L’ANTIFASCISME EN QUESTION

Après la mort de Quentin Deranque à Lyon, un récit politique s’est imposé à grande vitesse, désignant “les antifas” comme menace centrale. Les médias d’extrême droite de la sphère Bolloré s’en sont donné à cœur joie, affirmant que « l’antifascisme est un terrorisme comme un autre », soutenue par l’ensemble de la sphère médiatique qui nourrissait ainsi la mise en équivalence des extrêmes, et la dépolitisation de la question de la violence. Face à cela, quelques médias indépendants et notamment Contre-attaque a fait un véritable travail de contre- information, et le collectif La Horde a publié un texte permettant de s’interroger sur cette “campage anti-antifascistes”. Une occasion pour nous d’inviter SB de la horde et Jean-Mouloud de l’émission Egregore sur Reims, pour discuter ensemble de l’histoire de l’antifascisme et de l’extrême-droite, afin de mieux en comprendre leurs évolutions et de questionner, à partir de là, notre actualité.

Article publié le 4 mars 2026 | La Horde :

Violence fasciste, anti-antifascisme, auto-défense et non-violence : nos réflexions après la mort d’un néofasciste à Lyon

Suite à la mort du militant néofasciste Quentin Deranque à Lyon, c’est le narratif de l’extrême droite qui asurtout été relayé par les médias. La campagne anti-antifasciste lancée il y a plus de dix ans, avec l’émergence de la figure de « l’antifa » comme ennemi intérieur, a désormais franchi un nouveau cap. Alors que la violence est un des moteurs de l’extrême droite et qu’elle l’utilise sans retenue contre toutes les
minorités ou les personnes qui défendent ces minorités, les combats de l’antifascisme impliquent d’organiser, pour y faire face, des moyens d’auto-défense. Or, contrairement à l’extrême droite qui la glorifie, la question de la violence est toujours posée aux antifascistes comme un problème à résoudre ; et face à des agressions et des attaques toujours plus nombreuses et parfois mortelles, la question de la non-violence doit l’être tout autant.

Les images d’un jeune sur lequel d’autres jeunes s’acharnent heurtent à juste titre, et il n’y a pas, selon nous, de raison de se réjouir de la mort d’une personne, fût-il fasciste. C’est justement le propre de l’antifascisme que de questionner les limites de la violence que l’on est contraint·e parfois d’exercer contre des groupes pour lesquels la violence n’est pas un moyen, mais une fin. De ces quelques secondes de vidéo d’une violence qu’il ne s’agit ici ni de nier ni d’euphémiser, il serait cependant trop facile d’en tirer une condamnation définitive et précipitée de ses auteurs supposés, comme si elle s’était exercée hors de tout contexte, et la solidarité s’impose avec les antifascistes accusés dans cette affaire. Par-delà nos désaccords stratégiques ou politiques, cette solidarité s’exprime déjà au sein de la mouvance antifasciste autonome.

En effet, d’une part, grâce au travail remarquable du média indépendant et militant Contre-Attaque, on sait désormais qu’un groupe d’extrême droite, cagoule et armé, était venu sur les lieux pour en découdre, et il est très probable que Deranque les accompagnait. Deranque a été présenté comme une victime « non-violente », alors
même qu’il était visiblement là pour en découdre et comme si son engagement fasciste et raciste n’était pas une violence en soi. D’autre part, au-delà de ce qui s’est déroulé ce jour-là, c’est toute un série d’agressions nationalistes et racistes perpétrées depuis des années à Lyon qui explique la nécessaire auto-défense que les groupes antifascistes ont dû mettre en place. Faut-il le rappeler : à Lyon comme ailleurs, pour les personnes racisées, les minorités de genre et les militant·es de gauche, cibles privilégiées de la violence fasciste, chercher à se protéger a
toujours été une nécessité, et non un objectif en soi. Or cette attitude ne peut rester strictement défensive, car les militants d’extrême droite passent en général à l’attaque s’ils sont à peu près sûrs de ne pas rencontrer une résistance trop forte. Aller à leur rencontre de façon offensive ou bien répondre coup pour coup en cas d’attaque de leur part, c’est une façon de conjurer la peur qu’ils essayent d’inspirer. De leur côté, les militants nationalistes, au lieu de se soucier de cohésion collective et de minimiser les dégâts, préfèrent magnifier une attitude « chevaleresque » mettant en avant l’exploit individuel et la prise de risque inconsidérée.

Le culte de la charogne


« La mort nous rend heureux » : c’est par ces mots que les militants de Luminis ont rendu hommage à leur camarade Deranque [1]. La violence, pour l’extrême droite, n’est pas un outil tactique : c’est un accomplissement de soi et un moment de glorification, non pas seulement un moyen mais une fin. C’est par elle que l’Homme [2] se révèle à lui-même. On mesure ainsi la fumisterie des médias qui ont présenté Quentin Deranque sous les traits d’un « néo-fasciste pacifique ». Car la vénération de la force et le culte de la violence impliquent la brutalité en général dans tous les
rapports sociaux. Pour l’extrême droite dans son ensemble, la violence est un moteur puissant, c’est le cœur même de son idéologie qui consiste à trier, classer, hiérarchiser voire déporter ou éliminer des gens selon leur appartenance réelle ou supposée à tel ou tel groupe humain. On comprend aussi que la stratégie développée par Némésis et ou le média Frontières de tout mettre en œuvre pour se faire bolosser et ramener du clic amène à des crispations dans certains courants de l’extrême droite. Cette « stratégie du ouin-ouin » va à l’encontre de l’image de férocité promue habituellement. Iels veulent bien des martyrs pour les aider à sortir un peu plus de la disqualification politique mais sans passer pour des victimes. Décidément, l’avènement de « l’homme nouveau » par la violence s’apparente bien plus à un culte de la charogne et l’épisode autour de Quentin Deranque n’est pas sans rappeler la mort en 1930 du militant nazi Horst Wessel, engagé dans la SA qui a été transformée par Goebbels. Une mort qui fait du parti nazi une victime, tout en faisant d’un jeune militant mort pour ses idées un héros.


On a pu aussi, amèrement mais sans surprise, constater que d’un point de vue médiatique, tout·es les morts ne se valent pas. L’unanimité à relayer ad nauseam celle d’un militant néofasciste ne rend que plus flagrant le silence autour de celles et ceux qui meurent aux frontières, dans les prisons et tous les lieux d’enfermement, au travail, ou encore du fait de la misère et de la pauvreté. La mise en avant du sort de Quentin Deranque et le passage sous silence des autres relèvent bien d’un choix politique de la violence qu’il serait légitime de dénoncer ou non. Et bien
souvent ces mort·es sont la conséquence de l’application de politiques directement inspirées par l’extrême droite. C’est aussi cela qu’il faut entendre quand nous crions en manif : « L’extrême droite tue ! » On mesure à quel point, dans le battage politico-médiatique orchestrée de l’extrême droite radicale jusqu’à la droite dite de gouvernement, et repris par la plupart des médias dominants, ce sont la mauvaise foi, le déni et le mensonge pur et simple qui ont servi de ligne directrice à la présentation des faits. La mort de Deranque est ainsi présentée comme un point de départ, alors que de toute évidence elle est au contraire un tragique aboutissement d’une décennie de violence provoquée par l’extrême droite.

Il y a plus de dix ans tombait Clément


La séquence actuelle n’est en effet que le prolongement, pour ne pas dire l’apogée d’une campagne anti-antifasciste qui a réellement débuté il y a plus de dix ans, à la mort… d’un antifasciste, notre camarade Clément Meric, tué par des néonazis en plein Paris, au début de l’été 2013. Les premiers jours, dans les médias et dans le monde politique, on témoigne de la compassion pour la victime, la violence de l’extrême droite est pointée du doigt. Mais passé le temps de l’émotion, rapidement, le mot « agression » est remplacé par « rixe », les micros se tendent vers le leader
des groupes néonazis auquel appartiennent les agresseurs, sans aucune contradiction aux mensonges qu’il débite. Trois semaines plus tard, un « scoop » mensonger de RTL, sous la forme d’une vidéo interprétée à l’envers (au
procès, elle sera utilisé comme preuve à charge contre les néonazis) affirme que les « antifas » seraient en réalité les agresseurs. L’infox est reprise par la plupart des chaines de télévision et de nombreux titres de presse. Finalement, Clément l’aurait bien cherché, antifas et néonazis sont renvoyés dos à dos. La mort de Clément est dépolitisée, on en fait le résultat d’un simple affrontement entre bandes violentes. [3]

La fachosphère profite de cette confusion pour produire de multiples fake news et autres théories du complot, etrépète en boucle les paroles faussement attribuées à Churchill sur les antifascistes qui seraient « les nouveaux fascistes ». Dans les manifestations d’hommage à Clément, qui rassemblent des milliers de personnes (15000 dans toute la France le 6 juin, 4000 rien qu’à Paris le 8 juin), on se recueille, mais on affirme aussi un antifascisme politique, anticapitaliste et sans concession. Dans le vocabulaire policier le terme « antifa » assimilé à « l’ultragauche » ou au
« black bloc » commence à être utilisé et repris par la presse bourgeoise pour désigner un nouvel ennemi intérieur, terme qui sera repris par la suite, lors du mouvement contre la loi travail en 2016 puis lors de celui des Gilets jaunes
en 2018, pour désigner tout agitateur·trice subversif·ive, l’essentiel étant de réduire l’antifascisme à une pratique violente, déconnectée de tout contenu politique.

Une nouvelle étape dans l’anti-antifascisme


Cette campagne anti-antifasciste, propulsée par l’extrême droite et prolongée par les forces répressives de l’État, estelle-même une des pierres angulaires d’un projet à plus long terme : faire que les idées racistes, nationalistes, sexistes et inégalitaires ne soient plus marginalisées et puissent à nouveau avoir pignon sur rue, sans subir aucun jugement moral ou politique, et que le mot « extrême droite » lui-même disparaisse, ou n’apparaisse plus que comme une invention destinée à la diffamer. Les euphémismes du type “souverainiste” et “identitaire” s’inscrivent
dans la même démarche. Pendant des années, l’extrême droite s’est posée comme une victime du « Système », jamais vraiment défini et ne se confondant jamais, par exemple, avec le capitalisme en tant que tel, l’ensemble des mouvements d’extrême
droite s’en accommodant fort bien. Peu importe qui se cache derrière « l’oligarchie » qui le contrôlerait et le « – mondialisme » qui lui servirait d’idéologie, l’essentiel étant que le « Système » soit hors de la communauté nationale. L’instrumentalisation par l’extrême droite de la liberté d’expression à son seul profit est un des moyens
les plus utilisés pour se poser en victime.

Aujourd’hui, l’extrême droite se sent suffisamment intégrée aux institutions et suffisamment soutenue médiatiquement pour mettre en sourdine ce discours victimaire pour en proposer un autre : l’extrême droite serait désormais menacée, au même titre que la société tout entière, par l’extrême gauche et son bras armé, l’antifascisme, devenus l’un et l’autre nouveaux ennemis de l’intérieur. Les provocations d’un collectif comme Némésis ou d’un média comme Frontières n’ont qu’un objectif : produire des images qui viendraient donner du corps à ce narratif. Il ne reste plus qu’à finaliser la criminalisation de l’antifascisme en demandant son interdiction pure et simple, enl’associant à du « terrorisme ». En 2017 déjà, le Front national (qui n’est pas encore le RN) avait promis la dissolution des « milices antifas » en cas de victoire à l’élection présidentielle, tandis qu’en 2023 des cadres du Rassemblement national ont demandé à plusieurs reprises la dissolution de groupes antifascistes, afin de museler celles et ceux qui inlassablement les combattent. En 2020, l’hebdomadaire ultra-conservateur Valeurs actuelles, dans un article intitulé « Pourquoi il faut traiter les antifas et les black blocs en terroristes », explique tranquillement que « leur assimilation à une mouvance terroriste permettrait des mesures administratives préventives, comme une astreinte administrative à se présenter au commissariat le plus proche de leur domicile lors des manifestations. De plus, il serait délictuel de se revendiquer d’une telle mouvance. Enfin, le délit d’apologie du terrorisme permettrait de casser la solidarité qui existe entre une partie de la gauche qui à« défaut de les soutenir est au moins complaisante à l’égard de ces individus violents ». On le voit, bien loin de répondre à une « injustice » qui lui serait faite ou de vouloir endiguer la violence politique, l’extrême droite instrumentalise et caricature l’antifascisme à des fins stratégiques, afin de mieux asseoir sa propre domination.

Sur la dépolitisation de la violence


Plus largement, et au-delà des menaces qui pèsent sur la lutte antifasciste, la séquence autour de la mort de Quentin Deranque est symptomatique des tentatives de dépolitisation de la violence par les médias et les mouvements politiques institutionnels qui en font une abstraction, un problème philosophique éthéré, alors qu’elle engage les corps et dépasse bien souvent une rationalité à laquelle on tente de la raccrocher après les faits, au calme. Dépolitiser la violence, c’est oublier qu’elle est toujours le fruit des rapports sociaux qui nous gouvernent. Que la violence au sens le plus étroit du terme, à savoir la douleur infligée à des humains par des humains, est
généralement précédée par la violence des rapports sociaux de classe, de race et de genre avec toutes les configurations possibles d’oppression et d’exploitation qui en découlent. Nier cela revient à défendre l’idée absurde d’une violence sans causes, et donc s’interdire de l’expliquer. Et l’explication du moment est connue : les bandes fascistes agissant dans les rues ne sont que la partie la plus « remuante » d’une extrême droite que se veut présentable et que le bloc bourgeois (parfois à raison décrit comme l’extrême centre [4] perçoit de plus en plus comme une manière de continuer les affaires tout en muselant toute forme d’opposition au statu quo capitaliste. si, aujourd’hui, les partis de l’autoproclamé « arc républicain » sont si
prompts à dénoncer la violence de la gauche en général et des antifascistes en particulier tout en restant dans le déni de la violence intrinsèque de l’extrême droite, c’est bien parce que ces partis savent que cette extrême droite ne représente en rien une menace pour la casse sociale, la déréglementation généralisée ou la mise au pas des organismes de contestation ou de revendication. L’antifascisme conséquent duquel nous nous réclamons fait figure de repoussoir pour ce bloc bourgeois parce que si nous combattons l’extrême droite, c’est pour nous débarrasser de ce système qui porte en lui les germes de la catastrophe fasciste.

Encore et toujours, promouvoir l’autodéfense populaire


L’autodéfense populaire est l’usage de moyens proportionnées pour protéger notre camp. C’est une nécessité absolue qui a permis d’éviter des blessés graves et des morts, singulièrement dans le contexte lyonnais. Pour autant la mort de Quentin Deranque doit amener notre camp social à de l’introspection et c’est le moment de redire que la violence devrait être le dernier recours, qu’elle doit être dépassionnée et questionnée, et que nous devons nous garder de toute fascination à son égard. Son usage invite à la précaution parce qu’elle va à rebours des valeurs d’égalité, de solidarité et d’entraide que nous défendons. Pour reprendre les propos de camarades : « en s’inscrivant dans une lutte telle que l’antifascisme, on accepte de facto de rentrer dans un rapport de force. […] Pour autant, nous essayons de ne pas entretenir un fétichisme vis-à-vis de ces techniques. Et c’est précisément sur ce point que notre approche de la violence est radicalement différente de celles des fascistes. » Et ce refus du fétichisme de la violence fait que nous ne la confondons pas avec la force. C’est cette dernière que nous cherchons à acquérir pour établir un rapport de force en notre faveur. La force collective peut s’acquérir de bien des manières et le concept d’autodéfense populaire mobilise un vaste répertoire d’action (SO, conférences sur l’extrême droite, travail syndical dans les entreprises, défense des droits des femmes et LGBT+, campagnes de solidarité avec des antifascistes
emprisonné.es, campagnes de réduction des risques sanitaires…) qu’on ne peut réduire à la seule violence.

À propos de la non-violence


Il faut aussi se débarrasser de l’illusion politique de la non-violence pour combattre l’extrême droite et le fascisme. La violence étant son essence même, on sait qu’elle sera employée contre notre camp social (avec une appétence vicieuse que les antifascistes de terrain ont tou·tes déjà constatée), et il faut bien nous donner les moyens de nous défendre, et parfois, la meilleure défense, c’est l’attaque, comme en atteste l’histoire de l’antifascisme [5]. Pourtant on assiste dans notre camp social à une mise en avant d’une logique comptable, un décompte un peu obscène des victimes comparées de l’extrême droite et de l’extrême gauche. Si c’est une évidence que l’extrême gauche tue beaucoup moins, penser que nous sommes les « gentil·les » de l’histoire et que pour le prouver il suffit de mettre en avant notre non-violence dénote une forme d’angélisme dangereux qui nous voue à l’impuissance
politique, car il s’agit là d’accepter les règles d’un jeu qui nous est imposé par la société capitaliste et dont les règles ne doivent pas varier pour que la légitimité de la violence reste l’apanage du pouvoir en place. Avant même d’être dans une position révolutionnaire (perspective assez lointaine on le concède) cela nous voue à l’impuissance dans notre combat contre les fascistes parce que dans certaines situations, la violence restera, malheureusement, la dernière forme d’autodéfense face à l’extrême droite. C’est certainement le plus mauvais de nos moyens de lutte,
mais ce sont les fafs qui nous y contraignent. La non-violence posée comme un horizon indépassable au service d’une pureté morale dévoile à nos ennemis qu’il suffirait d’aller sur ce terrain là pour se débarrasser de nous. C’est pourquoi nous devons être fermes sur nos appuis : dans une perspective révolutionnaire, l’angélisme, c’est se priver des moyens d’être fort·es.


La Horde


Notes

[1] Ce slogan fait écho à bien d’autres cris de ralliement (le nihiliste « Me ne frego » (Rien à foutre) des fascistes
italiens, le « Viva la muerte » des franquistes espagnols qui éclairent le rapport de l’extrême droite à la mort et à la
violence. [2] On emploie volontairement ici le terme « homme » plutôt que « être humain » tant le masculinisme est
une des formes pures de l’ethos fasciste. [3] Pour plus de détails sur cet épisode, on renvoie à la lecture de l’ouvrage

collectif Clément Méric, une vie, des lutteshttps://www.editionslibertalia.com/catalogue/poche/clement-
meric-une-vie-des-luttes, aux éditions Libertalia. [4] À savoir l’expression radicalisée d’une classe politique au

service d’une défense féroce des intérêts de la bourgeoisie. [5] cf. La Horde, 10 questions sur l’antifascisme,
chapitre 7.

Procès de Limoges du 19 et 20 mars : contre les technologies du numérique

Près de cinq ans après les faits qui se sont déroulés le 15 juin 2021, un procès se tiendra à Limoges les 19 et 20 mars 2026. De quoi s’agit-il ? Deux personnes restent misent en cause de « destruction ou dégradation du bien d’autrui par moyens dangereux pour les personnes » et « association de malfaiteurs », en rapport avec l’incendie de huit véhicules d’ENEDIS et de deux antenne-relais de téléphonie mobile et de télévision. Le collectif de soutien et les inculpés souhaitent que le procès de Limoges soit celui des technologies du numérique.

Les compteurs Linky et les antennes 5G sont d’ores et déjà déployés sur tout le territoire français, sans débat ni concertation. Un épais nuage électromagnétique est en train de recouvrir le monde entier, sans prendre en compte les dégâts que ça occasionnent. Les firmes multinationales multiplient les actions de lobbying auprès des gouvernements et dans les commissions officielles de protection de la santé publique. Pourtant, les études menées par des scientifiques indépendants tendent à prouver la dangerosité des rayonnements électromagnétiques, mais elles sont ignorées par les industriels qui affirment que cette dangerosité n’est pas prouvée scientifiquement. Cette manœuvre n’est pas nouvelle. Les industriels l’ont déjà utilisée pour le tabac, l’amiante et la dioxine.

En attendant, ils se frottent les mains devant l’ampleur de l’arnaque des objets connectés. Vendus une fortune, ces objets sont à la fois des émetteurs d’ondes, des moyens de surveillance légaux et la cause d’un gaspillage phénoménal des ressources naturelles. Nous assistons à la mise en orbite de milliers de satellites et au développement à marche forcée de l’intelligence artificielle. Un contrôle généralisé de la population se met en place à une vitesse stupéfiante. C’est tout cela que le procès du 19 et 20 mars dénoncera.

Le principe de précaution doit être appliqué de façon rigoureuse. La santé des personnes et la préservation de l’environnement ne doivent plus être sacrifiées sur l’autel du profit. La situation de notre planète et des organismes vivants qui l’habitent est de plus en plus compromise par l’extractivisme et l’augmentation vertigineuse de la consommation d’énergie. Le réchauffement planétaire, la destruction de la biodiversité et les atteintes de toute sorte à l’environnement entraînent une série de catastrophes climatiques, sanitaires et humaines. Cette destruction du vivant connaît une accélération exponentielle. Les changements dépassent les prévisions des scientifiques qui sonnent l’alarme depuis longtemps. Le temps des bonnes paroles arrive à sa fin. Notre planète, nos mondes, sont en train d’être détruits sous nos yeux.

Devant l’étendue du désastre, il faut agir maintenant. Les États et les institutions internationales tiennent un discours écologique de façade en contradiction complète avec leurs actions. Il revient à chacune et chacun d’entre nous d’agir. Une réflexion globale et collective doit impérativement se mettre en place pour définir une nouvelle conception du vivant qui ne doit plus jamais être une marchandise. L’interdépendance entre tout ce qui vit implique la nécessité d’une coopération égalitaire entre l’humain et les autres organismes vivants.

Il est incontestable que les lois et normes actuelles sont au service des industries mortifères. La désobéissance civile est donc vitale. Pourtant, elle est souvent réprimée au nom d’un dogme « antiterroriste » qui cache mal la terreur réelle que les gouvernements sont prêts à exercer.

Le 19 et 20 mars à Limoge sera l’occasion de débattre et d’être solidaires de toutes celles et tous ceux qui cherchent à arrêter cette machine Infernale. .

Nous espérons que cet appel sera discuté, repris et amplifié.

Les inculpé•es et le Comité de solidarité du 15 juin

Et pour finir :

LYON : LE SALAIRE DE LA HAINE

On ignore pour le moment les circonstances précises de la bagarre qui a causé la mort d’un militant identitaire de Lyon. Toute l’extrême droite et une partie de la classe politique et des médias s’efforcent

 d’instrumentaliser ce décès, notamment contre LFI, mais aussi contre l’extrême gauche, en faisant de ce militant un martyr. Néanmoins, les groupes d’extrême droite, en particulier à Lyon, sont depuis des années à l’origine de très nombreux affrontements violents. Déjà, le 21 mai 2022, un communiqué signé par diverses organisations, dont la CGT et la FSU, dénonçait les agressions régulières commises à Lyon par ces groupes contre des militants ouvriers, de gauche et des immigrés. Cette fois, c’est le groupe Nemesis, dont l’égérie Mila arbore un T-shirt nazi, qui était venu faire de la provocation devant une réunion publique de Rima Hassan, bête noire de l’extrême droite en raison de son engagement pro palestinien.

Les néonazis lyonnais s’en sont pris aussi à des commerçants et à des librairies.

On ne peut se réjouir de la mort d’un jeune homme, mais celle-ci n’est-elle pas la conséquence de la politique de ces groupes dont la haine, le racisme et la violence constituent le fonds de commerce ? Serait-il possible de prôner sans arrêt cette haine et cette violence sans prendre le risque d’en subir les conséquences ?

La nuit du bien commun : perspectives de contre-attaque

Le jeudi 4 décembre à 19 h se tiendra aux Folies Bergère à Paris l’édition nationale de la Nuit du Bien Commun, série d’événements caritatifs initiés par Pierre-Edouard Stérin.

Ces Nuits reposent sur un fonctionnement simple : financer des projets d’associations compatibles avec leur vision raciste, patriarcale et réactionnaire. Sous couvert de charité, de philanthropie et de “bien commun”, c’est tout un réseau d’extrême droite qui est financé à coups de grands dons défiscalisés, alors même que les financements publics des associations sont à la baisse ! Elles sont le cheval de Troie du projet Périclès (Patriotes Enracinés Résistants Identitaires Chrétiens Libéraux Européens Souverainistes) de Stérin, visant à faire gagner l’extrême droite.

Dans l’émission de ce jour et pour illustrer cette mobilisation du jeudi 4 décembre, nous vous diffusons, la seconde table ronde enregistrée le 8 novembre 2025 au cirque électrique, intitulée Ce que Stérin tente de s’approprier : perspectives situées pour contre-attaquer. Nous entendrons les récits de collectif en lutte contre le système Stérin, notamment dans l’Allier, le Morvan et la Sologne, ou comment, avec l’appui d’élus locaux et de la bourgeoisie, le système stérin tente de s’implanter. Et nous terminerons ce tour d’horizon en Seine-Saint-Denis, plus précisément à Pierrefitte, ou il sera question d’une colonie de vacances bien particulière.

Rassemblement proche des Folies Bergère, le jeudi 4 décembre, à 18 heures, 3 Rue Saulnier métro cadet dans le 9ᵉ arrondissement de Paris

Toutes les infos sur https://blogs.mediapart.fr/la-scas-section-carrement-anti-sterin

DÉCOUVRIR ANTIFASCISME

Alors que l’extrême droite est au pouvoir dans de nombreux pays, la bannière de l’antifascisme semble au mieux reléguée à une condamnation morale abstraite ou à une vieillerie incantatoire. Faire découvrir l’antifascisme suppose ainsi de l’arracher au conformisme. C’est le pari que fait Stéfanie Prezioso, historienne et militante, qui redonne voix aux militant-es et les sort du formol dans lequel les a plongés l’historiographie. Elle donne à comprendre l’antifascisme comme il a été entendu et conçu par ses acteurs, en particulier dans l’entre-deux-guerres, et rend justice à la diversité de leurs traditions politiques (Gramsci, Pankhurst, Zetkin, Reich, Trotsky, Pivert, Guérin, Goldman, etc.).

L’actualité des luttes vous propose dans l’émission de ce jour, l’écoute d’une grande partie de cette rencontre avec Stéfanie Prezioso, qui se tenait ce 20 mai 2025 à la librairie le Monte en l’Air, dans le 20ᵉ arrondissement de Paris.

FRANCE ALGERIE UNE CRISE SUR FOND DE RACISME COLONIAL

Nous vous proposons ce jour d’écouter un montage du podcast de BLAST intitulé France Algérie, une crise sur fond de racisme colonial produit en mars 2025 avec la participation de Paul Max Morin et Nedjib Sidi Moussa.

Rien ne va plus entre l’Algérie et la France. Depuis la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental par Emmanuel Macron, la crise diplomatique entre les deux pays s’aggrave de jour en jour. Arrestation de l’écrivain Boualem Sansal en Algérie, déclaration choc et mise en scène du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau pour satisfaire l’extrême droite. Et un président français aux abonnés absent. Alors à quoi assistons-nous ? Cette crise annonce-t-elle un tournant dans les relations en la France et l’Algérie ? Et comment la pensée raciste et coloniale d’une partie de la classe politique française alimente cette crise ?

MANIFESTATION ANTIFASCISTE À PARIS

Dimanche 16 février au soir, le groupe antifasciste Young Struggle Paris a subi une descente punitive du GUD et des supporters parisiens fascistes des Boulogne boys. Trente fascistes se sont introduits dans le local dans lequel était organisée une projection du film Z, de Costa-Gavras, qui présente justement la montée violente de l’extrême-droite en Grèce. La raison de cette descente est d’avoir empêché une commémoration de la mort de Robert Brasillach, collaborationniste antisémite au cimetière du père Lachaise, la semaine précédente. 

Un militant de la CGT a été passé à tabac avant que les coupables s’enfuient en criant « Paris est nazi… Et Lyon aussi ! Avec une signature laissée sur le panneau du local de l’ACTIT, lieu de la projection. Dès le lendemain, un rassemblement de plusieurs centaines de personnes en réaction a eu lieu où la gauche institutionnelle était présente. Le samedi suivant, le 22, une manifestation unitaire à rassembler plusieurs milliers de personnes.

Dans l’émission de ce jour, nous entendrons les entretiens et prises de parole réalisés lors de cette manifestation et nous terminerons avec des sons recueillis sur le net, en lien avec la première partie de cette émission.

Une trentaine de néo-nazis, dont certains portaient des casques de moto, ont donc attaqué cette soirée, ont tabassé les participant-es et poignardé un syndicaliste de la CGT. Deux personnes ont été hospitalisées, mais aujourd’hui qui sont hors de danger.

Le chef de meute néo-nazi a donné calmement le signal de départ, puis le groupe a crié « Paris est nazi, Lyon est nazi aussi ». Un autocollant laissé sur place ressemble à une revendication : « KOB veille », avec un dessin de bulldog : la signature d’un groupe de hooligans d’extrême droite parisien. Le slogan évoque celui utilisé par l’OAS – organisation Armée Secrète – groupe terroriste pour l’Algérie française, qui a tué des milliers de personnes opposées au colonialisme, et qui revendiquait sur ses affiches  « OAS veille ».

Le mouvement Young Struggle dénonce « « une attaque visant clairement à empêcher l’organisation des travailleurs immigrés et la lutte de la jeunesse anticapitaliste et antifasciste organisée ». Une manifestation spontanée a eu lieu dimanche soir dans les rues de Paris, juste après les faits. Une enquête pour tentative d’homicide volontaire a été ouverte par le parquet de Paris. Le mode opératoire fait penser à de précédentes agressions commises à Lyon ces dernières années : des antifascistes avaient été poignardés en pleine rue par des militants néo-nazis, dans le but évident de tuer et de terroriser.

Cette attaque d’extrême droite intervient alors que la justice a définitivement annulé la procédure visant un commando néo-nazi qui avait préparé une attaque contre des supporters marocains fin 2022. Les faits étaient pourtant avérés et reconnus : le groupe avait été arrêté, lourdement armé, il était prêt à tuer des personnes maghrébines au cœur de Paris.

Parmi les personnes arrêtées à l’époque, un certain Marc Caqueray-Valmeunier, néo-nazi issu d’une famille de l’aristocratie, aujourd’hui embauché par Bolloré comme homme de main. La justice vient de décréter d’un vice de forme, et donc abandonne toutes poursuites, parce que la police n’avait pas correctement placé les armes saisies sous scellé. Un tel niveau d’incompétence relève de la complicité organisée, surtout dans un contexte hyper répressif et implacable à l’égard des mouvements sociaux, anti-racistes et écologistes.

Cette agression criminelle contre l’opposition turque et le mouvement kurde fait également écho à l’attentat d’extrême droite commis le 23 décembre 2022 dans le même quartier. Un criminel raciste de 69 ans, déjà condamné pour une attaque armée contre des exilés, ouvrait le feu sur le centre culturel Kurde de Paris et plusieurs commerces environnants appartenant à la communauté. Trois personnes étaient assassinées. Le mouvement kurde avait déjà pointé l’incurie des autorités françaises dans cette affaire.

CONTRE L’EXTRÊME-DROITE DANS LE 20ᵉ MANIFESTATION LE SAMEDI 08/02 !

Cette attaque pourrait constituer une riposte de la part des fascistes du GUD suite à leur impossibilité à défiler comme tous les ans, début février, dans le 20ᵉ arrondissement de Paris pour commémorer la mort de Robert Brasillach, collaborationniste antisémite fusillé à la Libération et enterré au cimetière de Charonne.

Le GUD est une organisation raciste, xénophobe et ultraviolente, connue pour des faits de passages à tabac racistes, de tortures, voire de meurtres, comme récemment en mars 2022, pour l’assassinat en plein Paris du rugbyman argentin Federico Martin Aramburú. L’heure est grave, les fascistes et racistes sont installé.es dans la rue et à l’assemblée. Aujourd’hui, le RN, qui compte en ses rangs des membres du GUD, est le parti le plus nombreux de l’Assemblée nationale. Les militants d’extrême-droite sont en confiance : À Paris, Reconquête et d’autres groupes racistes osent ainsi venir alpaguer et agresser les mineur.es du Collectif des Jeunes de Belleville qui lutte et occupe la Gaîté Lyrique.

Lois islamophobes, violences policières partout en France et dans le 20ᵉ, loi Darmanin, circulaire Retailleau et tractations avec le RN ; le gouvernement en place collabore activement avec l’extrême-droite. Il est donc de notre responsabilité de nous organiser pour la faire reculer nous-mêmes, et pour ne surtout pas lui laisser la rue.

De nombreux collectifs appelaient à une manifestation pour empêcher ce défilé. Parce que le 20ᵉ arrondissement est profondément antiraciste et antifasciste, nous vous appelons, habitant.escommerçant.esmilitant.es, organisations politiques et associatives, à rejoindre la mobilisation contre la venue des fachos dans notre quartier.

PAS DE FACHOS DANS NOS QUARTIERS !

PAS DE QUARTIERS POUR LES FACHOS !

Collectif 20ᵉ solidaire avec toutes les migrantes et tous les migrants

La bataille culturelle de l’extrême droite sur internet

Dans cette émission, vous pourrez entendre une émission sur la bataille culturelle, plus particulièrement sur la bataille culturelle menée sur internet par l’extrême-droite. Maxime Macé et Pierre Plotu sont deux journalistes à Libération qui ont écrit un livre “pop fascisme : comment l’extrême-droite a gagné la bataille culturelle sur internet“. Avec ces derniers qui présentaient leur livre à la librairie du Monte en l’air, à Paris, le jeudi 26 septembre dernier, nous explorerons cette question. Avant — et cela constituera la seconde partie de cette émission — d’entendre une archive de notre émission, en date du 26 janvier 2022, et qui portait sur la banalisation des idées d’extrême-droite. Avec l’intervenant de cette émission d’alors, qui était Hervé du collectif antifasciste La Horde, vous entendrez plus précisément au travers du parcours de la personne de Jean-Yves le Gallou, comment a été projeté la réhabilitation des idées d’extrême-droite et comment a été théorisé l’usage d’internet. Cela permettra d’éclairer, rétrospectivement, l’usage qui est fait d’internet, aujourd’hui, dans les années 2020.

L’extrême-droite : la résistible ascension

Dans cette émission, nous vous ferons entendre la présentation enregistrée du livre “Extrême droite : la résistible ascension“, paru aux éditions amsterdam, et qui se tenait le 20 septembre dernier à la libraire du Monte en l’air à Paris, en présence de trois chercheurs en sciences sociale ayant participé à cet ouvrage collectif. Ugo Palheta est sociologue, maître de conférences à l’université de Lille, rattaché à l’équipe « Cultures et sociétés urbaines » du Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris, et actuellement en délégation à l’Institut national d’études démographiques (INED). Il est par ailleurs co-directeur de publication de la revue “Contretemps” et a travaillé ces dernières années sur la dynamique fasciste ; Stefano Palombarini est économiste, maître de conférences à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Il est spécialiste des liens entre blocs politiques et régimes économiques, notamment le néolibéralisme ; enfin, Marlène Benquet est sociologue et politiste. Elle travaille sur la finance, les modes d’accumulation, la financiarisation des entreprises, de la vie politique et de la fin de vie. Elle a entre autre écrit La finance autoritaire. Vers la fin du néolibéralisme (écrit avec Théo Bourgeron, aux éditions du Seuil, Raisons d’agir, en 2020). L’ouvrage en outre est issu d’un colloque de l’institut de la Boétie.

Dans cette émission, il sera développé les dynamiques pouvant expliquer le vote à l’extrême-droite, tant pour les classes populaires que pour les classes dominantes. Il sera aussi question de l’articulation du néo-libéralisme et de l’extrême-droite, de leur alliance, sinon de leur fusion, notamment au travers du libertarianisme réactionnaire.

Vous trouverez à cette adresse une présentation par le média Contre-attaque de Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur, et qui en un sens, symbolise l’union des néo-libéraux et de l’extrême-droite.

Voyage a la tronçonneuse – Massacre en Argentine

Dans l’émission de ce 14 mai, nous diffusons une émission reportage produite par radio Béton qui revient sur la situation en Argentine.

Lien de leur site: https://www.radiobeton.com/www/events/event/emission-reportage-voyage-a-la-tronconneuse/

“Le 10 décembre 2023, le nouveau président argentin ultralibéral Javier Milei prend ses fonctions et lance son « plan tronçonneuse » : un massacre en règle de l’État social en mode stratégie du choc.

Quatre jours plus tard, quatre comparses, leurs trois enfants et un enregistreur atterrissent en Argentine pour retrouver leurs vieux et veilles ami.e.s rencontré.e.s six ans plus tôt dans une zone rurale du centre du pays.

Entre des balades dans les montagnes, des ateliers masque avec les enfants du quartier et des apéros dans leur maison provisoire avec les copaines, iels prennent la mesure de la catastrophe économique et sociale qui s’annonce.” Carnet de voyage sonore réalisé par le collectif LaCucaracha

Musiques : “Eco Sistema” de Sara Hebe ; “Me han robado el mar” de Sofia Viola ; la mixtape “Algunos booty beats” de Ramiro Jota ; “Le Bal des soubrettes” de Fred Pallem et Le sacre du tympan ; et enfin “Agüitay” de César Alejandro Vilte dans le film “Au nom du lithium”.

Argentine : l’élection de Javier Milei

En haut à droite : “Ici les forces du ciel nous disent qu’il ne faut pas sous-estimer les forces du sol”* ; En bas à gauche : “DNU dehors Milei, la caste ne sont pas les libres du Sud/travailleurs” ; En bas-milieu : “Milei je te défie de vivre avec le salaire de ma mère”

Dans cette émission, il sera fait un état des lieux de l’Argentine, des dynamiques à l’œuvre ayant conduit à l’élection du président libertarien argentin Javei Milei, le 19 novembre 2023. Avec notre invitée, Lauriane de la commission Amérique Latine du Nouveau Parti Anticapitaliste, nous nous entretiendrons du profil politique du nouveau président, de ses liens avec les extrêmes-droites, et bien sûr de ses politiques. Le 24 janvier 2024, jour d’appel à la grève générale, se tenait de nombreuses manifestations à travers le pays afin de contester deux énormes trains de mesures : la loi dite Ómnibus et le Décret de Nécessité et d’Urgence (DNU) ; lesquelles entraîneraient si elles étaient adoptées, de profonds reculs des droits sociaux et politiques, mais aussi des mesures répressives et quantité de dérégulations. C’est à cette attaque brutale que répond une partie de la population argentine, par cette première journée de mobilisation d’ampleur.

Commentaire de slogan
*Par rapport à la référence inscrite sur le ballon visible dans la vignette d’illustration : “Les forces du ciel” font initialement référence à une citation de l’Ancien Testament, écrits au IIe siècle avant notre ère et traitant des révoltes des Maccabées. « À la guerre, la victoire ne dépend pas du nombre de soldats, mais des forces du ciel. ». Un article de Clarin en date du 10 décembre 2023 nous apprend que Javier Milei se serait référé pour la première fois à cette citation en 2021, pour faire référence au protestations sociales à Cuba, et une autre fois, selon lui, afin de répondre à ceux qui remettaient en question le poids de son nouveau et alors minuscule parti, La Libertad Avanza (LLA), au Congrès. Après quoi, avec notamment l’usage des réseaux sociaux, ses militants auraient repris à leur compte l’expression, jusqu’à s’en faire une identité. L’expression a depuis été réutilisée, et a servi allégrement dans le merchandising de la campagne présidentielle du nouveau président argentin, devenant également un meme, comme le fut le slogan Make America Great Again pour Donald Trump aux États-Unis. Toutefois, cette première expression se distingue par sa dimension messianique, et vient renforcer la dimension de figure providentielle et d’outsider de Milei. Les forces du ciel ne sont de sorte pas juste ses militants, mais constituent aussi la force et la ferveur qui anime sa politique et ses partisans. A la manière de David contre Goliath d’une certaine façon. On comprendra donc que l’inscription sur le ballon en haut à droite de la vignette d’illustration « Ici les forces du ciel nous disent qu’il ne faut pas sous-estimer les forces du sol », constitue une réponse à l’ambition de Milei et de ses partisans, non sans une certaine ingéniosité dans sa réarticulation : le ciel fait référence au ballon, lequel n’est en réalité qu’une balise pour se rendre visible, à la manière d’une ancre rattachée à la terre. Terre qui se trouve être les masses manifestantes, présentes en nombre ce jour-là. Une manière de ramener symboliquement le président argentin à la réalité, et de signifier que si le ciel pouvait insuffler et guider les foules, il pouvait également soulever des montagnes.

Lien vers le site de l’Assemblée de Citoyens Argentins en France (ACAF) : lien
Lien vers le site H.I.J.O.S. Paris : lien

APPEL DE LA MARCHE DES SOLIDARITE/ VIOLENCE POLICIERE : HOMMAGE A RAYANA

Dans cette émission, nous vous diffusons plusieurs montages en appel à deux rdv qui auront lieu demain. Tout d’abord nous vous diffusons la conférence de presse de la Campagne Antiraciste de Solidarité organisée par la Marche des solidarités qui avait lieu le 8 juin 2022 en appel au rdv du samedi 11 juin Place Blanche à 15 h contre le racisme et l’extrême droite, pour la justice sociale et climatique et pour l’égalité des droits de toutes et tous.

Extrait du texte d’appel :

“Encore Macron à l’Élysée, rien de bon à espérer, tout à redouter : on n’attend pas !
Treize millions de voix pour l’extrême-droite, le fascisme en embuscade, on n’a plus l’temps!
Cotes d’alertes dépassées pour la planète et le vivant, on n’a plus l’temps!
Réfugié·e·s sacrifié·e·s, Sans-papiers pourchassé·e·s et surexploité·e·s, on n’a plus l’temps!
Les prix explosent, des milliards pour les grands patrons, mourir au travail ou crever au chômage, on n’a plus l’temps!
Crimes racistes, féminicides, crimes policiers, on n’a plus l’temps!

Alors, on n’attend pas!

L’égalité des droits pour tou·te·s, c’est maintenant !
Liberté de circuler, de manifester, régularisation des Sans-papiers, c’est maintenant !
Justice sociale et climatique, c’est maintenant !
Plus de fascistes dans nos quartiers, c’est maintenant !
Le pouvoir de vivre, c’est maintenant !”

Ensuite, nous vous diffusons un montage  en vue du rdv de demain à 13 h Place de la République contre les violences policières, en Hommage à Rayana morte des suites d’un contrôle de police le 5 juin 2022, et pour l’abrogation de la loi de présomption de légitime défense de la police ( article l 435-1 de la loi de sécurité intérieur de 2017).

Extrait du texte d’appel :

” Non au permis de tuer !

Samedi 4 juin, dans le quartier de Château-Rouge, la police a tiré sur des personnes en refus d’obtempérer. Au cours d’un contrôle pour non-port de ceinture de sécurité, des policiers ont tiré neuf balles sur un véhicule, blessant le conducteur au thorax et une passagère à la tête. Cette jeune femme de 21 ans est décédée des suites de ses blessures.

Nous habitant·es, membres d’organisations du 18e, choqué·es et bouleversé·es par cet événement d’une extrême violence, manifestons notre colère et notre indignation. Nous apportons tout notre soutien et solidarité aux victimes ainsi qu’à leurs familles.
C’est l’ensemble de la population qui est mise en danger par cet usage d’armes à feu sur la voie publique, un samedi en pleine journée.
Ce drame s’inscrit dans un climat de violence et de harcèlement policier déjà particulièrement pesant dans nos quartiers.

La police tue.

Elle a encore tué il y a quelques jours en plein Paris. Cette fois, la victime est une jeune femme de 21 ans. Un homme de 38 ans a été sévèrement touché.
Il y a quelques semaines, c’étaient deux frères qui étaient tués au fusil d’assaut par un policier. Et ils ne sont malheureusement pas les seuls. La liste des personnes violentées, mutilées, tuées par les forces de l’ordre ne cesse de s’allonger. Cela fait des années que nous dénonçons ces crimes. Cela fait des années que nous alertons en particulier sur la loi de 2017 qui a assoupli les règles d’usage d’armes à feu pour les policiers. C’est derrière l’article L435-1 qu’ils se cachent pour justifier ces meurtres. Jusqu’à quand ?”

Vous pourrez donc entendre le témoignage d’Inès, amie de Rayana présente dans la voiture lors du contrôle policier qui a entraîné la mort de la jeune fille ; celui de l’avocat du conducteur de la voiture, actuellement mis en examen, Ibrahim Shalabi, puis un extrait de la conférence de presse du jeudi 9 juin avec la sœur du conducteur, la tante de Souheil El Khalfaoui mort lors d’un contrôle à Marseille en aout dernier ; et  enfin Amal Bentounsi du collectif Urgence notre police Assassine.

Bonne écoute !

LES SERVICES PUBLICS : l’école, la santé, la poste

L’émission de ce jour, reviendra sur les différentes menaces qui pèse sur l’avenir des services publics en France comme en Europe. Pour illustré ce sujet, dans l’émission de ce jour, nous vous proposons trois reportages.

Tout d’abord, la situation à l’école élémentaire pasteur de Saint-Denis

Le 4 avril, 6 des 19 enseignant·es de l’école élémentaire Louis Pasteur
à Saint-Denis ont appris qu’ils et elles allaient subir une mutation «
dans l’intérêt du service », dans les jours à venir.Cette décision des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN 93) est la suite d’une série de maltraitances institutionnelles.

À la rentrée 2021, après une année sans direction d’école où l’équipe a dû porter seule les charges administratives, une nouvelle directrice a été nommée par la direction académique. Très rapidement, celle-ci a mise en place des pratiques managériales allant contre le fonctionnement collectif et coopératif de l’équipe et ne prenant jamais en compte l’intérêt des enfants.

Ils·elles ont appris par la suite que la directrice entretenait des relations avec
l’extrême-droite. Aujourd’hui, l’institution, au lieu de protéger les enseignant·es comme il est de son devoir (les demandes de protection fonctionnelle sont restées sans réponse), les réprime violemment et collabore ainsi avec l’extrême-droite !

En prenant cette décision de muter de force des enseignant·es investi·es
auprès de leurs élèves (certain·es sont en poste depuis plus de dix ans
dans l’école) sous prétexte d’une volonté de retour à la « sérénité de
l’école », l’administration prive les élèves de six classes de leur
maître·sse en plein cours de l’année scolaire et désorganise ainsi le
service public d’éducation.

Les enseignant·es de l’école, les parents d’élèves et plusieurs syndicats du 93 appelaient à un rassemblement en soutien aux “6 de Pasteur” le 12 avril dernier devant la DSDEN à Bobigny.”

L’équipe de l’actualité des luttes, se trouvait dans le rassemblement et nous pourront entendre les différentes prises de parole et une interview réalisée avec une enseignante qui nous parle de la situation à Louis Pasteur.

LE 7 AVRIL 2022, Le collectif notre santé en danger, le collectif inter-Urgences, le collectif Stop aux brevets-Réquisitions et le Réseau Santé européens organisaient une manifestation, à l’occasion de la journée mondiale de la Santé, pour interpeler le gouvernement français sur la situation du secteur de la Santé, en France et en Europe.

Dans ce second reportage, nous vous diffusions les entretiens réalisés avec des syndicalistes Belges, majoritairement présent dans le cortège parisien et il nous parle de la situation du secteur de la santé et des services publics en Belgique.
À signaler la faible participation des confédérations syndicales française dans la manifestation parisienne.

Nous terminerons cette émission sur le droit syndical à la poste et pour cela nous nous rendrons à Issy-Les-Moulineaux, ou Le 28 mars dernier était organisé un rassemblement de soutien à Xavier, postier syndicaliste à SUD PTT 92, pourtant protégé, convoqué pour son Entretien Préalable a Licenciement pour prises de parole et activité syndicale.

PRE-ASSISE DE LA PRESSE INDÉPENDANTE : du constat aux possibles

Image d’illustration : https://lagedefaire-lejournal.fr/la-carte-de-la-presse-pas-pareille-2021/

Alors que Bolloré parachève son empire médiatique entièrement dédié à l’extrême-droite, et en plein contexte d’une période électorale disons… tendue, ou gerbante, selon le point de vue, et une nouvelle guerre chaude-froide par-dessus le marché, l’idée est de réfléchir sur la place que peut/doit tenir le réseau médiatique indépendant dans cette période.

“Le 26 et 27 mars 2022, avait lieu à la librairie du Monte-en-l’air les : “Pré-assises Pré-Présidentielles de la Presse Pas Pareille”. Un événement se présentant comme un préambule aux véritables assises de la presse indépendante, devant se dérouler le 4 et 5 juin dans les environs de Nice.

Organisée par la rédaction du journal mensuel “Mouais”, ces discussions avaient pour objet de réfléchir à la situation de la presse indépendante, à la faveur de tables rondes thématiques.

Dans l’émission proposée ici, a été retenu des morceaux choisis sur l’état des médias dominants et leur rapport à l’extrême-droite. Tandis qu’une autre partie, la seconde de l’émission, s’intéresse aux possibles de la presse indépendante. Et plus particulièrement à la question de l’écosystème.”

COMMENT LES IDÉES D’EXTRÊME DROITE SE SONT BANALISÉES

Dans cette émission, nous nous revenons sur l’évolution de l’extrême-droite avec Hervé du collectif antifasciste La Horde, afin de se donner des outils pour résister à l’omniprésence médiatique des discours d’extrême-droite, qui ne va pas aller en s’arrangeant avec la campagne électorale.


Pour remettre les choses à l’endroit, on analyse certains des retournements opérés par les discours d’extrême-droite, par exemple faire passer les hommes blancs hétérosexuels pour les victimes principales de la marche actuelle du monde.

D’abord, on s’interroge sur le choix des mots : pour ne pas tout mélanger, il est important de pas qualifier tous les adversaires ou ennemis politiques de “fascistes”. En effet, en France, historiquement, on a plutôt une extrême-droite nationaliste, réactionnaire et des gouvernements autoritaires, qu’un véritable passé fasciste à la sauce italienne. 

Pour y voir plus clair, notre invité propose un retour sur les fondements idéologiques de l’extrême-droite dans la 2e moitié du XXe siècle. Même s’il existe “50 nuances de fafs”, la plus grande partie de l’extrême-droite française a en commun d’être réactionnaire (elle veut revenir à un “avant” idéal, en général avant 1789), inégalitaire et élitiste (l’inégalité est supposée être dans l’ordre des choses, justifié par la nature, Dieu, le bon sens…).

Après la défaite du nazisme, l’enjeu pour les nationalistes réactionnaires était de réussir à revenir dans le jeu politique alors que leurs discours n’étaient plus acceptables après la guerre et là Shoah. Ce processus s’est avéré très long, mais mai 68 a fini de convaincre la droite nationaliste qu’elle devait mener une bataille sûr
le terrain de la culture, des valeurs.

D’où le projet du Front national au début des années 1970 : un parti qui s’inscrit dans le jeu électoral républicain, qui tente de rassembler toutes les tendances nationalistes, ce qui n’allait pas de soi. À cette époque, différentes organisations et
intellectuels travaillent à une transformation du discours d’extrême-droite pour être de nouveau entendables dans les termes de l’époque, même si l’intégration au cadre républicain a des limites.

Parmi les idéologues de l’extrême-droite, on prend l’exemple de Jean-Yves Le Gallou, passé la le GRECE et la Nouvelle Droite qui créée le club de l’Horloge au milieu des années 1970. Ultra-libéral sur le plan économique, il est le promoteur du concept de préférence nationale, qu’il ne parvient pas à vendre à la droite classique, mais que le FN adopte avec enthousiasme.

Au début des années 2000 il revient à la lutte “culturelle” avec le même projet de réhabilitation des idées d’extrême-droite et théorise l’usage d’internet et le concept de réinformation qui est aujourd’hui central (notamment chez le candidat E.Z. soutenu par Le Gallou).

Ce qui nous amène à l’état des lieux de la situation actuelle : les discours d’extrême-droite choquent encore, dans une certaine mesure, car la gauche a tout de même gagné du terrain, par exemple sur l’antiracisme, le féminisme et la lutte contre l’homophobie. C’est là que le concept de réinformation entre en jeu : il a plus à voir avec la propagande qu’avec l’information et tente de répondre au besoin, pour l’extrême-droite, de faire accepter des idées qui ont été inacceptables pendant des décennies. 

La réinformation fonctionne de pair avec une stratégie de victimisation, notamment le fait de se dire censuré alors qu’on les entend partout, ou encore de se revendiquer “dissident”. Ce terme renvoie à la dissidence en Union soviétique et permet de se présenter comme des libre-penseurs face à une dictature qui prend les allures de la démocratie. Il est donc important de ne pas se faire avoir par ce sophisme : “si on était vraiment dans une démocratie, nos idées (racistes, sexistes, etc) ne seraient pas inacceptables”.

On voit bien en effet que quand des personnalités d’extrême-droite se revendiquent de la liberté d’expression, c’est leur liberté d’expression à eux qu’ils défendent et
pas celle des groupes sociaux que l’on n’entend jamais ! Face à ces stratégies qui retournent complètement la réalité des inégalités, il faut se rappeler qu’à gauche on défend un monde égalitaire, que c’est une lutte de chaque jour et que ce n’est jamais
vraiment acquis.

Et enfin, n’oublions pas qu’on n’a pas à débattre avec l’extrême-droite,
tout simplement parce qu’on n’a rien à lui dire !