La maire d’Aubervilliers, Karine Franklet, annonçait en plein conseil municipal, Le 28 septembre dernier, vouloir fermer la Bourse du travail le 31 décembre 2023 et mettre fin à la convention de mise à disposition des locaux, pour en confier la gestion au service municipal de la vie associative et priver travailleur·ses et habitant·es de cette commune de 100 000 habitant·es d’un lieu de défense des droits, de rencontre et d’organisation collective. Une mobilisation s’organise pour contrer ce projet antisocial !
Le 7 novembre, une réunion pour la mise en place d’un comité de défense de la bourse du travail a été appelée par l’intersyndicale 93 et deux jours plus tard un rassemblement intersyndical se tenait place de la mairie à l’occasion du conseil municipal. Et aujourd’hui, dans cette émission, nous vous proposons l’écoute du reportage réalisé ce jeudi 9 novembre à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Suite à la demande de rendez-vous, une délégation de syndicats est ressortie du rendez-vous qui s‘est déroulé ce vendredi, en fin de matinée, avec la maire UDI d’Aubervilliers, Karine Franclet, dépité. En effet, la ville a confirmé aux syndicats sa position, notamment liée au coût que représente le lieu. Et elle a réaffirmé qu’elle mettrait fin à la convention de mise à disposition des locaux, au profit de la vie associative et avec la possibilité pour les organisations des travailleurs de réserver des salles.
D’autres actions sont prévues dans les semaines à venir pour poursuivre cette mobilisation et faire plier la municipalité :
vendredi 17 novembre : projection du film Douce France, de Mogniss H.Abdallah et Ken Fero et auberge espagnole à 19 h à la Bourse du travail, 1 rue des 21 appelés, Aubervilliers
samedi 25 novembre : manifestation à 10 h Mairie d’Aubervilliers en direction du Fort d’Aubervilliers
vendredi 1ᵉʳ décembre : manifestation nocturne à 18 h de la Mairie d’Aubervilliers à la Bourse du travail, suivie d’une cantine
Contact mail : boursedutravail.aubervilliers@orange.fr
Le lundi 6 novembre de 19h à 21h se tenait à la bourse du travail de Paris une réunion d’information sur la réforme du RSA, organisée par Stop précarité. Les invités pour en causer étaient Alain Guezouqui qui est au RSA et qui sait de quoi il parle et Sophie Rigard du Secours Catholique.
Prochaine rencontre : Lundi 4 décembre, sur les Prudhommes, avec comme invité : Hélène Meynaud (universitaire) et Rachel Spire (avocate), à la bourse du Travail de Paris 85 rue Charlot salle Petite Congrès.
Stop Précarité (evelyne.perrin6@orange.fr) tel 06 79 72 11 24, et Changer de Cap (contact@changer2cap.net). L’examen à l’Assemblée nationale de la réforme du revenu de solidarité active s’est conclu dans l’indifférence générale. Loin d’une politique ambitieuse de retour à l’emploi, elle conduira à des radiations massives, dénonce le député de La France insoumise Hadrien Clouet.
Alors que l’Assemblée nationale a achevé mardi 4 octobre l’examen de la loi dite « pour le plein emploi », qui sera adoptée par un vote solennel le 10 octobre, le député insoumis de Haute-Garonne, Hadrien Clouet, par ailleurs sociologue du travail et coauteur de Chômeurs, vos papiers ! (Raisons d’agir), revient sur les conséquences de l’adoption des quinze heures d’activités obligatoires pour les allocataires du revenu de solidarité active (RSA).
Outre un risque accru de radiation massive pour des millions de personnes vivant aujourd’hui de cette aide, il y voit l’accomplissement d’une « offensive néo-conservatrice » démarrée sous Nicolas Sarkozy. Et à laquelle la gauche a de plus en plus de mal à s’opposer.
Mediapart : La semaine dernière, l’Assemblée nationale a voté l’imposition de 15 heures de travail obligatoire pour les allocataires du RSA. Cette mesure est-elle applicable au vu du manque de moyens dévolus à l’accompagnement des allocataires ?
Hadrien Clouet : Tout le texte est une usine à gaz largement inapplicable. Rappelons que son point d’entrée, c’est d’abord l’inscription automatique de tout le monde comme demandeurs d’emploi. Cela veut dire que demain, il y aura, en plus des chômeurs, deux millions d’allocataires du RSA, mais aussi leurs conjoints et leurs conjointes – puisque le RSA est versé au ménage –, et également les personnes en situation de handicap qui devront pointer à Pôle emploi.
Cette inscription généralisée des personnes dans la catégorie « demandeurs d’emploi » se fait à la fois dans une optique de contrôle – il s’agit de recenser tout le monde dans le même fichier pour mieux lutter contre la fraude –, mais aussi dans l’idée de faire signer à tout le monde, y compris aux allocataires du RSA, des « contrats d’engagement » qui créent une obligation nouvelle : celle d’accepter des heures d’activités obligatoires, sous peine de suppression totale de l’allocation.
Que recouvre concrètement le terme d’« activités » ?
Justement, on n’en sait rien ! Durant les débats dans l’hémicycle, on nous a dit que ce serait à la discrétion des agents de Pôle emploi qui décideraient de quelle activité ils attribueraient à untel ou unetelle.
Au commencement des discussions, Olivier Dussopt [ministre du travail – ndlr] nous expliquait qu’il s’agirait d’activités socioculturelles. Puis Paul Christophe, le rapporteur du texte, a bien spécifié qu’il s’agirait de stages, de mises en situation professionnelles, de méthodes de recrutement par simulation, bref, d’activités qui sont en fait du travail. Au passage, cette obligation d’activité en échange de l’allocation signifie aussi que la formation n’est plus rémunérée, ce qui était un acquis depuis 1945.
Une fois dit cela, tout reste flou. Qui peut assurer que les gens trouveront quinze heures d’activité ? Qui va décider du contenu des 15 heures : les directions d’agences, les conseillers Pôle emploi, les agents du contrôle de la recherche d’emploi qui font tout à distance, sans jamais voir les bénéficiaires ? Quelles activités seront proposées
À La Réunion [où a eu lieu une expérimentatio?n des heures d’activités obligatoires – ndlr], on s’est aperçu que les allocataires faisaient du réassort dans un magasin pour les soldes d’hiver… Là, on est clairement dans une déstabilisation du salariat, qui crée des logiques de dumping.
La loi précise qu’il y aura des exemptions, par exemple pour les mères isolées…
Là encore, c’est le grand flou ! Et ce n’est jamais bon : puisque le principe des quinze heures est passé, il suffira de décrets et de circulaires pour exclure ou inclure les gens dans le dispositif et ce sera donc discrétionnaire. C’est la même chose pour ce qui concerne les sanctions : le gouvernement met le principe dans la loi, et renvoie aux agents en première ligne la tâche de déterminer les cas. Il s’agit de créer des situations dérogatoires au salariat pour baisser le coût du travail.
L’individualisation du suivi n’est-elle pas préférable à des règles imposées d’en haut ?
Personnellement, j’ai confiance en l’humanité des conseillers de Pôle emploi qui n’ont d’ailleurs jamais vraiment appliqué la loi sur « l’offre raisonnable d’emploi » instaurée par Sarkozy, puis poursuivie par Hollande et Macron. Mais ce qui m’inquiète, c’est que, puisqu’il n’y aura pas assez de conseillers Pôle emploi, on va voir se développer les plateformes à distance et se renforcer l’intégration des opérateurs privés de placement au sein même du service public de l’emploi – c’est ce que permet la transformation de Pôle emploi en « France Travail ».
Je crains que la logique de gestion par des plateformes automatisées et par le privé aboutisse au contournement du « filtre » des conseillers, et que le nombre de radiations se multiplie pour un oui ou pour un non. Soit parce que les gens ne peuvent pas se payer un billet de train ou parce qu’ils ont un pépin de wifi, ce qui les empêche d’honorer des rendez-vous par exemple.
D’ores et déjà, la plupart des 300 000 personnes radiées par semestre du chômage le sont pour des histoires de rendez-vous ratés, pas par quelconque volonté de nuire des conseillers Pôle emploi. Le fait d’intégrer les allocataires du RSA à ce système va rajouter des tracasseries administratives à des gens qui n’arrivent déjà pas à gérer leur vie au quotidien et conduire à des radiations de masse.
En quoi cette réforme du RSA s’inscrit-elle dans un projet politique global ?
Pour moi, le fil rouge depuis le début de l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, c’est le développement du travail gratuit. On le retrouve à plusieurs endroits, que ce soit dans le SNU [service national universel – ndlr], dans le service civique, dans l’activité obligatoire pour toucher le RSA, dans la promotion du bénévolat…
Il y a aussi eu la réforme de l’assurance-chômage, l’an dernier, qui a fait perdre des revenus aux gens. Et on retrouve aussi cette logique dans le projet de loi sur l’immigration : les régularisations sur les métiers en tension ne vaudront en réalité que pour un an, ce qui fait que les gens resteront prisonniers de leur travail, dans un secteur sous-payé, et ne pourront pas évoluer professionnellement. Dans tous ces cas, il s’agit de créer des situations dérogatoires au salariat pour baisser le coût du travail. On est face à une offensive néo-conservatrice qui consiste à dire que les pauvres coûtent cher et qu’on doit décider de leur vie à leur place.
N’y a-t-il pas un discours à tenir, à gauche, sur l’accompagnement vers l’emploi ? La droite vous accuse souvent de ne rien proposer pour sortir les gens des minima sociaux.
Il y a deux choses. D’abord, nous considérons qu’on a le droit à la survie dans ce pays. Mon courant politique historique, celui de la Révolution française, me fait dire que la société doit garantir un minimum de dignité à ses membres, et que cela doit être inconditionnel. Quand bien même je ne suis pas du tout rocardien, je dois reconnaître que le RMI [revenu minimum d’insertion – ndlr] était en cela une vraie avancée.
Ensuite, sur le retour à l’emploi, je crois que, contrairement à ce que pense la droite qui voit des « assistés » partout, tout le monde veut travailler, ne serait-ce que parce que le Smic, c’est le double du RSA ! Mais il faut comprendre la difficulté des gens : le fait d’être pauvre n’aide pas à aller au travail, car il faut de l’argent pour prendre les transports, mettre des habits corrects pour les entretiens d’embauche, etc. C’est parce que les gens ont de l’argent qu’ils trouvent du boulot.
Il faut donc une politique qui permette de faciliter l’accès à l’emploi. Cela passe par la lutte contre les discriminations à l’embauche – il n’y a pas que le nom de famille qui compte : les exigences en matière de qualification sont énormes, alors que les deux tiers des postes ne nécessitent pas de formation initiale pour les tenir –, ou encore par l’amélioration des conditions de travail : plein de boulots ne sont pas pourvus car les salaires sont trop bas, que les horaires sont infaisables, ou qu’il faut déménager et cela coûte cher de déménager…
Pendant les retraites, on a vu la gauche parlementaire très vindicative contre le projet du gouvernement… Le contraste est saisissant avec les discussions sur cette réforme du RSA : l’hémicycle était presque vide, et la gauche a échoué à bloquer l’article 2 sur les 15 heures d’activités à trois voix près… Comment l’expliquez-vous ?
Il y a dix ans, cette réforme du RSA aurait suscité un tollé à gauche. Mais désormais il y a ce vieux discours qui revient d’opposition factice entre « la gauche du travail » et « la gauche des allocs ». C’est absurde, car il faut comprendre que c’est par les allocations qu’on trouve du travail.
Depuis Sarkozy, puis Hollande et Macron, on est face à une offensive néo-conservatrice qui consiste à dire que les pauvres coûtent cher et qu’on doit décider de leur vie à leur place.
Alors que franchement, le RSA ne coûte rien à l’État, ce discours infuse, y compris chez certains élus locaux de notre camp, qui abdiquent face aux discours sur l’assistanat qu’ils entendent dans leur circonscription par des gens qui répètent ce que dit le Rassemblement national (RN)…
Le RN était d’ailleurs largement absent de l’Assemblée nationale pendant les discussions…
Le RN était très mal à l’aise, d’où leur absence lors des débats. Dans le fond, les députés sont pour davantage de contrôle et de sanctions, sauf qu’une partie de leur électorat, dans le Nord, est au RSA, donc ils ont été obligés de voter contre. Plus étonnant en revanche : le RN a refusé l’exemption des 15 heures obligatoires pour les agriculteurs.
Le texte peut-il encore être modifié ?
Il pourra y avoir encore quelques changements en commission mixte paritaire, où LFI et Les Républicains seront majoritaires. Nous pourrons peut-être nous opposer au changement de nom de Pôle emploi en France Travail qui va coûter énormément d’argent pour rien du tout.
Le Collectif Changer de Cap, créé en 2019 par des gilets jaunes et militants alternatifs partout en France (voir son site https://changerdecap.net) est mobilisé depuis le début de l’année sur les dérives numériques, éthiques et politiques des Caisses d’allocations familiales. Le recueil de témoignages, les analyses menées ont mis en lumière une véritable maltraitance institutionnelle envers les personnes en situation de précarité, quand les CAF ne sont pas carrément hors-la-loi.
Nous travaillons activement pour que l’humain retrouve sa place centrale au sein de l’administration et des organismes de protection sociale. Nous mènerons avec vous allocataires, la lutte contre les pratiques illégales et discriminatoires qui résultent de la gestion actuelle des CAF, donnant la priorité à la réduction des coûts, et des objectifs de contrôle social sur lesquels repose cette gestion aux dépens des plus précaires. Nous travaillons avec des juristes et avocats en vue de rédiger un petit guide de défense des allocataires. D’autres acteurs, collectifs, syndicats et associations travaillent aujourd’hui activement pour faire connaitre les dangers et les conséquences de la dématérialisation des services publics (voir notamment les travaux : Accès droit sociaux, ATTAC, Emmaüs Connect, Fondation Abbé Pierre, Fondation Gabriel Péri, Le Mouton numérique, la Quadrature du net, etc…).
Image présentant les bâtiments de psychiatrie de l’hôpital Saint-Maurice menacés par le projet immobilier, par le « Collectif pour l’avenir des Hôpitaux de Saint-Maurice, les Murets », CC BY-SA 4.0 Deed
Dans cette émission, il sera question tout à la fois de psychiatrie, du soin plus généralement, d’architecture, de défense du patrimoine et d’écologie. Une association et une articulation assez rare pour être relevée, alors que les luttes hospitalière, trop souvent, se confinent dans un champ restreint. Cette conjonction est portée par le « Collectif pour l’avenir des Hôpitaux de Saint-Maurice, les Murets ». Il s’agit d’un collectif aux composantes plurielles, regroupant soignant-es, usager-ères, riverain-es, associations écologistes, syndiqué-es et élus, qui s’est constitué en mai 2023 à l’occasion d’un projet immobilier, porté tout à la fois par la direction (Direction de Groupement Hospitalier de Territoire 94 Nord), par l’Agence Régionale de Santé et par la mairie de Saint-Maurice.
En première partie d’émission, vous pourrez ainsi entendre un des morceaux choisis d’intervention du collectif ayant eu lieu dans le cadre des Semaines de la Folie Ordinaire, articulées avec des interviews réalisées lors d’une manifestation locale, à Saint-Maurice, deux jours plus tard, le mardi 17 octobre. Y sera développé les différentes dimensions de la lutte en cours. La seconde partie d’émission quant à elle, se focalisera sur des réflexions plus spécifiques aux luttes dans la psychiatrie, au travers de discussions en présence du « Collectif pour l’avenir des Hôpitaux de Saint-Maurice, les Murets ». Lequel reviendra sur son expérience.
Pour plus d’informations, ou demander à être inscrit à la liste de diffusion, contactez : collectifavenirhsmmurets@gmail.com
Prochaines dates : – Réunion publique en présence du « Collectif pour l’avenir des Hôpitaux de Saint-Maurice, les Murets », le mercredi 8 novembre 2023 au 12 Rue Paul Verlaine, à Saint-Maurice. Voir aussi Agenda militant – Conférence par l’architecte Eric de Thoisy dans le cadre d’un séminaire sur le thème de l’architecture et du care (soin), où seront présents des membres du collectif. Il se tiendra le jeudi 9 novembre, sur le bateau l’Adamant. Ce dernier est amarré quai de la Rappée au niveau du pont Charles de Gaulle. Voir aussi la première conférence sur ce le même sujet : https://chaire-philo.fr/rester-vertical-partie-1-2/
Vous allez entendre la présentation du livre de Mathieu Bellahsen paru le 31 août aux éditions Libertalia. La politique d’invisibilisation, de déshumanisation, d’enfermement, d’isolement et de contention est une logique qui dépasse largement le secteur psychiatrique. Sous couvert de réduction budgétaires, de gestion performante, elle colonise nos cerveaux et nos pratiques.
La lecture du livre de Mathieu Bellahsen ; Abolir la contention, est un bon moyen pour interroger nos réflexions et nos actes en se nourrissant des nombreux exemples de résistances qui y sont décrits.
« Quoi qu’on en dise, attacher une personne à un lit n’a jamais été et ne sera jamais thérapeutique. La contention est un contrôle physique témoin d’un corps-à-corps brutal qui touche en premier lieu l’intégrité des psychiatrisé·es. La contention est le symptôme du système contentionnaire, réagencement de l’univers asilaire à l’heure de la e-santé mentale et de ses promesses virtuelles.
Là comme ailleurs, la dématérialisation annoncée s’accompagne de matérialités renforcées. Moins de relations humaines, c’est plus de sangles et de contraintes. Le système contentionnaire a sa mécanique d’entraves. Contention du corps social par l’imaginaire sécuritaire. Contention des soins par des pratiques sans âmes, « cérébrologiques ». Contention du langage par des euphémisations, des banalisations, des renversements des mots et du sens. Contentions financière et législative adaptées au corsetage néolibéral.
Rompre le silence et les complicités autour de la contention est une nécessité pour ne plus laisser le sadisme ordinaire et les abus s’instituer au grand jour comme si de rien n’était. Abolir la contention est une première brèche dans le système contentionnaire. Notre expérience en témoigne. Il est possible de ne pas attacher. Il est possible, collectivement, de faire autrement, que ce soit au niveau des pratiques que dans la société. »
Le réseau Stop précarité né en 2001 à l’initiative et en soutien à de jeunes salariés de la restauration rapide et du commerce en grève chez Macdonald, Pizza Hutt, Maxi-livre ou la Fnac, a décidé de s’organiser face à la précarité du travail. Cette précarité n’a cessé de se développer sous de multiples formes : sous-traitance, auto-entreprenariat, contrat, ubérisation, emploi sans titre de séjour, etc Les luttes se multiplient et obtiennent des victoires, mais le droit du travail ne cesse de reculer. Connaître le droit du travail, ce qu’il en reste, permet de mieux se défendre, face à son patron, d’organiser la solidarité avec ses collègues car la lutte permet seule de conserver ses droits au travail et d’en arracher de nouveaux. Et depuis 2004, des juristes du travail, des syndicalistes, CGT, CNT, Solidaire, proposent bénévolement des cours mensuels gratuits de droit du travail, droit social, ouverts à tous et toutes sans inscription préalable. Nous nous sommes rendus le lundi 2 octobre 2023 pour écouter l’un de ces cours organisé par Luc Chevalier qui est à Sud emploi et Yoann Pikto qui est de la CGT pôle-emploi. Le thème : les chômeurs face à France Travail.
France Travail obligatoire
Cette réforme fait partie d’une logique générale d’augmenter les bénéfices des patrons, précariser toujours plus les travailleurs, désencadrer le travail. Faire disparaître les droits, les principes, pour mettre chaque travailleur potentiel à la merci des patrons et de l’État. Plonger chacun d’entre nous dans l’insécurité. Les plus précarisés, comme les allocataire du RSA seront obligé·e·s d’accepter des emplois dégradés (contrats 0 heures, auto-entreprise, pénibilité, salaires dérisoires, accidents du travail etc.), ce qui permettra au patronat de recruter sans devoir offrir des conditions de travail décentes, affaiblissant la situation de tous les travailleur·se·s. Cet objectif se retrouve dans la réforme des retraites, la réforme du lycée professionnel, ou encore dans une loi comme le projet « travail-immigration » permettant la régularisation temporairement de sans-papier, à conditions qu’ils et elles acceptent les emplois dont personne ne veut plus. Et citons la récente réforme de l’assurance chômage, qui fait varier nos droits en fonction du taux d’emploi dans la région, c’est à dire qu’elle fait de nous, et de nos droits des variables d’ajustement économique.
France Travail et la loi dite « pour le plein emploi »
Le projet de loi « pour le plein emploi » dont le vote est prévu le 10 octobre à l’Assemblée Nationale, après un vote en juillet au Sénat qui l’avait déjà durci, est une nouvelle attaque d’une gravité extrême pour tous les chômeurs, précaires, dont les allocataires du RSA. Il pousse encore plus loin la restriction de l’accès au RSA et aux allocations de chômage, et renforce la « chasse aux chômeurs » en augmentant les sanctions, une orientation mise en œuvre par Hollande avec la loi El Khomri, poursuivie à charge forcée par Macron. Cette politique avait commencé en réalité sous la présidence de Sarkozy, avec la fusion opérée entre les ANPE (agences accompagnant les chômeurs) et l’ASSEDIC (organisme collectant les cotisations des salariés et versant les allocations aux privés d’emploi). Au nom du plein emploi, il s’agit d’imposer aux privés d’emploi des conditions d’indemnisation de plus en plus impossibles à réunir, et de les obliger à accepter n’importe quel emploi mal payé et précaire. La devise est « Chômage = business ! »
1er point : l’inscription obligatoire à France Travail :
La loi imposera à tous les inscrits à Pôle emploi (qui va devenir France Travail), mais aussi à tous les allocataires du RSA et leurs conjoints, de signer un contrat d’engagement les obligeant à consacrer 15 à 20 heures par semaine aux activités d’accompagnement proposées par Pôle emploi et des boites privées. Seuls les invalides et handicapés en ont été exonérés selon un dernier amendement.
Ceci sans augmenter les moyens en personnel du service public de l’emploi, au contraire les agents de ce service seront mis en concurrence pour inscrire le plus de personnes « aptes à travailler » dans ce fichier, et les contraindre à travailler. Il s’agit bien d’une chasse aux « oisifs ». Concernant les jeunes, il faudra repérer ceux qui ne sont ni en emploi, ni en formation, avec l’aide d’organismes publics mais aussi privés. Quant aux travailleurs handicapés, en AAH ou suivis par les MDPH, la reconnaissance handicapé sera généralisée, et assortie d’une présomption d’activité en milieu ouvert, sous le contrôle des médecins du travail s’il s’agit d’accidents du travail, mais sans moyens de suivi…
Ainsi nul n’est inemployable et tous les travailleurs potentiels sont mis en concurrence. Le contrat d’engagement n’a plus rien à voir avec le projet personnel. Il se voit adopté après des expérimentations du nouveau RSA dans plusieurs départements, mais sans qu’aucun bilan n’en ait été tiré. Or ces expérimentations ont eu des résultats très variés selon les départements.
Autre point qui pose problème : Le contrat d’engagement est censé être réciproque. Or la loi en cours d’examen ne précise absolument pas les engagements du service public.
2. France Travail est un portail unique d’inscription ouvert à des opérateurs privés.
Pôle emploi offre ainsi sa base de données à tous les opérateurs privés, dont les agences d’intérim ! Déjà en 2005 Pôle emploi avait perdu son monopole. En 2022, les acteurs privés ont bénéficié de 286 millions et ce chiffre a doublé en cinq ans. Les agences d’intérim pourront employer des travailleurs en POE (préparation à l’emploi) sans qu’ils obtiennent un contrat de travail à la fin. Les chômeurs et précaires deviennent un gisement d’exploitation et de travail forcé, un business pour les organismes privés. D’ores et déjà on a assisté à une fuite massive de données personnelles d’inscrits à Pôle emploi, il n’y a aucune garantie de confidentialité.
Des agences Pôle emploi vont également fermer et seront remplacées par des agences locales d’insertion (ALI) qui se sont vues reprises par le groupe ARES, dont le CA est passé de 24 à 37 millions en deux ans, et qui a reçu le suivi des allocataires du RSA en Seine St-Denis.
3. Vers une contra-cyclité des allocations selon la conjoncture.
L’assurance-chômage met déjà les gens dans la misère. Suite aux réformes successives qui ont durci les conditions d’accès, seule 36 % des inscrits à Pôle emploi touchent une allocation, et 40 % d’entre eux perçoivent moins de 250 euros par mois. Mais cela ne suffit pas au gouvernement qui veut aller toujours plus loin, tout en prétendant faire baisser le taux de chômage, calculé sur les seuls inscrits en catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité. Par exemple en s’inspirant de ce qui se fait au Canada, où la durée d’indemnisation varie de 14 à 45 semaines selon le taux de chômage régional. La logique est d’ores et déjà de diminuer la durée d’indemnisation en fonction du taux de chômage. La négociation entre partenaires sociaux devient impossible, et le chômage est géré par décrets. Le gouvernement prétend qu’il y a trop d’offres d’emploi non satisfaites. C’est oublier que ce qui reste disponible sur le marché de l’emploi, ce sont des emplois de plus en plus précaires ; On trouve 1.1 million d’offres d’emploi disponibles sur le site pôle-emploi.fr, mais 80 00 seulement sont à temps plein et payés au SMIC en CDI. Le projet France Travail est avant tout idéologique, il exprime une volonté de mettre en place un contrôle social total. C’est pourquoi nous nous y opposerons par tout moyen.
Infos pratiques : Les cours de droit du travail ont lieu tous les premiers lundi du mois, d’octobre à juin, de 19h à 21h à la Bourse du Travail, 3 rue du Château d’Eau, ou 85 rue Charlot, ou 67 rue Turbigo. A suivre : – Lundi 6 novembre : Le nouveau RSA sous contrainte, Aain Guezou, au RSA, Sophie Rigard, Secours Catholique, Alain Coudert, AC !63 – Lundi 4 décembre : Les Prudhommes, Hélène Meynaud (universitaire) et Rachel Spire (avocate) – Cours prévus en 2024 sur l’intelligence artificielle, le télétravail, la maltraitance institutionnelle, le droit d’alerte…
Depuis le 12 septembre, les conducteurs de bus du dépôt Keolis de Montesson (78) sont en grève reconductible afin de récupérer une prime annuelle de 700 euros qu’ils ont perdus en 2023.
Ils sont en grève pour conserver leurs primes dans le transfert de filiale qui s’effectue tous les cinq ans lors d’appels d’offres que se partagent principalement Keolis-SNCF, Transdev-CDC. Dans un contexte de dégradation des conditions de travail.
Pour les collègues du dépôt de Montesson, ceux-ci sont passés de Transdev à Keolis au 1ᵉʳ janvier 2022. Au passage, une prime annuelle de 700 euros versée en deux fois a été supprimée. Or cette prime payée l’été était particulièrement attendue pour ces salariés aux revenus modestes.
La Direction n’a cédé sur aucune revendication, au contraire le vendredi 6 octobre, une dizaine de grévistes ont été assignés au Tribunal judiciaire de Versailles. En effet, alors que les grévistes s’étaient rendus au siège de Keolis à la Défense afin d’ouvrir des négociations, la seule réponse apportée a été la menace de poursuites judiciaires. Ce qui fut fait dès le lendemain par courrier.
Le 12 octobre dernier, les salariés en grève du centre bus Keolis de Montesson, dans les Yvelines, étaient au tribunal de Versailles, accusé de dégradation de l’outil de travail soit des bus en y jetant des œufs à leurs piquets de grève. C’est l’émission que nous vous proposons aujourd’hui.
Nous entendrons, outre les prises de parole, mais également des entretiens avec des conducteurs de bus, qui nous parlerons des conditions de travail à la RATP puis du passage à la concurrence via les appels d’offre et nous terminerons par le verdict du tribunal.
Pour rejoindre le piquet de grève. 156, avenue Paul Doumer à Montesson (78)
Illustration issue de https://formesdesluttes.org/
Le 15 mars dernier, lors de l’examen du projet de loi immigration, a été voté au Sénat un amendement visant à supprimer l’Aide Médical d’État(AME) au profit d’une aide ne couvrant uniquement que les soins urgents et vitaux.
Suite à une proposition des Républicains (LR) de supprimer l’AME pour “la transformer en aide médicale d’urgence”. La question de l’AME figure dans le texte sur l’immigration, étudié au Sénat à partir de novembre.
Cette attaque contre ce dispositif n’est pas la première et elle s’inscrit dans une série de réformes qui visent à spécifier et à restreindre progressivement l’accès aux soins des personnes étrangères en situation irrégulière en France : exclusion de la Sécurité Sociale en 1993 avec la « Loi Pasqua », qui introduit une condition de régularité de séjour ; isolement au sein de l’AME, conçu comme dispositif spécifique aux « sans-papiers » dans les années 2000 ; restriction de l’offre de soin et de son accès via des reformes successives qui n’ont cessé de dégrader cet outil de soin.
Aujourd’hui, l’AME reste le seul véritable filet de santé publique pour les étrangers en situation irrégulière.
Alarmés par l’évolution que prendra le projet de loi immigration, des professionnels du Centre Hospitalier de Saint-Denis se mobilisent pour pouvoir continuer à soigner les patients et patientes
Dans ce contexte, se tenait le 26 septembre dernier, A l’hôpital Delafontaine, de Saint-Denis, une réunion d’information et d’échange sur l’avenir de L’aide médicale d’État.
Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute de plusieurs interventions issue de cette rencontre.
A l’occasion du procès de Rédoine Faïd et de onze accusés soupçonnés d’être impliqués dans son évasion de la prison de Réau, en juillet 2018, qui s’est ouvert en septembre et dont le verdict sera rendue le 25 octobre 2023, nous avons décidé de réaliser une émission autour des conditions de vie en quartier d’isolement et du droit à l’évasion. Pour cela nous sommes en direct avec Yazid Kherfi, qui rend visite à Redoïne Faïd depuis plusieurs années et qui suit le procès; et Kyu, ancien détenu et animateur de L’Envolée ( émission de radio et magazine anti carcérale).
Jusqu’ en 2003, en France, les évasions « simples » ou « dépouillées », c’est-à-dire accomplies sans violence, ni effraction, ni corruption, étaient alors impunies. Il était en quelque sorte admis qu’existait un droit naturel à recouvrer la liberté. Cette clémence était justifiée par l’instinct de liberté qui domine tout être vivant. « Il existe chez l’Homme une aspiration naturelle à la liberté d’aller et venir parfaitement inaliénable, et qui ne peut être détruite par une décision judiciaire de privation de cette liberté. en 2009, 21 évasions. Cependant, l’évadé « simple » n’échappe pas à toute répression. Il est déjà l’objet de sanctions disciplinaires pénitentiaires et encoure notamment jusqu’à 45 jours de cellule disciplinaire, voire de sanctions quasi disciplinaires (notamment isolement administratif et/ou transfèrement imposé). De plus, il fait généralement l’objet de sanctions d’application des peines (retrait de crédits de réduction de peine, rejet, du moins pour un temps, de toute demande d’aménagement de peine…).
Aujourd’hui, un tel droit n’existe plus ; la loi dite Perben II a en effet mis un terme à la tolérance vis-à-vis de l’évasion simple». Ainsi, l’article 434-27 du Code pénal, modifié par la loi du 9 mars 2004, indique que « constitue une évasion punissable le fait, par un détenu, de se soustraire à la garde à laquelle il est soumis. » Les anciens éléments constitutifs du délit sont désormais des circonstances aggravantes ; la loi Perben II augmente la durée de la peine encourue dès lors que l’évasion a été commise « avec violence, effraction ou corruption ». Pour l’évasion simple, la peine encourue est de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende 7 (Code pénal, article 434-27, alinéa 2). Elle est aggravée par l’usage de la violence, de l’effraction ou de la corruption. La peine encourue est en effet alors portée à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende (Code pénal, article 434-27, alinéa 3). Mais le législateur a encore prévu deux autres seuils d’aggravation à l’article 434-30 du Code pénal ; la peine passe à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende, lorsque l’infraction est commise « sous la menace d’une arme ou d’une substance explosive, incendiaire ou toxique ». De plus, la peine est portée à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende lorsqu’il « a été fait usage d’une arme ou d’une substance explosive, incendiaire ou toxique », ou encore lorsque les faits ont été commis « en bande organisée, que les membres de la bande aient été ou non détenus ». La sévérité de la répression de l’évasion ne se manifeste toutefois pas seulement par les peines qui peuvent être prononcées. Il faut préciser que ces peines dérogent au droit commun du non-cumul des peines ; en effet, l’article 434-31 du Code pénal précise que « les peines prononcées pour le délit d’évasion se cumulent, sans possibilité de confusion, avec celles que l’évadé subissait ». Lorsque l’évadé est repris, il doit subir d’abord sa peine, et, ensuite la peine qu’il purgeait précédemment, laquelle est reprise là où elle avait été laissée. Ajoutons, enfin, que ces sanctions pénales ne sont pas les seules à venir punir l’évadé repris. En effet, l’évasion constitue une faute disciplinaire de premier degré, laquelle fait encourir un maximum de 45 jours de cellule disciplinaire. Des sanctions quasi-disciplinaires peuvent s’y rajouter : « transfèrement » vers un autre établissement, souvent à régime de sécurité plus élevé, placement à l’isolement, destiné à briser la résistance du détenu et à rendre plus difficile la commission d’une nouvelle tentative d’évasion ; réticence du juge à accorder des aménagements de peine, retrait des crédits de réduction de peine précédemment accordés…
L’évasion est toujours une victoire, une prouesse technique, la marque de courage ; mettant sa vie en jeu pour recouvrir sa liberté . Celui qui s’évade est déjà une énigme, le seul fait d’avoir traversé des murs le présente comme un homme à part, un être insaisissable, fuyant, tout-puissant, défient l’autorité. Il a connu la mort et en a réchappé, il appartient au monde de l’ombre et ose agir en pleine lumière. Souvent repris mais toujours libre. Il y a deux éléments fondateurs dans la gestion des prisons : 1) la prévention de l’évasion ; 2) le maintien de l’ordre au sein de la prison. Ça ne change pas. L’autre mission, qui, par contre, a perdu du terrain, c’est la resocialisation, la réinsertion, la vie (suicide, morts suspectes). Selon la règle pénitentiaire européenne n° 51.4, « chaque détenu est (…) soumis à un régime de sécurité correspondant au niveau de risque identifié ». En France, l’administration pénitentiaire dispose d’un ensemble de moyens préventifs ou répressifs dont le régime de sécurité varie en fonction de la mesure employée. Elles sont au nombre de cinq : la mise à l’isolement, le placement en quartier de haute sécurité (remplacé par l’isolement renforcé), le confinement, la mise en cellule disciplinaire et les rotations de sécurité. La mise à l’isolement Souvent proche du quartier disciplinaire, un quartier d’isolement est prévu dans chaque prison. Il permet au chef d’établissement d’écarter à titre préventif du reste de la détention, pour une durée de trois mois pouvant être prolongée jusqu’à deux ans, des détenus gênants, suspects ou meneurs. Il permet aussi de protéger des détenus qui pourraient subir les agressions de leurs codétenus ou provoquer un certain désordre par leur présence (délinquants sexuels, policiers, détenus célèbres, etc.).
Cette mesure concerne environ 3 000 personnes incarcérées chaque année. Bien que l’isolement « ne saurait (…) s’assimiler à un mode normal d’exécution de peine », les personnes réputées dangereuses effectuent la quasi-totalité de leur peine sous ce régime contraignant. En atteste d’ailleurs l’observation formulée par l’Inspection générale de l’administration pénitentiaire et l’Inspection générale des services judiciaires dans leur rapport conjoint d’avril 1993 : « conçue comme une mesure temporaire destinée à faire face, plus ou moins ponctuellement, à une menace identifiée, l’isolement tend à devenir un mode durable de gestion de la détention d’un certain nombre de détenus jugés particulièrement dangereux par l’administration ». La personne placée à l’isolement se voit privée de tout contact avec le reste de la détention, ses déplacements au sein de l’établissement se font toujours accompagnés d’un ou plusieurs surveillants et demeurent limités. Elle ne peut également participer à aucune activité collective (travail, formation, enseignement, office religieux, etc.) et ses « occupations » se résument souvent à la promenade quotidienne d’une ou deux heures, seule, au milieu d’une petite cour couverte de grilles et de rouleaux de barbelés empêchant de voir le ciel et atténuant la lumière du jour. Ainsi, même si celon les textes « la mise à l’isolement ne constitue pas une mesure disciplinaire » au sens de l’article D283- 1-2 alinéa 1 du Code de procédure pénale (CPP), elle est vécue par ceux qui la subissent comme une véritable sanction, « une torture blanche », dont les effets physiques et psychologiques à long terme ne font qu’exacerber la dangerosité des détenus.
Les effets sur la santé mentale des détenus : idées de persécution, de préjudice, un sentiment de menace , idées délirantes ou par des réalités hallucinatoires . apathie chronique, instabilité émotionnelle, difficulté de concentration et diminution des facultés mentales . L’isolement a des conséquences sur l’état physique des personnes détenues : troubles oculaires à long terme du fait de l’espace réduit de la cellule et de l’éclairage souvent insuffisant et artificiel ; perte de facultés olfactives et gustatives due à la monotonie des odeurs ; atrophie musculaire du fait du manque d’activité. C’est également une mesure qui exclut le détenu de tout dispositif d’aménagements de peine « dans la mesure où il est privé de toute activité, de travail, de formation et ne peut acceder au dispositifs qui permettent d’y avoir droit. En définitive, l’isolement consiste à placer les détenus sous un régime dont l’objet est « tout à la fois de réduire tout ressort rebelle en brisant [leurs] résistance[s] et de rendre plus difficile la commission d’une nouvelle tentative d’évasion, ou à résister par des mutineries». La mise à l’isolement Cette mesure peut être prononcée selon quatre motifs (par mesure de protection, de sécurité, à la demande du détenu ou d’office). Elle est prise, dans un premier temps, par le directeur de l’établissement pouvant décider d’un isolement pour une durée maximum de trois mois renouvelable une fois. Au-delà, c’est au directeur interrégional des services pénitentiaires (DISP) de décider, sur rapport du chef de l’établissement, de la prolongation de la mesure. Sa décision est également renouvelable une fois. Au terme d’un an d’isolement, c’est au ministre de la Justice d’en apprécier le maintien pour une durée de quatre mois renouvelable une fois. L’article D. 283-1-7 du CPP prévoit que l’isolement ne peut être prolongé au-delà de deux ans ; néanmoins il peut être fait dérogation à cette règle « si le placement à l’isolement constitue l’unique moyen d’assurer la sécurité des personnes ou de l’établissement ».
Laurent jacqua s est evadé Le 9 octobre, c’est la date anniversaire de l’abolition de la peine de mort, c’est donc une date symbolique. J’ai choisi cette date pour dire : « Vous me condamnez à mort en me mettant des années et des années de prison, moi je m’évade ce jour-là pour souhaiter un bon anniversaire à l’abolition de la peine de mort ». Je me suis donc évadé le 9 octobre 1994 en souvenir de l’abolition de la peine de mort, et ça m’a porté chance puisque j’ai réussi. Michel Vaujour : accepter la peine ? La question ne se posait même pas. En fait, pour moi,l’administration pénitentiaire et cie n’avaient aucune légitimité ; le mot « légitimité » n’avait aucune résonance en moi. Je n’ai jamais pensé qu’il y avait une justice ou autre chose comme ça. Je ne voyais pas pourquoi ces gens-là se permettaient de prendre ma vie. Point barre. J’étais en colère, parce que c’était ma vie. Je croyais que l’expression du pouvoir, c’était ce qu’il y avait autour de moi. Et ce qui m’entourait, franchement, ce n’était pas vraiment une référence morale. Le quartier de haute surveillance, c’est une ignominie.
Paradoxalement, le renforcement de l’arsenal sécuritaire dans les prisons françaises, puisqu’il est néfaste pour les conditions de vie des détenus, va dans le sens d’un recours accru à l’évasion. Là encore, on assiste au perpétuel affrontement entre les deux fonctions de l’administration pénitentiaire, la sécurité et la réinsertion, l’une faisant obstacle à l’autre. Éviter à tout prix les évasions a un coût. Miradors, dispositifs de surveillance électronique des murs d’enceinte, grilles, filins antihélicoptères, brouilleurs de téléphones portables… Ces investissements dans la sécurité se font bien souvent au détriment des politiques de réintégration. Pour prévenir le phénomène rarissime qu’est l’évasion, l’administration pénitentiaire contribue malgré elle, à force de fouilles, de contrôles, à augmenter l’insupportable quotidien au sein de la détention, « incitant » les personnes détenues à faire le choix de l’évasion pour échapper à l’intolérable. Il faut ajouter à cela la politique pénitentiaire qui ne cesse d’augmenter la durée moyenne des peines de privation de liberté. La durée des périodes de sûreté (pendant lesquelles il n’est pas possible d’obtenir une remise de peine) donnent le vertige ; la création de la rétention de sûreté en 2008, qui permet le maintien en détention de certains détenus après la fin de leur peine, bouche un peu plus l’espoir de sortie des longues peines. Quelles sont les issues possibles pour un détenu qui a comme perspective de passer vingt, voire trente ans en prison ? Parmi celles-ci, l’évasion est sans aucun doute envisagée, même si elle n’est parfois jamais mise à exécution. Ceux qui sont passés à l’acte sont presque toujours repris et subissent des sanctions d’une exceptionnelle dureté qui ne les encouragent, en définitive, qu’à renouveler encore leurs tentatives.
A l’heure actuelle, en Belgique un détenu ne peut pas être condamné pour s’être évadé, sauf dans le cas où il commettrait d’autres méfaits pour arriver à ses fins (violence, menace, vol, destruction de matériel, prise d’otage…). Dans notre pays, l’évasion est même considérée comme un “droit” : celui d’aspirer à la liberté. Cette législation belge s’explique par l’idée inspirée du XIXe siècle, en pleine vague de romantisme et d’expression post-révolutionnaire, qu’on ne peut demander à un homme de renoncer à sa liberté. “L’idée de l’enfermement est de base contre-nature, développe l’avocat Pierre Chomé. Et on ne peut pas en vouloir à un être humain de vouloir retrouver cette liberté, pour autant qu’il ne fasse de mal à personne et ne commette aucun délit.” Ainsi, de nombreux cas d’évasion “par ruse” n’engendrent aucune condamnation comme profiter d’une porte ouverte, de la distraction d’un gardien ou escalader les murs d’enceinte de l’établissement pénitentiaire. En Suisse, s’évader n’est pas une infraction. Si toutes les infractions commises lors de l’évasion sont punissables (dommages à la propriété, vol, prise d’otage, lésions corporelles, etc.), la simple fuite ne l’est pas. Elle renvoie à une passionnante question philosophique : peut-on reprocher à un homme enfermé son goût pour la liberté ?
Hanane Ameqrane, documentaliste au lycée Angela Davis est convoquée le 5 octobre 2023 au rectorat de Créteil pour : “avoir manifesté ostensiblement vos opinions notamment votre intention de vote pour les élections professionnelles ; ainsi que vos opinions politiques“ et “avoir tenu des propos portant atteinte aux valeurs de la République”.
Face à cette répression anti-syndicale un comité de soutien s’est constitué et à organiser le 27 septembre, à la Fléche d’or, une réunion publique intitulée “École de la souffrance, quelles résistances ?” avec Hanane Ameqrane, (sud éduc 93, “sois prof et tais-toi”), Fatou Dieng (réseau d’entraide Vérité et justice), Amanda, (vérité et justice pour Safyatou, Salif et Ilan), Pierrette Pyram ( Diivines LgbtqiA+), le collectif d’action judiciaire, la marche féministe Antiraciste, le collectif “touche pas à mon abaya”, la FIDL et des personnels et élèves mobilisé.e.s
Dans l’émission de ce jour nous vous diffusons le montage d’une partie des prises de paroles réalisées lors de cet événement.
Rencontre avec Nedjib Sidi Moussa pour la sortie de “Le Remplaçant : journal d’un prof (précaire) de banlieue présenté à la librairie quilombo Le 7 septembre 2023 dans le XIe de Paris.
Le malaise des enseignants, les difficultés de recrutement ou encore la désillusion des contractuels, thèmes désormais familiers du paysage politico-médiatique, ne sont que les symptômes d’une crise profonde – celle de l’éducation -, qui interroge notre capacité à « prendre soin, préserver et admirer les choses du monde » (Hannah Arendt).
Ce récit singulier et sensible, à rebours des plaidoyers lénifiants pour une école postmoderne ou des complaintes anxiogènes sur les « territoires abandonnés » de la République, invite les lecteurs à suivre les pérégrinations d’un professeur contractuel nommé dans un collège de la banlieue parisienne afin d’apprendre aux enfants des classes laborieuses l’histoire et la géographie – sans oublier l’enseignement moral et civique.
En passant du rire aux larmes et de la compassion à la révolte, “Le Remplaçant” offre une chronique saisissante de la France contemporaine.
Il raconte aussi l’histoire d’une jeunesse perdue, celle d’un fils d’ouvrier à l’orée de ses quarante ans, celle d’un ancien sorbonnard durablement installé dans le précariat, comme tant d’autres aujourd’hui.
Le “Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale” promet un nouveau tour de vis, doublement des franchises médicales, participation forfaitaire d’un euro sur les consultations, quatrième jour de carence sur les arrêts de maladie, transfert des dépenses vers les complémentaires santé dont les prix vont encore exploser.une mobilisation populaire s’impose.
Un appel est lancé pour développer des mobilisations autour de la santé, du social, du médico-social et de la Sécurité Sociale, et à les faire converger pour arracher enfin un budget à la hauteur des besoins des usager·ères et des personnels.
Dans ce contexte, se tenait le lundi 11 septembre 2023 à la bourse du travail de Paris, la soirée de lancement du tour de France pour la santé. Dans l’émission de ce jour, nous proposons l’écoute de plusieurs interventions qui ont rythmé cette soirée.
Nous entendrons les interventions de : Rosine Leverrier, secrétaire de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité,
Céline Le Negaret Sage-femme à la maternité des Lilas, menacée une nouvelle fois de fermeture et sur la situation des maternités et du droit à l’avortement en Seine-Saint-Denis.
Olivier Milleron cardiologue à l’hôpital Bichat sur les fermetures de lits hospitaliers et la lutte engagée autour du projet de l’hôpital grand paris nord.
Christophe Prudhomme, médecin urgentiste en Seine-Saint-Denis sur la situation des Urgences.
Nicolas Da Silva auteur du livre “La bataille de la Sécu” sur le rôle des complémentaires santé.
NTI, est une entreprise opérant dans les secteurs du bâtiment, de la propreté et du traitement de déchets.
Cette société sous-traitante de grands groupes qui gèrent, au titre de délégations de service public, des sites de traitement et de tri des déchets, notamment pour : Veolia, Suez, Paprec, Urbaser, etc.
Le lundi 28 août, 11 salarié-e-s de la société NTI , ont décidé de se mettre en gréve pour exiger leurs droits et soutenue par la CGT VEOLIA. Le mercredi 30 aout 2023, un rassemblement de soutien se tenait devant le centre de tri de collecte sélective du 15ᵉ arrondissement de Paris.
Dans ce reportage, nous entendrons le témoignage de deux salariés qui nous parlent de leurs situations et un point sur les négociations avec VEOLIA.
Le 23 juin 2023, Solidaires RATP appelait à un rassemblement antifasciste devant la maison de la RATP contre des faits de racisme et de sexismes avérés au sein de l’entreprise. En effet, “SOLIDAIRES RATP accompagne des victimes de racisme et de harcèlement après avoir dénoncé les faits. Malgré les alertes, la Direction protège les agresseurs. Sur un établissement des collègues subissent un racisme décomplexé : « il te manque plus que ta ceinture de banane » , « la France ne peut pas accueillir tous les immigrés » , « les femmes voilées c’est inacceptable en France », etc… Sur un autre établissement, une collègue se plaint de sexisme et de racisme, la Direction conclut à une affaire de personnes. Pourtant, quelques temps après, fleurissent des tags « Fuck Arabe » ou « Portugal, rasa de merda = sclavi ». ” Nous nous sommes donc rendus sur place afin de réaliser un reportage que nous vous diffusons en première partie d’émission.
Dans une deuxième partie d’émission nous reviendrons sur la gréve sauvage (c’est-à-dire sans déclaration 48h à l’avance (DII)) qui s’est déclenchée dans la nuit du 19 au 20 juin, au technicentre SNCF de Châtillon. Votée en assemblée dans la soirée, cette grève était une réponse cinglante aux sanctions lourdes que la direction voulait infliger à l’un des travailleurs suite à sa mobilisation contre la réforme des retraites. Nous vous diffusons donc l’interview que nous avons réalisé avec Rachid ( le gréviste concerné) à l’issue de leur mobilisation, le 24 juin 2023 .
Avec le foyer des Grands Pêchers, le Foyer Branly était intégré dans un projet à la fin des années 70 de la municipalité de résorption des foyers insalubres et de relogement des résidents sur le haut Montreuil. Ouvert en 1979, ce bâtiment est habité en majorité par des résidents de nationalité malienne, un peu plus de 400 résidents en tout. Le foyer est très ouvert de par sa situation sur le quartier construit à peu près à la même époque : logements collectifs sociaux, terrains et équipements sportifs. Les résidents participent activement à la vie du quartier par des tournois de foot et des repas de quartier, les brocantes ainsi qu’à la fête des associations de la ville.
Les délégués du foyer géré par ADOMA (filiale de CDC Habitat) au 73 rue Edouard Branly, Montreuil-sous-Bois, ont pu expliquer leurs revendications le jeudi 15 juin 2023 à une équipe désignée par le maire. Les délégués avaient demandé un rendez-vous avec le maire de la ville, Patrice Bessac. L’enjeu était de lui expliquer les violences dont les résidents sont victimes de la part d’ADOMA, et les réserves qu’ils ont sur le projet de reconstruction de leur foyer. Ils souhaitaient souligner qu’ils ne sont pas contre la rénovation ou le remplacement de leur bâtiment, mais qu’ils tiennent absolument à ce que leurs légitimes revendications soient entendues.
Les violences d’ADOMA ont été rappelées – au matin du mardi 30 mai, invasion par des hommes et des vigiles accompagnés par des chiens avec comme mission d’ouvrir de force les casiers privés des résidents et de déverser leur contenu par terre, le parking est bloqué, la grille d’entrée fermée, toute sortie de voiture est suivie d’une interdiction de ré-entrer, la benne d’ordures est enlevée ; – jeudi 1ᵉʳ juin 2023, les résidents descendent nombreux accompagnés par une trentaine de voisins et de soutiens du quartier pour bloquer toute tentative par le gestionnaire de démarrer le chantier sans accord avec le comité de résidents. Un camion chargé de grilles arrive, mais, face à la résistance, repart. Entre-temps, le ramassage des ordures est interrompu, des déchets s’empilent à l’extérieur du bâtiment.
C’est dans ce contexte que nous recevons dans l’émission de ce jour, M. Simaga et M. Soukouna, délégués du foyer Edouard Branly de Montreuil pour qu’ils nous parlent de la lutte qu’il mène.
Réunion du Comité de Soutien ce jeudi 29 juin à 19 h, salle du sous-sol, foyer, 73 rue Edouard Branly, Montreuil (bus 122 Nouvelle France ou bus 102 Saint-Denis).
Autre rendez-vous : marche blanche pour nahel ce jeudi 29 juin 14 h, 74 avenue Picasso Nanterre RER A NANTERRE PRÉFECTURE
Deux sujets dans l’émission de ce jour : l’appel a la gréve à pôle emploi et le démantèlement du fret a la SNCF.
Nous commençons avec un entretien réalisé il y a quelques jours, avec Luc du syndicat SUD PÔLE EMPLOI et en sa compagnie, nous revenons sur la prochaine mise en place de France-travail et l’appel a la gréve du 22 juin 2023.
Jeudi 25 mai, une soixantaine de collègues de l’indemnisation se sont réunis pour échanger sur leur condition de travail. 18 sites étaient représentés : Mantes la Jolie (78), Daviel (75), Rambouillet (78), Saint Maure (94), L’Haye les Roses (94), Montrouge (92), Jean Moulin (75), Evry (91), Pantin (93), Coulommiers (77), Saint Ouen l’aumône (95), Montreuil (93), Argenteuil (95), Asnières (92), Beaumarchais (75), Saint Germain en Laye (78), Saint Denis (93), Guyancourt (78). Le constat est sans appel : la charge de travail ne cesse d’augmenter : – Taille des portefeuilles CRI (jusqu’à 1600 sur certains sites !) – Nombre de CVM et délai insoutenable de réponse fixé à 48 heures, quels que soient les retards – Augmentation du temps de traitement du dossier liée : aux décrets de l’assurance chômage et aux modifications régulières des calculs, à l’allongement des périodes de PRC, la vérification des BS (EMR), l’accumulation de documents à consulter et à traiter sur la GED – Absence d’organisation prévue pour traiter les dossiers des absents – Isolement des collègues GDD face à leur charge de travail les conduisant à se fixer eux-mêmes des priorités et à organiser eux-mêmes leur activité – Individualisation du travail faisait peser la charge sur le/la collègue – Prise en charge de la détresse et de la colère des usagers sans pouvoir y apporter de réponse – Saturation du 39 49 – Refus de la direction de remettre en place l’anonymat du traitement des dossiers, rendant le/la collègue responsable du calcul de l’indemnisation Beaucoup de nos collègues se découragent, sont en arrêt de travail, sont poussés à bout. Cette situation ne peut plus durer. Nous décidons donc de lancer les actions suivantes :
– Remplir des fiches RPS afin d’acter la dégradation de nos conditions de travail – Faire une action de grève et de rassemblement • L’augmentation conséquente des effectifs • L’augmentation des Salaires • Le transfert du 3949 sur la plateforme • L’abandon du CRI • L’anonymat • L’arrêt des indicateurs de performance • Le soutien à notre collègue convoqué en entretien disciplinaire, poussé à bout par la charge de travail et la pression aux objectifs
Grève pôle emploi jeudi 22 juin 2023 Rdv 10 h devant la direction générale de pôle emploi 1 av Dr Gley ( Porte des lilas)
Depuis l’ouverture à la concurrence effective de 2006, la part modale du ferroviaire de marchandises a été divisée par deux et Fret SNCF a vu ses effectifs divisés par 3.
Le 2 juin, le dossier de transformation de Fret SNCF a été officiellement présenté aux élus du comité social et économique Fret. Ce dossier acte définitivement la décision de l’État, de la Commission européenne et de la direction de l’entreprise d’appliquer la discontinuité économique.
Dans cette perspective, un premier rassemblement, c’est tenu le 15 juin dernier en fin de matinée sur le triage du Bourget a l’appel du SUD RAIL et dans cette seconde partie d’émission, nous vous proposons l’écoute du reportage réalisé ce jeudi. A suivi un rassemblement de l’ensemble des cheminotes et cheminots au siège de la direction SNCF à Saint-Denis.
En vue de la mobilisation appelé ce jeudi 15 juin 2023 contre la liquidation du FRET, nous consacrons l intégralité de cette émission aux luttes dans le secteur ferroviaire. Tout d’abord, vous pourrez entendre un prise de parole de Anasse Kazib qui revient sur les enjeux de la mobilisation du 15 juin. Ensuite nous vous diffusons un reportage réalisé le 16 mai 2023 lors d’un premier rassemblement contre cette restructuration. Puis, nous reviendrons plus longuement sur cette question et ses conséquences environnementales avec l’interview d’un camarade de sud rail que nous diffusons jusqu’au terme de notre émission.
Le 6 juin dernier avait lieu un nouvel appel à manifestation contre le projet de réforme des retraites. Cet appel émanant de l’intersyndicale était la seule date qu’elle avait proposé depuis la mobilisation du 1er mai. Face à ce constat, et concernant l’ensemble de la stratégie de l ‘intersyndicale, un ensemble de personnes qui se sont rencontrés en bloquant l’incinérateur d’Issy ont décidé de continuer la lutte ensemble, et dans ce cadre, d’ interpeler l’intersyndicale en rédigeant un appel intitulé “ne tournons pas la page”. Celui ci était distribué le long du parcours de la manifestation.
Dans cette émission, vous pourrez donc entendre dans une première partie, les interviews que nous avons réalisé lors du parcours de la manifestation. Dans une deuxième partie, nous reviendrons sur l ‘ appel “ne tournons pas la page” et sur la stratégie menée lors de ce mouvement par l’intersyndicale en vous diffusant un interview réalisé avec une des personnes qui a participé à sa rédaction.
APPEL :
“Adresse aux directions de la CGT, FO, SOLIDAIRES, FSU, CFDT, CFTC, UNSA, CFE-CGC :
NE TOURNONS PAS LA PAGE!
«Mesdames, Messieurs,
Nous sommes mobilisés depuis plusieurs mois contre la loi Borne. En effet, le système des retraites par répartition étant à l’équilibre, et l’heure de travail en France étant parmi les plus productives au monde, il n’y a aucune raison acceptable de repousser de 2 ans l’âge de départ à la retraite. Comme vous aujourd’hui nous exigeons l’abrogation de la loi Borne.
Emmanuel Macron, ses ministres, ses députés, ses sénateurs, et de larges pans du patronat sont heureux que la loi ait enfin pu être promulguée. Ils veulent passer à autre chose, passer à d’autres “réformes”, c’est-à-dire d’autres attaques contre les services publics, les travailleuses et travailleurs (en emploi ou non), et la jeunesse.
Par ailleurs, les candidats à la présidence du Medef réclament déjà «d’introduire une dose de capitalisation». C’est bien la mise à mort du système par répartition qui est programmée. A l’instar des millions de manifestantes et manifestants le 1er mai, de ceux qui depuis font grève dans leur entreprise, et de tous ceux qui casserolent chaque jour les représentants de Macron, nous, nous ne tournons pas la page.
Nous sommes pour la plupart syndiqués dans vos fédérations. Nous avons pour la plupart repris le travail. Nous entendons nos collègues nous dire que «faire grève ne sert à rien». Nous pouvons les comprendre. Qui a envie de perdre du salaire “pour rien”? Nous faisons aussi le constat que 14 journées de grève réparties sur 6 mois, de janvier à juin, est une tactique qui est loin d’avoir porté ses fruits. Le pouvoir était beaucoup plus chancelant courant mars, lors de la grève reconductible de plusieurs secteurs (cheminots, raffineurs, énergéticiens, secteur des déchets…).
Nous avons conscience, comme des millions de travailleuses et travailleurs en France, que nous devons arrêter le travail tous en même temps, pour véritablement bloquer le pays et avoir le rapport de force nécessaire pour obtenir l’abrogation de la loi Borne.
En tant que directions syndicales, vous avez le pouvoir d’appeler à la grève générale, de l’organiser et de la financer. Pas de fausse modestie entre nous. Il est insupportable d’entendre dire qu’il n’y a pas de bouton pour déclencher la grève générale, quand on voit avec quelle aisance on appuie sur le frein pour empêcher le déferlement. Vous ne pouvez pas vous défausser de vos responsabilités sur le reste de la direction de votre confédération, ou sur vos fédérations.
Si nous perdons ce combat de civilisation, celui du travail contre le capital, celui du temps libre sur le temps contraint, vous serez les coupables tout désignés de cette défaite. Vos dizaines de milliers de nouveaux syndiqués ne seront bientôt plus qu’un lointain souvenir.
Nous vous demandons donc de prendre toutes vos responsabilités, et de vous engager par écrit à :
: Cesser toute rencontre avec Macron ou ses ministres. Ne pas “négocier” d’autres contre-réformes. Assumer la politique de la chaise vide. Arrêter d’être des “interlocuteurs responsables”. Vous gagnerez en crédibilité auprès des seules personnes qui comptent : les travailleuses et les travailleurs.
: Appeler à la grève générale, l’organiser, et la financer.
Dans le cas contraire, nous en tirerons toutes les conséquences.»
Pour devenir signataire de ce texte : Envoyez vos NOM, Prénom, Syndicat (Responsabilités syndicales éventuelles) à netournonspaslapage@proton.me“
Dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites et en appel à la manifestation du 6 juin 2023 au départ d’Invalides, nous vous diffusons aujourd’hui une émission que nous avons réalisée en studio le 2 juin 2023 avec trois gréviste de la filières des déchets.
Sabrina, Bobby et Alain sont tous les trois à la CGT FTDNEEA (Filière Traitement Déchets Nettoiement Eau Egouts Assainissement de la Ville de Paris), et participe à la mobilisation qui s’organise autour du site de l’incinérateur d’Ivry. En 2017, les syndicats CGT Nettoiement et CGT Egouts de la Ville de Paris déciaient de se réunir et fusionner en un seul syndicat. Ce syndicat rassemble et organise les corps suivants de la Ville de Paris : Eboueurs, Egoutiers, Conducteurs (CDA), Adjoints Techniques, Techniciens des Services Opérationnels et Personnels de Maitrise.
” L’histoire des luttes et la conscience de classe, fortement ancrées parmi nos syndiqués, vont résolument confirmer notre organisation sur un syndicalisme de classe, de masse, unitaire et indépendant.”
Avec eux, nous reviendrons sur la mobilisation de cette année, sur ces perspectives et sur leur manière d’envisager leur outil syndical.
Vous pouvez entendre dans cette émission la présentation du livre de Nicolas Da Silva « La bataille de la Sécu », qui a eu lieu à la librairie « la petite Denise » le 17 mai. Cette rencontre était organisée par la TRAME, association Crée en 2017 et située à Saint-Denis (93), la Trame est un lieu d’accueil, d’orientation et de soutien dans la communauté destiné à des personnes en souffrance psychique.
Nicolas Da Silva est maître de conférences en sciences économiques à l’université Sorbonne Paris Nord.
Nicolas Da Silva déclare que l’objectif de La bataille de la Sécu est de « faire la peau à l’État social1». Cette formule lapidaire à de quoi surprendre tant le sens commun associe, en France, la protection sociale ou le développement de la production de soins à l’intervention étatique. L’enjeu du livre, clairement exposé dès l’introduction et en partie contenu dans son titre, est a contrario, d’en finir avec cette confusion courante.
Nicolas Da Silva distingue ainsi les deux logiques antagoniques qui selon lui s’affrontent dans la genèse des institutions françaises de soins depuis 1789 : celle de l’État social né des guerres totales et celle de la Sociale, née de l’industrialisation et des résistances ouvrières à l’État. Ces deux formes de la protection sociales se distinguent notamment par la question du contrôle politique et la distribution du pouvoir au sein des institutions qui y participent.
Pour l’auteur, l’État-social, loin d’être la force de progrès à laquelle il est souvent identifié, se fait le soutien acharné du capital contre l’auto-organisation des travailleurs. Les politiques de réforme de la sécurité sociale menées depuis les ordonnances Jeanneney de 1967 jusqu’au plan Juppé de 1995-1996, correspondant à une reprise en main de la sécurité sociale par l’État, en seraient la preuve.
2 La perspective historique adoptée par Nicolas Da Silva (qui se revendique ici de l’économie politique) permet de rendre compte, dans le temps long, des dynamiques institutionnelles et sociales de la production de soins en France. Cette approche a également le mérite de sortir l’étude de la sécurité sociale du présentisme qui caractérise les débats ayant trait au système de santé.
L’auteur montre ainsi que les questions de déficit, de fraude, de financement par l’État, de liberté d’installation des médecins ou de l’efficacité des mutuelles sont débattues depuis au moins 1949 et depuis 1789 pour certaines d’entre elles. De plus, le recul historique dont fait preuve l’auteur dans cet ouvrage permet de mettre en lumière le caractère non-linéaire du développement de la protection sociale. Cette dernière n’est nullement caractérisée par une amélioration résultant de réformes successives, mais apparaît bien davantage comme un processus dialectique, marqué par des phases d’accélération et de recul, dans lequel des groupes sociaux s’affrontent pour imposer une certaine forme et un certain niveau de protection.
3 Après avoir proposé, dans un premier chapitre, un bref retour sur le mode de production féodal de soins et sa disparition à partir de la fin du XVIIIe siècle, l’auteur se concentre sur la mutualité. Il met en évidence la façon dont cette forme d’auto-organisation ouvrière est progressivement intégrée au mode de production capitaliste, notamment via le décret impérial de 1852. Les troisième et quatrième chapitres sont l’occasion pour Nicolas Da Silva de préciser l’origine de chacune des deux formes d’organisation de la protection sociale identifiées sur la période : la guerre totale pour l’État-social et la résistance à l’État pour la Sociale.
La Première Guerre mondiale marque en effet un tournant décisif du point de vue de l’implication de l’État dans l’économie en général et dans les questions de santé en particulier. La législation des années 1928-1930 sur les assurances sociales apparait comme une conséquence de ce changement de paradigme. La Résistance quant à elle, radicalement opposée à l’État vichyste, renoue avec les résistances ouvrières du XIXe siècle et constitue le creuset du régime général de sécurité sociale. Les cinquième et sixième chapitres sont consacrés à la reprise en main progressive de la sécurité sociale par l’État dans l’après-guerre et sa transformation sous le coup de réformes successives.
Le retour au pouvoir de De Gaulle en 1958 et l’avènement de la cinquième République constituent dans l’ouvrage des moments d’accélération de la mise au pas du régime général de sécurité sociale. D’une logique de besoins à financer via des hausses progressives de cotisations, la sécurité sociale passe progressivement à une logique de budget à ne pas dépasser. L’aboutissement de cette transformation est l’institution en 1996 des projets de lois de finance de la sécurité sociale (PLFSS), débattus et votés par l’Assemblée nationale. Le septième chapitre est consacré à la place du capital dans le système de soin français. Nicolas Da Silva montre comment la reprise en main de la sécurité sociale par l’État permet la croissance rapide du capital, à la fois dans le domaine des complémentaires santé, des cliniques privées et de l’industrie pharmaceutique.
Le dernier chapitre enfin revient sur l’épisode récent de la pandémie de Covid-19. L’auteur y chronique méticuleusement les errements des pouvoirs publics dans la gestion de la crise ainsi que l’accélération des logiques du capitalisme sanitaire que celle-ci induit. Si l’auteur n’hésite pas à prendre au sérieux l’expression de « guerre » employée par Emmanuel Macron et à la comparer à la guerre totale de 1914-1918, le parallèle nécessiterait toutefois de plus amples développements tant les situations historiques et les contextes diffèrent.
2 Nicolas Da Silva, « Mutualité et capitalisme entre 1789 et 1947 : de la subversion à l’intégration (…)
3 Bruno Valat, Histoire de la Sécurité sociale (1945-1967). L’Etat, l’institution et la Santé, Paris, (…)
4 Michel Dreyfus, « La CGT et la Sécurité sociale (1946-1961) », dans Elyane Bressol (dir.), La CGT d (…)
5 Frederick Cooper, Décolonisation et travail en Afrique. L’Afrique britannique et française, Paris, (…)
6 Michel Borgetto et Michel Chauvière (dir.), La protection sociale en France et au Maghreb. Regards (…)
4 Nourri des travaux antérieurs de Nicolas Da Silva sur l’industrialisation des soins ou l’histoire des mutuelles depuis le XIXe siècle2, l’ouvrage synthétise efficacement les travaux historiques les plus importants sur l’histoire de l’hôpital, de la médicalisation du pays ou encore de la participation ouvrière aux institutions de protection sociale3.
L’influence des travaux de Bernard Friot, auteur de la préface du livre, apparaît centrale dans cet ouvrage, notamment en ce qui concerne le moment 1946 et la création du régime général de sécurité sociale. Nicolas Da Silva insiste ainsi sur le caractère profondément conflictuel de la mise en place des institutions de protection sociale françaises au sortir de la guerre, rompant avec le mythe d’un unanimisme issu du programme du Conseil national de la Résistance.
Portée L’une des (nombreuses) qualités de l’ouvrage est ainsi de faire dialoguer de façon très féconde les analyses stimulantes de Bernard Friot sur le régime général avec l’historiographie plus traditionnelle de la protection sociale. L’auteur donne ainsi une véritable épaisseur historique à la thèse d’une rupture révolutionnaire en 1946.
Toutefois, comme le précise d’emblée Nicolas Da Silva, cette rupture n’est pas totale, et le régime général est aussitôt combattu par les mutualistes, le patronat, les syndicats chrétiens (et Force ouvrière à partir de 1947), les organisations de médecins, la haute fonction publique et l’ensemble des partis de la IVe République à l’exception du PCF et d’une partie de la SFIO. Si l’auteur met en évidence la « mobilisation ouvrière pour la Sociale » (p. 130) en 1946 en s’appuyant notamment sur le témoignage du secrétaire-général de la CGT Henri Raynaud, la question des luttes concrètes au sein des 124 caisses primaires reste au second plan.
L’histoire « par le bas » des luttes en faveur du régime général de sécurité sociale attend encore son historien·ne. Celle-ci serait d’autant plus utile que cette période fait l’objet de débats vigoureux. L’historien Michel Dreyfus conteste ainsi fortement le rôle joué par les communistes dans ces caisses et dans les instances de la Fédération nationale des organismes de sécurité sociale (FNOSS). Michel Dreyfus préfère insister sur les continuités entre le personnel des assurances sociales de l’entre-deux-guerres et celui de la sécurité sociale, et met en avant le caractère opportuniste du ralliement des communistes à cette nouvelle institution4.
Enfin, si l’auteur évoque le massacre de Sétif de 1945 et les guerres coloniales françaises, la « bataille de la Sécu » qui nous est proposée reste essentiellement hexagonale. Or, comme l’a bien montré l’historien Frederick Cooper, la question des allocations familiales et des accidents du travail ne se cantonne pas à la France métropolitaine, mais s’avère centrale dans les mouvements de travailleurs africains de l’Afrique occidentale et équatoriale française (AOF et AEF)5 de la fin des années 1940 et 1950.
Ces travailleurs réclament l’égalité des droits sociaux avec leurs homologues métropolitains, et notamment les droits conquis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. C’est d’ailleurs à la suite de ces vastes mobilisations qu’est adopté en 1952 le Code du Travail d’outre-mer qui autorise, sous conditions, la création de caisses d’allocations familiales et de réparation des accidents du travail dans l’empire. Plus largement, la question de la protection sociale et de la production de soins en contexte impérial suscite depuis quelques années un intérêt réel6. Sans pour autant nuire au récit, la prise en compte de ces dynamiques impériales aurait tout à fait pu s’inscrire dans la démonstration globale élaborée dans l’ouvrage.
7 Bruno Amable, La résistible ascension du néolibéralisme. Modernisation capitaliste et crise politiq (…)
5Outre les travaux de Bernard Friot, l’autre apport théorique qui irrigue l’ouvrage de Nicolas Da Silva à partir du sixième chapitre est celui de « capitalisme politique », développé notamment par l’historien américain Gabriel Kolko. Utilisé pour rendre compte des actions d’un État au service du capital dans la seconde moitié du XXe siècle, ce concept permet à l’auteur d’expliquer comment la collusion entre les élites politiques et économiques françaises façonne le système de santé contemporain, notamment à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Toutefois on s’interroge sur la distinction qui peut exister entre ce concept et celui, plus familier, de néolibéralisme, tel que par exemple décrit par Bruno Amable7.
6 Au travers de cet ouvrage d’une grande clarté, Nicolas Da Silva construit le récit vivant des luttes qui entourent le développement du système de protection sociale français ainsi que de la lutte obstinée que mène l’État social contre toute forme d’auto-organisation par les travailleurs. Mal connue du grand public, l’histoire de la protection sociale est fréquemment associée à une succession de réformes et d’ajustements techniques difficilement intelligibles pour le profane.
Nicolas Da Silva parvient cependant parfaitement à « apprivoiser le gorille » (p. 159) de l’histoire de la sécurité sociale et à restituer le caractère hautement politique des débats qui en émaillent le fil. L’ouvrage et son auteur participent ainsi pleinement des renouveaux théoriques et scientifiques qui traversent le champ des études en sécurité sociale et du système de santé. Ce livre constitue une ressource essentielle pour toutes celles et ceux qui souhaitent à la fois comprendre et mener la « bataille de la Sécu », bataille pour une institution sans laquelle il est légitime de se demander ce que nous serions d’autre « que ce balbutiement » (p. 294).
L’actualité des luttes a assisté au procès du flic éborgneur qui s’est tenu au tribunal de Paris les 12, 13 et 14 décembre 2022. Nous avions besoin d’y réfléchir collectivement, car bien que nous sachions que l’institution judiciaire produit une justice de classe qui défend l’appareil répressif, certains d’entre nous ont été surpris par l’acquittement du flic. Malgré l’expérience de ce type de procès sur plusieurs dizaines d’années, l’attitude de la juge et même du procureur ont étonné. Le manque d’anticipation, de travail sur le dossier, l’absence de stratégie d’attaque ont fait de ce procès une mascarade ou la violence de l’Etat et de ses institutions n’a pu émerger.
Nous avons subit les propos mensongés de Lienard, l’avocat qui s’est fait une vocation de défendre les flics et auteur d’un livre faisant leurs louanges en regrettant qu’ils aient des complexe à appuyer trop rarement sur le gâchette dans son « force à la loi ». Ce Lienard qui nous a dépeint son client membre de la BAC, avant d’être CRS comme un défenseur de la veuve et de l’orphelin, quasi éducateur de quartier sans aucune réaction. Une juge donnant la parole à l’accusé qui pour une fois n’est pas coutume avait tout le loisir de s’exprimer et qui la ravissait aux témoins désignés par la victime et à Laurent lui-même, sans réaction. Nous avons été choqué par les propos dégueulasses de l’enquête psychologique qui humiliait publiquement Laurent avant de relaxer son éborgneur, responsable mais pas coupable, sans réaction…
Pour témoigner, crier leurs rages ou partager leurs compte-rendu, des personnes présentes pendant les trois jours d’audience de la Cour d’assises ont écrit des textes rassemblé dans un livret de 24 pages. Le tout illustré grâce aux dessins pris sur le vif par Red et Ana Pich (qui a réalisé un BD reportage pour Contre-attaque que l’on peut retrouver ici).
Dans le même sens, cette émission, est une occasion de faire un point pour éviter les écueils et être plus armés à l’avenir avec Laurent, Red et Crayon.
Laurent a pris le temps de réfléchir au verdict et quatre mois après, il dresse ses propres conclusions dans un texte que nous reproduisons ici (à retrouver page 22 de la brochure).
” Le tribunal, temple des mensonges d’État
Il s’est passé quelques mois depuis que j’ai mangé le verdict, quelques mois pour digérer l’acquittement et finalement vomir. Ces quelques phrases seront ce qu’il reste de ce passage dans cette très basse Cour d’assises. Si j’emploie la première personne du singulier ce sera pour marquer mes défaites. J’utiliserais le nous pour nos victoires. Les deux se mêlent, car je suis Laurent Théron, et nous sommes l’Assemblée des Blessées et Désarmons-les.
J’ai fait une erreur, je me suis pris au jeu du tribunal, j’ai cru à une « victoire » possible c’est-à-dire la révocation du flic. J’ai cru aux Assises et prétendu « tribunal du peuple », j’ai voulu « jouer le jeu ». J’ai échoué, car j’ai cru un peu trop en la justice. Mon dossier était quasi limpide : un flic sans formation au maintien de l’ordre, sans permis d’utiliser les GMD, sans ordres, sans menaces, en dehors de tout cadre de légitime défense, jette une grenade dans une foule éparse et m’éborgne. Même le rapport de l’IGPN n’était pas contre moi, et mon casier était vierge. Alors je me suis dit que « peut-être on en tient un ». Et que sa condamnation marquerait un point de départ pour que les futurs jeteurs de grenade réfléchissent. Quel idiot j’ai été ! C’est exactement l’inverse qui s’est produit. Les grenades sont devenues les « couilles des CRS » *, et elles sont désormais utilisées massivement sans aucune limite. Et pourquoi se limiteraient-ils ? Je n’attendais pas grand-chose de la justice, mais je n’attendais pas rien.
J’étais préparé à la « norme » : une peine avec sursis dont bénéficient les flics comme celui qui m’a rendu borgne. Mais je n’étais pas prêt à l’acquittement. Cette justice n’apporte rien d’autre que de la rancœur. C’est un sale moment à passer, à nouveau face à la police. C’est se retrouver dans un tribunal, avec ses tentures du Moyen Âge, une « cour » déguisée avec leur col en hermine, les « altesses » devant lesquelles il faut se lever et s’assoir, un lieu où le peuple est envoyé derrière des barreaux, et où les bourreaux et les bourgeois sont innocentés. C’est un moment que nous investissons comme nécessaire dans le cheminement de notre reconstruction psychologique, une attente de 6 ans et 3 mois pour mon cas, qui nous fera passer à autre chose. Il n’en est rien. C’est une violence de plus.
La violence judiciaire, c’est une violence plus sournoise, plus insidieuse que la violence policière
C’est une violence réfléchie, qui ne s’encombre pas de la légalité qu’elle nous impose, mais au contraire contournera ses propres règles pour que le policier coupable s’échappe de son banc des accusés. C’est revivre cette journée de douleurs, c’est se retrouver dans un tribunal à côté de mon criminel, c’est écouter les mensonges de ses complices, c’est être questionné avec arrogance par l’avocat du coupable. C’est entendre ma vie privée, mon intimité, ma vie que seules quelques personnes connaissent, être entendue par des CRS, des syndicalistes de flics, que je conchie et avec qui je ne veux rien partager d’autre que ma colère. C’est entendre un verdict qui de toute façon niera à nouveau mes blessures physiques, psychologiques, sociales, familiales… C’est comprendre que ma mutilation ne servira pas à faire réfléchir, ni sur les armes, ni sur la police, ni sur la répression, même pas sur le fait que dès le lendemain Alexandre Mathieu pourra retourner balancer des grenades dans la gueule du peuple.
Un tribunal n’est pas un lieu de justice, ni de vérité. C’est le temple du mensonge, et donc DES mensonges d’État. Ces mensonges qui veulent nous faire croire que la police est là pour nous protéger, et qu’il faudrait avoir confiance « dans la justice de son pays ». La justice est le prolongement de la police. La violence judiciaire est le prolongement de la violence policière.
Durant ces quelques années avec mes camarades et ami·e·s, nous avons parcouru la France pour être aux côtés d’autres victimes et familles de victimes, nous partageons le même dégoût pour la police, dans les quartiers populaires, en manif et dans les ZAD — ce sont les mêmes flics, les mêmes armes. Durant ces 6 années et 3 mois, et pour encore longtemps je l’espère, nous avons partagé nos tristes expériences policières, aux quatre coins du pays, de l’Europe et du Monde, et heureusement j’ai eu la chance d’être informé, formé, accompagné, éduqué… par des collectifs présents depuis de nombreuses années, et finalement en faire partie. Nous avons écrit des articles, des textes, nous avons communiqué dans les médias. Nous avons fait de l’éducation populaire. Nous nous sommes rencontrés. Nous avons marché, nous avons couru, nous avons voyagé. Nous sommes lié·e·s avec les autres victimes et familles de victimes. Mais il y a une différence entre être témoin d’injustices et vivre l’injustice. C’est un fait. Je suis révolté par les morts de Lamine Dieng, d’Angelo Garrand, de Wissam El Yamni, de Babacar Gaye… des mutilé·e·s Gilets jaunes, des blessé·e·s… de toutes les victimes de la police…Pour chaque victime, et famille de victime, j’étais témoin de la violence d’État, je pouvais la sentir, mais je ne la subissais pas personnellement. Être le sujet de l’injustice a touché profondément mon cœur, mon âme, mon intelligence, mon esprit… ma partie « non-visible ». Comme personne d’autre n’a vécu ma mutilation, personne d’autre n’a subi cet acquittement comme une violence supplémentaire sur mon être.
Si la police violente nos corps, la justice violente nos « corps subtils ». (Et la prison les deux à la fois.)
La justice est bête et méchante, elle n’existe que pour faire souffrir. Victimes, futures victimes nos victoires sont ailleurs. Pour ce procès nous avons répondu à une lettre du coupable, nous avons partagé notre critique de la police, nous avons mis en place un athénée autour de « la fabrique du non-lieu », organisé un tribunal populaire et un moment de catharsis où nous avons libéré nos paroles, nos corps, nos âmes… Des camarades de Toulouse, Montpellier, Rennes, Lille, Saint-Étienne, Grenoble, Nantes, Le Mans, Clermont-Ferrand, Paris et sa banlieue… Des camarades allemand·e·s, mexicain·e·s étaient présent·e·s à chaque évènement, nous avons crié dans les couloirs du tribunal, nous avons vécu des moments qui nous appartiennent, des souvenirs, des expériences, qui m’ont aidé, m’ont construit et qui resteront nos victoires.
C’est ça qui me réjouis, me donne de l’espoir, et m’aide à tourner une page, notre fraternité/sororité, ces formes de contre-procès populaires. Les textes de ce livret sont un témoignage, une mémoire pour les futures victimes. Mes conseils à présent. Nos blessures individuelles sont des blessures collectives. Les auteurs sont les mêmes, les armes sont les mêmes. Seuls les lieux changent. Il ne s’agit pas d’un policier, mais de LA police, sous toutes ses formes (police, gendarmerie, polices municipales, agents pénitentiaires, polices privées, etc.). Votre combat rentre donc dans un combat collectif de résistance, mais aussi historique, dans le prolongement de la résistance à l’oppression des dominants d’hier et d’aujourd’hui.
Obtenir un procès est une victoire, quand le non-lieu est la norme. Obtenir un procès sert à fissurer un peu plus le mur de l’injustice. Les verdicts des procès servent juste à démontrer l’a-justice. Cette justice n’apporte rien d’autre que du mépris. Seule la Vérité compte. La présence de la victime au tribunal doit être un moment de critique des institutions policières et judiciaires pour les victimes. Notre parole doit être entendue, quitte à hurler, quitte à se faire sortir.
Ce n’est pas en jouant le jeu, dans le respect des institutions que nous aurons justice, c’est dans la libération de notre parole.
Notre victoire est dans la Solidarité. Notre victoire est collective. ♠ “
Dans l’émission de ce jour, il sera question de la situation dans l’enseignement publique
Mais tout de suite, nous nous rendons en Seine-Saint-Denis, car Au lycée Paul Éluard de Saint-Denis, les enseignant-e-s se mobilisent pour alerter sur le délabrement de leur établissement.
Après un hiver glacial et des radiateurs régulièrement HS (et insuffisants), suite aux pluies des vacances, nous avons retrouvé nos locaux dans un sale état (c’est peu de le dire). Un plafond s’est effondré dans un bureau de deux CPE (Conseiller principal d’éducation), des infiltrations ont lieu partout dans le bâtiment Général de trois étages, qui regroupe une quinzaine de salles par étages. Les canalisations fuient, les fenêtres ne servent à plus grand-chose et les murs fuient également. La région est alertée depuis le 9 mai.
Lundi 22 mai 2023, une réunion s’est tenue entre la direction de l’établissement et des membres du conseil régional Une partie des enseignant-e-s, c’était mis en droit de retrait. Dans ce premier reportage, nous entendrons l’entretien réalisé devant le lycée Paul Éluard avec une enseignante et une CPE et la réaction de prof suite à leur entretien avec une délégation de la région Île-de-France.
Le 25 mai 2023, un rassemblement devant la DSDEN- Direction des services départementaux de l’éducation nationale des Hauts-de-Seine – s’est tenu dans un contexte de fragilisation et même de destruction de l’éducation nationale, notamment dans les quartiers populaires.
Les 3 degrés de l’éducation sont touchés: les 1er et 2nd degrés par le manque de postes pourvus de professeurs, ce qui provoque dans le 1er degré des fusions de niveau. L’enseignement professionnel lui doit faire face à une privatisation rampante des formations avec sa mise sous tutelle partielle par le ministère du travail. La délégation qui a été reçu, n’a rien obtenu. Cette situation est la même au niveau national, des actions étaient prévus en Seine-Saint-Denis.
Dans cette seconde partie d’émission, nous entendrons l’Intervention avant l’entrée de la délégation de professeurs du 1er & 2d degrés et parents reçus en audience par le directeur académique et un entretien avec trois enseignant-e-s suivi de la sortie d’audience avec le directeur d’académie et les réactions que cela a suscitées.
Le 17 mai avait lieu un rassemblement devant la préfecture de Créteil, à l’appel d’un certains nombres d’organisations qui luttent pour la régularisation des sans papiers afin d’obtenir un rendez vous pour contester les obligations de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français qui ont été délivrées à plusieurs étudiants et lycéens. A cette occasion ils ont pu être rejoins par de nombreux soutiens et notamment les grévistes de Chronopost, qui eux même sont en lutte depuis plus d’un an pour leur régularisation.
Dans cette émission, nous vous diffusons un montage avec une partie des prises de parole réalisée devant la préfecture le 17 mai, accompagné d’un interview que nous avons pu réaliser par la suite avec Théo, militant pour la liberté de circulation, afin de revenir sur les enjeux politiques propres aux démarches administratives de régularisation et les perspectives de luttes soulevées par la prochaine loi asile et immigration.
Officiellement en France, la dénomination caisse d’allocations familiales naît en même temps que la sécurité sociale par une ordonnance du 4 octobre 19455. Mais les origines des CAF sont plus anciennes.
Les premières traces d’un supplément de revenu lié aux charges de famille remontent à une circulaire du Second Empire, en 1860, qui octroyait aux marins une indemnité de 10 centimes par jour et par enfant6. En 1891, le patron d’une filature champenoise, Léon Harmel, verse, par l’intermédiaire d’une « caisse de famille » gérée par une commission ouvrière, un « supplément familial de salaire » à ses employés qui ont charge d’enfants.
Cependant, cette pratique reste anecdotique (en 1914, seules 40 entreprises en France versent ce type d’allocations à leurs salariés) jusqu’à la création, en 1918 de caisses de compensation, par Émile Marcesche à Lorient ou Émile Romanet à Grenoble. Ces caisses, ancêtres des Caf, se multiplient alors pour atteindre environ 200 dans les années 1930, bien que l’affiliation des employeurs reste non obligatoire. En 1929, après un premier projet élaboré par Blain, un second projet de généralisation des allocations familiales est établi par l’avocat Maurice Eblé, avec la commission de législation de la CFTC ; ce projet est repris ensuite en proposition de loi par Jean Lerolle et voté7. En 1931, à l’initiative d’Adolphe Landry, la chambre des députés vote une proposition de loi qui généralise les indemnités pour charges de famille des salariés de la fonction publique. Puis une loi du 11 mars 1932, intégrée au code du travail, fait obligation aux employeurs privés de l’industrie, du commerce, de l’agriculture et des professions libérales de s’affilier et de cotiser à une caisse de compensation qui verse des allocations familiales aux ouvriers et employés.
Mais aujourd’hui, l’accès, notamment au plus précaire, est de plus en plus difficile par le fait de la dématérialisation.
Pour parler de la situation de la CAF et des perspectives de lutte, nous recevons dans l’émission de ce jour Didier Minot, président de changer de cap
Depuis 2019, le Collectif Changer de Cap rassemble des militants et des associations de terrain autour des questions de justice sociale et environnementale, de la défense des services publics et de la promotion de la démocratie réelle. Il constitue une plateforme d’appui et de mise en réseau de collectifs citoyens et autres acteurs locaux en mutualisant les actions porteuses d’alternatives, les informations et les réflexions.
Les membres du collectif travaillent ensemble malgré une grande diversité d’opinions politiques, syndicales ou citoyennes, grâce à la conviction que la mobilisation, pour se développer pleinement, doit s’enraciner dans la diversité et la richesse des opinions et des actions citoyennes porteuses d’alternatives, dans les luttes et dans une réflexion commune autour de questions concrètes.
Depuis la fin de l’année 2021, alerté par plusieurs associations de terrain, Changer de Cap a ouvert ses actions et réflexions aux multiples conséquences de la dématérialisation des services publics, particulièrement au sein des CAF. Le recueil de dizaines de témoignages, un travail de recherche et de réflexion, des rencontres et des forums ont débouché sur le constat de véritables zones de non-droit et d’une maltraitance institutionnelle des plus précaires, mais aussi sur une série de propositions visant à « Remettre l’humain et le droit au cœur de l’action des CAF ».
La mise en lumière d’actions porteuses d’alternatives via le site internet, de luttes victorieuses synonymes d’espoirs dans la Lettre mensuelle du collectif, tout comme la mise en perspective politique, font partie de l’ADN de Changer de Cap depuis ses débuts.
Le 16 mai 2023, se tenait à paris, un rassemblement en soutien au salarié-e-s de Verbaudet en grève depuis le 20 mars 2023 pour des questions salariales. Signalons que Verbaudet est possédé par un fond d’investissement géré en autre par Édouard… Fillon, le fils de François Fillon. Vertbaudet est une entreprise française spécialisée dans le monde de l’enfant. Dans ce premier reportage, nous entendrons notamment un entretien avec une syndicaliste de Verbaudet qui nous parlera de la situation dans l’entreprise.
Dans un communiqué, la CGT Vertbaudet rapportait mardi 16 mai 2023, que son délégué syndical aurait « été embarqué devant chez lui » par ce qui semblait être des « policiers en civil » dans un « véhicule banalisé » ce mardi soir. « Plaqué sur sa voiture devant son enfant », il a ensuite été insulté de « sale gréviste », puis « copieusement gazé, frappé », avant de se faire « cracher à la figure ». Les hommes l’ont ensuite « jeté de leur véhicule » en l’ayant « délesté de son portefeuille ».
Nous poursuivrons avec un reportage réalisé les lundi 15 et mardi 16 mai 2023 lors du blocage du lycée Théodore Monod de Noisy-le-Sec à propos de la reforme du lycée professionnel. Avec une enseignante du lycée, nous reviendrons sur la signification de cette action de blocage.
Nous conclurons cette émission, avec un rassemblement qui se tenait à proximité de Matignon le 17 mai 2023, contre la réforme des retraites et l’invitation des responsables syndicaux à Matignon. Nous entendrons les entretiens réalisés avec des syndicalistes présents sur ce rassemblement.
Dans cette émission nous vous diffusons plusieurs reportages réalisés la semaine dernière. Tout d’abord, vous pourrez entendre un montage réalisé avec des prises de parole et interviews réalisés lors de l’appel à la mobilisation contre la réforme des retraites du 11 mai 2023 devant l’ Hôtel de Ville de Paris.
Ensuite, nous vous diffuserons le reportage réalisé autour de la mobilisation contre la fermeture de classe qui avait lieu le 11 mai 2023 devant l’ Hôtel de ville de Gennevilliers.
Pour finir, vous pourrez entendre deux interviews réalisés eux le 9 mai 2023 autour de la question de la répression du mouvement social à l’occasion d’un rassemblement en solidarité à deux syndicalistes de la CGT infocom qui ont été convoqués au commissariat du 3è arrondissement, après une action syndicale : traverser Paris avec des banderoles sur un camion de location. Ils ont été convoqué pour manifestation illégale et cela montre un durcissement de la répression du mouvement social à l’image des casserolades. Toute divergences par rapport à la parole présidentielles est considéré comme illégale.
Dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites, les cheminots avaient appelé a une journée de mobilisation le jeudi 20 avril 2023. Cette journée a commencée à 11h à la Gare de Lyon avec une assemblée générale, suivie d’ une action unitaire d’envahissement de la Tour Euronext le siège d’Euronext, propriétaire de la Bourse de Paris et de six autres places européennes, à la Défense (Hauts-de-Seine). A 14h nous nous retrouvions tous sur la place de Hotel de Ville pour une manifestation, et à 19h était appelé une assemblée générale interpro à la Bourse du travail de Paris à République, afin d’envisager la poursuite de la mobilisation en vue de la date du 1er mai.
Ce fut l occasion pour nous de récolter un ensemble de sons que nous vous diffusons aujourd’hui, et qui illustre selon nous chacune des étapes de cette journée de la colère cheminote.
Le 15 avril 2023 dernier était organisé à la Parole Errante, le Festival des 30 ans de Fréquence Paris Plurielle. Lors de cet événement nous avons pu organiser plusieurs plateaux radio dans l’après midi et l’un d’eux concernait la lutte contre la réforme des retraites.
Nous vous proposons donc d’écouter cette émission d’ une heure et trente minutes, réalisée en direct et en public. Vous pourrez entendre les travailleurs grévistes du technicentre de Châtillon, des travailleurs des déchets de Ivry, et des lycéens de Hélène Boucher; en plus d’un certains nombres de reportages réalisés par notre collectif. Ce fut l occasion pour chacun de revenir sur la mobilisation et les modalités qu’elles ont prises depuis le début de ce mouvement, et d’aborder les perspectives de celui ci.
En promulguant la loi sur les retraites quelques heures après sa validation par le Conseil constitutionnel, puis en s’adressant aux Français dès ce lundi soir, Emmanuel Macron souhaite liquider la mobilisation contre sa réforme. Mais tourner la page semble impossible quand 64 % des Français disent souhaiter la poursuite du mouvement. Des actions, des grèves et des manifestations continuent en attendant un 1er mai dont la force déterminera en grande partie la suite de la contestation.
Dans l’émission de ce jour, nous allons voir, quelle suite donner à ce mouvement. En plateau, nous serons en compagnie de Tameris, étudiante à paris 3 et membre de la coordination nationale étudiante qui nous parlera de la mobilisation estudiantine. Nous rejoindra par téléphone, une salariée d’une école de travail social et en studio, nous serons avec des membres de la coordination contre la répression des violences policières.
Dans cette émission vous pourrez entendre un reportage réalisé dans la manifestation du 13 avril 2023. Cette manifestation prenait place la veille du rendu de décision du conseil constitutionnel. Le lendemain, ce même conseil avalisera la loi gouvernementale sur les retraites, à l’exception de 6 dispositions, la jugeant conforme à la constitution. A noter que le soir-même du rendu de décision du conseil constitutionnel, Macron promulguait la loi sans plus attendre. La même nuit, plusieurs manifestations et rassemblements spontanés éclataient dans différentes villes du pays, les manifestants refusant une loi injuste et perçue comme illégitime d’un président autoritaire. A Paris, au moins 150 personnes ont été arrêtées et mises en garde à vue par la police.
Le mercredi 5 avril 2023, au Cirque électrique (Paris 20e), le Réseau éco syndicaliste organisait une soirée festive de solidarité aux salariés des déchets. Le réseau écosyndicaliste a été créé en décembre 2021 sur la base d’un appel lancé par plus d’une centaine de militants syndicaux de différents métiers et confédérations. Lors de cette soirée de nombreux membres de ce réseau, des salariés des déchets, des soutiens, une chercheuse travaillant sur la question des déchets (ici comme outils de lutte et de manifestation), mais aussi des personnes militant contre les violences policières et la répression d’État (avocat, membres du collectif Désarmons-les)*, ont pris la parole.
Un peu plus de 1000 euros ont été collecté à cette occasion, pour être reversé à la caisse de solidarité de la CGT le 14 avril. Ce moment de rencontre avait pour but également de lancer un réseau de solidarité pour les mobilisations en cours (la contre-réforme des retraites donc), et au-delà. Nous vous diffusons donc aujourd’hui une partie des prises de paroles réalisées lors de cette soirée, précédé d’un interview de présentation du réseau par un de ces membre.
L’APPEL POUR UN RESEAU ECO SYNDICALISTE :
” Chaque jour les effets du « dérèglement climatique » sont de plus en plus visibles notamment avec la multiplication des catastrophes environnementales. Ils s’ajoutent à l’épuisement progressif des ressources naturelles, aux pollutions de toutes natures, à l’affaiblissement de la biodiversité et à la dénaturation des équilibres au sein des écosystèmes. L’Humanité qui a longtemps pensé pouvoir régenter ces équilibres soumet les conditions de la vie sur la planète à des dégradations irréversibles, aux effets désastreux, y compris favoriser l’épidémie de Covid et ses conséquences sanitaires, sociales et économiques.
Une telle situation n’a rien d’une fatalité liée à une nature humaine intrinsèquement destructrice. Elle résulte en grande partie du modèle de production « industrialisation-financiarisation-mondialisation » capitaliste. Une poignée de possédant.es ou de trusts s’approprient de plus en plus de moyens de production et d’échange, les délocalisent, s’accaparent sans limites, ni contrôle les énergies fossiles et nucléaire, pillent et gâchent les ressources naturelles. Iels continuent d’opposer à la dénonciation des crises structurelles du capitalisme, le mythe du progrès, comme croissance « infinie » des productions et des technosciences, en fonction du profit maximal attendu au lieu de leur utilité sociale et écologique. Cette course aux profits passe par l’oppression des peuples autochtones et de leur mode de vie, par la régression sociale, par l’exploitation de plus en plus violente des travailleurs -ses condamné.es à perdre leur vie à mal la gagner et réduit.es à une consommation « de masse » dictée par les médias et les pouvoirs au service des multinationales.
Des résistances à ce système productiviste et extractiviste se développent : luttes populaires pour la préservation des terres et des forêts, mouvements pour la « justice environnementale », ZAD et JAD (Jardins à défendre), lutte éco-féministes, gilets jaunes… Ces mobilisations impliquent souvent les plus exploité.es et dominé.es, qui subissent le plus la dégradation environnementale : peuples des pays pauvres, jeunes, précaires, femmes, populations racisées subissant les séquelles du colonialisme et du racisme. Elles se fondent aussi sur l’auto-organisation des opprimé.es, montrant leur potentiel émancipateur et défiant des pouvoirs en place de plus en plus autoritaire (comme la 5e République en France). Car aujourd’hui la politique de plus en plus brutale et cynique des gouvernements capitalistes ne peut s’imposer que par le recours à des méthodes de plus en plus répressives. Mais si ces mobilisations permettent localement de préserver et se réapproprier le cadre de vie, et si elles commencent à se coordonner, elles ne permettent pas, à elles seules de s’attaquer au cœur économique du système et font encore trop souvent abstraction des problématiques sociales.
Le syndicalisme est plus ancré sur les lieux de travail. Depuis ses origines il pose la question de l’expropriation des grands groupes capitalistes et de la gestion démocratique de la production par la population, par les assemblées de travailleur.es, pour produire de façon organisée, rationnelle et planifiée en fonction des seuls besoins populaires et de l’économie de la ressource. Les grandes luttes syndicales et les épisodes révolutionnaires, comme la Commune de Paris, ont permis d’indéniables avancées. Mais le syndicalisme aussi connaît des difficultés : il s’est en partie intégré à l’ordre social, il s’est bureaucratisé et beaucoup de ses responsables ont renoncé à transformer en profondeur la société.
C’est dans les entreprises que nous devons affronter les conséquences du productivisme : amiante, pollution chimique, air pollué, ondes électromagnétiques, énergie nucléaire…Ce sont d’abord les ouvrier·es qui meurent des cancers professionnels liés aux produits chimiques… Pourtant même quand il n’élude pas délibérément les évolutions rendues indispensables par les urgences écologiques (nucléaire, chimie, transport…), le syndicalisme a du mal à intégrer les réponses environnementales dans ses revendications. Il a aussi largement perdu le contact avec les travailleur.es les plus pauvres et les plus précaires. Pour autant, lui aussi est traversé par des évolutions encourageantes : l’apparition régulière de structures d’auto-organisation des luttes, d’AG de base souveraines qui se coordonnent, qui organisent la solidarité collective. Les exemples abondent dans les mobilisations de ces dernières années, jusqu’à l’apparition de grèves dans des entreprises employant massivement des jeunes, des précaires et des femmes (luttes d’Ibis Batignolles, de Chronodrive, du nettoyage à Jussieu, des travailleurs -ses saisonnier.es…).
Ces mouvements sur la fin du monde et la fin du mois seront de plus en plus appelés à converger dans une même lutte anticapitaliste. Ils sont porteurs d’une même remise en cause de la société, d’une même exigence de réponses à la crise écologique et ils concernent en premier lieu les mêmes secteurs de la population : le monde du travail, et en particulier ses parties les plus fragilisées dans le système actuel (chômeurs·ses, précaires, intérimaires, travailleur·ses exilé·es…), les jeunes, les femmes… Iels ont le même refus du repli sur les comportements individuels, des manœuvres de récupération de prétendant.es au pouvoir ou de toute réponse technocratique et institutionnelle… qui se situerait dans le cadre du système (capitalisme vert, green washing, « Green deal », croissance verte…).
Pour favoriser ces convergences, nous appelons à constituer un réseau « éco-syndicaliste ».
Pas pour fonder une nouvelle structure, mais au contraire pour irriguer de nos réflexions et expériences les organisations existantes. Nous souhaitons, par delà nos différences et divergences, dans le respect de notre diversité et sans hégémonisme, pouvoir confronter nos expériences et pratiques militantes, élaborer des réponses, selon les axes ci dessous, qui peuvent être précisés ou complétés :
-En commençant par soutenir et faire connaître les expériences de convergences existantes, fondées sur l’auto-organisation, comme récemment, à la raffinerie de Grandpuits, la lutte syndicale pour l’emploi dirigée par une AG de travailleur.es en grève reconductible, rejointe par des associations écologistes, pour porter un projet écologique et social opposé à celui de Total.
-En ayant l’objectif de faire converger le plus possible les mobilisations éco-syndicalistes, mais aussi les luttes éco-féministes, des jeunes et associations pour le climat, des travailleurs qui reprennent en autogestion leur outil de travail, du mouvement coopératif….
-En explorant avec les travailleurs -ses et les syndicats concernés et avec les associations de défense de l’environnement et les usagers, les débouchés éco-syndicalistes des luttes des secteurs directement impactés par les questions écologiques. Il en est ainsi des centaines de milliers de travailleurs -ses des déchets, du nettoyage, du BTP, des usines Seveso, de l’énergie, de l’agro alimentaire, des transports…
-Et faisant soutenir et étendre ces mobilisations par les syndicats et associations qui n’en sont pas encore partie prenante, en veillant à ce que les déclarations d’intention comme « plus jamais ça », impliquent un travail de convergence dès le niveau local, avec les habitant.es, sur des objectif précis.
– En osant débattre de nos différences sur le nucléaire, la croissance, la reconversion écologique, la taxe carbone, les nouvelles formes de luttes issues de la désobéissance civile, le revenu garanti, le protectionnisme et les normes sociales et environnementales à imposer, sans préalables, mais avec la volonté de trouver des solutions nouvelles et adaptées à la crise du productivisme et de l’État providence. Nous devons nous saisir de ces perspectives pour en finir avec la culture productiviste.
-En rendant accessibles et en popularisant des outils pour promouvoir l’éco-syndicalisme, comme les diagnostics d’impact environnemental et des outils de formation (modules, podcasts, stages…), à la réalisation desquels seront associé.es des travailleurs·ses de l’éducation populaire, de l’éducation nationale, des associations de défense de l’environnement, du mouvement coopératif et mutualiste……”
À quelques jours de la nouvelle journée d’action intersyndicale, nous vous proposons un tour d’horizon des mobilisations.
Nous irons du côté de La Baule en compagnie de Sophie, qui nous parlera de la garden-party chez les potes à Macron qui se tenait le 8 avril 2023. Ensuite, nous reviendrons dans les Hauts-de-Seine avec Cécile, sur les actions de l’AG interpro du 92.
Nous poursuivrons dans l’Essonne, où depuis le jeudi 30 mars, les salariés du SIVOM (Syndicat Intercommunal de Valorisation des Ordures Ménagères) de Varennes-Jarcy (80 % des personnels techniques) à l’appel de leurs Organisations Syndicales, se sont mis en grève pour une augmentation générale des salaires (ils revendiquent 9 % d’augmentation), une amélioration de leurs conditions de travail et le retrait de la contre-réforme des retraites.
Le SIVOM, entreprise qui s’occupe de la collecte et du traitement des déchets ménagers, la collecte et le traitement des encombrants, le nettoyage des voies et espaces publics, le déneigement, couvre une quinzaine de communes réparties dans le 77, 91 et 94.C’est Nathalie, salariée du site, qui nous parle de la gréve.
Nous terminerons cette émission, avec Karim, de la CGT ÉNERGIE OUEST IDF, qui nous fera le récit des mobilisations dans son secteur.
Pour soutenir les grévistes du site de Varennes-Jarcy
Dans cette émission nous vous diffusons plusieurs reportages autour de la mobilisation contre la réforme des retraites. Tout d’abord, vous pourrez entendre des interviews réalisées le Mardi 04 Avril sur le point de blocage de la Tiru d’Issy les moulineaux ( incinérateur de déchets). Ensuite, nous vous diffusons un reportage réalisé lors de la manifestation du 06 avril 2023 dans les rues de Paris, qui partait de la place des Invalides et en direction de la place d’Italie.
Pour finir cette émission nous vous diffusons deux prises de sons prises lors du Quadra apéro organisé par la quadrature du net. Les quadr’apéros ont lieu tous les mois (ou presque). Ils sont l’occasion de discussions informelles d’une part et de discussions plus sérieuses sur les différents thèmes d’importance et les différentes actions et campagnes en cours.
Les mobilisations contre la réforme des retraites se poursuivent. Fin de semaine dernière, dans le Val-d’Oise, des manifestations se sont tenues notamment à Argenteuil, Enghien, Deuil-la-Barre…
Jeudi 30 mars 2023, un rassemblement se tenait à Garges à l’appel de l’intersyndicale du Val-d’Oise en vue de la venue de la première ministre et de la présidente de la région Île-de-France pour l’inauguration du centre culturel dédié aux arts numériques le cube Garges
À cette occasion, l’actualité des luttes fut présente et nous vous proposons le reportage réalisé ce 30 mars, avec l’intervention de syndicalistes, d’un habitant du département et d’enseignantes et enseignants dénonçant cette réforme des retraites et le manque de moyen pour les écoles.
La fin de la trêve hivernale des expulsions et des coupures d’énergie, dans le contexte de dégradation de la situation sociale des locataires, confrontés à la hausse des charges, des loyers, des prix de l’énergie et de l’inflation sur les produits alimentaires de base, s’annonce particulièrement brutale cette année.
D’autant plus que : Les mesures répressives prévues dans la loi KASBARIAN-BERGÉ, dont la 2e lecture à l’Assemblée s’est achevée dans la nuit du 29-30 mars, à l’encontre des locataires en difficulté et des sans-logis qui occupent un local vacant pour se protéger de la rue, en dépit de l’aggravation de la crise du logement, constituent un effarant et injustifié durcissement social.
Dans ce contexte, et dans le cadre du Housing day en Europe, la plateforme logement pour toutes et tous organisait une manifestation qui partait de la Place de la Bastille ce samedi 1er avril 2023. Dans ce reportage, nous entendrons la prise de parole de Jean-baptiste Eyraud, porte-parole de droit au logement, sur la situation du mal logement et un entretien réalisé avec monsieur Bakary, suite à la demande de condamnation par le gestionnaire ADOMA de 118 résidents du foyer de Boulogne-Billancourt et menacés d’expulsion.
Nous terminerons cette émission, par le reportage réalisé le 31 mars 2023 lors de la soirée festive de soutien a l’interpro du 92 au lycée autogéré de paris. Nous entendrons notamment les interventions d’un cheminot du technicentre de Châtillon, d’enseignant du LAP et de conducteur du centre bus de Malakoff et d’une salariée du théâtre de Bagneux.
Cette émission se propose de réfléchir à la présence du jury populaire dans les cours d’assises de justice et à son éviction depuis le 1er janvier 2023. En effet, sans grand bruit, la loi de programmation de la justice de 2019, a aboli le jury populaire des cours d’assises. Suite à une expérimentation de trois ans, dans 15 départements, la cour criminelle départementale composée exclusivement de magistrats professionnels a été généralisée.
Elle est compétente pour juger des personnes majeures accusées d’un crime puni de 15 ou 20 ans de réclusion lorsque l’état de récidive légale n’est pas retenu. Elle est composée de cinq magistrats professionnels. Le jury populaire demeure cependant en appel. La justice est donnée en principe au nom du peuple, les jurés en étaient l’émanation et l’illusion. La délégation de pouvoir s’immisce dans tous les interstices de la vie publique, jusque dans les tribunaux.
Loin de penser que les jurés populaires rendaient forcément une justice plus clairvoyante, leurs disparitions dégradent toujours plus son exercice et pose de nombreuses questions. Nous tenterons d’y répondre avec Benjamin FIORINI qui mène une campagne pour contester la suppression des jurés populaires.
Bien sûr, tout le monde ne pouvait pas être désigné comme juré ; ainsi celles et ceux qui n’étaient pas inscrits sur les listes électorales et qui avaient un casier judiciaire en étaient exclus. La liste des prétendants, profession à l’appui, passait devant un tas de commissions qui pratiquaient un écrémage social bien-pensant. Pour des raisons d’économie budgétaires et pour priver le peuple de tout exercice de pouvoir, l’État avait déjà réduit au fil du temps le nombre des jurés dans les cours d’assise et donc leur possible influence, de 12, ils étaient passés à 9, puis à 6 avant de disparaître complètement sans que ça fasse grand bruit.
Bien sur les jurée débarquaient dans un univers qu’ils ne connaissent pas, avec son fonctionnement, son vocabulaire, ses rituels, son apparat, le code pénal qu’ils n’avaient pas lu. Difficile dans ce contexte de peser le pour et le contre, de ne pas se faire influencer ou manipuler par les juges professionnels. Ils n’avaient pas accès au dossier d’instruction, les débats étaient oraux menés par le président qui les dirige en « son honneur et sa conscience ».
Mais est ce que les juges professionnels font mieux ? venant de la bourgeoisie ils défendent leurs intérêts et en premier lieu la propriété privée. La séparation, le mépris, l’ignorance désignent la grande majorité des personnes qui leur est présentée comme des ennemis, des monstres qu il faut éradiquer. Les délais pour juger un dossier sont de plus en plus court. La sentence de plus en plus lourde comme si les années de prison n’avaient aucun poids, étaient devenues une abstraction sans conséquence. L’absence de jury populaire lors des jugements aura au moins l’avantage d’éclaircir les choses, nous avons bel et bien affaire à une justice de classe.
Préservation du jury populaire de cour d’assises – Abandon des cours criminelles départementales
Héritage de la Révolution de 1789, le jury populaire de cour d’assises, symbole éclatant de la démocratie en matière judiciaire, doit être défendu et préservé. Il est pourtant menacé par la généralisation des cours criminelles départementales (CCD) fixée au 1er janvier 2023, puisque ces nouvelles juridictions, exclusivement composées de magistrats professionnels (cinq au total), remplaceront le jury populaire dans 57 % des affaires qui lui revenaient jusqu’alors. La participation citoyenne à la justice criminelle deviendra ainsi minoritaire, ce qui constitue un recul démocratique sans précédent pour notre pays.
Plusieurs raisons essentielles justifient la préservation du jury populaire. Tout d’abord, le jury est un outil politique au service de la liberté, car dans l’hypothèse où la justice deviendrait inique, il permettrait aux citoyens d’endiguer les excès judiciaires.
Ensuite, le jury est un vecteur d’humanité, puisque sa participation repose sur le principe d’oralité des débats, qui oblige les acteurs du procès à faire montre de pédagogie pour expliquer aux jurés les circonstances de l’espèce et ses implications juridiques, ce qui génère un effet cathartique dont les bienfaits dépassent les enjeux strictement juridiques du procès et participent à la reconstruction du lien social.
Enfin, le jury représente est un instrument au service de la citoyenneté. Comme l’écrivait Alexis de Tocqueville dans son ouvrage De la démocratie en Amérique, le jury « sert à donner à l’esprit de tous les citoyens une partie des habitudes de l’esprit des juges ; et ces habitudes sont précisément celles qui préparent le mieux le peuple à être libre ». De ce point de vue, la participation des jurés à la justice criminelle constitue une expérience démocratique qui modifie leur place en tant que citoyen. À l’heure où le rapport conclusif des États généraux de la justice plaide pour un rapprochement des citoyens et de leur justice, réduire l’un des derniers espaces de démocratie participative en matière judiciaire semble particulièrement malvenu.
En outre, même en quittant le terrain des principes, les premiers retours d’expériences des cours criminelles départementales sont calamiteux. En résumé, les promoteurs des CCD visaient trois objectifs : dé-correctionnaliser (notamment en évitant que des viols soient requalifiés en agressions sexuelles), gagner du temps et faire des économies). Or, le rapport du comité d’évaluation et de suivi de la cour criminelle départementales, daté d’octobre 2022, révèle qu’aucune de ces promesses n’est tenue.
Premièrement, aucune dé-correctionnalisation n’a pu être mesurée. Il s’agissait pourtant du principal pilier de la réforme.
Deuxièmement, le délai d’audiencement de 6 mois fixé par la loi devant les CCD départementales est intenable – même au prix d’un surinvestissement supplémentaire des magistrats et des greffiers, dont la surcharge actuelle de travail est déjà connu –, ce qui amène le comité à suggérer le rehaussement de ce délai à 9 mois. Cela le rapprocherait du délai d’audiencement prévu aux assises, questionnant subséquemment l’utilité des CCD. En outre, le comité constate que le taux d’appel des arrêts des CCD (21%) est plus important que celui des arrêts d’assises pour les mêmes affaires (15%) – même si cet écart pourrait légèrement diminuer en raison de désistements tardifs. Ce taux d’appel supérieur, qui révèle une insatisfaction quant au déroulement des audiences, est coûteux en termes financiers et provoque un allongement des délais préjudiciable aussi bien aux accusés qu’aux parties civiles.
Troisièmement, le comité n’a pas été en mesure de vérifier les éventuelles économies engendrées par les CCD, celles-ci produisant de nombreuses externalités négatives sur le plan financier (augmentation du taux d’appel ; mobilisation magistrats assesseurs supplémentaires qui perdront du temps sur leurs fonctions principales civiles ou pénales ; nécessité impérieuse de renforcer les effectifs de magistrats et de greffiers, tout en réalisant des investissements immobiliers pour que le fonctionnement pratique des CCD soit viable, etc.). Le rapport indique même que le renforcement des moyens humains dans les juridictions est « indispensable » à la généralisation des CCD. Dans la mesure où il est impossible que ce renfort soit intervenu d’ici le 1er janvier 2023, cette recommandation du comité invite, sans le dire frontalement, à renoncer à leur généralisation.
En plus de constituer un scandale sur le plan démocratique, la généralisation des CCD et l’effacement du jury populaire sont donc une aberration sur le plan pratique. CCD est à la fois l’acronyme d’un « Crime Contre la Démocratie » et d’une « Chimère Coûteuse et Décevante ».
Il convient donc de préserver le jury populaire en supprimant les dispositions législatives prévoyant la compétence des CCD, à savoir les articles 181-1, 181-2, 380-16, 380-17, 380-18, 380-19, 380-20, 380-21, 380-22 et 888-1 du code de procédure pénale.
Le 28 mars 2023 se tenait au techni-centre près de gare de Lyon, un rassemblement à 11 h, juste avant la grande manifestation intersyndicale.
Ce rassemblement était organisé à la fois contre la réforme des retraite mais également pour protester contre la répression qui avait éborgné Sébastien, un cheminot qui travaille dans ce centre, lors de la précédente manifestation. Plus de 500 personnes, principalement cheminotes, ont traversées les voix pour écouter des représentants de SUD, la CGT, même l’UNSA et ses camarades de combat. Le communiqué des amis de Serge, camarade dans le coma suite à la manifestation de Sainte-Soline contre l’accaparement de l’eau par l’industrie agro-alimentaire.
Ensuite vous pourrez écouter la lettre d’Agathe pour Seb et la nécessaire extension de la grève.
La lettre de la famille et les amis de Serge, et de la mère de Mickaël.
Un témoignage d’une manifestante qui revient de Sainte-Soline.
27 mars 2023-03-28
Bonsoir à tous. Je m’appelle Agathe, je bosse comme ouvrière en logistique au technicentre SNCF de Châtillon, où nous sommes en grève continue contre la réforme des retraites. J’interviens ici en tant que gréviste et aussi militante CGT et militante Lutte Ouvrière. Je vais être brève. Je tiens d’abord, bien sûr, comme tous nos camarades, à exprimer ma solidarité à Sébastien, à sa famille, à ses collègues. Il s’agit d’un militant ouvrier victime de la répression policière alors qu’il manifestait avec des centaines de milliers d’autres.
Sébastien a été victime comme d’autres d’une politique délibérée du gouvernement. Depuis l’usage du 49.3, on a tous senti que le gouvernement a passé un cran dans la répression. Macron et Darmanin tentent de nous faire peur et de mater ainsi la contestation sociale. Le pouvoir avait déjà procédé de cette façon contre les gilets jaunes il y a quelques années. Cette fois-ci, ils s’en prennent aux grévistes. Les policiers, cette bande de voyous, depuis plusieurs jours, ont carte blanche pour tabasser les manifestants, les mutiler en utilisant des armes de guerre, les arrêter sous le moindre prétexte, les insulter et les menacer.
Même quand on ne l’a pas vécu soi-même, on a tous vu les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux et sur les télévisions. Cette violence du pouvoir, dont Sébastien a été la victime, a pour but de nous intimider. Macron voudrait nous faire taire à coups de matraques, de grenades, de gaz lacrymo ou de garde à vue. Avec les réquisitions aussi, il voudrait nous voler notre droit de grève et nous faire travailler de force. Si le pouvoir use de ces méthodes brutales, c’est qu’il est en difficulté.
Après deux mois, le mouvement de grève contre sa réforme antiouvrière se poursuit et il a même connu un second souffle depuis le 49.3 et les provocations de Macron. Partout, les cortèges de travailleurs du privé comme du public et ont été énorme et jeudi dernier, comme aujourd’hui, ont montré l’entrée de plus en plus massive de la jeunesse dans le mouvement. Et tout l’arsenal antiouvrier, antidémocratique du gouvernement se retourne contre lui : il décide de nouveaux bataillons à entrer dans la lutte en plus de ceux qui étaient déjà à poursuivre la mobilisation.
Actuellement, les médias nous inondent de poubelles cramées, de vitrines cassées destinées à discréditer le mouvement. Mais la hantise des possédants n’est pas dans le feu de quelques poubelles et de mobilier urbain. Leur crainte, c’est que notre grève se généralise. Notre force, elle est actuellement dans la grève des éboueurs, dans la grève des raffineurs, des électriciens, dans la grève des cheminots, des dockers et nous l’espérerons demain de l’automobile, de la chimie, de la grande distribution et bien d’autres secteurs.
Quand on fait grève, ça se voit : les poubelles débordent dans les beaux quartiers des richards. Pas de kérozène, c’est pas d’avion pour les paradis fiscaux, c’est pas de TGV pour Biarritz… et surtout en cas de grève, plus de profit. La hantise du patronat, c’est que notre grève se généralise. Si elle s’étend, comme en 1936 ou mai 68, elle pourra imposer non seulement le retrait de la réforme, mais aussi imposer l’augmentation des salaires en fonction des prix, l’embauche massive et la répartition du travail entre tous.
Tout ce qu’on nous dit utopique aujourd’hui sera possible parce que, ce sera la panique du côté des Bolloré, des Bernard Arnault, des milliardaires du CAC40. Aujourd’hui et demain, notre force la plus radicale et la plus efficace : c’est la grève ! Le gouvernement mise sur la répression. Mais il ne peut pas mettre un bataillon de CRS devant chaque entreprise. Il ne peut pas remplacer par les flics chacun de nous sur nos postes de travail. Alors la meilleure solidarité qu’on peut apporter à Sébastien, c’est de continuer le mouvement et l’amplifier jusqu’à la victoire.
COMMUNIQUE des parents de SERGE
Notre fils Serge est actuellement hospitalisé avec un “pronostic vital engagé”, suite à la blessure occasionnée par une grenade GM2L, lors de la manifestation du 25 mars 2023 organisée à Sainte-Soline (79) contre les projets de bassines irrigantes.
Nous avons porté plainte pour tentative de meurtre, entrave volontaire à l’arrivée des secours ; et pour violation du secret professionnel dans le cadre d’une enquête de police, et détournement d’informations contenues dans un fichier de leur finalité.
Suite aux différents articles parus dans la presse, dont beaucoup sont inexacts ou mensongers, nous tenons à faire savoir que :
– Oui, Serge est fiché “S” – comme des milliers de militants dans la France d’aujourd’hui.
– Oui, Serge a eu des problèmes judiciaires – comme la plupart des gens qui se battent contre l’ordre établi.
– Oui, Serge a participé à de nombreux rassemblements anticapitalistes – comme des millions de jeunes dans le monde qui pensent qu’une bonne révolution ne serait pas de trop, et comme les millions de travailleurs en lutte actuellement contre la réforme des retraites en France.
Nous considérons qu’il ne s’agit là nullement d’actes délictueux qui saliraient notre fils, mais que ces actes sont au contraire tout à son honneur.
Les parents de Serge Le Mercredi 29 mars 2023
*************
Après Sainte-Soline : deux plaintes déposées par la famille de Serge. pour tentative de meurtre et entrave aux secours
mercredi 29 mars 2023
Après Sainte-Soline : deux plaintes déposées par la famille de S. pour tentative de meurtre et entrave aux secours
Après la mobilisation à Sainte-Soline ce samedi 25 mars, émaillée de graves violences policières qui ont occasionné plus de 200 blessures, deux manifestants, S. et M. sont toujours entre la vie et la mort.
La famille de S. a déposé 2 plaintes : la première pour tentative de meurtre et entrave aux secours ; et la deuxième pour violation du secret professionnel dans le cadre de l’enquête et détournement de l’objet de la consultation des fichiers pour un objectif autre.
En effet la police a honteusement fait fuiter mardi 28 dans la presse un profil de S. et des éléments confidentiels de l’enquête dans l’unique but de faire diversion et camoufler ses exactions – une manœuvre non seulement indigne mais aussi illégale qui mérite d’être sanctionnée.
La plainte pour tentative de meurtre et entrave aux secours a été enregistrée. Le procureur de Rennes a ainsi saisi l’IGGN d’une procédure pour violence de la part d’une personne dépositaire de l’autorité publique et non assistance à personne en péril. L’avocate Chloé Chalot demande la désignation d’un juge d’instruction en urgence pour faire toute la lumière de façon indépendante sur ces faits d’une extrême gravité.
Nous rappelons qu’il est désormais avéré que la préfecture et le ministère de l’intérieur ont menti au moins par quatre fois sur les événements du 25 mars :
– En affirmant n’avoir pas entravé l’intervention du SAMU alors que de multiples témoignages et des enregistrements du SAMU publiés par Le Monde et Médiapart l’attestent
– En niant la réalité des armes de guerre employées, pourtant vérifiée par Checknews.
– En parlant d’usage légal de LBD avant de rétropédaler et de condamner des “bavures”
– En affirmant que 7 blessé-e-s étaient à déplorer parmi les manifestant-e-s qui en comptent et en attestent plus de 200.
Tous ces éléments démontrent largement la responsabilité grave des forces de l’ordre, la tentative de meurtre et l’entrave aux secours, et nous comptons sur cette plainte et cette enquête pour le prouver définitivement. L’ensemble des témoignages semblent concorder pour dire que S. a été victime de l’explosion d’une grenade GM2L
L’avocate des blessé-e-s est disponible pour répondre à vos questions sur les plaintes :
(nous contacter pour avoir son téléphone)
Nous vous demandons de ne pas chercher à contacter la famille sans leur accord et de passer par leur avocate. Merci de respecter leur souffrance et de les laisser choisir la façon dont ils veulent en parler.
Nous relayons ici un deuxième communiqué écrit par les proches de S.
Alors que notre camarade Serge se bat comme un lion pour garder la vie que l’État essaie de lui enlever, nous assistons à un nouveau déferlement de violences, cette fois-ci médiatiques, qui vise à faire de lui un homme qu’on peut légitimement abattre. Aujourd’hui, il est toujours dans le coma et son pronostic vital est toujours engagé. Notre solidarité va aussi à Mickaël et à toutes celles et ceux qui ont rencontré la violence de la police sur leur chemin.
Les mots du pouvoir d’état sont inlassablement répétés sur les plateaux des médias bourgeois pour construire l’ennemi qu’ils veulent combattre. Leur écran de fumée ne supportera pas les dizaines de récits qui sont venus recomposer le déroulement des faits. La gendarmerie a utilisé des grenades dans le but d’abîmer les manifestants et a orchestré la faillite de la prise en charge des secours, quitte à laisser mourir les camarades.
Les services de renseignements distribuent à tour de bras le dossier de Serge dans les rédactions dans le but d’imposer le prisme policier pour désigner ce que nous sommes. Nous ne nous amuserons pas ici à démonter chacune des versions policières volontairement tronquées. Ça serait croire qu’une quelconque vérité à ce sujet puisse exister dans les arcanes des propagandes étatique et médiatique. Serge, en tant que militant révolutionnaire, participe depuis de nombreuses années de toute sa volonté aux différentes luttes de classe qui surgissent contre notre exploitation, toujours dans un souci d’élargissement, de renforcement et de victoires pour les prolétaires.
Parce que oui, nous ne pouvons pas nous résigner à l’écrasement.
Nous appelons toutes celles et ceux qui le connaissent à dire autour d’eux qui il est. Mais en se souvenant d’une chose : Serge, dans la lutte, refuse la stratégie du pouvoir de désigner les bons et les mauvais. Nous tenons, avec lui, cette ligne.
Mardi 28 mars, des gens d’un peu partout ont pris l’initiative de témoigner de leur solidarité au cœur du mouvement contre la réforme des retraites en France. Nous avons également reçu de nombreux messages de camarades d’autres pays. Nous les en remercions chaleureusement et les invitons à poursuivre et renforcer la lutte. D’autres initiatives sont d’ores et déjà programmées et nous appelons les gens à les rejoindre et à les multiplier, sans modération, en France et dans le monde.
Nous appelons à diffuser massivement ce communiqué.
PS : de nombreuses rumeurs circulent sur l’état de santé de Serge. Ne les relayez pas. Nous vous tiendrons informés de l’évolution de la situation.
Je reviens de contrôle d’identité aller, réquisition du procureur.
Je reviens après avoir ôté mes protections, ce n’est plus envisageable de manifester sans.
Je reviens d’une manifestation où les observateurs de la Ligue des Droits de l’Homme ressemblent aux observateurs des droits fondamentaux dans des pays lointains, où ces droits sont bafoués quotidiennement.
Je reviens de ce territoire absurde où l’on peut masser 3 000 flics pour protéger un cratère pensé pour que quelques-uns s’accaparent l’eau de tous.
Je reviens d’un lieu où l’État montre son visage comme il le fait dans les banlieues ou dans les stades depuis belle lurette.
Je reviens de contrôle d’identité retour, réquisition d’un autre procureur, je ne suis plus, potentiellement mal intentionné, mais terroriste cette fois, moi le terrorisé par la débauche de violence à laquelle j’ai assisté.
Je reviens et tu ne reviens pas, et tu ne reviendras d’ailleurs peut-être pas.
« Reste avec nous. »
Il y a ton corps qui se convulse dans les bras des medics.
Il y a cette femme médecin qui appelle le SAMU au téléphone, SAMU qui ne vient pas car ta vie importe peu, visiblement.
Il y a ces médecins militaires, équipés, mais pas pour nous, qui sont à côté, de l’autre côté de la ligne. Des médecins pour prendre soin des sbires de l’État, du capital et du cratère. Ils finiront par arriver près de toi, peu avant le SMUR.
Reste avec nous disent toutes ces voix pour que tu te raccroches à la vie dans cet univers nécrophile.
Et je les entends car nous faisons un cordon autour de toi, d’eux, pour que les premiers secours ne soient pas troublés par la terreur alentour, les grenades qui pleuvent, les manifestants tranquilles apeurés par l’irruption des flics sur quad qui déboulent à revers sur la manif, pleins de grenades et de gaz, encore.
Parce que pour nous c’est la vie qui est à protéger.
Reste avec nous camarade
Je reviens et je n’ai pas été danser à Melle.
Je reviens et me pose quelques questions sur nos formes de lutte.
Je reviens en souhaitant que le respect du vivant soit intégré à celles-ci, à nos modes d’actions et que la nécrophilie de l’époque ne nous gagne pas, que le romantisme de l’émeute n’égare pas la jeunesse dans les bras de la police.
Parce qu’ils sont prêts à tout pour préserver les privilèges de quelques-uns, nous devons être prêts à tout pour protéger la vie, les nôtres, la tienne.
Reste avec nous camarade !
Que nos larmes ne remplissent pas leurs bassines !
Alors que le gouvernement tente de briser les grèves par des réquisitions, la résistance s’organise.
Le 24 mars dernier, à l’appel des grévistes de la raffinerie Total du Havre, un rassemblement a été organisé par la CGT locale et le réseau pour la grève générale, où une centaine de travailleurs et d’étudiants essentiellement franciliens se sont mobilisés pour apporter leur soutien non seulement à la grève de la raffinerie alimentant l’Île-de-France en fioul et en kérosène, mais aussi les grévistes face aux réquisitions.
Le réseau pour la grève générale est à l’origine une initiative parti d’une tribune dans le journal du dimanche à la veille de la manif du 31 janvier pour mettre la pression sur l’intersyndicale Une coordination de raffineurs de transporteurs publiques, étudiant-e-s, professeurs, énergéticiens visant à pousser à la grève générale.
Dans ce premier reportage, nous entendrons les interventions et les entretiens réalisés devant la raffinerie de Gonfreville prés Havre lors de l’assemblée générale du 24 mars dernier.
Depuis le 6 mars, le centre d’incinération des déchets (TIRU) d’Ivry est occupé par les grévistes, éboueurs et travailleurs de Suez, filiale d’EDF. Ce vendredi 24 mars 2023, la police a réquisitionnée des grévistes de Suez.
Dans cette seconde partie d’émission, nous vous proposons l’écoute du reportage réalisé ce lundi 27 mars 2023 au centre d’incinération des déchets (TIRU) d’Ivry. Nous entendrons l’entretien réalisé avec le secrétaire général du syndicat de la production de la région parisienne qui nous parle des suites de la réquisition et ensuite, nous entendrons les diverses prises de parole.
Le jeudi 23 mars 2023 était la 9 éme journée de mobilisation nationale appelé par l’intersyndicale dans cette mobilisation contre la réforme des retraites. C’était la première après le passage en force de la réforme avec l’utilisation de l’article 49-3. La journée a donc était rythmée par une diversité d’actions de blocages dans la matinée, et une manifestation au départ de bastille et en direction de la place de l’opéra, qui une fois dispersée s’est transformé en un ensemble de petites manifestations sauvages comme toute les nuits depuis l’annonce du passage en force de la réforme.
Dans la première partie de notre émission nous vous diffusons les reportages que nous avons pu réaliser le 23 mars. Tout d’abord, vous pourrez entendre un reportage au Techni-centre de Châtillon, en gréve sauvage. Ensuite, nous serons à la gare de Lyon avec un cheminot qui reviendra sur l’action d’envahissement des rails qui avait eu lieu dans la matinée. Enfin, vous entendrez l’interview d’ étudiants de l’université Panthéon-Assas en cortège lors de la manifestation de l’après midi.
Dans une seconde partie d’émission, nous vous diffusons un interview réaliser avec deux membres de l’ Assemblée Interprofessionnelle du Havre. Ce fut l’occasion pour nous de revenir sur l’ensemble de la mobilisation avec eux, et plus précisément sur le tournant qu’elle a pris depuis une semaine.
Nous terminons cette émission en lisant le communiqué des camarade de Rennes de S. blessé gravement ( pronostic vital engagé) à Sainte Soline lors de la mobilisation de ce week end contre les méga bassines :
” Samedi 26 mars à Sainte Soline, notre camarade S. a été atteint à la tête par une grenade explosive lors de la manifestation contre les bassines. Malgré son état d’urgence absolue, la préfecture a sciemment empêché les secours d’intervenir dans un premier temps et d’engager son transport dans une unité de soins adaptée dans un second temps. Il est actuellement en réanimation neurochirurgicale. Son pronostic vital est toujours engagé.
Le déferlement de violences que les manifestants ont subi a fait des centaines de blessés, avec plusieurs atteintes graves à l’intégrité physique comme l’annoncent les différents bilans disponibles. Les 30 000 manifestants étaient venus dans l’objectif de bloquer le chantier de la méga-bassine de Sainte-Soline, un projet d’accaparement de l’eau par une minorité au profit d’un modèle capitaliste qui n’a plus rien à défendre sinon la mort. La violence du bras armé de l’État démocratique en est la traduction la plus saillante.
Dans la séquence ouverte par le mouvement contre la réforme des retraites, la police mutile et tente d’assassiner pour empêcher le soulèvement, pour défendre la bourgeoisie et son monde. Rien n’entamera notre détermination à mettre fin à leur règne. Mardi 28 mars et les jours suivants, renforçons les grèves et les blocages, prenons les rues, pour S. et tous les blessés et les enfermés de nos mouvements.
Vive la révolution.
Des camarades du S.
PS : Si vous disposez d’informations concernant les circonstances des blessures infligées à S., contactez-nous à : s.informations@proton.me”
Dans cette émission de l’actualité des luttes, vous entendrez tout d’abord un reportage réalisé Place de la République le mardi 21 mars dernier, où les personnes venues sur place se sont ambiancées, réitérant malgré le rejet des motions de censure, leur refus de la loi gouvernementale. Dans un second temps, vous entendrez les interventions de syndicalistes, s’étant réunis samedi 18 mars, avec pour but une première réunion autour de la caisse de solidarité, vue comme un moyen de coordination entre différents secteurs et comités de grève, dans le but de reconduire et généraliser la grève reconductible.
Intervenants/secteurs : Info-com CGT, Mathieu de la CASVP, Sud commerce solidaire, un point de situation sur Grenoble, Catacombes de Paris.
Vous trouverez à cette adresse le formulaire pour contribuer si vous le souhaitez, à la caisse de grève solidaire : https://www.caisse-solidarite.fr/ Vous pourrez également trouver ici une carte de France des caisses de grève avec les liens correspondants vers chacune : https://caissedegreve.fr/
Le 16 mars 2023 le gouvernement annonce le passage de la réformes des retraites par l’utilisation du 49.3. Le 20 mars, les motions de censure du gouvernement sont rejetées. Pendant ce temps là, dans la rue, depuis le 16 des rassemblement et manifestations sauvages ont lieux dans toutes les rues de Paris et les blocages tiennent la gréve reconductibles jusqu’à la prochaine date de mobilisation appelée par l’intersyndicale : ce jour du 23 mars 2023 au départ de la place de Bastille et en direction d’Opéra.
Pour cette émission, nous choisissons donc de vous diffusez dans un premier temps : un reportage qui a été réalisé le 18 mars 2023 dernier, sur la Place d’Italie lors du rassemblement contre la réformes des retraites qui avait lieu là bas.
Ensuite, nous vous diffuserons un reportage réalisé le mardi 21 mars 2023 dernier à l’incinérateur d’Ivry bloqué et occupé 24h/24h depuis le 9 mars 2023.
Jeudi 16 mars 2023, pour la centième fois dans l’histoire de la Ve république, un gouvernement a choisi d’utiliser la procédure de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution afin de faire adopter une loi. En engageant sa responsabilité devant l’Assemblée nationale sur le projet de réforme des retraites, le gouvernement d’Élisabeth Borne Adopte cette démarche pour la 12e fois.
Cela marque un tournant dans la vie politique française : la fin du long règne du fétiche qu’est la Démocratie. Qu’est-ce la Démocratie quand, à coups de clownesques artifices réglementaires et carnavalesques « appels au dialogue social », la « représentation nationale » est muselée, les syndicats traînés dans la fange surie de mépris ; qu’est-ce donc que cette Démocratie, sinon la forme abstraite aux allures de fausseté revêtue par le tailleur même : le rapport-capital démasqué.
Dans l’émission de ce jour, nous serons en direct de nos studios afin d’effectuer le tour d’horizon des mobilisations contre l’adoption de cette réforme des retraites.
Nous débuterons avec une camarade de l’assemblée générale interpro du 93 qui nous parlera des diverses actions menées. On continue avec Saint-Nazaire. Ensuite, nous parlerons avec Agathe, du technicentre TGV de Châtillon, de leur départ en grève sauvage. Nous poursuivrons avec l’assemblée générale interpro du Mantois.
Nous terminerons cette émission, par la diffusion de deux reportages. Le premier réalisé le vendredi 17 mars 2023 sur l’action de blocage du périphérique au nord de Paris à la porte de Clichy. Ensuite, nous vous diffuserons un reportage réalisé le lundi 20 mars 2023 sur le blocage d’un rond-point routier au port de Gennevilliers.
Manifestation contre la réforme de retraites ce jeudi 23 mars à 14 h Parcours de la manifestation : Bastille – Boulevard Saint-Antoine – rue de Rivoli – Avenue de l’Opéra
Ce dimanche 19 mars 2023,au centre d’incinération d’Issy-les-Moulineaux, au 99 quai du président Roosevelt, se tenait dans le cadre du mouvement social contre la réforme des retraites, un piquet de grève.
Dans ce reportage, nous entendrons notamment des salarié-e-s de la Fnac venir soutenir le blocage et Fatiha sur la mobilisation des agent.e.s de la Filière ouvrière de la Direction de la propreté et de l’eau (DPE) (Ville de Paris) qui occupent le centre d’incinération d’Issy-les-Moulineaux.
Dans cette émission, vous entendrez dans un premier temps un reportage réalisé le lundi 13 mars au centre de collecte des déchets de Pizzorno Environnement situé à Vitry-sur-Seine (30 rue Berthie Albrecht), où se tient un piquet de grève dans le cadre du mouvement social pour le retrait de la réforme des retraites. La séquence est complétée par deux interviews réalisées le même jour, à l’incinérateur de déchets d’Issy-les-Moulineaux, qui était également bloqué.
En seconde partie d’émission, vous entendrez une interview de soignantes recueillies en manifestation, pour parler de leur conditions de travail, de la répressions envers une infirmière ayant voulu prioriser les soins d’un patient, et in fine de la dégradation du service public hospitalier. Le tout est complété par des extraits d’une émission diffusée sur Radio Canut le 28 février dernier, réalisée par Salomé Dzuilka, intitulée “Plus de Champagne pour Champagnole”. Vous y entendrez des témoignages de soignant.es ayant perdu leur poste suite à la fermeture suspensive de l’hôpital dans lequel ils et elles travaillaient.
“L’hôpital de Champagnole, situé dans le Jura, subit une fermeture suspensive depuis novembre 2022. Pour des raisons économiques et politiques, ce petit centre hospitalier est encore aujourd’hui à l’arrêt. Plus d’une vingtaine de soignants et soignantes ont perdu leurs postes et ont dû trouver des solutions pour rebondir. Abasourdies de cette volonté de fermer cet hôpital qui avait pourtant tout pour continuer à exister, Isabelle, Didier, Paola, Christelle et Stéphanie témoignent aujourd’hui de la violence politique, émotionnelle et psychologique qu’ils et elles ont subis.
Malheureusement le cas de Champagnole n’est pas isolé : en France, les choix politiques de ces dernières années ont montré une volonté de réduire le budget économique accordé au service hospitalier. Partout, mais principalement en milieu rural, la population se voit privé de services médicaux et est mise en danger.”
A l’occasion du mouvement social contre la réformes des retraites, nous avions pu rencontrer les lycéens d’Hélène Boucher lors de leur blocage le lundi 13 février 2023 (reportage diffusé dans l’émission du 17 février).
Dans la suite de cette mobilisation nous les avons retrouvés le mercredi 8 mars 2023 afin de prendre le temps de discuter avec eux de leur place dans le mouvement social et des raisons de leurs engagements.
En ces temps de mobilisation sociale, les rendez vous se multiplient. An effet dans l’émission d’aujourd’hui nous vous diffusons un ensemble de reportages réalisés sur la semaine du 6 mars. À l’occasion du 8 mars (Journée internationale de lutte pour les droits des femmes et minorités) l’AG féministe Paris – Banlieue a décidé d’organiser une marche de nuit en non mixité Meuf et Trans-Pédé-Gouine le 6 mars à Paris, dont nous vous diffusons une parties des prises de parole avant le départ de la manifestation. Ce montage est suivi d’un interview que nous avons effectué le 8 mars lors de la manifestation organisée pour la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes et minorités, avec une camarade ukrainienne sur le rôle des femmes dans la résistance.
Ensuite, nous vous diffuserons un reportage réalisé lors de la manifestation appelée par plusieurs organisations de jeunes étudiants et lycéens dans le cadre de cette semaine de gréve reconductible contre la réforme des retraite.
Pour finir, nous vous diffuserons un interview qui a été réalisé le même jour, 9 mars 2023, au Centre d’incinérateurs de déchets de Issy les moulineaux, site en gréve et occupé.
Nous commençons cette émission par l’action menée dans le secteur de l’énergie ce jeudi 9 mars 2023. En effet, des agents et des agentes du secteur du gaz et de l’électricité de la CGT MINES ÉNERGIE, ont coupé dans la matinée le courant du stade de France et du chantier du village olympique à Saint-Denis, L’action a privé d’énergie le village olympique, le quartier au niveau zone commerciale, des data centers et aussi le stade de France. Environ 300 agentes et agents étaient présent-e-s pour cette action. Et on commence ce reportage à l’espace Mandela, ou un électricien nous donnent quelques consignes avant l’action. Ensuite, nous poursuivrons le reportage sur le site près du chantier du village olympique à Saint-Denis.
En seconde partie d’émission, nous reviendrons sur l’assemblée générale de mobilisation contre la réforme des retraites, de l’assurance chômage et du RSA contre activité qui se tenait le 9 mars dernier à la bourse du travail de Paris.
LE TEXTE D’APPEL
Hors du dernier carré macroniste et des représentants “responsables” de la gauche et de la droite du capital, le mot d’ordre de l’intersyndicale « Mettre le pays à l’arrêt à partir du 7 mars » met tout le monde d’accord. Comme en 2019, la mobilisation contre la réforme des retraites renferme une contestation plus générale des effets sur nos vies du travail, contraint, souvent discontinu, et mal payé.
Qui a encore une « carrière complète » et sans interruption ? Qui veut ou peut encore, tout le long, travailler 40 heures par semaine, 47 semaines par an, pendant une quarantaine d’années ? De quel travail parle-t-on, et à quels droits ouvre-t-il ? Après 55 ans, près de la moitié des gens sont au chômage. Dans ces conditions, décaler de deux ans l’âge de départ à la retraite, ce sera prendre des bouts de boulot, ou sinon, s’arrêter avec une décote. Pour beaucoup, ce ne sera pas tant travailler deux années de plus qu’attendre deux ans de plus, coincés entre Pôle emploi, la CAF, et leurs logiques de contrôle et de sanction financière. Avant cela, pour une majorité de prolétaires, la précarité et l’irrégularité de l’emploi sont déjà la norme depuis longtemps. Le plein emploi précaire se nourrit de mises au pas, de radiations par Pôle emploi, et bien souvent de boulots de moins d’un mois, mal payés et n’ouvrant aucun droit. Si la réforme des retraites passait, il y aurait, selon les projections gouvernementales, 300 000 allocataires de plus (pension d’invalidité, ARE, ASS ou RSA), sans parler de celles et ceux qui n’auraient aucun droit deux ans de plus – du fait de la conjugalisation des ressources, entre autres.
Les salaires stagnent, les allocations de Pôle emploi sont sabordées par les réformes successives, et bientôt le RSA va être conditionné à une activité imposée à mi-temps. De 2019 à 2022, les réformes de l’assurance chômage ont déjà baissé considérablement les allocations et la durée d’indemnisation des chômeurs, tout en augmentant de 4 à 6 mois à temps plein le temps de cotisation nécessaire pour (r)ouvrir des droits. En parallèle, le contrôle a été renforcé, visant à rendre la vie au chômage intenable et à obliger ainsi les chômeurs à accepter n’importe quel travail, dans n’importe quelles conditions. Le versement du RSA tend, quant à lui, à être conditionné à une activité imposée de 15 à 20 h par semaine, sans droits et sans contrepartie : c’est la subordination, mais sans le salaire !
Autour de Paris, l’Eure et les Yvelines sont concernés. D’ici quelques jours, un quart des allocataires de l’Eure devront se mettre à disposition pendant 6 mois, pour de pseudo-formations, ou auprès de collectivités ou d’entreprises du département s’ils veulent continuer de recevoir une allocation. La Seine-Saint-Denis ne participe pas formellement à «l’expérimentation», pour s’en être désistée, mais elle se saisit de l’occasion pour essayer d’accroître la pression sur les allocataires, quand même.
La contrainte sur la (re)mise au travail se généralise C’est ce que montrent bien les usages politico-administratifs des « secteurs en tension » dans plusieurs domaines d’intervention publique – même si ceux-ci sont définis par les patrons, en fonction de difficultés de recrutements qu’ils croient pouvoir anticiper à six mois. À Pôle emploi, si le dernier contrat relève des secteurs en tension (bâtiment, restauration par exemple), nous sommes plus souvent contrôlés, plus souvent contraints de se rendre à de pseudo-recrutements collectifs, et plus souvent radiés. S’agissant de la régularisation des sans-papiers par le travail, le projet de loi Darmanin, s’il était adopté, la verrouillerait doublement, à savoir à une seule année – soit le temps des Jeux Olympiques – et aux métiers des secteurs en tension. Au service des patrons, au bon vouloir de la préfecture.
Les prix explosent, les expulsions vont être accélérées. Les difficultés pour se loger sont déjà massives, la part des loyers sur les revenus, et plus largement les charges contraintes, sont en accroissement constant. Dans ce contexte, le gouvernement a fait adopter la loi Kasbarian : les procédures d’expulsions seront accélérées et élargies, accompagnant la répression accrue sur l’occupation de logements vacants. Les prix explosent et vont continuer d’augmenter pendant plusieurs mois encore.
Face à cette situation, des collectifs s’organisent et passent à l’offensive dans plusieurs département. Quelle que soit notre situation actuelle, salariés plus ou moins précaires, avec ou sans papiers, ou bien au chômage, et quelles que soient les raisons pour lesquelles nous sommes au chômage, nous revendiquons d’avoir plus, sans condition, et pour toutes et tous!
Pour réfléchir ensemble à nos modes d’intervention dans le mouvement contre la réforme des retraites, contrer les réformes en cours et gagner de nouveaux droits dans ce moment de mobilisation massive Pour créer des espaces d’auto-organisation, trouver les moyens d’agir collectivement, contre l’atomisation, et contribuer à bloquer la machine capitaliste de mise au travail généralisée… agdu9mars@protonmail.com
À la veille d’une nouvelle journée de manifestation contre la réforme des retraites, alors que la colère et le rejet massif de cette réforme s’étend, nous poursuivons le suivi des actions et des mobilisations.
Hier, une action de gaziers et électriciens s’est faite sur le chantier et à l’alentour de la future cité olympique de Saint-Denis. Aujourd’hui, une mobilisation des agent.e.s de la Filière ouvrière de la DPE (Ville de Paris) qui occupent le centre d’incinération d’Issy-les-Moulineaux à l’appel de la CGT FTDNEEA au 99 quai du président Roosevelt, à Issy-les-Moulineaux.
Dans le direct de ce jour, nous sommes revenus avec un reportage sur l’action d’hier à Saint-Denis et par la suite, nous avons eu par téléphone un camarade de Saint-Nazaire pour les mobilisations en Loire-Atlantique. Dans la continuité, des salarie-e-s des transports en région parisienne et en fin d’émission Le récit d’une occupation d’usine produisant de la chaleur par le biais de déchets ménager.
En opposition à ce projet de réforme des retraites, l’unité des organisations syndicales a construit un mouvement social solide, déterminé, ancré dans le paysage social de tout le pays. Il révèle également l’inquiétude face à la désertification des territoires, le manque de services publics, les incertitudes en matière d’emploi, de salaires et de pouvoir d’achat.
En complément de ces manifestations, c’est plus d’un million de personnes qui ont signé et diffusent la pétition en ligne proposée par les organisations syndicales. Cette opposition à la réforme touche désormais toutes les strates de la population. Malgré cela, le gouvernement et le président de la République restent sourds et dégradent la cohésion sociale du pays en refusant toujours de retirer ce projet injuste.
L’équipe de l’actualité des luttes se trouvait dans la manifestation parisienne du 7 mars et dans l’émission de ce jour, nous entendrons les paroles de luttes de cheminotes et cheminots lors d’assemblée générale du matin à la gare du nord.
Ensuite, nous nous rendrons en ce début d’après-midi dans la manifestation ou nous entendrons entre-autre un gazier, un salarié de Géodis-calberson, des professeurs de Bagnolet…
En appel à la mobilisation du 7 mars 2023 contre la réforme des retraites, nous sommes aujourd’hui en direct afin d’effectuer un tour d’horizon de la mobilisation en cours. Dans un premier temps vous pourrez entendre un reportage réalisé lors de la manifestation aux flambeaux du vendredi 03 mars 2023 dans le 20 éme arrondissement de Paris. Puis, nous aurons Karim de CGT énergie ouest Ile-de-France; Fred du dépôt de bus de Lagny dans le 20eme arrondissement; et enfin, Fathia et son collègue de st Ouen sur la mobilisation aux incinérateurs de Paris.
Ce fut l’occasion de revenir sur l’état à cette date de la mobilisation, la nécessité et les besoins d’une gréve reconductible, et les différents rendez vous de la semaine.
En ce vendredi et avant de vous proposer pour les 15 jours à venir une sélection de nos émissions et vous retrouver pour de nouvelles émissions, le lundi 6 mars, nous vous proposons un panorama de différents reportages réalisé en ce mois de février.
Nous commencerons en nous rendant en Seine-Saint-Denis
Le collectif Stop Violences Policières à Saint-Denis souhaiter en effet mener une action forte en réponse à ces violences exercées sur les étudiant.e.s de l’Ehess (école des hautes études en science sociale) lors de leur garde à vue après une tentative de se rassembler en AG sur le campus Condorcet.
Le Collectif entend ainsi dénoncer ces faits et faire condamner les responsables qui sont déjà mêlés à d’autres affaires de violences sur le quartier.
Ce 4 février, un rassemblement non violent se tenait pour revendiquer l’arrêt immédiat de tout abus de pouvoir de la part des fonctionnaires en poste dans ce commissariat et la condamnation des faits qui leur sont reprochés.
Nous entendrons un entretien réalisé avec une membre de collectif stop violence policière saint Denis.
Nous poursuivrons avec la 4ᵉ mobilisation contre la réforme retraite à eu lieu le 11 février dernier, tout aussi massive que la précédente avec l’apport des salariés qui ne peuvent pas se mobiliser en semaine accompagnée de leurs familles.
Au cours de cette manifestation, nous avons pris le pouls de la mobilisation avec un agent de la RATP qui nous expliquera pourquoi la mobilisation ne prend pas dans le métro et le RER. Un salarié de Radio France qui par ailleurs nous expliquera la précarité sociale à la radio publique.
Un militant de la marche des solidarités qui nous expliquera le lien entre les différentes contre-réformes qui visent à précariser toutes les couches de la société et un étudiant qui dit pourquoi il se mobilise.
Dans le reportage qui suit, nous parlerons de la situation de l’association MaMaMa
Créé lors du premier confinement, l’association de lutte contre la précarité infantile MaMaMa devait quitter ses locaux situés à Saint-Denis, suite une décision du juge des référés du tribunal de Bobigny.
Une audience en référé, c’est tenu ce lundi 13 février 2023 et le résultat de ce référé donné le 15 février et que Le tribunal de Bobigny accorde à MaMaMa un an de délai ! L’indemnisation financière et l’expulsion immédiate demandées par Plaine CoDev sont rejetées.
Nous entendrons l’entretien réalisé avec une membre de l’association MaMaMa qui nous parle de leur relation avec la mairie de Saint-Denis.
Dans la dernière partie de cette émission, nous vous diffusons un reportage réalisé le lundi 13 février devant le lycée Hélène Boucher à Paris. Ce jour, l’AG des lycéens avait décidé de bloquer le lycée et les lycéens tiennent un piquet de grève. Nous sommes donc allés à leur rencontre afin de mieux comprendre de quelle manière ils se sentaient concernés par la réforme des retraites et quelle place ils voulaient avoir dans ce mouvement.
Aujourd’hui, nous consacrons une bonne partie de notre émission au blocage qu’ont fait les lycéens et lycéennes du lycée Hennaf de Bagnolet ; ils étaient nombreux à bloquer leur établissement ce lundi 6 février et ils savaient parfaitement pourquoi. Contre la réforme des retraites bien sur mais pas seulement.
À cette réforme de trop venait s’ajouter les conditions déplorables d’enseignement et le manque d’avenir pour cette jeunesse lourdement pénalisée par la Covid et parcours Sup, sans oublier la réforme des lycées professionnels et la surexploitation de leurs parents. En effet, dans ce lycée mixte du 93, délaissé par les pouvoirs publics, le niveau économique est faible.
Dans un deuxième temps, nous irons faire un tour du côté du Mantois ou les professeurs du collège Sully ont entamé une grève reconductible toute la semaine dernière.