Grève de la faim et mobilisation contre l’expulsions de Prosfygika en Grèce et Mobilisation butte rouge, suite…

LA SOLIDARITÉ EST L’ARME DES PEUPLES, GUERRE À LA GUERRE DES PATRONS

Le 7 juin avait lieu à la Kunda, squat d’habitation, d’activité, une soirée en solidarité avec Prosfygika un quartier occupé en Grèce. C’est 400 habitants et ses 22 structures sociales autogérées que l’État Grecque aimerait voir disparaître pour faire taire ce symbole d’organisation collective et de solidarité au centre d’Athènes. L’attaque contre la communauté de Prosfygika n’est pas un combat isolé. La communauté résiste et est un modèle de lutte sociale qui construit une proposition contre les régimes mondiaux qui se tournent vers le fascisme, les sociétés militarisées et les mentalités coloniales.

C’est la cinquième attaque majeure de l’État contre la Communauté au cours de ces dernières décennies. Même si cette attaque a l’air d’être la plus sérieuse de toutes, elle n’aura aucun succès. Deux grèves de la faim ont été lancées pour protester contre le projet de « réaménagement » soutenu par des fonds publics et prévoyant l’expulsion de plus de 400 habitants, dont des personnes réfugiées.

La communauté de Prosfygika dénonce une attaque contre le droit au logement et la disparition de structures autogérées actives depuis des années dans l’entraide sociale. Les grévistes exigent l’arrêt immédiat des expulsions, l’annulation du projet régional et la garantie du droit à rester vivre sur place, tout en appelant à une mobilisation plus large en solidarité avec Prosfygika.

Aristotelis Chantzis, en grève de la faim depuis 138 jours dans le cadre de la lutte pour la défense de la communauté de Prosfygika à Athènes, il a été transféré d’urgence à l’hôpital Georgios Gennimatas après l’apparition de graves symptômes neurologiques. Selon ses soutiens, son état est critique : il ne pèse plus que 35 kg et sa vie est en danger.

Les militants accusent les autorités grecques de ne pas avoir répondu à leurs revendications et ont appelé à une mobilisation à Athènes, place Syntagma, le mardi 23 juin 2026 à 19H ainsi qu’à des actions de solidarité internationales devant les représentations grecques et européennes, notamment à Bruxelles. Les organisateurs affirment vouloir intensifier leur mouvement et soulignent que la grève de la faim menée par Aristotelis Chantzis, mais aussi par Suzon Doppagne, est un combat pour la défense de la communauté et de ses habitants. Ils appellent à poursuivre la mobilisation jusqu’à l’obtention de leurs revendications.

Le 14 mars, des milliers de personnes ont pris la rue à Athènes pour défendre Prosfygika. Des actions de solidarité ont également eu lieu en Pologne, en Serbie, en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal et en Colombie.
Bien qu’une grande partie du mouvement et de la société ait été mobilisée, l’État grec et le gouvernement régional d’Attica restent silencieux et n’ont pas annulé leur plan en cours.

Cela met en danger la vie de notre camarade Aristotelis Chantzis, ainsi que celle de tant de membres de la Communauté qui feront face à des conditions extrêmes et mortelles sans le soutien de la Communauté et de ses 22 structures sociales autogérées…

Nous appelons toutes les personnes qui défendent la vie à initier ou à participer à des actions de solidarité pour promouvoir les actions panhelléniques et internationales le 5 avril en solidarité avec la Communauté de Prosfygika.

On appelle à :

1. Participer à la grève de la faim circulaire de 1 à 3 jours.

2. Des mobilisations en solidarité de la grande manif le 5 avril à Athènes et au niveau international.

3. Les médias et journalistes de venir à Athènes, pour être là ce jour-ci avec nos camarades.

4. Venir en aide ou construire des réseaux de solidarités avec quiconque voulant contribuer à la campagne de sauvegarde de Prosfygika.

5. Montrer votre solidarité ou partager la campagne Firefund: https://www.firefund.net/saveprosfygika

6 : Signer le texte avec les demandes de la Communauté et de la grève de la faim.

On appelle à tout.e.s camarades de venir en aide de n’importe quelle manière, soit à travers les actions qu’on vous propose ou par vos propres initiatives. Nous savons que chaque contexte national et local fait face à leurs propres difficultés, et nous avons confiance en votre capacité d’agir et de réagir comme ils vous semblent appropriés. Contactez-nous pour qu’on puisse développer cette résistance ensemble contre les plans de l’état Grec et du gouvernement régional d’Attika.

L’attaque contre la communauté de Prosfygika n’est pas un combat isolé. La communauté résiste comme l’un des derniers projets restants de lutte sociale qui construit une proposition contre les régimes mondiaux qui se tournent vers le fascisme, les sociétés militarisées et les mentalités coloniales. Nous demandons à toustes les camarades qui expriment leur solidarité de connecter la lutte aussi à leur contexte social, géographique et politique.

Ceci est la cinquième attaque majeure de l’État contre la Communauté au cours de ces dernières décennies. Même si cette attaque a l’air d’être la plus sérieuse de toutes, elle n’aura aucun succès.

Bas les pattes de Prosfygika!

Soit, on gagnera ou on gagnera !

L’Assemblée du squat de Prosfygika (SyKaPro)
Avenue Alexandras
Athènes, Grèce
prosfigika [at] riseup [point] net
https://sykaprosquat.noblogs.org/


Des squats à Athènes : https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR/squated/squat
Des squats expulsés à Athènes : https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR/field_active/1/squated/evicted
Des groupes à Athènes : https://radar.squat.net/fr/groups/city/athens/country/GR
Des événements à Athènes : https://radar.squat.net/fr/events/city/Athens/country/GR

Des squats en Grèce : https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) en Grèce : https://radar.squat.net/fr/groups/country/GR
Des événements en Grèce : https://radar.squat.net/fr/events/country/GR

NON A LA DÉMOLITION DE LA BUTTE ROUGE !

Le 17 juin dernier, se tenait un rassemblement à la préfecture de région d’IDF, pour dire au préfet, de ne pas signer les permis de démolir de LA Cité JARDIN de la BUTTE ROUGE A CHÂTENAY-MALABRY – Une cité jardin d’avenir, joyau d’architecture et de paysage, Patrimoine national et modèle internationalement reconnu. Dans un contexte de baisse des salaires et des prestations, il est absolument nécessaire que l’État construise des logements sociaux et ne détruise pas ceux qui existent. Une délégation a été reçue par l’adjointe à la préfète secrétaire général aux politiques publiques de la région. Dans ce reportage, nous entendrons les entretiens réalisés avec des membres du collectif STOP AUX DÉMOLITIONS DE LA BUTTE ROUGE A CHÂTENAY-MALABRY et les réactions au retour de la délégation.

VIVRE SANS POLICE : du long été au crépuscule d’exarchia, par Victor Collet

Aujourd’hui, vous allez pouvoir écouter la présentation du livre ; Vivre sans police par son auteur ; Victor Collet. L’occasion de revenir sur l’histoire récente du quartier Exarchia, quartier du centre d’Athènes qui s’est affranchi pendant une décennie du contrôle de la police, mais aussi de revenir sur la crise monétaire internationale de 2008 qui a assujetti la Grèce aux diktats de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds Monétaire International mettant le peuple à genoux et nous imposant de renflouer les banques.

« Mecque des anarchistes, paradis pour anarchotouristes, zoo émeutier pour jeunes égarés, quartier de la résistance ou de l’insurrection contre la dictature des colonels, de la révolte et des émeutiers après décembre 2008, quartier des intellectuels, petit coin laborieux des artisans, maisons d’édition, libraires, imprimeurs, luthiers, quartier paisible et bariolé, commerçant et festif, « contre culturel » ou « alternatif », de plus en plus branché, gentrifié, approché puis envahi par les touristes à la nuit tombée, quartier de tous les refuges, des sans-abris et des exilés, des antifascistes et des hooligans de l’AEK Athènes, des dealers et des mafieux, des koukouloforoi, (jeunes encagoulés et délinquants sociaux), quartier de tous les départs, vidé par les Airbnb, la marchandisation ou le folklore militant, quartier des assemblées et des disputes interminables entre groupes militants, à l’agonie devant sa militarisation, étouffé par les barrières métalliques et des projets urbanistes délirants, cœur de ville et place cathartique d’une politique du quartier, de la capitale, du pays.

Décrire Exarchia, le quartier de toutes les hyperboles, version miniature (et extrême) des conflits nationaux, mais aussi des fantasmes et projections du gratin militant international… Autant renoncer d’emblée. Mais n’est-ce pas le propre des mythes que d’échapper aux tentatives d’accaparement ? De ne pas se laisser enfermer ou réduire à une définition, une dimension et une direction qui répondent à des intérêts ? Un quartier, aussi polymorphe qui plus est, ne se laisse pas si facilement attraper. À tout prendre, autant choisir un point de vue, et pourquoi pas le mien. »

Comment un quartier peut-il s’affranchir pendant toute une décennie du contrôle de la police ? Victor Collet nous guide dans Exarchia, dans ses squats, ses violences, ses solidarités, ses espoirs déchus, ses victoires… pour nous montrer les possibilités qui existent, lorsque des habitants réussissent à tenir tête au fascisme, que celui-ci soit militant ou étatique ou les deux.

Il parvient à faire l’histoire singulière d’un pays dont il a éprouvé les crises et l’inscrit dans celle, plus large, des villes qui résistent, coûte que coûte, à toutes formes d’oppression. Si le récit de la Grèce peut être lu comme un récit d’anticipation à bien des égards, il donne aussi des raisons d’espérer. Comprendre Exarchia, c’est comprendre ce qui a marché, entrevoir ce qui aurait pu marcher, et s’inspirer des raisons de l’impossibilité à rester un îlot imperméable aux logiques d’oppression, afin de, peut-être, recréer ailleurs des réseaux de solidarité.