Safyatou, Salif et Ilan

Aujourd’hui, nous vous diffusons l’enregistrement des prises de paroles de la réunion publique organisée le 04 février 2026 à la Fléche d’Or, dans l’affaire de violences policières concernant Safyatou, Salif et Ilan.

Dans la nuit du 13 avril 2023, le cityscoot sur lequel se trouvaient Safyatou, Salif et Ilan, a été percuté volontairement par un véhicule de police dans le 20e arrondissement de Paris, provoquant leur violente chute. Les 3 adolescents survivants et leurs familles souffrent encore aujourd’hui des multiples et sévères séquelles que laissent les violences policières subies cette nuit.

Après plusieurs mois de silence liés à la procédure judiciaire, une nouvelle étape s’ouvre : la décision de renvoi devant le tribunal correctionnel et la requalification des faits nous imposent de faire appel.

ROJAVA : la situation politique, militaire et geopolitique

Depuis le début de l’année, le Rojava fait face à une offensive éclair du gouvernement d’Al Charaa soutenu par la Turquie d’Erdogan, lui aussi islamiste, centralisateur et soutenu par les États-Unis de Donald Trump. 

Le vendredi 13 février 2026, le comité Rojava Paris organisait une conférence sur la situation politique, militaire et géopolitique du Rojava ( l’ouest du Kurdistan ou Kurdistan syrien).

Les comités Rojava sont des comités de soutien à la cause kurde. Ces derniers ont organisé des convois de solidarité, composés de jeunes ouest-européens, dont certains ont pu atteindre la frontière turco-syrienne.

Un accord a été signé par rapport à l’avenir de l’administration autonome, prévoyant son intégration progressive au fonctionnement syrien sur le plan militaire et politique, et certaines garanties des droits des kurdes.

Alors, que signifie cet accord ? Comment est-il déjà appliqué et comment va-t-il l’être à plus long terme ? En quoi cette guerre, s’inscrit-elle dans un contexte plus global de restructuration du Moyen-Orient par les forces impérialistes, et concerne donc tous les peuples de la région ?

Autant de questions qui furent abordées lors de cette réunion d’information, le 13 février 2026, au siège du CDK-F à Paris.

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute des interventions issue de cette rencontre

Cette offensive centralisatrice de Damas est la 3ᵉ contre ses minorités, après celle contre les Alaouites de la côte puis les Druzes au sud-ouest près de la frontière israélienne, provoquant sa réaction et l’occupation élargie de son territoire par Israël.

L’armée arabe syrienne (AAS) et les Forces démocratiques syriennes (FDS) se sont retirées dans des casernes militaires après plus d’un mois d’affrontements, remettant leurs positions aux forces de sécurité intérieure. Kobanê a été un foyer de tension dans les efforts du gouvernement de transition syrien pour prendre le contrôle des régions à majorité kurde du pays, qui sont administrativement, politiquement et militairement autonomes de Damas depuis 2012.

Manifestation – Justice pour El Hacen Diarra – Justice pour tou.te.s

En vue de la manifestation du 21 février prochain, nous vous diffusons aujourd’hui une partie des prises de paroles réalisée le mardi 10 février lors de l’assemblée générale qui avait lieu à la bourse du travail en vue de l’organisation de cette mobilisation.

Communiqué de presse :

LE 14 JANVIER 2026, LA POLICE A TUÉ EL HACEN DIARRA

Devant son foyer, dans le 20e arrondissement. Violemment interpellé.
Étranglé. L’autopsie révèle une fracture du cartilage thyroïde, des signes d’étranglement.

Aujourd’hui, les policiers responsables patrouillent toujours dans nos rues pour intimider les habitant·e·s et le ministre de l’Intérieur Nuñez a déclaré qu’il ne suspendrait pas les policiers. Seule notre mobilisation à tous et toutes pourra imposer la justice.

LE 20E ARRONDISSEMENT : ZONE D’IMPUNITÉ POLICIÈRE

Ce n’est pas la première fois que la police du 20eme tue, mutile, viole et humilie :

En 2007, Lamine Dieng est étouffé dans un fourgon de police, menotté avec 5 policiers sur son dos pendant 30 minutes. Comme El Hacen, Lamine criait qu’il ne pouvait pas respirer. Non-lieu. Aucun policier n’est
condamné !

Entre 2019 et 2020, cinq femmes et une mineure ont subi des agressions sexuelles au sein du commissariat du 20e. Si le policier a été condamné, sa peine a été réduite à du bracelet électronique pour qu’il puisse
“continuer son travail”.

En 2023, Safyatou, Salif et Ilan, 17, 13 et 14 ans sont renversés VOLONTAIREMENT par une voiture de police. Chacun d’entre eux a été gravement blessé et traumatisé, leurs rêves d’avenir brisés. 3 ans plus tard, toujours pas de justice. L’impunité est totale !

DANS NOS MÉMOIRES ET DANS NOS LUTTES

Ils s’appelaient Moussa Bradai (2002), Zyed Benna et Bouna Traoré (2005), Lamine Dieng (2007), Hakim Ajimi (2008), Ali Ziri (2009), Wissam El-Yamni (2012), Amine Bentounsi (2012), Babacar Gueye (2015), Adama Traoré (2016), Shaoyao Liu (2017), Brahim Moussa (2018), Gaye Camara (2018), Sabri Choubi (2020), Souheil El Khalfaoui (2021), Boubacar et Fadjigui (2022), Nahel Merzouk (2023), Alhoussein Camara (2023), Sulivan (2024)… et tant d’autres en France et dans les territoires colonisés.

De George Floyd à El Hacen Diarra, toujours le même cri : “Je ne peux pas respirer”. La même violence raciste d’État. Le même système d’impunité qui tue.

VIOLENCES POLICIÈRES, ÉTAT RACISTE

Il n’y a pas de “bavures” : c’est un système qui tue les personnes racisées, les immigrées, les plus précaires. La police est un instrument de soumission à l’ordre raciste : gardes à vue pour briser nos jeunes, amendes pour appauvrir, violences pour soumettre, contrôles au faciès pour humilier, rafles pour expulser.

Ce combat nous concerne tou·te·s, parce qu’une société qui tolère qu’on blesse et qu’on assassine nos enfants, nos amis, nos cousin.e.s et nos frères et soeurs dans la rue ou dans un commissariat est une société où personne n’est en sécurité.

Nous ne serons JAMAIS en sécurité avec une police qui tue, avec un gouvernement qui hiérarchise les vies selon les origines et les religions. Nous ne serons JAMAIS en sécurité tant que l’impunité perdure.

La vraie sécurité, c’est la justice, c’est l’égalité des droits.

NOS REVENDICATIONS :

1. JUSTICE IMMÉDIATE : Mise en examen des policiers impliqués dans la mort d’El Hacen, justice pour Safyatou, Salif et Ilan, et réouverture de tous les dossiers classés sans suite.

2. VÉRITÉ ET TRANSPARENCE : Enquête indépendante sous contrôle citoyen avec publication de tous les éléments (vidéos, expertises) et fin du mensonge des “caméras déchargées”.

3. SANCTIONS ET DISSOLUTION : Suspension immédiate des agents impliqués dans les violences, et dissolution des brigades violentes (BTC, BRAV-M, BAC).

4. FIN DU RACISME ET DES VIOLENCES POLICIÈRES : Interdiction du contrôle au faciès et des amendes abusives, du plaquage ventral et des techniques d’étranglement, abrogation de la loi “Permis de tuer”.

5. ÉGALITÉ DES DROITS : Droits égaux pour les résidents des foyers : sécurité, dignité, mêmes droits que tous les locataires o Régularisation de tous les sans-papiers.

6. RÉPARATIONS ET SOUTIEN : Reconnaissance de la responsabilité de l’État et soutien financier, médical et psychologique aux victimes et familles. Engagements concrets de l’ensemble des candidats aux municipales et aux présidentielles.

Nous refusons l’oubli. Nous refusons l’impunité. Quand une famille gagne, toutes les familles gagnent !

 Manifestation unitaire le 21 février à Barbès (PARIS) et le 14 mars dans toute la France,
 Pression sur tous les candidat·e·s aux élections,
 Présence aux audiences et aux procès pour soutenir les familles,
 Organisation d’événements de soutien pour permettre aux familles de se battre,
 Solidarité partout : protégeons nos quartiers et surveillons la police.

JUSTICE ET VÉRITÉ POUR EL HACEN ! JUSTICE ET VÉRITÉ POUR TOUTES LES VICTIMES ! ÉGALITÉ DES DROITS POUR TOUS ET TOUTES ! PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX !

Comité Justice et Vérité pour El Hacen Diarra. Avec le soutien de la famille d’El Hacen, des résidents du foyer des Mûriers, du Comité Vérité et Justice pour Safyatou, Salif et Ilan, du Comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng, du Réseau d’Entraide Vérité et Justice, de la Marche des Solidarités, du Collectif pour l’Avenir des Foyers.

Procès de Limoges du 19 et 20 mars : contre les technologies du numérique

Près de cinq ans après les faits qui se sont déroulés le 15 juin 2021, un procès se tiendra à Limoges les 19 et 20 mars 2026. De quoi s’agit-il ? Deux personnes restent misent en cause de « destruction ou dégradation du bien d’autrui par moyens dangereux pour les personnes » et « association de malfaiteurs », en rapport avec l’incendie de huit véhicules d’ENEDIS et de deux antenne-relais de téléphonie mobile et de télévision. Le collectif de soutien et les inculpés souhaitent que le procès de Limoges soit celui des technologies du numérique.

Les compteurs Linky et les antennes 5G sont d’ores et déjà déployés sur tout le territoire français, sans débat ni concertation. Un épais nuage électromagnétique est en train de recouvrir le monde entier, sans prendre en compte les dégâts que ça occasionnent. Les firmes multinationales multiplient les actions de lobbying auprès des gouvernements et dans les commissions officielles de protection de la santé publique. Pourtant, les études menées par des scientifiques indépendants tendent à prouver la dangerosité des rayonnements électromagnétiques, mais elles sont ignorées par les industriels qui affirment que cette dangerosité n’est pas prouvée scientifiquement. Cette manœuvre n’est pas nouvelle. Les industriels l’ont déjà utilisée pour le tabac, l’amiante et la dioxine.

En attendant, ils se frottent les mains devant l’ampleur de l’arnaque des objets connectés. Vendus une fortune, ces objets sont à la fois des émetteurs d’ondes, des moyens de surveillance légaux et la cause d’un gaspillage phénoménal des ressources naturelles. Nous assistons à la mise en orbite de milliers de satellites et au développement à marche forcée de l’intelligence artificielle. Un contrôle généralisé de la population se met en place à une vitesse stupéfiante. C’est tout cela que le procès du 19 et 20 mars dénoncera.

Le principe de précaution doit être appliqué de façon rigoureuse. La santé des personnes et la préservation de l’environnement ne doivent plus être sacrifiées sur l’autel du profit. La situation de notre planète et des organismes vivants qui l’habitent est de plus en plus compromise par l’extractivisme et l’augmentation vertigineuse de la consommation d’énergie. Le réchauffement planétaire, la destruction de la biodiversité et les atteintes de toute sorte à l’environnement entraînent une série de catastrophes climatiques, sanitaires et humaines. Cette destruction du vivant connaît une accélération exponentielle. Les changements dépassent les prévisions des scientifiques qui sonnent l’alarme depuis longtemps. Le temps des bonnes paroles arrive à sa fin. Notre planète, nos mondes, sont en train d’être détruits sous nos yeux.

Devant l’étendue du désastre, il faut agir maintenant. Les États et les institutions internationales tiennent un discours écologique de façade en contradiction complète avec leurs actions. Il revient à chacune et chacun d’entre nous d’agir. Une réflexion globale et collective doit impérativement se mettre en place pour définir une nouvelle conception du vivant qui ne doit plus jamais être une marchandise. L’interdépendance entre tout ce qui vit implique la nécessité d’une coopération égalitaire entre l’humain et les autres organismes vivants.

Il est incontestable que les lois et normes actuelles sont au service des industries mortifères. La désobéissance civile est donc vitale. Pourtant, elle est souvent réprimée au nom d’un dogme « antiterroriste » qui cache mal la terreur réelle que les gouvernements sont prêts à exercer.

Le 19 et 20 mars à Limoge sera l’occasion de débattre et d’être solidaires de toutes celles et tous ceux qui cherchent à arrêter cette machine Infernale. .

Nous espérons que cet appel sera discuté, repris et amplifié.

Les inculpé•es et le Comité de solidarité du 15 juin

Et pour finir :

LYON : LE SALAIRE DE LA HAINE

On ignore pour le moment les circonstances précises de la bagarre qui a causé la mort d’un militant identitaire de Lyon. Toute l’extrême droite et une partie de la classe politique et des médias s’efforcent

 d’instrumentaliser ce décès, notamment contre LFI, mais aussi contre l’extrême gauche, en faisant de ce militant un martyr. Néanmoins, les groupes d’extrême droite, en particulier à Lyon, sont depuis des années à l’origine de très nombreux affrontements violents. Déjà, le 21 mai 2022, un communiqué signé par diverses organisations, dont la CGT et la FSU, dénonçait les agressions régulières commises à Lyon par ces groupes contre des militants ouvriers, de gauche et des immigrés. Cette fois, c’est le groupe Nemesis, dont l’égérie Mila arbore un T-shirt nazi, qui était venu faire de la provocation devant une réunion publique de Rima Hassan, bête noire de l’extrême droite en raison de son engagement pro palestinien.

Les néonazis lyonnais s’en sont pris aussi à des commerçants et à des librairies.

On ne peut se réjouir de la mort d’un jeune homme, mais celle-ci n’est-elle pas la conséquence de la politique de ces groupes dont la haine, le racisme et la violence constituent le fonds de commerce ? Serait-il possible de prôner sans arrêt cette haine et cette violence sans prendre le risque d’en subir les conséquences ?

BOLIVIE : le bilan de la mobilisation générale 2025/2026

Le gouvernement de droite récemment élu en Bolivie a promulgué un décret suprême (5503) qui ouvrait la porte aux investissements transnationaux « fast-track » ou accélérés, et prévoit des réductions d’impôts pour les ultra-riches, tout en augmentant le prix de l’essence de 82 % et celui du diesel de 163 %. Face à cela, une mobilisation s’est organisée fin décembre 2025, début décembre 2026. Début janvier, la marche « La Bolivie ne se vend pas »,Bolivia No Se Vende, est arrivée au siège du gouvernement, avec près d’un demi-million de manifestants, et près de 40 points de blocage ont été enregistrés sur les principales routes du pays. face à cette organisation le gouvernement a reculé immédiatement mais a néanmoins affirmé qu’il prévoyait de présenter de nouvelles réformes dans les mois à venir. pour mieux comprendre, les tenants et les aboutissants de cette mobilisation et les perspectives politiques qui se dessinent dans les moi à venir, nous avons donc demander à Samuel Morville, habitant de la région de Cochabamba de répondre à nos questions. C’est son interview que nous vous diffusons pendant l’ensemble de cette émission.

FOYER ADOMA ST DENIS / USA /HÔPITAL TENON

Les résidents et délégués du foyer ADOMA 12 rue David Siqueiros a Saint-Denis appelaient le 29 janvier 2026 au matin à bloquer le chantier de démolition de leur foyer. Ils veulent –avant le démarrage des travaux – une convention écrite avec Adoma (ex Sonacotra). Nous entendrons dans ce reportage, des prises de paroles et entretien qui illustrent la mobilisation

les revendications sont :

1) — aménagement d’un parking provisoire sur le nord de la parcelle d’une trentaine de places pendant la durée des travaux et maintien des capacités (10 % des résidents) dans les nouveaux bâtiments ;

2) — relogement de tous les résidents (et non pas seulement 198 comme prévu par Adoma) sur les 2 sites en surélevant les bâtiments (R+3 et R+4 à David Siqueiros et R+6 à Romain Rolland) et en transformant les T1 Bis en T1 ;

3) — transfert des contrats des résidents décédés ou à la demande des retraités à leur remplaçant (résident au foyer souvent depuis longtemps) ;

4) — solutions de relogement pour les surnuméraires qui sont à la recherche d’un logement ;

5) — acceptation de la présence dans le futur logement d’un aidant pour les vieux résidents en perte d’autonomie ;

6)- 2 clés et 2 badges pour chaque résident lors de la signature du contrat ;

7) — convention permettant au comité de résidents d’utiliser – sous sa responsabilité et selon les besoins des résidents – les salles polyvalentes ;

8) — ouverture d’une négociation générale avec la Direction nationale d’Adoma pour changer le règlement intérieur et donner aux résidents des droits et garanties identiques à ceux de tout locataire ;

9) — maintien en bon état du foyer actuel (nettoyage, chauffage, eau chaude, électricité…) et fonctionnement correct de l’astreinte pendant toute la durée des travaux.

Après le meurtre de Renée Nicole Good le 7 janvier, d’un tir à vue, de sang-froid, par un agent de l’ICE la police de l’immigration américaine à Minneapolis, un deuxième assassinat le 24 janvier, celui Alex Pretti, infirmier dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital des anciens combattants de Minneapolis. Cela vient signifier l’impunité accordée par Trump à sa milice fédérale aux pouvoirs exorbitants. La vidéo ne laisse aucun doute : une dizaine d’agents fédéraux plaquent Alex Pretti au sol et le rouent de coups. Puis, ils tirent presque à tour de rôle sur leur victime à terre. Une exécution.  Le mercredi 28 janvier 2026, la digue appelait à un rassemblement en solidarité avec le peuple américain et c’est le reportage issu de ce rassemblement que nous proposons.

Suite à plusieurs mois de luttes, le 17 janvier 2026, se tenait devant l’hôpital Tenon dans le 20e arrondissement de Paris un Pot convivial pour fêter, la réouverture des IVG chirurgicaux. À cette occasion, nous vous diffusons, l’entretien réalisé, ce même jour, avec une infirmière de l’hôpital Tenon, qui nous parle de l’importance de cette réouverture.

LA SITUATION AU ROJAVA

Suite au soulèvement qui commence en 2011, en Syrie, une coalition dominée par les Kurdes dirigée par le Parti de l’union démocratique ainsi que des groupes kurdes, arabes, syriaques-assyriens et turkmènes cherchent à établir une nouvelle constitution pour la région autonome, tandis que l’armée syrienne et les milices alliées se battent pour garder le contrôle de la région. Cela a conduit à la création de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), le Rojava, en 2016.L’AANES affirment que les événements constituent une révolution sociale[4] avec un rôle important joué par les femmes à la fois sur le champ de bataille et au sein du nouveau système politique, ainsi que la mise en œuvre du confédéralisme démocratique, qui privilégie la décentralisation, l’égalité des sexes et la nécessité d’une gouvernance locale par la démocratie directe.

Début janvier, le gouvernement de transition auto proclamé d’al-Charaa en Syrie, appuyé par le gouvernement turc et des milices islamistes multiplient les offensives offensive militaire. Cela démarre par la prise du quartier kurde de Cheikh Maqsoud à Alep puis par la prise de Deir Hafer et de Maskanah avant de s’étendre aux gouvernorats de Raqqa, Deir ez-Zor et Hassaké. Le 18 janvier, un cessez-le-feu est signé, mais des combats se poursuivent jusqu’au 20 janvier. Malgré un cessez-le-feu et 11 ans après la victoire héroïque du YPG à Kobané face à l’offensive du gourvernement de transition, le projet d’un Kurdistan autonome est menacé de définitivement disparaître. Le vendredi 30 janvier, le gouvernement de transition syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) ont annoncé, un accord global pour l’intégration progressive des forces militaires et de l’administration de la zone autonome kurde au sein de l’Etat syrien.

Face à ces attaques, une mobilisation en soutien au combattants du Rojava s’est organisée avec la création de comité de soutien dans plusieurs villes et l’envoi de ” Caravane du peuple” en direction de cette région de la Syrie. Dans cette émission, nous revenons donc sur cette mobilisation, en vous diffusant notamment un interview réalisé avec des membres de Young Struggle et du CDKF.

Vérité et justice pour EL HACEN DIARRA mort entre les mains de la police

Photos : Black Lines et Michael Christophe

El Hacen DIARRA était un jeune homme 35 ans et originaire de Mauritanie hébergée par son cousin au foyer des muriers dans le 20ᵉ arrondissement de paris

Le mercredi 14 janvier au soir, à la suite du match entre le Sénégal et l’Égypte, il est descendu déposer un sac d’ordures à la poubelle. Ensuite, il est sorti du foyer pour boire un café et fumer une cigarette sur le côté rue des Pruniers.

Une voiture de police est passée par là, s’est arrêtée. Une conversation avec les policiers s’est enclenchée. Les policiers ont voulu palper le jeune homme. Celui-ci a protesté et ne voulait pas que les policiers le touchent. Une bagarre a éclaté, un coup de taser est parti, des voitures de renfort sont arrivées. Le jeune homme en sang a été embarqué dans une des fourgonnettes, direction le commissariat.

Le lendemain matin, inquiète, sa famille s’est présentée au commissariat du 20ᵉ pour prendre des nouvelles. Au début les agents du commissariat ont refusé de donner des informations. Ensuite une policière les a amenés dans un autre commissariat du côté de République et on leur a dit qu’El Hacen Diarra était mort.

Suite à Lamine Dieng (2007), suite à, Adama Traoré (2016), Liu Shaoyao (2017), Gaye Camara (2018), Aboubacar Fofana (2018), et de nombreux autres, El Hacen Diarra prend place dans la longue liste de victimes de l’usage disproportionné de la force mortelle de la police française et de la culture d’impunité cultivée en son sein.

Dans l’émission de ce jour, nous entendrons un mixage du rassemblement qui s’est tenu le dimanche 18 janvier 2026 à proximité du foyer ou vivait et où a été tué El Hacen Diarra et la marche pour la vérité et justice qui se tenait ce dimanche 25 janvier 2026.

Résistances des peuples : IRAN/ROJAVA

Dans cette émission, nous revenons sur la situation en Iran et au Rojava, autour desquelles étaient appelés des rassemblement en soutien à la résistances des peuples.

Le 28 décembre 2025, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei. À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité. Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos. Nous vous diffuserons donc dans une première partie d’émission une partie des prises de parole enregistrées lors du rassemblement du 17 janvier dernier, sur la Place du Panthéon à Paris, que nous avons contextualisé avec une sujet réalisé par Blast.

Dans une deuxième partie d’émission, nous abordons la situation au Rojava en vous diffusant des interviews et prises de paroles réalisé le 20 janvier 2026 à Invalide et le 24 janvier sur la Place de la Bastille à Paris. En effet, depuis le 4 Janvier 2026 une guerre totale est menée contre l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, aussi connu sous le nom de Rojava. L’organisation djihadiste HTS, qui a pris le pouvoir il y a un an à Damas suite au renversement du régime d’Assad, a récemment pris le contrôle de larges territoires et continue ses attaques sans interruption contre le reste de l’Administration Autonome, malgré un accord de cessez-le-feu hier qui dans les faits n’a jamais été mis en pratique. L’objectif est l’occupation militaire de l’ensemble du territoire autonome ou, en cas d’échec, de mettre une pression militaire suffisante pour que l’Administration autonome, les Forces Démocratique Syriennes (FDS) et les Unités de Défense des Femmes (YPJ) acceptent une reddition totale et sans condition.

Malgré l’extrême brutalité des attaques le peuple kurde et les communautés présentes au Rojava oppose une résistance totale. Un appel à mobilisation générale a été lancé et toutes les composantes de la société s’organisent sur cette base : «Nous appelons tous les jeunes, toutes les femmes et tous les hommes du Rojava, du Kurdistan du Nord, du Sud et de l’Est, ainsi que celles et ceux d’Europe, à s’unir, à abattre les frontières des occupants et à rejoindre la résistance. Aujourd’hui est le jour de la dignité. Aujourd’hui est le jour de la responsabilité historique. Une fois de plus, nous montrons que la volonté des peuples est plus forte que toute attaque ou occupation» déclarait le Commandement général des Forces démocratiques syriennes (FDS) le 19 janvier.

Sainte Soline : une nouvelle plainte face au classement sans suite

Le 10 janvier 2026, plus de 200 personnes se sont réunies à Poitiers pour une réunion publique consacrée aux suites judiciaires concernant la répression policière lors de la manifestation de Sainte-Soline de mars 2023.

Pour rappel, après 2 ans et demi d’enquête, le procureur a décidé de classer sans suite les plaintes des blessé-es et de leurs proches, pour violences policières et entrave aux secours. Et ce, malgré l’existence de tirs non réglementaires, établis par des vidéos accablantes des caméras-piétons des gendarmes révélées récemment par Mediapart et Libération. Le parquet, lui, a estimé que certains tirs, bien que non conformes, pouvaient être « justifiés » par un contexte jugé « ultraviolent »…

Face à une justice et des enquêtes jugées défaillantes, le collectif – composé de 4 personnes qui ont été gravement blessées à Sainte-Soline et de leurs proches – a annoncé leur volonté de redéposer une plainte collective avec constitution de partie civile, dans les prochains jours. Cette démarche permettra d’obtenir la désignation d’un juge d’instruction indépendant pour reprendre totalement l’enquête. L’objectif vise notamment à avoir des réponses précises mais aussi à dénoncer une nouvelle fois les infractions commises par les forces de l’ordre.

Vous allez pouvoir écouter dans cette émission l’intégralité des prises de parole de Françoise Graziani et de jean pierre les parents de Serge qui a été gravement blessé à Sainte Soline occasionnant plusieurs semaines de coma : https://web86.info/sainte-soline-le-procureur-clot-lenquete-on-la-rouvre-intervention-de-francoise-graziani-la-mere-de-serge/. Et également des membres de la Ligue des droits de l’homme qui avait dépêchée sur les lieux de la manifestation à Sainte Soline des observateurs qui ont rendus un rapport.

LE SERVICE NATIONAL VOLONTAIRE

Le 27 novembre 2025, Macron a présenté le nouveau “service national” volontaire : il annonce l’accueil de 3 000 jeunes volontaires (18 à 25 ans) dès l’été 2026, pour une durée totale de 10 mois rémunérés, avec un objectif de 10 000 par an en 2030 et 50 000 par an en 2035.

Le 19 septembre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonce la mise en extinction du service national universel à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 et son remplacement par un Service militaire volontaire.

Dans cette émission, et pour parler de ce service national volontaire, nous recevions, Irène, membre du Collectif contre la militarisation de la jeunesse. En sa compagnie, nous avons fait un bilan du SNU et de la continuité avec ce Service militaire volontaire

Le collectif contre la militarisation de la jeunesse s’est créé et mobilisé en Île-de-France à partir du printemps 2023, contre le Service National Universel.

“L’effort de défense va être porté à 2% de la richesse nationale à partir de 2025”.
“C’est l’entrée dans une économie de guerre : la LPM* permettra d’adapter les réquisitions en temps de paix et en temps de guerre, avec une priorisation de la livraison de biens et de services au bénéfice des armées […] À l’horizon 2030, le ministère s’appuiera sur 355000 militaires et civils dont 80000 réservistes.

L’atteinte de cette cible reposera sur une attractivité des carrières, et une montée en puissance de la réserve opérationnelle, vivier et ferment du lien Nation-Armée, elle sera un vecteur majeur de l’engagement citoyen. Les armées contribueront davantage à la résilience de la Nation : modification de la doctrine d’emploi des réserves avec augmentation de ces dernières.” S. Lecornu, avril 2023, extrait du livret de présentation de la *Loi de Programmation militaire 2024-2030.

Le Collectif contre la militarisation de la jeunesse invite à une réunion publique d’information autour du Service National Volontaire (SNV) vendredi 29 janvier de 19h à 21h,Bourse du travail Paris (Château d’eau) 3, rue du Château d’eau 75010 Paris salle Eugène Pottier.

LA SITUATION AU CAMEROUN APRÈS LES DERNIÈRES ÉLECTIONS

Le 28 novembre 2025 à La Maison Ouverte de Montreuil, l’association SURVIE, organisait une soirée intitulée : Regards croisés entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun : Démocratie confisquée, la France complice.
Dans cette première partie, nous nous arrêterons sur la situation au Cameroun, après les élections d’octobre 2025.
Dans ce premier temps, nous entendrons successivement : Patrick Belinga Ondua, chercheur à l’Université d’Antwerp & au CERI – Sciences Po Paris. Il a soutenu sa thèse à l’Université de Genève, « Gouverner le mécontentement au Cameroun. Politiques du logement et construction de l’hégémonie à Yaoundé, 2000-2020 ».

Et Augusta Epanya, militante de l’Union des populations du Cameroun (UPC)-Manidem, coordinatrice de la Dynamique Unitaire Panafricaine.

Le Cameroun subit depuis 1960 une dictature néocoloniale féroce incarnée depuis 1982 par Paul Biya. Le 27 octobre 2025, la huitième « élection » du nonagénaire a été validée par la Cour Constitutionnelle, malgré des suspicions de fraude et de vives contestations populaires. Le premier bilan de la répression fait état de centaines d’arrestations et de dizaines de morts… par des militaires formés et équipés entre autres par la France. Depuis 2014, le Traité sur le commerce des armes de l’ONU (TCA) ratifié par Paris interdit pourtant d’exporter des armes si ces dernières risquent d’être utilisées contre des civil-es. La France, deuxième partenaire commercial du pays, a simplement appelé “tous les acteurs à la retenue et à un dialogue constructif permettant de ramener paix”…

LA SELLETTE : L’assignation à résidence : une peine après la peine

Dans la suite de notre collaboration mensuelle avec l’émission “Tapage”, animé par le collectif La Sellette, nous vous diffusons le dernier épisode de la leur série consacrée à la justice antiterroriste avec Kamel Daoudi, assigné à résidence depuis 17 ans. Kamel nous raconte sa vie empêchée depuis 2008 et la multiplication des décisions administratives arbitraires et vexatoires à son encontre. Il nous explique son combat judiciaire pour tenter de mettre fin à son assignation. Au-delà de son propre cas, la situation de Kamel nous montre comment des décisions administratives prennent le relais de la justice antiterroriste pour instituer une peine après la peine et comment la qualification terroriste permet de justifier des atteintes massives et sans fin à la liberté.

La Sellette s’intéresse à la justice pénale ordinaire, telle qu’elle se pratique quotidiennement dans les tribunaux à travers un blog, dans lequel on peut retrouver des articles thématiques, des chroniques et des émission de radio. Le collectif traite de ce qu’on appelle parfois la « petite justice », celle qui, loin des cours d’assises et des procès médiatiques, ne s’applique qu’à des affaires peu spectaculaires, pour lesquelles chaque jour des dizaines de personnes sont jugées et condamnées en moins de trente minutes, puis emprisonnées le soir même.

PALESTINE : le génocide et la colonisation se poursuivent

Ce 1ᵉʳ janvier 2026, Israël a confirmé l’interdiction d’accès à la bande de Gaza pour 37 organisations humanitaires internationales. Elles ont jusqu’au 1ᵉʳ mars pour quitter le territoire ou comment continuer à anéantir un peuple en toute tranquillité. Ce lundi 12 janvier, c’est L’historien français Vincent Lemire, qui a critiqué ouvertement la guerre menée par Israël à Gaza, qui est interdit de venir en Israël, où il devait se rendre pour une série de séminaires et de rencontres universitaires, avec des chercheurs et étudiants notamment israéliens et palestiniens.

Dans l’émission de ce jour, il sera question de la Palestine. Comment peut-on informer de la situation à Gaza en tant que journaliste palestinien ? c’est dont nous parlera Nacer Abu Bakr, président du syndicat des journalistes palestinien, invité le samedi 29 novembre 2025 à la Bourse du Travail de paris dans le cadre de la journée “Médias et extrême droite : construire les résistances”.

Ce même jour, se tenait la journée internationale de Solidarité avec la Palestine avec une manifestation unitaire nationale à paris et nous entendrons dans la suite quelques prises de paroles enregistrée lors de cette manifestation.

Nous terminerons cette émission avec la parole de Raji Sourani avocat, fondateur et directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme. Il vit provisoirement au Caire, après que sa maison à Gaza a été détruite par une bombe, le 22 octobre 2023.
Lors d’une récente interview, il posait la question suivante : « Gaza sera-t-elle le cimetière du droit international » ?, et affirmait : « Les Israéliens essaieront de créer une nouvelle Nakba, mais les Palestiniens ne seront pas de bonnes victimes consentantes […] Malgré tout, je suis optimiste, car je suis du bon côté de l’histoire. Il intervenait Le 19 mars 2025 ou se tenait à la Bourse du Travail de Paris, une soirée d’information et de soutien a la Palestine intitulée Voix de Palestine – Voix du droit. Rappelons que La Cour pénale internationale a émis officiellement des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Concernant Vincent lemire, il pourra finalement se rendre en Israël, a annoncé lundi 12 janvier le chercheur, qui avait dit dans la journée avoir été interdit d’accès par les autorités israéliennes.

Le 18 décembre : Si on s’arrête, tout s’arrête ! journée internationale des migrant·e·s

Le 18 décembre, à l’occasion de la journée internationale des migrant.e.s, des mobilisations ont eu lieu partout en France, soutenues par près de 500 collectifs, syndicats et organisations locales, régionales et nationales. L’objectif de cette « journée sans nous » est née au cœur de l’été dernier dans la dynamique de « Bloquons tout ! ». Elle était le produit du succès des manifestations du 22 mars. Mais aussi de la nécessité de faire monter le rapport de forces contre un pouvoir qui a fait du racisme et des attaques contre les immigré.es le cœur de sa stratégie pour nous attaquer toutes et tous. Malgré l’importance du sujet, un travail de mobilisation considérable et le nombre important d’organisations signataires, le nombre de manifestants et surtout de grévistes n’étaient pas au rendez-vous.

Dans cette émission, vous allez pouvoir écouter une partie des interventions qui se sont succédées sur la place de la république, avant de partir en manifestation.

Le pays n’a certes pas été bloqué. Mais le mot d’ordre a diffusé largement et est devenu un enjeu. Des dizaines de syndicats, locaux, de secteur, ont signé l’appel. Dans l’hôtellerie et la restauration, le collectif Mise en Place a joué un rôle moteur. Et des livreurs ont rejoint la lutte. Le travail social a été le premier à appeler à la grève le 18 décembre en lien avec ses propres revendications. C’est avec notamment le collectif des Jeunes du Parc de Belleville et les collectifs de mineur.es isolé.es en lutte que le secteur de l’éducation s’est mobilisé. À Paris, l’Assemblée Culture en lutte a organisé des événements de soutien.
Un cap a été franchi, qui agrandit la brèche vers l’avenir, avec l’intervention active d’organisations étudiantes. En région parisienne, des blocages ont eu lieu à Nanterre, à Paris 8…

Partout, il faut que cela grandisse, s’élargisse, essaime. Laplateforme de la MARCHE DES SOLIDARITÉS appelle chaque cadre de mobilisation à organiser dès janvier des assemblées publiques de mobilisation, de coordination, d’organisation des suites :

1/ Renforcer ce qui a permis la #JournéeSansNous : 

  • – les collectifs de sans-papiers, les collectifs de mineur.es en lutte, les collectifs antiracistes et antifascistes, les organisations de solidarité.
    — Les syndicats, en faire des syndicats de lutte pour l’égalité sociale, l’égalité des droits et la régularisation de tous les sans-papiers.

2/ Mener dans les élections municipales une campagne : 

  • – Défensive pour repousser toutes les tentatives de RN et Reconquête d’apparaître et s’implanter dans nos quartiers, nos villes, nos villages.
    – Offensive pour rendre visible et imposer nos exigences : régularisation de tou·te·s les sans-papiers, accès à l’école, à la santé, au logement, à la culture pour toutes et tous, arrêt des rafles et violences policières, stop islamophobie.

3/ Faire converger cette campagne dans des grandes manifestations unitaires sur l’ensemble du territoire samedi 14 mars, veille du premier tour des élections municipales.
Organiser le 21 mars, journée internationale contre le racisme, veille du second tour des élections municipales et fin du ramadan, des rassemblements populaires, des fêtes de l’unité et de la solidarité avec tous et toutes les Musulman.es et contre l’islamophobie.

4/ Et pour préparer pour mars une semaine « Bloquons tout ! », une « semaine noire », une « semaine sans nous » ! Une semaine contre le racisme, le fascisme, le colonialisme et la guerre. Une semaine pour la justice sociale, la paix et l’égalité des droits. Une semaine pour l’abrogation de la réforme des retraites, de la loi Darmanin, des circulaires Retailleau et des lois islamophobes.

Voir ici la feuille de route contre le racisme et le fascisme pour les mois qui suivront : https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/061025/le-temps-du-nous

Ce pays tient grâce aux migrant·e·s. Il vit, fonctionne, respire grâce à celles et ceux que les gouvernements et les patrons tentent de réduire au silence ou à l’invisibilité. Ce n’est pas l’immigration qui abîme ce pays, mais les politiques menées, l’austérité, le mépris social et l’encouragement permanent aux discours de haine. Depuis des années, les pouvoirs publics construisent un paysage dans lequel l’extrême droite se sent chez elle, protégée, légitimée.

Le 18 décembre, nous refusons cette mise en scène. Nous faisons bloc. Nous organisons une « journée sans nous », dans nos quartiers, nos écoles, nos lieux de travail, nos espaces de lutte. Une journée où l’on montre ce que la France refuse d’admettre : sans nous, rien ne tourne. Sans nous, tout s’arrête.

Avec ou sans papiers, immigré·e·s, enfants et petit-enfants d’immigré·e·s, voisin·e·s, collègues, camarades des blocages du 10 septembre et des mobilisations du 18 septembre, nous appelons chacune et chacun à se joindre à ce mouvement. Nous n’irons pas travailler. Nous n’irons pas en cours. Nous ferons front ensemble dans toutes les villes du pays.

Et nous appelons toutes les forces sociales, syndicales, associatives, culturelles, étudiantes, antiracistes, féministes, antifascistes à se mobiliser. À relayer l’appel. À organiser, occuper, bloquer, manifester. À créer les formes d’action adaptées à leurs réalités, pour que cette journée devienne un moment de convergence et d’autodéfense populaire.

Nous mobiliserons pour :

  • L’abrogation immédiate de la loi Darmanin et des circulaires Retailleau
  • L’égalité des droits pour toutes et tous : école, logement, santé, culture, travail
  • La régularisation des sans-papiers
  • La fermeture des centres de rétention administrative
  • La justice sociale, la solidarité, et la lutte contre le racisme et le fascisme

Le 18 décembre, nous faisons vivre l’idée simple et puissante que la dignité ne se mendie pas. Elle se conquiert. Elle s’organise. Elle se défend ensemble. Riposte Populaire sera là, avec toutes celles et ceux qui refusent de plier.

RIPOSTE POPULAIRE

VENEZUELA: l’enlèvement de Nicolas Maduro par l’adminstration américaine

L’enlèvement, samedi 3 janvier 2026, du président vénézuélien Nicolás Maduro par l’armée américaine à Caracas, suivie de son transfert à New York, a mis en évidence une conception extraterritoriale de l’État de droit, revendiquée par Donald Trump. C’est donc à la fois une guerre d’agression menée par les USA sur le continent sud américain, une attaque pour s’approprier les énormes réserves de pétroles du pays, la violation d’un État souverain et un coup d’État pour installer l’extrême droite au pouvoir.

Dans l’émission de ce jour, nous allons revenir sur cette situation. Dans un premier temps, nous commencerons par une analyse, tiré du site blast, sur l’historique de cette opération, nous poursuivrons par les prises de parole enregistrée, lors du meeting du samedi 3 janvier 2026 place de la république à paris et nous terminerons cette émission, par une analyse du journal l’Humanité, sur la suite de cette opération, qui a conduit à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, visant à redessiner les équilibres mondiaux et la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis. 

dermatose nodulaire contagieuse: Stop à l’abattage total !

Avant de commencer cette émission et pour mieux comprendre ce qui se joue autour de la mobilisation des agriculteurs faisons un point : Pourquoi dix agriculteurs mettent-il fin à leurs jours chaque semaine en France ? la précarité économique en est une des causes ; les 10 % des ménages agricoles les plus modestes gagnent moins de 10 900 euros par an. 17,7 % des exploitants agricoles vivent sous le seuil de pauvreté, contre 14,4 % parmi l’ensemble de la population, parmi eux ce sont les maraîchers (24,9 % sous le seuil de pauvreté), les éleveurs ovins et caprins (23,6 %) et les éleveurs de bovins allaitants (21,5 %) qui sont le plus touchés. 40 000 fermes ont disparu en seulement 3 ans et avec elles, la capacité de nos villes et villages à produire une alimentation locale et de qualité. De plus la bureaucratisation croissante du métier, la concentration des exploitations, la pression accrue à la productivité, la standardisation technique, la concurrence internationale, finissent de les achever

Alors quand une épizoologie vient s’ajouter à tout ça, c’est la colère qui explose. Quand l’État et la FNSEA imposent l’abattage de tout le troupeau quand une bête est touché, les routes se bloquent, les préfectures sont attaquées, les paysans se mobilisent. Et toutes ces bêtes tuées juste pour garantir l’exportation.Si l’objectif premier du secteur agricole est le profit et pas de nourrir l’ensemble de la population, comment s’étonner que les animaux soient traités comme de la matière première et non comme des êtres vivants méritant une vie et une mort digne ? Comment s’étonner que les conditions de vie et de travail des salariés soient si peu prisent en compte ?

Ce mouvement est largement documenté par les acteurs eux même sur les réseaux sociaux. Nous en avons sélectionné de nombreux extraits et nous entendrons également un entretien réalisé avec un éleveur de brebis du Tarn-et-Garonne, qui à participé au mouvement de colére actuelle. pour que les habitants des grandes villes et de ces banlieues puissent mieux comprendre les raisons de la colère d’une réalité rurale mal connue mais qui souffre des même maux. Nous sommes tous et toutes concernés !

Alors que les actions d’agriculteurs-trices se multiplient contre les abattages liés à la dermatose nodulaire, une colère plus large semble ressurgir. À la croisée d’une crise sanitaire, d’un modèle agricole fragilisé par l’agro industrie et des négociations commerciales avec le Mercosur, le monde agricole pourrait-il replonger dans une mobilisation d’ampleur ? A Bruxelles ils étaient 10000 à converger de toute l’Europe pour s ‘opposer aux traité de libre échange. Leur colère a explosé, la ministre à beau dénoncer l’infiltration de casseurs, c’est prendre les paysans pour des cons et ne pas prendre la mesure des problèmes.

Le capitalisme détruit les petits pour enrichir les gros. Il en est ainsi quand il s’agit de payer leurs guerres et leurs déficits. Les petits paysans sont sacrifiés au profit des grosses exploitations. Les multinationales tuent les artisans et les petites et moyennes entreprises. Des secteurs entiers sont délocalisé, la nature dépecé… A quand une alliance de tous les dépossédés ?

L’abattage des troupeaux est une aberration !

A l’heure où nous écrivons ce texte, la préfecture de l’Ariège ordonne l’abattage de 208 bovins sains, parce qu’une vache du troupeau a été testée positive à la dermatose nodulaire contagieuse, selon le protocole actuellement en vigueur en France et dans l’Union Européenne.

Au prétexte d’endiguer la crise, l’État nous propose une solution aussi simple qu’abjecte : Les tuer toutes !

Un protocole drastique, dont les objectifs réels sont clairs : protéger les exportations. La France est effectivement le premier exportateur d’animaux vivants au monde. Une politique de vaccination totale signifierait l’arrêt des exportations pendant 14 mois. La décision de l’abatage total répond uniquement au maintien du statut « indemne » de la France aux yeux de la communauté internationale et non à une volonté de préservation de santé publique.

Les abattages sans discernement se poursuivent pour sauvegarder les intérêts des grandes filières qui concentrent toujours plus les cheptels, alors que des alternatives ont été proposées pour endiguer la maladie, comme par exemple l’euthanasie uniquement limitée aux animaux malades, avec vaccination, mise en quarantaine et suivi vétérinaire.

Dans le système dans lequel nous vivons, la production agricole doit, comme toutes les autres être rentable. A cette fin, la productivité doit croître : il faut élever plus, sélectionner plus, spécialiser plus, faire plus vite, plus lourd, plus gras… Tout cela en réduisant en permanence « les coûts de productions ». Une course à la productivité, à la « technicité » que le syndicat agricole majoritaire (FNSEA) plébiscite, n’ayant que faire des enjeux sanitaires à long terme, de la vie des animaux, ou de l’impasse dans laquelle nous nous trouverons lorsque nos ressources seront totalement épuisées.

Ce système est responsable de la crise sanitaire que traverse l’élevage.

La sur sélection des animaux les rends plus fragiles, leur concentration dans des fermes toujours plus grosses favorisent la circulation des virus. L’augmentation des flux commerciaux et l’aggravation du réchauffement climatique participent également à la prolifération des épidémies.

Les petit·e·s exploitant·e·s agricoles qui souhaiteraient « produire autrement » se retrouvent aussi embarqué·e·s dans cette course à la production et ses conséquences. Dans ce monde, il s’agit non pas de produire de la nourriture de qualité mais bien de faire du profit pour assurer la rentabilité des entreprises.

Si l’objectif premier du secteur agricole est le profit et pas de nourrir l’ensemble de la population, comment s’étonner que les animaux soient traités comme de la matière première et non comme des êtres vivants méritant une vie et une mort digne ?

Nous ne sommes pas surpris qu’une production régie par les lois de la performance économique se soucie si peu de la vie. Les conditions de vie et de travail des salariés de la production agricoles témoignent aussi de cette réalité.

Aujourd’hui de nombreux agriculteurs et éleveurs sont mobilisés. Certains appartiennent à

des organisations dont nous ne partageons ni les valeurs, ni le projet politique : jamais nous ne crierons d’une même voix. Nous regrettons que la défense de ces animaux ne soit pas corrélée à la défense d’une production dirigée vers la satisfaction des besoins et non des profits.

Salarié·e·s de l’élevage, nous revendiquons un autre rapport à la production, un autre rapport aux animaux.

Une autre agriculture est possible, affranchie des rapports de production capitalistes. S’extraire des logiques de profit et de l’exploitation humaine et animale est la condition sine qua non pour une agriculture qui respecte les vivants : humains et animaux.

Travailleurs et travailleuses de la production agricole, nous battre contre ces logiques mortifères c’est aussi se battre contre les logiques de profit qui régissent notre travail.

Avec les producteurs qui le souhaitent, il nous appartient de penser un futur où les animaux ainsi que celles et ceux qui vivent avec pourront vivre dans la dignité.

Syndicat des Gardien·ne·s de Troupeaux

FNAF CGT s g t c g t . n o b l o g s . o r g

LEPOING
Alors que les actions d’agriculteurs-trices se multiplient contre les abattages liés à la dermatose nodulaire, une colère plus large semble ressurgir. À la croisée d’une crise sanitaire, d’un modèle agricole fragilisé et des négociations commerciales avec le Mercosur, le monde agricole pourrait-il replonger dans une mobilisation d’ampleur ?

« L’État nous respecte pas, nous non plus. ». Le message affiché sur une banderole accrochée ce vendredi 12 décembre à la grille de la sous-préfecture de Lodève ne laisse que peu de doutes. La colère agricole refait surface.

Des actions dans l’Aude, l’Aveyron et l’Hérault

La Coordination Rurale* de l’Hérault menait une série d’actions dans la petite ville visant les deux entrées du bâtiment officiel et le centre des impôts. En soutien aux éleveurs-euses en Ariège victimes d’abattage de troupeaux ayant contracté la dermatose nodulaire.

À Béziers, deux agriculteurs étaient interpellés suite à l’incendie du portail de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), samedi 13 décembre 2025 au matin. Le dispositif de police a été renforcé sur la ville. « Toutes les unités de police BAC, CDI, BST, GSP sont mobilisées et équipées, les brigades en repos sont rappelées », précisent les autorités. Une délégation devait être reçue dans l’après-midi par le préfet de l’Hérault, à Montpellier. Deux ans après l’intense révolte agricole de l’hiver 2023-2024, cette multiplication des blocages présage-t-elle d’une nouvelle flambée de colère ? Les actions se multiplient depuis quelques semaines dans tout le pays contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire. Dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 décembre, des centaines de manifestant-es tentaient d’empêcher la mise à mort d’un troupeau. Une vache y avait été repérée comme contaminée, dans une ferme de Bordes sur Arize en Ariège. Soit le département où les agriculteurs-trices ont le revenu moyen le plus faible, 765 euros mensuels en 2021 selon l’Insee.

D’où d’intenses affrontements avec les forces de l’ordre, déployées par centaines. Ces dernières n’ont pu accéder au troupeau qu’à grand renfort de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement, avec l’appui de blindés de la gendarmerie. Le rassemblement de soutien avait été appelé par la Coordination Rurale et la Confédération Paysanne**. Avec des appels à soutien du mouvement écologistes Les Soulèvements de la Terre. Des groupes d’extrême droite, comme l’Action française, étaient également présents.

Dans la foulée la Confédération Paysanne lançait ce vendredi 12 décembre un appel à généraliser les blocages. En Ariège, le lendemain, près de 150 agriculteurs-trices coupaient la RN20 qui mène au Pas-de-la-Case en Andorre. Pour un blocage sans limite.

Un blocage est aussi en cours sur l’A64 au niveau de Carbonne, près de Carbonne. «S’il faut rester jusqu’à la Noël, on le fera», promet un jeune ouvrier agricole mobilisé au Figaro. C’est exactement à cet endroit qu’avait commencé le durcissement du mouvement de l’hiver 2023-2024, avec un très long barrage lancé depuis une manifestation toulousaine par un adhérent de la FNSEA***, Jérôme Bayle, fondateur par la suite des « Ultras de l’A64 », dont la liste asyndicale a remporté la chambre d’agriculture de Haute-Garonne en février 2025.

D’autres blocages et manifestations ont eu lieu au Pays Basque, en Aveyron, en Lozère, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Doubs…

Un peu avant 18h, toujours ce samedi 13 décembre, le ministère de l’Intérieur recensait 43 actions en cours, rassemblant 2.000 personnes environ. Laurent Nuñez a répété que les forces de l’ordre devaient faire preuve de “souplesse” et de “tact” . Il a également demandé des interventions de la police ou de la gendarmerie en cas de “violences” et “d’exactions”.

Une gestion « plus effrayante que la maladie elle-même »

Le déclencheur de cette agitation est la gestion jugée brutale de la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire. Contacté par Le Poing, Dominique Soulié, de la Confédération Paysanne de l’Hérault, revendique avec son syndicat la fin de la suppression totale des troupeaux dès qu’une ou quelques bêtes sont contaminées, et plaide pour une vaccination élargie sur la base du volontariat. Au niveau national, la Conf’ dénonce une gestion « plus effrayante que la maladie elle-même ».« On sait que l’abattage systématique ne marche pas, la maladie continue à s’étendre. », défend-il. Pour Jean-Marc Sabatier, chercheur au CNRS, « des mesures alternatives existent, dont l’isolement temporaire des animaux malades ou des traitements symptomatiques combinés. » Jean-Marc Sabatier était cité dans une enquête de Marianne au titre évocateur, “Antivax, complotistes, partisans de la biodynamie, fans d’OVNI ou de guérisseurs… Ces scientifiques du CNRS en roue libre”, publiée le 1er juin 2025. Il y était désigné comme “personnage important de la désinformation autour de la vaccination”. Aujourd’hui, quatorze mois sont nécessaires pour regagner le statut «indemne» après le vaccin. « Avant d’être une mesure sanitaire, c’est une mesure économique, pour pouvoir permettre aux exportations de ne pas être bloquées par les normes européennes. », enchaîne Dominique Soulié. La maladie touche désormais quatre départements en Occitanie, poids lourd de l’élevage en France : les Pyrénées-Orientales, l’Ariège, les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne, où un cas a été annoncé vendredi.

La Coordination Rurale et le Modef**** portent des revendications semblables à celles de la Confédération Paysanne sur la dermatose. Les trois syndicats se retrouvent ensemble sur les rassemblements.

Le gouvernement craint contamination et blocage des exports

« Pour sauver toute la filière, l’abattage est la seule solution » , a estimé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ce samedi 13 décembre au matin. La ministre met en avant une stratégie qui aurait fait ses preuves en Savoie et Haute-Savoie où la dermatose est apparue en France, en juin. Quant à une vaccination générale, elle s’est dite « ouverte au dialogue […] On va commencer par étendre la zone vaccinale, autour des foyers de contamination ». Les pouvoirs publics craignent une contamination à grande échelle du cheptel français. Ou des difficultés à l’export en cas de vaccination large. La dermatose est non transmissible à l’humain, mais peut entraîner la mort des animaux. Jacques Guérin, président du conseil national de l’ordre des vétérinaires, estimait auprès de l’AFP que « si le modèle sanitaire français est mis à mal, l’impact pour la totalité des éleveurs sera terrible », dénonçant par ailleurs des « pressions inacceptables » sur les professionnel-les chargé-es par l’État d’abattre des troupeaux. Annie Genevard devrait échanger prochainement par visioconférence avec des élu-es des zones concernées par les foyers de dermatose.

La FNSEA, alignée sur le gouvernement

La voix dissidente dans le paysage syndical est celle de la FNSEA. Le patron de l’organisation appelle les éleveurs-euses à la « responsabilité » face à la crise, et le syndicat épouse la position du gouvernement, évoquant « un consensus scientifique ». Idée battue en brèche par Jean-Luc Mélenchon, qui déclarait ce samedi 13 décembre que « des institutions scientifiques et professionnelles estiment qu’on peut faire autrement ».

Une crise qui touche un secteur en grande difficulté

La crise de la dermatose touche un secteur où les revenus sont particulièrement bas. Selon l’INSEE, le revenu agricole moyen était en 2021 de 1 910 euros par mois. Avec d’énormes disparités : « 40% sont de grandes entreprises agricoles et font partie des franges économiques de la bourgeoisie et l’élite agricole, viticole, appartient même aux cercles de la grande bourgeoisie. Mais il y a aussi toute une partie à revenus faibles, voire très faibles, malgré un patrimoine qui les distingue des ouvriers, dont ils sont proches culturellement », expliquait au Monde Gilles Laferte, de l’Inrae, en février 2024. Ce dernier parle de « classe populaire à patrimoine ». Selon l’INSEE, le taux de pauvreté des personnes vivant dans un ménage agricole atteignait 16,2 %, contre 14,4 % pour l’ensemble de la population. Et grimpait jusqu’à 25% pour les éleveurs-euses bovins. Géographiquement parlant, Lucien Bourgeois, économiste spécialiste des questions agricoles, situe les plus grandes difficultés dans le Sud et le Sud-Ouest. Les éleveurs-euses de petits cheptels de vaches allaitantes dans le Massif central ou dans les Pyrénées étant parmi les plus modestes.

Selon le « Portrait des professions en 2022 », publié par l’INSEE le 29 avril 2024, les agriculteurs-trices travaillaient en moyenne plus de 54 heures par semaine. La moitié d’entre eux déclaraient travailler le soir, 1 sur 5 de nuit, et près de 9 sur 10 le week-end.

« La politique agricole du moment c’est de tout détruire »

Cette situation résonne avec une autre crise : celle de la viticulture méditerranéenne. Le 15 novembre, une manifestation réunissait 7000 personnes dans les rues de Béziers. Les régions viticoles les plus en difficulté (ex-Languedoc-Roussillon, Sud-Ouest, Bordelais) produisent surtout du rouge. « Le rouge ne se vend plus, les gens veulent du blanc et des bulles »expliquait à Reporterre Sophie Bataillard, 48 ans, vigneronne et porte-parole de la Confédération paysanne dans l’Aude. Le ministère de l’agriculture a annoncé fin novembre une aide de 130 millions d’euros pour financer l’arrachage de vignes. « La Coordination Rurale de l’Hérault, aux côtés des viticulteurs, a dénoncé l’arrachage imposé, la chute des prix et l’inaction des pouvoirs publics face à la crise. »communiquait la CR 34 quelques jours après la manifestation biterroise. « Les producteurs exigent un véritable plan de sauvegarde de la viticulture, le maintien des droits de plantation et des prix rémunérateurs pour vivre dignement de leur travail. » « Près de 15 000 emplois vont être supprimés dans les entreprises autour de la viticulture. », s’insurge Didier Gadéa, viticulteur à Montagnac et président du Modef dans l’Hérault. Thomas Puig, représentant des salariés de la filière viticole au conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, évoquait lui fin novembre 2025 le chiffre approximatif de 35 000 emplois menacés. « C’est un plan social de la viticulture, qui laissera dans la misère de nombreuses familles et villages. De grands groupes comme des groupements de producteurs-trices, des gros-ses propriétaires, des négociant-es, profitent d’opportunités pour continuer de planter et fournir le marché à des prix toujours plus bas, avec l’aide d’argent public. », constate Didier Gardéa.

Le Modef revendique des prix planchers, fixés et garantis par l’État. Mais aussi l’abandon du plan d’arrachage, et des aides à la plantation de cépages résistants. « Comme avec les vaches, la politique agricole du moment, c’est de tout détruire. », rebondit Dominique Soulié de la Confédération Paysanne. Son syndicat ne participait pas à la mobilisation du 15 novembre, en désaccord avec les mots d’ordre portés par le syndicat des vignerons, les Jeunes Agriculteurs, les Vignerons Indépendants et la coopération. « On propose 4000 euros par hectares aux viticulteurs-trices pour l’arrachage, mais à côté de ça on donne des primes pour replanter. Sans perspective. Personne n’a envie de travailler sur ce que pourrait être l’agriculture méditerranéenne de demain »

Une décision sur le Mercosur dans quelques jours

Ces choix nationaux s’inscrivent dans un cadre plus large : celui du libre-échange européen. Les États européens doivent se prononcer, entre le 16 et le 19 décembre, sur la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay). Pour ce qui pourrait devenir la plus grande zone de libre-échange jamais mise en place par l’UE. Accord contre lequel les agriculteurs-trices français sont très mobilisé-es, avec une opposition syndicale unanime. La France s’oppose à une signature sans garanties. Parmi les exigences : une clause de réciprocité interdisant l’import de produits traités avec des produits phytosanitaires interdits dans l’Union Européenne. « On estime que l’alimentation et l’agriculture devraient être sortis des traités de libre-échange », explique Dominique Soulié pour la Confédération Paysanne. « Et celui-ci est d’autant plus problématique qu’on sait bien que les productions d’Amérique du Sud sont faites selon des normes très différentes, très axées agriculture intensive. » La Coordination Rurale de l’Hérault défend quant à elle des traités bilatéraux plus ciblés. Le texte que les dirigeant-es de l’UE et du Mercosur signeront est en fait un « accord provisoire », qui devra être ratifié par le Parlement européen. Ce processus pourrait être bloqué par deux autres votes parlementaires, qui se tiendront tous deux au cours des premiers mois de 2026. De quoi intensifier les enjeux d’une contestation agricole.

Depuis l’hiver 2023-2024, la donne a changé

Le mouvement de l’hiver 2023-2024 s’était interrompu après l’appel de la FNSEA à lever les blocages. Depuis, les équilibres syndicaux ont évolué. Lors des élections de 2025 aux Chambres d’agriculture, la FNSEA est restée majoritaire mais a perdu une quinzaine de chambres, au profit notamment de la Coordination Rurale et de la Confédération Paysanne.

Le soutien de la Coordination Rurale à la loi Duplomb a laissé un goût amer à plus d’une personne. Mais ces recompositions rendent l’issue d’un éventuel nouveau mouvement d’ampleur particulièrement imprévisible. En attendant, la Confédération Paysanne de l’Hérault appelle déjà à une nouvelle action. Le rendez-vous est à 8h, ce dimanche 14 décembre, à l’espace La Cadoule de Vendargues. Objectif : bloquer le rond point d’autoroute entre Vendargues et Baillargues, toute la journée, voir sur plusieurs jours.

*La Coordination Rurale est le second syndicat d’agriculteurs-trices, regroupant des petits et moyens exploitant-es en situation de fragilité sur le marché des filières de l’agro alimentaire. Elle est très critique du syndicat majoritaire, la FNSEA. De plus en plus de ses cadres affichent leur proximité avec l’extrême-droite. Le syndicat tend à radicaliser sa ligne anti-écolo, dans un contexte où le monde paysan se trouve de plus en plus pris en tenaille entre les aspirations écologiques de la société civile et la crise agricole. Non sans nuances. Serge Zaka, docteur et chercheur en agroclimatologie auquel le média écologiste Reporterre consacrait un portrait en mars 2023, est régulièrement l’invité de discussions organisées par des sections locales de la CR. La CR34 et les membres du parti Les Écologistes se retrouvaient en août pour une discussion sur les enjeux agricoles. Avec des points d’accord, en matière de rejet des mégas-bassines, de lutte contre la bétonisation, de distribution des aides de la PAC, dans la foulée d’actions virulentes menées par le syndicat après des propos de Sandrine Rousseau jugés provocateurs « J’en ai rien à péter de la rentabilité des agriculteurs. », avait déclaré cette dernière interrogée à propos de la loi Duplomb visant à réduire les contraintes réglementaires des agriculteurs-trices pour l’usage des pesticides, adoptée le 8 juillet 2025

**Troisième syndicat agricole, classé à gauche, qui organise des petit-es et moyen-nes exploitant-es, avec une bonne proportion d’exploitant-es en reconversion, souvent attiré-es par la très forte identité agro-écologique mise en avant par l’organisation.

***La FNSEA est le principal syndicat agricole, et revendique 212 000 adhérents-es sur 400 000 exploitant-es. Plus 50 000 chez les Jeunes Agriculteurs, son « antichambre » qui regroupe les moins de 35 ans. Les Jeunes Agriculteurs peuvent suivre une ligne autonome. En 2019 ils remportaient la Chambre d’Agriculture de Guadeloupe avec le Modef, contre la FNSEA. En 2025 sa section corse avait envisagé une alliance avec la Coordination Rurale. La FNSEA syndique des exploitant-es de toutes tailles, inséré-es dans les filières agro-alimentaire, mais défend les intérêts des plus gros-ses. Ce qui est très visible dans sa défense d’une attribution des aides de la PAC à l’hectare plutôt qu’à l’exploitant-e. Elle est dirigée par Arnaud Rousseau, à la tête d’une immense exploitation agricole de plus de 700 hectares. L’homme est aussi président du groupe agro-industriel Avril, qui regroupe Lesieur, Puget. Il est actif dans l’alimentation des animaux d’élevage, les agrocarburants ou encore la chimie des huiles et protéines végétales, et président du Conseil d’Administration de Sofiprotéol, qui finance des crédits aux agriculteurs.trices. La FNSEA est une organisation tentaculaire sans équivalent en dehors de l’agriculture. Elle a un contrôle sur une bonne partie de la presse spécialisée. Elle fournit des services à ses adhérent-es, et est présente dans de nombreux organismes encadrant le monde agricole, comme le Crédit Agricole ou la Sécurité Sociale agricole, la MSA. Si bien qu’on peut y adhérer sur une logique d’un « il vaut mieux en être ».

****Le Mouvement de défense des exploitant-es familiaux, ou Modef, classé à gauche, syndique principalement des petit-es agriculteurs-trices, quel que soit leur mode de production. Tout en défendant une transition écologique. Le syndicat est aujourd’hui affaibli, en dehors de quelques bastions comme les Landes, la Martinique ou la Guadeloupe.

Communiqué d’éleveurs et éleveuses des Soulèvements de la terre

Nous en sommes à 3000 bêtes abattues avec des pressions punitives invraisemblables des pouvoirs publics. Les élevages touchés depuis le début de l’épidémie sont sacrifiés, non pas en raison d’une rationalité sanitaire (il existe des stratégies alternatives d’endiguement de l’épidémie), mais pour maintenir le statut commercial dit “indemne” de la Ferme France et ainsi préserver les intérêts financiers des exportateurs. Ce que ne saisit pas la froide logique bureaucratique, c’est qu’un troupeau n’est pas “substituable” : la perte n’est pas seulement celle d’un outil productif qu’on pourrait remplacer une fois le foyer “éteint”. Le troupeau et sa lente sélection, construction, sur plusieurs générations, est ce qui fait la singularité quasi artisanale du métier d’éleveur, que rien ne viendra remplacer. La destruction intégrale d’un troupeau est l’anéantissement des décennies de travail paysan et de compagnonnage sensible avec ses bêtes.

Nous, éleveurs et éleveuses de la Coordination agricole des Soulèvements de la Terre, appelons à nous opposer et à mettre fin à cette aberration, par tous les moyens nécessaires et adéquats, et à rejoindre les blocages organisés partout à travers le pays.

Aux dirigeants du syndicalisme prétendument majoritaire qui nous accuseraient d’être “irresponsables”, nous répondons que l’irrationalité sanitaire n’est pas du côté de ceux qui résistent de toutes leurs forces aux massacres de leurs troupeaux.

Aux dirigeants de la FNSEA qui nous appellent à la « responsabilité », nous répondons que l’irresponsabilité sanitaire est dans le choix répété de tout miser sur les marchés mondiaux. Les conséquences économiques à court terme d’une gestion raisonnable de l’épidémie, mettant en risque l’exportation massive de bétail, devrait être une occasion de repenser notre modèle agricole . Tenir ceux qui résistent de toutes leurs forces aux massacres de leurs troupeaux pour responsables des folies de l’agro-industrie est aussi indécent que scandaleux.

Le refus des autorités de mettre en place, au-delà des mesures de “dépeuplement” qui commencent à démontrer leur inefficacité, de réelles mesures préventives à la catastrophe sanitaire qui se profile avec le retour en masse après l’hiver des insectes hématophages, vecteurs de la maladie, met en danger la totalité des troupeaux du pays. Il y a urgence à rendre possible le déploiement des protocoles sanitaires alternatifs proposés par de larges pans de la profession agricole : travail sur l’immunité collective des animaux, surveillance renforcée, euthanasie des seuls animaux souffrants « pour abréger leur souffrance », positifs à la DNC, campagne de vaccination élargie et accessible à l’ensemble des fermes qui le souhaitent…

L’entêtement du gouvernement, l’inflexibilité du ministère de l’agriculture et des dirigeants de la FNSEA sont incompréhensibles si on ne saisit pas combien il ne s’agit pas là de politique sanitaire mais d’une arme du libre-échange, et combien c’est l’ensemble des dispositifs de gestion par les normes étatiques de la production animale qui s’appuient sur le “dépeuplement” comme arme de police administrative. Reculer à cet endroit ne serait pas seulement, pour le pouvoir, contraire aux intérêts des notables de la Fédération Nationale bovine, mais fragiliserait toute l’architecture du maintien de l’ordre dans nos campagnes. Il faut rappeler que le funeste destin de la fermeture administrative et du dépeuplement est ce qui, aujourd’hui, menace les élevages paysans et la polyculture élevage toute entière (en particulier l’élevage plein air de volailles et de porcs), pour lesquels il est le plus souvent impossible de se mettre en conformité avec des normes biosécuritaires taillées pour les filières industrielles : rappelons nous que de simples “non-conformités” aux règlementations en matière de biosécurité, de traçabilité et d’identification animales peuvent et ont déjà entraîné par le passé des abattages de cheptel, et nous comprendrons la centralité politique d’un tel dispositif. La remise en cause du dépeuplement comme arme souveraine du complexe agro-industriel pour mettre au pas les fermes et les pratiques faisant obstacle à son hégémonie et à ses intérêts ouvre ainsi aussi une brèche, une fenêtre de tir stratégique pour s’attaquer aux emprises bureaucratiques commandées par une rationalité industrielle et mercantile qui n’admet ni menace ni altérité.

La révolte en cours a lieu dans un réel contexte extrêmement inquiétant de démultiplication d’épizooties et de zoonoses dont l’émergence et l’expansion sont largement provoquées par des ravages environnementaux qui font tomber une à une les barrières écologiques qui constituent des freins à de telles pathologies (fièvre catarrhale ovine, maladie hémorragique épizootique, tuberculose bovine, dermatose nodulaire contagieuse, salmonelles, influenza aviaire, peste porcine africaine…). La destruction des écosystèmes, en éclatant les barrières inter-espèces, induit une prolifération de zoonoses, de sauts des pathogènes entre les espèces… L’appauvrissement de la biodiversité domestique fait également tomber un certain nombre de barrières immunitaires … Le réchauffement climatique est en grande partie responsable de l’expansion des maladies vectorielles (contre lesquelles les solutions d’éradication totale des insectes vecteurs demeurent des vues de l’esprit)… La concentration animale, l’hypersegmentation des filières et l’augmentation des flux industriels et internationaux d’animaux, où on passe constamment d’une unité spécialisée à une autre, avec des sites éloignés géographiquement, jouent comme des catalyseurs et accélérateurs pour l’expansion des maladies… De manière connexe, l’effondrement des populations de petits gibiers au profit de quelques espèces généralistes conduit les sociétés de chasse à se “spécialiser” dans le gros gibier (notamment le sanglier) qui devient lui-même l’objet d’un élevage “de masse” qui ne dit pas son nom, entraînant des surpopulations (les populations de sangliers ont été multipliées par 5 en 20 ans) impliquant des problèmes sanitaires dans les élevages (Peste Porcine Africaine, Brucellose…)…

Les politiques biosécuritaires d’Etat, se réduisant à de pures opérations de police, font indûment peser l’entièreté de la responsabilité des risques sanitaires sur les exploitations individuelles pour éviter une remise en cause du système de production industrielle, ce qui revient à invisibiliser la dimension socio-écologique et systémique de ces épizooties. Il n’y aura pas de salut sanitaire pour nos fermes sans une massification de l’agroécologie paysanne et sans reprise en main par les producteurs et restructuration des filières d’élevage.

Nous appelons ainsi à rejoindre et renforcer les blocages et actions organisés par nos camarades de la Confédération paysanne. La gravité et l’urgence de la situation nous fera peut-être nous tenir aussi aux côtés des adhérent-es de la Coordination rurale. Nous ne comprenons que trop et nous partageons la colère de ceux qui ne veulent plus qu’on les « laisse crever » en silence. Mais il est important de clamer que le poison identitaire que les dirigeants de la Coordination rurale inoculent dans les campagnes, en nous rendant aveugles aux désastres écologiques et sociaux qui s’amoncellent autour de nous, nous condamne à moyen terme aussi sûrement que la FNSEA.

La longue agonie de la classe paysanne ne s’arrêtera pas par la dérive corporatiste et la fuite en avant dans l’intensification productiviste et par la recherche frénétique de nouvelles armes compétitives dans une guerre commerciale internationale perdue d’avance. Seule une politique d’autonomie paysanne et de souveraineté alimentaire articulée à un vaste mouvement social de masse, à une alliance des classes populaires contre le complexe agro-industriel et le libéralisme autoritaire, nous permettra de tirer le frein d’urgence et d’interrompre la marche forcée vers notre disparition.

Les éleveurs et éleveuses de la coordination agricole des Soulèvements de la Terre

Dermatose Nodulaire Contagieuse : l’abattage systématique, symptomatique d’une agriculture industrielle

jeudi 24 juillet 2025

Depuis quelques jours, l’État impose l’abattage systématique de troupeaux entiers de bovins là où un cas de dermatose nodulaire contagieuse est détecté. Cette maladie se transmet aux animaux par des insectes (taons, mouches) et peut impacter la production et la compétitivité de « la Ferme France » mais elle ne présente aucun risque pour les humains. On ne peut que constater que le « principe de précaution » est une nouvelle fois appliqué selon une géométrie variable, au moment même où les parlementaires et le gouvernement cherchent à réintroduire via la loi Duplomb des pesticides parmi les plus dangereux pour la biodiversité, les agriculteur·ices et la population.

Comme le rappelle notamment la Confédération Paysanne, d’autres stratégies de lutte contre cette épizootie sont possibles : l’abattage ciblé des animaux malades couplé à une politique vaccinale ont donné de très bons résultats ailleurs. La méthode privilégiée par les autorités, l’abattage systématique, vient en fait illustrer comment pandémies animales et élevage industriel sont liés, pour le plus grand malheur des paysan·nes.

En 2020, quelques jours à peine avant que la Covid-19 et les mesures de confinement ne balaient le débat public, l’ONG GRAIN publiait un dossier intitulé « L’élevage industriel sous l’emprise des pandémies en série » : une étude de cas sur la vague de peste porcine africaine (PPA) montrant comment les fermes-usines et le commerce mondialisé de viande industrielle furent les principaux vecteurs de diffusion des maladies en Russie et en Europe de l’Est, et comment les multinationales de la viande ont profité des mesures radicales de lutte qui frappèrent la paysannerie [2].

Ici, en France, la situation peut sembler différente, l’abattage préventif se « limitant » aux cheptels où un cas est identifié. Mais une même logique sous-tend ce type de stratégie sanitaire : la considération des troupeaux comme un simple « capital » substituable par un autre. Des têtes de bétail pourraient remplacer celles abattues, sous réserve que les compensations financières soient à la hauteur. Le troupeau est-il d’une génétique particulièrement recherchée ? Il suffit dès lors de valoriser cela à la hauteur de l’investissement effectué, comme pour toute autre technologie.

Cette logique d’économiste, qui raisonne selon un principe d’interchangeabilité en fonction d’une valeur marchande, méprise la réalité de l’élevage paysan. Elle ignore le rapport sensible de l’éleveur ou de l’éleveuse à ses bêtes, elle balaie le patient travail de sélection d’un troupeau : elle considère des vaches comme de simples « unités gros bovins » remplaçables par d’autres, dès lors que l’État ou une assurance privée verserait une indemnité compensatoire.

Nous sommes en 2025 et il faut le rappeler plus que jamais : tout ne se compense pas. Lorsqu’un paysan ou une paysanne perd l’intégralité de son troupeau, c’est le résultat d’années de travail et de passion qui part dans les fumées de l’entreprise d’équarrissage. C’est le sens même accordé à cette activité qui est traité avec un mépris technocratique. Et c’est souvent une vie professionnelle mais aussi intime qui se brise, et une ferme de plus qui part à l’agrandissement.

Cette « crise dans la crise » survient au moment-même où des chiffres officiels [3] viennent confirmer une fois de plus l’effondrement de l’élevage bovin en France : le ministère de l’Agriculture estime en effet que 17 % de fermes laitières et 9 % d’élevages de vaches allaitantes ont disparu entre le recensement de 2020 et l’enquête « Structures » de 2023 – et encore, sans compter toutes les petites fermes considérées comme des « micro-exploitations ». Des fermes en moins et, malgré la concentration croissante des exploitations, une diminution du cheptel : respectivement -6 et -7% en seulement trois ans.

En se bornant à procéder à de l’abattage systématique, les autorités font une fois de plus le choix de sacrifier des paysannes et des paysans, et leurs savoir-faire, sur l’autel de la compétitivité agricole industrielle.

En Haute-Garonne, la crise épidémique réveille le profond malaise du monde agricole

Les agriculteurs du département bloquent depuis vendredi 12 décembre une portion de l’autoroute entre Toulouse et Tarbes. La contestation du protocole d’abattage de bovins mis en place pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse est la partie immergée d’un iceberg de colères et d’inquiétudes face à l’avenir.

Emmanuel Riondé 13 décembre 2025 à 19h48

Carbonne

Carbonne  (Haute-Garonne).– Au lendemain de l’abattage de 207 vaches aux Bordes-sur-Arize (Ariège), un nouveau troupeau de bovins a été entièrement abattu samedi 13 décembre au matin à Touille (Haute-Garonne). La veille, la préfecture avait fait savoir en fin d’après-midi, par communiqué, qu’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) avait été détecté dans le département.

Peu avant, la sortie 27 de l’autoroute A64, à Carbonne, entre Toulouse (Haute-Garonne) et Tarbes (Hautes-Pyrénées), était bloquée dans le sens Toulouse-Tarbes, par près de 200 agriculteurs. C’était déjà le point de fixation lors de la mobilisation du monde agricole en janvier 2024. Depuis, la vallée de la Garonne est aux avant-postes de la crise de la DNC. Des Pyrénées-Orientales aux Landes, tous les départements du Sud-Ouest sont en zones réglementées et vaccinales.

Samedi matin, il est 9 h 30 et quelques dizaines de paysans sont toujours là. Un feu, un point « café/croissant/chocolatine », un braséro, un sapin de Noël planté sur un coin de remorque. Et 38 tracteurs alignés en deux files pour bloquer l’autoroute, également barrée par un mur de balles de paille sur lequel a été tendue une bâche noire qui donne le ton : « Ici continue le pays de la résistance agricole », peut-on y lire.

Le terme « continuité » est certainement le plus juste pour décrire ce qui se passe à Carbonne samedi matin. Bien sûr, l’étincelle de la mobilisation a été le protocole d’abattage mis en place par l’État pour contrer le développement de la DNC dans les élevages. Ici, la stratégie adoptée en haut lieu exaspère et révolte. « Aujourd’hui, si on détecte un cas de DNC, on abat toutes les bêtes en contact au motif que c’est une maladie très contagieuse », déplore Bertrand Loup, éleveur d’une cinquantaine de vaches limousines.

Et de poursuivre : « Ça aurait pu être efficace au tout début, en juin, quand ce n’était que sur une commune, mais là, la maladie avance plus vite que le protocole. » Bertrand Loup, lui, prône une vaccination massive, « plus aucun transit de bêtes le temps que le vaccin fasse son effet » et « uniquement du cas par cas pour l’abattage »« On abat des bêtes qui ne sont pas malades et qui sont comestibles », enrage aussi Guillaume, 47 ans, qui élève 230 brebis, une vingtaine de vaches Aubrac, une dizaine de chèvres et une trentaine de porcs.

Colère contre les autorités

L’éleveur estime que l’« on peut les soigner, on a les vaccins, il faut les sortir comme on l’a fait pour la maladie hémorragique épizootique [MHE touchant bovins, cervidés et ovins – ndlr] et la fièvre catarrhale ovine, c’est tout ». Théoriquement, la DNC ne touche que les bovins, mais comme nombre de ses collègues, Guillaume considère que les autorités ne maîtrisent pas le sujet. « Ils disent que c’est un moucheron qui transmet, mais qu’en sait-on ? C’est comme le covid ou la grippe pour nous… D’où ça arrive ? », questionne-t-il.

Cédric Baron, 46 ans, est céréalier et éleveur de 60 vaches limousines, « 60 mères, ça fait 120, 130 bêtes à peu près », précise-t-il. « Quand on voit un cas, il faut l’euthanasier bien sûr, mais de là à abattre tout le troupeau, souffle-t-il. Il faut mettre l’élevage en quarantaine. On va pas décimer tout le cheptel français ! L’État n’a pas été assez réactif dans ce dossier, les vaccins ont trop tardé. »

La gestion par l’État de la crise épidémique dans les élevages fracture le monde agricole

Après des mois de tensions autour de la stratégie ministérielle d’abattage des troupeaux en cas de découverte de cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine, des blocages sont annoncés partout en France à l’appel de plusieurs syndicats agricoles.

Marion Briswalter

13 décembre 2025 à 10h56 Mediapart

La  colère d’une partie du monde agricole s’exprime à nouveau dans la rue près de deux ans après le malaise agricole d’ampleur qu’avait exprimé la profession. Des appels « à des blocages partout en France » ont été lancés vendredi 12 décembre par la Confédération paysanne et la Coordination rurale pour protester contre l’abattage de l’intégralité des troupeaux d’une ferme en cas de découverte d’un ou plusieurs cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNCB), maladie virale fortement contagieuse, invalidante et mortelle dans 10 % des cas.

Les éleveurs et éleveuses en colère souhaitent toujours « un changement de protocole sanitaire » consistant notamment en une généralisation de la vaccination préventive en France, afin d’éviter l’euthanasie des animaux exempts de symptômes. Au 9 décembre, 108 foyers de contagion étaient détectés dans sept départements de l’est et du sud-ouest de la France.

Une option qui n’est pas retenue dans l’immédiat par la ministre de l’agriculture, Annie Genevard. Cependant, face à une convergence assez rare de l’ensemble des syndicats agricoles dans le Sud-Ouest et à la suite d’une forte montée en tension dans les fermes, la ministre a annoncé vendredi le « renforcement dans les meilleurs délais du dispositif d’indemnisation » des éleveurs et éleveuses visé·es par l’abattage de leurs troupeaux.

Annie Genevard a aussi consenti à élargir la zone de vaccination obligatoire à l’ensemble du Sud-Ouest, c’est-à-dire dans les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, le Gers, la Haute-Garonne, l’Aude, les Hautes-Pyrénées, l’Ariège et les Pyrénées-Orientales. Ce renforcement du protocole a été couplé à une interdiction généralisée du déplacement des animaux, sauf vers un abattoir, hors des zones réglementées.

Manque de connaissances

Jusqu’à présent, les déplacements d’animaux depuis des zones réglementées étaient autorisés sous conditions. Selon les données scientifiques, la vitesse de déplacement de l’infection est favorisée, et peut atteindre « quinze kilomètres par semaine », lors de mouvements de veaux, vaches ou bœufs porteurs sains et chez qui l’infection n’avait pas été détectée.

La stratégie ministérielle engagée depuis l’apparition des premiers cas en Savoie cet été, et soutenue par l’Ordre national des vétérinaires, consistait à créer un « anneau vaccinal » autour des clusters, c’est-à-dire à engager une surveillance et une vaccination d’urgence ultra-localisées des cheptels dès lors qu’un foyer de DNCB était mis en évidence. Mais désormais, l’arc pyrénéen dans son ensemble apparaît tel un rempart à une éventuelle remontée de l’épidémie vers le Centre-Ouest où la densité des élevages bovins atteint des niveaux inégalés ailleurs en France.

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Épidémie de dermatose bovine : l’écœurement d’éleveurs face au « sacrifice nécessaire » de leurs bêtes

14 août 2025

« Depuis plus d’un mois, la profession demandait l’élargissement de la vaccination pour l’ensemble des départements [pyrénéens] », a tempêté par communiqué de presse, vendredi 12 décembre, la Confédération paysanne. Au-delà, la demande d’une généralisation de la vaccination préventive dans l’ensemble du cheptel français, à l’image de ce qui a déjà été engagé en Corse ces derniers mois, est devenue une nouvelle ligne de démarcation dans le monde agricole.

De son côté, le réseau composé des Jeunes Agriculteurs, de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), de la fédération nationale bovine (FNB) et de la fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) fait bloc autour de la ministre. Et assure depuis plusieurs mois avoir « pris ses responsabilités » en n’entravant pas les campagnes d’euthanasie pilotées par les autorités sanitaires, et « en écoutant et suivant les recommandations scientifiques qui guident les mesures de gestion de la maladie prises par l’État ».

Vendredi 12 décembre, en conférence de presse, le président du groupe agroalimentaire Avril et président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a enfoncé le clou : « À ce stade, l’abattage total est la meilleure solution […] c’est ce que nous disent les scientifiques dans un consensus européen. »

En réalité, la situation est complexe. Détectée en 1929 dans des troupeaux en Zambie, la dermatose nodulaire contagieuse bovine s’est propagée ces dernières décennies hors du continent africain et a fini par gagner les élevages du sud-est de l’Europe à partir de 2015. Face au rapprochement du front épidémique, la direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’agriculture avait saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) au printemps 2016 lui demandant d’« évaluer le risque de contamination pour la France » et d’estimer « la taille d’une banque de vaccin » qu’il serait nécessaire de constituer en cas de crise.Si la vaccination n’est pas conseillée, elle s’avère être le seul moyen de contrôle efficace de la progression de la maladie.

Rapport d’expertise collective réalisé par l’Anses en 2017

 publié en 2017 commence à dater mais demeure pourtant le seul référentiel robuste et référencé sur le site de l’Anses. Avec prudence, et soulignant le peu de recul et de connaissances accumulées en Europe tant sur les vaccins disponibles que sur les modalités de contamination, un collège d’expert·es avait ainsi discuté des différents protocoles envisageables.

Le groupe avait préconisé la « vaccination » dans les zones contaminées, « seul moyen permettant de contrôler l’évolution », mais également dans les zones indemnes. « Si la vaccination n’est pas conseillée, elle s’avère être le seul moyen de contrôle efficace de la progression de la maladie en situation épizootique préconisé par l’Union européenne pour autant que le vaccin présente des garanties suffisantes d’innocuité et d’efficacité », indiquait-il. Prenant en exemple la Mayenne, qui concentre la plus forte densité de bovins en France, les expert·es avaient estimé que plus de 900 000 doses de vaccin seraient nécessaires pour atteindre en deux semaines un bon taux de couverture vaccinale.

Peur pour les exportations

Le 27 février 2020, le quatrième et dernier rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) consacré à cette thématique et disponible en ligne concluait à l’absence de résurgence en 2019 de clusters en Europe du sud-est, à la suite notamment d’une campagne de vaccination transnationale « de masse » (« supérieure à 70 % »), « coordonnée » et « soutenue par la Commission européenne ».

Un an plus tôt, l’Efsa estimait déjà « que le programme de vaccination et les autres mesures de contrôle mises en place [avaient] permis de stopper l’épidémie »« La vaccination massive du bétail à l’aide de vaccins homologues vivants figure clairement comme la politique de contrôle la plus efficace, indiquait l’autorité. Néanmoins, il existe des preuves que le virus reste présent et que les bovins non immunisés restent à risque, même dans des zones à couverture vaccinale relativement élevée. »

C’est aussi ce à quoi concluait le bulletin épidémiologique santé animale et alimentation de janvier 2018 réalisé par l’Anses et la direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère en charge de l’agriculture : « On peut considérer que la vaccination, dont la couverture a fini par être très large dans les pays européens touchés, a grandement contribué à la quasi-extinction de l’épizootie. »

Une maladie très contagieuse, qui circule activement dans la partie orientale du continent depuis dix ans.

Cependant une généralisation de la vaccination à l’ensemble du territoire national demande une logistique colossale. Et mettrait en péril les exportations françaises de viande et de lait ce qui induirait, comme l’a expliqué Le Monde, que « pendant quatorze mois après la vaccination », la France serait « soumise à des exigences sanitaires supplémentaires pour les échanges commerciaux, voire à un arrêt total des exportations suivant les pays destinataires ».

C’est là, l’un des forts enjeux de la crise agricole en cours. Il faut « prévenir toute perturbation inutile des échanges dans l’Union et éviter que des pays tiers n’imposent des entraves injustifiées aux échanges commerciaux », exprimait déjà au mois d’août la Commission européenne, dont on peine toutefois à cerner l’amorce d’une vraie réflexion autour de cette maladie très contagieuse, qui circule activement dans la partie orientale du continent depuis dix ans.

« Deux pays ont marqué leur accord pour recevoir, sous conditions, des bovins depuis la zone vaccinale », a d’ores et déjà annoncé vendredi le ministère de l’agriculture pour tenter d’apaiser la filière. Il s’agit de l’Italie, l’un des partenaires commerciaux privilégiés de la France, et de la Suisse. « La France poursuit ses négociations avec ses autres partenaires commerciaux, afin d’obtenir l’accord d’autres pays », a affirmé le ministère. Marion Briswalter

Film “Devant – contrechamp de la rétention” de Annick Redolfi

On lit sur le site du ministère de l’Intérieur que « les centres de rétention administrative ont été officiellement créés par la loi du 29 octobre 1981 ». Derrière cette phrase, il y a toute l’histoire du centre d’Arenc, un hangar des quais du port de Marseille où, de 1963 à 1975, des milliers d’étrangers ont été détenus, à la discrétion de l’administration, jusqu’à leur embarquement forcé sur un navire. Ce centre de rétention « avant la lettre » existait en dehors de tout cadre juridique, les détenus étaient privés d’accès à un avocat et de tout contact avec l’extérieur.

Le centre occupait le deuxième étage d’un hangar désaffecté d’une zone industrielle à proximité de la gare maritime. Ces locaux (quelques bureaux et une salle d’attente, accessibles uniquement par un escalier métallique externe) avaient été cédés à la Sécurité publique par la Chambre de commerce de Marseille au début des années 1960.
L’utilisation de ce bâtiment comme lieu de détention se situe dans le contexte de la fin de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962).

Dans l’émission de ce jour, nous recevons Annick Redolfi, pour son Film “Devant – contrechamp de la rétention”. En sa compagnie, nous parlons de ce qu’il l’a motivé pour réaliser ce film. Son itinéraire, son refus de tout enfermement, en un mot la liberté pour toutes et tous. Dans l’émission, nous entendrons trois extraits du film.

Intentions par Annick Redolfi

Il est des injustices qui nous insupportent plus que d’autres. Celle que vivent les personnes dites « sans papiers » en France m’interpelle depuis que je suis arrivée à Paris. En 1996, un collectif de « sans-papiers » occupe l’église Saint Bernard, tout proche de mon domicile. L’épisode médiatisé donne alors un coup de projecteur sur la réalité de ces femmes et ces hommes immigrés à qui l’administration refuse de délivrer un titre de séjour, alors qu’ils travaillent, ont des enfants nés sur le sol français, participent à la vie sociale et économique. Depuis, le mot est entré dans le langage courant et colle à la peau d’êtres humains, les privant de leur humanité. Comme si on pouvait être « sans papiers » par essence. Ça rend la tâche de déshumanisation plus facile pour l’administration et les politiques discriminatoires envers les étrangers. Nous voilà bientôt 30 ans plus tard. Les choses ont affreusement empiré. Ce qui nous paraissait alors totalement inconcevable est devenu tout à fait légal, comme le délit de solidarité. Comme enfermer en prison pendant plusieurs mois des personnes qui n’ont commis ni crime ni délit.

Un jour, j’ai entendu à la radio que des « sans papiers » avaient mis le feu au centre de rétention de Vincennes. C’était en 2008. Cela se passait tout près de chez moi encore une fois. J’ai lu le récit des personnes retenues. J’ai décidé de rendre compte de ce qui se passait dans ces lieux invisibles. Et que Mon désir d’en faire un film est né. Je me suis rapprochée des citoyens engagés qui ont créé l’Observatoire du centre de rétention de Vincennes. J’ai fait des visites aux retenus pour rendre compte des parcours des personnes enfermées et de ce qui se passe dans les centres de rétention.

N’ayant pas obtenu l’autorisation de filmer dans le centre de rétention, j’ai cherché la forme que pourrait prendre ce film. C’est en passant de nombreuses heures d’attente à discuter avec les autres visiteurs que le dispositif filmique s’est imposé. L’accueil des visiteurs. Lui, je peux le filmer. Même si Les policiers de garde veillent à ce que la caméra ne soit jamais tournée vers le centre de rétention. Ce qui m’est apparu d’abord comme une contrainte est devenu la force du film : en observant la rétention en plans serrés, j’englobe/ais le lieu d’enfermement et tous ceux qui sont pris dans son champ de gravité : les visiteurs des retenus et au-delà, la société française dans son ensemble. L’accueil des visiteurs est un lieu frontière, entre intérieur et extérieur. C’est là que se joue tous les jours le même théâtre de l’absurde : celui de l’enfermement de personnes étrangères qui n’ont commis ni crime ni délit, mais qui n’ont « pas de papiers ».

Dans cet espace, nos personnages évoluent à huis clos dans une dynamique de l’attente qui évoque la pièce de Samuel Beckett «En attendant Godot». Ils sont nos fenêtres sur l’intérieur interdit, l’incarnation de l’extérieur invisible, les passeurs du vécu d’un enfermement qui est aussi le leur car il s’inscrit dans leur histoire intime. Ils sont des révélateurs, montrant comment notre société assigne l’Étranger au rôle d’indésirable. Comment la France n’est pas le pays des Droits de l’Homme qu’elle prétend incarner.

Derrière ces parcours de la rétention, le film dépeint une réalité française que nous ne voulons pas voir. Il questionne un système institutionnalisé de criminalisation de l’étranger qui se durcit au fil des lois sur l’immigration. Un système absurde car il est aussi inefficace et coûteux, qu’inhumain et indéfendable. L’invisibilité de la rétention dans la société, la banalisation de la figure du « sans-papiers » sont autant de symptômes d’un glissement idéologique dangereux, d’une vision politique pernicieuse de notre avenir qui efface le sens des mots « hospitalité » et « humanité ». Il ne se passe pas une rencontre avec les visiteurs du centre de rétention de Vincennes sans que l’on me demande : « Où est la France, pays des droits de l’homme ? » Je n’ai toujours pas la réponse.


site du film : https://www.iskrafilms.com/DEVANT

https://www.facebook.com/iskrafilm/

VIVRE SANS POLICE : du long été au crépuscule d’exarchia, par Victor Collet

Aujourd’hui, vous allez pouvoir écouter la présentation du livre ; Vivre sans police par son auteur ; Victor Collet. L’occasion de revenir sur l’histoire récente du quartier Exarchia, quartier du centre d’Athènes qui s’est affranchi pendant une décennie du contrôle de la police, mais aussi de revenir sur la crise monétaire internationale de 2008 qui a assujetti la Grèce aux diktats de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds Monétaire International mettant le peuple à genoux et nous imposant de renflouer les banques.

« Mecque des anarchistes, paradis pour anarchotouristes, zoo émeutier pour jeunes égarés, quartier de la résistance ou de l’insurrection contre la dictature des colonels, de la révolte et des émeutiers après décembre 2008, quartier des intellectuels, petit coin laborieux des artisans, maisons d’édition, libraires, imprimeurs, luthiers, quartier paisible et bariolé, commerçant et festif, « contre culturel » ou « alternatif », de plus en plus branché, gentrifié, approché puis envahi par les touristes à la nuit tombée, quartier de tous les refuges, des sans-abris et des exilés, des antifascistes et des hooligans de l’AEK Athènes, des dealers et des mafieux, des koukouloforoi, (jeunes encagoulés et délinquants sociaux), quartier de tous les départs, vidé par les Airbnb, la marchandisation ou le folklore militant, quartier des assemblées et des disputes interminables entre groupes militants, à l’agonie devant sa militarisation, étouffé par les barrières métalliques et des projets urbanistes délirants, cœur de ville et place cathartique d’une politique du quartier, de la capitale, du pays.

Décrire Exarchia, le quartier de toutes les hyperboles, version miniature (et extrême) des conflits nationaux, mais aussi des fantasmes et projections du gratin militant international… Autant renoncer d’emblée. Mais n’est-ce pas le propre des mythes que d’échapper aux tentatives d’accaparement ? De ne pas se laisser enfermer ou réduire à une définition, une dimension et une direction qui répondent à des intérêts ? Un quartier, aussi polymorphe qui plus est, ne se laisse pas si facilement attraper. À tout prendre, autant choisir un point de vue, et pourquoi pas le mien. »

Comment un quartier peut-il s’affranchir pendant toute une décennie du contrôle de la police ? Victor Collet nous guide dans Exarchia, dans ses squats, ses violences, ses solidarités, ses espoirs déchus, ses victoires… pour nous montrer les possibilités qui existent, lorsque des habitants réussissent à tenir tête au fascisme, que celui-ci soit militant ou étatique ou les deux.

Il parvient à faire l’histoire singulière d’un pays dont il a éprouvé les crises et l’inscrit dans celle, plus large, des villes qui résistent, coûte que coûte, à toutes formes d’oppression. Si le récit de la Grèce peut être lu comme un récit d’anticipation à bien des égards, il donne aussi des raisons d’espérer. Comprendre Exarchia, c’est comprendre ce qui a marché, entrevoir ce qui aurait pu marcher, et s’inspirer des raisons de l’impossibilité à rester un îlot imperméable aux logiques d’oppression, afin de, peut-être, recréer ailleurs des réseaux de solidarité.

“PERSONNE N’EST ILLÉGAL”

À l’occasion de la Journée internationale des migrants, célébrée chaque année le 18 décembre, nous vous diffusons aujourd’hui, la présentation de l’ouvrage d’Anne Volery ” Personne n’est illégal”, réalisée sans les studios de FPP, avec notamment des représentant-e-s de la coordination sans papiers de Montreuil (CSPM), du CSP75, et de l’intercollectif des sans-papiers. Avec eux, et grâce à cet ouvrage, nous revenons sur leurs luttes passées et faisons un appel pour la mobilisation du 18 décembre intitulée cette année ” une journée sans nous”. Cette journée d’action, initiée par les collectifs de personnes sans papiers et immigrées, appelle à une grève solidaire et politique contre le racisme d’État, la précarisation et le recul des droits des personnes migrantes en France. L’appel est donné à 12h sur la place de la République pour l’installation d’un camp de base ; à 15h aura lieu une Assemblée publique sur la Place de la République ; pour un départ en manifestation à 17h en direction de l’Opéra de Paris.

Les revendications pour cette journée :

  • L’abrogation immédiate de la loi Darmanin et des circulaires Retailleau
  • L’égalité des droits pour toutes et tous : école, logement, santé, culture, travail
  • La régularisation des sans-papiers
  • La fermeture des centres de rétention administrative
  • La justice sociale, la solidarité, et la lutte contre le racisme et le fascisme

Le livre :
Depuis le mouvement des sans-papiers de 1996, qui a vu l’occupation de l’église Saint-Bernard, le mouvement s’est structuré au sein de collectifs et de coordinations de collectifs. Leurs revendications : la régularisation de tous les sans-papiers, la liberté de circulation et la liberté d’installation. Ce qui les pousse à agir : sortir de l’aliénation du travail au noir, échapper à l’arbitraire des préfectures et à la peur des contrôles policiers.

À travers les photographies et la parole des délégués de la Coordination 75 des Sans-Papiers et de l’Intercollectif d’Île-de-France, ce livre donne à voir et à entendre une lutte continue pour des droits, mais aussi les acteur.ice.s de cette lutte. Les photographies, exclusivement prises en manifestation entre 2020 et 2025, permettent de voir évoluer un collectif formé d’individualités ; elles montrent la nécessité de la lutte, qui se lit dans les regards, et la force que donne l’action collective. Les entretiens permettent de comprendre cette lutte et de saisir ses formes et ses enjeux actuels. Ils se sont déroulés entre novembre 2024 et juillet 2025 et ont permis de récolter les récits de 20 délégués, de 8 collectifs et associations de la région parisienne.

«Personne n’est illégal». Photographies et récits de Sans-Papiers en lutte (2002-2025), un livre d’Anne Volery et de la Coordination 75 des Sans-Papiers, avec la participation de l’Intercollectif des Sans-Papiers, 160 p, 2025, 20EUR – ISBN : 979-10-979706-0-4

Pour tout renseignement :
personne.n.est.illegal@gmail.com
Pour commander le livre :
règlement par chèque à l’ordre de DIEL d’un montant de 29EUR (livre+frais de port) à envoyer par voie postale à : DIEL (Droits Ici Et Là-bas) – Boîte 158, Maison des associations du 11e, 8 rue du Général-Renault 75011 Paris.

présentation de la 2e édition du guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël

Stop Arming Israel France est un collectif créé en novembre 2023 pour répondre à l’appel des syndicats de travailleur·ses palestinien·nes : « End all complicity. Stop arming Israel. »

De la PME à la multinationale, au moins 44 entreprises françaises participent au commerce d’armement d’Israël. C’est ce que montre la 2ᵉ édition du guide de Stop Arming Israël France, publiée ce 9 novembre 2025.

Alors que le génocide en Palestine se poursuit, qu’Israël multiplie les violations du cessez-le-feu avec des frappes sur Gaza et le Liban, que la colonisation continue sur l’ensemble du territoire palestinien, le collectif Stop Arming Israel France dévoile le résultat de plusieurs mois de recherche sur la participation d’entreprises françaises au commerce d’armement avec Israël.

En mars 2024, une première édition de notre Guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël recensait les liens de 10 entreprises avec le complexe militaro-industriel israélien. Aujourd’hui, ce sont 34 nouvelles entreprises qui font leur entrée dans cette nouvelle édition du Guide.

Dans l’émission de ce jour, nous recevons Loïc et Fanny, membres de stop arming Israël France, pour la présentation de l’édition 2025 du guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël.

Guerres coloniales et impérialistes : l’arsenal du poison et de la mort

Le 26 novembre dernier au Baranoux était organisé un débat autour du thème “guerres impérialistes et génocides : comment lutter à armes inégales” par le collectif “Vietnam dioxine“, en association avec “Urgence Palestine“, le média soudanais Sudfa, et le collectif Guerre à la guerre. Présent également une personne qui nous parlera de la situation dans le dit “Sahara occidental”. Était ainsi évoqué la question de l’armement et de la complicité occidentale, et notamment des armes chimiques quelques jours avant la journée internationale des victimes des armes chimiques, le 30 novembre. La prise de parole concernant l’intervention d’Urgence Palestine n’ayant pu être prise, nous vous liront à la place des textes, l’un traitant de l’emploi du phosphore blanc à Gaza et au Liban par Human Right Watch ; un autre, une tribune du collectif Vietnam-Dioxine appelant à identifier les victime pour envisager une « réparation digne ».

A lire :
«Les armes chimiques tuent encore, à quand la fin de l’impunité ?»

EN SERBIE MALGRÉ LA RÉPRESSION LE MOUVEMENT CONTINU

Jeudi 27 novembre 2025, Amnesty International Paris, organisait une rencontre sur les droits humains en Serbie. En novembre 2024, les étudiants serbes descendent dans la rue, contre la corruption, pour la justice, pour un changement. Depuis, la protestation s’étend et se généralise. Face à une société en mouvement les autorités répondent par la répression.

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une partie de cette rencontre

Étaient présents :

Teodora Cirilovic, franco-serbe, soutien du mouvement en France

Jean-Arnault Dérens, rédacteur en chef du Courrier des Balkans et

Lazar Jeremic, étudiant et manifestant venu spécialement de Serbie,

le Pr Miodrag Jovanovic, Professeur de la sociologie et de la théorie et philosophie du droit, Faculté de droit de l’Université de Belgrade, en visioconférence depuis Belgrade

Ana Otasevic, doctorante à l’EHESS, documentariste, collaboratrice du Monde diplomatique, spécialiste des Balkans

Serbie Rapport d’Amnesty

Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Serbie en 2024.

Des manifestant·e·s et des journalistes ont fait l’objet d’actes d’intimidation, de manœuvres de harcèlement et de poursuites judiciaires abusives pour s’être mobilisés sur des questions d’intérêt public. Aucune mesure crédible n’a été prise pour que les responsables de crimes de guerre aient enfin à rendre compte de leurs actes. Le gouvernement a au contraire cherché à édulcorer une résolution de l’ONU concernant le génocide de Srebrenica. La discrimination à l’égard des Roms et des personnes LGBTI, ainsi que des réfugié·e·s et des migrant·e·s, constituait toujours une préoccupation majeure. Le nombre de personnes réfugiées ou migrantes transitant par la Serbie a diminué, mais ces personnes restaient exposées à des abus et à des violences aux frontières.

CONTEXTE

La mise en œuvre de l’accord négocié sous l’égide de l’UE entre la Serbie et le Kosovo concernant la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays était au point mort. La Cour constitutionnelle a annulé en juillet un décret pris en 2022 par le gouvernement qui bloquait l’ouverture d’une mine de lithium et de bore dans la vallée de la Jadar. Cette décision a déclenché dans tout le pays une vague de manifestations de grande ampleur. Peu de temps après, le gouvernement a pris un nouveau décret approuvant le projet d’exploitation. Toujours au mois de juillet, la Serbie et l’UE ont conclu un protocole d’accord et un partenariat stratégique sur les matières premières durables. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pendant des mois contre l’extraction du lithium, dénonçant les dommages irréversibles qu’elle risquait de causer à l’environnement.

Liberté d’expression

Des procédures-bâillons ont été ouvertes contre des journalistes d’investigation, des militant·e·s et des défenseur·e·s des droits humains, qui continuaient par ailleurs de faire l’objet d’un dénigrement systématique de la part d’organes de presse favorables au pouvoir en place. En juillet, une chaîne de télévision progouvernementale très populaire a accusé une quarantaine d’organisations de la société civile de « mener une guerre spéciale contre la Serbie » pour le compte de puissances étrangères. Cette chaîne a diffusé des données détaillées sur les finances de ces organisations, y compris les noms de certains membres de leur personnel, des informations bancaires et des indications sur des transactions – autant d’éléments censés être confidentiels. Plusieurs responsables gouvernementaux ont appelé de façon répétée à l’adoption d’une « loi sur les agents de l’étranger » destinée à faire taire toute dissidence. L’Association indépendante des journalistes de Serbie (NUNS) a signalé plus de 150 cas de menaces ou d’agressions visant des journalistes cette année. À lui seul, le Réseau de reportage sur la criminalité et la corruption (KRIK) a fait l’objet de 16 procès abusifs pour ses activités de journalisme d’investigation.

En mars, le Comité des droits de l’homme [ONU] s’est inquiété de la persistance de propos discriminatoires visant des journalistes, tant en ligne que dans les médias traditionnels, y compris de la part de personnalités politiques et de hauts responsables.

Liberté de réunion pacifique

Les manifestations, en particulier celles liées à l’environnement, ont été lourdement encadrées par les forces de l’ordre, qui n’ont pas hésité à recourir à une force excessive ni à procéder à des arrestations arbitraires. À la suite des manifestations contre l’extraction de lithium qui ont eu lieu en août, 33 militant·e·s au moins ont été arrêtés dans 17 villes de Serbie. Nombre d’entre eux ont été placés en détention ou interrogés en raison de commentaires qu’ils avaient publiés sur les réseaux sociaux ou pour avoir simplement participé à des manifestations pacifiques. Plusieurs ont été inculpés d’infractions pénales disproportionnées, telles que l’« incitation au renversement violent de l’ordre constitutionnel », et ont subi des interrogatoires prolongés, des perquisitions de leur domicile et la confiscation de leurs téléphones et ordinateurs.

Amnesty International a révélé en décembre des éléments prouvant qu’un logiciel espion illégal et diverses autres techniques invasives relevant de la criminalistique numérique étaient largement utilisés par les autorités pour surveiller des militant·e·s et des journalistes indépendants. Après la publication de ces informations, plusieurs organisations locales de la société civile ont porté plainte contre la police et l’Agence d’information sur la sécurité pour avoir développé et utilisé un logiciel espion et accédé sans autorisation à des données personnelles.

Droit à la vérité, à la justice et à des réparations

La Serbie a fait part de sa réprobation face à l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies d’une résolution faisant du 11 juillet la Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide commis à Srebrenica en 1995.

Plus de 1 700 affaires de crimes de guerre n’avaient toujours fait l’objet d’aucune enquête en Serbie.

Le procès de sept anciens policiers serbes de Bosnie accusés d’avoir participé, en juillet 1995, au massacre de 1 313 Bosniaques de Srebrenica dans les locaux de la coopérative agricole de Kravica n’a guère avancé en raison de multiples reports d’audiences.

En Serbie, des logiciels espions utilisés par les autorités pour espionner journalistes et militants

Publié le 17.12.2024

Dans un nouveau rapport, nos équipes d’Amnesty Tech révèlent comment des journalistes d’investigation et des militants écologistes ont vu leur téléphone infecté par un logiciel espion pendant des interrogatoires, des gardes à vues ou dépôts de plaintes auprès de la police ou des services de renseignements serbes. Il s’agit là d’une campagne de surveillance illégale menée par les autorités pour faire taire la société civile.

Les autorités serbes usent de technologies de pointe pour surveiller, espionner, ses journalistes, militants et activistes. Une répression numérique pour étouffer les mouvements de contestation.

Depuis 2021, la Serbie a été le théâtre de nombreuses manifestations contre le gouvernement. Les attaques de l’État serbe contre la société civile se sont nettement intensifiées après les manifestations massives de juillet et août 2024 contre l’extraction de lithium et contre l’accord passé entre la Serbie et l’Union européenne sur l’accès aux matières premières. 

C’est dans ce contexte que nous révélons dans un rapport de plus de 80 pages intitulé « Une prison numérique. Surveillance et répression de la société civile en Serbie », comment les autorités ont infecté secrètement les téléphones de personnes considérées comme « voix dissidentes. »

Une entreprise israélienne et un logiciel espion serbe  

C’est l’entreprise israélienne Cellebrite qui est à l’origine d’un outil d’extraction des données de téléphones portables, outil utilisé par les autorités serbes. Fondée en Israël, l’entreprise Cellebrite dispose de bureaux dans le monde entier et développe une gamme de produits pour les entités gouvernementales. Les outils de Cellebrite ont permis aux autorités serbes de déverrouiller, sans accès au code, les téléphones des personnes interrogées par la police.  

Une fois les téléphones déverrouillés, les autorités pouvaient introduire leur logiciel espion, NoviSpy. Il peut récupérer les données confidentielles du téléphone ciblé et peut allumer à distance le micro et la caméra.

Journalistes ciblés 

Slaviša Milanov est un journaliste d’investigation indépendant. En février 2024, il est arrêté lors d’un contrôle routier. Placé en détention, il est interrogé sur son travail de journaliste, téléphone éteint. À sa libération, Slaviša remarque que son téléphone, qu’il avait laissé à l’accueil au poste de police pendant son interrogatoire, semble avoir été trafiqué. Il demande alors au Security Lab d’Amnesty International d’examiner son téléphone.

Résultat : nos équipes ont bien confirmé que l’outil de l’entreprise Cellebrite avait bien été utilisé pour déverrouiller son téléphone et y introduire le logiciel espion NoviSpy.  

Nos preuves démontrent que le logiciel espion NoviSpy a été installé alors que la police serbe était en possession de l’appareil de Slaviša Milanov

Donncha Ó Cearbhaill, responsable du Security Lab d’Amnesty International

Militants piratés par NoviSpy lors d’un dépôt de plainte 

La stratégie qui consiste à installer le logiciel espion secrètement sur l’appareil d’une personne pendant sa détention ou pendant son dépôt de plainte a été largement utilisée par les autorités serbes.  Un militant d’une organisation qui promeut le dialogue et la réconciliation dans les Balkans occidentaux, a vu son téléphone infecté par un logiciel espion lors d’un entretien avec des responsables des services de renseignements serbes (BIA), en octobre 2024.  Le militant a été convié dans les locaux de la BIA à Belgrade concernant une attaque menée contre les bureaux de son organisation. Après cet entretien, son téléphone avait été infecté par le logiciel espion. 

Effets dévastateurs  

Les militants serbes que nous avons interrogés ont été traumatisés par ce système de surveillance numérique mis en place par les autorités. « Tout ce que vous pourrez dire pourrait être utilisé contre vous, ce qui a un effet paralysant à un niveau personnel tout comme professionnel », déclare Branko*, un militant pris pour cible par le logiciel espion Pegasus.

Nous nous trouvons tous dans une espèce de prison numérique (…). Nous avons une illusion de liberté, mais en réalité, nous n’en avons aucune. 

Goran*, militant ciblé par le logiciel espion Pegasus

Ce ciblage entraîne également une forme d’autocensure. « Cela a deux conséquences » indique un militant. « soit vous optez pour l’autocensure, ce qui nuit considérablement à votre capacité de travailler, soit vous choisissez de parler malgré tout, auquel cas vous devez être prêt à en subir les conséquences », déclaré Goran*, un militant également ciblé par Pegasus. 

On a envahi ma vie privée et cela a complètement détruit mon sentiment de sécurité personnelle. Cela a provoqué une grande anxiété […] J’ai ressenti un sentiment de panique et je suis devenu assez isolé. 

Aleksandar*, militant, ciblé par le logiciel espion Pegasus

Amendes, contrôles et évictions abusives

Le 11 octobre dernier était organisé une conférence aux Plateaux sauvages, à Paris, autour de la question des évictions, amendes et contrôles policiers abusifs. Cette conférences était organisée par la MCDS ( maison communautaire pour un développement solidaire). Vous pourrez entendre Magda Boutros, enseignante chercheuses au CRIS, Aline Daillère chercheuse au CESDIP, Khady Mane, présidente de l’association ” les mamans de la banane” et David Boilet secrétaire national de solidaire finances publiques.

Ça pue d’épier – Du pain et des Parpaings


Cette 30ème émission de « Du pain et des parpaings », une émission mensuelle d’actu des luttes en Bretagne et ailleurs, a été enregistrée en public place Guérin, à Brest.

Depuis 2023, dans la ville, s’est déployé un nouveau réseau de vidéosurveillance au nom de la « lutte anti-délinquance ». Géré par la préfecture du Finistère et la sous-préfecture en accord avec la municipalité brestoise, le dispositif de caméras a fait l’objet à l’été 2025 d’une mise en demeure de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) pour « cesser de mettre en œuvre le système de vidéoprotection déployé sur la commune de Brest ».

C’est dans ce contexte qu’on accueille pour discuter des enjeux de ce dispositif de surveillance et des résistances qui se fabriquent des militant.es de la Quadrature du Net, de Technopolice Paris-Banlieue, de la LDH Brest métropole ainsi qu’une habitante du quartier.

Ressources :

Le livre “Caméras sous surveillance” de Martin Drago aux Editions Terres de feu
Contact du collectif brestois : habiteretlutterabrest@systemli.org

Milipol : protestation devant le salon de la guerre contre les peuples/ Rosa Luxembourg

Ce mercredi 19 novembre 2025. Malgré le temps glacé et l’hostilité de l’endroit, une centaine de personnes, membres de la coalition Guerre à la guerre, de Stop Arming Israël et d’organisations pro-palestiniennes et soudanaises, sont venues dénoncer ce salon de la honte. En particulier la présence d’une quarantaine d’entreprises israéliennes. « Israël assassin, Milipol complice ! »

Le 11 novembre une soirée antimilitariste était organisée par la coalition Guerre à la guerre avec pour thème ; Rosa Luxembourg, passé, présente !, vous allez entendre dans cette émission une partie des interventions.

Le slogan résonne devant une rangée de banderoles aux couleurs vives sur le parvis du parc des expositions de Villepinte, au nord de Paris. L’endroit est sécurisé par des policiers armés,

Milipol désigne le plus grand salon de « la sécurité » du monde. Toutes les entreprises qui vendent des produits pour gazer, mutiler, torturer ou faire peur ont rendez-vous dans la capitale, pour exposer leurs produits aux différents dirigeants de la planète qui ont envoyé leurs représentants. Ce nom illustre à lui seul la violence d’État dans toute sa largeur, de la répression à la guerre. C’est un mélange peu subtil entre le mot « militaire » ou « milicien » et « police ».

Pendant qu’à l’extérieur, les manifestant·es contre les armes de répression sont repoussé·es par les forces de l’ordre, à l’intérieur du salon, toute l’extrême droite parade au milieu des stands et des uniformes. Ce 19 novembre, Éric Ciotti, Jordan Bardella, Marion Maréchal, mais aussi le syndicat UNSA Police ont fait le déplacement pour rencontrer les marchands de grenades, de drones et de matraques, et les policiers qui les utilisent. La veille, c’est le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez qui coupait en riant le ruban d’inauguration du salon et tweetait : « C’est avec beaucoup d’honneur, et aussi beaucoup d’attentes, que j’ai inauguré la 24e édition du salon Milipol Paris ». Dans un monde auquel les valeurs sont inversées, les fascistes et les autocrates parlent « d’honneur » quand ils vendent des armes servant à violenter le peuple, et les personnes qui s’indignent de telles pratiques qui sont réduites au silence.

L’existence de Milipol est un scandale en soi, qui devrait mobiliser l’ensemble des forces de gauche pour exiger son annulation. Mais la présence de 39 firmes israéliennes rajoute un niveau de plus à l’abjection. En effet, un « village » israélien est présent chez Milipol. Le nom de l’État sioniste apparaît en couleurs flashy, surmontant des exemplaires de fusils et de lance-grenades disposés sur de nombreux stands. Israël se vante de son savoir-faire exceptionnel en matière de répression armée et propose ainsi à ses clients des armes qui ont déjà « fait leurs preuves » contre le peuple palestinien.

Parmi les entreprises représentées, on trouve la firme Elbit, premier vendeur d’armes israélien, qui fabrique notamment des drones de combat et de surveillance. Toka, qui propose des logiciels pour surveiller, pirater et infiltrer les appareils connectés, et travaille avec le renseignement israélien. Sightec qui élabore des systèmes d’Intelligence Artificielle pour les drones armés. Paxis LTD qui produit des blindages et des protections pour les policiers et les soldats, ou encore Emtan qui vend des pistolets-mitrailleurs et fusils d’assaut, et qui a même offert des armes à l’armée israélienne pour soutenir le génocide à Gaza. Initialement, 8 entreprises israéliennes particulièrement impliquées dans les crimes contre l’humanité visant les palestiniens avaient été désinvitées de Milipol cette année. Mais finalement, suite à la pression du lobby pro-israélien et des États-Unis, Macron a validé leur présence à Villepinte, déroulant ainsi le tapis rouge à des criminels de guerre aux portes de Paris.

Malheureusement, ces firmes israéliennes ne sont que la partie émergée d’un iceberg de violence industrielle. 1200 exposants sont présents à Milipol, et ont souvent autant de sang sur les mains que leurs homologues israéliens. Cette année, l’entreprise française Netforce a présenté de nouveaux « gants à impulsion électrique » qui permettent aux agents qui les portent de torturer facilement rien qu’en saisissant le corps d’une personne. Le chercheur Mathieu Rigouste a filmé des images terrifiantes du représentant de l’entreprise qui fait une démonstration publique de son produit avec un sourire malsain. Ces gants qui électrocutent leurs victimes seraient déjà en test dans la gendarmerie française et en dotation dans les unités pénitentiaires marocaines.

On trouve aussi, dans les couloirs de Milipol, 9 entreprises d’armement des Émirats arabes unis, qui équipent actuellement les massacres commis au Soudan. Par exemple la firme International Armoured Group qui produit des véhicules blindés à la fois utilisés au Soudan, mais aussi par la police brésilienne, ultra-violente, qui vient de commettre un massacre dans une favela de Rio de Janeiro. Des entreprises françaises comme KNDS et Lacroix ont aussi fourni des grenades, des fumigènes ou des roquettes qui ont été retrouvés au Soudan, utilisés par des milices qui commettent des crimes contre l’humanité.

Du côté de l’industrie française des armes, on trouve évidemment Airbus, qui fabrique des missiles, des hélicoptères de combat et des engins volants pour surveiller ou tuer, Nobel Sécurité, qui produit des grenades lacrymogènes utilisées à la fois contre les manifestations en France, mais aussi dans de nombreux pays, notamment africains, ou SAPL, dont les munitions ont par exemple été utilisées contre les contestations au Togo.

C’est un véritable salon de la guerre contre les peuples qui a lieu tous les deux ans aux portes de paris, au milieu de l’agglomération la plus peuplée de France. L’existence de ce salon est une honte mondiale, et l’absence d’une mobilisation massive pour l’empêcher l’est au moins autant. Pour une fois, nous, habitant en France, avons une prise réelle et concrète sur ceux qui produisent et mènent la répression et la guerre. Ils sont là, sous nos yeux, aux portes de Paris. Manifester contre un tel salon est infiniment plus efficace et pertinent que les éternels défilés inutiles entre Bastille et Nation, qui ne servent qu’à démontrer notre impuissance collective.

LE DÉCRET SANCTION DE LA LOI PLEIN EMPLOI

Onze associations, dont le collectif Changer de Cap et cinq syndicats, attaquent au Conseil d’état le décret sanctions de la loi Plein emploi et demandent son abrogation. Ce décret permet de suspendre ou de supprimer les allocations des demandeurs d’emploi au moindre « manquement ». Cela concerne les chômeurs et chômeuse comme les bénéficiaires du RSA, puisque ceux-ci sont désormais inscrits automatiquement à France Travail.

Bernadette Accompagnante : Pendant 27 mois, je me suis baladée de maison en maison, avec ma brosse à dents et mes affaires de toilette, parce que si je m’installais chez mes enfants, on leur coupait les allocations

Dans l’émission en direct de ce jour, nous recevions, Benjamin du collectif Changer de Cap et en sa compagnie, nous sommes revenus sur les motifs de l’attaque au Conseil d’état du décret sanction de la loi Plein emploi. La question du contrat d’engagement, les inégalités de traitement qui en découle et les contrôles invasifs sur les habitantes et habitants, les plus précaires des quartiers populaires …

Pour plus d’info : changerdecap.net

LA SELLETTE : Emprisonner pour soigner ?

Aujourd’hui, nous inaugurons notre nouvelle collaboration mensuelle avec l’émission “Tapage”, animé par le collectif La Sellette. La Sellette s’intéresse à la justice pénale ordinaire, telle qu’elle se pratique quotidiennement dans les tribunaux à travers un blog, dans lequel on peut retrouver des articles thématiques, des chroniques et des émission de radio. Le collectif traite de ce qu’on appelle parfois la « petite justice », celle qui, loin des cours d’assises et des procès médiatiques, ne s’applique qu’à des affaires peu spectaculaires, pour lesquelles chaque jour des dizaines de personnes sont jugées et condamnées en moins de trente minutes, puis emprisonnées le soir même.

Pour cette première rediffusion nous vous diffusons une partie de l’émission intitulée : Emprisonner pour soigner? les troubles psychiques en audiences”. En effet, de nombreuses personnes atteintes de troubles mentaux sont envoyées en prison après avoir été jugées en comparution immédiate. À travers deux récits d’audience, on revient sur cette question, qui croise la notion problématique de « dangerosité », la présence – ou non – d’expertise psychiatrique dans le dossier et l’illusion des magistrats que la prison peut être un lieu de soin.

Ressources évoquées dans l’émission :

Deux chroniques de La Sellette : « Protéger la société » et « On n’est pas au spectacle ». (Sur la question de l’expertise psychiatrique, on peut aussi écouter « Expertiser pour mieux enfermer ».)

L’intervention de Cyrille Canetti est tiré de « Santé mentale et politique criminelle », conférence de présentation du no 44 de la revue Archives de politique criminelle, disponible sur YouTube.

POUR LA PAIX CONTRE TOUTES LES GUERRES/ZONE DE GUERRE A SAINTE-SOLINE

Nous commençons cette émission aujourd’hui par quelques interventions enregistrées lors du rassemblement organisé le mardi 11 novembre 2025 place de la république à Paris, un rassemblement Pour la paix / Contre toutes les guerres / Pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, organisé par la Fédération Anarchiste, La Libre Pensée, Sat-Amikaro, La Cité des Droits des Femmes, l’Organisation Communiste Libertaire, l’Union Pacifiste et la Coordination Régionale Antinucléaire d’Île-de-France.

Dans une deuxième partie, nous lirons le communiqué écrit par Mickaël, Serge, Alix, Olivier et des proches, pour que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé à Sainte-Soline et pour éclairer les agissements de la police lors de cet événement et les garder en mémoire, nous diffusons le son de la vidéo réalisée par Médiapart sur les violences policières à Sainte-Soline et ailleurs.

Pour la paix, contre toutes les guerres

Les millions de femmes et d’hommes qui manifestent dans le monde entier, en solidarité avec le peuple palestinien, victime du génocide perpétré par l’État d’Israël, le font en toute conscience que demain, ce sont eux qui pourraient devenir les victimes de l’impérialisme, de son économie fondée sur la guerre, la destruction de l’humanité, l’extermination de peuples entiers. Ni au Yémen, ni en Grande-Bretagne, ni tout récemment en Italie où viennent de se produire des grèves générales et des manifestations gigantesques de soutien aux Palestiniens de Gaza et Cisjordanie, aux flottilles de solidarité kidnappées par l’armée israélienne, les populations travailleuses et la jeunesse n’oublient les autres guerres menées par l’impérialisme.

En RDC, au Soudan, pour ne citer que ces deux pays, les politiques néocolonialistes, avec la complicité de potentats et d’États locaux, organisent délibérément la mort de millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Partout, les guerres font des victimes civiles, subissant drones, bombardements, mines anti-personnel, tortures, viols comme arme de guerre, esclavage sexuel, déplacements forcés, famine, épidémie, etc. Là se trouvent les conditions pour continuer à exploiter ces pays, à piller leurs ressources naturelles. Mais les peuples résistent, malgré des conditions atroces, et il arrive que l’impérialisme subisse des défaites. C’est le cas au Niger, d’où la Françafrique, son armée, ses trusts miniers, commencent d’être chassés. Et le peuple vénézuélien s’apprête à résister à l’agression de Trump, qui vise les réserves pétrolières du pays et cherche à mettre ce peuple à genoux. Comme pour les Palestiniens, il s’agit du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

C’est une imposture de soutenir par les armes et la propagande un régime corrompu comme celui de l’Ukraine de Zelensky, qui réprime le mouvement social et ouvrier, enlève les citoyens dans les rues pour les enrôler dans la boucherie des tranchées. Quant aux justifications de l’agression russe, elles s’enracinent dans le culte du chef, la religion orthodoxe ressuscitée, propagande destinée à masquer le caractère mafieux de l’économie russe, aux mains d’oligarques tout aussi criminels que ceux d’Ukraine. Dans ces deux pays, le peuple paye pour des visées hégémoniques.

En luttant contre la guerre, pour la paix immédiate, exigeant la fin du génocide à Gaza, l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie, nous soutenons le droit à l’existence du peuple palestinien, le droit pour toutes les composantes de la région à vivre dans un cadre pacifique. De ce point de vue, invoquer le droit de se défendre comme le fait Israël, État colonial, relève aussi de l’imposture. Nous ne sommes pas dupes de la « diplomatie » de Trump. En soutenant et défendant les déserteurs russes et ukrainiens, nous aidons ces deux peuples à chasser, un jour prochain, les oligarques et les représentants de l’OTAN et à retrouver la fraternité, qui est l’aspiration fondamentale des peuples.

Les peuples rejettent la guerre, car ils comprennent que la guerre et sa préparation sont l’occasion de détruire les services publics, de piller les acquis sociaux, de supprimer les libertés et de les plonger dans la misère. En France, par exemple, la militarisation de la société, relayée par les médias dominants, vise à terroriser les populations pour les soumettre et les dresser au nom du lobby militaro-industriel, du nationalisme, de la religion et du patriarcat, tout en légitimant les frontières et les drapeaux.

COMMUNIQUÉ

Il importe de faire la lumière sur les violences policières à Sainte-Soline et ailleurs

Le 25 mars 2023, lors d’une manifestation à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) contre les mégabassines, les forces de l’ordre ont blessé plus de 200 personnes – dont nous quatre gravement.

Une plainte a été déposée par nous ou par des proches de nous, notamment pour tentative de meurtre et pour entrave à l’arrivée des secours.

Les experts que le procureur de la République a chargé d’enquêter sur les violences policières ont mis deux ans à rendre leurs conclusions, qui sont à la fois partiaux et lacunaires. Selon eux, les forces de l’ordre auraient seulement répondu à la violence de certains manifestant-e-s. En fait, comme l’ont démontré force témoignages,

images et enquêtes journalistiques, les 3 200 policiers « défendant » un trou de terre vide ont bombardé (de 5 010 grenades) sans sommation l’ensemble des manifestant-e-s.

Toujours selon ces experts, l’organisation des secours n’aurait pas entraîné une « perte de chance » pour les victimes… parce qu’elles ont été soignées sur place « de façon consciencieuse et irréprochable ». En fait, ce n’est pas la qualité de ces soins qui a été dénoncée, c’est l’interdiction faite aux ambulanciers d’accéder aux personnes blessées même quand il y a eu un retour au calme – interdiction que, là encore, divers témoignages confirment.

L’enquête indique que les soignants n’étaient pas autorisés à arriver seuls sur les lieux, et que des tirs « non réglementaires » ont été opérés par les forces de l’ordre. Mais de nombreuses zones d’ombre subsistent dans ses conclusions, en particulier concernant les ordres explicites d’effectuer ces tirs « non réglementaires » : quoique figurant dans le dossier, ils n’ont pas été traités. Enfin, si des « dysfonctionnements inexplicables » sont relevés dans l’organisation des secours (le PC pompier ne répondait pas aux appels à l’aide, des motards de la police ont tardé à venir escorter des ambulanciers et les ont abandonnés en chemin, etc.), aucun avis n’est émis dessus.

La manière dont a été conduite cette enquête laisse clairement apparaître l’intention de classer sans suite nos plaintes, aussi demandons-nous la poursuite des investigations. Loin d’être un événement ponctuel, le 25 mars 2023 à Sainte-Soline s’inscrit dans un processus visant depuis de nombreuses années à banaliser une répression toujours plus violente. L’objectif de l’État ce jour-là n’était pas d’empêcher les manifestant-e-s de parvenir sur le chantier de la mégabassine, mais de dissuader quiconque de manifester à nouveau contre de telles constructions – lesquelles ont depuis été jugées inutiles et illégales par les autorités compétentes.

La mobilisation antibassines de Sainte-Soline a ainsi été pour l’État une occasion d’appliquer sa « doctrine du maintien de l’ordre », qui implique d’assimiler les mobilisations sociales à des attentats terroristes afin de déclencher officieusement un plan Orsec permettant leur répression par de véritables moyens militaires, mais ne prévoyant pas les moyens sanitaires à la hauteur de cette répression. Le terrorisme, c’est ça : rendre une population passive face aux agissements d’un pouvoir devenu omnipotent.

Nous avons aujourd’hui les preuves audio et vidéo de ce dont nous nous doutions : les actes qui ont causé tant de blessures et fait frôler la mort à nombre d’entre nous ne sont pas l’œuvre d’individus particulièrement violents, mais découlent de l’ordre donné par une institution. Et des actes semblables ont blessé et tué dans d’autres contextes (mouvements des gilets jaunes ou contre la réforme des retraites, émeutes après la mort de Nahel…).

Alors, nous voulons faire peser sur cette institution le cadre juridique dont elle s’affranchit délibérément. Apporter un éclairage sur ce dossier ne suffira évidemment pas à le clôturer, mais cela nous aidera à trouver les réponses dont nous avons besoin et à affirmer un refus de se laisser tétaniser par la terreur. Nous n’en continuerons pas moins de mener d’autres batailles pour une réelle justice sociale et environnementale.

Mickaël, Serge, Alix, Olivier et des proches,

le 5 novembre 2025

Révoltes à Madagascar

Dans cette émission, nous revenons avec Marie Ranjanoro, auteure de Feux, Fiévres Forêts, fiction historique qui se déroule lors de l’ insurrection de 1947 à Madagascar, sur les différentes raisons et enjeux de la mobilisation qui a été entamée sur ce territoire en septembre 2025.

Maudite soit la guerre; Manuel de résistance antimilitariste

À la librairie du monte en l’air, le 17 octobre 2025, Pierre Douillard-Lefèvre présentait son dernier livre « Maudite soit la guerre, manuelle de résistance antimilitariste ». Nous y étions, bonne écoute.

Le « réarmement » est dans tous les discours, l’économie de guerre est imposée à coups d’austérité, les Empires se militarisent, la France est le deuxième vendeur d’armes de la planète, l’anéantissement de Gaza se poursuit, le fond de l’air est kaki et les accents martiaux contaminent l’espace médiatique. Par le passé, les luttes sociales se sont levées contre le nationalisme conquérant et la guerre, contre l’uniforme et l’obéissance aux chefs, contre l’union sacrée et la militarisation du travail. « Guerre aux palais, paix aux chaumières ! » : refaisons notre ce slogan révolutionnaire. Ce manuel antimilitariste puise dans l’expérience des réfractaires aux guerres d’hier et d’aujourd’hui, pour réarmer les résistances.

160 pages aux éditions DIVERGENCES

L’auteur analyse remarquablement tous les aspects présents et passés du militarisme. Jusqu’aux guerres contemporaines des drones et au renoncement de l’écologie politique européenne à sa tradition antimilitariste. Joscka Fischer réclame, en Allemagne, le service militaire obligatoire pour les deux sexes. La présidente des députés écologistes français déclare à l’Assemblée que « l’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique aujourd’hui dans ce contexte de s’affirmer comme une force militaire. »

Après son analyse, Pierre Douillard-Lefèvre rappelle que « l’affect guerrier est l’exact négatif de l’émancipation : le militarisme, c’est-à-dire l’obéissance aveugle, l’encadrement, la violence hiérarchisée, est fondamentalement incompatible avec un horizon révolutionnaire. » […] « En empruntant la voie militaire, le camp de la libération perd son âme, même quand il gagne matériellement. » […] « Le bolchevisme n’est rien d’autre que la militarisation de la révolution. »

« En Algérie, le FLN laisse sa branche militaire prendre le dessus sur la branche civile et politique. Après l’indépendance, ce sont logiquement des officiers qui prennent le pouvoir par la force. »

« Le front anti-guerre devra aussi soutenir les déserteurs et les mutins d’aujourd’hui, les conscrits qui ont fui les guerres depuis la Russie et l’Ukraine. »

« L’histoire retiendra-t-elle qu’au moment où l’humanité avait atteint le pic du progrès et le maximum de sa production de richesse, elle a préféré le nationalisme et la guerre plutôt que de faire face aux défis sociaux et écologiques ? »

L’auteur distingue : « Être antimilitariste n’est pas être « pacifiste » ou « non-violent » de façon dogmatique. Ce n’est pas un rejet aveugle de la force, lorsque l’intégrité individuelle et collective sont attaquées. Vouloir la fin des institutions militaires ne signifie pas abandonner son droit à l’autodéfense. […] Une armée, fut-elle « populaire » finit par répondre à sa logique propre, c’est-à-dire accroître sa puissance et assurer sa propre pérennité, son appareil, ses chefs et ses privilèges. »

Dans un paragraphe intitulé « Haïr la guerre sans baisser les armes, Pierre Douillard-Lefèvre écrit : « Le pacifisme est le statu quo : dans une situation d’injustice, il revient à donner raison à l’oppresseur. L’antimilitarisme refuse l’idéologie et les pratiques militaires, mais ne fait pas du refus de la violence un principe absolu. […] Les dernières décennies ont montré que le pacifisme, même issu de courants hippies ou progressistes, pouvaient être solubles dans l’ordre dominant. […] d’anciens soixante-huitards qui voulaient « faire l’amour, pas la guerre » appellent à l’escalade contre la Russie. » [… Dans l’entre deux guerres], un courant pacifiste […] pousse à l’abandon de l’Espagne face à Franco, puis aux accords de Munich avec les nazis en 1938. »

En conclusion, je rappelle ce qu’écrivait Martine Leibovici : « Rosa Luxemburg montre qu’en fait ceux qui conçoivent la révolution comme un phénomène de nature essentiellement violente […] finissent par la concevoir en termes militaires qui reconduisent toujours une structure de commandement et d’obéissance, des masses disciplinées et unifiées, bref le retour de la domination au sein du projet d’émancipation [1]. »

Guy Dechesne

ZHERA KURTAY / ROBERT BADINTER

Zehra Kurtay, militante et journaliste turque exilée en France depuis 18 ans, est en grève de la faim le 3 juillet 2025 suite à sa mise sous OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) à l’occasion d’un rendez-vous à la préfecture du Val-de-Marne le 26 juin. Emprisonnée dans la foulée en CRA (centre de rétention administratif), elle sera finalement libérée sous contrôle judiciaire six jours plus tard grâce à une mobilisation en sa faveur.

La journaliste, exilée depuis 2007 en France, a dû fuir son pays à cause de son activité politique et journalistique, après 9 ans de prison et avoir participé à une grève de la faim de 180 jours, laquelle lui a laissé des séquelles. Exilée en France, elle obtient le statut de réfugiée politique. Un statut qui ne l’empêchera pas d’être arrêtée et emprisonnée en 2008… pour les mêmes motifs qu’en Turquie : avoir distribué le journal révolutionnaire turc, dont elle était rédactrice en chef « Kurtulus ». Par la suite, la France révoquera ce statut, qui la protège d’une potentielle expulsion, en 2018, sans même la prévenir, lui laissant le découvrir deux ans et demi plus tard à l’occasion du renouvellement de sa carte de séjour.

Dans cette première partie d’émission, nous entendrons les interventions lors de la rencontre avec Zehra Kurtay et son comité de soutien, qui s’est tenu à Saint-Denis, le 23 octobre 2025 et dans ce même temps, nous entendrons un entretien réalisé avec une femme, dont le mari est emprisonné à l’isolement en compagnie de deux autres personnes en Turquie.

Dans la seconde partie de l’émission, il sera question du parcours de Robert Badinter suite à sa panthéonisation Le 9 octobre 2025. L’entrée au Panthéon de Robert Badinter a donné lieu à une séance d’autocélébration comme la République bourgeoise sait les mener. Chantre de l’État de droit, abolitionniste de la peine de mort, le garde des sceaux de Mitterrand incarne l’hypocrisie d’un système judiciaire et carcérale et la duplicité des socialistes. Pour revenir sur le parcours politique de Robert Badinter, nous entendrons entretien réalisé avec Nadia, par l’équipe de l’émission de radio l’égrégore sur radio primitive à Reims, et cela, pour remettre les choses à l’endroit.

Pour soutenir Zehra Kurtay : la rencontrée à la tente de solidarité Au pied de la porte Saint-Denis, à Paris, métro Strasbourg saint Denis.

Insta :@justicezehrakurtay x :@nexpulsezzehra FB : n’expulsez pas zehra mail : kurtay.zehra@laposte.net

pour le soutien aux prisonniers turcs : https://www.tiktok.com/@is4pp6

Kanaky libre et indépendante

Afin de dénoncer les accords de Bougival, Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et les collectifs de soutien à l’indépendance de la Kanaky nouvelle Calédonie organise partout en France des Meetings unitaire. Ce soir, le jeudi 6 novembre, se tiendra l’un deux, à Paris, à la Bourse du Travail, 29, boulevard du Temple, métro république. Christian Tein (président du FLNKS) et les six prisonniers politiques kanaks, enfin réunis et libres, y seront présents.

Nous avons pu enregistrer le meeting qui s’est tenu à Marseille le 28 octobre dernier. Nous souhaitons que, dans l’émission de ce jour, son écoute vous donne envie d’aller écouter et soutenir ce soir la lutte du peuple Kanak.

Projet de réglementation européen chat control et l’enjeu du droit au chiffrement à travers l’affaire du “8 décembre 2020”

Dans cette émission, il sera question de numérique et de surveillance. Ainsi, vous pourrez entendre dans une première partie une explication et les enjeux du projet de réglementation européen nommé chat control, visant à établir de nouvelles normes techniques au motif de la lutte contre la pédocriminalité en ligne. En seconde partie, c’est une rediffusion d’une archive sur l’affaire du 8 décembre 2020 qui sera entendue, et qui ici aussi abordera la volonté des autorités de passer outre les dispositifs de cryptage.

Lien vers un article de l’UCL de Toulouse : Pédocriminalité : Contre la culture de l’inceste : écouter et croire les enfants (30 novembre 2022)
Lien vers un article de Framasoft : Chat Control, ça s’en va… et ça revient (29 septembre 2025)
Lien vers un article de la Quadrature du net : Chat Control : on fait le point (3 octobre 2025)
Lien vers la campagne internationale Stop Scanning Me
Lien vers le site français Stop chat control

LE PLAN ISRAËLIEN DE NETTOYAGE ETHNIQUE DE LA CISJORDANIE

La Cisjordanie (en arabe : الضفة الغربية, Al-Dhifa al-Gharbia : « Rive ouest [du Jourdain] ») est un territoire palestinien, occupé illégalement par Israël depuis 1967, limité au nord, à l’ouest et au sud par la ligne d’armistice du 3 avril 1949 entre Israéliens et Jordaniens, résultant de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, et à l’est par le Jourdain et la mer Morte qui font frontière avec la Jordanie.

Le territoire couvre une surface de 5 860 km2 et est peuplé de Palestiniens (environ 2,8 millions d’habitants, essentiellement de confession musulmane, les chrétiens représentant environ 2 % de cette population). En 2024, il compte quelque 650 000 colons israéliens[2], répartis en plus de 230 colonies (« district de Judée et Samarie »). À ce chiffre de colons, il faut ajouter les quelque 240 000 Israéliens établis à Jérusalem-Est depuis la conquête consécutive à la guerre des Six jours de 1967.

Le 29 septembre 2025 avait lieu au CICP (centre international des cultures populaires) la conférence avec Jamal Juma organisée par l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) de Paris. Titre de cette conférence”Dans l’ombre du génocide en cours à Gaza : le plan israélien de nettoyage ethnique de la Cisjordanie”. Jamal Juma, coordinateur de Stop The Wall, explique comment l’état israélien commettant un génocide à Gaza, en parallèle, pratique un nettoyage ethnique en Cisjordanie et ceux au grand jour et dans le même temps dans un silence assourdissant de l’occident.

C’est une grande partie de cette rencontre que nous vous proposons dans l’émission de ce jour. Dans la seconde partie d’émission, nous entendrons les échanges avec le public.

MOBILISATION ET RÉPRESSION DU MOUVEMENT DE LA RENTRÉE 2025

Aujourd’hui dans cette émission en direct, nous revenons sur la répression qui s’abat sur la mobilisation enclenchée le 10 septembre dernier. Pour cela, nous sommes en plateaux avec Louise, afin de revenir sur le parcours d’un de ses camarades arrêté le 18 septembre 2025 dernier, qui, suite à sa comparution immédiate, s’est vu condamné à quatre mois de prison ferme. À travers son parcours, nous revenons sur la manière dont les organes policier, judiciaire et pénitentiaire organisent ensemble une véritable répression politique. Face à ces constats, nous appelons donc à l’événement de soutien organisé ce vendredi 10 octobre à 19h au bar le père Lachaise, 15 boulevard de Ménilmontant, dans le 11ᵉ arrondissement de Paris.

Le texte d’appel

En soutien aux personnes victimes de la répression du mouvement social en cours, nous proposons de nous retrouver le 10 octobre autour d’une cantine solidaire dont les fonds seront reversés à l’antirep.

Cette initiative autonome est née d’une réunion entre plusieurs personnes qui ont participé au mouvement du 10 septembre et qui ont assisté aux procès qui ont suivi la manifestation du 18 septembre, où un camarade a été condamné à une peine de prison ferme de quatre mois. Nous sommes arrivés au constat, à l’issue d’une discussion collective, qu’il y avait un besoin de se retrouver en dehors des assemblées générales pour se faire du bien, créer du lien et de la solidarité face à la répression, à l’enfermement et à la police, mais aussi face à la lassitude et au sentiment d’échec des dernières mobilisations.

Ce moment convivial nous semble donc nécessaire pour, d’une part, soutenir les personnes enfermées ou qui ont pris des peines de sursis suite aux actions du mois de septembre, mais aussi pour échanger sur les événements de cette rentrée sociale et sur la répression de manière générale autour d’un bon repas et d’un verre.

Les espaces de solidarité et de convivialité sont précieux à nos luttes. Ils sont aussi nécessaires à la poursuite et à la consolidation du mouvement social, tout comme l’est la solidarité avec toutes les personnes enfermées dans les taules de l’État.

Rendez-vous le 10 octobre à partir de 19h au bar le Père Lachaise (Métro 2 et 3 Père Lachaise ou Philippe Auguste). Au programme, une cantine sucrée/ salée, des crêpes, un DJ set et de la bonne ambiance !

GAZA: De la France à l’Italie en soutien à Thousand Madleens

https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/

L’actualité des luttes diffuse les interventions enregistrées lors de la soirée organisée le samedi 27 septembre, à la Parole errante en soutien à la flottille « Thousand Madleens », nouvelle tentative, dans le sillage des « Freedom flotilla » et « Global Sumud », pour briser le blocus sur Gaza et faire pression sur le régime israélien en vue d’un cessez-le-feu. 

Dans le premier tiers, vous pourrez entendre des camarades palestiniens du camp de réfugiés de Deisheh qui nous raconterons ce qu’ils perçoivent de ces tentatives internationales depuis leur quotidien en Cisjordanie.

Dans le deuxième tiers, vous écouterez deux membres de la délégation française de la flottille quelques heures après leur départ des côtes siciliennes.

Et dans le troisième tiers, des camarades italiens font le point sur l’onde politique qui se propage en Italie autour des flottilles, depuis la première manifestation partie du port de Gênes le 30 août dernier jusqu’à l’énorme journée de grève générale du 22 septembre qui a touché l’ensemble du pays.

MOBILISATION 02 OCTOBRE 2025

Aujourd’hui, nous vous diffusons les reportages que nous avons réalisés lors de la journée de mobilisation du 02 octobre dernier. Vous pourrez donc entendre une partie des prises de paroles réalisées lors de l’assemblée générale de gare de Lyon, des interviews réalisées lors de la manifestation, et un reportage fait pendant l’occupation du palais de Tokyo qui avait lieu en parallèle de la manifestation.

Les 80 ans de la Sécurité sociale

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Pour les 80 ans de la sécurité sociale, une journée de rencontres, débats et présentation de luttes est organisée de 9h30 à 18h30 à la Bourse du travail de Paris (salle hénaff ). Nous sommes donc ce jour en plateau avec Joëlle et Roger, (membre de l’assemblée des gilets jaunes de Paris sud et Belleville), afin de revenir sur l’histoire de la sécurité sociale et les différentes attaques qui ont déjà été menées à son encontre. Une occasion de revenir sur la nécessité de la défendre face aux différentes réformes budgétaires que l’état cherche à imposer malgré la gronde sociale de cette rentrée.

Abolition des Quartiers de lutte contre la criminalité organisée, des QHS et QI.

Le 29 avril 2025, la loi dite de lutte contre le narco trafic a été adoptée dans un silence effrayant et un consensus coupable. Cette loi calquée sur la loi antiterroriste permet de renforcer les pouvoirs de la police, de la justice et de l’administration pénitentiaire tout en restreignant ceux de la défense et des prisonniers. La loi fixe les conditions d’emprisonnement dans les Quartiers de lutte contre la criminalité organisée QLCO : les Quartiers de Haute Sécurité comme Condée sur Sarthe et Vendin-Le-Vieil voient leurs sécurités renforcées. Le gouvernement prévoit la construction de quatre à cinq établissements similaires d’ici à 2027.

Nous sommes allées rencontrer Maitre Benoit David, l’avocat de Rédoine Faïd actuellement emprisonné à Vendun-le-Vieil., qui a porté une plainte contre les conditions de détention inhumaine et dégradante de son client.

Une juge d’application des peines du tribunal de Béthune (Pas-de-Calais) qualifie les conditions de détention de Rédoine Faïd de “contraires à la dignité humaine” et demande à l’administration pénitentiaire d’y remédier d’ici au 28 juillet 2025. Dans cette ordonnance, la juge explique que Redoine Faïd affirme que ses conditions de détention “entraînent une détérioration de son état de santé physique et psychique causée par un isolement sensoriel et social”.

Depuis fin juillet 2025, 89 prisonniers ont été transférés à la prison de Vendun-le-Vieil, dans le nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée. Un mois à peine après son ouverture, les prisonniers qui y sont enfermés ont entamé des mouvements de protestation.

Après l’interview de maître Benoit David, vous pourrez entendre la lecture du témoignage glaçant de Redoine Faïd.

Reconnaissance sous conditions de l’Etat de Palestine

Le 22 septembre Emmanuel Macron, a annoncé reconnaître officiellement l’État de Palestine par la France. La veille, le Royaume-Uni, le Canada, le Portugal et l’Australie avaient fait de même. Durant la conférence des Etats Unis, la décision française a été suivie par celles de la Belgique, d’Andorre, de Malte, du Luxembourg, de Monaco et de Saint-Marin. Au total, en à peine deux jours, 11 pays occidentaux se sont ajoutés à la liste des 147 États qui reconnaissaient déjà la Palestine, soit l’immense majorité des 193 membres de l’organisation.la Déclaration des Nations Unies souligne leurs réelles intentions : désarmer et isoler le Hamas et ses alliés, les exclure de toute administration de Gaza avec comme perspective stratégique un micro-territoire démilitarisé, dépendant économiquement de l’occupant, digne d’un bantoustan  permettant de liquider les aspirations du peuple palestinien sur un territoire minuscule.

L’autorité palestinienne a accepté toutes les concessions en échange de la reconnaissance d’un État virtuel. Les responsables de l’Autorité palestinienne ont été les plus démonstratifs pour saluer cette vague de reconnaissances – ils y gagnent un pouvoir symbolique, alors que leur popularité est en berne depuis des années. Le modèle dit « à deux États » a mis sur le même plan occupant et occupé, effaçant le rapport de domination coloniale.

Mais nombreux sont ceux qui mettent en doute la solution à deux États. Certains militent pour un seul État, qui serait démocratique et laïc, qui accorderait les mêmes droits aux Palestinien·nes, qu’aux juifs et juives israélien·nes. Comme l’organisation One Democratic State Campaign (« Campagne pour un seul État démocratique »). Pour l’heure, personne ne semble vouloir penser à l’après, alors qu’un génocide détruit le peuple Palestinien. LÉtat est reconnu au milieu d’un génocide ? Pourquoi la priorité n’a t elle pas été d’arrêter le génocide ? 

Dans cette émission nous avons choisi de vous faire entendre des interviews de Dominique Eddé auteure de La mort est en train de changer, de Omar Alsoumi d’urgence Palestine, une intervention de Francesca Albanese lors de la fête de l’humanité et de Rami Abou Jamous journaliste palestinien.

Sur  les collines arides de Masafer Yatta, aux confins méridionaux de la Cisjordanie occupée, 1 200 Palestinien·nes sont menacé·es d’expulsion par Israël. En juillet, un colon y a tué, à bout portant, un militant pacifique, Odeh Hathalin, qui défendait son village. Ici comme dans le reste de la Cisjordanie, les Palestinien·nes sont seul·es. L’occupant, l’État israélien, protège ses propres citoyens qui les attaquent. L’Autorité palestinienne n’a aucun pouvoir d’intervention. Dans ces conditions, la reconnaissance d’un État palestinien entretient une fable sans lien avec leur réalité quotidienne.

« Vous reconnaissez l’État de Palestine au milieu d’un génocide ? Pourquoi votre priorité n’est pas d’arrêter le génocide ? », a réagi avec humeur le réalisateur palestinien Basel Adra, qui avait documenté le sort de sa région et de ses habitant·es dans le film No Other Land, coréalisé avec le journaliste israélien Yuval Abraham et récompensé par un Oscar en 2025.

« C’est bien de reconnaître un État de Palestine mais vous auriez dû le faire dans les années 1990, quand vous avez fait pression sur les Palestiniens pour qu’ils signent et acceptent les accords d’Oslo. Pas une fois qu’Israël a tué la solution à deux États », ajoute-t-il dans une interview vidéo avec le journaliste britannique Owen Jones, publiée après l’annonce de la Grande-Bretagne, le 21 septembre.

Consacrée notamment par les accords d’Oslo de 1993, censés ouvrir la voie à la création d’un État palestinien indépendant aux côtés d’un État israélien, la solution à deux États reste largement, aux yeux du monde, la « seule issue politique viable au conflit israélo-palestinien », comme le rappelait l’ONU en avril, mettant en garde contre sa « lente agonie ». Elle a connu un regain d’intérêt après que la France a reconnu l’État de Palestine le 22 septembre au siège de l’ONU, à New York, entraînant neuf autres pays dans son sillage.

« Ce qui manque à toutes ces reconnaissances, c’est une stratégie internationale pour mettre fin à l’occupation israélienne, juge l’analyste palestinien Khalil Shaheen, du centre de recherche Masarat, à Ramallah. Si on ne stoppe pas l’occupation, la colonisation et la guerre d’extermination [israéliennes], il ne peut y avoir d’État palestinien. » Les citoyen·nes israélien·nes devraient payer un prix exorbitant pour la poursuite des crimes de leur gouvernement, afin d’être poussés à demander que cela cesse, affirme l’expert palestinien, qui évoque des sanctions économiques contre Israël ou des campagnes de boycott.

En Cisjordanie, une dépossession silencieuse

24 septembre 2025

Le modèle dit « à deux États » a mis sur le même plan occupant et occupé, effaçant le rapport de domination coloniale. C’est « une des plus grandes erreurs des efforts passés pour faire la paix, constate Mustafa Barghouti, fondateur et dirigeant de l’Initiative nationale palestinienne, dans une tribune publiée le 22 septembre dans le New York TimesL’inégalité de pouvoir entre les Israéliens et les Palestiniens doit être reconnue» Il prévient : « Aucune des deux parties ne connaîtra la sécurité si les causes profondes de l’injustice ne sont pas traitées », plaidant pour un nouveau paradigme.

Sur le terrain, Israël a déjà avancé son propre modèle : un État à majorité juive, de la mer Méditerranée au Jourdain. Des ministres israélien·nes évoquent ouvertement des transferts de la population gazaouie hors de la petite bande côtière, alors que la campagne génocidaire de leur armée a rendu l’enclave largement inhabitable. En Cisjordanie, les violences des colons et les offensives militaires israéliennes contre des camps de réfugié·es du nord du territoire ont également changé en profondeur les dynamiques démographiques d’une partie de ces terres.

Comment vivre ensemble ? 

Depuis Haïfa, dans le nord d’Israël, Awad Abdelfattah milite lui aussi pour un seul État, mais qui serait démocratique et accorderait les mêmes droits aux Palestinien·nes, comme lui, qu’aux juifs et juives israélien·nes. Ce coordinateur de l’organisation One Democratic State Campaign (« Campagne pour un seul État démocratique ») est l’ancien secrétaire général du parti nationaliste palestinien Balad en Israël. Un État palestinien excluant de facto de leur droit à l’autodétermination les citoyen·nes palestinien·nes d’Israël comme lui.

Awad Abdelfattah ne balaie pas d’un revers de main cette vague de reconnaissances : elle est le marqueur, dit-il, du retour de « la cause palestinienne sur la scène mondiale ». Il s’oppose à une séparation, qu’il juge dangereuse : « Cela va créer de nouvelles racines pour un conflit. » Et, en l’état, cette solution sert surtout de « couverture pour perpétuer le génocide » à Gaza, dénonce-t-il. « Surtout qu’à aucun moment, on ne définit ce qu’est cet État. Où est-il établi ? Bénéficie-t-il d’une pleine souveraineté ? »

Face à l’annihilation de Gaza, l’ancien dirigeant politique a vu émerger une nouvelle génération, « très en colère », qui ne veut plus voir les Israélien·nes : elle rêve d’une solution à l’algérienne, soit l’expulsion de ceux considérés comme les colons de tout le territoire entre la mer et le Jourdain. Lui, au contraire, pense qu’il faut bâtir un avenir en commun.

Son point de vue est encore minoritaire, concède-t-il, invoquant lui aussi le modèle de l’Afrique du Sud. La route est encore longue, les haines tenaces. « En tant que Palestiniens, nous à l’intérieur d’Israël, c’est vrai que [les Israéliens] ne nous supportent pas et nous non plus. On a des difficultés à s’entendre, rapporte Awad Abdelfattah. La société israélienne est devenue barbare. Mais on ne voit pas d’autre solution, on a besoin d’un État démocratique, une solution au conflit qui délivre aussi les juifs du racisme et du fascisme – en plus de libérer les Palestiniens. »

Clothilde Mraffko


La reconnaissance de l’État palestinien : une manœuvre contre le peuple palestinien

21 septembre 2025 , Par Tom Martin

Ce lundi 22 septembre 2025, Emmanuel Macron et d’autres chefs d’État doivent annoncer lors de l’Assemblée générale des Nations unies la reconnaissance officielle de « l’État de Palestine ».

Du Parti Socialiste à une large partie de la gauche dite « radicale » en passant par Alain Finkielkraut, cette reconnaissance est largement soutenue en France. A cette occasion, une partie du mouvement de solidarité avec la Palestine ressuscite ladite « solution à deux États » et les incantations à la paix alors que Gaza City est sous le feu de l’artillerie israélienne.

Mais de quoi parle-ton ? Est-ce que tout ceci répond aux exigences anticolonialistes que nous devons porter en faveur du peuple palestinien qui fait face à un terrible génocide depuis près de deux ans ?

Qu’est-ce que « l’État palestinien » ?

En 1964, l’Organisation de Libération de la Palestine déclare dans sa charte lors du premier Conseil national palestinien : « La Palestine avec ses frontières de l’époque du mandat britannique constitue une unité régionale indivisible. »

A sa suite, l’ensemble du mouvement national palestinien moderne a défendu la perspective de la libération de toute la Palestine de la mer au Jourdain avec Al Qods comme capitale. Des organisations telles que le Fatah et le Front Populaire de Libération de la Palestine [FPLP] ont publié d’innombrables textes d’orientation politique définissant cette perspective stratégique, à l’image de La révolution palestinienne et les juifs du Fatah en 1970 ou Rien n’est plus précieux que la liberté de George Habash, cofondateur du FPLP.

Depuis le programme en 10 points de 1974 jusqu’à la déclaration d’indépendance de la Palestine à Alger en 1988, la direction du Fatah incarnée par Yasser Arafat a pris un autre chemin en imposant une stratégie diplomatique autour de la perspective de la défense de la « solution à deux États » et la reconnaissance implicite puis explicite de l’État sioniste.

En d’autres termes, la défense d’une entité palestinienne en Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, c’est-à-dire à peine 22% de la Palestine historique…

Cette stratégie a atteint son paroxysme avec la signature des accords d’Oslo en 1993 qui ont entériné la trahison des positions historiques du mouvement national palestinien, en premier lieu desquelles la défense du droit au retour des réfugiés palestiniens et la libération de toute la Palestine.

Trente ans plus tard, le bilan est sans appel. La colonisation sioniste de la Palestine s’est poursuivie inlassablement de la mer au Jourdain. L’Autorité Palestinienne qui était censée être la structure pour administrer ce nouvel « État » ne l’a nullement empêché, au contraire. Elle s’est révélée être l’instrument d’une bourgeoisie compradore [2] complètement soumise aux intérêts de l’impérialisme et du sionisme.

Reconnaître « l’État palestinien », le mirage des accords d’Oslo

Alors que le génocide se poursuit dans la bande de Gaza depuis quasiment 2 ans, on voit se développer les mots d’ordre autour de « la reconnaissance de l’État palestinien » dans plusieurs pays occidentaux, allant même jusqu’à être soutenu par plusieurs gouvernements. Même si à première vue cela pourrait paraître avoir une portée symbolique positive, tant le gouvernement israélien actuel est radicalisé, cette perspective n’est rien d’autre qu’un outil pour imposer à nouveau l’horizon de la stratégie de « la solution à deux États ».

Mais les droits nationaux et sociaux du peuple palestinien, tels que le droit au retour des réfugiés, ne seraient pas renforcés par cette reconnaissance. Au contraire, elle ne ferait que justifier et normaliser une fois de plus la division de la Palestine et la colonisation sioniste.

« Les efforts visant à rechercher la reconnaissance diplomatique d’un État palestinien imaginaire sur une fraction de la Palestine historique sont une stratégie de désespoir de la part d’une direction palestinienne qui est à court d’options, a perdu sa légitimité et est devenue un obstacle sérieux sur la voie du rétablissement de ses droits par les Palestiniens » rappelle le journaliste palestinien Ali Abunimah dans un article paru sur Al Jazeera en 2011.

En réalité, cette reconnaissance n’est même pas un geste dit symbolique et ne sert qu’à offrir une issue politique afin de garantir les intérêts et la pérennité d’Israël profondément fragilisés par sa politique génocidaire.

En ce sens, Abdallah Silawi de Boussole Palestine a interpellé le mouvement de solidarité avec la Palestine en soulignant que « reconnaître un micro État palestinien et cibler Netanyahu sont deux stratégies aboutissant à contenir notre mouvement, à préserver les intérêts sionistes et maintenir l’hégémonie occidentale ».

« Proposer « l’État palestinien » en ce moment et de cette manière vise à isoler sérieusement la résistance et à saper sa base populaire de masse. C’est le moyen d’imposer la reddition au peuple palestinien, car une telle capitulation ne peut être imposée tant que le mouvement de résistance est capable de maintenir sa position de seul représentant de sa volonté » déclare l’écrivain et révolutionnaire palestinien Ghassan Kanafani en 1971 au lendemain de la défaite de Septembre Noir. Un commentaire qui résonne avec la séquence actuelle.

La France et l’Arabie Saoudite contre le peuple palestinien

Aujourd’hui, l’opération génocidaire impérialo-sioniste à Gaza se poursuit mais n’a toujours pas réussi à imposer la complète capitulation aux organisations qui s’y opposent dans l’ensemble du Monde Arabe.

Dans ce contexte, on voit émerger des contradictions inter-impérialistes à propos de leurs objectifs tactiques à court et moyen terme.

D’un côté, le bloc États-Unis/Israël considère que la reddition palestinienne passe par l’intensification de l’offensive génocidaire à Gaza en utilisant tous les moyens à sa disposition. Cela a pour effet de provoquer un certain isolement avec ses propres alliés, comme en témoigne les réactions occidentales qui ont « dénoncé » en parole le lancement de l’opération terrestre à Gaza City en septembre 2025.

De l’autre, le rôle de l’impérialisme français et des régimes réactionnaires arabes, et à sa tête l’Arabie Saoudite, qui tentent d’imposer une voie alternative en faisant la promotion d’une issue diplomatique visant à liquider la cause palestinienne.

C’est comme cela qu’il faut comprendre la séquence ouverte par ladite reconnaissance de l’Etat palestinien et les annonces attendues la semaine prochaine. Cette reconnaissance n’est pas la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple palestinien sur sa terre. Elle n’est que la reconnaissance de l’exercice du pouvoir de l’Autorité Palestinienne sur 22% de la Palestine historique (et en réalité à peine 10%).

Par ailleurs, ce projet insiste sur la volonté d’imposer la gestion des territoires palestiniens à une frange de la bourgeoisie compradore palestinienne et arabe, mais aussi généraliser la normalisation dans la droite ligne des Accords d’Abraham de 2020.

En ce sens, la Déclaration des Nations Unies votée par 140 pays le 12 septembre dernier à New-York souligne leurs réelles intentions : désarmer et isoler le Hamas et ses alliés, les exclure de toute administration de Gaza avec comme perspective stratégique un micro-territoire démilitarisé, dépendant économiquement de l’occupant, digne d’un bantoustan [1] permettant de liquider les aspirations du peuple palestinien.

Le fait que les États-Unis, Israel et leurs alliés s’y soient opposés soulignent seulement leur désaccord tactique sur les moyens à utiliser pour éradiquer la cause palestinienne.

En réalité, la prétendue « solution à deux États » ne vise qu’à légitimer et garantir la stabilité de l’entité sioniste et abandonner les droits nationaux du peuple palestinien (avec en premier lieu le droit au retour) en échange d’une entité palestinienne démembrée sur les dernières îles assiégées de Cisjordanie et de Gaza soumises à la domination impérialiste.

En ce sens, l’Autorité Palestinienne est à rejeter fermement (ainsi que ses relais locaux en France autour de la prétendue ambassadrice de Palestine). Cette « autorité » a multiplié ces derniers mois les attaques contre le peuple palestinien et ses organisations dans le but d’accompagner le projet de liquidation voulu par les occidentaux.

Cela passe évidemment par sa coordination sécuritaire en Cisjordanie et son accompagnement de la plus grande offensive de contre-insurrection depuis plus de 20 ans dans la zone (notamment à travers la destruction des camps de réfugiés) mais aussi en annulant le versement d’allocations pour 1612 familles de prisonniers palestiniens ou encore en soutenant le projet de désarmement des camps palestiniens au Liban.

Face à la confusion ambiante, il faut sans cesse rappeler que dans une lutte de libération nationale il n’y a que deux voies : la résistance ou la capitulation. La « reconnaissance de l’État de Palestinien » est définitivement une expression capitularde qu’il s’agit de démasquer et de combattre.

Soutenir la libération de la Palestine de la mer au Jourdain

Plutôt que de demander aux puissances occidentales, co-responsables de l’occupation de la Palestine, la reconnaissance d’un bantoustan, nous devons nous mobiliser pour défendre la perspective de la libération totale des terres palestiniennes de la mer au Jourdain.

Cela passe par affirmer la centralité politique de la résistance du peuple palestinien dans sa lutte contre plus de 76 ans de colonisation de peuplement. Les luttes victorieuses des peuples algérien ou haïtien nous permettent de comprendre que cette perspective est possible.

En ce sens, il est plus que jamais nécessaire de participer à la mobilisation mondiale qui vise à délégitimer l’État d’Israël en tant que projet colonial et ainsi se mobiliser pour l’isoler sur la scène internationale. « Ce qu’ils doivent faire, c’est non pas reconnaître un État palestinien, mais retirer leur reconnaissance d’Israël. C’est la seule façon d’aboutir à un résultat antiraciste et démocratique décolonisé », résume l’universitaire palestinien Joseph Massad.

Pour cela, il faut affirmer que les États impérialistes feront toujours partie du problème et jamais de la solution. De la déclaration Balfour de 1917 jusqu’à l’armement du génocide à Gaza aujourd’hui, ils ont toujours soutenu l’État sioniste pour ce qu’il est : la base avancée de leurs intérêts dans la région.

Au contraire, nous devons relayer et soutenir l’aspiration du peuple palestinien à la libération totale de sa terre tel qu’il l’a exprimé par plus de 100 ans de résistance contre l’impérialisme et le sionisme et enterrer définitivement la voie d’Oslo et de ses conséquences funestes

SERBIE: les étudiant-e-s se soulevent contre la corruption

janvier 2025 rassemblement d’éducateurs devant la Faculté de philosophie de Belgrade

Le 1ᵉʳ novembre 2024, la canopée de la gare de Novi Sad s’est effondrée, tuant 14 personnes sur place et en laissant trois blessés ; l’un des blessés est mort le 17 novembre et un autre est mort le 21 mars 2025. L’effondrement a suscité de nombreuses préoccupations de l’opinion publique en Serbie, de nombreuses personnes contestant l’intégrité structurelle et la surveillance des infrastructures publiques.

Les autorités ont ouvert une enquête sur les causes de l’incident, mais la frustration de l’opinion publique a augmenté en raison de l’absence de responsabilisation dans la réponse. Le bâtiment de la gare a été construit en 1964, et a été rénové de 2021 jusqu’à la mi-2024 avec le soutien de l’initiative “la Ceinture et la Route” de la Chine. La cause officielle de l’effondrement reste en cours d’enquête, la corruption du gouvernement et les relations opaques avec les entrepreneurs chinois blâmées.

Les universités serbes, on était leurs tours occupées pour dénoncer la corruption et le clientélisme en Serbie, considérés comme étant à l’origine de ce funeste événement. Ce mouvement, initié par les étudiant.es, s’est étendu dans toutes les couches de la société.

En France, la couverture médiatique de ces événements est pratiquement inexistante. Pourtant, ce mouvement paraît particulièrement intéressant, du fait de sa forme d’organisation (démocratie directe via des plenums), de son ampleur (toutes les universités sont occupées depuis plusieurs mois) et de sa stratégie (les étudiants sont sortis des universités pour arpenter le territoire).

Il ouvre des perspectives politiques dans une Europe qui en manque cruellement, à l’heure où les politiques réactionnaires et nationalistes gagnent du terrain. En 10 mois, se sont tenue dans toute la Serbie, 23000 manifestations.

Le 5 juillet 2025, l’association DOC situé dans le 19e arrondissement de Paris, accueillait, dans ces locaux, une rencontre autour d’une exposition photographique et documentaire et d’un échange en présence d’étudiantes et étudiant serbes venues expressément à Paris pour cet événement et dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une majeure partie de cette rencontre.

Pause musicale : BLOCKADA – C NIK Lorsque l’injustice devient une loi, la résistance devient un devoir.” Cette chanson a été crée en soutien aux protestations d’étudiants à travers la Serbie en 2025 – “Blockada” est leur son de résistance.

Pour plus informations : https://www.courrierdesbalkans.fr/

https://www.instagram.com/1152paris/

10 SEPTEMBRE : BLOQUONS TOUT

A l’occasion de la mobilisation du 10 septembre, nous sommes aujourd’hui en direct de nos studios, afin de recueillir un ensembles de témoignages sur la matinée et vous diffusez les rendez vous de l’après-midi.

Vous pourrez donc entendre (dans l’ordre de passage):

  • Stéphane et une salariée de Sanofi en gréve
  • Nadia pour le blocage de la Porte d’Orléans et le rassemblement au techni-centre de Châtillon
  • Christophe pour Tours
  • Miguel et Joël pour l’occupation de l’hôpital Tenon et le rassemblement de Gare du Nord
  • Adrien et Théophile pour le centre Bus de Lagny, la porte de Montreuil, et le rassemblement de la place de la République (appelé par la marche des solidarité)
  • La diffusion d’un reportage réalisé avec deux étudiantes sur la Porte d’Italie
  • Hassan et un salarié de Paprec pour Gennevilliers

Mobilisation des travailleur·euse·s du soin contre le génocide et pour la Palestine

Les sociétés savantes, les institutions médicales et paramédicales ont le devoir d’agir et de prendre position sans ambiguïté contre le génocide à Gaza, et contre la complicité active de l’État français. L’heure est à la clarification : continuer à se taire serait une faillite morale et éthique irréparable.

Il est possible d’agir, comme beaucoup d’autres l’ont déjà fait : les dockers de Fos-sur-Mer et de Gênes en Italie ont bloqué des livraisons d’armes, destinées à Israël. Les syndicats de professeurs se sont mis en grève le 17 juin en solidarité avec la Palestine et contre la répression d’une professeure qui, à la demande de ses élèves, a réalisé une minute de silence en classe. Des médecins dans le secteur de la santé ont organisé des rassemblements devant des hôpitaux, encore récemment à Tenon et à la Pitié-Salpêtrière.

Et dans ce contexte, le 26 juillet 2025, se tenait une première mobilisation des travailleur·euse·s du soin contre le génocide et pour la Palestine, avec une manifestation de l’Hôpital Tenon, jusqu’à l’Hôpital Robert-Debré.

Dans l’émission de ce jour, nous diffusons le reportage réalisé ce samedi dans la manifestation. Bonne écoute

RADIO SHOW: LE POINT GODWIN

C’est la dernière émission de l’actualité des luttes avant les vacances-et oui, on prend des grandes vacances parce qu’on en a besoin et que cette année a été un peu compliquée. Entre le recours à la guerre, et l’investissent dans l’armement, le million de morts dans la guerre de position entre la Russie et l’Ukraine, le génocide en Palestine, la guerre au Congo et dans pas mal de pays d’Afrique. Entre la répression dans les colonies Française, les reculs spectaculaires du droit d’expression, la casse des services publics en France et partout dans le monde, les promulgations de lois contre les travailleurs, les chômeurs, contre les sans-papiers et le manque de mobilisation ; le moral était plutôt à plat. Mais pas question de baisser les bras, on prend des forces et on revient à la rentrée prochaine pour, on l’espère, des luttes sociales massives et victorieuses.

On vous diffuse aujourd’hui, pour clore cette nouvelle saison de l’actualité des luttes, l’ultime numéro, de l’équipe du Radio Show qui a décidé d’exploser le point Godwin ! (Le point Godwin est atteint quand on fait intervenir dans une conversation une référence au nazisme qui peut clore la discussion. Alors que nous le voyons, l’horreur n’a jamais malheureusement atteint son paroxysme et que des analogies avec un nazisme moderne peuvent être faites avec l’ancien).

Mais dans le même temps, une mystérieuse association, l’ARIEN (Association contre le Racisme et l’Inimitié Envers les Nazis) mène une campagne de lobbying pour l’interdiction du point Godwin et la dédiabolisation du nazisme. Alors traiter tout le monde de nazi, bonne idée ou gênance absolue ?

Avec des interviews de Johann Chapoutot, historien du nazisme, Daphnée Deschamps journaliste de Street-Press et spécialiste de l’extrême droite, un militant de l’association Young Struggle, Sarah Bénichou, journaliste indépendante qui documente notamment les racismes, des vraies gens croisés dans la rue et des personnages fictifs dans des sketchs flippants.

Et aussi, des montages médiatiques, un jeu du loup-garou et une chanson de Reno Bistan.

week-end de mobilisation contre le salon d’armement du bourget

Du 16 au 22 juin 2025 s’est déroulé la 55ᵉ édition du salon international de l’aéronautique et de l’espace au parc des expositions du Bourget, au nord de Paris. Sous couvert d’un événement grand public, il s’agit bien d’un des plus grands salons d’armement du monde, où tout le complexe militaro-industriel et près de 300 délégations officielles de pays étrangers viennent y faire leur marché ou observer les dernières innovations.

Cela a été l’occasion d’agir concrètement contre la guerre et la militarisation depuis là où nous sommes. Leurs guerres se fabriquent près de chez nous. Nous ne pouvons laisser commercer impunément les entreprises et les États se rendre coupables et complices en notre nom de génocides et de crimes contre l’humanité.

Contre le génocide à Gaza, contre l’économie de guerre et les marchands de mort, ont été organisés non seulement une manifestation, mais aussi des meetings, des tables rondes, des concerts gratuits, des ateliers, un village anti-guerre et de nombreuses animations.

Dans cette émission, nous vous proposons deux temps. Tout d’abord, les interventions de la soirée du vendredi 20 juin à la Bourse du Travail de Bobigny, avec comme thème Face à leurs guerres : nos résistances. Ensuite, nous serons dans la manifestation du 21 juin, contre la tenue du Salon du Bourget.

DES PARENTS D’ÉLÈVES CONTRE LA RÉPRESSION POLICIÈRE AU LYCÉE HÉLÈNE BOUCHER

Le 6 juin 2024, une cinquantaine de lycéens rentrent pacifiquement dans le lycée Hélène Boucher à Paris et tentent de l’occuper, pour protester contre le génocide en Palestine.
Quelques minutes plus tard, plusieurs unités de police rentrent dans le lycée. Des photos et vidéos prises par les occupants montrent une utilisation de gaz lacrymogène à l’intérieur, des menaces au LBD à bout portant, une balayette injustifiée et même une arme à feu sortie par un agent de la BAC.

Dans l’émission de ce jour, nous accueillons en studio, Marie et Sandrine, parents d’élèves au lycée Hélène Boucher et Alex, du syndicat SUD ÉDUCATION Paris. En leurs compagnies, nous reviendrons sur les violences policières du 6 juin 2024 et les suites qui vont y être apporté.

Des parents interpellent le rectorat et la préfecture de police de Paris face à
l’escalade de la répression policière des manifestations lycéennes

Communiqué Paris, le 18 juin 2025
Le jeudi 6 juin 2024 dans la soirée, chez une quarantaine de parents de lycéens et lycéennes, le téléphone sonne, le numéro est masqué. On répond, le cœur se met à battre plus vite, l’appel provient d’un commissariat – commissariat du 3ᵉ, du 5e, du 17ᵉ, du 18ᵉ ou du 20ᵉ. Il annonce à chaque parent la garde à vue de leur enfant et le droit à un avocat.

Quelques heures plus tôt, les personnes présentes devant le lycée Hélène Boucher assistaient, médusées, à la sortie de 48 jeunes menotté·es – plus de quarante sont mineur·es – et emmené·es dans des paniers à salade au vu de tous. Ils et elles voulaient occuper le lycée pour alerter sur la situation à Gaza et refaire de ce lycée un lieu de parole et d’échanges. Des rassemblements de parents, lycéennes, lycéens, professeurs, s’organisent, impromptus, devant chaque commissariat, pour protester et soutenir.

Le 7 juin 2024, le lendemain, la fin de la garde à vue est signifiée, chaque parent doit aller chercher son enfant. Chaque parent reçoit, stupéfait, bouleversé, le récit de son enfant. Et nous, parents, sonnés, révoltés, nous nous retrouvons le samedi 8 juin devant le lycée Hélène Boucher pour protester, nous réchauffer aussi, et commençons à construire ce collectif.
Pour tous les lycéens et toutes lycéennes mineur.es, l’affaire du 6 juin 2024 sera classée sans suite. Mais pas pour nous !

SUITE DU COMMUNIQUÉ DANS CE LIEN communique-lycees-parents

Contact : collectifpihb@gmail.com

repression syndicale et politque envers des syndicalistes

Les 12 et 18 juin dernier, sept syndicalistes et militants ouvriers passaient devant le tribunal judiciaire de Paris, en butte à la répression étatique, l’un syndicale l’autre contre le soutien à la Palestine. Dans les deux cas, le soutien a été massif et populaire. 

Le 12 juin, ce sont les 5 de Nanterre qui passaient au tribunal judiciaire de Paris, pour… violation de domicile professionnel, plainte déposé par La Poste, plus de 10 ans après les faits lors de la grande grève de 2014. Avec l’unique objectif de se débarrasser et de décapiter le syndicat SUD PTT 92. 

Tandis qu’Anasse Kazib, syndicaliste à SUD RAIL et un journaliste de Révolution Permanente sont poursuivis pour apologie de terrorisme par une association de l’extrême droite sioniste pour avoir juste apporter son soutien à la Palestine occupée et martyrisée via un tweet. À l’instar d’un syndicaliste CGT du nord, ils n’ont fait que leur devoir de militants internationaliste en défendant une population opprimée. Ces procédures n’ont pour objectif que de terroriser les militants et de faire taire la solidarité internationale ́ avec la Palestine.
Le procès d’Anasse et du camarade a été reporté à l’année prochaine, tandis que les 5 de Nanterre devront attendre le 10 juillet prochain pour connaître les résultats d’un procès qui a duré jusqu’à 22 h 30 ce 12 juin.

Dans cette heure d’émission, nous entendrons les prises de paroles et interviews issues de ses deux procès.

GUERRE A LA GUERRE: le business lucratif de la mort

Du 16 au 22 juin 2025, se déroulera la 55ᵉ édition du Salon du Bourget, au nord de Paris. Il s’agit de l’un des plus importants salons d’armement au monde.

Cette 55ᵉ édition du salon intervient dans une séquence où la Commission européenne a annoncé un plan de réarmement de 800 milliards d’euros, soit 5% du PIB européen. Cela s’accompagne d’une hausse des budgets militaires et de projets de réformes visant à rétablir progressivement le service militaire dans l’ensemble des pays européens.

La France, 1ʳᵉ puissance militaire du continent et 2ᵉ exportatrice d’armes au monde, ambitionne d’atteindre 90 milliards de budgets pour la défense dans les prochaines années. Un objectif qui repose sur l’accélération de la destruction des services publics et la perspective d’attaques d’ampleur contre les conditions de travail.

Alors que le génocide à Gaza et la colonisation des territoires palestiniens et la guerre d’Israël contre l’Iran se poursuivent avec le soutien inconditionnel des puissances occidentales, ce salon sera par ailleurs l’occasion pour Israël d’exposer ses armes « testées au combat » sur les civils palestiniens, mais aussi de conclure de nouveaux contrats d’armement avec des entreprises du monde entier, notamment des groupes français comme Thalès ou Safran.

Dans l’émission de ce jour, et en appel au week-end de mobilisation contre la tenue du salon du Bourget qui aura lieu du 20 au 22 juin 2025, nous vous proposons l’écoute de deux table-rondes, qui se tenait au Cirque électrique, le 24 mai dernier avec comme titre Guerre et répression : le business lucratif de la mort”.

Cette soirée avait pour but de comprendre tous les enjeux de la nécessité d’organiser un front anti-militariste.

Dans cette émission, nous entendrons les deux parties de cette soirée du 24 mai dernier avec en Première partie : Opérations extérieures et coopérations militaires : jusqu’où la France est-elle prête à aller pour maintenir son aire d’influence coloniale ? avec notamment Camille de l’association Survie et Marc-Antoine Pérouse de Montclos.

Puis en deuxième partie : Dépendance aux exportations d’armes et complicité de crimes de guerre : les dessous de la “souveraineté” militaro-industrielle française avec notamment Stop Arming Israël France, Boussole Palestine, CGT, STMicroelectronics

Les rendez-vous pour ce week-end

VENDREDI 20 JUIN à 18 h 30 MEETING D’OUVERTURE Bourse du Travail de BOBIGNY Place de la Libération

SAMEDI 21 JUIN, 13H : GRANDE MANIFESTATION, départ de la Bourse du Travail de Bobigny 16H/23H : CONCERTS CONTRE LES MARCHANDS DE MORT – Fête de la Musique

DIMANCHE 22 JUIN de 11h à 19h  : VILLAGE ANTI-GUERRE : Tables rondes, Concerts, Animations, Ateliers, Assemblée de clôture
Bourse du travail de BOBIGNY, place de la Libération et Parc du Mail de l’Hôtel de Ville

Pour plus d’info guerrealaguerre.net

VERITE ET JUSTICE POUR RAYANA

Rayana avait 21 ans lorsqu’elle a été tuée par la police d’une balle dans la tête suite à un refus d’obtempérer la nuit du 4 juin 2022, dans le 18 éme arrondissement de Paris, alors qu’elle était passagère du véhicule. Le 5 mai 2025, une juge d’instruction parisienne a rendu une ordonnance de non-lieu au bénéfice des trois policiers en VTT ayant fait usage de leur arme, en retenant la légitime défense. Face à ce déni de justice, la famille a fait appel de cette décision et afin de l’annoncer a organisé un rassemblement le 5 juin 2025, dans lequel ses proches et plusieurs collectifs contre les violence policières ont pris la parole. Nous vous diffusons donc dans une première partie d’émission, le montage que nous avions réalisé à l’époque sur cette affaire et dans une deuxième partie d’émission, une partie des prises de paroles enregistrées lors du rassemblement du 5 juin dernier.