JO 2024 : écologie et grennwashing olympique

Télécharger

Saccage 2024 rassemble des collectifs et des associations de Seine-Saint-Denis et de ses alentours qui défendent leurs espaces de vie menacés par la préparation et la tenue des Jeux Olympiques.

À cette occasion, étaient présents d’autres collectifs dont certains d’entre eux avaient fait le déplacement depuis l’international, tels que Rio OnWatch, NOlympia Hamburg, NOlympics LOS ANGELES, STOP JJOO pour Barcelone et les Pyrénées, mais aussi La Quadrature du Net, le Collectif de défense des Jardins d’Aubervilliers et Pleyel à Venir pour la France.

(Extrait du texte d’appel de la Rencontre internationale anti-Olympique)

« Des camarades du monde entier viendront à Paris parce que notre indignation est trop lourde à porter seul·es dans chaque ville. Certain·es D’entre nous ont perdu leur maison, leurs moyens de subsistance, leur communauté, leurs droits. Nous nous réunissons à Paris, car nous avons besoin d’écouter l’expérience des autres pour être mieux armé·es pour l’avenir. »

Le samedi 21 mai, avec des délégations internationales et toutes les personnes qui le souhaitent, nous nous retrouverons à l’Université Paris 8 Saint-Denis pour échanger sur les dégâts et les effets des Jeux Olympiques dans nos pays respectifs. Mais aussi pour organiser une lutte contre l’olympisme à l’échelle internationale.

Des anti-JO japonais, anglais, allemands, États-uniens, catalans et français seront présents·es, car nous ne pouvons pas continuer à lutter chacun de son côté sans s’enrichir des expériences de nos amis·es.
Toutes les personnes qui se posent des questions sur les Jeux Olympiques, ou plus spécifiquement sur Paris 2024 sont bienvenues. C’est une rencontre ouverte à toutes et tous ! »

Le thème de La première session du 21 mai 2022, que nous entendront dans cette émission, était : Saccage écologique et greenwashing olympique : peut-on empêcher les prochains « Jeux les plus verts de l’histoire » ?

On ne pouvait pas finir sans évoquer les incidents qui ont eu lieux au stade de France, lors de la finale de la Ligue des Champions entre les équipes de Liverpool et du Real Madrid, le samedi 4 juin. Le match devait être organisé à l’origine en Ukraine, mais a été transféré en France. L’organisation ainsi que la gestion de cet événement, disons-le, y a été déplorable, suscitant une indignation internationale. La foule a été compactée, attendant sans informations, avant de se retrouver gazée, matraquée par les forces de l’ordre. Les supporters ont pu se faire une idée précise de la gestion de foule à la Française.

Pour se couvrir, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, suivi par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, ont évoqué des falsifications massives de billets, des hordes de jeunes de banlieues déferlant sur le stade et même une grève du RER B Comme à leur habitude, l’État français a désigné leurs éternels coupables alors que sa responsabilité dans l’organisation puis la gestion de cet événement sportif est patente. Cela laisse présager du pire pour les jeux olympiques de 2024.

UKRAINE : Semaine de solidarité avec la résistance ukrainienne

Télécharger

Aujourd’hui dans cette émission du 1ᵉʳ juin, nous vous diffusons une rencontre qui avait lieu à la Brèche, librairie du NPA le 18 mai 2022, a l’occasion d’une semaine de solidarité avec la résistance ukrainienne.

Vous pourrez entendre Gilbert Achkar ( universitaire) revenir sur le contexte historique et internationale du déclenchement de l’invasion et notamment de la responsabilité de l’OTAN. Devis Forbach chercheur franco-Ukrainien revenir sur l’histoire récente de la construction d’un état Ukrainien et Daria Saburova chercheuse franco-Ukrainienne nous faire le retour du voyage d’une délégation international s’étant rendu sur place au début du mois de mai.

À ce sujet, nous diffusons un rapide compte rendu effectué à la suite de ce voyage : 

Une délégation de 26 participantEs de dix pays européens s’est rendue en Ukraine du 3 au 6 mai à la rencontre du mouvement social, féministe et syndical d’Ukraine et en coordination avec le Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine. Deux des participantEs français, Laurence Boffet et Roland Mérieux, en ont fait un court compte rendu.


Nous sommes arrivés à Lviv hier après-midi. Laurence Boffet ainsi que les parlementaires présents dans la délégation ont rencontré le parti Razem (gauche radicale polonaise, environ 7 % des voix aux dernières élections législatives, six députés) puis des associations qui tiennent une maison des solidarités à la frontière polonaise. Ensuite, nous avons rencontré des humanitaires polonais (anciens musiciens, organisateurs de festivals reconvertis en convoyeurs de tout, médicaments, repas, réfugiés).

Deuxième journée à Lviv Ce jeudi 5, en lien avec les camarades de Sotsialnyi Rukh [Mouvement social] qui militent pour un socialisme démocratique, nous rencontrerons, aujourd’hui et demain, des représentants syndicaux (en particulier du rail, services publics, santé, mineurs), des militants écologistes, féministes, LGBTQ+.

La matinée a été consacrée à une rencontre avec les responsables de Sotsialnyi Rukh. Ils nous ont présenté leurs activités, notamment sur les questions sociales et démocratiques que leur mouvement tente de mettre en œuvre et leur vision de la situation politique dans leur pays en état de guerre (soutien au président Zelensky et son gouvernement, bien que très critiques sur les questions sociales et écologiques).

Une déclaration commune est en cours de rédaction reprenant les larges convergences évoquées toute la matinée, déclaration proche de celle du texte du Réseau européen de solidarité à l’Ukraine avec un point complémentaire majeur pour eux, l’adhésion rapide de l’Ukraine à l’UE.

L’après-midi a été consacré à des échanges avec les syndicats ukrainiens, qui se retrouvent essentiellement dans deux grandes confédérations (la Confédération des syndicats et la Confédération des syndicats libres). Étaient présentEs des représentantEs de différents secteurs d’activité (construction, transports, santé), ainsi qu’un syndicat nouveau et indépendant des deux confédérations qui défend les travailleurs pauvres de la santé, des mines et de l’énergie (nucléaire). Nous avons eu une description détaillée des luttes sociales avant la guerre pour les hausses de salaires, contre les conséquences du néolibéralisme sur les secteurs publics ou la santé, qui nous ont rappelé les nôtres…

Aujourd’hui, les syndicats sont tournés vers l’aide concrète aux travailleurs ukrainiens victimes de la dérégulation en ces temps de guerre (licenciements, non-paiement des salaires, voire travail gratuit, maintien de la sécurité et des infra­structures dans les transports ou le nucléaire). La question écologique a aussi été abordée par certains syndicats.

Troisième jour, rencontres avec des mouvements féministes, écologiques, de solidarité et libertaires. Dès le matin, une première réunion s’est tenue entre les femmes de la délégation européenne et des représentantes de trois organisations ukrainiennes féministes, intersectionnelles, LGBT. Un groupe de travail spécifique sur ces questions démarre dans le Réseau européen en lien avec ces groupes féministes.

Ces groupes se focalisent en particulier sur l’aide aux femmes qui ont besoin de soutien immédiat sur le plan financier, psychologique, mais aussi politique. Plusieurs contacts très concrets ont été pris lors de cette rencontre pouvant permettre ultérieurement de créer des ponts avec les Ukrainiennes de Lyon, mais aussi avec des mouvements féministes (au plan national) qui voudront les aider. La matinée s’est poursuivie avec la présentation des actions de ces mouvements féministes et d’entraide entre femmes.

Plusieurs centaines de milliers de femmes se retrouvent seules avec leurs enfants, avec ou sans travail, exilées en Pologne ou déplacées dans leur propre pays ; elles ont besoin d’une prise en charge au niveau de l’éducation des enfants, du travail, un logement, des soins médicaux ainsi que d’accès à l’avortement, que ce soit en Pologne, qui l’interdit, mais aussi en Ukraine, où c’est autorisé, mais aujourd’hui de plus en plus difficile à mettre en œuvre.

Au cours de l’après-midi, d’autres présentations ont été faites par des représentants de mouvements écologistes, qui sont favorables aux sanctions et qui se concentrent en particulier sur une demande d’embargo du pétrole et du gaz russes, en exigeant qu’ils ne soient pas remplacés par d’autres énergies fossiles. Un appel en ce sens est en train de circuler auprès des parlementaires du monde entier […].

Une représentante d’un mouvement LGBTQ a décrit les actions de solidarité qu’ils et elles ont mis en place pour tous et toutes à partir d’une coopérative qu’ils et elles géraient déjà avant la guerre. Selon elles et eux, une des justifications de la guerre avancée par les Russes est la défense des valeurs traditionnelles chrétiennes et par conséquent la lutte contre la domination LGBT sur l’Ukraine comme sur l’ensemble de l’Europe ; Zelensky étant « accusé » d’être gay ! Par ailleurs, la société ukrainienne est assez conservatrice et la guerre renforce les valeurs « viriles ». Ce collectif défend la visibilité de la communauté LGBTQ, y compris dans l’armée, travaille au consensus et prône une démarche non violente.

Troisième jour, suites, Un représentant des droits des Rroms est également intervenu. Leur mouvement est très structuré, car les Rroms d’Ukraine sont parmi les plus discriminéEs d’Europe. Leur défense avait démarré bien avant la guerre. Ils profitent du fait que l’Ukraine demande son adhésion rapide à l’UE pour exiger l’accélération de l’agenda 2021-2030 qui prévoit une amélioration du traitement du peuple rrom demandée par l’Europe à tous les pays membres.

Les associations rroms disposaient déjà avant la guerre de réseaux européens efficaces qu’ils mettent aujourd’hui à disposition de l’ensemble des UkrainienEs. Malgré le racisme, leur représentant reconnaît que l’aide spontanée des UkrainienEs a concerné aussi les Rroms ; des cas de maltraitance policière, comme à Lviv, ont été signalés. Dans cette ville, un cas de violence policière médiatisé a été utilisé par les Russes pour faire croire à des attaques envers les russophones d’Ukraine !

D’autres actions humanitaires ont également été présentées en association avec les mouvements libertaires. Ces réseaux sont a priori efficaces en termes de logistique de l’ouest vers l’est de l’Ukraine, mais aussi dans les zones sous occupation ou les zones de guerre. Partout ailleurs, ils proposent des abris, des hébergements, des lieux de stockage.

Des actions du côté de la défense territoriale ukrainienne sont également prises en charge par ces mouvements. Ils demandent des soutiens financiers, mais aussi de l’aide pour le soutien psychologique et pour répondre aux revendications des femmes qui peuvent aussi être ­réalisées depuis l’étranger.

Une représentante de ces mouvements nous a expliqué la question des trafics d’êtres humains, dans le cadre du travail forcé ou de l’exploitation sexuelle. L’Ukraine était déjà une grande pourvoyeuse de travail forcé, cela, c’est bien sûr renforcé depuis le début du conflit. […]

En conclusion de ces deux journées, une déclaration commune a été proposée par Vitalii Dudin au nom de Sotsialnyi Rukh, que nous avons adoptée.

SEMAINE ANTICOLONIALE ET ANTIRACISTE 2022

Télécharger

La Semaine Anticoloniale existe depuis 2006 au sein du réseau Sortir du Colonialisme, né suite à la mobilisation contre la loi du 23 février 2005 qui prétendait que la colonisation avait eu des aspects positifs. Le réseau avait pris une grande ampleur et regroupait horizontalement une cinquantaine d’associations et d’organisations à l’échelle nationale et internationale. Le salon anticolonial était devenu un carrefour au sein du combat anticolonialiste et antiraciste. Il représente un moment de rencontre important et permet de donner la parole à celles et ceux qui en sont privé·e·s tout au long de l’année, à celles et ceux aussi que le capitalisme et l’impérialisme veulent faire taire.

Durant un week-end, des débats côtoient des projections de films, des présentations d’ouvrages et des expositions, en invitant auteurs, réalisateurs et militants autour des différents stands de collectifs impliqués dans ces luttes. En 2019, la perte d’une membre importante et la situation sanitaire ont affecté profondément le réseau et ses activités. Grâce à la restructuration récente, avec un nouveau comité d’organisation, le Salon Anticolonial va enfin reprendre forme et l’évènement sera organisé pleinement, en présentiel. Rassembleur comme toujours et au cœur de nos combats plus que jamais d’actualité. »

Cette année, la semaine se tenait du 12 au 13 mars 2022 à la parole errante à Montreuil. Quelles alternatives face à l’inaction de la France et de la communauté internationale ?

Organisé par la Plateforme pour la Solidarité avec le peuple du Sahara Occidental,
CSIA (Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques), CSPB (Comité de
Solidarité avec le Peuple Basque).
Avec : Gilles Devers (avocat), Mohamed Sidati (représentant en France du Front
Polisario), Rock Haocas (responsable des relations internationales du Parti travailliste de Kanaky), Mohamed Nabhane (CDISCOM – Comores) et Pablo pour le pays Basques.

Dans cette émission, nous diffusons la présentation qui a été faite lors de la semaine anticoloniale et antiraciste sur les alternatives pour les peuples en lutte pour leur auto-détermination face à l’inaction de la France et de la communauté internationale. Les limites se retrouvent au niveau du droit auprès des nations unis et au niveau du droit international. Mais au-delà des limites que pose le recours au droit, les peuples continuent de lutter pour leur liberté.

Cette présentation était assurée par Gilles Devers qui est avocat du droit international qui a notamment travaillé sur la Palestine et le Sahara occidental.

8 mars : Les Peuples Veulent ! 3.0 /L’INTERNATIONALE FÉMINISTE

Télécharger

Du 12 au 14 novembre 2021 avaient lieu Les rencontres internationalistes « Les Peuples Veulent” pour une troisième édition à l’espace AERI 57 rue Etienne Marcel à Montreuil.

Des activistes du monde entier étaient attendu.e.s en novembre à Montreuil pour nous raconter leurs expériences, partager leurs idées, analyses et espoirs. Cette édition comprenait trois thèmes : Internationalismes d’hier et de demain/ Les voies du changement/ L’internationale Féministe. Tout au long de l’événement, un plateau radio organisé par FPP permettait de discuter et de présenter chacun.e.s de nos invité.e.s plus en détail.

Ainsi pour cette journée internationale de lutte pour le droit des femmes, nous décidons de vous diffuser deux montages. Tout d’abord un plateau radio réalisé avec la Coordinadora Feminista 8M (Chili). Ensuite, nous vous diffuserons la première partie du débat organisé lors de cet événement sur l’Internationale Féministe.

La vague de révolte féministe ne cesse de grossir dans le monde entier. Ces dernières années les combats féministes n’ont cessé de bouleverser l’ordre établi et d’imaginer un futur plus égalitaire pour toutes et tous.

Alors que certaines revendications sont parfois spécifiques aux contextes locaux, il existe plus que des résonances entre les luttes féministes en Amérique Latine, en Europe, au Moyen-Orient ou ailleurs. Ces mobilisations et la circulations des outils, des idées et des formes d’actions peuvent être comprises comme une expérience collective, à la fois locale et transnationale.

Ainsi, l’internationale féministe, ne serait-il pas une hypothèse révolutionnaire à part entier ?

Avec la Coordinadora Feminista 8M (Chili), Roula Seghaier (Liban, Tunisie), Arya Thomas (Inde), Somayeh Rostampour du Collectif98 (Kurdistan, Iran), Louise des Bombes Atomiques à Bure (France) – Syrian Feminist Society (Syrie) par zoom.

Vous pourrez retrouver l’ensemble du débat sur la chaine youtube de la cantine syrienne : https://www.youtube.com/channel/UC6mrrpePlPS8w6VhEgieyPQ

COLOMBIE : une révolte qui appelle à la solidarité internationale / LE HAUT-KARABAGH

Télécharger

Paris place de la république 8 mai 2021 ; rassemblement de soutien au peuple Colombien

En Colombie, la situation est aussi glaçante que le silence qu’elle trouve à l’international, et particulièrement en France.

Depuis le 28 avril, le mouvement de Paro nacional s’élève contre la réforme fiscale du gouvernement d’extrême droite de Iván Duque. Au milieu du pic le plus meurtrier de l’épidémie, le gouvernement pensait pouvoir mobiliser l’argument sanitaire pour délégitimer et empêcher les manifestations. La réforme visait à taxer les plus pauvres à travers l’augmentation de la TVA sur les produits de première nécessité. Avec un système de santé privatisé et une gestion de la crise sanitaire catastrophique, la Colombie est particulièrement touchée par l’épidémie de la Covid-19. Durant la pandémie, la proportion de la population sous le seuil de la pauvreté est passée de 33 à 42%.

En Colombie, la violence politique à l’encontre des opposants, des leaders sociaux et des mouvements sociaux s’inscrit dans une histoire longue et se trouve au cœur du conflit armé. Durant les longues années de guerre contre les guérillas marxistes, l’État colombien, avec l’aide et en partie sous le contrôle des États Unis, a forgé une stratégie militaire particulièrement sanglante. Les groupes paramilitaires d’extrême droite, collaborateurs non officiels de l’État, de l’armée et de la police, ont perpétué des massacres contre les opposants politiques. Ils pratiquent aussi le massacre des civils dans des exécutions extra-judiciaires en les faisant passer pour des soldats des guérillas.

Actuellement, les leaders sociaux, qui luttent pour les droits environnementaux et pour les droits sociaux au sein d’organisations communautaires, dans les zones rurales et dans les quartiers populaires des grandes villes, sont assassinés par des groupes paramilitaires. Les accords de paix de 2016 qui a fait rendre les armes aux FARC sont loin d’être respectés, on recense ainsi plus de 1000 leaders sociaux et ex-combattant·e·s assassiné·e·s depuis leur signature.

Lors des manifestations de 2019, plusieurs manifestant·e·s sont mort·e·s sous les balles de la police.

En septembre 2020, d’énormes révoltes s’étaient organisées à Bogotá en réponse au meurtre de l’avocat Javier Ordóñez par deux policiers.

Mais aujourd’hui, la répression qui s’abat sur le mouvement social est véritablement cauchemardesque et incarne les méthodes d’une dictature paramilitaire qui ne dit pas son nom. Les rapports des organisations de défense des droits humains évoquent au moins 47 morts entre le 28 avril et le 8 mai . Le dimanche 9 mai, la police tire toujours sur les manifestant·e·s à Cali. Et pire, des cortèges de partisant·e·s du parti au pouvoir attaquent le mouvement, tirant sur les cortèges des militant·e·s des organisations indigènes aux côtés et sous la bénédiction de la police.

Dans sa folie répressive, le gouvernement ferme les frontières de certains départements, pour renforcer la militarisation et entraver le travail des ONG qui œuvrent pour le respect les droits humains.

Pour contrer la puissance d’information des réseaux sociaux, ces derniers se trouvent censurés.

Dans le contexte d’une répression extrême, l’État nie les meurtres, et assure tout son soutien à l’armée et à la police. Le gouvernement de Duque, lui-même extrêmement proche de l’ancien président Iván Uribe, mobilise la même rhétorique qui fut employée de nombreuses années contre les guérillas marxistes.

Alors qu’elle se trouve constamment stigmatisée par le discours officiel du gouvernement et dans les médias à travers le terme de « vándalos », la première ligne colombienne fait preuve d’une dignité et d’un courage immenses. La première ligne consiste, sur le même modèle de lutte mobilisé au Chili et dans beaucoup d’autres pays du monde, à former une ligne défensive en tête des cortèges pour protéger les manifestant·e·s, permettre la progression du cortège et faire face aux offensives de la police. Les personnes qui investissent la rue en Colombie luttent au péril de leur vie contre le gouvernement assassin de Iván Duque, avec une détermination et une organisation qui ne peut qu’inspirer les révoltes du monde entier.

Au-delà de la première ligne, il y a dans le mouvement social des milliers de lignes, des milliers d’organisations et de formes de luttes différentes. Le mouvement organise au jour le jour avec des travailleur·euse·s qui mettent à profit leur savoir-faire pour construire du matériel de défense, avec tous les gens qui apportent de la nourriture, qui visibilisent la situation sur les réseaux sociaux, qui filment la police, qui cachent les personnes pourchassées, qui soutiennent le mouvement financièrement, qui chantent depuis leurs fenêtres, ou encore qui s’organisent dans de longues et fatigantes réunions.

La particularité des mobilisations actuelles est qu’elle mobilise largement au-delà des universités et des secteurs en luttes traditionnels. En effet, la réforme fiscale touche tout le monde, et de nombreuses personnes qui d’ordinaire ne se joignent pas aux protestations sont descendues dans la rue. La jeunesse des quartiers populaires joue un rôle clé dans la lutte pour tenir la rue. Même les supporters des clubs de foot adverses, qui s’affrontent d’ordinaire de manière très violente, font face à la police ensemble. La force du mouvement social est qu’il s’est également développé depuis les zones rurales et dans les villages, avec plus de 800 points de concentration dans le pays.

Désormais, les revendications du Paro Nacional se sont élargies. Le mouvement revendique le départ de Duque, du ministre de la défense et de celui de l’intérieur, ainsi que le retrait définitif de la réforme de l’impôt, de la réforme du travail, de celle de la Santé et de la réforme des retraites.

Néanmoins, la Colombie est face à une incertitude extrêmement angoissante. Duque annonce à la télévision qu’il commencera à user de la manière forte si les violences des « vandales » continuent. Pour répondre aux atteintes à l’ordre public, les partisans uribistes lui demandent de déclarer l’état de « conmoción » intérieur, lequel énonce, en réalité, un pouvoir dictatorial à l’exécutif pendant 90 jours. Alors que la situation emprunte déjà largement aux méthodes d’une dictature établie, un tel virage institutionnel pourrait largement empirer la situation vers une répression encore plus cauchemardesque.

La France est le 7ème fournisseur d’armes et de matériel militaire à la Colombie. Si cela n’est pas étonnant, cela révèle la complicité criminelle du gouvernement français.

Nous avons des moyens de témoigner notre solidarité avec les révolté·e·s colombien·ne·s.

Ce weekend a été l’occasion de montrer que la solidarité internationale est à même d’aider un mouvement de révolte. Les rassemblements dans de nombreux pays du monde en soutien à la Colombie, et notamment en France dans plusieurs villes, ont donné beaucoup de force à la mobilisation, qui se sent désormais beaucoup plus soutenue et moins invisible.

Ce texte est tiré d’un article du Poing.

Dans l’émission de ce jour, nous entendrons les entretiens réalisés le 8 mai place de la république a Paris ou se tenait un rassemblement de soutien au peuple Colombien suivit d’un entretien réalisé le 10 mai avec Damien qui se trouve a Cali et il nous parlera de la situation dans la région.

Pour se tenir informé·e·s de la situation sur place, suivre la page Primeralineacol, Brujas: La banda feminista, ou Guarrillerass. Les vidéos des violences policières sont souvent relayées par le compte Laverdadcolombia

Pour consulter le bilan des violences d’État au jour le jour, suivre le compte de l’ONG temblores ou de l’ONG Human Rights Internacional.  Particulièrement à la nuit tombée, les violences physiques, les humiliations et les intimidations sont omniprésentes, avec plus de 1000 civiles blessé·e·s, et notamment 28 personnes mutilées à l’œil[j1]

Le 15 avril se tenait un rassemblement organisé par l’association charjoum ( le mouvement) sur la place de la République. Ils exigent  la libération des prisonniers de guerre arméniens en artsak, ou haut-Karabagh. En effet, depuis la fin de la guerre le 9 novembre 2020, ces prisonniers n’ont pas été libéré et de nouveaux ont été incarcérés.

De plus, ils dénoncent la guerre psychologique que les Arméniens subissent (que ce soit en Arménie même ou dans la diaspora) menée par le pouvoir médiatique azéri afin de faire taire toutes formes de revendications.

Dans cette seconde partie d’émission, nous entendrons deux interviews réalisées lors du rassemblement qui se tenait ce 15 avril 2021.