LES SERVICES PUBLICS : l’école, la santé, la poste

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L’émission de ce jour, reviendra sur les différentes menaces qui pèse sur l’avenir des services publics en France comme en Europe. Pour illustré ce sujet, dans l’émission de ce jour, nous vous proposons trois reportages.

Tout d’abord, la situation à l’école élémentaire pasteur de Saint-Denis

Le 4 avril, 6 des 19 enseignant·es de l’école élémentaire Louis Pasteur
à Saint-Denis ont appris qu’ils et elles allaient subir une mutation «
dans l’intérêt du service », dans les jours à venir.Cette décision des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN 93) est la suite d’une série de maltraitances institutionnelles.

À la rentrée 2021, après une année sans direction d’école où l’équipe a dû porter seule les charges administratives, une nouvelle directrice a été nommée par la direction académique. Très rapidement, celle-ci a mise en place des pratiques managériales allant contre le fonctionnement collectif et coopératif de l’équipe et ne prenant jamais en compte l’intérêt des enfants.

Ils·elles ont appris par la suite que la directrice entretenait des relations avec
l’extrême-droite. Aujourd’hui, l’institution, au lieu de protéger les enseignant·es comme il est de son devoir (les demandes de protection fonctionnelle sont restées sans réponse), les réprime violemment et collabore ainsi avec l’extrême-droite !

En prenant cette décision de muter de force des enseignant·es investi·es
auprès de leurs élèves (certain·es sont en poste depuis plus de dix ans
dans l’école) sous prétexte d’une volonté de retour à la « sérénité de
l’école », l’administration prive les élèves de six classes de leur
maître·sse en plein cours de l’année scolaire et désorganise ainsi le
service public d’éducation.

Les enseignant·es de l’école, les parents d’élèves et plusieurs syndicats du 93 appelaient à un rassemblement en soutien aux “6 de Pasteur” le 12 avril dernier devant la DSDEN à Bobigny.”

L’équipe de l’actualité des luttes, se trouvait dans le rassemblement et nous pourront entendre les différentes prises de parole et une interview réalisée avec une enseignante qui nous parle de la situation à Louis Pasteur.

LE 7 AVRIL 2022, Le collectif notre santé en danger, le collectif inter-Urgences, le collectif Stop aux brevets-Réquisitions et le Réseau Santé européens organisaient une manifestation, à l’occasion de la journée mondiale de la Santé, pour interpeler le gouvernement français sur la situation du secteur de la Santé, en France et en Europe.

Dans ce second reportage, nous vous diffusions les entretiens réalisés avec des syndicalistes Belges, majoritairement présent dans le cortège parisien et il nous parle de la situation du secteur de la santé et des services publics en Belgique.
À signaler la faible participation des confédérations syndicales française dans la manifestation parisienne.

Nous terminerons cette émission sur le droit syndical à la poste et pour cela nous nous rendrons à Issy-Les-Moulineaux, ou Le 28 mars dernier était organisé un rassemblement de soutien à Xavier, postier syndicaliste à SUD PTT 92, pourtant protégé, convoqué pour son Entretien Préalable a Licenciement pour prises de parole et activité syndicale.

GUERRE EN UKRAINE

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Pour commencer à aborder cette question, nous avons décidé de commencer par vous diffuser un reportage réalisé le dimanche 6 mars 2022 derniers à la cantine des Pyrénées, 77 rue de la mare à Paris, organisé par le collectif des russophones contre la guerre, en soutien à un bataillon anarchiste résistant en Ukraine.

Nous vous diffuserons donc un reportage réalisé avec deux étudiantes russes et deux réfugiés politiques russes,et une partie de la discussion qui a eu lieu dans la cantine lors du repas de l’événement.

Nous avons aussi décidé afin d’encadrer ce reportage de deux lectures d’extraits de textes. Le premier est un texte qui a été composé collectivement par plusieurs activistes anti-autoritaires d’Ukraine. Ils ne représentent aucune organisation, mais s’étaient réuni·es pour écrire ce texte et de se préparer à une éventuelle guerre. En effet, ce texte à été initialement publié le 15 février sur Crimethinc, donc avant le début du conflit et permet d’éclairer leur choix de rester sur le territoire face à l’éventualité de celui-ci.

Il a été édité par plus d’une dizaine de personnes, dont des participant·es aux événements qui y sont décrits, des journalistes qui ont vérifié l’exactitude de leurs affirmations, et des anarchistes de Russie, de Biélorussie et d’Europe. Voici leur première ligne :

“Si la guerre éclate, nous ne savons pas si le mouvement anti-autoritaire survivra, mais nous ferons notre possible pour que ce soit le cas. En attendant, ce texte est une tentative de déposer en ligne l’expérience que nous avons accumulée.

En ce moment, le monde discute activement d’une possible guerre entre la Russie et l’Ukraine. Nous devons préciser que cette guerre est déjà en cours depuis 2014.

Mais chaque chose en son temps.”

(vous pourrez trouvez le lien vers le texte publié en intégralité sur parislutteinfo en bas de l’article)

Le second texte a été publié le 7 mars sur le site de A2C intitulé” pas de guerre entre les peuples pas de paix entre les classes” et permet de replacer les enjeux internationaux dans une chronologie qui n’épargne aucun empire. Voici leur chapeau :

“La crise militaire d’ampleur qui vient de se déclarer aux portes de l’Europe est le point culminant d’une série de crises majeures qui frappent l’humanité depuis une décennie. La crise climatique, la crise économique de 2008, la crise de la covid étaient déjà les symptômes d’un système capitaliste mondial à bout de souffle. Mais l’aggravation brutale de la situation marque un tournant vers un risque de déflagration mondiale. Plus que jamais, les luttes de notre camp, des masses que ce système opprime et exploite, sont essentielles pour stopper cette folie.”

Pour terminer nous vous diffusons les prochains événements organisé par le collectif pour cette semaine :

Les étudiantes et réfugiés politiques russes prendront la parole pour témoigner de leur expérience du régime de Poutine.

Le mardi 15 mars et le jeudi 17 mars à 19h00, une série d’événements sera organisée au cours desquels nous parlerons de la Russie contemporaine de Poutine – le système politique, la dictature, la violence policière et la censure. De cette façon, nous voulons montrer ce que Poutine apporte à l’Ukraine et a déjà apporté à de nombreuses régions occupées. Également, on traitera le thème de la guerre en Ukraine et de la résistance du peuple ukrainien contre l’armée russe.

La narration sera accompagnée de séquences vidéo, dont beaucoup montrent des scènes de violence.

Une discussion suivra au cours de laquelle nous répondrons aux questions. Le 17 mars on va ainsi discuter autour de la résistance anarchiste à l’invasion russe.

   RDV : mardi 15 mars, 19 h, à l’Hypocrite, 10 rue de Poitou, Montrouge

: jeudi 17 mars, 19 h, au Marbré, 39 rue des Deux Communes, Montreuil

Pour lire les articles dans leur intégralité :

https://paris-luttes.info/anarchistes-et-guerre-perspectives-15761
https://paris-luttes.info/anarchistes-et-guerre-perspectives-15761

8 mars : Les Peuples Veulent ! 3.0 /L’INTERNATIONALE FÉMINISTE

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Du 12 au 14 novembre 2021 avaient lieu Les rencontres internationalistes « Les Peuples Veulent” pour une troisième édition à l’espace AERI 57 rue Etienne Marcel à Montreuil.

Des activistes du monde entier étaient attendu.e.s en novembre à Montreuil pour nous raconter leurs expériences, partager leurs idées, analyses et espoirs. Cette édition comprenait trois thèmes : Internationalismes d’hier et de demain/ Les voies du changement/ L’internationale Féministe. Tout au long de l’événement, un plateau radio organisé par FPP permettait de discuter et de présenter chacun.e.s de nos invité.e.s plus en détail.

Ainsi pour cette journée internationale de lutte pour le droit des femmes, nous décidons de vous diffuser deux montages. Tout d’abord un plateau radio réalisé avec la Coordinadora Feminista 8M (Chili). Ensuite, nous vous diffuserons la première partie du débat organisé lors de cet événement sur l’Internationale Féministe.

La vague de révolte féministe ne cesse de grossir dans le monde entier. Ces dernières années les combats féministes n’ont cessé de bouleverser l’ordre établi et d’imaginer un futur plus égalitaire pour toutes et tous.

Alors que certaines revendications sont parfois spécifiques aux contextes locaux, il existe plus que des résonances entre les luttes féministes en Amérique Latine, en Europe, au Moyen-Orient ou ailleurs. Ces mobilisations et la circulations des outils, des idées et des formes d’actions peuvent être comprises comme une expérience collective, à la fois locale et transnationale.

Ainsi, l’internationale féministe, ne serait-il pas une hypothèse révolutionnaire à part entier ?

Avec la Coordinadora Feminista 8M (Chili), Roula Seghaier (Liban, Tunisie), Arya Thomas (Inde), Somayeh Rostampour du Collectif98 (Kurdistan, Iran), Louise des Bombes Atomiques à Bure (France) – Syrian Feminist Society (Syrie) par zoom.

Vous pourrez retrouver l’ensemble du débat sur la chaine youtube de la cantine syrienne : https://www.youtube.com/channel/UC6mrrpePlPS8w6VhEgieyPQ

MIMMO LUCANO : La solidarité n’est pas un délit !

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Bourse du travail de paris : l8 novembre 2021

Un collectif de citoyennes et de citoyens ont organisé à la Bourse du Travail à Paris une soirée de soutien à Mimmo Lucano le mercredi 17 novembre en présence de Mimmo Lucano, de collectifs et associations ainsi que de personnalités engagées dont MM. Eric Fassin, Sylvie Glissant, Cédric Herrou, Marie Cosnay, Olivier Favier, Romain Filhol, Maîtres Arié Alimi, Agnès Tricoire, Nicolas De Sa-Pallix et Vincent Brengarth… 

C’est l’intervention de mimmo lucanno que nous vous proposons d’écouter dans l’émission de ce jour.

Domenico « Mimmo » Lucano, ex-maire de Riace (Calabre) a été condamné en septembre 2021 à plus de treize années de prison et 500 000 € d’amende pour avoir fait preuve d’humanité envers les réfugié•es arrivé•es par la mer en les accueillant dans son village frappé par l’exode rural, et en proposant un modèle d’intégration efficace. Rappelons que le nombre de personnes ayant péri en tentant de rejoindre l’Europe a plus que doublé cette année; selon les statistiques de l’OIM, il se monte à 1 146 pour le premier semestre 2021. Il était de 513 en 2020.

Il s’agissait pour les organisateurs et les personnes présentes d’émettre un message qui franchisse les frontières et résonne à travers l’Europe – car c’est aussi au niveau européen que se livrera la prochaine bataille pour Mimmo. Interventions, projections, musique, livres… ce sera l’occasion d’exprimer chacune et chacun à sa manière un enjeu commun : protester contre le sort réservé aux exilé•es en Occident, et dénoncer la criminalisation de la solidarité.

Il s’agissait d’apporter un soutien à Mimmo, ainsi qu’aux vingt autres personnes condamnées avec lui, et à faire entendre le plus largement possible des paroles d’accueil, de lutte et de fraternité face à la violence des frontières.

 Le collectif de soutien à Mimmo Lucano

(collectifsoutienmimmolucano@protonmail.com)

En Italie, Domenico Lucano a été condamné à treize ans de prison. L’ancien maire de la ville calabraise de Riace avait mis en œuvre une politique d’accueil des exilés qui a permis de repeupler son village et développer les services publics. Un collectif de citoyen a organisé une soirée de solidarité à Paris.

Quand la solidarité s’exprime envers un Italien, c’est « Bella ciao » qui est chantée. À la Bourse du travail de Paris, ils étaient plusieurs centaines dans cette enceinte qui avait accueilli les réunions de Nuit Debout à entonner ce chant de la résistance transalpine, mercredi, en début et en fin de soirée.

Tous venaient dire combien est injuste la peine de plus 13 années de prison, infligée par la justice italienne, à l’encontre de l’ex-maire de Riace, Mimmo Lucano. Ce dernier a été accusé d’abus de bien social, de favoriser l’immigration illégale. En réalité, il paie le prix de sa politique exemplaire de solidarité avec les migrants.

Le village se repeuple

Car il a redonné vie à son village. Face à la salle, c’est l’émotion quand celui qui peut encore faire appel raconte, à la fin des années 1990, l’arrivée d’un navire sur la côte ionienne. Avec l’évêque, il aide à l’accueil des Kurdes qui débarquent sur la plage. « Ils étaient 200, alors que mon village ne comptait que 500 habitants », narre-t-il. Il s’entend avec les émigrés italiens – ceux partis de Riace vers le nord du pays ou en Amérique latine chercher un travail – pour qu’ils mettent à disposition des nouveaux venus leurs maisons vides. Le village se repeuple.

Cabale judiciaire

Et en 2004, il est élu maire. Il utilise les 35 euros de subvention aux villes qui accueillent les migrants, à la fois pour ces derniers, et pour développer les services publics et le développement économique, dans une terre mitée par la mafia. « Il faut que toute la société profite de l’accueil des migrants », explique l’ancien maire. L’histoire est trop belle. Et quand les politiques d’immigrations se durcissent en 2016, une cabale judiciaire se met en place.

Signer la pétition sur change.org

Contact : libertepourmimmo@orange.fr

Suivre l’actualité : «Liberté pour Mimmo»

En 2018, Mimmo est arrêté et placé en résidence surveillée sur ordre du ministre de l’Intérieur d’extrême droite, Matteo Salvini. Il est accusé d’avoir organisé des mariages de convenance pour aider des femmes déboutées du droit d’asile à rester en Italie. La justice reproche également à l’ex-édile de ne pas avoir fait d’appel d’offres pour la gestion des déchets du village et de l’avoir attribuée à des coopératives liées aux migrants. Le 30 septembre 2021, Mimmo Lucano est condamné à 13 ans de prison et à 500 000 euros d’amende pour « escroquerie, abus de biens sociaux, fraude aux dépens de l’État et aide à l’immigration clandestine ».

Nous sommes consternés tant par la qualification des faits que par l’extravagante sévérité de la peine, qui va bien au-delà des réquisitions du parquet. Comment en est-on arrivé là, alors que le tribunal a retenu qu’il ne s’était pas personnellement enrichi ? Les signataires de cet appel considèrent que cette condamnation purement politique a pour seul objet de dissuader ceux qui mettent en œuvre la solidarité avec les migrants.

Face au climat de montée des haines racistes et xénophobes que connaissent l’Italie, la France et bon nombre de pays européens, il est impérieux que ceux qui, comme cet élu, ont défendu les droits de l’homme les plus élémentaires et transformé un village mourant en lieu de vie, continuent à être salués pour leur action et leur courage plutôt que transformés en délinquants pour satisfaire l’extrême droite. Non, la solidarité n’est pas un délit.

AU MEXIQUE COMME PARTOUT LE CAPITALISME DÉTRUIT TOUT

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Paris ; le 18 octobre 2021

Le 18 octobre, nous recevions dans nos studios deux représentants du conseil national indigène ; Angel Sulub et Maria de Jésus Patricio Martinez.

Trois membres du Congrès National Indigène du Mexique étaient de passage à Paris, dans le cadre de la tournée européenne d’une délégation zapatiste. Ces représentants de peuples autochtones ont alerté sur les dommages causés par des méga-projets industriels, portés pour certains par des multinationales françaises. Face aux dégâts environnementaux à venir, la résistance de ces populations affectées s’organise. 

Les entreprises françaises responsables de la destruction de leur environnement sont en première ligne : EDF et Danone. « Ces méga-projets engagent une destruction grave de nos forêts, de nos terres, de notre eau », affirme Angel Sulub, représentant du peuple maya. « On appelle cela une spoliation de la vie. Parce que ces méga-projets sont destructeurs de nos terres », abonde, assise à ses côtés, Maribel Cervantes, représentante du peuple populuca. Derrière eux, une carte du Mexique est projetée, sur laquelle sont épinglés tous ces grands chantiers actuels.

Né en octobre 1996, suite au soulèvement des zapatistes, le Congrès National Indigène (CNI) regroupe des délégués des divers peuples autochtones mexicains. Leur credo : « Jamais plus un Mexique sans nous ». Maria de Jésus Patricio Martinez en est la porte-parole. Guérisseuse Nahua, elle fut la première femme issue d’un peuple autochtone à se présenter à une élection présidentielle mexicaine, en 2018. Leur venue à Paris a été organisée par la délégation zapatiste présente en Europe dans le cadre de leur « Voyage pour la Vie ».

 EDF et Danone pointé du doigt au Mexique

Dans le sud du Mexique, EDF porte un vaste projet d’implantation d’éoliennes, Gunaá Sicarú. « Prisée pour la puissance et la constance de ses vents, la commune d’Union Hidalgo demeure un véritable eldorado pour les leaders mondiaux du secteur énergétique », retrace l’ONG CCFD Terre Solidaire. Dans un rapport paru en juin 2021, l’ONG pointe les manquements de l’État français, principal actionnaire d’EDF. Avec ses 115 éoliennes, le projet affectera le territoire des habitants d’Union Hidalgo, « issus à 90 % du peuple autochtone zapotèque, pour qui le rapport à la terre et à la nature est sacré », rappelle l’ONG.

Au centre du Mexique, Danone est aussi dans le viseur des représentants des peuples autochtones. La multinationale « est en train d’extraire toute l’eau des volcans. Cela créé de grands cratères, et la terre s’y effondre. C’est une catastrophe », alerte Maribel Cervantes. Pour mener à bien ses activités, Danone utilise la société Bonafont, rachetée en 1995 (le Mexique est, depuis lors, un pays stratégique pour le géant de l’eau).

Aux yeux des représentants, ces projets industriels se nourrissent entre eux. Le parc éolien d’EDF viendra répondre aux besoins énergétiques des autres chantiers, que le gouvernement mexicain aime à nommer « pôles de développement ». « Nous ne voulons pas du couloir transisthmique qui transforme en une usine d’énergie éolienne, de sous-traitance et d’exploitation de minerais des zones entières depuis l’Océan Pacifique jusqu’au Golfe du Mexique », écrit le CNI dans une déclaration datée du 11 octobre.

Sans compter qu’un nouvel accord commercial est en cours d’élaboration entre l’Union Européenne et le Mexique. Cet accord risque d’accélérer ce type de méga-projets. « L’expérience nous apprend que les accords de libre échange ont toujours été en faveur des multinationales et des instruments de destruction », tranche Angel Sulub. « Et que cela a toujours accéléré la dépossession de nos peuples ».

 Assassinats et enlèvements de défenseurs des droits humains

 Pour les responsables autochtones, la complicité est grande entre les entreprises transnationales, le gouvernement mexicain, et certains groupes armés. « Ces méga-projets sont accompagnés d’une militarisation ; de programmes d’assistance sociale qui visent à fragmenter les sociétés ; et de persécutions des défenseurs des droits humains » précise Angel Sulub. Les assassinats et enlèvements de défenseurs des droits humains se multiplient, et demeurent impunis. Pour n’en citer qu’un : Samir Flores Soberanes, membre du Front populaire de défense de la terre et de l’eau (une association présente dans le centre-est du Mexique), a été abattu en février 2019 après avoir reçu des menaces de mort. 

Ces menaces sont de plus en plus nombreuses pour ceux qui s’opposent aux méga-projets industriels et au gouvernement mexicain. « Dans le Chiapas, le groupe paramilitaire ORCAO intensifie ses attaques armées contre les communautés zapatistes. Pas plus tard qu’il y a quelques jours, il y a eu une nouvelle attaque », déplore ainsi Angel Sulub. 

Dans ce contexte, comment continuer à faire entendre la voix des peuples autochtones ? « Le plus important pour nous, c’est d’avoir des organisations de terrain, luttant à la base », insiste Maribel Cervantès. Certaines poches de résistance font face à plusieurs projets. « Dans l’État du Yucatán, il y a une grande résistance contre le mal-nommé « train Maya », un projet qui menace toute la région sud-est du pays. Cette lutte se concentre aussi contre les projets d’éoliennes d’EDF, et les élevages intensifs de porcs », cite Angel Sulub.

 Auto-défense et recours juridique menés de front

 Ces luttes s’articulent autour de plusieurs leviers. Les représentants du CNI en décrivent deux principaux. D’un côté, une stratégie d’auto-défense. Il s’agit de « reprendre la main sur notre sécurité, en l’assurant nous-mêmes, avec les us et coutumes de nos propres communautés », explique Maria de Jésus Patricio Martinez. Des polices communautaires sont créés. « Cela nous est bénéfique, car nous n’avons aucune confiance dans la police, la marine, et toutes les institutions de défense du gouvernement mexicain ».

De l’autre, un levier plus légaliste, basé sur des recours en urgence ou de longs bras-de-fer judiciaires. « Nous utilisons des instruments juridiques comme les recours en référé », indique Maribel Cervantes. « Nous nous appuyons aussi sur la dénonciation de la violation du droit au libre consentement des peuples indigènes ». De fait, le Mexique a ratifié la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Ce texte oblige l’État – en théorie – à réaliser des consultations auprès des populations affectés par un projet industriel. Or, « ces consultations ne se réalisent pas, ou se font de manière frauduleuse. Ce sont des simulacres, qui visent à faire croire que nous sommes d’accord avec ces méga-projets », dénonce Maribel Cervantes.

Malgré les arguments apportés devant les juges, difficile de freiner ces dynamiques. « Le système judiciaire mexicain n’est pas pensé pour les peuples indigènes », déplore la déléguée populuca. En France aussi, EDF est assigné en justice depuis octobre 2020 pour son projet de parc éolien. L’affaire est toujours en cours. « Cela fait partie de notre stratégie de lutte légale », commente Maribel Cervantès. Mais en France comme au Mexique, « nous savons que la justice a sa propre manière de faire, et nous avons davantage confiance dans notre auto-organisation. Même lorsque l’on gagne des recours, ils ne sont souvent pas respectés », craint-elle.

Pour autant, porter ces sujets en France, dans les tribunaux comme auprès de l’opinion publique, est important pour ces représentants du CNI. Ce voyage leur permet « d’écouter les luttes existant dans d’autres territoires, afin de renforcer nos propres résistances. Nous faisons tous partie de cette grande lutte pour la vie », concluent-ils.

LES CENTRES DE RÉTENTION ADMINISTRATIF

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Depuis le début de la crise de la Covid 19, le trafic aérien est extrêmement limité, beaucoup de frontières sont fermées mais des personnes continuent d’être enfermées dans les centres de rétention administrative (CRA). Mercredi 28 octobre, le gouvernement annonce un deuxième confinement et la fermeture totale des frontières extérieures à l’Europe. Pourtant, l’État refuse toujours de fermer les centres de rétention !

Dans l’émission de ce jour et de manière réguliere, nous revenons sur la situation au sein des centres de rétention en compagnie d’un membre de l’équipe de l’émission l’envolée.

Nous débuterons cette émission par un tour d’horizon de différent mouvement qui ont eu lieu ses dernière semaines, suivra la lecture d’un communiqué des prisonniers en gréve de la faim au CRA de Vincennes. Ensuite, nous parlerons du mouvement de révolte qui a eu au CRA du Canet à Marseille début Novembre.

En seconde partie d’émission, nous parlerons de la situation au centre de rétention du Mesnil-Amelot et nous diffuserons un entretien réalisé avec une proche d’un prisonnier du CRA.

Nous terminerons cette émission avec la lecture d’un texte de Laurent Jacqua ; lettre d’un prisonnier covid 1984.

LA SITUATION DES MIGRANTS EN EUROPE

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Dans cette émission on donne la parole aux enfermés des Centres de Rétention. La machine de démolition bat son plein et les mecs sont à bout.

On va entendre le témoignage d’une personnes transférée du Cra du Mesnil-Amelot au Cra de Oissel suite aux révoltes qui ont eu lieu les 11 et 12 avril et dont on vous parle dans une précédente émission diffusée dans L’actualité des luttes le 14 avril.

Ensuite on vous diffuse trois témoignages de personnes enfermées au CRA de Vincennes, enregistrés vendredi 17avril et qui décrivent les conditions effroyables d’enfermement alors que l’épidémie se répand. On apprend que les personnes infectées par le virus et dans un état critique ne sont pas transférée à l’hôpital.

Dans la deuxième partie d’émission des camarades font un point sur la situation des sans-papiers en Belgique, en Italie et en Grèce au temps de confinement. Bonne écoute!