec eux, nous revenons sur l’histoire des festivals de cinéma et des luttes sociales qui se déroule en leur sein depuis quelques années. Mais c’est aussi l’occasion d’aborder la question de la production, de la distribution, et de la diffusion d’œuvres cinématographiques indépendantes au sein d’un circuit de plus en plus soumis à la loi du marché.

Les sociétés se restructurent, les travailleurs trinquent : suicides à la SNCF.

Depuis le début de l’année les travailleurs de la SNCF comptent leurs collègues qui se suicident. Nous avons voulu en parler dans un premier temps, avec Yann référant CGT sur les questions de sécurité et qui siège à la commission national de prévention. Dans la seconde partie de l’émission vous entendrez deux camarades du techni-centre de Châtillon.

Article de REPORTERRE :


Pressions liées à la concurrence, salariés « exploités »… Les cheminots subissent une transformation brutale de leur métier. Douze d’entre eux se sont suicidés depuis début 2026. Plusieurs expertises, obtenues par Reporterre, sonnent l’alarme.

« Les collègues parlent de plus en plus ouvertement de leur souffrance. » Xavier Bregail est conducteur sur le Transilien au nord de Paris. Sa colère, il l’exprime pour tous ceux dont les appels à l’aide ne trouvent aucune réponse. Suicides, pressions, perte de motivation… Le 28 avril, plusieurs centaines de cheminots se sont réunis devant le siège de la SNCF à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), à l’appel du syndicat Solidaires, pour dénoncer la souffrance professionnelle généralisée dans l’entreprise ferroviaire. Un phénomène d’ampleur, que Reporterre a réussi à documenter grâce à plusieurs documents inédits.

Pour le syndicat Sud-Rail, une « vague de suicides » est à l’œuvre au sein du groupe, face émergée d’un iceberg de mal-être profond et diffus. Douze cheminots se sont suicidés depuis le début de l’année 2026, dont « une moitié » sur les emprises ferroviaires selon le syndicat — aucun décompte officiel et détaillé des suicides n’existe à la SNCF. Le dernier a eu lieu lundi 27 avril au matin, dans l’Hérault : un cheminot s’est suicidé en se jetant sur les rails.

Douze cheminots se sont suicidé depuis le début de l’année. Ici devant le siège de la SNCF à Saint-Denis, le 28 avril 2026. © Valentina Camu / Reporterre

Autre indicateur : selon Sud-Rail et la CGT des cheminots, les accidents du travail sont en hausse de 15,9 % en 2025, voire 21,7 % en intégrant dans ce décompte les filiales du groupe ferroviaire. Sur trois ans, la hausse est de 50 %, selon les syndicats.

« Nos métiers ne cessent d’être transformés, il faut être le moins cher possible pour gagner les marchés [lors des appels d’offres soumis à la concurrence] », ajoute Xavier Bregail, également secrétaire Sud-Rail du CSE de la gare du Nord.

Derrière les chiffres, « l’exploitation des cheminots »

Depuis la fin des années 2000, l’entreprise publique se transforme en profondeur pour faire face à l’ouverture à la concurrence du ferroviaire, avec des réorganisations en cascade et une intensification des cadences de travail.

Le groupe est saucissonné en centaines de filiales de droit privé, dans lesquelles les cheminots sont transférés en perdant souvent des primes et des congés payés [1]. De quoi briser les collectifs et modifier parfois en profondeur l’organisation du travail.

« Du jour au lendemain, vous recevez à votre domicile une lettre d’affectation disant que vous devez basculer à la concurrence ou dans une filiale, raconte Charlotte, cheffe de bord sur l’Étoile de Caen, bouquet de cinq lignes de TER qui seront exploitées à partir de juillet 2027 par la RATP, suite à un appel d’offres. Cela peut faire un choc. »

Pour Fabien Villedieu, «  c’est une journée d’hommage pour les douze collègues qui se sont suicidés, mais c’est aussi une journée de colère  ». © Valentina Camu / Reporterre

Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de Sud-Rail, empoigne le micro branché à une voiture sono, au pied de l’immeuble vitré où la SNCF a son siège social : « C’est une journée d’hommage pour les douze collègues qui se sont suicidés, mais c’est aussi une journée de colère. La SNCF est l’entreprise ferroviaire la plus rentable d’Europe mais, derrière ces chiffres, il y a l’exploitation des cheminots et la souffrance des agents. »

Une détresse marquée

Reporterre a eu accès à quatre rapports d’expertises indépendantes, diligentées par les organisations syndicales et conduites par des cabinets de psychologues ou sociologues du travail. Au détour de centaines de pages consignant des dizaines de témoignages et analyses chiffrées, ils convergent vers un constat partagé.

Sur le réseau TER du Grand Est, la SNCF imprime « une trajectoire de réduction des coûts particulièrement exigeante », écrit le cabinet Aaltra le 15 janvier. Cela touche en particulier les agents commerciaux, qui vendent les billets en gare et font depuis quinze ans l’objet d’une importante réduction d’effectifs. 13 gares de la région verront leurs guichets fermés, avec 45 suppressions de poste à la clé. Les agents seront reclassés, souvent dans d’autres régions.

«  Les témoignages recueillis révèlent une détresse marquée  », note l’un des cabinets d’expertise. © Valentina Camu / Reporterre

« Les témoignages recueillis révèlent une détresse marquée : annonces vécues comme brutales, perte de motivation, troubles du sommeil, sentiment d’être placé sous contrainte. » Selon Aaltra, les agents dont le poste est maintenu risquent le surmenage et ont un « syndrome du rescapé », avec « culpabilité, incertitude permanente, perte de confiance, intensification du travail et ambiguïté des rôles ».

« Annonces vécues comme brutales, perte de motivation, troubles du sommeil… »

Partout en France, les guichetiers constatent une hausse de l’agressivité des usagers, notamment en raison du durcissement des conditions d’échange des billets, suscitant plus d’incompréhension. « On se fait insulter parce qu’on ne peut pas faire ce que le client demande, alors que ce sont les outils qui ne le permettent plus », dit un agent cité par l’expertise Aaltra.

« Notre mission de service public part à vau-l’eau », regrette un vendeur, en Nouvelle-Aquitaine, dont les propos sont consignés dans une expertise 3E Acante d’octobre 2025. Dans cette zone TER, où 27 % des effectifs de commerciaux doivent être supprimés, la diffusion d’indicateurs de performance fondés sur le volume de vente accélèrent le glissement vers « une logique purement économique vécue comme une rupture culturelle avec l’identité du service public ferroviaire du TER ».

Le groupe de militants de Sud-Rail rejoint le rassemblement pour la «  Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail  », près des Invalides, le 28 avril 2026. © Valentina Camu / Reporterre

Ce glissement se fait également ressentir dans les centres d’appels de la SNCF, comme en témoignent deux autres expertises. L’automatisation accrue du traitement des demandes des voyageurs et la politique d’économies de l’entreprise entraîne une « intensification importante de l’activité » et « un renforcement du contrôle » avec une « multiplication d’indicateurs » de performance, constate le cabinet 3E Acante, diligenté pour étudier la situation des centres d’appels SNCF de l’Axe Atlantique (Rennes, Nantes, Le Mans et Vannes). « Nos entretiens mettent à jour des signaux importants d’une dégradation de la santé au travail et du climat social », écrivent les experts.

Idem dans les centres de la région Sud-Est, où une expertise Elabore d’avril 2025 relève « des indicateurs de santé et de sécurité au travail très préoccupants ». En cause, là encore, l’« intensité du travail en constante progression » et la « multiplication des objectifs de production » qui font « peser sur les agents un risque psychosocial très important ».

« Taper très fort pour briser l’omerta »

Les suicides sont une facette du phénomène particulièrement délicate à documenter. L’entreprise souligne le caractère « multifactoriel » de ces drames, où les difficultés personnelles, sociales et professionnelles s’entremêlent bien souvent. Les syndicats le reconnaissent, mais estiment que le lien avec des situations de souffrance professionnelle, au moins partiel, ne peut pas être nié lorsque ces suicides surviennent sur le lieu de travail. « Parfois, les collègues laissent des courriers en indiquant clairement qu’ils souffrent de leur travail », complète Julien Troccaz, secrétaire fédéral de Sud-Rail.

Difficile également de se fonder sur les seules statistiques : avec 12 suicides comptabilisés depuis le 1er janvier pour une entreprise de 140 000 salariés, la SNCF resterait proche de la moyenne nationale [2]. Mais ces suicides ne sont pas systématiquement comptabilisés, ni par la direction de la SNCF ni par les syndicats, par pudeur ou manque d’information. « On fouille pour en avoir connaissance et ce sont des militants de terrain qui font remonter l’information », résume Xavier Bregail.

«  Parfois, les collègues laissent des courriers en indiquant clairement qu’ils souffrent de leur travail  », dit Julien Troccaz. © Valentina Camu / Reporterre

Chacun est également conscient que la manière de raconter ces drames peut avoir un impact sur le passage à l’acte des salariés déjà en souffrance. Les spécialistes de la question, sociologues et psychologues du travail, soulignent qu’une médiatisation des suicides peut, non pas provoquer des gestes désespérés, mais en orienter parfois la forme. D’où l’infinie précaution, voire le tabou, observé par la plupart des acteurs du ferroviaire sur ce sujet. A contrario, rendre visibles les causes profondes de la souffrance et les solutions pour y répondre peut sauver des vies.

C’est le parti pris par Sud-Rail, la seule des quatre organisations syndicales à communiquer et mobiliser autour de ces suicides, bien que toutes les centrales soient unanimes quant à la souffrance professionnelle. « Nous voulons taper très fort pour briser l’omerta, alors on dit “la vague de suicides est là” », résume Julien Troccaz.

« Il y a une agressivité et un état d’esprit violent de la direction »

La CGT des cheminots, « par respect pour les collègues », ne veut pas courir le risque « d’instrumentaliser » le nombre de suicides, mais elle alerte en interne sur une situation « qui se dégrade », selon son secrétaire général, Thierry Nier, joint par Reporterre. Il dénonce un « harcèlement institutionnel » au sein de l’entreprise, notion introduite en droit par le procès de l’ancien PDG de France Télécom et trois autres cadres, dont la responsabilité dans la vague de suicides de 2008-2009 a été définitivement reconnue par la justice l’année dernière. « Il y a une agressivité et un état d’esprit violent de la direction », dit Thierry Nier.

« Ce qui se passe nous marque fortement, c’est une meurtrissure profonde, dit Thomas Cavel, secrétaire générale de la CFDT Cheminots à ReporterreLa souffrance au travail est une conséquence d’une politique imposée avec violence à la SNCF. On voit aujourd’hui que la concurrence dysfonctionne totalement mais, pour le corps social cheminot, la pression reste maximale. »

« La santé mentale des salariés […] est une extrême urgence »écrit de son côté l’Unsa-Ferroviaire. Prudent, lui aussi, sur la question des suicides, le syndicat de cadres note que 1 salarié sur 3 déclare souffrir de troubles anxieux ou dépressifs au sein du groupe SNCF.

Des ateliers et un accompagnement depuis… 2025

Au-delà des différences de ton, toutes les voix, dans le monde ferroviaire, semblent s’accorder sur la gravité de la situation. Y compris l’entreprise, jointe par Reporterre, qui reconnaît des situations de souffrance au travail, l’impact de l’ouverture à la concurrence ainsi qu’un durcissement du contact avec les « clients ». Elle juge néanmoins que la santé mentale au travail et le risque de « surmenage » sont des questions qui traversent la société dans son ensemble.

La SNCF affirme avoir mis en place plusieurs actions depuis l’année dernière. Une semaine « santé mentale » avec des ateliers de prévention ; un programme d’accompagnement humain et de prévention des risques psychosociaux en régions avec les médecins du travail ; un Comité des sages pour conseiller la direction et un Observatoire de la transformation avec les organisations syndicales.

Elle dit également préparer un « plan d’action », avec « un corpus de veilleurs en santé mentale » sur le terrain. Un numéro d’écoute est également en place depuis plusieurs années et une cellule de soutien psychologique est déployée lorsqu’un suicide de cheminot survient.

Les syndicats ont « acté une rupture avec la direction »

La direction du groupe reconnaît également les difficultés entraînées par la disparition du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et l’éloignement des représentants du personnel. Elle se dit prête à réinvestir le dialogue social de proximité, sans préciser s’il s’agit d’avoir davantage de représentants, comme le demandent les syndicats à l’approche des élections prévues à l’automne, ou plus d’heures de délégation et de formation.

C’est dans ce contexte, également, que se tiennent d’importantes négociations sur l’organisation du travail au sein du groupe. Réunies en intersyndicales le 14 avril, la CGT, Sud-Rail, l’Unsa et la CFDT ont « acté une rupture avec la direction qui refuse d’entendre la souffrance des cheminot·es » et demandent un moratoire sur les réorganisations. Selon leur communiqué commun, ces organisations « décident d’engager le rapport de force » et envisagent une grève, en juin.

du pain et des parpaings n°35: le lien, c’est le soin

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons de passer cette heure en compagnie de l’équipe de : du pain et des parpaings.

Dans une récente émission « Soigner, c’est lutter », consacrée à la lutte côté professionnel⋅les du soin, apparaissait déjà l’idée suivante : si l’hôpital, ou plus largement le système de santé, est malade, alors il ne pourra pas soigner. Ce discours-là est tenu notamment par le courant de la psychothérapie institutionnelle qui considère qu’il y a besoin de lien pour faire du soin. Et c’est précisément ce que porte l’Espas Dezordr, un espace d’auto-soutien pour personnes en fragilité psychologique, à Brest.

EHPAD/LA POSTE: retour sur des luttes syndicales et judiciaires

Les services publics de la Santé et de la distribution du courrier, ont subi ses dernières années, des attaques répétées. Dans les EHPAD-établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes – la situation et devenue difficile, aussi bien pour les personnes âgées que pour les personnelles de santé de ses établissements.

La gréve de 133 jours à l’Ehpad du château de Neuville sur Oise, dans le Val-d’Oise, en 2022 en fut l’un des révélateurs. Dans les jours qui ont suivi le début de cette grève, sortait le livre de Victor Castanet << les fossoyeurs >> qui mettait en exergue les dérives du groupe Orpea, leader du secteur médicosocial des personnes âgées en France.

Du côté de la distribution du courrier et du groupe la poste, la situation suite à sa semi privatisation, ont dégradé les conditions de travail. Mais c’est sans compter sur la détermination de syndicalistes qui veulent sauvegarder ce qui reste du service public de la poste.

Dans les Hauts-de-Seine, suite à la grève de 2014, Yann Le Merrer, représentant fédéral de SUD-PTT, a été révoqué en 2015, pour « intrusions répétées » dans des établissements postaux et « prises de paroles non autorisées ». Autrement dit : pour avoir exercé son mandat syndical. Le Conseil d’état a définitivement validé cette révocation en décembre 2019. Gaël Quirante, lui, était dans le viseur de sa direction depuis 2010 : il a été définitivement licencié en 2018 avec le feu vert de la ministre du Travail d’alors, Muriel Pénicaud. Un recours auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme a été émis en novembre dernier.

Dans le direct de ce jour, nous sommes revenus sur ses luttes emblématiques de ses dernières années en Ehpad et a la Poste. Pour cela, nous avons invité-e-s Siham et Dinah, anciennes infirmières et Syndicalistes à l’Ehpad du château de Neuville sur Oise et Xavier, délégué syndical SUD POSTE 92. En leur compagnie, nous sommes revenus sur les formes de luttes dans ses deux entités et la répression des luttes syndicales.

Les rendez-vous du mois de juin

mercredi 10 juin : gréve et rassemblement à 9h a Nanterre-préfecture. Un nouveau procès contre Gaël Quirante. La direction s’appuie sur la condamnation pour « violation de domicile » pour tenter de revenir sur un des acquis de la grève de 2018-19. Une journée de grève aura lieu ce 10 juin 2026 à La Poste dans le 92, pour défendre à la fois Gaël, le droit des postiers à s’exprimer et à s’organiser, et contre les suppressions d’emplois.

Manifestation samedi 20 juin 2026 à 15H : qui partira du siège de La Banque Postale rue de Sèvre.

Dans le courant de l’émission, nous avons parlé de caisse de solidarité, en effet en mai 2026 la Caisse de solidarité fête ses 10 ans. Un bilan incroyable pour la 1ʳᵉ caisse de grève en France : 8,4 millions d’euros collectés, plus de 68 400 grévistes ou salariés victimes de discriminations aidés…

Préparons les prochains mouvements sociaux en France et soutenons les luttes en cours

Faire un don ou s’informer http://www.caisse-solidarite.fr/

contact: contact@caisse-solidarite.fr

GRÉVE A L’UNIVERSITÉ PARIS 1 / PROJET DE LOI YADAN

Pour commencer cette émission, nous allons parler du mouvement de grève à l’Université Paris 1. En effet, personnel-le-s et étudiantes et étudiants de Paris 1 était en grève ce jeudi 2 avril 2026 contre le budget d’austérité de la fac, et en particulier contre l’application de Bienvenue en France, c’est-à-dire l’application de frais d’inscription discriminatoires (15x plus élevés) pour les étudiants et étudiantes de pays hors Europe. Et aussi les précaires qui tiennent un mouvement de rétention des notes depuis janvier dernier.

Dans ce contexte, un rassemblement se tenait, ce jeudi, place du Panthéon, a l’appel de l’intersyndicale de l’Université Paris 1 et de l’Assemblée générale des personnel-le-s mobilisés.

Dans ce reportage, outre quelques prises de parole, nous entendrons les entretiens réalisés avec deux membres de l’intersyndicale qui nous parlerons plus en détail de ce mouvement et aussi une interview croisée de deux bibliothécaires mobilisée, contre les dispositions imposant la précarité et les frais d’inscription discriminatoires.

Dans le second temps de cette émission, nous revenons sur la proposition de loi de Caroline Yadan, députée apparentée au groupe Ensemble pour la République, qui pourrait faire glisser la lutte contre le racisme vers une restriction plus large de la critique politique, en particulier de la critique de l’État d’Israël. Pour cela, nous vous diffusons l’émission réalisée le 1ᵉʳ avril 2026 par la chaîne le média intitulé : LOI YADAN : CRITIQUER ISRAËL BIENTÔT UN DÉLIT : IL EST ENCORE TEMPS DE RÉAGIR

À noter, que ce jeudi 9 avril 2026, la pétition contre cette proposition de loi a franchi les 5000.000 signatures ce qui ouvre un débat sans vote à l’Assemblée nationale et la proposition de loi sera examinée dans l’hémicycle de cette même Assemblée les 16 et 17 avril 2026.

Appel de l’intersyndicale CGT FERC Sup Paris 1, SNESUP-FSU Paris 1, SUD-Éducation Paris 1

Toutes et tous en grève jeudi 2 avril !

L’intersyndicale de l’Université Paris 1 et l’Assemblée générale des
personnels mobilisés appellent à une journée de grève le jeudi 2 avril.
Depuis plusieurs mois, enseignant·es, personnels et étudiant·es se
mobilisent contre les orientations budgétaires et la politique de frais
d’inscription adoptée à une très courte majorité par le conseil
d’administration.

Si la situation budgétaire est contrainte et de la responsabilité du
gouvernement, alors il est nécessaire d’exiger des dotations de la part
du ministère, et non de chercher des recettes et des économies sur le
dos des étudiant·es et des agent·es de l’Université.

Des choix massivement rejetés

Les décisions budgétaires à Paris 1 sont une suite de mauvais choix : la
présidence ne publie pas les postes nécessaires pour recruter des
personnels BIAPTSS et enseignants, gèle le régime indemnitaire des
agent·es, instaure des frais d’inscription pour les agent·es inscrit·es
dans une formation à Paris 1 et applique une hausse drastique
(multiplication par 16) des frais d’inscription pour la grande majorité
des étudiant·es étranger·es non européen·nes, alors que jamais la
présidence n’avait évoqué cette possibilité durant la campagne 2024.
À aucun moment la présidence de l’Université n’a pris en compte les avis
des personnels et des usager·es, qui ont pourtant massivement exprimé le
rejet de ces mesures. La contrainte budgétaire ne peut justifier
l’autoritarisme qui caractérise aujourd’hui la gouvernance de
l’université. Depuis 2021, aucun document budgétaire vraiment explicite
n’est communiqué aux personnels.

Il est impossible de connaître précisément l’affectation des ressources,
qu’il s’agisse des dépenses liées à la vidéosurveillance ou du recours à
des contractuel·les hors grille, par exemple. Pas moyen non plus de
connaitre avec précision les prévisions de recettes attendues par la
suppression des exonérations.

Pour répondre à un mouvement de rétention des notes mené contre la
politique de frais d’inscription discriminatoire et xénophobe, la
présidence a multiplié les menaces envers les enseignant·es mobilisé·es,
les injonctions contradictoires et les consignes farfelues à l’égard des
services de scolarité. Aujourd’hui, la présidence ne répond plus : à la
moindre interpellation ou déclaration publique à l’occasion d’évènements
universitaire, elle se réfugie dans ses bureaux, et en appelle aux
services de sécurité.

Une autre politique d’établissement est possible.

Alors même que l’augmentation des droits d’inscription des étudiant.es
étranger.es conduira à éloigner de Paris 1 beaucoup de candidat·es, la
présidence choisit d’encourager la transformation de cours en anglais au
nom de « l’attractivité internationale » en accordant une prime aux
enseignants volontaires !
La réintégration du personnel de ménage au sein de l’université
permettrait d’économiser près de 500 000 euros par an. L’externalisation
de la rédaction des comptes-rendus, les dépenses liées à la présence
constante de personnels de sécurité, les dépenses de communication
exagérées, les propositions de formations souvent inadaptées aux besoins
des personnels, la création d’un nouveau service chargé de construire un
« Écosystème scientifique » qui confond recherche et innovation, toutes
ces dépenses pourraient être ré-examinées et réduites sans aucun doute.
Ces exemples ne représentent que quelques cas parmi d’autres. Et
pourtant, la présidence décide de faire payer le prix de la contrainte
budgétaire aux agent·es et aux étudiant·es.

Il est temps de s’appuyer sur les mobilisations des personnels pour
réclamer auprès du ministère et de l’État des moyens supplémentaires au
lieu de réprimer la contestation, ce qui a pu aller à la fin de l’année
dernière jusqu’à faire appel aux forces de police.

Malgré les pressions de toute sorte, le mouvement de protestation prend
de l’ampleur : il s’élargit à toutes les catégories de personnels, qui,
ensemble, ont décidé d’une grande journée de grève, le 2 avril.

Nous exigeons de la présidence et de la tutelle

L’amélioration des conditions d’enseignement, de recherche et
d’accueil des étudiant·es, et des rémunérations de tous les personnels ;

Le rétablissement des exonérations des droits différenciés pour les étudiant·es étranger·es extra-communautaires et la suppression des
droits d’inscription pour les agent·es de Paris 1 ; La revalorisation indemnitaire (IFSE) des BIAPTSS pour compenser la perte de pouvoir d’achat lier à l’inflation et au gel du point d’indice ; Le paiement immédiat de toutes les heures de travail effectuées ; La création de postes statutaires (enseignant·es,
enseignant·es-chercheur·euses et BIAPTSS) à hauteur des besoins dans
toutes les composantes, services et bibliothèques ;
Des contrats de travail pour les enseignant·es vacataires,
aujourd’hui payé·es avec des mois de retard, et contraint·es à des
recours au tribunal administratif pour faire valoir leurs droits.

Il est temps de cesser de faire porter les contraintes budgétaires sur
les plus précaires. Pour résister et mettre à bas la discrimination et l’austérité érigée
en politique d’établissement, mettre fin aux mauvais traitements dont font l’objet tant les personnels que les usager·es de Paris 1, nous comptons sur votre mobilisation.

TOUTES ET TOUS EN GRÈVE LE 2 AVRIL !
LE 2 AVRIL, ON SE LÈVE ET ON ARRÊTE LE TRAVAIL !

GRÈVE AU COLLÈGE SOLVEIG ANSPACH DE MONTREUIL

Depuis le lundi 16 mars 2026, le collège Solveig Anspach, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), est engagé dans une mobilisation importante. Très largement suivie par l’équipe éducative, celle-ci perturbe fortement le fonctionnement de l’établissement quasi à l’arrêt depuis une semaine.

En cause : la décision de l’Éducation nationale de supprimer le classement « Politique de la Ville » dont bénéficiait jusqu’ici le collège.

Dans l’émission en direct de ce jour, nous recevions, Fatoumata et Florian ; parents élèves au collège Solveig Anspach et Hugo, enseignant dans ce même établissement. En leurs compagnies, nous sommes revenus sur les spécificités du collège, les conséquences de la tentative de suppression du classement Politique de la Ville, l’organisation de là gréve et les actions menés et la suite du mouvement.

Le collège Solveig Anspach, inauguré en 2018 est aujourd’hui le seul établissement de Montreuil concerné par ce déclassement, une situation qui interroge sensiblement parents et enseignants.

Selon les éléments avancés par l’Éducation nationale, cette décision serait liée au fait que le collège ne figurait pas dans la liste initiale des établissements concernés.
Or, le collège ayant ouvert en 2018, il n’existait pas lors de l’élaboration de cette liste, une situation que parents et enseignants jugent difficilement compréhensible au regard des réalités de terrain.
Parents et enseignants alertent sur des conséquences concrètes :
• instabilité des équipes pédagogiques
• augmentation des postes non pourvus
• fragilisation du suivi des élèves
Cette décision intervient alors même qu’un travail engagé depuis 2018 avait permis de stabiliser les équipes et de restaurer la confiance des familles dans cet établissement de Seine-Saint-Denis.

Une gréve dans l’éducation nationale, a eu lieu ce mardi 31 mars car a la rentrée de septembre 2026, le gouvernement annonce 4000 suppressions de poste dans l’éducation nationale, au prétexte mis en avant de la dénatalité.

Grève générale en Belgique!

La Belgique à l’arrêt : une paralysie inédite”, titre le quotidien Le Soir. De son côté, La Libre Belgique évoque une “suspension de temps” doublée d’une “parenthèse historique”. Trains supprimés, vols annulés, crèches fermées : un mouvement sociale important a immobilisé un temps la Belgique en novembre 2025, trois jours de grève contre les réformes envisagées par le gouvernement De Wever pour redresser les finances publiques, comparées à un “démantèlement social” par les syndicats. Tiens, tiens, ça nous rappelle que l’austérité est un programme politique transnational. Début mars le journal courant alternatif a invité des Belges, à Lille, pour en savoir un peu plus. Nous vous diffusons l’enregistrement de cette rencontre.

Déja en 2014 le LE PLAN MICHEL sur son site, la radio télévision belge francophone (RTBF) propose un bref résumé (non-exhaustif) des mesures gouvernementales à l’origine de la grève. A titre d’exemple on peut citer le recul de l’âge légal de la retraite (qui passerait de 65 à 67 ans) et l’arrêt de l’indexation des salaires sur l’inflation, une particularité belge correspondant de fait à une stagnation salariale pendant au moins deux ans. Le plan prévoit une modification dans le système d’allocations chômage qui seront revues à la baisse (évidemment !) ainsi qu’une déréglementation des contrats de travail qui va accentuer la précarité, notamment chez les étudiants qui seront sous contrat horaire et non plus journalier. Il prévoit également des mesures visant les chômeurs : allongement du stage d’attente (délai entre l’inscription au «pôle emploi» et le début du versement d’allocations) pour les jeunes qui sortent des études, dégressivité accrue des allocations, limitation dans la durée des allocations d’insertion, mais aussi un service d’intérêt général obligatoire, autrement dit, l’obligation pour les chômeurs de s’acquitter de certains travaux pour pouvoir continuer de percevoir leurs allocations. Enfin l’annualisation du temps de travail dans certains secteurs va permettre le réglage de l’exploitation aux petits oignons, et pour les femmes ce ne sera pas la joie non plus, puisque les réformes concernant le travail à temps partiel vont principalement les concerner. Privatisations, baisse des allocs et des salaires, précarité qui se généralise une recette qui a fait ses preuves ailleurs…

PAROLES D’UN MÉDECIN ENGAGÉ EN QUARTIER POPULAIRE

Le Ministère de la Santé a annoncé le 29 janvier 2026 mettre fin à la période transitoire de l’expérimentation du dispositif Structures d’Exercice Coordonné Participatives (SEC-Pa) en avril 2026 sans passage dans le droit commun, comme envisagé jusqu’alors.

Les 26 maisons et centres de santé portant cette expérimentation se sont mobilisé pour informer population et élus. Une pétition largement relayée a recueilli plus de 4000 personnes en à peine 24 heures. Pour rappel, ce dispositif a pour objectif de contribuer à réduire les inégalités sociales et territoriales de santé, en finançant des temps humains dédiés dans une démarche de santé communautaire.

Ces projets intègrent pleinement la dimension préventive et psychosociale,
permettant ainsi une prise en charge des patients beaucoup plus rationnelle et efficiente. L’expérimentation SEC-Pa a été évaluée à plusieurs reprises favorablement.

Pour parler de cette situation, nous avons retrouvé dans nos archives, une émission du 1ᵉʳ décembre 2011, dans laquelle nous recevions Didier Ménard, médecin au quartier Franc Moisin a Saint-Denis ou il a exercé la médecine générale pendant plus de 30 ans et l’un des fondateurs du centre de santé communautaire la place santé dans ce même quartier de Saint-Denis.

Nous recevions Didier Ménard qui avec d’autre médecin, se mobilisait contre le projet du gouvernement de l’époque sur le projet d’amendes sur les arrêts maladie et la diminution du montant des indemnités journalières ou d’allongement du délai de carence. Le gouvernement s’apprêtait alors, à demander aux médecins conseils d’endosser encore plus le rôle de policier de l’Assurance maladie et de verbaliser les malades dont l’arrêt maladie était, à leurs yeux, injustifié.

Dans ce contexte Didier Ménard, nous parlent de sa vision de la médecine en quartier populaire et de la création de la place santé au quartier Franc Moisin.

Le ministère de la Santé est revenu sur sa décision de mettre fin à l’expérimentation des Structures d’Exercice Coordonné Participatives en avril 2026 et maintien le financement a l’identique jusqu’à fin 2026. Dans ce contexte de rigueur budgétaire, quel avenir pour ses structures ? Dans une émission ultérieure, nous reviendrons avec des médecins de maisons et centres de santé communautaires sur leurs avenirs.

SOLIDARITÉ AVEC LES SALARIÉ·ES DE LA SOCIÉTÉ DE NETTOYAGE ARC EN CIEL / RÉPRESSION SYNDICALE CHEZ AMAZON

En octobre 2026, la société sous-traitante Arc-En-Ciel a mis fin au contrat de plus de 60 agent·es d’entretien chargé.es de la propreté au Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, depuis des décennies, suite à un changement de prestataire.

Les salarié·es, en grande majorité des femmes et des personnes racisées, se retrouvent depuis plus de trois mois dans une situation extrêmement précaire, sans salaire, ni droit au chômage. Si 20 d’entre elles.eux sont repris.es par la société Atalian pour assurer les missions de propreté dans les bâtiments départementaux de Bobigny, 40 restent à ce jour sans situation stable.

Le Tribunal de commerce a établi que les choix de réorganisation du Département ont empêché le mécanisme de transfert du personnel (jugement du Tribunal de commerce de Bobigny du 15 janvier 2026). Le Département a été débouté.

Nous nous sommes rendus à la Plaine Saint-Denis, où se tenait le 11 mars 2026, une mobilisation de soutien pour ses femmes et hommes de ménage en demande de leurs droits et nous entendrons leurs paroles ainsi que celle de leurs soutiens.

AMAZON

Depuis que des équipes du syndicat Solidaires se sont implantées dans les entrepôts et sociétés de la galaxie Amazon en France, la multinationale n’a eu de cesse de tenter par tout moyen de s’en débarrasser. D’autant que depuis la crise de la COVID, l’équipe syndicale, lui a démontré qu’il y avait de sérieuses limites à l’exploitation des travailleuses et travailleurs. Et que ceux-ci avaient des droits qu’Amazon n’avait d’autre choix que de respecter.

Dans cette seconde partie d’émission, nous serons sur le rassemblement qui se tenait le 12 février 2026 devant le siège social d’Amazon à Clichy dans les Hauts-de-Seine. Ce rassemblement avait pour but de contrer la répression syndicale que met en œuvre la direction d’Amazon.

URBANISME ET SECURITAIRE

Depuis plusieurs années, l’îlot 8 réalisé par Renée Gailhoustet dans la ZAC Saint-Denis Basilique (1976-1986) est l’objet d’un projet NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) de dénaturation urbaine, malgré l’opposition exprimée depuis 2017 par les habitants, les architectes-auteurs d’origine et d’autres personnalités extérieures du milieu architectural. En effet, 167 locataires sont signataires d’une pétition qui refuse l’opération (sur 180 appartements). Créé en 2015 le Collectif de l’îlot 8 s’est depuis le début mobilisé sur la rénovation du quartier. Alors qu’auparavant le collectif pouvait négocier le projet d’aménagement avec les initiateurs, depuis 2020 le collectif s’oppose totalement au projet de la municipalité de Mathieu Hanotin qu’il tente d’imposer sans concertation. Sous couvert de sécurité publique, les décideurs (Mairie, PCH et Plaine Commune) veulent fermer la dalle haute et faire peser le coût de cette privatisation sur les locataires actuels, avec pour objectif plus au moins affiché de réduire le logement social sur l’Îlot à 50 % avec un projet de résidentialisation qui relègue la réhabilitation urgente des logements, pourtant plébiscitée par l’ensemble des locataires, à une dernière phase des travaux.

Dans l’émission d’aujourd’hui nous vous diffusons donc le montage du débat organisé par la collectif de l’îlot 8 le 14 février dernier, sur l’urbanisme sécuritaire, avec Lucie Delaporte, journaliste à Médiapart, Alain Bertho, anthropologue, Francis Landron, architecte, et militant à Stop démolitions.

Tract des habitants de l’îlot 8 :

Nous sommes un collectif d’habitants.tes de l’îlot 8 situé au dessus du centre commercial Basilique. La ville, Plaine Commune, le bailleur PCH, la société qui gère le centre commercial, vont déposer des permis de construire en 2025 pour engager la rénovation de l’îlot 8 et de la ZAC Basilique.

Les permis de construire vont porter sur la rénovation du centre commercial et la résidentialisation de l’îlot 8.

Ils prétendent préserver le patrimoine remarquable de Renée Gailhoustet, architecte de l’îlot, primée dans plusieurs pays pour son audace, sa conception progressiste du logement social. Mais ils veulent détruire tous les escaliers montant sur la dalle, enlever les passerelles reliant les îlots, retourner les halls, condamner des passages dans le centre commercial, privatiser des espaces publics, supprimer la libre circulation entre les îlots,

Les services publics et activités sociales vont être déplacés : La radiologie, la crèche, la MAM, Objectif emploi, la Maison Jaune…

Ils veulent transférer aux locataires les charges d’entretien et de la végétalisation de la dalle, aujourd’hui de la responsabilité de la ville .

Mathieu Hanotin déclarait le 5 mars 2021, lors d’un comité de pilotage du projet de rénovation de l’ANRU : « Est ce qu’il y a un enjeu de mixité sociale dans la ville du haut ? Clairement oui. Aujourd’hui dans la ville de l’étage quand on prend tous les îlots on est sur du 100% de logement social : Ce n’est pas normal »

Ils veulent changer la population du quartier. Ils veulent diminuer le nombre de logements sociaux. Leur objectif c’est 50% de logement social 50% de logement privé. Ils veulent développer l’accession à la propriété, au nom de la mixité sociale. Ils veulent chasser les plus pauvres et gentrifier le centre-ville de Saint-Denis.

Ils passent en force. Ils ont refusé de discuter du projet avec les habitants.tes alors qu’ils en avaient l’obligation et le présentent aujourd’hui comme une décision irréversible.
Aujourd’hui ils font de « pseudo-ateliers » pour informer de ce qu’ils ont décidé mais pas pour prendre en compte l’avis des habitants.tes. On peut au mieux discuter de la position des plantes vertes.

Nous ne voulons pas de cette rénovation qui se fait sans les habitants.tes, contre les habitants.tes

Nous ne voulons pas de cette résidentialisation qui prépare la privatisation des logements, la baisse du nombre de logements sociaux, la hausse des charges et des loyers, le changement de population.

Nous ne voulons pas d’une résidentialisation qui dénature l’architecture et modifie les usages de tous les habitants.tes.

Nous voulons une rénovation de qualité, au service des habitants.tes qui y vivent, concertée avec elles et eux.

Nous voulons en urgence la réhabilitation de nos logements. C’est la priorité, les locataires l’attendent depuis trop longtemps.”

LE PLAN RSA A BREST

C’est avec l’émission du pain et des parpaings, diffusée sur radio U à Brest, que nous allons passer cette heure. Dans cette 33ᵉ émissions, il sera question du plan RSA mis en place depuis 2022  par le Conseil départemental du Finistère.

Dans le Finistère, on a des plages à couper le souffle, des charmants villages en bord de mer, du beurre salé, des crêpes blé noir, des algues vertes, des poules en batterie, des sous-marins nucléaires, et depuis 2022, un plan RSA ultra-efficace ! Grâce à cette formidable invention du Conseil départemental, chaque jour, des bénéficiaires du RSA sont radiés, et ce, jusqu’à ce que tout le monde se mette enfin au boulot !

Là où le Département se plaît à dire qu’il aide les gens à retrouver du boulot, nous, on a eu envie de faire écho à ce que décrivent de nombreux allocataires ciblés par le Plan RSA, à savoir l’angoisse, l’humiliation et bien souvent la solitude.  

Pendant cette émission, on tend le micro à celles et ceux qui misent sur l’entraide, la solidarité et l’action collective pour faire face à cette opération anti-pauvres : la Confédération paysanne du Finistère et l’Assemblée RSA/France Travail de Brest.

Ressources :

Musiques :

  • “Liaison désincarnée” de Guilhem All sur la compile Phénomena
  • “Né pour être chômeur”, du groupe brestois Tatchanka
  • “Assedic”, par Les Escrocs

Contacts :

Blocage à Agro-Paris-Tech en soutien aux mobilisations agricoles

Le 26 janvier, nous avons rencontré quatre étudiants de l’école d’ingénieur Agronome Agro-Paris-Tech qui avaient bloqué à partir du 20 janvier 2026, pendant quatre jours et quatre nuits, leur université. Ce blocage a eu lieu alors que le monde agricole se mobilise depuis déjà plusieurs mois contre l’abattage systématique des troupeaux contaminés par la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) et contre l’accord de libre-échange du Mercosur.

Mais les revendications des étudiant·es de cette école ne s’arrêtent pas là : les étudiant·es demandent un arrêt de la cogestion entre le gouvernement et la FNSEA au profit d’une agriculture productiviste, qui règne depuis 50 ans au ministère de l’Agriculture. Cette cogestion se retrouve aussi au sein de cette école, car un certain nombre des membres de son Conseil d’Administration sont directement liés à l’agro-industrie. L’exemple le plus parlant est Christiane Lambert — ancienne présidente de la FNSEA de 2017 à 2023 — mais on y trouve aussi la vice-présidente du CA Véronique Fontaine-Heim, ancienne cadre dirigeante chez Nestlé et ancienne directrice générale de Vivescia, une des plus grandes coopératives céréalières de France.

Cette infiltration de l’agro-industrie dans l’école se ressent dans l’enseignement, et c’est ce que dénoncent les élèves qui bloquent le campus. Alors que l’enseignement dans cette école d’ingénieurs agronomes devrait être à la pointe de la transition agroécologique et former les futurs ingénieurs à changer en profondeur le système agricole, il n’en est rien. Les étudiant·es ne sont que très peu intégré·es à l’élaboration des programmes et l’essentiel des partenariats que l’école noue sont avec des représentant·es d’une agriculture industrielle par exemple Syngenta, une multinationale spécialisée dans la production de pesticides.

L’école possède aussi une ferme d’élevage « test », qui pourrait servir à tester des pratiques agricoles plus respectueuses des animaux et de l’écosystème. C’est à la place une ferme industrielle classique, avec des vaches qui passent la majeure partie de leur vie en bâtiment et où les derniers investissements ont consisté à construire une unité de méthanisation et un espace test pour l’agriculture de précision. Cela illustre encore une fois la fuite en avant technologique dans laquelle veut nous entraîner la FNSEA.

Face à ce blocage, la direction joue la montre : elle a fait passer tous les cours en distanciel et a essayé d’intimider les agriculteurs de la Confédération Paysanne qui sont venus soutenir le blocus, en les appelant personnellement pour leur dire qu’ils ne sont pas les bienvenus.

L’enjeu est aussi de relancer une mobilisation étudiante sur le pôle universitaire du plateau de Saclay, car d’autres écoles y dénoncent l’infiltration de l’industrie. C’est notamment le cas de l’école Centrale/Supelec qui multiplie les partenariats et accélère son rapprochement avec le complexe militaro-industriel.

Le Syndicat de la médecine générale (SMG) ne rejoindra pas l’appel à la grève de janvier 2026

Aujourd’hui, nous vous diffuson un interview réalisé avec un membre du SMG qui revient sur les raisons pour lesquelles son syndicat n’ a pas rejoint l’appel à la gréve de ce début d’année.

Publié le vendredi 19 décembre 2025, par SMG

” Les syndicats et organisations de défense des intérêts des médecins libéraux appellent à une grève à partir du 5 janvier prochain et à des manifestations afin de protester contre le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui vient d’être adopté le 17 décembre. Sous couvert de défendre l’accès aux soins et le système de santé, ces organisations défendent surtout les privilèges d’une corporation et ses bénéfices. Ielles s’insurgent contre les limitations portées aux dépassements d’honoraires, contre le contrôle de l’augmentation injustifiée des profits réalisés dans certaines spécialités, et défendent bec et ongles un système libéral qui a désormais largement fait la preuve de son incapacité à remplir le service essentiel à la population que représentent les soins de santé. Le SMG partage avec les syndicats médicaux le rejet de certaines mesures de ce PLFSS, qui vont à l’encontre de la santé des habitant·es en obligeant les médecins à limiter leurs prescriptions d’arrêts de travail pourtant nécessaires à la santé de leurs patient·es… et en infligeant des amendes aux professionnel·les de santé si ielles ne remplissent pas le dossier médical partagé. Le SMG rejoint surtout les critiques d’un PLFSS, dont les mesures les plus violentes socialement, telles que le doublement des franchises médicales, ont été reportées [3], mais qui reste un budget d’austérité dans la même logique néolibérale de privatisation du système de soins avec entre autres la taxation des complémentaires santé qui se reportera finalement sur les assuré·es. Nous pensons qu’il faut sortir d’une logique purement budgétaire. Un changement radical de paradigme est nécessaire tant au niveau de l’organisation du système de santé que dans le renforcement de la protection sociale. Nous continuons à militer pour une Sécurité sociale universelle à 100 % [5], pour une réelle démocratie sanitaire incluant les habitant·es, pour la lutte contre les dépassements d’honoraires et pour le développement d’un grand service public du soin de premiers recours [6]. Ces mesures permettront d’améliorer les conditions de travail des professionnel.les, de reprendre le contrôle démocratique de l’organisation territoriale des soins primaires et d’améliorer l’accès (financier et géographique) des personnes aux soins selon leurs besoins. Pour défendre un système de santé plus juste, plus respectueux des travailleur.ses et des usager.ères, plus accessible, et surtout plus efficace, médecins ou pas, rejoignez le SMG ! Pour l’Assurance Maladie Obligatoire Universelle Remboursant à 100 % Publié le mardi 11 octobre 2022, par SMG A la demande du ministre de la Santé, le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie a rendu un travail fin 2021 avec 4 scénarios d’évolution, notamment celui d’une « Grande Sécu ». Suite à ces annonces, le Syndicat de la médecine générale (SMG) a constitué un groupe de travail pour réfléchir et faire des propositions concernant l’accès aux soins et la Sécurité sociale. Un texte a été produit après 6 mois de travail collectif, dans lequel le SMG réaffirme ses fondamentaux et défend une assurance maladie obligatoire universelle remboursant à 100 %.
Ce texte est le résultat d’une écriture collective de mars à septembre 2022.
Introduction Depuis le XIXe siècle, la protection sociale s’est progressivement construite mais reste encore et toujours le terrain de luttes.
La protection sociale a pour objectif de protéger chacun.es contre les différents accidents de la vie (maladie, accident du travail, vieillesse, chômage) et a donc globalement un impact positif sur la santé. En effet, garantir un revenu permettant de subvenir à ses besoins en cas de perte de travail ou lors de la retraite, par exemple, permet de continuer à avoir des conditions de vie correctes : manger à sa faim, satisfaire ses besoins en hygiène, dormir à l’abri des aléas climatiques… Tout cela impacte positivement un certain nombre des déterminants en santé et contribue à maintenir un bon état de santé de la population.
S’il n’y avait pas de service public de santé associé à un système mutualiste public, il y aurait probablement un service privé qui permettrait aux plus riches d’avoir accès à un système de soins organisé. En effet, il n’y a pas de système de soins organisé sans système financeur, c’est-à-dire sans organisme « collecteur », indifféremment du fait qu’il soit public ou privé. De plus, un tel système d’assurance sociale doit être généralisé au plus grand nombre pour permettre d’avoir un niveau de dépenses de santé suffisant et ainsi participer à maintenir une population en bonne santé.
Penser l’assurance maladie nécessite donc en préambule, de rappeler que seule, elle ne peut garantir la santé d’une population : c’est bien la protection sociale dans son ensemble (retraite, chômage…) qui permet d’atteindre des objectifs de bonne santé d’une population. Dans ce texte, nous développerons les principes fondamentaux que le SMG souhaite pour une assurance maladie obligatoire, universelle et solidaire, qui prenne en charge en totalité les frais de santé. Nous détaillerons ensuite les enjeux de financements et gouvernance d’un tel modèle, en affirmant notre conception de l’assurance maladie comme bien commun, c’est-à-dire appartenant à tous·tes et gérée par des processus coopératifs de démocratie participative et directe. Enfin, nous répondrons aux arguments qui ont été opposés à ce modèle alternatif.
Ce texte n’a pas vocation à être exhaustif ni programmatique. Il est un outil pour partager nos idées et points de vue en espérant ainsi ouvrir le champ des possibles ; champ de possibles que nous savons devoir et voulons construire avec d’autres. Toute personne ou organisation ayant envie de partager ces réflexions sur le sujet est donc la bienvenue.”

gréve au Biocoop Place des fêtes a Paris et a ANTINEA Emplois Familiaux (Paris 20ème)

dans l’émission de ce jour, nous revenons sur les luttes et gréves en cours à Paris

Les salarié·es du magasin Biocoop Les Fêtes, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris, sont en grève depuis le 3 janvier 2026 pour dénoncer des conditions de travail et de rémunération devenues intenables, ainsi qu’un mode de gouvernance jugé abusif et délétère.

Depuis l’ouverture du magasin en 2021, les équipes – anciennes comme actuelles – subissent une direction caractérisée par des pratiques managériales violentes et répétées : pressions constantes, humiliations, intimidations, surveillance abusive et violences verbales. Ces méthodes ont de graves conséquences sur la santé mentale des salarié·es et sur leur bien-être au travail. Plusieurs employé·es ont déjà quitté le magasin face à cette situation.

À titre d’exemple : un·e salarié·e employé·e depuis 8 ans au sein de l’enseigne Biocoop, diplômé·e en maraîchage et adjoint·e au rayon Fruits & Légumes, perçoit 1 560 € net mensuel.

Comme l’a affirmé la direction du magasin : « Il n’est pas question de pleurer, il faut travailler. » Cette phrase illustre le climat de mépris et de déshumanisation dénoncé aujourd’hui.

Et pour maintenir la pression et soutenir la lutte, les salarié.es grévistes du Biocoop, organisait un repas de soutien le dimanche 11 janvier à la Cantine des Pyrénées et ce sont leurs paroles, que nous allons entendre, au moment de ce repas de soutien.

Gréve à ANTINEA Emplois Familiaux

Dans cette seconde partie d’émission, il va être question, de là gréve qui a débuté le 26 juin 2025, chez les aides à domicile de l’association ANTINEA Emplois Familiaux (Paris 20ᵉ). Elles dénoncent entre autres : le non-versement des cotisations sociales à l’URSSAF depuis août 2024. Elles sont en grève reconductible. Ces femmes, essentielles à la vie de centaines de personnes dépendantes, se battent aujourd’hui contre des conditions de travail indignes et un mépris hiérarchique important.

Ce 14 janvier 2026, nous avons rencontré, Sophie, salariée de l’association ANTINEA Emplois Familiaux et elle-même gréviste qui nous parle du fondement de ce mouvement de grève.

Ce mouvement de grève dénonce également, la non remise de bulletins de salaire depuis mars 2025, la non remise de documents de fin de contrat pour les salariées licenciées ou partant à la retraite, la non remise d’attestation de salaire à la Sécurité sociale pour les salariées en arrêt maladie, le prélèvement sur leur salaire de la mutuelle alors que le contrat a été rompu, la non prise en charge du pass navigo…

Lien pour la caisse de grève biocoop :
https://www.helloasso.com/associations/union-syndicale-cgt-du-commerce-et-des-services-de-paris/formulaires/2
Lien vers la pétition en ligne : https://www.change.org/p/soutenir-les-salaries-grevistes-du-biocoop-place-des-fetes

Contact gréviste antinea : Sophie 06 11 07 89 15

MOBILISATION DU TRAVAIL SOCIAL

Les 13es Rencontres nationales du travail social en lutte ont confirmé ce constat : le secteur est attaqué de toutes parts et subit des politiques austéritaires, libérales et racistes qui visent à casser les budgets, à privatiser les interventions…

Face à l’urgence sociale et à l’ampleur des attaques subies, les travailleur·euse·s et étudiant·e·s du secteur, syndiqué·e·s ou non, appellent à la grève les 16, 17 et 18 décembre pour exiger des financements à la hauteur des besoins, des revalorisations salariales immédiates, des effectifs suffisants, et surtout, le respect de la dignité des personnes accompagné.es.

Les conséquences sont intolérables :
 Coupes budgétaires et plans de licenciement (comme les 61 suppressions d’emplois chez AIDES).
 Conditions de travail dégradées et épuisement massif des équipes.
 Salaires en berne.
 Une politique de la tarification à l’acte et de la mise en concurrence qui précarise tout le secteur.

C’est une maltraitance institutionnelle que ces professionnel·les dénoncent. L’austérité détruit leurs missions, leurs métiers et les droits des personnes accompagnées.

Dans cette émission nous vous diffusons les prises de parole réalisées lors du rassemblement du 16 décembre qui avait lieu devant le siège du SIAO ( Service intégré d’accueil et d’orientation) du 93, appelé par le CATSI ( collectif autonome du travail social d’interlogement) et la comission de mobilisation du travail social.

SECURITE SOCIALE : historique et financement

Le 4 octobre 2025 se tenait à la bourse du travail de paris, une Journée pour les 80 ans de la Sécurité sociale, organisait par Convergence services publics”. En cette fin d’année, et en période de vote du budget de l’état, nous avons donc décider de vous diffuser aujourd’hui, un montage réalisé avec une partie des prises de parole qui ont lieu lors de cet événement. Parmi les interventions, vous pourrait entendre Emmanuel Defouley auteur du livre Ambroise Croizat, justice sociale et humanisme en héritage qui fait l’historique de la Sécurité sociale. Dans un second temps, il est question du financement de la sécu à hauteur des besoins avec les interventions de Nathalie Coutinet, membre du collectif des économistes atterrés, Michèle Rault ; commission protection sociale a Solidaires et Hervé Moreau responsable du secteur protection sociale a la fsu

“PERSONNE N’EST ILLÉGAL”

À l’occasion de la Journée internationale des migrants, célébrée chaque année le 18 décembre, nous vous diffusons aujourd’hui, la présentation de l’ouvrage d’Anne Volery ” Personne n’est illégal”, réalisée sans les studios de FPP, avec notamment des représentant-e-s de la coordination sans papiers de Montreuil (CSPM), du CSP75, et de l’intercollectif des sans-papiers. Avec eux, et grâce à cet ouvrage, nous revenons sur leurs luttes passées et faisons un appel pour la mobilisation du 18 décembre intitulée cette année ” une journée sans nous”. Cette journée d’action, initiée par les collectifs de personnes sans papiers et immigrées, appelle à une grève solidaire et politique contre le racisme d’État, la précarisation et le recul des droits des personnes migrantes en France. L’appel est donné à 12h sur la place de la République pour l’installation d’un camp de base ; à 15h aura lieu une Assemblée publique sur la Place de la République ; pour un départ en manifestation à 17h en direction de l’Opéra de Paris.

Les revendications pour cette journée :

  • L’abrogation immédiate de la loi Darmanin et des circulaires Retailleau
  • L’égalité des droits pour toutes et tous : école, logement, santé, culture, travail
  • La régularisation des sans-papiers
  • La fermeture des centres de rétention administrative
  • La justice sociale, la solidarité, et la lutte contre le racisme et le fascisme

Le livre :
Depuis le mouvement des sans-papiers de 1996, qui a vu l’occupation de l’église Saint-Bernard, le mouvement s’est structuré au sein de collectifs et de coordinations de collectifs. Leurs revendications : la régularisation de tous les sans-papiers, la liberté de circulation et la liberté d’installation. Ce qui les pousse à agir : sortir de l’aliénation du travail au noir, échapper à l’arbitraire des préfectures et à la peur des contrôles policiers.

À travers les photographies et la parole des délégués de la Coordination 75 des Sans-Papiers et de l’Intercollectif d’Île-de-France, ce livre donne à voir et à entendre une lutte continue pour des droits, mais aussi les acteur.ice.s de cette lutte. Les photographies, exclusivement prises en manifestation entre 2020 et 2025, permettent de voir évoluer un collectif formé d’individualités ; elles montrent la nécessité de la lutte, qui se lit dans les regards, et la force que donne l’action collective. Les entretiens permettent de comprendre cette lutte et de saisir ses formes et ses enjeux actuels. Ils se sont déroulés entre novembre 2024 et juillet 2025 et ont permis de récolter les récits de 20 délégués, de 8 collectifs et associations de la région parisienne.

«Personne n’est illégal». Photographies et récits de Sans-Papiers en lutte (2002-2025), un livre d’Anne Volery et de la Coordination 75 des Sans-Papiers, avec la participation de l’Intercollectif des Sans-Papiers, 160 p, 2025, 20EUR – ISBN : 979-10-979706-0-4

Pour tout renseignement :
personne.n.est.illegal@gmail.com
Pour commander le livre :
règlement par chèque à l’ordre de DIEL d’un montant de 29EUR (livre+frais de port) à envoyer par voie postale à : DIEL (Droits Ici Et Là-bas) – Boîte 158, Maison des associations du 11e, 8 rue du Général-Renault 75011 Paris.

Un autre budget est possible

En vue de la journée de mobilisation appelée pour ce mardi 02 décembre, le syndicat Solidaire organisait une réunion publique à la Bourse du Travail de Paris, autour de la question du budget de l’Etat. En effet, le gouvernement Lecornu a dévoilé son projet de budget 2026. Sous prétexte de « faire des économies » pour « maîtriser les dépenses publiques », il propose un plan d’austérité qui n’a qu’une seule ligne directrice : faire payer la crise aux travailleurs et travailleuses, aux retraité·es, aux jeunes, aux plus précaires, aux privé·es d’emploi, et aux étudiant·es. C’est ce que nous vous diffusons ce jour.

 

LE DÉCRET SANCTION DE LA LOI PLEIN EMPLOI

Onze associations, dont le collectif Changer de Cap et cinq syndicats, attaquent au Conseil d’état le décret sanctions de la loi Plein emploi et demandent son abrogation. Ce décret permet de suspendre ou de supprimer les allocations des demandeurs d’emploi au moindre « manquement ». Cela concerne les chômeurs et chômeuse comme les bénéficiaires du RSA, puisque ceux-ci sont désormais inscrits automatiquement à France Travail.

Bernadette Accompagnante : Pendant 27 mois, je me suis baladée de maison en maison, avec ma brosse à dents et mes affaires de toilette, parce que si je m’installais chez mes enfants, on leur coupait les allocations

Dans l’émission en direct de ce jour, nous recevions, Benjamin du collectif Changer de Cap et en sa compagnie, nous sommes revenus sur les motifs de l’attaque au Conseil d’état du décret sanction de la loi Plein emploi. La question du contrat d’engagement, les inégalités de traitement qui en découle et les contrôles invasifs sur les habitantes et habitants, les plus précaires des quartiers populaires …

Pour plus d’info : changerdecap.net

Révoltes à Madagascar

Dans cette émission, nous revenons avec Marie Ranjanoro, auteure de Feux, Fiévres Forêts, fiction historique qui se déroule lors de l’ insurrection de 1947 à Madagascar, sur les différentes raisons et enjeux de la mobilisation qui a été entamée sur ce territoire en septembre 2025.

SOIGNER C’EST LUTTER

Après le mouvement Bloquons tout, l’équipe de l’émission de radio, Du pain et des parpaings a suivi un groupe de soignant·es mobilisé·es contre la privatisation des parkings sur les hôpitaux de Brest et Carhaix. C’est l’occasion de faire un focus sur les tensions qui traversent les métiers du soin et les luttes qui les animent. Trois invité.es nous racontent leurs raisons et moyens d’action : deux étudiant·es, l’une en soins infirmiers, l’autre en médecine, et une infirmière déléguée syndicale. On parle d’actions de lutte à l’origine d’un projet de loi, d’un collectif étudiant anticapitaliste, de centres de santé communautaires, et de mobilisations à venir, encore.

Ressources

Enquête sur le mal-être des étudiant·es infirmier·es de la FNESI : fnesi.org/site/kw1S19v5RsW1uat…_bien-etre_2025pressedp__20250201.pdf?file_type=media_files

Collectif d’étudiant·es en santé à Brest Kerfull : kerfull.noblogs.org

Centre de santé communautaire à Langon (35) : sentiersensante.fr

Centre de santé communautaire des Monts d’Arrée à Plouneour Menez (29) : latelierensante.fr

Pétition contre les parkings privés à l’hôpital de Brest et Carhaix : change.org/p/pour-la-gratuit%C…-cavale-blanche

Musiques de l’émission

École du couac, créations musicales dans le médico-social en Finistère : ecoleducouac.bandcamp.com

  • Ntrax, par Tiffanys
  • Blue sky, par Johan, Philippe, Paul, Laurent et Angle
  • Démultiplié, par Maryse
  • Kyniq, par Mirhan

Contact dpedp[at]riseup.net

BLOQUONS TOUT: journée du 10 septembre

Suite aux différentes mesure d’austérité, imposé à toutes et à tous par le gouvernement, mais ne touchant pas de plus grande fortune de ce pays, la colère monte. Le mouvement bloquons tout est né de cette injustice. Le 10 septembre n’est pas une fin, mais un début. C’est un peuple qui s’indigne, qui se lève et qui bloque tout pour débloquer son présent et son avenir verrouillés par les milliardaires et les gouvernements qui les servent. Quelques repaires : 211 milliards, donnés aux plus grandes entreprises sans contrepartie, 500 familles possédant 44 % du produit intérieur brut et le doublement du budget de la guerre depuis 2017, soit 43 milliards ponctionnés sur les droits sociaux.

Dans l’émission de ce jour, nous revenons sur cette journée du 10 septembre 2025.

Après avoir été dès 6 heures du matin sur les blocages de périphérique, nous nous sommes rendus à l’assemblée générale du technicentre SNCF de Châtillon à 10 heures. Pas mal de grévistes de cette journée appelé par ” bloquons tout”, sans attendre la date du 18 septembre qui émanait des bureaucraties de l’intersyndicale.

Mais nous commençons cette émission, par un point d’ensemble de cette journée via le site d’information le canard réfractaire .et en seconde partie d’émission, nous nous rendrons à la gare du Nord, ou en fin de matinée, se tenait une assemblée générale des cheminotes et cheminots. Bonne écoute !

AG du 5 septembre de l’assistance publique-hôpitaux de paris

Le 5 septembre se tenait à la bourse du travail de Paris une assemblée générale de l’intersyndicale de AP-HP. Nous voulions prendre la température à partir d’un secteur particulièrement touché par les coupes budgétaires, cinq milliards supplémentaires dans les propositions Bayrou alors que l’hôpital est à genoux.

Nous n’avons pas été déçus. Une intersyndicale, sans SUD on a vite compris pourquoi. On vous laisse apprécier par vous-même à l’écoute de l’enregistrement de cette assemblée générale, les problèmes de démocratie qui peuvent y avoir lieu. Une intersyndicale donc qui propose de voter une motion sans en discuter préalablement le contenu, qui après des prises de paroles qui vont majoritairement vers un appel à rejoindre le 10 septembre et d’entamer la gréve dure, n’en tient pas compte et reste sur le texte initiale sans aucune modification.

La question, qui s’est déjà posée lors du mouvement sur les retraites. Est-ce que l’intersyndical freine ou renforce le mouvement ?

Nous nous sommes réjouis en entendant le courage et la détermination des professionnels de santé qui n’en peuvent plus, qui veulent se battre et rejoindront dès le 10 le mouvement.

Prêtez l’oreille, l’enregistrement est particulièrement pourri, la salle Ambroise Croizat n’offre pas de possibilité correcte de prise de son. Mais il nous est paru intéressant malgré tout d’entendre le cri qui vient d’en bas, de la base.

Écoutons pour commencer les représentants de l’intersyndical, puis les prises de paroles de la salle et pour finir la demande de vote.

DES PARENTS D’ÉLÈVES CONTRE LA RÉPRESSION POLICIÈRE AU LYCÉE HÉLÈNE BOUCHER

Le 6 juin 2024, une cinquantaine de lycéens rentrent pacifiquement dans le lycée Hélène Boucher à Paris et tentent de l’occuper, pour protester contre le génocide en Palestine.
Quelques minutes plus tard, plusieurs unités de police rentrent dans le lycée. Des photos et vidéos prises par les occupants montrent une utilisation de gaz lacrymogène à l’intérieur, des menaces au LBD à bout portant, une balayette injustifiée et même une arme à feu sortie par un agent de la BAC.

Dans l’émission de ce jour, nous accueillons en studio, Marie et Sandrine, parents d’élèves au lycée Hélène Boucher et Alex, du syndicat SUD ÉDUCATION Paris. En leurs compagnies, nous reviendrons sur les violences policières du 6 juin 2024 et les suites qui vont y être apporté.

Des parents interpellent le rectorat et la préfecture de police de Paris face à
l’escalade de la répression policière des manifestations lycéennes

Communiqué Paris, le 18 juin 2025
Le jeudi 6 juin 2024 dans la soirée, chez une quarantaine de parents de lycéens et lycéennes, le téléphone sonne, le numéro est masqué. On répond, le cœur se met à battre plus vite, l’appel provient d’un commissariat – commissariat du 3ᵉ, du 5e, du 17ᵉ, du 18ᵉ ou du 20ᵉ. Il annonce à chaque parent la garde à vue de leur enfant et le droit à un avocat.

Quelques heures plus tôt, les personnes présentes devant le lycée Hélène Boucher assistaient, médusées, à la sortie de 48 jeunes menotté·es – plus de quarante sont mineur·es – et emmené·es dans des paniers à salade au vu de tous. Ils et elles voulaient occuper le lycée pour alerter sur la situation à Gaza et refaire de ce lycée un lieu de parole et d’échanges. Des rassemblements de parents, lycéennes, lycéens, professeurs, s’organisent, impromptus, devant chaque commissariat, pour protester et soutenir.

Le 7 juin 2024, le lendemain, la fin de la garde à vue est signifiée, chaque parent doit aller chercher son enfant. Chaque parent reçoit, stupéfait, bouleversé, le récit de son enfant. Et nous, parents, sonnés, révoltés, nous nous retrouvons le samedi 8 juin devant le lycée Hélène Boucher pour protester, nous réchauffer aussi, et commençons à construire ce collectif.
Pour tous les lycéens et toutes lycéennes mineur.es, l’affaire du 6 juin 2024 sera classée sans suite. Mais pas pour nous !

SUITE DU COMMUNIQUÉ DANS CE LIEN communique-lycees-parents

Contact : collectifpihb@gmail.com

repression syndicale et politque envers des syndicalistes

Les 12 et 18 juin dernier, sept syndicalistes et militants ouvriers passaient devant le tribunal judiciaire de Paris, en butte à la répression étatique, l’un syndicale l’autre contre le soutien à la Palestine. Dans les deux cas, le soutien a été massif et populaire. 

Le 12 juin, ce sont les 5 de Nanterre qui passaient au tribunal judiciaire de Paris, pour… violation de domicile professionnel, plainte déposé par La Poste, plus de 10 ans après les faits lors de la grande grève de 2014. Avec l’unique objectif de se débarrasser et de décapiter le syndicat SUD PTT 92. 

Tandis qu’Anasse Kazib, syndicaliste à SUD RAIL et un journaliste de Révolution Permanente sont poursuivis pour apologie de terrorisme par une association de l’extrême droite sioniste pour avoir juste apporter son soutien à la Palestine occupée et martyrisée via un tweet. À l’instar d’un syndicaliste CGT du nord, ils n’ont fait que leur devoir de militants internationaliste en défendant une population opprimée. Ces procédures n’ont pour objectif que de terroriser les militants et de faire taire la solidarité internationale ́ avec la Palestine.
Le procès d’Anasse et du camarade a été reporté à l’année prochaine, tandis que les 5 de Nanterre devront attendre le 10 juillet prochain pour connaître les résultats d’un procès qui a duré jusqu’à 22 h 30 ce 12 juin.

Dans cette heure d’émission, nous entendrons les prises de paroles et interviews issues de ses deux procès.

Journée école morte a Gennevilliers/ grande fête du printemps des services publics

Ce mardi 27 mai, une journée éducation morte a eu lieu dans les écoles, collèges et lycées de Gennevilliers, organisée par le collectif parents enseignants pour protester contre la fermeture de 17 classes à la rentrée prochaine.

Nous vous proposons dans ce premier temps, le reportage réalisé ce 27 mai et nous entendrons les interventions de parent d’élève et d’enseignantes fortement mobilisé ce même jour.

Avec comme revendication :
– l’annulation des 17 fermetures de classes
– la restitution des 3 postes de remplaçants
– le retour en REP (Réseau Éducation Prioritaire) de l’ancien réseau Pasteur

La grande fête du printemps des services publics

À Paris, se tenait la fête des services publics toute la journée du 31 mai 2025, Avec un village des services publics sur la place Stalingrad dans les 19ᵉ arrondissement de paris. Dans cette seconde partie d’émission, nous commencerons par entendre un point sur le financement de la Sécurité sociale, puis deux entretiens avec Michèle Leflon, Présidente de la Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité et Isabelle Mathurin, de convergence des services publics.

Depuis plusieurs semaines, à mesure que se dégrade la situation géopolitique, monte en France une petite musique : nous n’aurions pas les moyens de faire face aux investissements nécessaires au renforcement de notre défense, il serait inéluctable de prélever ces financements sur les services publics, la Sécurité sociale et la lutte contre le dérèglement climatique. Alors qu’Outre-Atlantique, l’action de D. Trump met en évidence les conséquences dramatiques de la destruction de toutes les formes du public, nous, associations, syndicats, intellectuel.le.s, ONG et citoyen.ne.s, alertons : notre démocratie est au moins autant menacée par un délitement des services publics que par une offensive militaire. Se donner les moyens d’éviter celle-ci ne peut pas être un prétexte pour dégrader encore les premiers, bien au contraire : ce contexte nous enjoint à renforcer l’ensemble des solidarités qui font le socle de notre démocratie et à réaffirmer le sens d’une contribution commune pour les financer.

présentation du rapport d’enquête sur la domiciliation administrative

Le jeudi 22 mai 2025, se tenait à la Médiathèque Matéo Maximoff situé dans le 19ᵉ arrondissement de paris, la présentation d’un rapport d’enquête inédit sur la domiciliation administrative, le Collectif Domiciliation Île-de-France conviait à un temps d’échange autour d’un droit essentiel encore trop souvent refusé.

La domiciliation permet à toute personne sans domicile stable d’accéder à une adresse administrative – première porte d’entrée vers les droits sociaux. Pourtant, 4 CCAS (centre communal d’Action Sociale) sur 10 en Île-de-France refusent de domicilier les personnes vivant en bidonville, en squat ou à la rue, et 2 CCAS sur cinq les personnes sans-papiers. Des pratiques illégales aux conséquences graves.

Ce fut l’occasion de découvrir les résultats de l’enquête menée auprès des CCAS, écouter les témoignages de personnes concernées et d’acteur·ices de terrain.

Nous commencerons cette rencontre avec la présentation d’un aperçu du rapport par Célia Mougel, du Collectif Romeurope et Blandine, de la fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Suivront les interventions du terrain avec notamment Sacha Acco, du secours populaire paris 18ᵉ, Vera Darras, de l’association Dom’Asile et des membres de médecin du monde 93.

Pour consulter le rapport en intégralité RAP2025-AccesDomiciliationIDF

CONTRE LA RÉFORME DU RSA ET L’EXPLOITATION !

Aujourd’hui vous pouvez entendre une interview réalisée avec le collectif autonome de Brest sur le travail qu’il fait sur le RSA. A la fois un travail d’information sur la réalité de la nouvelle réforme mais aussi un travail de mobilisation.

Pourquoi ce guide ?

Ce guide s’adresse à tout les bénéficiaires du RSA , du chômage ou inscrits à France-Travail. Il n’a pas été fait pas des avocats, des assistants sociaux ou “professionnels” du social. Simplement par des allocataires qui souhaitent lutter pour leurs intérêts face aux politiques de l’état et des diverses

administrations chargées de gérer nos allocations. Il a aussi vocation à évoluer en fonction des situations auxquelles nous faisons face.

Commençons par un petit point sur les dernières réformes concernant ces deux allocations :

• A partir de janvier 2025 l’allocation RSA serait conditionnée, il faudrait potentiellement effectuer

15 heures d’« activités » en échange du RSA.

• Ces 15 heures pourraient être effectuées de différentes manière : Job dating, rédaction de Cvs,

stage en entreprise ou association.

• Pour l’instant, la réforme RSA s’incarne par un « suivi » et un encadrement plus poussé des

allocataires. On est convoqué à un rendez-vous obligatoire de présentation du nouveau dispositif,

à la fin de cette présentation il est demandé aux allocataires de signer un accord d’engagement.

• Concernant l’ARE, les deux dernières réformes de 2019 et de 2024 ont permis au gouvernement

d’augmenter le temps de travail nécessaire à l’ouverture du chômage (6 mois au lieux de 4 sur 24

mois au lieux de 28.). De plus cette réforme a pour but de permettre de radier les allocataires si ils

refusent 3 offres d’emplois « valables », à l’appréciation du conseiller France Travail. Le but est

de renvoyer au plus vite les chômeurs au travail.

• De plus les droits ne se rechargent plus. Il faut avoir terminé de toucher l’intégralité de son

chômage pour rouvrir ses droits et l’allocation est de plus en plus dégressif. Le nouveau mode de

calcul prenant en compte les jours non travaillés permet là encore de réduire le montant de

l’allocation perçue.

Depuis le début de l’année 2024, les contrôles se renforcent sur les allocataires, les radiations du RSA et de

France Travail se multiplient. De son côté le département du Finistère expérimente depuis à peu près un an les fameuses 15h/semaine du RSA prévue par la réforme “dite du plein emploi”. Mael de Calan, président de droite du département, est bien décidé à se servir de cette nouvelle réforme pour accentuer sa guerre aux pauvres. Pour le président du conseil départemental du Finistère, l’objectif est clair : faire tomber le nombre d’allocataires du RSA dans le Finistère de 18 000 (chiffres de 2022, dont 35 % dans la région Brestoise) à 15 000 dans les trois ans. Pour atteindre cet objectif le département entend renforcer les contrôles . Il s’est notamment doté d’un service dédié à cette “mission” composé notamment de un cadre juriste, 7 contrôleurs, 3 assistants administratifs et un rédacteur.

Dans ce contexte, il nous semblait essentiel de se doter d’un guide pratique. Un guide fait pour mieux

comprendre le fonctionnement d’institutions comme France-Travail, la CAF et le département, pour mieux se

préparer et se défendre face aux contrôles.

I- Le RSA

1-Comment toucher le RSA ?

-Comme pour toutes les aides sociales de la CAF, elles sont attribuées selon certaines conditions.

– Premièrement, les bénéficiaires du RSA doivent être âgés de plus de 25 ans. Une dérogation est faite si tu es enceinte ou que tu as un enfant à charge.

-Si tu as entre 18 et 25 ans, tu peux aussi en bénéficier. Seulement, il faut que sur les trois dernières

années, tu ais exercé une activité à plein temps sur deux ans minimums. Cette spécificité est nommée le RSA Jeune.

-Au-delà de ces spécialités, voici les conditions d’attribution :

• Tu habites en France de façon stable, plus de 9 mois par an

• Tu es français, citoyen de l’Espace Économique Européen (EEE), suisse tout en vous justifiant

d’un droit de séjour, ou enfin, tu es ressortissant d’un autre pays et tu résides en France depuis 5

ans

• Les ressources mensuelles moyennes de ton foyer pendant les 3 mois qui précèdent ta demande ne

doivent pas dépasser un certain seuil.

• Tu dois avoir fait valoir tes droits concernant toute autre prestation sociale (comme l’allocation

chômage, la retraite) à laquelle tu peux prétendre. Autrement dit, tu ne peux percevoir le RSA que

si tu n’as pas ou plus le droit à une autre aide, par exemple à la fin de ta période d’indemnisation

de chômage.

Rappel sur le RSA : Tu as le droit à 90 jours de vacances, que tu dois théoriquement déclarer. N’annule donc pas un rendez-vous ou la participation à une activité prévue sous le motif que tu es loin de chez toi si tu n’as pas déclaré ton déplacement, cela pourrait être motif de sanction.

-A noter que à compter de Mars 2025 la déclaration trimestrielle à réaliser pour continuer de toucher ton allocation sera désormais préremplie par la CAF. Avant de la valider tu peux apparemment la vérifier et la modifier au besoin.

2-Comment fonctionnent les 15 heures d’activités obligatoires ?

Cette partie est rédigée à partir des informations dont nous disposons alors que la réforme n’est pas

encore officiellement mise en place. Tout ça peut donc encore changer.

– Les 15 heures (pouvant être étendues à 20 heure) se sont mises en place à partir du 1er janvier 2025 au niveau national. Cela s’accompagne d’une inscription automatique à France Travail si : on est en mission locale, à CAP emploi (insertion professionnelle pour personnes handicapées) et évidemment si on demande le RSA et qu’on a moins de 65 ans.

-Les 15 heures sont un truc flexible et hyper individualisé. En fonction du contrat d’engagement signé on a plus ou moins d’heure à effectuer et une plus ou moins grande autonomie. Par exemple, cela varie selon qu’on souhaite créer une entreprise, qu’on recherche un emploi dans le BTP etc

-Les prestataires pour la réalisation du suivi sont : France-Travail, la mission locale, CAP emploi et les services du département (dont des caochs persos qui s’ajoute aux conseillers France Travail). Le but est d’orienter les gens vers des “dispositifs de retour à l’emploi” engageant “l’ensemble des acteurs locaux de l’insertion. Du côté de France Travail, on est vite rebalancé vers un certain nombre de prestataires privés, selon ce vers quoi on t’oriente.

– L’allocataire est donc orienté vers des activités comme : des immersions en entreprise, obtention du permis de conduire, activités associatives, etc. Ce système permet en théorie d’impliquer l’ensemble des acteurs locaux de l’insertion (associations, chantiers d’insertion…).

– Potentiellement des personnes pourraient donc exercer du travail entreprises, pour pouvoir bénéficier de leurs RSA. Mais cela sans cotiser (ni pour les allocations chômage, ni pour la retraite…) Une économie substancielle pour les entreprises qui pourraient prendre cette main d’oeuvre à bas coût.

-Pour le moment trois parcours France Travail liés à la mise en place des 15 heures ont été présentés dans le Finistère :

• Un suivi renforcé RSA avec plusieurs rendez-vous par mois (pour les personnes susceptibles de

retrouver un emploi)

• Un suivi global, pour faire face aux freins qui empêchent le retour à l’emploi (déplacement,

santé), en lien avec le département.

• Un parcours formation / création d’entreprise.

-Officiellement, il est possible de voir ses heures d’activités obligatoires réduites pour plusieurs raisons :

• problèmes de santé

• problèmes familiaux

• être parents isolés.

-Enfin, on sortirait du dispositif de suivi lorsqu’on arrive à avoir 500 euros de revenus par mois, ou 1500 euros tout les trois mois. On basculerait alors dans le dispositif de prime d’activités, mais on ne sera plus soumis aux 15 heures d’activités.

-Dans le cadre d’un refus, les allocataires risquent une suspension du versement de leur allocation.

Suspension qui pourra être annulée s’ils respectent à nouveau leurs engagements, avec une régularisation rétroactive. C’est-à-dire qu’ils récupèreront les allocations qu’ils avaient perdues. Cependant, la rétroactivité a été limitée à trois mois par les sénateurs. Dans le cas d’une réitération du non-respect des termes du contrat ou d’un d’un refus de se soumettre aux termes de contrôle par exemple, l’allocataire risque une suppression partielle (jusqu’à 80 % du RSA), voire totale de ses allocations.

-En cas de radiation/suspension on peut se réinscrire dès le lendemain, il est dit qu’à part en cas de non réponse à des contrôles, ils réinscrivent 99 % des personnes, en travaillant sur les motifs qui avaient conduits à la radiation. Si tu as été radié pour refus d’un contrôle, il faut fournir les pièces demandées. Si tu as refusé les 15 heures, il faudra les accepter, si tu as refusé de signer ton contrat d’engagement il faudra le signer etc.

-Pour les personnes toujours en suivi social RSA ( au moins à Brest) :

-Pour l’instant, pour les personnes qui ont ce genre de suivi les 15h c’est surtout du déclaratif même si ils et elles doivent aussi s’inscrire à France-Travail. Les personnes doivent remplir des fiches papiers où ils notent leurs diverses activtés (rdv médicaux par exemple…) et les déposer à leurs assistant sociaux.

3-Les contrôles

-Toute personne qui a demandé le RSA peut y être soumise. Leur nombre est en augmentation du fait du recrutement par les départements de contrôleurs RSA.

-Les contrôles sont un outil primordial pour les administrations chargées de la gestion des allocations que ce soit la CAF, les départements ou France-Travail. Ils permettent, selon elles, de lutter contre la fraude sociale, de récupérer de l’argent public ou cotisé. Il s’agit aussi de faire valoir, selon elles, les droits des allocataires en analysant mieux leur situation sociale…

-Dans les faits, ces contrôles sont un outil de pouvoir et de pression que ces admnistrations exercent sur nous. En gros, il s’agit surtout, lors de ces contrôles, de nous soumettre aux procédures et de gagner de l’argent sur notre dos.

-Quinconce a déjà suit un contrôle pourra témoigner des effets produits par les méthodes bureaucratiques et intrusives des contrôleurs : infantilisation voire déshumanisation, humiliation, stress et anxiété car peur de perdre parfois ses seules ressources pour manger, se loger, (sur)vivre…

-D’où un principe qui doit tous nous animer : ne pas accepter la division entre bons et mauvais allocataires / bons et mauvais contrôlés. Lors d’un contrôle, personne n’est irréprochable, il y aura toujours un truc qu’on savait pas et un contrôleur pour acter que ça mérite une sanction.

A-Les contrôles de la CAF

Il y a trois types de contrôles que la CAF peut réaliser :

Automatique : échange CAF et CPAM et département, tu n’en es pas forcément informé. Cela peut être un contrôle des ressources, du quotient familial etc.

-Sur pièces. C’est à dire que pour te contrôler, la CAF te réclame directement des pièces et t’informe que tu es soumis à un contrôle.

-Au domicile de l’allocataire. La CAF a le droit d’effectuer un contrôle à ton domicile afin de vérifier l’exactitude des informations transmises pour le versement du RSA. On parle alors d’un « contrôle sur place ». Ce contrôle est soumis à des règles bien précises :

• Il est effectué par un contrôleur assermenté auprès du tribunal judiciaire (TJ) titulaire

d’une carte professionnelle, il a l’obligation de la présenter au bénéficiaire du RSA auquel

il rend visite.

• Il peut être réalisé, au choix, dans le cadre d’un rendez-vous fixé préalablement avec le

bénéficiaire du RSA (le bénéficiaire doit alors se rendre disponible à la date et l’horaire

fixés) ou de manière inopinée.

• Dans ce type de contrôle, la Caf peut vérifier toutes sortes d’informations relatives à ta

situation et à celles des membres de ton foyer en tant que bénéficiaire.

Rappel : Les contrôleurs sont assermentés et disposent donc d’un droit au contrôle et à l’obtention de toutes les pièces qu’ils pourraient demander. Néanmoins il existe des limites à ce pouvoir, qu’il nous semble intéressant de partager. Ce guide a également pour but d’éviter des erreurs qui pourrait faciliter la tâche des contrôleurs pour vous radier.

B-Les contrôles du département

-Les départements peuvent réaliser des contrôles d’allocataires du RSA. Dans le Finistère un service

contrôle dédié existe et des contrôleurs ont récemment été employés à cette occasion.

-Sur les conseils donnés dans cette partie : Certains de ces conseils sont, selon nous, quelque peu limités car ils s’inscrivent dans un rapport fait pour nous isoler : celui de contrôleur à contrôlé… La question reste de savoir si ils peuvent s’inscrire dans un rapport de force plus collectif qu’il ne tient qu’à nous de construire contre les contrôles et les bureaucraties qui les mettent en oeuvre! Si ils sont de plus en plus partagés et diffusés, ces conseils peuvent peut-être à minima permettre d’être moins dans la merde, voire de mettre quelques bâtons dans les roues de l’administration.

==> La procédure du contrôle départemental:

-Envoi d’un courrier postal non recommandé à l’adresse que tu as renseigné auprès de la CAF et

t’indiquant que tu es contrôlé par le département.

-Ce courrier stipule que tu dois renvoyer au département un certain nombre de pièces avant une date fixée par les services contrôles. En général, tu as un délais d’environ un mois pour envoyer les pièces (potentiellement à compter de la date sur l’enveloppe du courrier et pas celle indiquée dans le courrier lui même car c’est la première présentation du courrier à la poste ou un accusé de réception qui doit faire foi).

-Le courrier est assorti d’une menace de suspension si les pièces ne sont pas fournies en totalité à la date limite indiquée. Cette suspension est censée s’enclencher dans le mois qui suit cette date limite. Une fois suspendu si tu n’as pas répondu intégralement au contrôle, tu disposes de quatres mois pour fournir tes pièces sous peine d’être radié de la liste des bénéficiaires du RSA. La suspension concerne l’intégralité de ton RSA.

-Important : Il n’y a pas de rétroactivité si tu décides de fournir les pièces alors que ta suspension ou ta radiation est acté.

-Liste des pièces qui peuvent être demandées : Un avis d’imposition. Des justificatifs de domicile (bail, quittances de loyer, factures d’électricité par ex.) ou attestation d’hébergement. Des relevés bancaires sur une période indiquée par le courrier. Un document fourni avec le courrier et à retourner complété.

Conseils/Remarques…

Déjà, ne reste pas tout seul, tient tes proches, tes potes, tes camarades ou des collectifs au courant pour voir ce que tu peux faire et ne pas rester isolé.

Si tu choisis de répondre au contrôle et par voie postale, tu peux envoyer tes pièces en courrier recommandé avec accusé de réception pour avoir une preuve datée de l’envoi.

…Pas encore testés :

Si tu décides de répondre au contrôle et de t’engager dans la procédure, tu peux exiger d’avoir des courriers par recommandé avec accusé de réception et que ce soit la date de réception qui fasse foi, pas la datation des courriers du département. Cela peut permettre d’être au courant plus rapidement de l’avancée de ta procédure et de disposer de plus de temps.

Un autre moyen pour tenter de gagner du temps peut être de contester la validité des courriers du département car il s’agit de courrier simple. Or, ça peut tous nous arriver d’avoir une boite au lettre défaillante qui fait que les courriers n’arrive jamais à destination.

==> Qu’est ce qu’ils veulent savoir et contrôler ?

-Les contrôleurs veulent principalement savoir trois choses qui leur servent de critères pour pousser le contrôle plus loin ou/et permettre de diminuer voire sucrer tes allocs :

• Tes ressources financières.

• Si tu résides de manière, selon eux, effective en France.

• Ton train de vie, et donc l’intégralité de tes ressources y compris les coup de main de la famille ou

des proches mais aussi les ventes même sur vinted…

-Il faut aussi savoir que le département communique avec d’autres administrations notamment la CAF pour avoir accès à des informations et les croiser avec celles que tu leur fournis.

-Par exemple, les contrôleurs du département peuvent regarder tes ressources trimestrielles déclarées à la CAF et voire si cela correspond aux montants présents sur les relevés bancaires que tu leur fournis.

-Ils peuvent aussi, via tes relevés bancaires, analyser tes mouvements d’argent, la nature et le montant de tes dépenses pour voir si ton train de vie est trop élevé pour une personne au RSA. A l’inverse, ne pas avoir de dépenses paraît suspect à leurs yeux (suspicion de travail non déclaré). Mais ils peuvent aussi croiser tes justificatifs de domicile avec tes relevés bancaires pour estimer si tu résides selon eux en France.

-Probablement, les contrôleurs du département ont aussi accès au Fichier des comptes bancaires (Ficoba) qui liste tous les comptes bancaires en France et leurs titulaires. Ainsi, ils peuvent savoir qui possède quel compte dans le pays et vérifier que tu leurs déclares bien tous tes comptes possédés lors du contrôle. La consultation de ce fichier ne leur permet cependant pas d’avoir accès au solde et aux opérations des dits comptes.

Conseils/Remarques :

Les contrôleurs considèrent le plus souvent que toute ventes ou dons d’argent reçus sont des revenus qu’il faut justifier et/ou déclarer. Les montants et la régularité sont parfois pris en compte dans la décision de pousser le contrôle plus loin ou de sanctionner. Dans tous les cas, si tu as d’autres “ressources” que tes allocs (par exemple aides d’un proche ou ventes de trucs pour arrondir les fins de mois), privilégie le liquide aux chèques, virements et paiements CB.

Edit : A partir de juillet 2025, les dons des proches ou de la famille ne devraient plus

être considérés comme des ressources par la CAF pour calculer le montant du RSA et donc ne devraient plus être déclarés1.

N’oublie pas non plus de déclarer ton argent placé sur tes comptes rémunérés. Les intérêts sont considérés comme des ressources… Si les intérêts ne tombent qu’une fois par an, déclare les à ce moment là. On ne dispose pas d’informations sur les plafond à partir duquel tu es amputé d’une partie de ton allocation.

Pour gagner du temps et/ou compliquer la tâche des contrôleurs tu peux aussi tenter d’envoyer un dossier incomplet ou par petit bout. Ainsi, tu peux essayer d’obtenir des délais supplémentaires de la part de la mission contrôle pour réunir les pièces demandées.

1 (Des aides et des secours financiers versés par des membres de la famille ou des proches du bénéficiaire, à l’exception des ressources

mentionnées au II de l’article L. 162-10 [les pensions alimentaires] ) dans Décret n° 2025-185 du 26 février 2025 portant généralisation des

déclarations préremplies de ressources pour l’attribution du revenu de solidarité active et de la prime d’activité

Par exemple, tu peux envoyer tes relevés bancaires occultés partiellement, notamment de la nature et de la provenance de tes dépenses en arguant du droit au respect à ta vie privée.

Une fois ces pièces envoyées, il est probable que le département exige tes relevés non-occultés et possible qu’il t’accorde un nouveau délai pour les fournir. Tu peux alors saisir le Délégué à la protection aux données du Finistère pour avis et exiger des explications aux contrôleurs sur la non-conformité de tes pièces et ainsi gagner encore un peu de temps.

A noter que si finalement ils estiment que cela fait obstacle à leur contrôle (qu’ils justifient par le fait qu’ils n’ont pas accès au moyen, destination et lieu des paiements) ils n’accepteront pas ces pièces. Ils semblent cependant accepter l’occultation des enseignes commerciales où tu fais des paiements dans la mesure où cela n’interfère pas avec leur procédure.

==> Contacts des services :

-Le département du Finistère s’est doté de plusieurs services pour mener à bien sa mission de contrôle, de harcèlement et de répression des allocataires notamment un service contrôle et une cellule contentieux réunis au sein de la Direction de l’Emploi, Insertion, Logement (DEIL).

Ces contacts sont indiqués sur les courriers en fonction de la situation de ton dossier. Les agents responsables de ton dossier sont censés pouvoir répondre à tes interrogations et te renseigner sur ta situation si tu as des questions. Dans les faits, ces contacts ont surtout l’air là pour faire joli. Les services contrôles du département ont l’air difficilement accessibles, du moins celles et ceux qui décident vraiment de ton sort.

Ne pas oublier aussi que les contrôleurs ne sont pas là à ton service mais pour chercher à savoir si tu rentres dans leurs cases de bons ou mauvais allocataires. Le but étant de continuer le contrôle et de te sanctionner ou pas. Toute information sur ta situation peut donc leur servir contre toi.

-Mission Contrôle :

contrôle.rsa@finistere.fr

02 98 76 20 70

-Cellule Contentieux :

contentieux.rsa@finistere.fr

02 98 76 20 64

==> Certains textes de lois invoqués pour mener les contrôles et punir les allocataires

(Ces articles de lois sont tous disponibles sur le site LegiFrance)

L.262-40 du Code de l’action sociale et des familles.

R.262-83 du Code l’action sociale et des familles.

L.161-1-4 du Code de la sécurité sociale

9

4-Recours administratifs et judiciaires en cas de sanctions RSA : réduction, suspension, radiation

À noter que le Département du Finistère a recruté un “chargé de contrôle contentieux et veille

juridique”, qui doit renforcer le service contrôle et apporter des conseils juridiques au département pour les recours administratifs et juridiques dans le cadre du RSA.

==> ÉTAPE 1 : Le recours administratif au département.

• À compter de la date de notification de radiation du RSA (ou réduction), tu as 2 mois pour

contester cette décision. Ta contestation devra être envoyée au Président du Conseil

Départemental de ton département en recommandé avec accusé de réception. Celui-ci dispose de

deux mois pour répondre.

• Ta réclamation doit être motivée par un événement attestant de la légitimité de ta décision. Elle

devra être accompagnée de tout document justificatif.

==> ÉTAPE 2 : Le président du conseil départemental peut décider de faire appel à une médiation et de mettre en place une commission.

• Tu auras la possibilité d’expliquer pourquoi tu n’as pas rempli les conditions imposées par ton

Contrat d’Insertion.

• À compter du jour de ton passage devant la commission, l’Instance de Médiation aura un mois

pour rendre sa décision au Président du Conseil Départemental. Celui-ci devra ensuite rendre sa

décision dans un délai d’un mois, en s’appuyant sur l’avis que l’Instance de Médiation aura donné

sur ton dossier.

Remarques /Conseils:

Tu peux te faire accompagner à ce rendez-vous par un avocat ou même la personne de ton choix.

Dans le département du Finistère, cette médiation ne semble pas concerner les cas de sanctions pour refus de répondre ou de transmettre des pièces lors d’un contrôle.

Garder en tête que, dans le Finistère, la personne censé prendre la décision de te donner ou pas raison lors de ton recours, à savoir le président du département, est celle qui organise la politique répréssive du dit département. Ce qui forcément impacte les possibilités qu’il aboutisse. Malgré tout, ces recours sont des préalables légaux à une action de contestation en justice.

==> ÉTAPE 3 : Si le département ne répond pas ou rend une décision qui ne t’es pas favorable tu peux saisir le tribunal administratif.

Dans un délai de deux mois suivant la notification de la décision du Président du Conseil Départemental, tu peux contester la décision prise auprès du Tribunal Administratif. Ta demande devra là aussi être envoyée en recommandé avec accusé de réception.

• Ton recours contentieux devra obligatoirement être fait après avoir déposé un recours auprès du

Conseil Départemental. Tu dois également avoir reçu la notification de la décision de radiation du RSA ou de sa réduction prise par le Président du Conseil Départemental. Ta demande devra comporter :

-La copie de la décision que tu contestes

-La copie de tous les documents que tu as fournis lors de ton recours auprès du Président du Conseil

Départemental.

Conseils : Là encore au tribunal fais toi accompagner d’un avocat. Si tu es éligible tu peux faire une demande d’aide juridictionnelle pour ne pas payer de frais d’avocats. Attention aussi, les procédures au tribunal administratif peuvent être longues (plusieurs mois voire années si il y a des appels des décisions rendues).

II- France Travail et l’ARE

Rappel : l’ARE c’est le nouveau nom de l’allocation chômage.

1-Comment toucher l’ARE ?

-Pour toucher l’ARE tu dois avoir travaillé 920 heures soit 130 jours sur 2 ans.

-Tu dois être inscrit à France Travail dans un délai de 12 mois suivant la fin de votre contrat de travail.

-Tu dois résider sur le territoire national dans lequel s’appliquent les règles de l’assurance chômage.

Attention ! : Tu n’as pas le droit à l’allocation chômage si tu démissionne de ton emploi ou si tu l’as quitté volontairement pour un autre contrat qui a duré moins de 65 jours travaillés, ou de moins de 455 heures (soit 3 mois). Attention donc à toujours obtenir une rupture conventionnelle ou un licenciement, il ne faut jamais démissionner.

Conseil : Lors du rendez-vous d’inscription, il est important de bien définir ton projet personnalisé d’accès à l’emploi. Les offres dites raisonnables doivent correspondre aux critères que tu auras défini avec ton conseiller ou ta conseillère, lors du premier entretien qui suivra ton inscription. Ils concernent le poste que tu recherches, mais également les salaires recherchés, la distance par rapport à ton

domicile, la durée du contrat de travail…

2-Peut-on perdre l’ARE ?

-L’allocation cesse d’être versée quand :

tu atteins l’âge maximal de départ à la retraite, quel que soit le nombre de trimestres ;

tu bénéficies d’une retraite à taux plein pour carrière longue, pénibilité, incapacité

permanente, travailleurs handicapés, amiante, même si la durée de tes droits n’est pas épuisée.

-Tu peux aussi être radié de la liste des demandeurs d’emploi ce qui entraine une suppression partielle ou totale de tes allocations. Les durées de radiation vont de 1 à 12 mois.

Liste des motifs de radiation de France Travail :

si t’es plus inscrit sur la liste des demandeurs d’emploi (ex: défaut d’actualisation, radiation pour non-respect de vos obligations, etc.).

• l’absence d’actualisation mensuelle de la situation personnelle ;

• l’incapacité à justifier tes recherches d’emploi ;

• les fausses déclarations dans le but de s’inscrire ou de rester inscrit sur la liste des demandeurs

d’emploi ;

• le refus d’élaboration du PPAE (projet personnalisé d’accès à l’emploi) ;

• le refus d’actualisation du PPAE ;

le refus d’une offre raisonnable d’emploi à 2 reprises (le raisonnable étant lié à ton PPAE, projet que tu as vendu à pôle emploi et l’appréciation de ton conseillé-contrôleur France Travail) ;

• l’absence d’une action de formation sans motif légitime ;

• l’abandon d’une action de formation sans motif légitime ;

• la non-présentation à un rendez-vous prévu France Travail sans être en mesure d’avancer un motif

légitime ;

le refus de suivre, sans motif légitime, une action d’aide à la recherche d’emploi de France Travail dans le cadre du PPAE ;

• l’abandon d’une action d’aide à la recherche d’emploi ;

• le refus de passer une visite médicale d’aptitude, sans être en mesure d’avancer un motif légitime.-

-Perdre son allocation est donc facile … Néanmoins des recours légaux sont possibles en cas de

suspension.

3-Recours administratifs et judiciaires en cas de suspension ou de contentieux avec France-Travail

==> ETAPE 1 : La réclamation auprès de France Travail

Quelle que soit la décision concernée, tu peux commencer par déposer une réclamation auprès de votre agence France Travail. Cela suffit souvent à trouver une solution à l’amiable, par exemple en détectant des éléments manquants dans ton dossier ou en apportant des explications supplémentaires.

Pense à conserver un écrit de cette réclamation, c’est important pour la suite si le désaccord persiste.

==> ETAPE 2 : La demande de médiation si la réclamation n’aboutit pas

-Si tu estimes ne pas avoir obtenu une réponse satisfaisante, tu as la possibilité de saisir le médiateur

régional de France Travail (liste accessible sur leur site). Chaque médiateur intervient de façon

indépendante pour établir un échange entre toi et les services de France Travail afin que, dans la mesure du possible, une solution satisfaisante soit recherchée.

Les cas de médiation préalable obligatoire (MPO)

Pour certaines décisions rendues par France Travail, la saisine préalable du médiateur régional est

obligatoire pour pouvoir ensuite saisir le juge administratif si le désaccord persiste après la médiation.

C’est notamment le cas pour :

• les décisions de sanction, de cessation d’inscription ou de transfert de catégorie,

• les décisions relatives à certaines allocations versées par France Travail (Allocation de solidarité

spécifique, Allocation Contrat d’engagement jeune, etc.),

• les demandes de remboursement des prestations publiques versées en trop.

==> ETAPE 3 : la saisine du tribunal si la médiation n’aboutit pas

Si la médiation n’aboutit pas, tu peux poursuivre la procédure devant le tribunal (judiciaire ou

administratif, selon le type de décision). Il faut alors se faire accompagner d’un avocat, ce n’est pas

obligatoire dans le cas de procédure administrative mais cela offre plus de garanties.

III-Annexes

1- “Quelques éléments concrets sur le contrôle”

(Texte écrit par des camarades que nous reproduisons pour infos. Contact :

stop.controles@protonmail.com)

Sous couvert de « lutte contre la fraude sociale », le contrôle des allocataires est l’une des multiples

facettes d’une politique plus générale de restriction de l’accès aux droits. Il ajoute des conditions et des restrictions supplémentaires à des droits sociaux qui sont déjà largement conditionnés.

À la CAF, les allocataires qui touchent le RSA, la prime d’activité et, secondairement, les APL, sont tout particulièrement scrutés, et ce, alors que environ 40 % des personnes qui auraient droit au RSA ne le demandent pas – et qu’ils seront probablement bien plus nombreux après la réforme du « RSA contre activité », déjà effective par endroit et supposée être généralisée pour janvier 2025.

Les contrôles se déclinent selon trois formes, des moins perceptibles aux plus intrusives : les contrôles automatisés, les contrôles « sur pièce » – c’est-à-dire des demandes et analyses de documents supplémentaires -, et les contrôles « sur place » – un rendez-vous à la CAF ou au domicile même de la personne pour procéder à des observations et vérifications.

Les premiers sont produits par le croisement systématique de fichiers de la CAF, des impôts (DGFIP) et de France Travail, soit environ 30 millions de contrôles par an. Ces formes de contrôles ne sont généralement ni connues ni identifiables par les allocataires, contrairement aux contrôles « sur pièces » ou « sur place », qui concernent respectivement environ 3 millions et 130 000 personnes par an.

Une guerre d’usure très asymétrique

Régulièrement, les allocations sont coupées sans explication, et les « indus » sont notifiés avec plus ou moins de retard : à charge pour la personne qui constate qu’ elle n’ a rien touché de comprendre ce qui a bien pu se passer (une déclaration trimestrielle de revenus non parvenue ? une variation des revenus ? Un changement de situation ? Quelque chose d’ autre ?), tout en devant gérer, dans l’urgence, les conséquences d’une baisse ou d’une coupure totale de revenus. Contactés, les services de la CAF invitent souvent à prendre un rendez-vous téléphonique avec un « expert », qui n’ a pas forcément accès à la totalité du dossier et dont les réponses sont, par conséquent, parfois assez approximatives. Les délais de réponse lors de contrôles ou de contestations laissent les allocataires dans un flou administratif et financier. Il est très fréquent de ne jamais recevoir de réponse aux demandes de clarification ou de contestation, ou de recevoir des réponses automatiques sans rapport avec sa situation et qui ajoutent de la confusion. De plus, le montant de l’indu peut varier, s’alourdissant ou s allégeant au fil des semaines, sans aucune explication. Lorsque la Commission de recours amiable (CRA) ne fait pas droit à une contestation et que la dette est maintenue, les « indus » sont récupérés de façon arbitraire. Régulièrement, les prélèvements sur les allocations suivantes ne tiennent pas compte du « reste à vivre ». Par exemple, une allocataire supposée

devoir plus de 10 000 euros à la CAF est enjointe de rembourser « en douze mois maximum ». Un autre allocataire se voit refuser une remise de dette sur des APL, au motif que les remises de dettes « ne pourraient être accordées qu’ en cas de précarité de la situation du débiteur ». Il ne touche pourtant que 600 euros par mois d’ allocation de solidarité spécifique (ASS). La seule voie de recours qui lui est indiquée est de saisir le tribunal administratif. Très contraint par d’ autres problématiques à gérer, il renonce. Parfois encore, à l’issue du contrôle et des multiples démarches de contestation, les allocations sont rétablies et reversées intégralement à l’ allocataire mais au bout de plusieurs mois – en dépit de courriers de contestation argumentés, textes de loi à l’ appui -, amenant par exemple un bénéficiaire de l’ AAH à se débrouiller pour vivre pendant 6 mois sans aucun revenu. Toutes ces procédures de contestation sont encore compliquées par le fait que la CAF ne donne pas accès aux multiples circulaires et règlements qui permettraient aux personnes de connaître leurs droits.

Témoignage :

Dissiper le rideau de fumée, persister collectivement j’ai subi un contrôle de la CAF en novembre 2023. Depuis quelques temps, j’étais salariée à mi-temps dans mon activité principale et autoentrepreneuse pour quelques interventions en animation. J’avais déclaré à la CAF cette situation et les revenus liés à chacune de ces activités.

Un jour, je ne reçois pas mes allocations, ni mes APL ni la prime d’activité que je touche chaque mois.

J’essaie de savoir ce qu’il se passe, on me dit qu’il doit manquer un document, une déclaration… Ça dure un peu. Ma situation économique se tend.

Je reçois un premier courrier de la CAF disant que j’ai une dette de 950 €. Quelques jours plus tard, un second message me notifie une nouvelle dette de 1988 €. Il n’y a pas d’explication, pas de calcul, pas de justification.

Je n’ai jamais entendu parler de ça, j’ai déclaré mes revenus correctement… Je n’ai pas du tout la possibilité financière de gérer une telle dette. J’appelle, j’écris, j’ai un rendez-vous téléphonique avec un technicien.

On m’explique que j’ai en réalité trois dettes différentes, qui seraient liées à mon double statut, salariée et auto-entrepreneuse. J’aurais touché des prestations auxquelles je n’avais pas droit. Les dettes correspondraient à l’intégralité des prestations que j’ai touchées entre mars 2022 et août 2023… mais même les montants ne concordent pas. Il paraît que les calculs sont en cours. Sauf que les dettes, elles, me sont déjà notifiées.

J’obtiens des explications partielles et contradictoires en fonction des interlocuteurs. Ça fait 6 mois que je n’ai plus d’allocations. Je m’endette auprès de mes colocataires.

Je cherche, et trouve, un espace où cela peut être discuté collectivement. On décide d’aller à deux à la CAF, aussi pour arriver à mieux démêler la situation. À l’accueil CAF, la personne me dit qu’elle n’est pas compétente ni habilitée à me fournir des informations. Il faut prendre rendez-vous avec un technicien… Il faut insister pour avoir un rendez-vous physique et non téléphonique. Ça finit par fonctionner.

Dix jours plus tard, j’arrive accompagnée pour ce rendez-vous. Lorsqu’on arrive dans la pièce, tout de suite, on nous dit : « tout est résolu ». Il paraît que, lorsque l’on a un statut d’auto-entrepreneur, non seulement il faut le déclarer et déclarer les revenus qui y sont liés, mais il faut également faire une déclaration particulière pour les APL. Personne ne me l’a jamais dit.

Il paraît qu’il y a donc une différence entre les APL que j’ai touchées et celles auxquelles j’avais droit. Une différence de quelques centaines d’euros en tout, 300 tout au plus. Il paraît que les dettes émises étaient des erreurs : on m’a demandé de tout rembourser, alors que je touchais seulement quelques dizaines d’euros en trop par mois – et encore, pas tous les mois. Ce qui est sûr, c’est que mes allocations ont été coupées pendant plus de six mois, que j’ai cru que je devais rembourser une somme importante. Ce qui est sûr c’est que si je n’avais pas contesté, creusé et

cherché à comprendre avec l’aide d’autres personnes qui ont traversé le même type d’histoires, si j’avais « remboursé », la CAF aurait accepté mon paiement sans plus de questions.”

(Pauline, 35 ans)

“Envahis par le contrôle”

Déclenchés par une dégradation du score de risque calculé par l’algorithme, par des signalements et

dénonciations (de la police, par exemple), ou bien des requêtes spécifiques – « géolocalisation des

connexions internet », « contrôle de résidence », « vie maritale non déclarée », etc. -, les contrôles dits « sur pièce » et « sur place » engagent des moyens autrement plus étendus.

Les contrôleurs peuvent interroger les bailleurs des allocataires et demander des informations aux

autres administrations, comme par exemple la CPAM – déclenchant parfois par là même des contrôles en cascade. Ils vérifient les relevés bancaires et peuvent le faire sur plusieurs années, tout comme ils peuvent consulter les relevés de carrière ou les factures d’ eau et d’ énergie. Des enquêtes peuvent être menées auprès du voisinage, ou auprès des écoles où les enfants des allocataires sont scolarisés. Un contrôleur est allé jusqu’ à appeler l’ employeur de l’ ex-conjoint d’une allocataire pour tenter d’ obtenir des informations supplémentaires. De nombreux exemples très préoccupants existent sur les pratiques de contrôle. Dans la chasse aux indus et aux économies, les cadres qui organisent l’activité des contrôleurs les incitent à considérer les allocataires comme de potentiels fraudeurs. Au-delà de la simple vérification de situation, il s’ agit régulièrement d’ enquêtes à charge dérivées des méthodes policières, intrusives, voire retorses. Si la CAF s’enorgueillit de son « respect du contradictoire », notion dérivée du judiciaire et qui serait censée garantir une certaine équité du contrôle, dans les faits, le rapport contrôleur/allocataire est profondément asymétrique.

D’abord parce que les allocataires n’ ont souvent aucune idée de l’ étendue de l’ enquête menée, et n’ ont pas accès, lors de la procédure de contrôle, aux éléments et documents sur lesquels le contrôleur s’appuie. Pour qu’il y ait contradictoire, il faudrait a minima pouvoir comprendre la situation et, pour apporter des éléments de réponse adéquats et se défendre, avoir connaissance des accusations et de ce qui les fonde. De plus, des documents supplémentaires – comme la domiciliation ou l’ attestation d’hébergement, les relevés bancaires ou la photocopie de chaque page du passeport, peuvent être demandés à l’ allocataire -, même lorsque la CAF peut les obtenir autrement, voire lorsqu’ils ont déjà été fournis. Une personne qui avait demandé pourquoi elle devrait redonner un document déjà fourni à la CAF s’est ainsi vue renvoyée, sans autre commentaire, à la page 11 d’une Charte du contrôle sur place, intitulée « Qu’ est-ce que le

refus le contrôle », où il est question de sanctions et de radiation pour les allocataires dont les contrôleurs jugent qu’ils ne collaborent pas assez activement au contrôle. Questionner les processus de contrôle peut donc entraîner des menaces de radiation.

Régulièrement, les personnes sont ciblées parce qu’elle sont soupçonnées de déplacements hors de

France, de « vie maritale non déclarée » ou de revenus dissimulés. La modalité de contrôle la plus

directement intrusive demeure le contrôle à domicile : le contrôleur impose sa présence dans le logement des personnes, il fait des constats et tire des conclusions de ce qu’il y voit. Y a-t-il un homme qui vit là ? Combien de lits, combien de pièces ? Est-ce bien une colocation ou cela ressemble à une vie de couple ?

Témoignage :

Au centime près

Je suis allocataire du RSA depuis la fin de mes études. N’ayant pas été en contrat suffisamment

longtemps pour ouvrir des droits au chômage, j’alterne RSA et périodes d’activité. En 2023, j’ai fait

l’objet d’un contrôle de la CAF. Un contrôleur m’a appelée pour me demander l’ensemble de mes relevés bancaires, que j’ai effectivement donnés.

Je n’ai plus eu de nouvelles jusqu’en 2024, où j’ai été sommée de justifier 12 « anomalies » sous 15

jours – correspondant selon eux à des « sommes non déclarées dans mes déclarations trimestrielles de revenu (DTR) » -, sous peine d’être qualifiée de fraudeuse, de me voir infliger une pénalité et,

potentiellement, de devoir rembourser plusieurs mois de RSA.

Je dois préciser que le montant de ces « anomalies » relevées en l’espace de 15 mois était compris entre 6,50 euros et 61 euros, pour un total d’un peu plus de 400 euros (soit moins d’une trentaine d’euros par mois en moyenne). Si j’arrivais à identifier certains de ces virements, pour d’autres, j’ai dû reprendre chacun de mes relevés bancaires pour tenter de remonter le fil de mes dépenses des deux dernières années. Je me suis donc trouvée à justifier du fait que j’avais été remboursée de courses anodines faites pour rendre service à des proches, ou bien après avoir annulé l’achat d’un vêtement sur Internet. Je continue de me demander ce qui justifiait ce contrôle, si le doute portait sur le fait que j’aurais eu une activité d’achat et de vente non déclarée de vêtements, s’il s’agissait de tenter de prouver que je vivais « au-dessus de mon niveau de vie » d’allocataire du RSA, ou autre. Il faut dire que j’ai demandé le rapport de contrôle, et que la CAF ne me l’a jamais donné.

(Paola, 28 ans)

S’agissant des déplacements à l’étranger, la CAF n’ admet pas d’ exception au cadre légal qui les

borne à trois mois par an. Il y a pourtant de multiples situations où les personnes peuvent être amenées à demeurer plus longtemps à l’ étranger, par exemple du fait de la maladie ou du décès de proches. Pendant la pandémie, les frontières ont été fermées et des allocataires se sont trouvés coincés et sans possibilité de retour, pendant parfois plus d’un an. Leurs dossiers ont pourtant régulièrement été requalifiés en « fraude », c’ est-à-dire que la CAF a jugé qu’ ils avaient « intentionnellement perçu des allocations auxquelles ils n’avaient pas le droit ». Cette qualification enclenche une nouvelle série de courriers, annonçant d’abord le passage en Commission des pénalités – devant laquelle l’ allocataire peut se rendre pour se défendre, dans certains départements mais pas dans tous -, puis l’ alourdissement de la dette liée au RSA par une nouvelle sanction financière. Lorsque, dans cet intervalle, les allocataires demandent le rapport de leur contrôle, il ne leur est généralement pas communiqué. La Cour des comptes détermine en partie les cadres des pratiques des CAF, en leur fixant des objectifs en matière de fraude, qu’il s’agisse des montants à récupérer ou des quotas d’ allocataires qu’elles doivent attaquer au pénal à l’issue de la procédure. En pratique, la qualification en « fraude » permet d’allonger la période pendant laquelle la CAF est susceptible de contraindre l’ allocataire à restituer les sommes réclamées.

Au-delà des quelques histoires mentionnées, les situations décrites ici sont très fréquentes, se répètent parfois et se produisent à grande échelle. Des allocataires se saisissent des voies de contestation possibles (commission interne, procédure au tribunal administratif, appel à un avocat…). Mais face aux difficultés pour trouver des façons efficaces de se défendre, et face aux obstacles que la CAF amplifie volontairement, le refus de l’isolement et le choix de se faire accompagner par une personne ou par un collectif permet d’obtenir des réponses plus précises et aide souvent à mener ces contestations jusqu’ au bout et donc, à pouvoir obtenir gain de cause, partiellement ou totalement.

Stop contrôles

Rencontrons-nous, Entraidons-nous, Organisons-nous!

Coordination Autonome de Brest Contact : ag-rsa-francetravail-brest@riseup.net

MENACE DE FERMETURE DE L’INSPE DE ST DENIS

Le site de l’INSPE (Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation) de Saint-Denis assure des formations à l’enseignement second degré, professionnel, technologique et général. C’est un site historique et emblématique issu de l’ENNA (École normale Nationale d’Apprentissage) créée en 1945. Il assure une mission de service public d’enseignement et de formation des enseignants unique dans toute l’Île-de-France, en particulier dans le domaine de l’enseignement professionnel et technologique. Il est associé à un lycée d’application. Il dépend aujourd’hui de l’UPEC (Université Paris Est Créteil).

Alors que la formation professionnelle et des enseignants est un enjeu central pour l’avenir de l’école publique, particulièrement en Seine-Saint-Denis, dans l’Académie de Créteil et en Île-de-France, la présidence de l’UPEC a décidé la fermeture de ce site pour juillet 2026, sans aucune expertise financière, technique et juridique.

C’est pour lutter contre cette menace de fermeture, que se tenait ce 14 mai 2025, une journée de mobilisation sur le site de l’INSPE de Saint-Denis et dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute du reportage réalisé sur cette journée. Nous entendrons les diverses interventions qui se sont tenues sur le site de Saint-Denis, sur le parvis de la mairie et nous terminerons avec un entretien réalisé avec des enseignantes et syndicalistes de l’INSPE.

Gréve au Carrefour de Villeneuve / Conférence de presse La poste

En 2024, carrefour recrute des sans-papiers en situation irrégulière. À l’embauche, la direction leur avait promis un contrat à durée indéterminé, pour finalement, leur demander d’apporter une fausse carte d’identité afin de signer un contrat à durée déterminer de six mois. Ses mêmes employés du magasin de Villeneuve-la-Garenne ont donc dénoncé des pressions et un « racket » de leur hiérarchie et ont été licenciés. Pour ne pas en rester là, les salariés ont décidé de se mettre en gréve et ont appelé à un rassemblement le mercredi 21 mai 2025 devant l’entrée du carrefour et c’est le reportage que nous vous proposons en première partie d’émission. Le vendredi 23 mai, nous apprenions que les salariés et anciens salariés sans papiers du magasin carrefour, Villeneuve-la-Garenne, avait obtenus gain de cause. Ou du moins des promesses d’embauches et des CERFA et cela devrait être régulé d’ici à la fin de ce mois de mai 2025.

Dans la seconde partie de l’émission, nous reviendrons sur la répression syndicale à la poste en vous diffusant la conférence de presse du 15 mai 2025 qui se tenait, devant le siège du groupe la Poste, dans le 15e arrondissement de Paris, pour dénoncer les atteintes à la lutte syndicale au sein du groupe la poste. En effet, le 12 juin prochain, 5 syndicalistes et ex-syndicalistes de SUD PTT 92 prochain passeront au tribunal de Nanterre pour ” violation de domicile” sachant que le domicile étant le siège de leur entreprise, soit La Poste, et que les faits date de plus d’une décennie. Cette procédure judiciaire témoigne d’une guérilla judiciaire entre le patronat et des syndicalistes de luttes.

” QUE VIVENT LES LIBERTES ASSOCIATIVES” : le C.E.R

Menaces de dissolutions, coupes budgétaires, contrat d’engagement républicain, la loi sur le séparatisme attaque l’ensemble du monde associatif. Aujourd’hui, nous vous diffusons le montage que nous avons réalisé de la première table ronde “encaisser et répliquer au contrat d’engagement républicain” enregistrée lors de la soirée du 3 avril 2025 “Que vivent les libertés associatives !” . Cet événement était organisé par L.A. Coalition, l’Institut Alinsky, le Collectif des Associations Citoyennes, la Coordination Pas Sans Nous, et l’Observatoire des libertés associatives. Vous pourrez entendre les témoignages des associations : ASTI du Petit Quevilly; Action Justice Climat – Rhône; La compagnie Arlette Moreau; et Canal Ti Zef.

Révoltes à Argenteuil : la parole des habitants

Lors du mois de Mars dernier, une semaine de révoltes s’est déroulée à Argenteuil impliquant la jeunesse de cette ville et le déploiement d’une diversité de brigades policières, pour finir par l’intervention de la CRS 8 et la menace par la préfecture de l’expulsion des logements sociaux des familles dont l’un des membres serait arrêtés.

Les médias et la préfecture ont expliqué ces événements par des affrontements entre “bandes organisées” et le problème des “rodéos urbains”. De notre côté, en discutant avec la jeunesse et les habitants de la ville, ceux là nous ont décrit des provocations multiples de la part de la police et une impossibilité de rentrer en contact avec les services de la villes. Or, Argenteuil c’est la ville d’Ali Ziri, mort des suites de son interpellation policière en juin 2009. Mais c’est aussi la ville de Sabri, un jeune de 18 ans, mort dans des circonstances troubles en deux roues en mai 2020, dans lesquels la police est suspectée. Alors, nous avons passé quelques jours dans la Maison pour Tous qui se trouve sur la Dalle d’ Argenteuil afin de produire une émission de radio avec des jeunes de la ville intitulé ” Lumière sociale” qui permettent de recueillir la parole des habitants et d’éclairer autrement le contexte dans lequel ces révoltes ont eues lieux.

relaxe judiciaire pour Siham Touzi ex infirmière en ephad /pas d’extradition pour Gino

Dessin réalisé par SoSkuld (soskuld.com)

Dans l’émission de ce jour, nous revenons sur deux procès à teneur social et de lutte antifasciste.

Dans cette première partie, nous nous rendons au tribunal de Pontoise, ou fût jugé Siham Touzi, ex-infirmière de l’Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) du château de Neuville et gréviste avec d’autres collègues dans cet établissement pendant 133 jours en janvier 2022 et Eugénie Barbezat, journaliste, elles furent poursuivies par l’ex-direction de l’Ehpad pour diffamation. Nous entendrons les différentes séquences du procès 6 février et du délibéré du 3 avril 2025.

Nous poursuivons, avec le procès et le délibéré pour Gino, militant antifasciste et menacé d’extradition en Hongrie. Procès et délibéré qui se sont tenu le 12 mars et le 9 avril 2025. Nous entendrons les interventions de Gino, de ses avocats et de l’un de ses soutiens.

Face à l’absence évidente d’éléments qui pouvait justifier l’extradition de Gino, ainsi qu’aux risques majeurs pour sa sécurité que représentait une détention et un procès en Hongrie, il appartenait à la justice française de prouver sa capacité à prendre la bonne décision. Après la décision positive prise par la Cour d’appel de Paris concernant sa libération, elle devait également refuser son extradition.

Au-delà du cas de Gino, de nombreux.Ses militant.e.s sont victimes de la répression en raison de leurs idées politiques. C’est le cas pour les militant.e.s antifascistes, mais c’est aussi le cas pour les militant.e.s pro-Palestine, écologistes, et contre les violences policières.

Mobilisation étudiante

Depuis plusieurs mois des mobilisation se déroulent dans les universités de France contre les coupes budgétaires décidées par le gouvernement. Pour revenir sur ce sujet, nous vous diffusons aujourd’hui deux reportages. Le premier à été réalisé au début du mois de mars à l’occasion des premiers appels unitaire à la mobilisation. le deuxième, lui a été réalisé lors de la mobilisation de la journée du 3 avril 2025.

LA SANTÉ N’EST PAS À VENDRE

Les attaques sur le secteur de la santé, se font de plus en plus prégnante et dans l’émission de ce jour, nous vous en donnons deux exemples.

Nous commençons par Paris. Le mardi 25 mars 2025, se tenait un nouveau rassemblement pour interpeller le ministre de la Santé afin qu’il stoppe la fermeture de près de la moitié des services du centre de santé Stalingrad, situé dans le 19ᵉ arrondissement, officiellement classé “zone sous-médicalisée”. Ce centre médical de proximité ne demande pas d’avance de frais et ne pratique aucun dépassement d’honoraires.

Dans ce reportage, nous entendrons les prises de parole et un entretien réalisé avec une patiente et ancienne salariée du centre.

Dans la suite de cette émission, nous élargirons la focale, en parlant de la situation sur l’ensemble du pays, avec le Tour de France pour la santé qui appelait à un rassemblement débat place de la République ce samedi 5 avril 2025 en lien avec la Journée mondiale de la Santé du 7 avril. Dans ce reportage, nous allons entendre quelques prises de parole de ce rassemblement.

L’austérité tue… notre santé, nos urgences, notre accès à un médecin, nos maternités et nos centres d’IVG, nos hôpitaux, l’accompagnement social, notre Sécu ! Place à la santé. Contre une politique irresponsable qui met en danger notre santé.
Pour des services de santé et des services sociaux solidaires !

LE BUSINESS DES FORMATIONS A FRANCE TRAVAIL

Dans l’émission de ce 4 avril 2025, nous recevions en plateau, Victoire, membre de la CGT chômeur et précaire, qui a fait un point sur le fonctionnement de France Travail. Nous étions également en compagnie de Valérie et Isabelle, qui ont parlé de leur mésaventure suite à une formation pour obtenir, notamment, le titre professionnel de secrétaire assistante médico-social. Une « préparation opérationnelle à l’emploi individuelle » (POEI) avec embauche à la clé d’après France travail.

Un rassemblement devant la direction régionale Île-de-France de France Travail avec le soutien de la CGT chômeurs était organisé jeudi 3 avril. Une formation était dispensée par l’organisme privé Ideko Formation, permettant un financement par France Travail de 8 900 euros par stagiaire, à condition que cette préparation donne lieu à une embauche immédiate. La formation, censée durer six mois, a été financée pour deux mois seulement, ce qui a entraîné le non-paiement des indemnités durant toute la période de la formation, les entreprises partenaires censées embaucher les stagiaires se sont révélées inexistantes et enfin les modules pour passer le titre professionnel n’ont pas été assurés (pas de plateau technique…).

Le remplacement d’un dispositif par un autre pour assurer le financement suite lien ci-contre /DOSSIER-DE-PRESSE-CGT-CHOMEURS-3-AVRIL

MOUVEMENT DE GRÉVE DANS LE SECTEUR DE LA CULTURE

Mobilisé depuis plus d’un mois, Cultures en lutte est un mouvement inscrit dans une lutte nationale qui regroupe les travailleur.euses de la culture. En Île-de-France, l’organisation du mouvement se décide, en assemblées générales réunissant, chaque semaine de plus en plus de gens issus de la société civile et des syndicats de l’art et du spectacle.

Face aux attaques répétées contre la culture – coupes budgétaires massives des subventions territoriales et de l’audiovisuel public, gel du Pass culture, précarisation des conditions de travail, RSA conditionné à 15h hebdomadaires…

Par ces actions, des rendez-vous ont pu être obtenus avec le ministère de la Culture pour faire entendre les revendications, mais ils n’ont abouti à aucun engagement concret. C’est pourquoi, ce 20 mars 2025, un appel a une journée de grève et de mobilisation a eu lieu.

Dans l’émission de ce jour, nous serons dans cette manifestation, qui allait de la place de la bastille jusqu’au ministère de la Culture et avec une action d’occupation du centre Beaubourg en début de soirée.

Luttes contre la transformation urbaine à St denis


Le samedi 1er mars, la municipalité de Saint-Denis, inaugurait la place Jean Jaurès. Cette place centrale où se tenait depuis longtemps le marché de cette ville que la municipalité a décidé de le déplacé. Lors de cette cérémonie, des collectifs de luttes, se sont rappelés, au bon souvenir de la municipalité. A cette occasion nous vaon pu réaliser un reportage avec certain d’entre eux, entre autres, le collectif pour le bus en centre-ville, le collectif droit aux étrangers et étrangères.


Plus tard dans cette journée de samedi, se tenait une réunion publique du collectif ilot 8 en péril. Le collectif de l’îlot 8 a déposé en décembre 2023 un recours devant le
tribunal administratif contre la convention signée avec l’ANRU par la ville de
Saint-Denis, l’EPT Plaine Commune et les bailleurs du territoire, sur le projet de
rénovation du centre-ville. Ce recours porte sur le projet de résidentialisation des îlots de la ZAC Basilique qui va impacter durablement les locataires qui l’habitent : destruction des passerelles, destruction des escaliers publics, suppression de la dalle
faisant le lien entre les îlots, 9, 8, 4, suppression des services sur la dalle tels la
crèche, le centre de radiologie, Objectif emploi, la Maison Jaune…, privatisation
et végétalisation des espaces sur dalle avec hausse des charges dues au
transfert de l’entretien et de la maintenance vers les locataires.

Dans cette émission vous pourrez donc entendre dans un premier temps le reportage réalisé lors de la cérémonie d’inauguration de la place Jean Jaurès, puis dans un second temps, une partie des interventions réalisées lors de la réunion publique avec le collectif de l’ilot 8.

Cultures en Lutte : Appel à la mobilisation du 17 au 20 Mars

Mobilisé depuis plus d’un mois, Cultures en lutte est un mouvement inscrit dans une lutte nationale, qui regroupe les travailleur.euses de la culture. Face aux attaques répétées contre la culture, coupe budgétaires massives des subventions territoriales et de l’audiovisuel public, gel du pass culture, précarisation des conditions de travail, RSA conditionné à 15h hebdomadaires… nous nous mobilisons pour défendre nos métiers et l’importance vitale de la culture dans notre société.

En appel à une première semaine de mobilisation du 17 au 20 Mars avec une manifestation jeudi 20 Mars à 14h devant l’opéra Bastille, nous vous diffusons aujourd’hui le montage d’une partie des prises de paroles réalisée lors de leur assemblée générale du mardi 12 mars 2025.

Les comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité

La Coordination des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité @CoordNatComitesHopitaux est une association pluraliste regroupant des citoyen.ne.s, usager.e.s, élu.e.s, professionnel.le.s de la santé dans des collectifs ou comités locaux ou départementaux pour un égal accès de toutes et tous à la prévention, aux soins, à la santé, sans frein de quelque sorte, que ce soit géographique, financier, culturel, de genre, et d’origine. Elle s’est créée officiellement aux rencontres de Saint-Affrique des 3 & 4 avril 2004 et comprend plus de 70 groupes ou comités adhérents, présents sur toute la France.
Dans la diversité de ses comités, son but est d’agir :

  • pour une réponse de qualité aux besoins de santé de la population garantissant une égalité d’accès à tous et toutes, en tout point du territoire sans discrimination.
  • pour le rétablissement, le maintien, l’amélioration et le développement des structures hospitalières de proximité dans le cadre du service public et d’un aménagement égalitaire du territoire.
  • pour le maintien, l’amélioration et le développement du maillage des soins de premier recours au plus près de la population.
    La Coordination Nationale permet la mutualisation des expériences, des savoirs et des savoir-faire et l’action juridique.
    Tout en respectant l’autonomie et la liberté de chaque comité, la Coordination Nationale permet à ses adhérents, à l’occasion de Rencontres Nationales, de se former, de mener une réflexion collective et d’émettre des avis et des propositions sur la politique générale de santé, son financement et ses déclinaisons dans les territoires et bassins de vie. Elle produit à cet effet un bulletin hebdomadaire d’information qui revient sur les luttes menées et qui permet de coordonner et d’échanger au sujet des actions a mener dans le domaine de la santé.

Le 1er février la coordination participé aux rencontre “Convergence Service Publics” qui se déroulait à Montreuil et dont le thème était la Sécurité sociale. C’est suite à cette rencontre que nous avons décidé de revenir avec eux sur leurs actions et leur organisation. Vous entendrez donc dans cette émission Jean, président du collectif de défense ADEMAT dans le pays de Remiremont, Jean Luc militant du collectif nantais pour le droit à la santé et la protection sociale pour toutes et tous, et Guillaume, président d’un collectif à Montargis.

Pour plus d’information : https://coordination-defense-sante.org/bulletin-de-la-semaine/

MAYOTTE ANGLE MORT

Le Dimanche 9 février 2025 avait lieu une soirée de soutien en solidarité avec les personnes les plus durement touchées par “Chido” à Mayotte au DOC
26 Rue du Docteur Potain 75019 Paris, intitulé : Mayotte Angle Mort. Lors de cette soirée organisé dans le cadre des cartes blanches de la Clefs Revival, le film “Malavoune Tango” de Jean-Marc Lacaze était diffusé. Cette projection était d’une discussion débat porté par Solène Dia, Jassem Issouf et Mohamed Nabhane. Iels y présenteront leurs expériences à Mayotte et discuteront des rapports entre Mayotte à l’État français, de la violence administrative et politique que connaissent les personnes considérées comme étrangères à Mayotte, et de la situation spécifique des personnes mineures sur l’île. Tout les fonds des entrées et du bar était reversés à l’association Kaja Kaona venant en aide à la population du village de Tsoundzou.

Dans cette émission, nous vous diffusons les enregistrements réalisés lors de cette soirée.

Conférence de presse avant le passage au tribunal administratif – occupation de la gaité lyrique

Dans cette émission, nous allons vous faire entendre la conférence de presse qui se tenait au théâtre de la Gaîté Lyrique, occupé par le collectif des jeunes mineurs isolés du parc de Belleville, connu plus communément sous le nom du collectif des jeunes du parc de Belleville. En effet, suite à une occupation depuis le 18 décembre afin d’interpeller les pouvoirs publiques sur leur situation, la mairie de Paris convoquait pour comparaître en audience le vendredi 7 février au Tribunal Administratif de Paris le collectif 20e Solidaires, un soutien des occupants, en vue de l’expulsion du théâtre, en lieu et place du collectif des jeunes du parc de Belleville, pourtant les premiers concernés et indéniablement un acteur politique. Cette convocation intervenait par ailleurs dans un contexte de menace par l’extrême-droite, puisque le matin du 9 février, 45 militants de Reconquête étaient venus provoquer les occupants. Ils ont été tenu écarté à Strasbourg Saint-Denis avec l’interdiction de tracter.

Mise à jour :

Rendez-vous samedi 15 février à 16h devant la Gaîté Lyrique occupée pour une manifestation.

“Cette semaine nous recevons la décision de la juge. Nous appelons à une grand mobilisation ce samedi pour montrer que peu importe la décision, peu importe les provocations des fascistes à nos portes : la rue est à nous et on va gagner! Nous avons besoin de soutiens encore plus nombreuxses que vendredi dernier au Tribunal Administratif!”
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Assemblée populaire de défense de la sécurité sociale

Dans cette émission, nous vous donnons à entendre des morceaux choisis d’une discussion qui se tenait dans le cadre d’une première assemblée populaire portant sur la défense de la sécurité sociale, le mardi 28 janvier 2025 à la bourse du travail de Paris. Cette assemblée était appelée par plusieurs groupes : le Conseil National de la Nouvelle Résistance, par Ne tournons pas la page, et par l’assemblée des gilets jaunes de Paris Sud et Belleville ; avec l’idée de se réapproprier la sécurité sociale, de la défendre, et d’être offensif pour faire advenir un autre monde possible.

Gréve aux dépôts de bus de Saint-Ouen-l’Aumône/ La loi “plein emploi”

Depuis le 7 novembre, les conducteurs de bus du dépôt de bus de Saint- Ouen-l’ Aumône sont en grève pour protester contre la dégradation marquée de leurs conditions de travail. Tenu durant 50 ans par la STIVO (Syndicat des Transports Interurbain du Vald’Oise) en association avec la RATP, elle a été reprise en intégralité par cette dernière et ceux en droit privé. Depuis, le climat social est devenue délétère: une partie des primes y ont été supprimé, l’avancement n’ existe plus, l’ensemble des conducteurs quelque soit leur ancienneté est payés au SMIC, et l’amplitude horaire peut allé jusqu’à 14h. Depuis, le début de cette gréve, le réseau est maintenu difficilement par des intérimaires et très peu de bus circulent. Cependant, les quasi 500 conducteurs n’ont pas vu de volonté de négociation de la part de l’employeur. La médiation proposé par les autorités n’est accepté qu’à reculons de la part de RATP DEV. Nous vous diffusons donc dans une première partie d’émission, un entretien réalisé avec l’un des grévistes.

Dans une seconde partie d’émission, nous vous diffusons l’enregistrement du cours mensuel gratuit sur le droit du travail mis en place par l’Association ” Stop précarité” autour de la loi du “plein emploi” avec l’intervention de Luc Chevalier.

EHPAD CHÂTEAU DE NEUVILLE poursuites judiciaires pour diffamation

Le 3 janvier 2022, un mouvement de grève a eu lieu à l’EHPAD-établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes-du château de Neuville à Neuville-sur-Oise dans le Val-d’Oise. Les infirmières de cet établissement, dénoncer alors les mauvaises conditions de travail et la maltraitance envers les personnes âgées. Cet EHPAD était détenu par une famille qui avait déjà plusieurs établissements, notamment dans l’Oise. Cette grève durera 133 jours. Dans ce genre d’établissement, il est difficile de faire respecter le droit syndical. C’est ce qu’a vécu Siham TOUAZI infirmière dans cet EHPAD, pendant 12 ans et déléguée CSE (comité social et économique) et déléguée syndicale CGT. Des intimidations de plus en plus forte sur les grévistes. La direction a usé de toutes les stratégies pour nuire aux grévistes.

Diffusion d’un tract contre les grévistes auprès des habitants de Neuville sur Oise, des mails diffamatoires à destination des familles et du personnel. Une pétition orchestrée par la direction, signée sous la contrainte pour un certain nombre de salariés et affichée à l’entrée de l’établissement au vu de tous.
Des banderoles ont été fabriquées par des non grévistes sous les ordres de la direction et accrochées sur les murs extérieurs de l’EHPAD. Des poursuites ont été engagées pour retirer le mandat DS CGT et une mise en demeure a été adressée par courrier recommandé pour propos diffamatoire.

Siham TOUAZI, quant à elle, se voit signifié quatre mises en examen pour propos diffamatoires. Dans cette affaire, il y a aussi la question de la liberté de la presse. En effet, Eugénie Barbezat, journaliste a L’humanité et animatrice de l’émission Liberté sur parole sur la radio cause commune et également poursuivie pour diffamation lors de propos tenu dans son émission. Siham et Eugénie sont poursuivies pour diffamation par l’ex-direction de l’EHPAD du château de Neuville et le procès se tiendra ce jeudi 6 février 2025 au tribunal de Pontoise.

À quelques jours, du procès, nous recevons dans nos studios, Siham et Eugénie, pour revenir sur cette grève, la détermination avec laquelle elle a été menée et pour qui ce procès sera un moment politique important et doit servir à ce que les citoyens prennent connaissance des politiques mises en œuvre par les EHPAD au détriment de la santé et de la sécurité, mais aussi de la liberté d’expression des travailleuses-travailleurs et de leurs résidents-résidentes.

Sur ce même sujet https://actualitedesluttes.info/emission/ehpad-le-chateau-de-neuville-sur-oise

LE FINANCEMENT DE L’HÔPITAL PUBLIQUE

Le Vendredi 6 décembre avait lieu une conférence autour du financement de l’hôpital public, à la bourse du travail de St denis, organisée par le collectif “égalité santé”. Dans cette émission, nous vous diffusons l’enregistrement du débat dans lequel vous pourrez entendre Olivier Milleron, cardiologue et membre du collectif inter hôpitaux, Claire Plouhinec, fonctionnaire et membre de nos service publics et Yasmina Kettal, infirmière et membre du collectif égalité santé.