REFORME DES RETRAITES 2023 : suite des mobilisations

À la veille d’une nouvelle journée de manifestation contre la réforme des retraites, alors que la colère et le rejet massif de cette réforme s’étend, nous poursuivons le suivi des actions et des mobilisations.

Hier, une action de gaziers et électriciens s’est faite sur le chantier et à l’alentour de la future cité olympique de Saint-Denis. Aujourd’hui, une mobilisation des agent.e.s de la Filière ouvrière de la DPE (Ville de Paris) qui occupent le centre d’incinération d’Issy-les-Moulineaux à l’appel de la CGT FTDNEEA au 99 quai du président Roosevelt, à Issy-les-Moulineaux.

Dans le direct de ce jour, nous sommes revenus avec un reportage sur l’action d’hier à Saint-Denis et par la suite, nous avons eu par téléphone un camarade de Saint-Nazaire pour les mobilisations en Loire-Atlantique. Dans la continuité, des salarie-e-s des transports en région parisienne et en fin d’émission Le récit d’une occupation d’usine produisant de la chaleur par le biais de déchets ménager.

REFORME DES RETRAITES 2023: manifestation du 7 mars

En opposition à ce projet de réforme des retraites, l’unité des organisations syndicales a construit un mouvement social solide, déterminé, ancré dans le paysage social de tout le pays. Il révèle également l’inquiétude face à la désertification des territoires, le manque de services publics, les incertitudes en matière d’emploi, de salaires et de pouvoir d’achat.

En complément de ces manifestations, c’est plus d’un million de personnes qui ont signé et diffusent la pétition en ligne proposée par les organisations syndicales. Cette opposition à la réforme touche désormais toutes les strates de la population.
Malgré cela, le gouvernement et le président de la République restent sourds et dégradent la cohésion sociale du pays en refusant toujours de retirer ce projet injuste.

L’équipe de l’actualité des luttes se trouvait dans la manifestation parisienne du 7 mars et dans l’émission de ce jour, nous entendrons les paroles de luttes de cheminotes et cheminots lors d’assemblée générale du matin à la gare du nord.

Ensuite, nous nous rendrons en ce début d’après-midi dans la manifestation ou nous entendrons entre-autre un gazier, un salarié de Géodis-calberson, des professeurs de Bagnolet…

MANIFESTATIONS : contre la réforme des retraites/ contre la loi asile et immigration

En ce jour de mobilisation nationale contre la réforme des retraites, nous décidons de vous diffuser plusieurs reportages. Tout d’abord un reportage qui a été réalisé lors de la manifestation contre la réforme des retraites du jeudi 16 février 2023 dernier à Paris. Ensuite nous vous diffuserons un reportage qui lui a été réalisé lors de la manifestation du 18 février 2023 contre le projet de loi asile et immigration qui partait de la Porte Dorée en direction du Centre Administratif de Rétention de Vincennes. En effet, le mercredi 1er février 2023, le projet de loi sur l’asile et l’immigration a été présenté en Conseil des ministres. Il devrait être présenté au Sénat en mars puis à l’Assemblée nationale avant l’été. Ce 22ème texte en 30 ans confirme une fois de plus l’érosion des droits des personnes exilées en France. Dans cette émission nous vous diffusons ces deux reportages car il est nécessaire de faire le liens entre différentes attaques du gouvernement afin de les combattre.

APPEL A LA MOBILISATION DU 7 MARS 2023

En appel à la mobilisation du 7 mars 2023 contre la réforme des retraites, nous sommes aujourd’hui en direct afin d’effectuer un tour d’horizon de la mobilisation en cours. Dans un premier temps vous pourrez entendre un reportage réalisé lors de la manifestation aux flambeaux du vendredi 03 mars 2023 dans le 20 éme arrondissement de Paris. Puis, nous aurons Karim de CGT énergie ouest Ile-de-France; Fred du dépôt de bus de Lagny dans le 20eme arrondissement; et enfin, Fathia et son collègue de st Ouen sur la mobilisation aux incinérateurs de Paris.

Ce fut l’occasion de revenir sur l’état à cette date de la mobilisation, la nécessité et les besoins d’une gréve reconductible, et les différents rendez vous de la semaine.

CONTRE LA LOI ASILE ET IMMIGRATION

En appel à la mobilisation contre la loi Asile et Immigration du 18 février 2023, dont le départ de la manifestation sera à 14h à porte Dorée en direction du Centre de Rétention de Vincennes; nous vous diffusons aujourd’hui le montage de la rencontre qui avait lieu le 8 février 2023, à la Flèche d’or, dans laquelle vous entendrez un ensemble de collectifs qui participent de cette mobilisation.

Boulangerie : entretien sur son milieu et ses conditions de travail

Aujourd’hui, nous allons parler d’un sujet non des moindre, que celui de la boulangerie. Peut-être avez-vous entendu parler de la manifestation début 2023 du petit patronat artisan s’y référant, observé l’augmentation de certains produits, ou même vu des stores baissés. L’augmentation du coût de l’énergie dans le sillage de la libéralisation du marché de l’électricité et de ses fonctionnements idéologiques absurdes s’en trouve pour partie responsable. Mais au-delà de cette médiatisation et de l’aura dont jouit la profession, vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il se passait dans l’arrière-coulisse, derrière les murs du fournil ou de ceux des écoles de formation ? A cette fin, vous entendrez un entretien réalisé avec Bastien*, ayant commencé comme apprenti à 14 ans, et Auria*, qui elle, s’est reconvertie à l’âge adulte. Deux parcours différents, mais qui croisés, éclairent sur le milieu de la boulangerie. Au programme : conditions de travail, salaires, discriminations, et plus largement, un portrait de ce milieu paradoxalement si méconnu.
*Les prénoms des intervenants ont été changé.

MANIFESTATIONS DU 07/02/2023 ET DU 11/02/2023 CONTRE LA REFORME DES RETRAITES

La mobilisation contre la réforme des retraites continue. Cette semaine deux dates de manifestation étaient posées : le mardi 7 février et le samedi 11 février. Nous nous sommes donc rendus à celles ci afin de questionner les manifestants sur les raisons de leur présence, la stratégie de lutte mise en place, et la possibilité d’un départ en gréve reconductible. Vous pourrez donc entendre dans une première partie d’émission les reportages réalisés lors de la mobilisation du mardi 7 février 2023 sur Paris. Ensuite vous pourrez entendre un reportage réalisé lui le samedi 11 février 2023 dans la ville de Montpellier. Nous terminerons l’émission en vous diffusant le point d’étape fait par un camarade du Tarn sur la mobilisation dans sa région.

UN MÉDECIN DANS LA VILLE

Illustration issue Du site https://lepoing.net/

Les 2 et 3 décembre 2022, les médecins libéraux appelaient à un mouvement de gréve pour réclamer entre autre un doublement du paiement de leurs consultations qui aujourd’hui est à 25 euros. L’équipe de l’actualité des luttes à chercher à savoir quelle était la signification de cette grève et quelle place a une médecine de ville qui ne serait plus une médecine à la chaine.

Pour toutes ses questions, nous avons rencontré le 26 janvier 2023, Ismaël Nureni Banafunzi, médecin généraliste, qui exerce dans une Maison de Santé dans le 19e arrondissement de Paris et membre du syndicat de la médecine générale. C’est cet entretien que nous vous proposons dans l’émission de ce jour.

Communiqué de presse du 22 novembre 2022
Grève des 1er et 2 décembre : le SMG n’appelle pas à la grève.
Le Syndicat de médecine générale ne s’associe pas à l’appel à la grève lancée pour le 1er et 2 décembre par un groupe de médecins libéraux·ales et repris par d’autres syndicats.

La défense d’un soin de premier recours de qualité, accessible à toutes et tous ne saurait passer par des revendications corporatistes portant sur le tarif des actes de consultation et le chantage au déconventionnement.

En effet, ce sont encore une fois les assuré·es sociaux·ales qui in fine paieront
la note, sans pour autant voir leur quotidien s’améliorer. Le SMG ne partage pas les revendications quant à l’augmentation des tarifs des consultations en médecine générale, mais milite au contraire contre la rémunération à l’acte et contre la libéralisation de la protection sociale. Il défend une assurance maladie obligatoire universelle remboursant à 100 %1 où « chacun·e cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ».

Il ne partage pas non plus la critique systématique de l’exercice coordonné et du partage des tâches avec les autres professionnel·les de santé. Au contraire, il défend l’idée que la pluridisciplinarité et les regards croisés entre professionnel·les sont une partie de la solution pour améliorer l’état de santé individuel et global de la population 2.

Concernant les modifications de la formation des internes en médecine générale, le SMG avait déjà pris position pour défendre les conditions de travail et la qualité de la formation des étudiant·es en médecine 3. Il persiste à penser que l’amélioration de la formation des étudiant·es en médecine sur un plan qualitatif est une meilleure piste pour améliorer l’accès aux soins.

Paiement à l’acte, libéralisation de la protection sociale, Mon espace santé, téléconsultation, 4e année de médecine générale, etc. : fausses bonnes idées, vraies dégradations des soins. Augmentation des services publics, 100 % Sécu pour chacun·e et démocratie sanitaire, voilà où est l’avenir selon le SMG.
Pour la défense d’un système de santé vraiment égalitaire, solidaire et respectueux des conditions de travail des professionnel·les de santé, rejoignez le SMG !

Le groupe d’animation du SMG
syndmedgen@free.fr Tél/Fax : 01 46 57 85 85

1 https://syndicat-smg.fr/pour-l-assurance-maladie-obligatoire-universelle-remboursant-a-100
2 https://syndicat-smg.fr/quelle-organisation-territoriale-de-sante-voulons-nous
3 https://syndicat-smg.fr/Lettre-ouverte-aux-enseignants-de

Un rendez-vous que nous vous proposons pour ce dimanche 12 février à la cantine des Pyrénées à Paris https://www.agendamilitant.org/Cine-club-Jojo-des-luttes-radio-militante.html

MANIFESTATION DU 31 JANVIER 2023

Le mardi 31 janvier 2023 c’est 2, 5 millions de personnes qui défilaient dans les rues sur l’ensemble de la France contre le projet de réforme des retraites. Dans cette émission nous vous diffusons un ensemble de reportages que nous avons récoltés dans les rues. Dans une première partie d’émission vous entendrez les reportages réalisés à paris tout au long du parcours de la Place d’Italie, aux Invalides. Dans une seconde partie d’émission nous élargirons notre périmètre en vous diffusant un reportage réalisé à Tarbes, puis un bilan des mobilisation dans le Tarn à Albi, et enfin un point d’info sur la mobilisation au Pays Basque.

REFORME DES RETRAITES 2023 : tour d’horizon des mobilisations

Le projet de loi réformant le système de retraites était présenté le lundi 23 janvier en Conseil des ministres. Malgré la séquence, débutée jeudi 19 janvier, de fortes mobilisations dans la rue et dans plusieurs secteurs professionnels, le gouvernement compte bien faire passer sa version du texte le plus rapidement possible. Pour ce faire, il inscrit cette réforme dans un projet de loi rectificatif du budget de la Sécurité sociale. Et pourrait ainsi recourir, pour la première fois depuis sa création, à l’article 47-1

Le mardi 31 janvier, nouvelle journée de grève et de manifestation partout en France avec autant de monde et de détermination. Deux nouvelles journées appelées les 7 et 11 février.Plusieurs appels de grèves reconductibles. Comment cela se met en place ?

C’est de cela dont nous allons parler dans l’émission de ce jour. Et pour ce faire, nous serons en compagnie de Laurent, conducteur de bus au dépôt de Montrouge. Karim, secrétaire CGT énergie ouest Île-de-France et Romain, secrétaire général de la CGT Énergie 93.

LE CAMPUS CONDORCET SE MOBILISE CONTRE LA REFORME DES RETRAITES

Lundi 23 janvier 2023, à la Maison des Jeunes, un petit bâtiment au sein du campus EHESS-Condorcet à Aubervilliers seine-saint-Denis dont les portes s’ouvrent manuellement, à la différence de toutes les autres portes des bâtiments du campus qui sont à ouverture/ fermeture électronique, on était une bonne trentaine. L’idée était de prendre le lieu pour l’utiliser comme lieu de discussion et d’organisation pour les luttes. On a barricadé les portes, sauf une. Une banderole est accrochée dans le but de pouvoir diffuser un appel à rejoindre le lieu dans la soirée.

Ceci est le témoignage des étudiantes et étudiants qui ont tenté-e-s d’occuper ce lieu pour protester contre la réforme des retraites.

Avec nos invité-e-s, nous revenons sur cette occupation et comment, dans ses lieux sans vie, on tente de faire rentrer la politique : la vie de la cité.

Quels sont les enjeux véritables de la réforme des retraites?

Le « problème » des retraites est une construction politique. Ce terme renvoie, lorsqu’il est utilisé à propos de la réalité économique et sociale, à la sphère de la technicité, de l’expertise. En revanche, utiliser le terme « question » à propos de la réalité économique et sociale, signale la possibilité non seulement de la pluralité des réponses, mais aussi de leur éventuelle contradiction : en général, à une question correspond rarement une seule réponse, mais plusieurs réponses possibles, voire des réponses contradictoires, ce qui, à la différence de la sphère de la technicité, laisse la place au débat et à la pluralité des points de vue propre à la réalité économique et sociale.

Pour répondre à la question des Retraites, y a deux options : augmenter les recettes, ou réduire les dépenses. Le pouvoir choisit la réduction des dépenses : augmenter la durée de cotisation nécessaire et reculer l’âge légal de départ à la retraite, revient à diminuer le montant moyen des pensions versées et la durée pendant laquelle ces pensions sont versées.

En effet, dans la réforme Macron, pour toucher une retraite à taux plein (sans décote), il faut remplir une condition d’âge minimum (64 ans) et une condition de durée de cotisations requises (43 ans). Si, arrivé à l’âge légal de départ à la retraite, on décide de partir en retraite sans avoir assez de trimestres cotisés, on touche une pension décotée (diminuée) jusqu’à sa mort.

L’idée est d’inciter les gens à chercher à travailler au-delà de l’âge minimum de retraite afin d’obtenir le nombre de trimestres manquants… en sachant qu’il y a un âge d’annulation de la décote dit aussi de « taux plein automatique » (variant de 65 à 67 ans aujourd’hui, selon l’année de naissance). Mais ce taux plein ne l’est pas en réalité puisque s’il manque des trimestres à 67 ans, votre pension est diminuée d’autant.

En réalité, les personnes sans emploi sont nombreuses après 50 ans et encore plus après 60 ans et les conditions de travail sont telles, que nombreux sont ceux qui partent en retraite malgré une décote. Le recul de l’âge minimum de retraite revient donc à diminuer la durée de vie en retraite et à augmenter le nombre de pensions décotées. Bref, tout cela permet de verser moins de retraites et moins longtemps, donc de dépenser moins.  

Quels sont les intérêts que le pouvoir sert lorsqu’il fait ce choix? Comment dégager les problématiques économiques et politiques qui se cachent derrière un discours d’urgence présentant les choix du gouvernement comme des nécessités? C’est ce que nous abordons dans cette émission avec notre invité Ozgür Gün, maitre de conférence à l’ Université de Reims Champagne-Ardenne ayant aussi enseigné à Paris 1 Panthéon Sorbonne, l’ENSTA et PSL.

REFORME DES RETRAITES 2023 : ag et marches aux flambeaux des 26 et 27 janvier 2023

Reculer l’âge de la retraite à 64 ans et augmenter à 43 le nombre d’années de cotisations, c’est priver l’ensemble des travailleur.se.s du privé comme du public d’une retraite à taux plein, c’est encourager le recours aux assurances individuelles et aggraver la pauvreté et les inégalités sociales.

Comme les précédentes réformes, celle-ci va frapper d’abord les classes populaires, renforcer les inégalités entre les femmes et les hommes et la pauvreté chez les personnes âgées. Il n’y a pourtant aucun problème de financement. Il s’agit avant tout de briser l’idée même de solidarité et d’une meilleure répartition des richesses. Nous refusons d’être des stocks de main-d’œuvre corvéables à merci.

Travailler jusqu’à 64 ans, c’est non ! Oui à une retraite digne pour toutes et tous.

Dans l’émission de ce jour et a la veille de la seconde manifestation intersyndicale, nous vous proposons l’écoute de différents reportages réalisés jeudi et vendredi dernier.

Le vendredi 27 janvier, se tenait à la bourse du travail de Massy-Palaiseau une assemblée générale de lutte contre la réforme des retraites. Avant la marche aux flambeaux qui avait lieu, nous entendrons un entretien réalisé lors de L’AG avec un syndicaliste CGT travaux publique Île-de-France, qui nous parlera des mobilisations dans son secteur. Ensuite, dans la marche, une interview avec une rédactrice en chef de la publication statistique pour l’administration de l’éducation nationale.

Dans la continuité de l’émission, nous serons sur la retraite aux flambeaux qui partait ce jeudi soir de la gare RER de Vitry-sur-Seine et se dirigeait vers la mairie de vitry. À l’appel de l’Union local CGT de plusieurs communes. Il y avait environ 200 personnes. Nous entendrons les entretiens réalisés avec une retraitée et un salarié de Sanofi

Nous poursuivrons avec des extraits de l’Assemblée Générale interprofessionnelle du 20ème qui se tenait le vendredi 27 janvier 2023 à la Mairie du 20e arrondissement de Paris.

Nous terminerons ce panorama dans les Hauts-de-Seine ou comme dans de nombreuse ville en France Le vendredi 27 janvier dernier, une marche au flambeau était organisée à Gennevilliers. Faute de manifestation de masse (empêchée par la CFDT, et accepter par la CGT au nom de l’unité syndicale) cette marche, pas très massive, mais combative, est aussi un préambule au rassemblement pour le délégué syndical de Mersen, entreprise sous-traitante de la scnema constructeur aéronautique, menacé de licenciement après avoir mené en décembre 2022 une grève historique.

Bonne écoute !

AG CONTRE LA LOI ASILE ET IMMIGRATION 2023

Le nouveau projet de loi Asile & Immigration conduit à une négation radicale des droits fondamentaux des migrant-es. Le projet s’inscrit délibérément dans une vision utilitariste et répressive. Les migrant-es sont déshumanisé-es et considéré-es uniquement comme de la potentielle main d’œuvre. Le droit du séjour et le droit d’asile vont être encore plus restreints. Le projet prévoit des moyens pour empêcher d’accéder ou de rester sur le territoire, au lieu de les utiliser pour accueillir dignement celles et ceux qui fuient la guerre, la misère ou les conséquences du dérèglement climatique.

C’est l’ensemble des droits des étranger-es qui est en danger. Il est de la responsabilité de nos organisations, associations, collectifs et syndicats de réagir. En 2006 déjà, nous étions uni-es contre l’immigration jetable, nous appelons donc à nous mobiliser contre cette réforme qui, si elle était adoptée, accentuerait encore le fait que les étranger-es en France, soient considéré-es comme une population de seconde zone, privée de droits, précarisée et livrée à l’arbitraire du patronat, de l’administration et du pouvoir.

Le 20 janvier 2023, à la bourse du travail de Paris, avait lieu une assemblée générale afin d organiser une mobilisation contre ce projet. Aujourd’hui, nous vous diffusons une partie des prises de paroles qui ont eu lieu à cette occasion.

REFORME DES RETRAITES 2023 : assemblée générale et manifestation du jeudi 19 janvier 2023

En 1982, l’age de la retraite était fixé à 60 ans. Depuis les premières contre-réformes de 1993, nous sommes passée de 40 ans de cotisation et a un allongement progressif vers 43 ans (loi Touraine) avec un départ à 62 ans minimum.

La Première Ministre a annoncé ce 10 janvier 2023 le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans avec une accélération de l’augmentation de la durée de cotisation.

Depuis 1991, les réformes se sont succédé à un rythme soutenu. En 1995, Présentation par Alain Juppé, Premier ministre, d’un plan de réforme de la sécurité sociale. Le plan, prévoyez de réformer les régimes de retraite des fonctionnaires et les régimes spéciaux des salariés des entreprises publiques (SNCF, RATP, EDF-GDF…) Mais, face à l’ampleur du mouvement social déclenché par ce plan et l’annonce du plan de restructuration de la SNCF, le gouvernement retire son projet.

Que va-t-il se passer pour cette réforme 2023 ? Suite à l’annonce de la réforme gouvernementale, toutes les organisations syndicales se sont immédiatement réunies pour construire une réponse commune de mobilisation interprofessionnelle. Une première journée de grèves et de manifestations a eu lieu ce 19 janvier 2023. À paris et en région, les manifestations ont fait le plein, mais cela ne sera pas suffisant pour faire reculer le gouvernement. Comment construire l’offensive ?

Dans l’émission de ce jour, nous revenons sur cette journée du 19 janvier. On commencera par un extrait de l’assemblée générale qui se tenait ce jeudi matin à la bourse du travail d’Aubervilliers.

Ensuite, nous serons dans la manifestation parisienne et dans les différents cortèges qui la composent. Nous entendrons les voix de travailleur de l’automobile, de lycéennes et de lycéens, de l’éducation national et autres. Nous aurons aussi des échos sonores de manifestation en régions.

Pour se tenir informer des mobilisations :

agenda.rfpp.net

agendamilitant.org

https://paris-luttes.info/

Un mouvement de gréve pour les salariés de RTE


Le lundi 17 octobre 2022, Mathieu Poli, électricien de 29 ans dans le Groupe Maintenance Réseau d’Anjou, s’est donné la mort.

« Comme de très nombreux collègues du GMR de l’Ouest, il avait participé aux trois mois de grève pour gagner une revalorisation de 5 % des salaires et une révision des reconnaissances de qualification. (…) Il avait été le premier à être convoqué au commissariat d’Angers le mercredi 7 septembre à la suite d’une action de grève le 2 juin. Comme d’autres collègues convoqués, Mathieu avait très mal vécu cette période de mépris, d’humiliation puis de répression en tout genre. »

En 2021, pendant plus de 4 mois, des salariés de l’entreprise publique Réseau Transport Électricité ont fait une grève pour obtenir l’ augmentation de leur salaire. Après avoir laissé le conflit s’enliser, puis refusé cette augmentation, la direction procède à des mises à pied. La direction décide de porter plainte contre X, et le 4 octobre 2022, 4 salariés sont arrêtés à leur domicile, menottés, perquisitionnés, et accusés devant leur famille de “cyber terrorisme en bande organisés”. Ils sont emmenés à la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, pour une garde à vue de 96 heures. Quelques mois plus tôt, c’était Moussa Gakou, technicien gazier chez GRDF, qui était menotté chez lui à l’aube, par 4 policiers, pour avoir coupé le gaz lors des mouvements de grève du 15 et 22 juin 2022.

Ces salariés de RTE sont mis en cause pour avoir « programmé le passage en local de postes électriques ». Une action pourtant fréquente lors des journées de grève dans le secteur des IEG (industries électriques et gazières) et qualifiée par la CGT « d’action symbolique de reprise en main de l’outil de travail ».

L’interpellation des 4 grévistes de RTE est d’autant plus remarquable qu’elle intervient 24 h à peine avant la journée de grève du 6 octobre. En effet, ce jour-là, les fédérations CGT, FO, CFDT et CFE-CGC des IEG (branche professionnelle qui compte environ 150 entreprises, dont EDF et Engie, pour plus de 160 000 salariés) entrent de nouveau en lutte pour l’augmentation du salaire national de base (SNB). « Les employeurs et les représentants de l’état ne peuvent pas à la fois exiger des agents qu’ils travaillent d’arrache-pied pour assurer le passage de l’hiver et, en même temps, les mépriser en refusant de compenser l’inflation qu’ils subissent ! », rappelle l’interfédérale des industries énergétiques et gazières (IEG) dans un communiqué.

RTE a déposé plainte l’été derniers à la suite de dégradations qui auraient entraîné des coupures de courant. Une enquête a été ouverte le 29 juillet pour entrave à un système de traitement de données, sabotage informatique, accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données, ainsi que pour introduction, modification et suppression de données d’un tel système. Les quatre salariés de RTE, soupçonnés d’interventions frauduleuses sur le réseau électrique en juin et juillet derniers, seront donc jugés le 28 février 2023.

Le 9 janvier 2023, nous avons rencontré sur le site du  Blanc-Mesnil, Romain, secrétaire général de la CGT Énergie 93. En sa compagnie, nous avons parlé des mouvements de grève qui se sont déroulés ses derniers mois en seine-saint-Denis, de la répression qui a suivie, et des perspectives de lutte sur la nouvelle reforme des retraites.

Appel à la Mobilisation contre la réforme des retraites 2023

En Appel à la mobilisation contre la réforme des retraite du 19 janvier 2023, nous avons décidé de vous rediffuser le montage que nous avions réaliser de la 1ere journée de mobilisation contre la réforme des retraites du 5 décembre 2019.

Vous pourrez donc entendre les reportages réalisé lors de manifestation qui partait de République; puis une partie des prises de parole de l’assemblée générale qui se dérouler à “la Générale” dans le 11eme arrondissement de Paris suite à cette manifestation.

De la précarité à la misère : ONF – FNAC – Portrait d’une braqueuse – Magasin sans argent

Dans cette émission diffusée le 6 janvier 2023, vous entendrez différents petits sujets portant sur le manque d’argent, la précarité et la misère. Sous-financement, salaire trop bas et solutions pour échapper à la misère sont au programme.

L’Office National des Forêts (ONF) s’occupe de nos forêts publiques. Mais malgré les menaces croissantes qui pèsent sur elles (incendies, épidémies sanitaires, changement climatique…) l’ONF est peu à peu dépecé par le gouvernement, il a perdue 1/3 de ses effectifs. Les gardes forestières et gardes forestiers, qui se sont engagés à l’ONF par amour pour les forêts, sont aujourd’hui de moins en moins nombreux et surtout sous pression pour produire toujours plus de bois.

Le 3 novembre 2022, se tenait a l’assemblée nationale le débat sur la loi de finance 2022 2023. a cette occasion le Syndicat National Unifié des Personnels des Forêts et de l’Espace Naturel (SNUPFEN) et les salarié de l’ONF , était présent pendant 3 jours prés de l’assemblée nationale pour faire entendre leurs voix. Une suppression de 95 postes était envisagé pour 2023. Et malgré la communication du gouvernement, ce seront l’équivalent de 35 postes qui seront supprimés en 2023 à l’issue de la votation du budget.

Vous entendrez des entretiens réalisés le 3 novembre 2022 avec Patrice Martin du syndicat SNUPFEN ONF et de Bruno Doucet de l’ ONG canopée forêt vivante.

De novembre 2021 à mars 2022, de nombreux salariés des Fnac Relais et Paris ont participé à des mouvements de grève dont la principale revendication était les conditions de travail. Pour ne plus revivre la même chose, la direction a donc embauché plus que de coutumes des renforts en cette fin d’année sur tous les points chauds de l’année dernière en Province.

Et Saint Lazare qui a connu plus de 3 mois de conflit est le seul magasin parisien qui n’a pas perdu en effectif CDI depuis 1 an. Autrement dit, le relatif confort dans lequel travaillent ces salariés aujourd’hui a été arraché par la lutte.

Pour autant, ces renforts ont vocation à disparaître dès le mois de janvier, renvoyant les titulaires au sous-effectif chronique qui touche l’ enseigne, et aux mauvaises conditions de travail qui en découlent. Parallèlement à ça, nous avons connu une année très compliquée, où l’inflation est venue rappeler de façon cinglante à quel point notre rémunération est basse. À ce titre, malgré les augmentations générales des salaires de 2022, le travailleur de la Fnac n’a jamais été aussi proche du statut de SMICARD qu’aujourd’hui. C’est dans ce contexte que les salarié-é-s de la FNAC paris et relais appelait a des journée de gréve les 23 et 24 décembre 2022.

Vous écouterez un reportage réalisé le 23 décembre 2022 devant la FNAC st-Lazare.

Portrait d’une des “Amazones” d’Avignon, un groupe de braqueuse, qui entre 1989 et 1990, a organisé sept braquages pour échapper à la misère et améliorer ses conditions de vie ainsi que celles de ses proches.
Le portrait a été réalisé par l’émission l’Egrégore et a été diffusée le 28 novembre 2022 sur Radio Primitive.

Un reportage réalisé dans un magasin sans argent éphémère à Villejuif, appelé aussi zone de gratuité, où des habitants à l’issue d’une action de solidarité pendant le confinement de 2020, ont décidé de monter un projet pour aider leurs semblables. Elles et ils expérimentent ainsi une alternative au magasin marchand, où les habitants peuvent donner leurs biens et en acquérir d’autres, sans troc et sans intermédiaire financier.

ASSURANCE CHÔMAGE : NE LAISSONS PAS FAIRE !

Dessin issu du site https://lepoing.net/

Après la Réforme 2019-2021 de l’assurance chomage : malgré les avis changeants du Conseil d’État, les organisations se sont mobilisé·es pour contester la baisse considérable de droits, appliquée aux travailleuses et aux travailleurs précaires (baisse du calcul, hausse du seuil, etc.). Résultat : Plus d’1 million de perdants.

Avec la Réforme 2022-2023 : en plein été, E. Macron annonce une nouvelle baisse, qui réduit d’un quart le temps d’indemnisation des chômeurs·euses.
Résultat : Plus d’un million de perdants, parfois les mêmes, élargis à celles et ceux qui ont perdu un CDI

Le 23 décembre dernier, l’exécutif a discrètement transmis aux organisations syndicales et patronales la version définitive du décret permettant la modulation de la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi selon le taux de chômage.

Ce décret prévoit de réduire la durée d’indemnisation des chômeurs selon le nombre de demandeurs d’emploi. Une réduction de 40 % s’appliquera si le taux de chômage passe sous la barre des 6 % et une baisse de 25 % sera mise en place si le taux de chômage est inférieur à 9 %. La réforme devrait être promulguée le 1er février 2023. Ce 3 janvier, la première ministre semblait revenir sur ce décret.

Pour faire le lien avec la future réforme de France travail qui succédera à pôle emploi, les menaces sur les allocataires du RSA, les attaques contre le logement et contre la réforme des retraites, le 15 décembre 2022, la CGT chômeurs rebelles, l’APEIS chômeurs et précaires, AC contre le chômage, le mouvement national chômeurs et précaires, l’union syndicale solidaire, la fsu et droit au logement, organisait un meeting unitaire : ASSURANCE CHÔMAGE : NE LAISSONS PAS FAIRE !

Dans l’émission de ce jour, nous entendrons les interventions qui ont rythmé cette rencontre.

Car au-delà des habillages (soi-disant modulation selon le taux de chômage, incitations à la reprise d’emploi), il s’agit bien d’une attaque contre la protection sociale, un appui au patronat pour forcer aux contrats précaires et des économies sur les plus pauvres.

Fabienne Lauret une féministe révolutionnaire

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute de l’entretien réalisé avec Fabienne Lauret en novembre dernier.

Entretien. Après la publication en 2018 du livre « L’Envers de Flins », Fabienne Lauret, ouvrière établie à Renault Flins à partir de 1972, s’est lancée dans une prolongation sous forme de BD.

Avec le scénario tiré du livre, les dessins, cette BD est une œuvre collective. Comment vous en est venue l’idée, comment l’avez-vous construite ?

Étonnamment, c’est venu très vite à la première présentation publique du livre le 10 février 2018 à la librairie La Nouvelle Réserve (Limay 78) : Philippe Guillaume, que je ne connaissais pas, emballé par le livre, est venu me proposer, en tant que scénariste de BD historiques et engagées de l’adapter ensemble en BD. Surprise et n’y connaissant pas grand-chose, mais curieuse de nature, j’ai vite accepté cette aventure qui s’est révélée passionnante, prenante et très enrichissante ! Un autre libraire indépendant nous a mis en contact avec la jeune Elena Vieillard, illustratrice, dont des membres de la famille avaient travaillé et milité chez Renault.Fabienne Lauret

Grâce aux connaissances de Philippe, nous avons trouvé un éditeur de BD, « la Boîte à bulles » en ayant un accord écrit de Syllepse, l’éditeur du livre, tout en gardant le titre initial (inversé). Dès 2019, le plan puis le synopsis très précis fut élaboré, mais il a fallu faire des choix parfois difficiles : passer des 300 pages du livre (notre boussole) à 130 pages de BD + 15 pages de volet documentaire — et respecter la demande de l’éditeur pour un récit plus personnel, tout en insérant un important passage inédit sur deux voyages militants en Pologne en 1980 et 1981.

Nous avons ensuite travaillé avec Philippe tous les mardis, à Mantes-la-Jolie, pour fournir entre deux et trois pages à Elena avec des indications écrites précises pour chaque case : le contexte, les dialogues et aussi les images ou les photos dont elle pouvait s’inspirer. Son dessin assez vif et dynamique, pas forcément réaliste pour les portraits, mais recherché pour le reste, nous a plu ! Notre travail a été ralenti notamment pendant la période du Covid, les vacances ou certains autres impératifs personnels. Le travail de corrections et de finalisation par Zoom avec l’éditeur a été très dense et très pointu, et le résultat final est chouette ! Il semble que la BD touche aussi un autre public, plus jeune, moins militant que pour le livre, de fait aussi relancé !

Pourquoi le « dialogue » avec les moutons ?

Il y a un passage dans le livre sur les moutons blancs ou bruns, remplaçant les jardiniers pour tondre des pelouses de l’usine. Philippe a eu la bonne idée de les introduire de temps en temps dans la BD comme des personnages naïfs me posant des questions qui pourraient aussi traverser l’esprit des lecteurs et lectrices. Ils peuvent être aussi un symbole d’une partie des salariéEs soumis au patron mais s’interrogeant sur leur sort et prêts parfois à se rebeller en sortant du rang de la soumission. Les moutons bruns ou noirs seraient plus rebelles, ce sont mes préférés !

« Établie », féministe, révolutionnaire, antiraciste, syndicaliste, quelle dimension te paraît la plus importante ?

De fait, je ne me suis pas sentie longtemps « établie », comme une pièce rapportée extérieure, mais assez vite comme ayant intégré cette usine tel un pays qu’on adopte et qui devient le nôtre : à 22 ans, ma position sociale pouvait facilement et naturellement être ouvrière syndicaliste révolutionnaire, d’autant que j’avais déjà en moi le féminisme et l’antiracisme. L’important est donc cette cohérence à mon avis indispensable, sur tous les fronts — ne pas oublier l’écologie déjà présente ! — contre le système exploiteur et destructeur qu’impose le capitalisme et son allié le patriarcat.

Même si tout ne fut pas « rouge » tout le temps, ton parcours semble se dérouler dans un autre monde, une tout autre époque. Tout est-il si lointain ?

Le récit s’étale sur plus de 40 ans d’engagement où les causes des luttes n’ont pas vraiment changé sur le fond, même s’il y a eu quelques avancées mais sans cesse remises en cause, que ce soit au niveau national ou plus local, lutte des classes oblige ! Le tournant des années 1980, avec la déferlante de la mondialisation néolibérale, avait déjà changé la donne. Certes, le droit à l’avortement a été obtenu, mais il est toujours menacé, les inégalités salariales persistent ainsi que les violences sexistes, les 35 heures de travail hebdomadaires sont sans cesse dévoyées, la précarité a explosé, le travail du samedi est redevenu quasi obligatoire, le travail à la chaîne ou très parcellisé n’a pas totalement disparu même s’il est plus robotisé ou externalisé, le racisme et les idées fascisantes fluctuent selon la tension économique et politique.

La modernisation de Renault est aussi une façade, une vitrine qui cache les reculs sur les statuts salariaux avec la prégnance des contrats précaires, les salaires moindres, les temps de trajet aussi longs. La baisse des effectifs passant de 22 000 salariéEs en 1972 à 3 000 aujourd’hui a certes entraîné une disparition des grands conflits sociaux faisant la une dans les années 1980 ou 1990, mais il y a toujours quelques résistances locales dans les ateliers.

Alors je comprends que ça puisse apparaître à certainEs comme une autre époque, un autre monde. En 1968, même si on faisait référence à 1936 qui nous semblait très lointain, comme une vieille page d’histoire sociale, il y avait un lien évident.

Pour ma part — et pour bien d’autres — ce n’est si lointain, car j’ai tout dans la tête et dans le cœur. L’exploitation capitaliste même « modernisée » est toujours là et les raisons ne manquent pas de s’y opposer au quotidien et de vouloir la renverser un jour !

Dans les présentations du livre et de la BD, qu’est-ce qui interpelle le plus le public ?

Pour le livre, il y a quatre ans, le public était souvent plus engagé, militant, syndicaliste, souvent un peu plus âgé. Comme c’était l’année des 50 ans de 1968, la question d’un long établissement en usine interpellait vraiment. Aux présentations, je préparais des extraits marquants du livre, choisis selon le public prévu, pour animer — parfois avec des copines lectrices — et relancer le débat : le premier jour à l’atelier de couture, ma première grève, le machisme « ordinaire », une grève marquante, le racisme à l’entreprise.

Pour la BD, avec Philippe mon co-auteur, nous rencontrons plus de jeunes : c’est souvent la découverte concrète du travail dans une grande usine qui étonne et aussi la résistance quotidienne au machisme ambiant. Le public est souvent plus jeune, assez féminin et féministe, et n’ayant pas forcément les mêmes références historiques (1968, le syndicalisme, les grandes grèves, le Comité d’établissement). On a aussi des questions sur le travail (énorme !) d’adaptation du livre en BD. Le dessin d’Elena plait mais nous n’avons pas encore pu le présenter avec elle.

Raconter tout ce parcours d’une autre façon, plus ramassée et ludique que le livre, nous paraît être une contribution utile pour la mémoire des luttes ouvrières et féministes.

Et si c’était à refaire ?

Si j’avais 21 ans aujourd’hui, je ne crois pas, d’autant que l’usine est quasi moribonde et puis ce n’est pas la même période d’engouement de l’après 68, même s’il parait que quelques jeunes militantEs s’établissent, peut-être plutôt dans les services que dans les usines ?

En tout cas, à 72 ans, je n’ai absolument aucun regret d’avoir vécu tout cela, d’avoir participé à toutes ces luttes, d’avoir découvert et aimé des personnes formidables, qui m’ont soutenue lors du terrible harcèlement moral au CE. Et surtout j’y ai rencontré en 1980 mon compagnon Jamaà et nous avons un fils !

Les luttes ne manquent pas où je peux m’investir : avec mon syndicat Solidaires 78, un groupe féministe local et sa chorale, l’antiracisme et le soutien aux sans-papiers, des combats écologiques, encore un peu dans l’altermondialisme. Et depuis quelque temps, je me suis rapprochée d’un courant communiste libertaire qui entretient ma réflexion politique en plus des ­journaux du NPA !

Propos recueillis par Robert Pelletier

GRÈVE VICTORIEUSE CHEZ DOMIDOM / NON A L’AUGMENTATION DU PASS NAVIGO

Après plus de six semaines de GRÈVE, 8 salariées déterminées ont fait plier ORPÉA, groupe d’aide à domicile et d’EHPAD.

Suite au mouvement de grève de 45 jours, les auxiliaires de vie sociale de Caen ont arraché une augmentation de salaires pour toutes les AVS Domidom de France et elles ont obtenu un bonus pour leurs indemnités de transports ! Elles étaient venues manifester jeudi dernier devant le siège du groupe ORPEA à la Défense. Les avancées qu’elles ont obtenues vont profiter à près de neuf cents salariées de l’entreprise en France.

Parmi leurs revendications, trois points sont importants à leurs yeux : l’augmentation des frais kilométriques, une hausse de salaire et avoir un panier repas pour leur pause déjeuner. Les salariées soient au niveau 1 (aides ménagères) ou au niveau 4 (auxiliaires de vie diplômées), le taux horaire brut est le même : 11,07 €. Les salaires plafonnent actuellement à 1300 € nets par mois.

L’équipe de l’actualité des luttes, est partie à la rencontre des salariées de DOMIDOM CAEN, le 28 novembre 2022, devant le siège d’ORPÉA à Puteaux, dont DOMIDOM est la filiale.

Près du Barnum dressé, nous avons interviewé, Lola et Cloé, auxiliaire de vie à DOMIDOM Caen, suivit d’un échange entre le directeur d’ORPEA et les salariées et nous terminons ce reportage avec Séverine Marotel, porte-parole des auxiliaires de vie en grève de Domidom à Caen, pour faire le point sur le protocole de fin de conflit.

Temps d’attente insupportables, transports bondés, galères quotidiennes… rien ne va plus dans les transports en commun !

Malgré une offre réduite et un réseau dégradé. Valérie Pécresse a voté une hausse du prix du pass Navigo +98 € par an. Les autres titres de transports augmentent au 1er janvier 2023 de 10.5 % à 31.6 %. De nouvelles hausses sont à craindre en l’absence de solutions pérennes de financements : Or, d’autres sources de financement existent (entreprises, transactions immobilières, baisse de la TVA …) et permettraient de rétablir des tarifs acceptables pour les usagers.

Pour protester contre l’augmentation du pass navigo et la menace de privatisation des transports en commun en Île-de-France, Le collectif STOP GALÈRE conduit par les groupes de gauche et écologiste du Conseil régional : la Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne, le Pôle Écologiste, la France Insoumise et Apparentés et le groupe Socialiste, Écologiste et Radical, appeler à un rassemblement devant le conseil régional d’Île-de-France, le 7 décembre dernier.

Nous avons glissé notre micro, pour comprendre les enjeux et l’avenir des transports en commun en Île-de-France. Dans ce reportage, nous entendrons Bernard Loup, président du collectif pour le triangle de Gonesse, romain, cheminot paris rive gauche et des membres du collectif des habitant-e-s de la Boissiére a Montreuil.

RATP : mobilisation du 28 novembre / Victoire des GEODIS

Le 28 novembre 2022 un rassemblement de salariés de la RATP était organisé devant le siège de celle-ci à Gare de Lyon, à l’occasion de la prise de fonction de son nouveau président Jean Castex. Cette prise de fonction se fait dans un contexte très difficile à la régie en raison des démissions en cascade chez les machinistes (conducteurs de bus) qui tend à se propager chez les conducteurs de métros. Ces démissions sont dû aux conditions de travail dégradées actuelles et futures, à la privatisation à marche forcé (dès 2024 en surface 2030 pour les métro) qui pour être rentable se fait sur le dos des salariés. Les agents sont payés juste au dessus du SMIC pour la plupart, auquel s’ajoute une série de primes diverses et variées. Or pour faire des économies la RATP veut les fondre en une seule prime faisant perdre jusqu’à 500 euros aux travailleurs des divers corps de métiers de la RATP. De plus dans les deux branches de la maintenance (réseau bus et réseau ferré) la sous-traitance y fait des ravages dans les effectifs provoquant un sous-effectif chronique. Dans le réseau bus la maintenance des bus électrique est cédé aux constructeurs. Au ferré, le gros œuvre de la maintenance des RER est effectuée au Pays Basque espagnol…

Dans ce contexte le centre de maintenance du RER A-est de Sucy-Bonneuil est en grève 1h par jour depuis 1 mois. Ils revendiquent 300 euros en salaire en remplacement des primes non comptabilisés dans le calcul de la retraite. Une semaine plus tard Jean Castex feignant de les recevoir, les a acceuillis avec la matraque des CRS. Espérons que le rassemblement du 7 décembre devant le conseil régional fera converger ces colères liées au transport: (Valérie Pecresse, dans un bras de fer avec l’état pour le financement des transports menace d’augmenter le prix de la carte Navigo à 90 euros…alors qu’elle est soupçonnée de conflit d’intérêt avec le constructeur français de rames de métro et trains Alstom.)

Aujourd’hui, nous vous diffusons dans la plus grande partie de cette un reportage réalisé lors de cette action du 28 novembre 2022. Ensuite, vous pourrez entendre un entretien réalisé avec un des grévistes de Geodis calberson à Gennevillers au sujet de la victoire de leur gréve reconductible le 18 novembre dernier après un mois de mobilisation.

Ci dessous le tract qui appelait au rassemblement du 28 novembre dernier :

Soutien aux grévistes du nettoyage de l’université paris tolbiac / un syndicaliste de la poste devant les tribunaux

Depuis le 7 novembre, les agent.e.s d’entretien du centre Tolbiac de l’université Paris 1 sont en grève reconductible contre la maltraitance qu’ils subissent de la part d’Arc-en-ciel : Harcèlement puis licenciement de la cheffe de site, absence de contrats, non-paiement des heures supplémentaires et complémentaires : voilà le quotidien de ces travailleurs-ses essentiels au fonctionnement de l’université depuis plusieurs mois.

L’université est loin d’être étrangère à cette politique. En 2021, le contrat qu’elle a signé comme donneur d’ordre demandait une réduction des effectifs. En vain, les travailleurs ont alerté de leurs conditions de travail, mais se sont vus répondre que « ça n’était pas le problème de la présidence ». Depuis lundi, celle-ci demande un service minimum pour casser la grève, et tente d’empêcher les grévistes de tenir un piquet dans le hall de l’établissement.

Les agent.e.s d’entretien revendiquent :
– une réduction de leur charge de travail, notamment par de nouvelles embauches
– la cdisation de tous les CDD et l’internalisation à l’université des activités de nettoyage
– une augmentation des qualifications et des rémunérations et le paiement des salaires le 7 du mois, sans retard
– la mise en place d’un 13ᵉ mois
– le versement de la prime de décapage pour toutes et tous
– la réintégration de la cheffe de site qui a été licenciée abusivement
– l’arrêt des mutations abusives

Dans cette première partie d’émission, nous entendrons le reportage réalisé devant les grilles de l’université de Paris Tolbiac, lors du rassemblement de ce 14 novembre, avec les prises de parole et un entretien avec l’une des grévistes.

Pour soutenir les grévistes : https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/salarie-e-s-arc-en-ciel-en-greve-a-tolbiac

Le 14 novembre dernier, se déroulait le procès en appel de Gaël Quirante délégué Sudposte 92 devant la cour de Versailles. En effet, cette procédure a pour objectif de faire tomber la condamnation de trois mois avec sursis pour vols présumés sans une once de preuve matérielle. Le délibéré aura lieu le 5 décembre prochain. Le procureur dans son réquisitoire demande 6 mois de prison et 2000 euros d’amendes.

Au cours de la grève de 15 mois menée par les postièr-es du 92 en 2018 et 2019, entre autres calomnies, des cadres de La Poste ont accusé Gaël Quirante de violences et de vol d’un portable professionnel. Et en décembre 2019, il a été condamné en première instance à trois mois de prison avec sursis.

Dans ce reportage, vous entendrez les grévistes de Geodis en grève depuis 1 mois, Yann Le Merrer délégué national SUDPTT 1er fonctionnaire révoqué depuis 1951,et Gaël Quirante à la sortie du tribunal. 

Pour soutenir en participant à la caisse de solidarité : https://www.cotizup.com/gael-quirante

OCCUPATION AU CASVP

“Le Centre Action Sociale de la Ville de Paris a pour mission de lutter contre toutes les formes d’exclusion, réduire les inégalités, garantir et faciliter l’accès aux droits. Il accompagne et soutient au quotidien les parisien.nes les plus vulnérables: personnes âgées, en situation de handicap, familles et personnes en difficulté ou en grande précarité.” ET pourtant…

Les agents du centre d’action sociale de la ville de Paris exclu.es des dispositifs englobés sous l’appellation « Ségur », consistant à une augmentation de salaire de 189 € nets mensuels sous la forme d’un complément de traitement indiciaire ou d’une prime, se soulèvent contre l’injustice criante qu’iels subissent.

“Nous travaillons dans les restaurants solidaires ou émeraude, les service prestations ou gestions des espaces parisiens de solidarité, les espaces solidarité insertion, les permanences sociales d’accueil, les services centraux, … et réclamons l’égalité de traitement entre agents, « à travail égal, salaire égal ».

Face à la surdité et le mépris de l’hôtel de Ville parisien, concentré sur les jeux olympiques et son orthodoxie budgétaire qui l’amènent à reporter sans filtre sur notre feuille de paie les coups bas du gouvernement envers les travailleuses et les travailleurs, nous nous sommes organisé.es avec la CGT pour déployer l’ultime moyen d’action à notre disposition, la grève reconductible et illimitée jusqu’à l’obtention de notre revendication : + 189 € nets mensuels pour toutes et tous.

La majorité d’entre nous gagne un SMIC à peine amélioré, certaines sont mères célibataires et s’engagent néanmoins dans la bagarre avec une dignité qui force le respect, alors pour tenir dans la durée, nous avons besoin de votre solidarité, qui viendra s’ajouter à celle de nos collègues bénéficiaires des « Ségur » et de la CGT qui commence à se matérialiser.”

Dans le cadre de cette lutte et face au mutisme des institutions leur mobilisation s’est renforcée avec, depuis le 13 octobre, une occupation de jour comme de nuit du restaurant solidaire qui se trouve 11/15 rue Palikao. A cette occasion, nous avons décidé de déplacer le plateau radio sur le lieu d’occupation le 14/11/2022, afin de réaliser l’émission que nous vous diffusons aujourd’hui.

Pour les soutenir :

https://www.cotizup.com/grevistes-casvp-pour-legalite

La Réforme de l’assurance chômage 2022

À la demande du gouvernement, la Direction de Pôle emploi met en place un plan d’action «  Métiers en tension » dans la précipitation.
Il s’agit de créer « un vivier » de demandeurs d’emploi immédiatement disponible pour répondre aux « pénuries de main d’œuvre » sur des métiers identifiés dans les secteurs de la santé/sanitaire et social, la restauration/hôtellerie et le transport et de les envoyer vers les plateformes de contrôle de recherche d’emploi s’ils n’acceptent pas ces postes.

La mise en place de ce plan d’action stigmatise, une fois de plus, les privés d’emploi en laissant entendre qu’ils ne cherchent pas d’emploi, mais aussi les conseillers à l’emploi en laissant entendre qu’ils ne remplissent pas leurs missions.
C’est vite oublier que les offres non pourvues ne représentent que 5 % des offres du total des offres déposées sur le portail de Pôle emploi.

C’est vite oublier qu’une enquête récente de la CGT des privés d’emploi révèle que 76 % des offres présentes sur le site de Pôle emploi sont illégales ou mensongères : temps partiel alors que le poste est annoncé à temps plein, mission à la journée alors que le contrat était annoncé de 6 mois, offre en dessous du SMIC, même poste enregistré 96 fois…. (étude sur le site chomeurs-precaires-cgt.fr)

Ces offres mensongères proviennent de sites marchands que la direction de Pôle emploi s’entête à publier sur son propre site, sans aucun contrôle. Ces offres, qui se retrouvent majoritaires sur le site de Pôle emploi, trompent les privés d’emploi et viennent décrédibiliser le travail de terrain des conseillers. Pour la CGT, Pôle emploi doit avoir le monopole des offres d’emploi. C’est le seul moyen d’assurer « une transparence du marché du travail » et de permettre aux conseillers de négocier réellement les conditions de travail et de rémunération proposées par les entreprises.

C’est vite oublier que plusieurs études récentes, dont un de France compétences, concluent que les difficultés de recrutement sont majoritairement dues aux employeurs du fait des conditions de travail et salariales ; auquel s’ajoute leur incapacité à « fidéliser »  les salariés en poste, avec un turn-over permanent et donc à déposer les mêmes offres à répétition.

La logique du gouvernement n’est donc pas d’arriver au plein d’emploi et de combattre le chômage sinon le plan d’action métiers en tension s’adresserait aux employeurs pour les contraindre à augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail.

L’objectif de ce plan, couplé à la contre-reforme assurance chômage et celle du RSA conditionnés aux actions menées (sur le modèle du CEJ) est donc de contraindre les chômeurs, sous la menace de radiations, à accepter n’importe quel emploi, même si il est précaire, même s’il est en dessous des qualifications (et donc du salaire) du demandeur d’emploi, même si l’offre est illégale ou mensongère…

Contraindre ainsi les chômeurs, baisser les droits à l’assurance chômage, c’est s’attaquer aux droits de l’ensemble des salariés. La question de l’indemnisation du chômage ne peut pas être dissociée de celle des salaires.
Ce ne sont pas les droits des chômeurs qu’il faut diminuer, mais bien les salaires qu’il faut augmenter !

Pour parler de tout cela, nous sommes en compagnie de Victoire et Pierre, de la CGT chômeurs-précaires.

REFORME DU LYCÉE PROFESSIONNEL : la fabrique à exploiter

Aujourd’hui, nous parlerons enseignement professionnel. En effet, le gouvernement actuel, comme ces prédécesseurs, a décidé de poursuivre la privatisation de la formation professionnelle, en la délégant directement aux patrons. Histoire de faire des économies, mais surtout de fabriquer, dès le plus jeune âge, des travailleurs dociles, avec peu de connaissances techniques et intellectuelles. Des travailleurs attachés à un bassin d’emploi, sans savoir faire, complètement assujettis à leur entreprise, avec très peu de possibilité d’évolution. Des travailleurs précarisés, dépendant d’entreprises qui ferment, se délocalisent au gré des profits. Des travailleurs robots, assujettis à la machine, qu’elle soit mécanique ou numérique.

Le gouvernement essaie de faire passer une nouvelle réforme dans un silence terrible. Beaucoup de mobilisation concernant les augmentations dérisoires des salaires, mais bien peu de résistance concernant tout un tas de réformes qui contrôlent, répriment, détruisent nos vies comme la reforme du chômage, de la police et on en passe. Avant les vacances, de nombreux lycées professionnels étaient en grève, aussi bien du côté enseignants que du côté lycéens. Une fois de plus, les lycées qui faisaient des blocages devant leurs établissements ont été la cible de violence policière. Tout le gratin en bleu marine était de sorti, des policiers municipaux armés de gazeuses, aux brigades anti-émeutes pour mater des enfants de 15 à 18 ans. Gaz lacrymogène, matraques, arrestations, garde à vue, ont été la réponse du pouvoir aux désirs légitimes de la jeunesse de prendre leur destin en main, d’exercer leur droit à l’expression.

De Châtenay-Malabry, à Gennevilliers en passant par Nanterre ou Paris ils se sont révoltés contre le mépris, la volonté de l’État de s’immiscer jusque dans leurs tenues vestimentaire, de réprimer leurs profs… Pas toujours aussi solidaires qu’eux aussi bien dans la forme que prennent les mobilisations lycéennes, c’est à dire le blocage ! Que lors des répressions qu’elles soient policières, judiciaires ou administratives.

Les fermetures rien qu’à Paris du site de Charenton du Lycée Professionnel Théophile Gautier, du LP Brassaï, du LP Charles de Gaulle, du LP Valadon, du LP Carrel, du site Friant du LP Lucas de Nehou ainsi que du lycée Georges Brassens sont programmées dès la rentrée de septembre 2023.

Des réunions de profs et d’élevés ont eu lieu pendant ces vacances, dors et déjà une date de mobilisation pour le 17 novembre est prévue. Restons vigilant et protégeons les jeunes de la violence policière devant les écoles si le mouvement reprend.

Nous avons demandé à deux professeurs de deux établissements différents de nous informer sur le contenu de la réforme et les raisons de leurs mobilisations.

Communiqué sur la situation au lycée Joliot-Curie, ce jeudi 13 octobre

Après les violents incidents qui se sont renouvelés ce matin et ont entraîné la fermeture du lycée, les enseignant.e.s et les personnels du lycée Joliot-Curie se sont réuni.e.s en assemblée générale. Nous souhaitons exprimer notre très vive émotion, notre colère et notre inquiétude face à cette situation qui s’enlise depuis lundi. Nous constatons qu’il nous est impossible d’effectuer nos missions d’éducation, pas plus qu’il n’est possible pour nos élèves de venir sereinement au lycée. Nous comprenons l’inquiétude de très nombreux parents qui disent ne pouvoir envoyer en confiance leurs enfants au lycée. Nous tenons à rappeler la légitimée des revendications de nos élèves et l’indépendance de leur mouvement. Les tracts rédigés par les élèves mettent en avant deux demandes. Ils/elles réclament premièrement le retour de l’aide aux devoirs. Ce dispositif existant depuis dix ans a été remis en cause et fortement tronqué cette rentrée pour des raisons budgétaires.

Deuxièmement, ils/elles réclament un réel dialogue avec la direction et une écoute sur des questions relatives à la vie de l’établissement (contrôle inégal et aléatoire des tenues vestimentaires, interdiction nouvelle d’apporter de la nourriture au lycée, civilité des échanges avec la direction…). De plus, les élèves ont exprimé leur soutien à leur enseignant muté sans aucun motif légitime, Kai Terada. En l’absence d’avancées constructives sur ces revendications avec la direction, un appel au blocus a été lancé, moyen d’action dont nous nous dissocions. Nous condamnons le déploiement tout à fait disproportionné et même surréaliste des brigades anti-émeute devant le lycée, dispositif présenté comme devant simplement « sécuriser les abords du lycée ». Nous tenons à rappeler que nos élèves sont des adolescent.e.s entre 15 et 18 ans. Nous sommes extrêmement choqué.e.s que les services de l’État envoient dès lundi, pour « sécuriser » un mouvement alors pacifique, des policier.e.s suréquipé.e.s de casques, de boucliers anti-émeute, de gaz lacrymogène et de LBD. Ce déploiement entraîne un climat anxiogène et conflictuel, attisant l’opposition entre certain.e.s jeunes, parfois extérieur.e.s au lycée, et les forces de l’ordre.

De notre point de vue d’enseignant.e.s et de personnel.es, nous tenons à souligner notre mise en danger et notre sentiment d’abandon par un pilotage incohérent et déconnecté du terrain de la part de nos hiérarchies. Ainsi, il est aberrant que les autorités académiques aient refusé à plusieurs reprises la fermeture de l’établissement réclamée par la direction. Ce matin, il nous a été demandé de nous porter volontaires pour nous interposer physiquement entre forces de l’ordre et jeunes. Certain.e.s d’entre nous ont ainsi été bousculé.e.s, gazé.e.s et mis.es en danger immédiat. Il ne peut être envisageable de reprendre le travail dans de telles conditions. Nous demandons donc des conditions de réouverture sereine du lycée préparées en concertation avec tous les acteurs/actrices de la communauté éducative. Ceci passera par des gestes forts de conciliation et d’apaisement. Nous sommes convaincu.e.s que la situation actuelle révèle en fait les difficultés des lycées qui relevaient du dispositif de l’Éducation Prioritaire disparu en 2014. Nous demandons à être reçu.e.s avec les autres lycées relevant de situations similaires par monsieur le ministre. Enfin, nous condamnons avec la plus grande fermeté l’instrumentalisation mensongère de cette situation de crise par l’extrême-droite et ses alliés. Il est indécent de délégitimer les revendications de nos élèves avec cynisme ou racisme. Les personnels.

Les enseignant-e-s du lycée Joliot-Curie réuni.e.s en assemblée générale

Face à l’annonce de la fermeture de 7 lycées à Paris pour la rentrée prochaine, les personnels mobilisé·es et les organisations syndicales, appellent à la grève mardi 8 novembre, à l’occasion de la réunion du CIEN. Le Comité interacadémique de l’éducation nationale est l’instance consultative de la région Île-de-France ; à l’ordre du jour de cette réunion du 8 novembre figure un unique point : la carte des lycées à Paris.

C’est donc ce jour-là que la région Île-de-France va présenter aux organisations syndicales et aux associations de parents d’élèves sont projet de fermeture. Faisons-nous entendre face à cette décision inique : soyons massivement en grève ! L’intersyndicale appelle à un rassemblement à 9 h au 8 boulevard Victor Hugo à Saint-Ouen (métro Mairie de Saint Ouen). SUD éducation Paris a déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble des personnels.

Rassemblement devant le Conseil régional mardi 8 novembre à 9 h
8 boulevard Victor Hugo 93400 Saint-Ouen
Métro : Mairie de Saint-Ouen (ligne 13 et 14)

GEODIS CALBERSON : en gréve reconductible

“L’ infrastructure logistique permet au capitalisme de se mondialiser en cherchant le moindre coût au détriment des conditions de travail, des salaires et de l’environnement” (émission du 4 mai 2020).

Depuis plusieurs années, dans l’entrepôt GEODIS à Gennevilliers, des mobilisations s’organisent : une grève avait débuté en 2016 face à la loi travail, mais aussi en Décembre 2018 autour de leur condition de travail, ou encore en 2020 lors de l’épidémie de Covid pendant laquelle en continuant de travailler dans des conditions bien éloignées des recommandations sanitaires, ils ont fait transiter des milliers de tonnes de marchandises. Leur métier consiste à transporter des colis qui peuvent aller jusqu’à 70 ou 80 kilos. Depuis le début de l’année 2022, le seul site de Gennevilliers a enregistré une centaine d’accidents du travail.

Le 17 octobre 2022, les salariés de la filiale de la SNCF, Geodis, déclenchent une gréve reconductible sur leur site avec un taux de grévistes de 75% pour la hausse de leur salaire. Ils revendiquent une augmentation de salaire de 150 euros pour toutes et tous, en plus de 100 euros pour les salaires les plus bas, et 1000 euros de prime vacances.

Le 20 octobre 2022 et le 26 octobre à l’occasion d’un rassemblement de soutien à cette gréve nous sommes allés enregistrer des prises de paroles et réaliser quelques interviews que nous vous diffusons dans l’émission de ce jour.

Pour les soutenir :

https://www.cotizup.com/le-calex-geodis-calberson-idf

MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE DU 18 OCTOBRE 2022 : salaire et droit de grève

Les raffineurs en grève depuis déjà plusieurs semaines sont la partie visible de la contestation. De nombreux secteurs depuis plus d’un an partent en ordre dispersé pour réclamer des augmentations de salaire. Depuis la « sur taxe » de l’énergie et des matières premières, les grèves s’intensifient.

Chez Total and co les patrons ne négocient plus et laissent pourrir la grève, pendant que les syndicats vendus signent des négociations sans participer aux mouvements. L’État, de son côté, qui profite largement de la hausse des prix, refuse de taxer les « super profits » et dégaine la réquisition pour obliger à la reprise.

C’est pour la hausse des salaires, contre la réquisition, et pour défendre le droit de grève qu’un appel national à la grève intersyndicale et interprofessionnelle était lancé pour le 18 octobre 2022.

Nous étions à la Manif Parisienne plutôt énergique, par rapport aux mobilisations lamentables qui avaient cours depuis ces dernières années. Plusieurs rendez-vous avaient lieu après la manif, renouant avec la volonté d’organiser la suite.

Dans la première partie de ce reportage, nous entendrons notamment les paroles de ; cheminot de la gare d’Austerlitz, une enseignante en lycée professionnelle dans le 78 … Suite à cette manifestation, une assemblée générale s’est tenu à la bourse du travail de Paris et dans la seconde partie de cette émission, nous entendrons une partie des interventions de cette assemblée générale.

CGT- FO- FSU- Solidaires – Fidl – MNL- Unef – VL 

Mobilisations et grèves le 18 octobre
pour l’augmentation des salaires et la défense du droit de grève

 Que ce soit dans les raffineries, l’agroalimentaire, les crèches, les transports publics, l’énergie et le nucléaire, les organismes sociaux, les banque-assurances, les services informatiques, la maintenance industrielle, l’éducation, la santé, le commerce, la métallurgie… les salarié.e.s de très nombreux secteurs professionnels se mobilisent depuis des mois dans leurs entreprises ou leurs services pour revendiquer et gagner de légitimes augmentations de salaire, de meilleures conditions de travail, des emplois de qualité. Les jeunes se mobilisent aussi, pour leurs conditions de vie et d’études ainsi que pour une réforme des bourses ambitieuse. 

Le mouvement des lycées professionnels, à d’ores et déjà décidé pour le 18 octobre, de s’inscrit dans cette dynamique.

Pourtant et alors qu’elles réalisent d’énormes profits, les entreprises de la branche Pétrole, en particulier Total ou Exxon, refusent d’accéder, aux exigences des salarié.e.s massivement mobilisés par l’ouverture immédiate d’une négociation sérieuse. Ces dernier.e.s réclament avant tout le rattrapage de l’inflation et une meilleure répartition des richesses créées par les travailleuses et travailleurs, alors que des milliards d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires.

C’est cette situation de blocage patronal qui crée aujourd’hui la pénurie de carburants. Mardi dernier, une limite a été franchie par le gouvernement, annonçant faire procéder aux réquisitions des salarié.e.s des raffineries et dépôts par les préfectures. Elles sont en cours depuis hier. Cette procédure déjà condamnée par l’OIT constitue une atteinte inacceptable au droit constitutionnel de grève et aux libertés fondamentales.

La mobilisation gagne des secteurs de plus en plus nombreux dans le privé comme dans le public. Elles et ils obtiennent par leurs actions avec leurs organisations syndicales l’ouverture de nouvelles négociations et des avancées salariales significatives. C’est aujourd’hui qu’il faut se mobiliser dans tous les secteurs professionnels, public comme privé.

C’est pourquoi les organisations syndicales et les organisations de jeunesse signataires décident d’appeler ensemble les travailleuses et travailleurs et la jeunesse à la mobilisation y compris par la grève le mardi 18 octobre pour l’augmentation des salaires, des pensions et minima sociaux, et l’amélioration des conditions de vie et d’études.

Elles appellent également les salarié.e.s, les retraité.e.s, les privé.e.s d’emploi et la jeunesse à se mobiliser pour la défense du droit de grève en participant aux rassemblements organisés devant les préfectures et sous-préfectures.

Le 18 octobre, elles s’engagent à organiser partout avec les jeunes et les salarié.e.s des différents secteurs professionnels des mobilisations et actions, dans les entreprises et les services.

SOUTIEN AUX GRÉVISTES DES RAFFINERIES DE NORMANDIE /MANIFESTATION FÉMINISTE ET ANTIRACISTE DU 15 OCTOBRE 2022 A ST DENIS

Crédit photo LouiZart

Le 19 octobre dernier, une délégation parisienne de sudposte92 et d’Infocom CGT avec des étudiant-e-s de Nanterre s’est déplacée afin d’exprimer leur solidarité avec les raffineries normandes qui ont reconduit la grève, au lendemain de la manifestation interprofessionnelle contre les réquisitions et le cout de la vie.

Dans ce cadre, un chèque venant de la caisse de grève commune d’Infocom CGT et de Sudposte 92 de 5 000 € leur a été remis. Dans la foulée, une visite de solidarité aux grévistes de Safran Normandie actuellement en grève a été effectuée.

Nous entendrons un reportage réaliser ce 19 octobre lors de cette action de soutien. Avec les entretiens réalisés en compagnie d’un opérateur extérieur de la raffinerie TOTAL de Normandie ( Harfleur le Havre) suivi d’une interview d’une salariée gréviste de Safran Normandie.

Le 15 octobre 2022, Les associations et collectifs Vies Volées, Queers Racisé.e.s Autonomes, Nta Rajel, 1001 Queers, Collages contre islamophobie, Féministes contre le Cyberharcèlement, Pride des Banlieues, Collages Féministe Stains, Paris Queer Antifa, Commission antiraciste de SUD Éducation, Raízes Arrechas – Batucada lesbo-trans-féministe racisée., Les mutilé.e.s pour l’exemple, Diivines LGBTQI, FLIRT-Front de Libération Transfem, Décolonisons le féminisme, Libération Lesbienne, Saccage 2024, STRASS, ANKH, collectif LGBTQI+, Paye ton Militant Sexiste, tRace ta voix, Urgence Afghane, Perspective, Collectif Doulas radicales, Youth for climate IDF, Assemblée Féministe Montreuil, Queers Racisé.e.x.s Nantes, Not all men, Really, Osmose (Thionville), Collectif La Grenade (Metz) et Antifasciste 38 organisaient une marche féministe antiraciste à Saint-Denis.

Dans la seconde partie d’émission, nous entendrons le reportage réaliser ce samedi dans les différents cortèges de cette marche.

18/10/2022 : Appel à la journée de mobilisation interprofessionnelle

En appel à la journée de la mobilisation interprofessionnelle du 18 octobre 2022 nous vous diffusons aujourd’hui plusieurs reportages réalisés la semaine dernière dans une diversité de secteur mobilisés.

Tout d’abord nous vous diffuserons un interview réalisé samedi 15 octobre 2022 dernier avec deux gilets jaunes du Rond Point des vaches qui s’étaient rendus à la raffinerie de Gravenchon. Cet entretient a été réalisé dans le cadre d’une publication du media ACTA et est retranscrit en intégralité dans cet article : https://acta.zone/les-gilets-jaunes-et-la-greve/

Ensuite, nous vous diffuserons un reportage réalisé le 11 octobre dernier lors d’un rassemblement devant le ministère de l’éducation nationale contre la répression et notamment contre la mutation arbitraire de Kai Terrada enseignant de mathématique au lycée Joliot Curie de Nanterre ( plus d’information dans nos émission du 20 septembre et 4 octobre 2022). Cela s’est très vite doublée d’une revendication contre la répression des mobilisation lycéenne puisque le matin même 14 lycéens entre 13 et 17 ans qui bloquaient leur lycée en solidarité à leur professeurs mais aussi pour leurs propres revendications (retour de l’aide aux devoirs et liberté vestimentaire) ont été interpellés et mis en garde à vue après une violente intervention de la police.

Pour finir cette émission nous vous diffuserons un interview réalisé le 13 octobre dernier au restaurant solidaire du centre de l’action sociale de Paris qui sert a manger aux personnes dans le besoin, fournit les repas d’une dizaine de restaurant émeraude et de trois centres d’hébergements de l’action sociale de Paris. Ce restaurant se trouve 11/15 rue PALIKAO et depuis le 13 octobre il est occupé par ces salariés qui se mobilisent depuis l’année dernière en vue d’obtenir le même traitement que l’ensemble des salariés du médico-social avec la prime du Ségur.

1er rencontre de la coordination des salarié-e-s des transports

En ce mois de septembre 2022, commençait une grève de grande ampleur dans une grande partie des raffineries, gréve qui se poursuit toujours.

TotalEnergies, dont le directeur Patrick Pouyanné peut se féliciter d’avoir augmenté de 52 % la part variable de son salaire entre 2020 et 2022. La CGT, syndicat majoritaire chez Total, demande une augmentation générale des salaires de 10 % pour amortir les effets de l’inflation et partager les profits. La multinationale pétrolière a attendu plus de 10 jours de grève pour réagir aux demandes des grévistes. Seule proposition pour l’instant : avancer la date des négociations, prévues en novembre, si les grévistes arrêtent leur mouvement.

La première ministre Élisabeth Borne a annoncé la réquisition des raffineries ExxonMobil le 11 octobre dernier. La négociation salariale, louée jusqu’ici là par le gouvernement, ne convient plus lorsqu’elle se fait avec un rapport de force réel.

Comment, dans cette perspective, intensifier et étendre la gréve à d’autres secteurs ?

Le 15 octobre 2022, au théâtre de l’Échangeur à Bagnolet se tenait la première Rencontre des travailleurs et travailleuses des transports. 

Était présent-e-s ce samedi, des syndicalistes de la RATP, de la SNCF, de la société de car TRANSDEV , des raffineurs de TOTAL Grandpuits.

Dans l’émission de ce jour, nous allons entendre une grande partie des interventions qui ont rythmé cette rencontre qui mettait l’emphase sur les moyens d’étendre la gréve et la stratégie des confédérations syndicale et cela, a la veille du mouvement de grève interprofessionnelle de ce 18 octobre.

Communiqué intersyndical CGT – FO – FSU – Solidaires et organisations lycéennes et étudiantes

Que ce soit dans les raffineries, l’agroalimentaire, les crèches, les transports publics, l’énergie et nucléaire, les organismes sociaux, les banque-assurances, les services informatiques, la maintenance industrielle, l’éducation, la santé, le commerce, la métallurgie… les salarié.e.s de très nombreux secteurs professionnels se mobilisent depuis des mois dans leurs entreprises ou leurs services pour revendiquer et gagner de légitimes augmentations de salaire, de meilleures conditions de travail, des emplois de qualité. Les jeunes se mobilisent aussi pour leurs conditions de vie et d’études ainsi que pour une réforme des bourses ambitieuse.

Le mouvement des lycées professionnels, d’ores et déjà décidé pour le 18 octobre, s’inscrit dans cette dynamique.

Pourtant, et alors qu’elles réalisent d’énormes profits, les entreprises de la branche Pétrole, en particulier Total ou Exxon, refusent d’accéder, aux exigences des salarié.e.s massivement mobilisés par l’ouverture immédiate d’une négociation sérieuse. Ces dernier.e.s réclament avant tout le rattrapage de l’inflation et une meilleure répartition des richesses créées par les travailleuses et travailleurs, alors que des milliards d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires.

C’est cette situation de blocage patronal qui crée aujourd’hui la pénurie de carburants. Mardi dernier, une limite a été franchie par le gouvernement, annonçant faire procéder aux réquisitions des salarié.e.s des raffineries et dépôts par les préfectures. Elles sont en cours depuis hier. Cette procédure déjà condamnée par l’OIT (organisation internationale du travail) constitue une atteinte inacceptable au droit constitutionnel de grève et aux libertés fondamentales.

La mobilisation gagne des secteurs de plus en plus nombreux dans le privé comme dans le public. Elles et ils obtiennent par leurs actions avec leurs organisations syndicales l’ouverture de nouvelles négociations et des avancées salariales significatives. C’est aujourd’hui qu’il faut se mobiliser dans tous les secteurs professionnels, public comme privé.

C’est pourquoi les organisations syndicales et les organisations de jeunesse signataires décident d’appeler ensemble les travailleuses et travailleurs et la jeunesse à la mobilisation, y compris par la grève le mardi 18 octobre pour l’augmentation des salaires, des pensions et minima sociaux, et l’amélioration des conditions de vie et d’études.

Elles appellent également les salarié.e.s, les retraité.e.s, les privé.e.s d’emploi et la jeunesse à se mobiliser pour la défense du droit de grève en participant aux rassemblements organisés devant les préfectures et sous-préfectures.
Le 18 octobre, elles s’engagent à organiser partout avec les jeunes et les salarié.e.s des différents secteurs professionnels des mobilisations et actions, dans les entreprises et les services.

Appel à une coordination des transports

Dans les transports, la casse des conditions de travail des cheminots, machinistes et de tous les travailleurs du secteur entraîne des conséquences néfastes pour les usagers : des files d’attente interminables afin de prendre des bus ou des trains bondés…

Développer les transports en commun serait pourtant une des réponses à apporter à la crise écologiques, mais le gouvernement et Île-de-France Mobilité font tout le contraire.

À quelques jours de la rencontre du secteur des transports à Bagnolet, nous recevions dans l’actualité des luttes Wynnessa et Laurent, de la société de car Transdev , Éric , ancien cheminot à Mantes la jolie. Pour croiser les expériences et aller plus loin sur cette question, nous recevons Capucine du collectif de la Boissiére de Montreuil, qui témoigne par téléphone de la situation des usager-e-s face aux problèmes de transports et d’enclavement que subissent les habitants de cette partie de Montreuil.

  • L’APPEL A LA COORDINATION :

“À l’heure où la majorité de la population doit se serrer la ceinture pour payer les factures de gaz et d’électricité, remplir un caddie ou faire un plein d’essence, les grandes entreprises engrangent des bénéfices record.

Comme si cela ne suffisait pas, Macron vient d’annoncer qu’il compte faire passer en force sa contre-réforme des retraites que la grève historique de l’hiver 2019-2020 l’avait empêché de mettre en place.

« Pénurie » de personnel dans les transports : l’ouverture à la concurrence et la casse des conditions de travail sont responsables !

Dans les transports, la casse des conditions de travail des cheminots, machinistes et de tous les travailleurs du secteur entraîne des conséquences néfastes pour les usagers : des files
d’attente interminables afin de prendre des bus ou des trains bondés…

Valérie Pécresse menace même d’augmenter le prix du pass Navigo !

Développer les transports en commun
serait pourtant une des réponses à apporter à la crise écologiques, mais le gouvernement et Île-de-France Mobilité font tout le contraire : ils dégoûtent les travailleurs de leur propre métier, les poussant au burn-out et à la démission !

Des grèves contre la casse des transports publics, de nos conditions de travail et pour les salaires !

Alors les grèves se multiplient : à la SNCF, à Transdev, à la RATP, à Keolis, dans les entreprises des transports urbains et interurbains dans plusieurs villes, à l’aéroport de Roissy, ou encore
récemment à Air France. Mais si la colère est bien là, il manque un véritable plan de bataille pour frapper tous ensemble.

Les directions des grandes confédérations syndicales continuent
de faire croire qu’il est possible de maintenir le « dialogue social » avec Macron.

Pendant ce temps, le gouvernement et les patrons en profitent pour éteindre l’incendie en lâchant des miettes, quand ils ne répriment pas tout simplement celles et ceux qui relèvent la tête.

Pour construire la riposte et se coordonner entre les différentes entreprises des transports : rendez-vous le 15 octobre 2022 à 14 h 30 au théâtre de l’Échangeur à Bagnolet (Métro 3 Gallieni), pour une Rencontre des
travailleurs et travailleuses des transports ! 06.62.40.73.08 transports.en.lutte@gmail.co

  • LA PÉTITION DU COLLECTIF D’HABITANT DE LA BOISSIÈRE :

TOUS PUNIS ???

Secteur Boissière, des milliers d’habitants, privés d’un accès digne aux transports publics.

Nos quartiers du haut Montreuil sont extrêmement mal desservis depuis des années. La situation va de mal en pis. La fréquence des bus sur les lignes 102, 121, 129 et 301 ne correspond en rien au nombre d’usagers que nous sommes sur notre territoire. 

Chaque jour, aux heures de pointe, parmi la foule qui attend vainement à l’arrêt, seule une partie aura la chance d’accéder au bus.

Les autres marcheront s’ils le peuvent, commanderont un VTC s’ils le peuvent, annuleront leurs rdv médicaux, administratifs… S’ils le peuvent.

Quoi qu’il arrive, nous arriverons régulièrement en retard partout, notamment au travail, même en prenant de l’avance. 

Depuis des mois, les temps d’attente des bus ne cessent d’augmenter pouvant atteindre 90 minutes, quand ces derniers ne sont pas purement et simplement annulés. 

Dans tous les cas, notre quotidien est fait de sacrifices et de bricolages en toutes sortes.

Nous manifestons notre droit à faire partie de cette ville, Montreuil, dont nous payons les impôts, loyers conséquents et où nos enfants ont et auront à se déplacer pour leur scolarité.

Depuis mi-juillet, le périmètre Mozinor, Salvador Allende, Les Roches, Edouard Branly, boulevard Boissière, est totalement privé de transports en commun, ce qui fait exploser notre colère et déclenche le soulèvement actuel des habitants.

En effet, une déviation conséquente du bus 102, annoncée du jour au lendemain, a laissé à l’abandon 8 arrêts sur la ligne, prétendument pour raisons de travaux alors qu’il s’agissait en réalité de mesures de “sécurisation de la ligne” suite à 3 agressions subies par un chauffeur.

Punition collective ? 

Au nom de quoi est il possible de priver ainsi des milliers d’habitants de leur droit au déplacement et ce depuis presque deux mois à ce jour ?

Cette “déviation” a été reconduite du 1er septembre au 18 septembre sans aucune considération des besoins de la population en cette période de rentrée scolaire. 

Il y a ici beaucoup de gens qui se battent pour vivre et survivre, pour garder leur emploi précaire, pour continuer de faire battre le cœur de leur quotidien, de leur famille, parfois, nous sommes porteurs de handicaps, nous sommes âgés ou enceintes… 

Par cette pétition nous exigeons notre droit au déplacement et à l’accès à un service de transports publics de qualité. 

Il s’agit de notre santé, de notre sécurité aussi et ce sur plusieurs plans, économique, social, etc. 

Habitants des quartiers dits prioritaires, nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone, perchés sur notre colline du haut Montreuil que le système peut ainsi discriminer, dénigrer, violenter.

Nous invitons par ailleurs les autres quartiers à s’organiser comme nous le faisons.
Le collectif des habitant.e.s du secteur Boissière, le conseil de quartier.”

Appel : la marche féministe antiraciste/Cinéma des luttes : Ibis

Dans cet émission nous vous diffusons, dans une première partie, un reportage réalisé le dimanche 9 octobre 2022 sur le marché de st Denis en appel à la marche antiraciste féministe du 15 octobre prochain. Dans une deuxième partie d’émission, nous vous diffuserons les interviews réalisés suite à l’avant première du film ” la révolte des femmes de chambre” autour de la lutte menée à l’Ibis Batignolle contre la sous-traitance et les discriminations démarrée en 2019 et victorieuse en mai 2021.

L’appel de la marche:

“Le 2 octobre 2002, mourrait brulée vive Sohane Benziane à Vitry. Elle a été tuée par son ex compagnon, dans le local poubelle de son immeuble. Sa mort a bouleversé une génération de femmes de quartiers populaires, choquées par la violence des faits. Une mobilisation sans précédent a vu le jour pour dénoncer les féminicides, les violences sexistes et sexuelles dans nos quartiers, et ce avant le mouvement #MeToo. Cette colère légitime a pourtant été récupérée par le PS et son mouvement Ni Pute Ni Soumise.

Cette récupération d’Etat a ciblé les hommes des banlieues comme des barbares sexistes. Ce mouvement a voulu faire de la France et de sa République, le seul outil de libération possible des femmes des quartiers populaires. Depuis, nous vivons un conflit de loyauté qui nous condamne au silence, reproduisant le fameux “laver son linge sale en famille”.

Pourtant, tous les ans, nous continuons à compter nos mort·es et mutilé·es : Dinah, Alisha, Melissa, Farida, Fouad, Vanessa Campos… Les féminicides sont le haut de l’iceberg des violences faites aux femmes : agressions, harcèlements, suicides, corps abîmés par l’exploitation. Les femmes voilées subissent des violences racistes et sexistes spécifiques dans le contexte islamophobe actuel.

Il est temps d’organiser une riposte féministe antiraciste à la hauteur des enjeux.

Nous dénonçons :

  • L’impunité des hommes violents qui traverse tous les milieux, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat (Hulot, Darmanin, Abad…).
  • la vision raciste du féminisme d’Etat, ciblant clairement les hommes des quartiers populaires
  • Les structures patriarcales dans nos familles : violences, tabou sur les sexualités, éducation différente des filles et des garçons (charge administrative, travail domestique, gestion des enfants et des ancien.ne.s )
  • L’impunité des hommes violents et la culture du viol dans les milieux militants.
  • Le sexisme et le racisme dans les commissariats quand nous portons plainte pour violences. La justice n’est qu’une façade : les hommes violentent, la justice acquitte.
  • Les silences autour des violences policières vécues par les femmes et les lgbtqi+ dans nos quartiers et lors de manifestations.
  • L’impunité policière, les méthodes létales d’interpellation qui mutilent et tuent dans les quartiers. Le système carcéral tue aussi. Vérité et Justice pour les familles de victimes.
  • Le manque de moyens pour la formation des personnels de santé et d’éducation sur le sujet des violences, des sexualités, des LGBTQIphobies et du harcèlement scolaire. L’accès à la contraception et l’IVG doivent rester gratuits et accessibles dans tous nos quartiers.
  • Le manque de lieux gratuits pour notre réparation face aux traumatismes : congés maladie non rémunérés, coût excluant des prises en charge psy…
  • La précarité et les bas salaires enfermant les femmes dans un lien de dépendance avec leurs conjoints violents (papiers, logements, salaires, gestion de la garde et des pensions alimentaires, calcul AAH Allocation Adulte Handicapé·e).
  • Le racisme d’Etat subi par les femmes et/ou LGBTQI+ sans papiers, exilé.e.s : régularisation sans conditions de tou·tes les sans papiers, liberté d’installation et de circulation !
  • La précarisation des travailleur·euses du sexe par des lois putophobes. Soutien inconditionnel envers ces travailleur·euses, notamment trans, qui en paient le prix fort : harcèlements policiers, violences, assassinats…
  • L’échec du système scolaire dans nos quartiers et la misère sociale qui poussent la jeunesse à la prostitution, comme seule issue possible.
  • Les LGBTPhobies : PMA au rabais, les violences physiques, médicales et administratives sur les personnes trans, la mutilation des enfants intersexes. Les Prides des banlieues et Radicales doivent être des temps de mobilisations de toutes les forces antiracistes, en soutien avec les concerné·es.
  • La criminalisation des mouvements militants : antifascistes, antisionistes, Gilets Jaunes etc. Les féministes des quartiers populaires sont de tous ces combats : s’attaquer à un.e de nous, c’est s’attaquer à tou·tes

Nous marcherons donc le 15 octobre 2022 dans les rues de Saint Denis.

Nous marcherons pour que cesse notre silence collectif face aux violences : que notre bourreau soit l’État, intime ou nos camarades de lutte. Nous marcherons pour porter un féminisme populaire antiraciste, en rupture avec le féminisme d’Etat. Nous marcherons pour honorer les mort·es et pour protéger les vivant·es.

Nous marcherons pour mettre au centre des débats : nos combats, nos réparations et nos victoires.

Qu’avec les noms de : Zyed, Bouna, Adama, Lamine ou Yanis et toutes les victimes de la police résonnent aussi dans nos quartiers les noms de : Sohane, Fouad, Dinah, Melissa, Alisha, Farida, Vanessa Campos, Ivana… et toutes les victimes des violences sexistes, LGBTQIphobes et sexuelles.

Nos quartiers ne sont pas des déserts féministes !

Rendez-vous à la basilique de Saint-Denis le samedi 15 octobre à partir de 14 h pour une marche par et pour les habitant.e.s des quartiers populaires.

ON ACHÈVE BIEN PÔLE EMPLOI

Ce mardi 4 octobre, une majorité de député.e.s de l’Assemblée Nationale a validé, lors de sa première lecture, le texte proposé par le gouvernement sur les « mesures d’urgence » concernant l’Assurance Chômage, notamment dans son article 1.

Retour sur les conséquences des règles actuelles Les règles actuelles d’indemnisation du chômage issues des décrets de 2019, 2020 et 2021 ont déjà produit des effets néfastes pour les chômeurs : des dizaines de milliers d’entre elles/eux ont été exclu.e.s du régime d’Assurance Chômage alors qu’ils/elles auraient pu y prétendre avec les règles antérieures.

La part des bénéficiaires du revenu de remplacement est de 40 % des inscrit.e.s à Pôle emploi (2,4 millions de personnes), chiffre qui diminue d’année en année… Le montant perçu par les privé.e.s d’emploi indemnisé.e.s est de 960 € en moyenne, soit en dessous du seuil de pauvreté.

Dans l’émission de ce jour, nous recevions, Francine royon, de la CGT Pôle emploi. En sa compagnie, nous revenons sur la situation à Pôle emploi et sur le mouvement de grève qui débute ce 11 octobre.

COMMUNIQUE DE PRESSE Paris, le 22/09/2022
RÉMUNÉRATION, ASSURANCE CHÔMAGE, ARRIVÉE DE FRANCE TRAVAIL :LES AGENTS FRANCILIENS DE POLE EMPLOI EN GRÈVE À PARTIR DU 11 OCTOBRE

Réunis en Assemblée générale le 28 juin et le 19 septembre, plus de 200 agents de Pôle emploi Ile de France ont décidé
de lancer une grève reconductible à compter du 11 octobre afin d’obtenir l’augmentation de leurs rémunérations et
une amélioration sensible de leurs conditions de travail.

Ils ont le soutien des syndicats franciliens de la CGT Pôle emploi, FO Pôle emploi, SNU Pôle emploi et Sud Solidaires(organisations majoritaires dans la région), et l’appui des syndicats et associations de chômeurs.
Avec la préoccupation de la défense des missions de service public et à la veille de décisions capitales (création de
France Travail, réforme de l’assurance chômage, entre autres…), dans un contexte d’inflation particulièrement difficile
pour ces agents, ces agents entendent revendiquer, entre autres :
-l’augmentation des rémunérations afin d’obtenir une réelle revalorisation qui prenne en compte
l’inflation actuelle et la perte du pouvoir d’achat notée ces dernières années
-la création de milliers de postes en CDI et la titularisation des agents en CDD sur, notamment, les missions
de conseil à l’emploi et d’indemnisation
-l’abandon des prestations collectives inefficaces, multipliées ces derniers mois, au bénéfice
d’accompagnements répondant aux besoins des usagers.
-l’abandon du CRI (conseiller référent indemnisation) qui conduit les agents à devoir s’occuper chacun de
plus de 1000 usagers dans de nombreuses agences,
-la fin de l’externalisation des missions d’accompagnement auprès d’opérateurs privés de placement
-l’abrogation de la contre-réforme de l’assurance chômage
Une première mobilisation nationale a eu lieu le 1er février, donnant lieu à des niveaux de débrayage inédits en Ile de
France, principalement parmi les conseillers mais aussi parmi les membres de l’encadrement intermédiaire.
Depuis cette mobilisation, les agents considèrent que la situation a empiré :
-une souffrance accrue et généralisée dans tout le réseau
-une charge de travail en augmentation permanente, chez les collègues en charge de l’indemnisation (mise en place
de nouvelles règles de calcul, création des postes de conseillers référents…) et de l’accompagnement (augmentation
des plans d’actions chronophages et inefficaces…).
-une mise sous pressions aux résultats et aux indicateurs

D’ores et déjà, des rendez-vous sont fixés 
: 8.30 : piquets de grève et distribution de tracts à l’attention des usagers devant les agences de Diderot (Paris 12e),
Montreuil, Vitry notamment.
 11.00 : Assemblée Générale des grévistes et rassemblement devant la Direction Générale (5 Avenue du Docteur Gley
75020 Paris)

ENEDIS/RAFFINERIE/GRDF : crise énergétique ou crise sociale?

Dans l’émission d’aujourd’hui nous vous diffusons plusieurs reportages réalisés autour des mobilisations qui s’organisent dans le secteur de l’énergie.

Le mercredi 5 octobre dernier, deux syndicalistes agents d’Enedis en Dordogne ont été interpellés et placés en garde à vue par les renseignements généraux, dans le cadre d’une enquête sur une coupure « sauvage » d’électricité, le 10 janvier, dans une entreprise du département classée Seveso. Une action menée dans le cadre de la contestation contre la réforme des retraites. Jusque là pratique syndicale courante, dans le cadre de la crise énergétique et économique doublée de la répression des militants, l’état utilise l’artillerie lourde pour répandre la peur chez les salariés. Dans une première partie d’émission nous vous diffusons donc l’interview de Cédric syndicaliste CGT réalisé le 6 octobre 2022 lors d’un rassemblement de soutien organisé dès le lendemain par les salariés.

Ensuite, nous vous diffusons un interview réalisé avec Paul délégué CGT de la raffinerie de Grand Puit, le mardi 4 octobre 2022, qui nous fera un point sur les raisons de la mobilisation et sur la force du mouvement après les 72 première heures de blocage.

Puis pour finir cette émission nous vous diffuserons l’interview de Luc Andre Pons autour de l’affaire de Moussa Gakou, salarié de GRDF depuis 15 ans qui dans sa participation à la mobilisation des agents de l’électricité et du gaz pour l’augmentation des salaires est lui même soumis à une répression judiciaire et patronale. A l’appel de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME-CGT), et comme d’autres techniciens grévistes Moussa, les 15 et 22 juin dernier dans ce cadre syndicale coupe le gaz pour pousser la direction de Gaz Réseau Distribution France (GRDF) la partie ex GDF à négocier. Son employeur a porté plainte contre lui. La filiale de l’entreprise publique Engie l’accuse de « dégradation volontaire d’une installation gaz ». Perquisitionné chez lui à Argenteuil dès 6h du matin,il est finalement condamné à 6 mois d’interdiction d’exercice de son métier, 90 h de travaux d’intérêt généraux notamment GRDF le fait passer le 15 novembre en entretien pour licenciement.

CHRONOPOST/RSI/DPD COUDRAY: une lutte pour la régularisation

Depuis maintenant bientôt un an les trois piquets de gréve de DPD Coudray, Chronopost, et RSI ( agence d’interim) sont en gréve reconductible pour leur régularisation.

Notre émission a pu réaliser de nombreux reportages lors de cette dernière année. Néanmoins, nous n’avions pu les recevoir dans les studios de Fréquence Paris Plurielle. Le 26 septembre dernier, et en vue de la “rentrée sociale”, il nous a semblé important de les accueillir afin de pouvoir faire un point de bilan sur les différentes étapes de la lutte l’année dernière afin ensuite de pouvoir envisager l’avenir.

Nous vous diffusons donc aujourd’hui une émission d’un format d’une heure et trente minutes, réalisé avec un membre de chacun des piquets de gréve qui permet de faire un point sur leur actualité et de revenir sur les stratégies de luttes qui s’offrent à nous.

Pour les soutenir :

https://www.cotizup.com/sanspapiersdpd

RÉPRESSION DANS L’ÉDUCATION NATIONALE / MANIFESTATION DU 29 SEPTEMBRE 2022

Dimanche 4 septembre, soit quelques jours après la rentrée des classes, Kai Terada enseignant au lycée Joliot Curie de Nanterre et militant Sud-Éducation, prenait connaissance de la décision de suspension de 4 mois notifiée par le rectorat sans motif. Le 8 septembre, il était convoqué au rectorat de Versailles, qui lui a indiqué qu’il n’y avait pas lieu de convoquer une commission disciplinaire, mais qu’une procédure de “mutation dans l’intérêt du service” serait lancée.

Kai Terada militant Sud-Éducation, prenait connaissance de la décision de suspension de 4 mois notifiée par le rectorat sans motif. Le 8 septembre, il était convoqué au rectorat de Versailles, qui lui a indiqué qu’il n’y avait pas lieu de convoquer une commission disciplinaire, mais qu’une procédure de “mutation dans l’intérêt du service” serait lancée sous 10 à 15 jours

le 21 septembre, un rassemblement se tenait prés du ministère de l’éducation nationale ou fut reçu une délégation

Le 23 septembre dernier un rassemblement de soutien à Kai Terada était organisé devant la préfecture de Nanterre, lendemain de la décision du ministère de l’éducation nationale de “muter pour le bien du service” ce militant syndical dans le lycée Jean Baptiste Piquelin à Saint-Germain en Laye un désert syndical.Suite a la réception de la délégation du lycée Joliot Curie de Nanterre nous auront un retour sur “l’inspection 360” dont a fait l’objet le lycée.

Dans cette première partie d’émission, nous vous proposons l’écoute des reportages réalisés les 21 et 23 septembre 2022.

Pour soutenir

✱ Soirée de soutien à Kai, le vendredi 7 octobre à partir de 18h : débats et concerts, au local de la CNT 33 rue des Vignoles 75020 Paris
✱ Grève & rassemblements le mardi 11 octobre, en soutien à Kai et contre la répression antisyndicale dans l’éducation

la grève interprofessionnelles pour les salaires, les pensions, les bourses d’études, les minima sociaux du 29 septembre 2022 dans la manifestation parisienne

Cette journée de grève a été appelée par la CGT et Solidaires dès le début de l’été. L’appel à la grève portait notamment sur le smic à 1800 ou 2000 €,la semaine de 32h,l’augmentation du RSA et des minimas sociaux…)

dans ce reportage, nous entendrons les entretiens réalisé lors de cette manifestation et nous débutons par une interview réalisé avec un syndicaliste de Élior entreprise multinationale française spécialisée dans la restauration collective et les services.

Journée de mobilisation CGT dans la santé / Gréve à la BNF

Dans cette émission du 29 septembre 2022 nous vous diffusons deux reportages :

Dans une première partie d’émission : un reportage réalisé le 22 septembre dernier sur la journée d’action dans le secteur de la santé appelé par la CGT. Nous entendrons des prises de parole réalisées sur le rassemblement devant le siège de l’AP-HP a Paris. Puis un entretien réalisé ce même jour sur le rassemblement qui se tenait lui dans le Finistère.

« Appel à mobilisation les 22 et 29 septembre 2022

Les secteurs de la santé, de la protection de l’enfance, du handicap et du grand âge connaissent une situation sans précédent totalement mortifère pour les usager.ère.s et les salarié.e.s.
Les fermetures de services d’urgences partout en France induites par les fermetures de lits hospitaliers ne sont que les conséquences de politiques publiques libérales subies depuis des décennies. La mission flash « Braun » et ses 41 préconisations montrent la gravité de la situation et le cynisme des décideurs en place.
C’est l’ensemble du système de santé, d’action sociale et du médico-social qui est en train de s’effondrer.
Les salarié.e.s n’en peuvent plus de ne pouvoir exercer correctement leur travail par manque de moyens. Les patient.e.s et bénéficiaires souffrent de la non prise en compte de leurs besoins fondamentaux : être en bonne santé et vivre dignement.
Aujourd’hui nous n’avons plus la capacité d’éviter des drames !
Face à l’aggravation des réalités de notre secteur, la Fédération CGT santé action sociale œuvre pour le développement d’une mobilisation à la hauteur de la situation. Nous devons répondre ensemble aux enjeux du développement d’un grand service public de Santé et d’action sociale.
Tout l’été, les luttes vont se poursuivre pour alerter et résister à cette marche en avant vers le chaos.
Il est urgent de pouvoir peser sur les choix politiques et notamment dans le cadre du débat parlementaire sur le PLFSS 2023.
C’est pourquoi la CGT œuvre et appelle à la convergence des luttes le 22 septembre avec des actions partout sur le territoire.
La situation devient intenable dans tous nos établissements ! On manque de personnels partout ! Ça suffit ! Il faut que les fermetures de lits et de structures cessent ! Il faut des formations et des recrutements ! Il faut revaloriser nos métiers et nos missions ! Il faut développer le service public !
On y va tous ensemble et on ne lâche rien ! »

Dans une seconde partie d’émission vous entendrez un reportage réalisé le 20 septembre dernier lors d’ un nouveau de piquet de grève de la part des travailleurs et soutiens de la Bibliothèque Nationale de France, sur le site nouvellement réouvert de Richelieu, situé dans le 2ème arrondissement de Paris. Les grévistes sont entrés dans la matinée, dans le hall et ont déplié une banderole devant l’un des deux guichets, le bloquant de facto. Avant de repartir quelques heures plus tard.
Ce fut donc l’occasion de faire un retour radiophonique sur l’état de la mobilisation des agents et usagers de la BNF, commencée en mai 2022.

Communiqué de l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture BnF :

“Les organisations syndicales CGT-FSU-SUD et les personnels de la bibliothèque sont maintenant mobilisés depuis plusieurs mois. L’envahissement du Conseil d’administration par près de 150 collègues le 25 novembre dernier, deux préavis de grève particulièrement bien suivis et une pétition de plus de 700 signatures témoignent du mécontentement des personnels et leurs oppositions aux projets de la direction.

Le dernier projet en date qui vise à réduire la communication directe des documents pour les lecteurs et lectrices du Rez-de-jardin suscite une forte contestation des personnels à laquelle se joint le mécontentement des usagers de la bibliothèque (comme en témoigne la pétition en ligne qui a recueilli plus de 14000 signatures).

Le dispositif proposé instaure une communication directe des documents uniquement l’après-midi et constituenon seulement un recul de la qualité du service rendu aux lecteurs et lectrices mais a des conséquences négatives sur l’organisation du travail des magasinier·ère·s en concentrant l’activité sur des horaires restreints dégradant ainsi encore plus les conditions de travail de ces personnels par ailleurs en sous-effectif du fait des choix politiques de la direction.

Malgré cette forte opposition et les avis négatifs répétés donnés à l’unanimité des représentants du personnel lors des CHSCT et comité technique, la direction refuse de retirer ce projet.

Dans ces conditions et faisant le constat d’un déni de dialogue social, nos organisations syndicales CGT-FSU-SUD déposent un préavis de grève à partir du 4 mai jusqu’au 31 mai 2022 pour l’ensemble des agent·e·s de l’établissement afin de faire aboutir les revendications suivantes :

  • Le retrait du projet visant à réduire la communication directe des documents pour les lecteurs et lectrices du Rez-de-jardin, celle-ci étant désormais prévue uniquement l’après-midi.

A cela s’ajoute, les revendications que les personnels avec nos organisations syndicales portent depuis plusieurs mois et qui restent entières :

  • le renforcement des effectifs et l’arrêt des « destructions » d’emplois sous couvert de redéploiement de postes. Plus particulièrement, afin de pallier le manque de personnel de magasinage (120 postes de magasiniers titulaires et 150 postes de magasiniers contractuels à temps incomplet supprimés) et réduire la précarité, nos organisations syndicales réclament l’organisation rapide d’un recrutement de magasinier comprenant un volet interne important pour permettre l’accès à l’emploi titulaire des plus précaires,
  • le respect du Protocole de fin de grève de 2016 prévoyant le recrutement des agent·e·s contractuel·le·s à temps incomplet sur missions pérennes en CDI et le retrait de la récente disposition permettant ce recrutement en CDD d’un an renouvelable une fois,
  • l’application des mesures ministérielles de revalorisation des primes. Pour les agents titulaires, nous réclamons une égalité de traitement avec les agents du Ministère de la culture qui ont bénéficié fin 2021 d’une revalorisation de leur prime de +500 à +1500 euros/an en fonction de leur ancienneté. Pour les agents contractuels exclus pour la plupart d’entre eux de la prime de fin d’année, nous demandons également l’égalité de traitement et un calendrier de mise en œuvre,
  • la révision du fonctionnement du site Richelieu à la réouverture en septembre 2022 qui entraîne surcharges et dégradations des conditions de travail. Nous réclamons le maintien de l’amplitude horaire actuelle (abandon des jours fériés, du 19h, etc.) et le recrutement de personnel titulaire en particulier pour l’ouverture de la salle Ovale.

Nous restons à votre disposition, comme le prévoit la réglementation, pour ouvrir des négociations, et nous vous adressons, Madame la Présidente, l’expression de nos sincères salutations.

L’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture BnF”

Bonne écoute.

RENTREE CHEMINOTE 2022

Depuis la réforme du ferroviaire de 2018 avec l’ouverture à la concurrence, les cheminots de la SNCF sont soumis à des négociations annuelles obligatoire des salaires (NAO) face à une SNCF qui multiplie la sous-traitance et la filialisation. Dans un contexte de vente à la découpe du réseau ferroviaire en Île de France : leurs conditions de travail sont plus en plus dégradées, le point d’indice de leur salaire est bloqué depuis 8 ans, et les effectifs ne cessent d’être réduits.

Ainsi, face au questionnement soulevé dans les médias institutionnels sur la difficulté pour les entreprises de recruter, ou bien celle de l’intérêt de construire une armée de réserve de travailleurs gratuits avec les allocataires de prestations sociales; dans cette émission nous sommes plutôt aller interroger les cheminots qui cherchent à construire une mobilisation depuis maintenant plusieurs mois.

Dans cette émission vous entendrez plusieurs reportages et entretiens réalisés ces dernier mois lors de mobilisation cheminote. Dans une première partie d’émission, vous entendrez les reportages et interviews réalisés le 14 septembre 2022 à la Défense, lors d’un rassemblement intersyndical ( Solidaires, CFDT, UNSA) afin de mettre la pression et de dénoncer une hausse du niveau de salaire insuffisante par rapport à l’inflation, à l’occasion d’une réunion de négociation par branche avec les donneurs d’ordres. Dans une deuxième partie d’émission vous pourrez entendre un entretien avec Fabien Villedieu, syndicaliste Sud rails réalisé le 6 juillet 2022 à la gare Montparnasse, à la suite de gréve sauvages qui s’était déclenchées en vue de ces négociation, qui revient sur l’ensemble du contexte de cette mobilisation qui se construit depuis plusieurs mois.

L’ÉDUCATION NATIONALE VA CRAQUER.

La rentrée scolaire ne se passe pas bien, mais pas bien du tout. Il règne dans l’éducation nationale un climat de peur, de mépris qui explique en partie la désertion des profs et les nombreuses grèves.

Dans la région parisienne, c’est du lycée Mozart du Blanc-mesnil ou le proviseur joue au despote, à Gennevilliers où il n’y a pas assez de profs et à Nanterre où un prof de math est suspendu pendant quatre mois sans motif où nous nous rendrons aujourd’hui.

Les enseignantes et enseignants du lycée Mozart sont en colère. Ils ont entamé une grève d’une semaine à la rentrée scolaire.

Cette grève leur a permis d’obtenir le rapport d’enquête du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail – CHSCT 93 daté du 30 juin 2022 concernant le harcèlement dont ils sont l’objet, que le proviseur était tenu de leur transmettre et qu’il tardait à leur remettre.

Le rapport est accablant pour le nouveau proviseur en poste depuis un an. 32 entretiens menés en mai 2022 dressent, sur deux pages et demie, un tableau sinistre de l’état moral du personnel de l’établissement. Il y est question de souffrances, de crises de larmes, de troubles anxio-dépressifs liés au travail, de pensées très noires, d’un nombre croissant d’arrêts maladie. Il y est décrit un climat anxiogène et toxique. Ces témoignages indiquent clairement comme origine des souffrances l’attitude et la gestion méprisante et maltraitante du proviseur.

Les professeurs demandent la mutation du chef d’établissement. Si vous voulez les soutenir : https://www.cotizup.com/lycee-mozart-en-lutte, lyceemozart@gmail.com

C’est Sylvie, une ancienne prof de Mozart, retraitée depuis deux ans, qui a exercé dans ce lycée pendant 17 ans, qui prend la parole pour ces collègues, car ceux-ci ont peur des représailles.

À NANTERRE :

Soutien à Kai Terada, contre la répression antisyndicale dans l’Éducation : rassemblement devant le ministère le 21 septembre à 15 h

Dimanche 4 septembre, Kai Terada, co-secrétaire départemental de SUD éducation 92 et enseignant au lycée Joliot-Curie de Nanterre (92), s’est vu notifier par le rectorat une suspension de quatre mois.

Mercredi 7 septembre, il était convoqué au rectorat de Versailles, qui lui indiquait son intention d’engager une mutation dans l’intérêt du service sous 10 à 15 jours. Pourtant, le dossier administratif était vide, et le rectorat lui-même indiquait qu’il n’avait commis aucune faute grave justifiant d’engager une procédure disciplinaire. Il s’agit manifestement d’un nouveau cas de répression anti-syndicale. Le motif avancé par le rectorat de “ramener la sérénité” dans l’établissement est jugé totalement irrecevable par les collègues de Kai, très mobilisé·es depuis le début de l’affaire.

Ils et elles étaient d’ailleurs nombreux·ses en grève dès le 5 septembre et rassemblé·es devant le rectorat de Versailles jeudi 8 septembre pour le soutenir. En revanche, Kai est bel et bien un militant syndical actif au niveau local, régional comme national, depuis de nombreuses années : c’est cela qui a motivé l’administration à engager des poursuites contre lui.

Avec Macron, la répression anti-syndicale a pris une ampleur inédite, dans les rassemblements, manifestations, et y compris dans les établissements scolaires. La mobilisation contre la mise en place des E3C ÉPREUVES COMMUNES DE CONTRÔLE CONTINU en 2019 a entraîné une vague de répression très forte, contre les personnels et les lycéen-e-s. Dont les cas les plus emblématiques ont été ceux du lycée de Melle (79) et du lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand (63). Nos organisations s’étaient fortement mobilisées pour soutenir les collègues.

La répression contre Kai Terada s’inscrit également dans une vague de procédures de mutations “dans l’intérêt du service”, en réalité des opérations de répressions anti-syndicales déguisées. Celles-ci, facilitées par la loi de transformation de la Fonction publique de 2018, sont devenues un outil, pour la hiérarchie administrative, pour se débarrasser à peu de frais des enseignant·es syndicalistes, sans procédure contradictoire.

C’est bien souvent le “climat” de l’école ou de l’établissement qui est invoqué de manière abusive. Cette vague de répression se poursuit donc avec Pap Ndiaye. Elle doit cesser définitivement : les droits syndicaux, le droit de grève et de manifestation ne doivent en aucun cas être entravés.

Nos organisations exigent que Kai Terada soit rétabli immédiatement dans ses fonctions et que le motif de la suspension lui soit communiqué. Elles dénoncent cette tentative d’intimidation contre l’exercice du droit syndical. C’est pourquoi nos organisations appellent l’ensemble des personnels à participer mercredi 21 septembre à 15h à un rassemblement en soutien à Kai Terada devant le ministère (place Jacques Bainville, Paris 7e)).

Des préavis de grève seront déposés. Les responsables nationaux·ales de nos organisations seront présent·es. Elles appellent à faire de ce rassemblement une initiative majeure contre la répression dans l’Éducation nationale

CGT, FO, SUD, FSU, SNES


Dimanche 4 septembre, trois jours après la rentrée des classes, un enseignant de mathématiques du lycée Joliot-Curie de Nanterre, M. Kai Terada, a pris connaissance d’un arrêté de suspension de fonctions le concernant pour quatre mois. Aucun motif ne lui a été communiqué pour justifier cette décision. Même la direction du lycée n’en était pas informée.

Kai Terada est un militant SUD Éducation, co-secrétaire départemental du syndicat dans les Hauts-de-Seine. Travaillant au lycée Joliot-Curie depuis 2007, il a participé et animé de très nombreuses luttes, locales et nationales. Il a notamment été une des figures de proue du mouvement « Touche pas ma ZEP » pour la défense de l’éducation prioritaire dans les lycées. Au quotidien, il est inlassablement engagé pour l’amélioration des conditions de vie des personnels et des élèves. Il est, en particulier, un membre actif du Réseau Éducation Sans Frontières qui défend les droits des mineur•es non accompagné•es et des jeunes sans papiers.

Dans ce reportage, nous entendrons les interviews d’un professeur des écoles de Nanterre et de Kai Terada.

LYCÉES GALILÉE DE GENNEVILLIERS

Au lycée Galilée de Gennevilliers, la perte d’heures d’enseignement, estimée à 54 heures après les ajustements effectués à la veille de la rentrée, est catastrophique et porte atteinte à des dispositifs d’accompagnement pédagogique et de compensation sociale qui ont fait leurs preuves.

Certes, l’ajustement accordé par le rectorat préserve les Devoirs Surveillés du samedi, mais au total, le compte est encore loin d’y être : on rhabille Pierre après avoir dépouillé Jacques !

Il s’agit toujours d’une saignée sans précédent qui demande par exemple de supprimer l’aide personnalisée (A.P.) en mathématiques et en français pour la classe de seconde, mais aussi d’y renoncer totalement en classe de première et de terminale.

Le lycée Galilée de Gennevilliers était en grève le lundi 5 septembre dernier, afin d’obtenir une véritable révision de la DHG (dotation horaire globale) permettant au lycée de fonctionner et de proposer un enseignement de qualité.

Nous entendrons un entretien réalisé devant l’établissement avec une enseignante.

FRANCE TELECOM / ORANGE

Le 11 mai 2022 avait lieu la première audience de l’appel des dirigeant·es de France Télécom contre le jugement de décembre 2019 qui les a condamnés pour harcèlement moral systémique, première condamnation historique de ce type pour des patrons du CAC 40.

Lors du plan “Next” en 2006, qui visait à supprimer 22 000 emplois “par la porte ou par la fenêtre” dixit le PDG Didier Lombard, des salarié·es ont été brisé·es, et des vies ont été détruites, 19 personnes s’étaient suicidées (nombre de cas “retenus” par le tribunal) suite à des mobilités forcées, des placardisations et humiliations en tout genre.

Le procès des dirigeant·es de France Télécom et de la société France Télécom (devenue Orange) fin 2019 concerne l’ensemble du monde du travail : il a délivré le message qu’il n’y a pas d’impunité pour des dirigeant·es et des sociétés qui harcèlent moralement leurs salarié·es, qui mettent en danger la vie des travailleur·euses (même si cette qualification juridique n’a pas été retenue en première instance).

L’obligation pour les employeur·euses de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salarié·es ne peut se réduire à quelques lignes du code du travail. Ce procès de 2019 l’avait rappelé, même si on a pu regretter que les peines ne soient pas plus lourdes au regard des dégâts humains considérables dont il a été question.

Ce procès avait mis au grand jour les pratiques et politiques du groupe sous couvert d’arguments économiques (tandis que 21 milliards d’euros de dividendes étaient distribués entre 2006 et 2011 !), le cynisme et le déni des dirigeant·es (voir le livre “La raison des plus forts – Chronique du procès France Télécom” – Les Éditions de l’Atelier).

Ces condamnations restent fondamentales, comme ce qui se joue dans d’autres procès internationaux, comme celui du Rana Plazza (effondrement d’un immeuble de confection en 2013, faisant 1 130 morts et des centaines de blessé·es) ou d’autres encore.

L’appel introduit par ces patrons (à part le DRH de l’époque et Orange ex France Télécom qui y ont renoncé), oblige les victimes et leurs proches à revivre un calvaire. L’Union syndicale Solidaires, comme la fédération Sud PTT leur apportent tout leur soutien. C’est d’autant plus insupportable que lesdits patrons cherchent dans les premiers débats d’appel à se faire passer eux-mêmes pour victimes des condamnations qui ont été prononcées en première instance.

Dans cette première partie d’émission, nous entendrons un extrait de la conférence de presse qui se tenait le 10 mai 2022, veille de l’ouverture du procès en appel de France télécom.

Pour tout suivre sur le procès, le site dédié de Sud Ptt et Solidaires : https://proceslombard.fr/
http://la-petite-boite-a-outils.org/chantiers/suicides-a-france-telecom-le-proces/

La seconde partie d’émission, nous amènera devant le siège d’Orange à Issy-les-Moulineaux.

Le 29 juin dernier, les salariés d’orange, se sont rassemblée devant le nouveau siège social de la multinationale pour contrer le plan social déguisé en non-remplacement de départ en retraite massif organisé par les actionnaires (privés à 66 %).

Le tout dans un contexte de retour des suicides liés aux conditions de travail, alors même que le procès Lombard sur les suicides au travail à l’époque de la privatisation se poursuivait et que l’abandon des missions de service public, notamment les appels d’urgence, ont causé des décès. Mais également, la baisse des salaires dû à l’inflation. 

DROITS DES ÉTRANGER-E-S : DES LOIS TOUJOURS PLUS RESTRICTIVES

Compliqué et fluctuant, le droit des étranger-e-s (droit d’asile et droit du séjour) est souvent mal connu, autorisant l’extrême-droite à dénoncer un prétendu laxisme de l’État français. En réalité, cette législation est de plus en plus restrictive et les façons dont elle est mise en application restreignent encore les possibilités pour les étranger-e-s : manque de moyens, règles arbitraires, tout-numérique… Qu’il s’agisse de demander une protection (asile, protection subsidiaire), de faire valoir son droit au rapprochement familial ou à la régularisation par le travail, tout est fait pour décourager et mener une politique de fermeture.

C’est ce qu’abordent Vincent Sizaire (enseignant-chercheur en droit à Nanterre) et Sophie Giroud (avocate, membre de la Ligue des Droits de l’Homme) lors d’une rencontre organisée le 23 juin 2022 par l’association des Amis du Monde Diplomatique de Paris.

Dans la dernière partie de l’émission, deux membres de la CSP 75 et de la CSP Montreuil qui participaient au rassemblement du 28 juin devant l’Assemblée Nationale expliquent les revendications des collectifs de sans-papiers et leurs attentes pour cette nouvelle législature, puisqu’ils et elles comptent sur les député-e-s de l’union de la gauche pour défendre leurs droits et mener une véritable politique d’accueil.

GRÈVE A LA BNF / CONTRE LA FUSION DES HÔPITAUX DU 95

Dans cette émission en deux parties, nous avons deux reportages sur des luttes en défense des services publics : sur le piquet de grève à la Bibliothèque Nationale de France le 9 juin, et sur le rassemblement contre la fusion des hôpitaux de Beaumont-sur-Oise, Saint-Martin et Pontoise le 10 juin.

Déclaration intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture au CHSCT BnF du 09/06/2022 :
“Le personnel de la BnF est en grève et en actions depuis le 2 mai contre la réorganisation du travail en service public, qui réduit fortement la communication directe des documents des magasins aux chercheurs et qui dégrade les conditions de travail des agents, mais aussi contre le sous-effectif, qui est particulièrement fort en catégorie C où beaucoup de postes ont été supprimés ces dernières années, contre le retour des contrats ultra-précaires pour les « vacataires », contre de mauvaises conditions de travail, contre le nouveau fonctionnement prévu du site de Richelieu et contre la remise en cause des missions de service public de la BnF (catalogage, communication des ouvrages, temps et moyens impartis à la conservation..).

C’est pour cela que nous sommes de nouveau en grève aujourd’hui, jeudi 9 juin. Cela montre la détermination du personnel et son opposition aux réorganisations imposées de façon autoritaires par la direction de la BnF. Nous ne sommes pas « inquiets » ou « interrogatifs », nous sommes en grève pour faire aboutir nos revendications et obtenir les moyens en personnel et financier nécessaires pour garantir la pleine mise en œuvre des missions de la BnF tout en garantissant de bonnes conditions de travail et l’arrêt de l’ultra-précarité.

De plus, à la mobilisation du personnel s’ajoute celle des lecteurs et lectrices, qui sont opposés depuis le début à la réorganisation du service public et qui soutiennent aussi pleinement les revendications du personnel.
Face à un mouvement social de cette ampleur, il n’est pas normal que la direction de la BnF attende aussi longtemps pour proposer une vraie réunion de négociation et se contente d’une communication provocatrice. Nous n’accepterons pas que la direction tente de contourner le cadre de la grève et des négociations avec le personnel en grève. Nous n’accepterons pas que la direction et le ministère jouent sur les délais pour laisser la situation se dégrader. Car il est aussi de la responsabilité sociale du ministère de la Culture d’intervenir réellement pour résoudre le conflit social en cours en donnant satisfaction au personnel en lutte.

Nous exigeons donc que le ministère de la Culture donne les moyens nécessaires à la BnF pour son fonctionnement et que la direction de la BnF dans le cadre de vraies négociations prenne pleinement en compte nos revendications :
– Le retrait immédiat de la réorganisation du travail en service public et le retour aux communications directes des documents toute la journée.
– La mise en place immédiate de toutes les mesures nécessaires pour pourvoir les postes dont la BnF a besoin, en particulier de magasiniers titulaires, avec la publication dès maintenant des postes vacants, puis l’organisation rapide d’un recrutement direct conséquent, avec un volet interne important.
– L’arrêt des chantiers internes supplémentaires, qui dégradent les conditions de travail, afin de permettre aux agents de pouvoir faire dans de bonnes conditions le travail en service public et leurs tâches internes fondamentales.
– L’abandon immédiat du recrutement des contractuels à temps incomplet sur besoins permanents sur des CDD d’un an, contrats ultra-précaires sans droit et retour à leur recrutement en CDI.
– L’augmentation des moyens en personnel et financiers de la BnF pour pouvoir remplir dans de bonnes conditions l’ensemble de ses missions (catalogage, SP…).
– Des engagements clairs et précis sur les primes.
– Une révision du fonctionnement prévu pour le site de Richelieu et le recrutement du personnel titulaire nécessaire.
Nous attendons des réponses précises et qui permettent de trouver des solutions positives sur l’ensemble de ces points lors de la réunion de négociation du 10 juin. En l’absence de réponses à la hauteur de la situation, nous serons de nouveau en grève les 15 et 16 juin prochain.”

La catastrophe sanitaire surgit à nu dans tout le pays. Urgences hors d’état de fonctionnement, des dizaines de milliers de lits fermés, des services de santé essentiels disparus, des fusions-fermetures d’hôpitaux… Un taux de mortalité infantile en augmentation…

C’est un véritable désastre.

Ils nous ont dit : manque de médecins. Mais ils refusent la titularisation à plus de 30 000 en situation précaire. Et en cinq ans de gouvernement, s’ils l’avaient décidé, des dizaines de milliers de jeunes médecins, formés en 6 ans d’études, auraient pu être prêts dès l’année prochaine…

Messieurs Macron, Véran, quel est votre bilan ?

La santé de la population, la santé des vieux, des enfants, vous n’en avez que faire !

Et nous le prouvons :

  • L’hôpital de Saint Martin du Tertre, spécialisé dans les soins gériatriques, vous l’avez promis à la fermeture.
  • À l’hôpital de Beaumont, malgré toutes nos alertes, nos protestations, vous avez osé, en pleine pandémie, priver la population d’un service de réanimation, de lits de soins intensifs, que vous aviez fermés deux mois auparavant.
  • Vous avez osé, en plein confinement, quand des enfants perturbés dans leur scolarité étaient en pleine détresse, fermer 12 lits de pédiatrie.
  • Vous avez osé à la maternité de l’hôpital fermer le service de néonatalogie, mettant en péril les parturientes, les prématurés, face à toute situation imprévue…

Vous avez refusé d’entendre les besoins de la population. 180 000 habitants concernés…

Et puis, ces derniers mois, les choses se sont accélérées. Après l’urologie, ce sont les services de pneumologie, de diabétologie, de neurologie, de cardiologie, qui ont vu leurs chefs de services partie, certains à la retraite et d’autres dégoutés des conditions qui leur sont faites…

Et en fait de remplaçants, ce sera au mieux pour une journée dans la semaine.

Ce n’est plus un hôpital. C’est un naufrage !

Monsieur Macron, Monsieur Véran, Madame Borne et votre exécutant servile, le directeur Monsieur Aubert, vous avez organisé sciemment ce désastre. Et vous avez osé nous dire d’aller à Pontoise, malgré la distance et les embouteillages.

Mais voilà qu’à Pontoise, on a appris par un communiqué de presse de la CGT, que là aussi les services de néonatalogie, de pédiatrie et de réanimation avaient perdu des dizaines de lits depuis 3 ans, qu’avec le départ du chef de service de psychopathologie de l’adolescent, 10 lits allaient être fermés et comble de tout c’est la cancérologie qui devrait être réduite à peau de chagrin !

Et cette situation catastrophique menace non plus 180 000 habitants, mais près de 700 000.

Et ces forfaits accomplis, que vous restait-il à faire ?

La nouvelle est tombée. Le directeur Aubert vient d’annoncer la fusion administrative des hôpitaux de Saint-Martin-du-Tertre, Beaumont, Pontoise. Avec toutes les conséquences prévisibles de cette opération : la mobilité forcée des personnels soignants, administratifs, des services de restauration, de lingerie… la mise sur la touche des maires concernés.

Les syndicats CGT, UNSA, Solidaires, de l’hôpital, outrés, ont décidé dans l’unité une journée de protestation le 10 juin pour s’opposer à cette fusion. Nous, Comité de défense de l’hôpital de Beaumont, de Saint-Martin-du-Tertre, nous y serons et nous appelons la population à nous rejoindre.

La fusion, c’est non ! Le Comité de Défense de l’hôpital

Et ce vendredi 10 juin, l’actualité des luttes se trouvait sur le rassemblement de l’hôpital de Beaumont sur Oise et nous entendrons les prises de paroles et un entretien réalisé avec des soignantes de l’hôpital.

Quel avenir pour la maternité des lilas ?

les lilas 28 mai 2022 : fête de la maternité

Fondée en 1964, la maternité des Lilas est une institution féministe incontournable de l’Île-de-France qui ne pratique que des actes liés à la santé sexuelle : avortements, accouchements, soins de transition… La structure est gérée par une association accréditée par l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Seine-Saint-Denis, mais elle fait face depuis déjà plus de dix ans à des difficultés financières. En cause, le mode de financement des établissements de santé dit de la tarification à l’activité (T2A).

Mis en place en 2005, ce nouveau mode de financement consiste à ne plus allouer un budget de fonctionnement sous la forme d’une enveloppe globale couvrant les besoins estimés, mais à ajuster en chaque année selon le total des soins facturés à la sécurité sociale : un moyen pour l’État de compresser sans arrêt le budget de la santé qui a joué un rôle important dans la dégradation du système public de santé depuis les années 2000.

Outre son effet de coupe budgétaire, cette réforme a également eu l’effet pervers d’instituer un rapport productiviste à la santé : pour éviter de voir leur enveloppe réduite, l’administration des hôpitaux est amenée à encourager les équipes soignantes à réaliser un maximum d’actes médicaux pour pouvoir facturer le plus possible à la sécurité sociale.

En matière d’obstétrique, cela se traduit par la volonté des hôpitaux de faire sortir les parturient.e.s trois jours après leur accouchement, incite le recours à la césarienne ou à l’épisiotomie, pourtant pas toujours nécessaires et souvent perçus comme de véritables violences par les femmes qui accouchent.

La maternité des lilas est la dernière petite maternité (niveau 1) à financement entièrement public en seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France et avec un taux de fécondité le plus élevé, particulièrement touché par les inégalités territoriales de santé.

L’ARS (agences régionales de santé) pourrait valider un projet de reprise par un groupe privé nommé AVEC. Ce groupe prévoit la fusion de la maternité des lilas avec la clinique Vauban situé à Livry-Gargan

Dans ce contexte, avait lieu, ce 28 mai 2022, la fête de la maternité dans le parc Lucie Aubrac au Lilas. L’actualité des luttes avait posé son micro pour capter cette journée de fête et de luttes. Dans l’émission de ce jour, nous entendrons les interviews d’ancienne et de nouvelle sages-femme, de parent et d’une syndicaliste de la maternité qui nous parlera des enjeux de la lutte.

Pour soutenir la maternité des lilas : https://www.change.org/p/soutien-%C3%A0-la-maternit%C3%A9-des-lilas-pour-%C3%A9viter-sa-fermeture

RATP : trois jour de grève reussis ?

Nous revenons dans cette émission sur la grève de la RATP du 23, 24 et 25 mai 2022. Vous pourrez entendre le reportage réalisé lors du rassemblement du 24 mai devant le siège social de la RATP, et de revenir sur les raisons de ce mouvement.

Du 23 au 25 mai dernier, une grève du réseau de surface de la RATP, bus et tramway, a été largement suivi (60 %). Appelée par la CGT RATP, UNSA, mais aussi Solidaires RATP et en partie Force Ouvrière ; elle n’a pas été suivi par le réseau “lourd” (métro et RER) où FO est majoritaire.

La raison de ce mouvement est la lutte contre la privatisation à très court terme (2030) et le découpage en lots du réseau de surface. Alors que le RER et le métro ne le seraient que 10 ans plus tard et conservé en droit privé par le groupe RATP. C’est sur cette différentiation temporelle que se joue la division entre bus et métro…

Bien que le RER B semble se mettre en brande avec deux jours de grève le 28 mai dernier, jour de la finale de la coupe d’Europe de football et le 03 juin prochain, premier match de la ligue des nations de football entre la  France et le Danemark, (bien que cela ne touche que très partiellement l’accès au Stade de France).

Cette division est fatale tout comme avec celle des réseaux privés de transports urbains de la région.

Dans cette première partie, nous entendrons les prises de parole devant le ministère des Transports, le 23 mai, puis un entretien avec un agent de maintenance bus sur les incendies des bus électrique bolloré et enfin l’entrée des salarié-e-s a la maison de la RATP le 24 mai dernier.

Nous tenterons, dans la deuxième moitié de l’émission, de faire avec Yassine qui est conducteur de bus du dépôt de Malakoff de la CGT, un bilan du mouvement de grève et de ces perspectives.

RATP : TROIS JOURS DE GRÈVE RÉUSSIS : CE N’EST QUE LE DÉBUT !

Pendant trois jours, les 23, 24 et 25 mai, les conducteurs de bus, de tram et la maintenance ont fait grève massivement : avec des taux de grévistes de 50 à 60 %, de nombreuses lignes n’ont pas été desservies. Les équipes militantes se sont retrouvées autour des piquets matinaux, puis se sont rassemblées lundi devant le ministère des Transports et mardi devant le siège social de la RATP. Une manière de dénoncer « l’ouverture à la concurrence » qui n’est qu’une mise en concurrence des travailleurs au profit de l’entente entre les grands groupes du secteur. La direction de la Régie entend faire passer le « cadre social territorialisé » (CST) dès cet été – probablement au 1er août (En plein été!!!).

Au menu : suppression de certaines primes et aménagements, vol de jours de congés, etc. La direction chiffre l’augmentation du temps de travail prévue à 120 heures par an, la CGT à 190. Dans tous les cas, entre un mois et six semaines de travail volé ! Le tout accompagné d’un chantage : la vague promesse d’une prime équivalente à un 14e mois à condition que les syndicats signent ce recul social. Et pour ça, la direction n’a pas lésiné sur les moyens puis a envoyé ses cadres militer auprès des salariés pour les convaincre d’accepter et de faire pression sur leurs syndicats pour qu’ils signent. Mais ni discours policés ni tracts en couleurs et papier glacé n’auront suffi à convaincre de l’entourloupe que représente cet accord. Face à ce chantage, les travailleurs de la RATP ont choisi la lutte !

Si les salariés ont répondu massivement « présent » dans la grève, ce sont les directions syndicales elles-mêmes qui ont fixé des limites à l’action des conducteurs de bus. L’appel à trois jours de grève, ficelé à l’avance et décidé d’en haut, n’a pas aidé à convaincre de l’utilité de se rendre sur les piquets de grève pour organiser la suite du mouvement. Le choix de limiter la grève aux seuls conducteurs de bus et tram – même si les ouvriers de la maintenance des dépôts ont tenu à juste titre à s’y joindre – favorise l’émiettement des réactions alors qu’il est urgent de les regrouper.

Car des raisons de se rejoindre, il y en a dans tous les secteurs de l’entreprise : la mise en concurrence, la dégradation des conditions de travail, le manque d’effectif et surtout les salaires trop bas qui ne suivent pas l’inflation concernent aussi le métro, les ateliers puis même les bureaux ! Ces secteurs sont d’ailleurs loin d’être endormis : grèves surprises isolées au métro, grèves perlées au RER (notamment une grève d’une heure sur le RER B, devenue célèbre après le fiasco du préfet Lallement et de Darmanin dans l’organisation de la finale de la Ligue des champions), un éventuel appel à la grève en juin dans les ateliers.

La colère est bien là pour construire la riposte à la politique patronale de la RATP, malgré ces limites que posent les organisations syndicales. Il faudra imposer des suites rapidement, avant le 1er août, et dans tous les services, pour construire un rapport de force à la hauteur qui permettra de faire reculer tous les projets de la direction.

(Article à paraître dans l’Anticapitaliste n°617)

DELIVEROO : la question du travail dissimulé

Deliveroo est fondée en 2013. En 2015, la société est présente dans douze pays et 84 villes, et passe la barre du million de commandes et des 1 000 restaurants partenaires en France en 2015 et 2 000 restaurants avec 2 000 livreurs en juillet 2016. Elle lève cette année-là 195 millions de dollars, puis 275 millions en août 2016 pour sa cinquième collecte de fonds. Plusieurs fonds d’investissement ont participé à ce dernier tour de table dont General Catalyst (américain) ou encore Bridgepoint (britannique). Cette nouvelle a été annoncée une semaine après la faillite de l’un de ses concurrents belges, Take EAT Easy.

La justice vient de rendre son jugement, ce mardi 19 avril. L’entreprise Deliveroo est condamnée à la peine maximale prévue par la loi : 375 000 euros d’amende pour travail dissimulé

Le verdict est historique. Il reconnaît que les livreurs de cette plateforme auraient dû travailler comme salariés. Et non comme auto-entrepreneurs.

Au-delà de l’entreprise elle-même, trois ex-dirigeants étaient sur le banc des accusés. Hugues Decosse et Adrien Falcon sont condamnés à douze mois de prison avec sursis et cinq ans avec sursis d’interdiction de diriger une société. Tous deux avaient occupé le poste de directeur général de Deliveroo France sur la période couverte par le procès, de 2015 à 2017. Les deux ex-DG écopent également, chacun, d’une amende de plus de 27 000 euros à verser à l’URSSAF.

Le troisième homme, Elie Demoustier, directeur des opérations jusqu’en 2018, est condamné en tant que salarié complice à quatre mois d’emprisonnement avec sursis.

Dans l’émission de ce jour, nous sommes en plateau avec Hichem, du syndicat SUD commerce et service Île-de-France et en sa compagnie, nous revenons sur le procès de l’entreprise Deliveroo et sur la signification du verdict.

GRÈVE A LA RATP

Le 1er juillet 2022 , est la date choisie par la direction de la RATP pour mettre en œuvre ce que les syndicats du pôle Réseau de surface (RDS – les bus et tramways) considèrent comme une « casse des conditions de travail des machinistes -receveurs » anticipant l’ouverture à la concurrence prévue fin 2024 ?

Les 23, 24 et 25 mai, une grève se déroule contre, en autre, l’ouverture à la concurrence et contre les dégradations de travail et de vie des machinistes-Receveurs de la RATP.

Ce lundi, en fin de mâtiné, un rassemblement se tenait devant le ministère des Transports à l’appel des syndicats et nous auront par téléphone, des syndicalistes qui se trouvait devant le ministère et qui nous parleront de l’origine de ce mouvement de grève.

Nous commencerons cette émission par une prise de parole d’un machiniste RATP lors de l’AG interluttes 93 qui se tenait devant l’université Condorcet à Saint-Denis le 19 mai 2022

TRANSDEV / LE SERVICE PUBLIC FERROVIAIRE EN DRÔME- ARDÈCHE / SAFRAN-SNECMA

Le 28 avril dernier, la députée France Insoumise de Seine-et-Marne Julie Garnier était convoquée au commissariat de Chelles. Son crime ? Avoir apporté son soutien aux grévistes du centre bus Transdev de Chelles. Celui-ci était à l’époque tenue par une ex-gendarme, ce qui explique que pour la première fois une députée était convoquée pour avoir fait son métier.

Un rassemblement de soutien a été organisé le jour de son audition. Une procédure judiciaire a été lancée contre la députée. Vous allez entendre les interviews de deux machinistes, l’un de la RATP, l’autre au centre bus de Chelles Transdev.

Ensuite, nous nous rendrons dans la Drôme où se tenait un rassemblement à Montélimar en ce 1er mai. En grève ce week-end à l’appel de la CGT pour réclamer un emploi de plus en gare de Montélimar et Pierrelatte.

Une partie des guichetiers et agents d’escale des gares de Pierrelatte et Montélimar étaient en grève. « 75 % du personnel », affirme la CGT Cheminots (majoritaire en Drôme-Ardèche), qui est à l’initiative de ce mouvement social, visant à dénoncer « la suppression de quatre emplois secs ». Nous entendrons l’entretien réalisé avec Rémi Fumat, secrétaire général de la CGT Cheminots de Montélimar et nous parlerons de la situation du service public ferroviaire en Drôme-Ardèche.

Le 9 mai dernier, un rassemblement était organisé à l’entrée de l’usine Safran-Snecma de Colombes, à la lisière du port de Gennevilliers. Depuis 17 semaines, les ouvriers de l’ex SNECMA sont en grève pour l’augmentation de leurs salaires et la sauvegarde de leur retraites. En outre, toujours au port de Gennevilliers, l’entreprise de logistique Geodis appartenant à la SNCF est frappé de nombreux et graves accidents de travail. Dans ce reportage, vous entendrez Olivier de saffran-Snecma, puis Mouloud de Geodis.