dermatose nodulaire contagieuse: Stop à l’abattage total !

Avant de commencer cette émission et pour mieux comprendre ce qui se joue autour de la mobilisation des agriculteurs faisons un point : Pourquoi dix agriculteurs mettent-il fin à leurs jours chaque semaine en France ? la précarité économique en est une des causes ; les 10 % des ménages agricoles les plus modestes gagnent moins de 10 900 euros par an. 17,7 % des exploitants agricoles vivent sous le seuil de pauvreté, contre 14,4 % parmi l’ensemble de la population, parmi eux ce sont les maraîchers (24,9 % sous le seuil de pauvreté), les éleveurs ovins et caprins (23,6 %) et les éleveurs de bovins allaitants (21,5 %) qui sont le plus touchés. 40 000 fermes ont disparu en seulement 3 ans et avec elles, la capacité de nos villes et villages à produire une alimentation locale et de qualité. De plus la bureaucratisation croissante du métier, la concentration des exploitations, la pression accrue à la productivité, la standardisation technique, la concurrence internationale, finissent de les achever

Alors quand une épizoologie vient s’ajouter à tout ça, c’est la colère qui explose. Quand l’État et la FNSEA imposent l’abattage de tout le troupeau quand une bête est touché, les routes se bloquent, les préfectures sont attaquées, les paysans se mobilisent. Et toutes ces bêtes tuées juste pour garantir l’exportation.Si l’objectif premier du secteur agricole est le profit et pas de nourrir l’ensemble de la population, comment s’étonner que les animaux soient traités comme de la matière première et non comme des êtres vivants méritant une vie et une mort digne ? Comment s’étonner que les conditions de vie et de travail des salariés soient si peu prisent en compte ?

Ce mouvement est largement documenté par les acteurs eux même sur les réseaux sociaux. Nous en avons sélectionné de nombreux extraits et nous entendrons également un entretien réalisé avec un éleveur de brebis du Tarn-et-Garonne, qui à participé au mouvement de colére actuelle. pour que les habitants des grandes villes et de ces banlieues puissent mieux comprendre les raisons de la colère d’une réalité rurale mal connue mais qui souffre des même maux. Nous sommes tous et toutes concernés !

Alors que les actions d’agriculteurs-trices se multiplient contre les abattages liés à la dermatose nodulaire, une colère plus large semble ressurgir. À la croisée d’une crise sanitaire, d’un modèle agricole fragilisé par l’agro industrie et des négociations commerciales avec le Mercosur, le monde agricole pourrait-il replonger dans une mobilisation d’ampleur ? A Bruxelles ils étaient 10000 à converger de toute l’Europe pour s ‘opposer aux traité de libre échange. Leur colère a explosé, la ministre à beau dénoncer l’infiltration de casseurs, c’est prendre les paysans pour des cons et ne pas prendre la mesure des problèmes.

Le capitalisme détruit les petits pour enrichir les gros. Il en est ainsi quand il s’agit de payer leurs guerres et leurs déficits. Les petits paysans sont sacrifiés au profit des grosses exploitations. Les multinationales tuent les artisans et les petites et moyennes entreprises. Des secteurs entiers sont délocalisé, la nature dépecé… A quand une alliance de tous les dépossédés ?

L’abattage des troupeaux est une aberration !

A l’heure où nous écrivons ce texte, la préfecture de l’Ariège ordonne l’abattage de 208 bovins sains, parce qu’une vache du troupeau a été testée positive à la dermatose nodulaire contagieuse, selon le protocole actuellement en vigueur en France et dans l’Union Européenne.

Au prétexte d’endiguer la crise, l’État nous propose une solution aussi simple qu’abjecte : Les tuer toutes !

Un protocole drastique, dont les objectifs réels sont clairs : protéger les exportations. La France est effectivement le premier exportateur d’animaux vivants au monde. Une politique de vaccination totale signifierait l’arrêt des exportations pendant 14 mois. La décision de l’abatage total répond uniquement au maintien du statut « indemne » de la France aux yeux de la communauté internationale et non à une volonté de préservation de santé publique.

Les abattages sans discernement se poursuivent pour sauvegarder les intérêts des grandes filières qui concentrent toujours plus les cheptels, alors que des alternatives ont été proposées pour endiguer la maladie, comme par exemple l’euthanasie uniquement limitée aux animaux malades, avec vaccination, mise en quarantaine et suivi vétérinaire.

Dans le système dans lequel nous vivons, la production agricole doit, comme toutes les autres être rentable. A cette fin, la productivité doit croître : il faut élever plus, sélectionner plus, spécialiser plus, faire plus vite, plus lourd, plus gras… Tout cela en réduisant en permanence « les coûts de productions ». Une course à la productivité, à la « technicité » que le syndicat agricole majoritaire (FNSEA) plébiscite, n’ayant que faire des enjeux sanitaires à long terme, de la vie des animaux, ou de l’impasse dans laquelle nous nous trouverons lorsque nos ressources seront totalement épuisées.

Ce système est responsable de la crise sanitaire que traverse l’élevage.

La sur sélection des animaux les rends plus fragiles, leur concentration dans des fermes toujours plus grosses favorisent la circulation des virus. L’augmentation des flux commerciaux et l’aggravation du réchauffement climatique participent également à la prolifération des épidémies.

Les petit·e·s exploitant·e·s agricoles qui souhaiteraient « produire autrement » se retrouvent aussi embarqué·e·s dans cette course à la production et ses conséquences. Dans ce monde, il s’agit non pas de produire de la nourriture de qualité mais bien de faire du profit pour assurer la rentabilité des entreprises.

Si l’objectif premier du secteur agricole est le profit et pas de nourrir l’ensemble de la population, comment s’étonner que les animaux soient traités comme de la matière première et non comme des êtres vivants méritant une vie et une mort digne ?

Nous ne sommes pas surpris qu’une production régie par les lois de la performance économique se soucie si peu de la vie. Les conditions de vie et de travail des salariés de la production agricoles témoignent aussi de cette réalité.

Aujourd’hui de nombreux agriculteurs et éleveurs sont mobilisés. Certains appartiennent à

des organisations dont nous ne partageons ni les valeurs, ni le projet politique : jamais nous ne crierons d’une même voix. Nous regrettons que la défense de ces animaux ne soit pas corrélée à la défense d’une production dirigée vers la satisfaction des besoins et non des profits.

Salarié·e·s de l’élevage, nous revendiquons un autre rapport à la production, un autre rapport aux animaux.

Une autre agriculture est possible, affranchie des rapports de production capitalistes. S’extraire des logiques de profit et de l’exploitation humaine et animale est la condition sine qua non pour une agriculture qui respecte les vivants : humains et animaux.

Travailleurs et travailleuses de la production agricole, nous battre contre ces logiques mortifères c’est aussi se battre contre les logiques de profit qui régissent notre travail.

Avec les producteurs qui le souhaitent, il nous appartient de penser un futur où les animaux ainsi que celles et ceux qui vivent avec pourront vivre dans la dignité.

Syndicat des Gardien·ne·s de Troupeaux

FNAF CGT s g t c g t . n o b l o g s . o r g

LEPOING
Alors que les actions d’agriculteurs-trices se multiplient contre les abattages liés à la dermatose nodulaire, une colère plus large semble ressurgir. À la croisée d’une crise sanitaire, d’un modèle agricole fragilisé et des négociations commerciales avec le Mercosur, le monde agricole pourrait-il replonger dans une mobilisation d’ampleur ?

« L’État nous respecte pas, nous non plus. ». Le message affiché sur une banderole accrochée ce vendredi 12 décembre à la grille de la sous-préfecture de Lodève ne laisse que peu de doutes. La colère agricole refait surface.

Des actions dans l’Aude, l’Aveyron et l’Hérault

La Coordination Rurale* de l’Hérault menait une série d’actions dans la petite ville visant les deux entrées du bâtiment officiel et le centre des impôts. En soutien aux éleveurs-euses en Ariège victimes d’abattage de troupeaux ayant contracté la dermatose nodulaire.

À Béziers, deux agriculteurs étaient interpellés suite à l’incendie du portail de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), samedi 13 décembre 2025 au matin. Le dispositif de police a été renforcé sur la ville. « Toutes les unités de police BAC, CDI, BST, GSP sont mobilisées et équipées, les brigades en repos sont rappelées », précisent les autorités. Une délégation devait être reçue dans l’après-midi par le préfet de l’Hérault, à Montpellier. Deux ans après l’intense révolte agricole de l’hiver 2023-2024, cette multiplication des blocages présage-t-elle d’une nouvelle flambée de colère ? Les actions se multiplient depuis quelques semaines dans tout le pays contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire. Dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 décembre, des centaines de manifestant-es tentaient d’empêcher la mise à mort d’un troupeau. Une vache y avait été repérée comme contaminée, dans une ferme de Bordes sur Arize en Ariège. Soit le département où les agriculteurs-trices ont le revenu moyen le plus faible, 765 euros mensuels en 2021 selon l’Insee.

D’où d’intenses affrontements avec les forces de l’ordre, déployées par centaines. Ces dernières n’ont pu accéder au troupeau qu’à grand renfort de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement, avec l’appui de blindés de la gendarmerie. Le rassemblement de soutien avait été appelé par la Coordination Rurale et la Confédération Paysanne**. Avec des appels à soutien du mouvement écologistes Les Soulèvements de la Terre. Des groupes d’extrême droite, comme l’Action française, étaient également présents.

Dans la foulée la Confédération Paysanne lançait ce vendredi 12 décembre un appel à généraliser les blocages. En Ariège, le lendemain, près de 150 agriculteurs-trices coupaient la RN20 qui mène au Pas-de-la-Case en Andorre. Pour un blocage sans limite.

Un blocage est aussi en cours sur l’A64 au niveau de Carbonne, près de Carbonne. «S’il faut rester jusqu’à la Noël, on le fera», promet un jeune ouvrier agricole mobilisé au Figaro. C’est exactement à cet endroit qu’avait commencé le durcissement du mouvement de l’hiver 2023-2024, avec un très long barrage lancé depuis une manifestation toulousaine par un adhérent de la FNSEA***, Jérôme Bayle, fondateur par la suite des « Ultras de l’A64 », dont la liste asyndicale a remporté la chambre d’agriculture de Haute-Garonne en février 2025.

D’autres blocages et manifestations ont eu lieu au Pays Basque, en Aveyron, en Lozère, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Doubs…

Un peu avant 18h, toujours ce samedi 13 décembre, le ministère de l’Intérieur recensait 43 actions en cours, rassemblant 2.000 personnes environ. Laurent Nuñez a répété que les forces de l’ordre devaient faire preuve de “souplesse” et de “tact” . Il a également demandé des interventions de la police ou de la gendarmerie en cas de “violences” et “d’exactions”.

Une gestion « plus effrayante que la maladie elle-même »

Le déclencheur de cette agitation est la gestion jugée brutale de la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire. Contacté par Le Poing, Dominique Soulié, de la Confédération Paysanne de l’Hérault, revendique avec son syndicat la fin de la suppression totale des troupeaux dès qu’une ou quelques bêtes sont contaminées, et plaide pour une vaccination élargie sur la base du volontariat. Au niveau national, la Conf’ dénonce une gestion « plus effrayante que la maladie elle-même ».« On sait que l’abattage systématique ne marche pas, la maladie continue à s’étendre. », défend-il. Pour Jean-Marc Sabatier, chercheur au CNRS, « des mesures alternatives existent, dont l’isolement temporaire des animaux malades ou des traitements symptomatiques combinés. » Jean-Marc Sabatier était cité dans une enquête de Marianne au titre évocateur, “Antivax, complotistes, partisans de la biodynamie, fans d’OVNI ou de guérisseurs… Ces scientifiques du CNRS en roue libre”, publiée le 1er juin 2025. Il y était désigné comme “personnage important de la désinformation autour de la vaccination”. Aujourd’hui, quatorze mois sont nécessaires pour regagner le statut «indemne» après le vaccin. « Avant d’être une mesure sanitaire, c’est une mesure économique, pour pouvoir permettre aux exportations de ne pas être bloquées par les normes européennes. », enchaîne Dominique Soulié. La maladie touche désormais quatre départements en Occitanie, poids lourd de l’élevage en France : les Pyrénées-Orientales, l’Ariège, les Hautes-Pyrénées et la Haute-Garonne, où un cas a été annoncé vendredi.

La Coordination Rurale et le Modef**** portent des revendications semblables à celles de la Confédération Paysanne sur la dermatose. Les trois syndicats se retrouvent ensemble sur les rassemblements.

Le gouvernement craint contamination et blocage des exports

« Pour sauver toute la filière, l’abattage est la seule solution » , a estimé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ce samedi 13 décembre au matin. La ministre met en avant une stratégie qui aurait fait ses preuves en Savoie et Haute-Savoie où la dermatose est apparue en France, en juin. Quant à une vaccination générale, elle s’est dite « ouverte au dialogue […] On va commencer par étendre la zone vaccinale, autour des foyers de contamination ». Les pouvoirs publics craignent une contamination à grande échelle du cheptel français. Ou des difficultés à l’export en cas de vaccination large. La dermatose est non transmissible à l’humain, mais peut entraîner la mort des animaux. Jacques Guérin, président du conseil national de l’ordre des vétérinaires, estimait auprès de l’AFP que « si le modèle sanitaire français est mis à mal, l’impact pour la totalité des éleveurs sera terrible », dénonçant par ailleurs des « pressions inacceptables » sur les professionnel-les chargé-es par l’État d’abattre des troupeaux. Annie Genevard devrait échanger prochainement par visioconférence avec des élu-es des zones concernées par les foyers de dermatose.

La FNSEA, alignée sur le gouvernement

La voix dissidente dans le paysage syndical est celle de la FNSEA. Le patron de l’organisation appelle les éleveurs-euses à la « responsabilité » face à la crise, et le syndicat épouse la position du gouvernement, évoquant « un consensus scientifique ». Idée battue en brèche par Jean-Luc Mélenchon, qui déclarait ce samedi 13 décembre que « des institutions scientifiques et professionnelles estiment qu’on peut faire autrement ».

Une crise qui touche un secteur en grande difficulté

La crise de la dermatose touche un secteur où les revenus sont particulièrement bas. Selon l’INSEE, le revenu agricole moyen était en 2021 de 1 910 euros par mois. Avec d’énormes disparités : « 40% sont de grandes entreprises agricoles et font partie des franges économiques de la bourgeoisie et l’élite agricole, viticole, appartient même aux cercles de la grande bourgeoisie. Mais il y a aussi toute une partie à revenus faibles, voire très faibles, malgré un patrimoine qui les distingue des ouvriers, dont ils sont proches culturellement », expliquait au Monde Gilles Laferte, de l’Inrae, en février 2024. Ce dernier parle de « classe populaire à patrimoine ». Selon l’INSEE, le taux de pauvreté des personnes vivant dans un ménage agricole atteignait 16,2 %, contre 14,4 % pour l’ensemble de la population. Et grimpait jusqu’à 25% pour les éleveurs-euses bovins. Géographiquement parlant, Lucien Bourgeois, économiste spécialiste des questions agricoles, situe les plus grandes difficultés dans le Sud et le Sud-Ouest. Les éleveurs-euses de petits cheptels de vaches allaitantes dans le Massif central ou dans les Pyrénées étant parmi les plus modestes.

Selon le « Portrait des professions en 2022 », publié par l’INSEE le 29 avril 2024, les agriculteurs-trices travaillaient en moyenne plus de 54 heures par semaine. La moitié d’entre eux déclaraient travailler le soir, 1 sur 5 de nuit, et près de 9 sur 10 le week-end.

« La politique agricole du moment c’est de tout détruire »

Cette situation résonne avec une autre crise : celle de la viticulture méditerranéenne. Le 15 novembre, une manifestation réunissait 7000 personnes dans les rues de Béziers. Les régions viticoles les plus en difficulté (ex-Languedoc-Roussillon, Sud-Ouest, Bordelais) produisent surtout du rouge. « Le rouge ne se vend plus, les gens veulent du blanc et des bulles »expliquait à Reporterre Sophie Bataillard, 48 ans, vigneronne et porte-parole de la Confédération paysanne dans l’Aude. Le ministère de l’agriculture a annoncé fin novembre une aide de 130 millions d’euros pour financer l’arrachage de vignes. « La Coordination Rurale de l’Hérault, aux côtés des viticulteurs, a dénoncé l’arrachage imposé, la chute des prix et l’inaction des pouvoirs publics face à la crise. »communiquait la CR 34 quelques jours après la manifestation biterroise. « Les producteurs exigent un véritable plan de sauvegarde de la viticulture, le maintien des droits de plantation et des prix rémunérateurs pour vivre dignement de leur travail. » « Près de 15 000 emplois vont être supprimés dans les entreprises autour de la viticulture. », s’insurge Didier Gadéa, viticulteur à Montagnac et président du Modef dans l’Hérault. Thomas Puig, représentant des salariés de la filière viticole au conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, évoquait lui fin novembre 2025 le chiffre approximatif de 35 000 emplois menacés. « C’est un plan social de la viticulture, qui laissera dans la misère de nombreuses familles et villages. De grands groupes comme des groupements de producteurs-trices, des gros-ses propriétaires, des négociant-es, profitent d’opportunités pour continuer de planter et fournir le marché à des prix toujours plus bas, avec l’aide d’argent public. », constate Didier Gardéa.

Le Modef revendique des prix planchers, fixés et garantis par l’État. Mais aussi l’abandon du plan d’arrachage, et des aides à la plantation de cépages résistants. « Comme avec les vaches, la politique agricole du moment, c’est de tout détruire. », rebondit Dominique Soulié de la Confédération Paysanne. Son syndicat ne participait pas à la mobilisation du 15 novembre, en désaccord avec les mots d’ordre portés par le syndicat des vignerons, les Jeunes Agriculteurs, les Vignerons Indépendants et la coopération. « On propose 4000 euros par hectares aux viticulteurs-trices pour l’arrachage, mais à côté de ça on donne des primes pour replanter. Sans perspective. Personne n’a envie de travailler sur ce que pourrait être l’agriculture méditerranéenne de demain »

Une décision sur le Mercosur dans quelques jours

Ces choix nationaux s’inscrivent dans un cadre plus large : celui du libre-échange européen. Les États européens doivent se prononcer, entre le 16 et le 19 décembre, sur la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay). Pour ce qui pourrait devenir la plus grande zone de libre-échange jamais mise en place par l’UE. Accord contre lequel les agriculteurs-trices français sont très mobilisé-es, avec une opposition syndicale unanime. La France s’oppose à une signature sans garanties. Parmi les exigences : une clause de réciprocité interdisant l’import de produits traités avec des produits phytosanitaires interdits dans l’Union Européenne. « On estime que l’alimentation et l’agriculture devraient être sortis des traités de libre-échange », explique Dominique Soulié pour la Confédération Paysanne. « Et celui-ci est d’autant plus problématique qu’on sait bien que les productions d’Amérique du Sud sont faites selon des normes très différentes, très axées agriculture intensive. » La Coordination Rurale de l’Hérault défend quant à elle des traités bilatéraux plus ciblés. Le texte que les dirigeant-es de l’UE et du Mercosur signeront est en fait un « accord provisoire », qui devra être ratifié par le Parlement européen. Ce processus pourrait être bloqué par deux autres votes parlementaires, qui se tiendront tous deux au cours des premiers mois de 2026. De quoi intensifier les enjeux d’une contestation agricole.

Depuis l’hiver 2023-2024, la donne a changé

Le mouvement de l’hiver 2023-2024 s’était interrompu après l’appel de la FNSEA à lever les blocages. Depuis, les équilibres syndicaux ont évolué. Lors des élections de 2025 aux Chambres d’agriculture, la FNSEA est restée majoritaire mais a perdu une quinzaine de chambres, au profit notamment de la Coordination Rurale et de la Confédération Paysanne.

Le soutien de la Coordination Rurale à la loi Duplomb a laissé un goût amer à plus d’une personne. Mais ces recompositions rendent l’issue d’un éventuel nouveau mouvement d’ampleur particulièrement imprévisible. En attendant, la Confédération Paysanne de l’Hérault appelle déjà à une nouvelle action. Le rendez-vous est à 8h, ce dimanche 14 décembre, à l’espace La Cadoule de Vendargues. Objectif : bloquer le rond point d’autoroute entre Vendargues et Baillargues, toute la journée, voir sur plusieurs jours.

*La Coordination Rurale est le second syndicat d’agriculteurs-trices, regroupant des petits et moyens exploitant-es en situation de fragilité sur le marché des filières de l’agro alimentaire. Elle est très critique du syndicat majoritaire, la FNSEA. De plus en plus de ses cadres affichent leur proximité avec l’extrême-droite. Le syndicat tend à radicaliser sa ligne anti-écolo, dans un contexte où le monde paysan se trouve de plus en plus pris en tenaille entre les aspirations écologiques de la société civile et la crise agricole. Non sans nuances. Serge Zaka, docteur et chercheur en agroclimatologie auquel le média écologiste Reporterre consacrait un portrait en mars 2023, est régulièrement l’invité de discussions organisées par des sections locales de la CR. La CR34 et les membres du parti Les Écologistes se retrouvaient en août pour une discussion sur les enjeux agricoles. Avec des points d’accord, en matière de rejet des mégas-bassines, de lutte contre la bétonisation, de distribution des aides de la PAC, dans la foulée d’actions virulentes menées par le syndicat après des propos de Sandrine Rousseau jugés provocateurs « J’en ai rien à péter de la rentabilité des agriculteurs. », avait déclaré cette dernière interrogée à propos de la loi Duplomb visant à réduire les contraintes réglementaires des agriculteurs-trices pour l’usage des pesticides, adoptée le 8 juillet 2025

**Troisième syndicat agricole, classé à gauche, qui organise des petit-es et moyen-nes exploitant-es, avec une bonne proportion d’exploitant-es en reconversion, souvent attiré-es par la très forte identité agro-écologique mise en avant par l’organisation.

***La FNSEA est le principal syndicat agricole, et revendique 212 000 adhérents-es sur 400 000 exploitant-es. Plus 50 000 chez les Jeunes Agriculteurs, son « antichambre » qui regroupe les moins de 35 ans. Les Jeunes Agriculteurs peuvent suivre une ligne autonome. En 2019 ils remportaient la Chambre d’Agriculture de Guadeloupe avec le Modef, contre la FNSEA. En 2025 sa section corse avait envisagé une alliance avec la Coordination Rurale. La FNSEA syndique des exploitant-es de toutes tailles, inséré-es dans les filières agro-alimentaire, mais défend les intérêts des plus gros-ses. Ce qui est très visible dans sa défense d’une attribution des aides de la PAC à l’hectare plutôt qu’à l’exploitant-e. Elle est dirigée par Arnaud Rousseau, à la tête d’une immense exploitation agricole de plus de 700 hectares. L’homme est aussi président du groupe agro-industriel Avril, qui regroupe Lesieur, Puget. Il est actif dans l’alimentation des animaux d’élevage, les agrocarburants ou encore la chimie des huiles et protéines végétales, et président du Conseil d’Administration de Sofiprotéol, qui finance des crédits aux agriculteurs.trices. La FNSEA est une organisation tentaculaire sans équivalent en dehors de l’agriculture. Elle a un contrôle sur une bonne partie de la presse spécialisée. Elle fournit des services à ses adhérent-es, et est présente dans de nombreux organismes encadrant le monde agricole, comme le Crédit Agricole ou la Sécurité Sociale agricole, la MSA. Si bien qu’on peut y adhérer sur une logique d’un « il vaut mieux en être ».

****Le Mouvement de défense des exploitant-es familiaux, ou Modef, classé à gauche, syndique principalement des petit-es agriculteurs-trices, quel que soit leur mode de production. Tout en défendant une transition écologique. Le syndicat est aujourd’hui affaibli, en dehors de quelques bastions comme les Landes, la Martinique ou la Guadeloupe.

Communiqué d’éleveurs et éleveuses des Soulèvements de la terre

Nous en sommes à 3000 bêtes abattues avec des pressions punitives invraisemblables des pouvoirs publics. Les élevages touchés depuis le début de l’épidémie sont sacrifiés, non pas en raison d’une rationalité sanitaire (il existe des stratégies alternatives d’endiguement de l’épidémie), mais pour maintenir le statut commercial dit “indemne” de la Ferme France et ainsi préserver les intérêts financiers des exportateurs. Ce que ne saisit pas la froide logique bureaucratique, c’est qu’un troupeau n’est pas “substituable” : la perte n’est pas seulement celle d’un outil productif qu’on pourrait remplacer une fois le foyer “éteint”. Le troupeau et sa lente sélection, construction, sur plusieurs générations, est ce qui fait la singularité quasi artisanale du métier d’éleveur, que rien ne viendra remplacer. La destruction intégrale d’un troupeau est l’anéantissement des décennies de travail paysan et de compagnonnage sensible avec ses bêtes.

Nous, éleveurs et éleveuses de la Coordination agricole des Soulèvements de la Terre, appelons à nous opposer et à mettre fin à cette aberration, par tous les moyens nécessaires et adéquats, et à rejoindre les blocages organisés partout à travers le pays.

Aux dirigeants du syndicalisme prétendument majoritaire qui nous accuseraient d’être “irresponsables”, nous répondons que l’irrationalité sanitaire n’est pas du côté de ceux qui résistent de toutes leurs forces aux massacres de leurs troupeaux.

Aux dirigeants de la FNSEA qui nous appellent à la « responsabilité », nous répondons que l’irresponsabilité sanitaire est dans le choix répété de tout miser sur les marchés mondiaux. Les conséquences économiques à court terme d’une gestion raisonnable de l’épidémie, mettant en risque l’exportation massive de bétail, devrait être une occasion de repenser notre modèle agricole . Tenir ceux qui résistent de toutes leurs forces aux massacres de leurs troupeaux pour responsables des folies de l’agro-industrie est aussi indécent que scandaleux.

Le refus des autorités de mettre en place, au-delà des mesures de “dépeuplement” qui commencent à démontrer leur inefficacité, de réelles mesures préventives à la catastrophe sanitaire qui se profile avec le retour en masse après l’hiver des insectes hématophages, vecteurs de la maladie, met en danger la totalité des troupeaux du pays. Il y a urgence à rendre possible le déploiement des protocoles sanitaires alternatifs proposés par de larges pans de la profession agricole : travail sur l’immunité collective des animaux, surveillance renforcée, euthanasie des seuls animaux souffrants « pour abréger leur souffrance », positifs à la DNC, campagne de vaccination élargie et accessible à l’ensemble des fermes qui le souhaitent…

L’entêtement du gouvernement, l’inflexibilité du ministère de l’agriculture et des dirigeants de la FNSEA sont incompréhensibles si on ne saisit pas combien il ne s’agit pas là de politique sanitaire mais d’une arme du libre-échange, et combien c’est l’ensemble des dispositifs de gestion par les normes étatiques de la production animale qui s’appuient sur le “dépeuplement” comme arme de police administrative. Reculer à cet endroit ne serait pas seulement, pour le pouvoir, contraire aux intérêts des notables de la Fédération Nationale bovine, mais fragiliserait toute l’architecture du maintien de l’ordre dans nos campagnes. Il faut rappeler que le funeste destin de la fermeture administrative et du dépeuplement est ce qui, aujourd’hui, menace les élevages paysans et la polyculture élevage toute entière (en particulier l’élevage plein air de volailles et de porcs), pour lesquels il est le plus souvent impossible de se mettre en conformité avec des normes biosécuritaires taillées pour les filières industrielles : rappelons nous que de simples “non-conformités” aux règlementations en matière de biosécurité, de traçabilité et d’identification animales peuvent et ont déjà entraîné par le passé des abattages de cheptel, et nous comprendrons la centralité politique d’un tel dispositif. La remise en cause du dépeuplement comme arme souveraine du complexe agro-industriel pour mettre au pas les fermes et les pratiques faisant obstacle à son hégémonie et à ses intérêts ouvre ainsi aussi une brèche, une fenêtre de tir stratégique pour s’attaquer aux emprises bureaucratiques commandées par une rationalité industrielle et mercantile qui n’admet ni menace ni altérité.

La révolte en cours a lieu dans un réel contexte extrêmement inquiétant de démultiplication d’épizooties et de zoonoses dont l’émergence et l’expansion sont largement provoquées par des ravages environnementaux qui font tomber une à une les barrières écologiques qui constituent des freins à de telles pathologies (fièvre catarrhale ovine, maladie hémorragique épizootique, tuberculose bovine, dermatose nodulaire contagieuse, salmonelles, influenza aviaire, peste porcine africaine…). La destruction des écosystèmes, en éclatant les barrières inter-espèces, induit une prolifération de zoonoses, de sauts des pathogènes entre les espèces… L’appauvrissement de la biodiversité domestique fait également tomber un certain nombre de barrières immunitaires … Le réchauffement climatique est en grande partie responsable de l’expansion des maladies vectorielles (contre lesquelles les solutions d’éradication totale des insectes vecteurs demeurent des vues de l’esprit)… La concentration animale, l’hypersegmentation des filières et l’augmentation des flux industriels et internationaux d’animaux, où on passe constamment d’une unité spécialisée à une autre, avec des sites éloignés géographiquement, jouent comme des catalyseurs et accélérateurs pour l’expansion des maladies… De manière connexe, l’effondrement des populations de petits gibiers au profit de quelques espèces généralistes conduit les sociétés de chasse à se “spécialiser” dans le gros gibier (notamment le sanglier) qui devient lui-même l’objet d’un élevage “de masse” qui ne dit pas son nom, entraînant des surpopulations (les populations de sangliers ont été multipliées par 5 en 20 ans) impliquant des problèmes sanitaires dans les élevages (Peste Porcine Africaine, Brucellose…)…

Les politiques biosécuritaires d’Etat, se réduisant à de pures opérations de police, font indûment peser l’entièreté de la responsabilité des risques sanitaires sur les exploitations individuelles pour éviter une remise en cause du système de production industrielle, ce qui revient à invisibiliser la dimension socio-écologique et systémique de ces épizooties. Il n’y aura pas de salut sanitaire pour nos fermes sans une massification de l’agroécologie paysanne et sans reprise en main par les producteurs et restructuration des filières d’élevage.

Nous appelons ainsi à rejoindre et renforcer les blocages et actions organisés par nos camarades de la Confédération paysanne. La gravité et l’urgence de la situation nous fera peut-être nous tenir aussi aux côtés des adhérent-es de la Coordination rurale. Nous ne comprenons que trop et nous partageons la colère de ceux qui ne veulent plus qu’on les « laisse crever » en silence. Mais il est important de clamer que le poison identitaire que les dirigeants de la Coordination rurale inoculent dans les campagnes, en nous rendant aveugles aux désastres écologiques et sociaux qui s’amoncellent autour de nous, nous condamne à moyen terme aussi sûrement que la FNSEA.

La longue agonie de la classe paysanne ne s’arrêtera pas par la dérive corporatiste et la fuite en avant dans l’intensification productiviste et par la recherche frénétique de nouvelles armes compétitives dans une guerre commerciale internationale perdue d’avance. Seule une politique d’autonomie paysanne et de souveraineté alimentaire articulée à un vaste mouvement social de masse, à une alliance des classes populaires contre le complexe agro-industriel et le libéralisme autoritaire, nous permettra de tirer le frein d’urgence et d’interrompre la marche forcée vers notre disparition.

Les éleveurs et éleveuses de la coordination agricole des Soulèvements de la Terre

Dermatose Nodulaire Contagieuse : l’abattage systématique, symptomatique d’une agriculture industrielle

jeudi 24 juillet 2025

Depuis quelques jours, l’État impose l’abattage systématique de troupeaux entiers de bovins là où un cas de dermatose nodulaire contagieuse est détecté. Cette maladie se transmet aux animaux par des insectes (taons, mouches) et peut impacter la production et la compétitivité de « la Ferme France » mais elle ne présente aucun risque pour les humains. On ne peut que constater que le « principe de précaution » est une nouvelle fois appliqué selon une géométrie variable, au moment même où les parlementaires et le gouvernement cherchent à réintroduire via la loi Duplomb des pesticides parmi les plus dangereux pour la biodiversité, les agriculteur·ices et la population.

Comme le rappelle notamment la Confédération Paysanne, d’autres stratégies de lutte contre cette épizootie sont possibles : l’abattage ciblé des animaux malades couplé à une politique vaccinale ont donné de très bons résultats ailleurs. La méthode privilégiée par les autorités, l’abattage systématique, vient en fait illustrer comment pandémies animales et élevage industriel sont liés, pour le plus grand malheur des paysan·nes.

En 2020, quelques jours à peine avant que la Covid-19 et les mesures de confinement ne balaient le débat public, l’ONG GRAIN publiait un dossier intitulé « L’élevage industriel sous l’emprise des pandémies en série » : une étude de cas sur la vague de peste porcine africaine (PPA) montrant comment les fermes-usines et le commerce mondialisé de viande industrielle furent les principaux vecteurs de diffusion des maladies en Russie et en Europe de l’Est, et comment les multinationales de la viande ont profité des mesures radicales de lutte qui frappèrent la paysannerie [2].

Ici, en France, la situation peut sembler différente, l’abattage préventif se « limitant » aux cheptels où un cas est identifié. Mais une même logique sous-tend ce type de stratégie sanitaire : la considération des troupeaux comme un simple « capital » substituable par un autre. Des têtes de bétail pourraient remplacer celles abattues, sous réserve que les compensations financières soient à la hauteur. Le troupeau est-il d’une génétique particulièrement recherchée ? Il suffit dès lors de valoriser cela à la hauteur de l’investissement effectué, comme pour toute autre technologie.

Cette logique d’économiste, qui raisonne selon un principe d’interchangeabilité en fonction d’une valeur marchande, méprise la réalité de l’élevage paysan. Elle ignore le rapport sensible de l’éleveur ou de l’éleveuse à ses bêtes, elle balaie le patient travail de sélection d’un troupeau : elle considère des vaches comme de simples « unités gros bovins » remplaçables par d’autres, dès lors que l’État ou une assurance privée verserait une indemnité compensatoire.

Nous sommes en 2025 et il faut le rappeler plus que jamais : tout ne se compense pas. Lorsqu’un paysan ou une paysanne perd l’intégralité de son troupeau, c’est le résultat d’années de travail et de passion qui part dans les fumées de l’entreprise d’équarrissage. C’est le sens même accordé à cette activité qui est traité avec un mépris technocratique. Et c’est souvent une vie professionnelle mais aussi intime qui se brise, et une ferme de plus qui part à l’agrandissement.

Cette « crise dans la crise » survient au moment-même où des chiffres officiels [3] viennent confirmer une fois de plus l’effondrement de l’élevage bovin en France : le ministère de l’Agriculture estime en effet que 17 % de fermes laitières et 9 % d’élevages de vaches allaitantes ont disparu entre le recensement de 2020 et l’enquête « Structures » de 2023 – et encore, sans compter toutes les petites fermes considérées comme des « micro-exploitations ». Des fermes en moins et, malgré la concentration croissante des exploitations, une diminution du cheptel : respectivement -6 et -7% en seulement trois ans.

En se bornant à procéder à de l’abattage systématique, les autorités font une fois de plus le choix de sacrifier des paysannes et des paysans, et leurs savoir-faire, sur l’autel de la compétitivité agricole industrielle.

En Haute-Garonne, la crise épidémique réveille le profond malaise du monde agricole

Les agriculteurs du département bloquent depuis vendredi 12 décembre une portion de l’autoroute entre Toulouse et Tarbes. La contestation du protocole d’abattage de bovins mis en place pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse est la partie immergée d’un iceberg de colères et d’inquiétudes face à l’avenir.

Emmanuel Riondé 13 décembre 2025 à 19h48

Carbonne

Carbonne  (Haute-Garonne).– Au lendemain de l’abattage de 207 vaches aux Bordes-sur-Arize (Ariège), un nouveau troupeau de bovins a été entièrement abattu samedi 13 décembre au matin à Touille (Haute-Garonne). La veille, la préfecture avait fait savoir en fin d’après-midi, par communiqué, qu’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) avait été détecté dans le département.

Peu avant, la sortie 27 de l’autoroute A64, à Carbonne, entre Toulouse (Haute-Garonne) et Tarbes (Hautes-Pyrénées), était bloquée dans le sens Toulouse-Tarbes, par près de 200 agriculteurs. C’était déjà le point de fixation lors de la mobilisation du monde agricole en janvier 2024. Depuis, la vallée de la Garonne est aux avant-postes de la crise de la DNC. Des Pyrénées-Orientales aux Landes, tous les départements du Sud-Ouest sont en zones réglementées et vaccinales.

Samedi matin, il est 9 h 30 et quelques dizaines de paysans sont toujours là. Un feu, un point « café/croissant/chocolatine », un braséro, un sapin de Noël planté sur un coin de remorque. Et 38 tracteurs alignés en deux files pour bloquer l’autoroute, également barrée par un mur de balles de paille sur lequel a été tendue une bâche noire qui donne le ton : « Ici continue le pays de la résistance agricole », peut-on y lire.

Le terme « continuité » est certainement le plus juste pour décrire ce qui se passe à Carbonne samedi matin. Bien sûr, l’étincelle de la mobilisation a été le protocole d’abattage mis en place par l’État pour contrer le développement de la DNC dans les élevages. Ici, la stratégie adoptée en haut lieu exaspère et révolte. « Aujourd’hui, si on détecte un cas de DNC, on abat toutes les bêtes en contact au motif que c’est une maladie très contagieuse », déplore Bertrand Loup, éleveur d’une cinquantaine de vaches limousines.

Et de poursuivre : « Ça aurait pu être efficace au tout début, en juin, quand ce n’était que sur une commune, mais là, la maladie avance plus vite que le protocole. » Bertrand Loup, lui, prône une vaccination massive, « plus aucun transit de bêtes le temps que le vaccin fasse son effet » et « uniquement du cas par cas pour l’abattage »« On abat des bêtes qui ne sont pas malades et qui sont comestibles », enrage aussi Guillaume, 47 ans, qui élève 230 brebis, une vingtaine de vaches Aubrac, une dizaine de chèvres et une trentaine de porcs.

Colère contre les autorités

L’éleveur estime que l’« on peut les soigner, on a les vaccins, il faut les sortir comme on l’a fait pour la maladie hémorragique épizootique [MHE touchant bovins, cervidés et ovins – ndlr] et la fièvre catarrhale ovine, c’est tout ». Théoriquement, la DNC ne touche que les bovins, mais comme nombre de ses collègues, Guillaume considère que les autorités ne maîtrisent pas le sujet. « Ils disent que c’est un moucheron qui transmet, mais qu’en sait-on ? C’est comme le covid ou la grippe pour nous… D’où ça arrive ? », questionne-t-il.

Cédric Baron, 46 ans, est céréalier et éleveur de 60 vaches limousines, « 60 mères, ça fait 120, 130 bêtes à peu près », précise-t-il. « Quand on voit un cas, il faut l’euthanasier bien sûr, mais de là à abattre tout le troupeau, souffle-t-il. Il faut mettre l’élevage en quarantaine. On va pas décimer tout le cheptel français ! L’État n’a pas été assez réactif dans ce dossier, les vaccins ont trop tardé. »

La gestion par l’État de la crise épidémique dans les élevages fracture le monde agricole

Après des mois de tensions autour de la stratégie ministérielle d’abattage des troupeaux en cas de découverte de cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine, des blocages sont annoncés partout en France à l’appel de plusieurs syndicats agricoles.

Marion Briswalter

13 décembre 2025 à 10h56 Mediapart

La  colère d’une partie du monde agricole s’exprime à nouveau dans la rue près de deux ans après le malaise agricole d’ampleur qu’avait exprimé la profession. Des appels « à des blocages partout en France » ont été lancés vendredi 12 décembre par la Confédération paysanne et la Coordination rurale pour protester contre l’abattage de l’intégralité des troupeaux d’une ferme en cas de découverte d’un ou plusieurs cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNCB), maladie virale fortement contagieuse, invalidante et mortelle dans 10 % des cas.

Les éleveurs et éleveuses en colère souhaitent toujours « un changement de protocole sanitaire » consistant notamment en une généralisation de la vaccination préventive en France, afin d’éviter l’euthanasie des animaux exempts de symptômes. Au 9 décembre, 108 foyers de contagion étaient détectés dans sept départements de l’est et du sud-ouest de la France.

Une option qui n’est pas retenue dans l’immédiat par la ministre de l’agriculture, Annie Genevard. Cependant, face à une convergence assez rare de l’ensemble des syndicats agricoles dans le Sud-Ouest et à la suite d’une forte montée en tension dans les fermes, la ministre a annoncé vendredi le « renforcement dans les meilleurs délais du dispositif d’indemnisation » des éleveurs et éleveuses visé·es par l’abattage de leurs troupeaux.

Annie Genevard a aussi consenti à élargir la zone de vaccination obligatoire à l’ensemble du Sud-Ouest, c’est-à-dire dans les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, le Gers, la Haute-Garonne, l’Aude, les Hautes-Pyrénées, l’Ariège et les Pyrénées-Orientales. Ce renforcement du protocole a été couplé à une interdiction généralisée du déplacement des animaux, sauf vers un abattoir, hors des zones réglementées.

Manque de connaissances

Jusqu’à présent, les déplacements d’animaux depuis des zones réglementées étaient autorisés sous conditions. Selon les données scientifiques, la vitesse de déplacement de l’infection est favorisée, et peut atteindre « quinze kilomètres par semaine », lors de mouvements de veaux, vaches ou bœufs porteurs sains et chez qui l’infection n’avait pas été détectée.

La stratégie ministérielle engagée depuis l’apparition des premiers cas en Savoie cet été, et soutenue par l’Ordre national des vétérinaires, consistait à créer un « anneau vaccinal » autour des clusters, c’est-à-dire à engager une surveillance et une vaccination d’urgence ultra-localisées des cheptels dès lors qu’un foyer de DNCB était mis en évidence. Mais désormais, l’arc pyrénéen dans son ensemble apparaît tel un rempart à une éventuelle remontée de l’épidémie vers le Centre-Ouest où la densité des élevages bovins atteint des niveaux inégalés ailleurs en France.

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14 août 2025

« Depuis plus d’un mois, la profession demandait l’élargissement de la vaccination pour l’ensemble des départements [pyrénéens] », a tempêté par communiqué de presse, vendredi 12 décembre, la Confédération paysanne. Au-delà, la demande d’une généralisation de la vaccination préventive dans l’ensemble du cheptel français, à l’image de ce qui a déjà été engagé en Corse ces derniers mois, est devenue une nouvelle ligne de démarcation dans le monde agricole.

De son côté, le réseau composé des Jeunes Agriculteurs, de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), de la fédération nationale bovine (FNB) et de la fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) fait bloc autour de la ministre. Et assure depuis plusieurs mois avoir « pris ses responsabilités » en n’entravant pas les campagnes d’euthanasie pilotées par les autorités sanitaires, et « en écoutant et suivant les recommandations scientifiques qui guident les mesures de gestion de la maladie prises par l’État ».

Vendredi 12 décembre, en conférence de presse, le président du groupe agroalimentaire Avril et président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a enfoncé le clou : « À ce stade, l’abattage total est la meilleure solution […] c’est ce que nous disent les scientifiques dans un consensus européen. »

En réalité, la situation est complexe. Détectée en 1929 dans des troupeaux en Zambie, la dermatose nodulaire contagieuse bovine s’est propagée ces dernières décennies hors du continent africain et a fini par gagner les élevages du sud-est de l’Europe à partir de 2015. Face au rapprochement du front épidémique, la direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’agriculture avait saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) au printemps 2016 lui demandant d’« évaluer le risque de contamination pour la France » et d’estimer « la taille d’une banque de vaccin » qu’il serait nécessaire de constituer en cas de crise.Si la vaccination n’est pas conseillée, elle s’avère être le seul moyen de contrôle efficace de la progression de la maladie.

Rapport d’expertise collective réalisé par l’Anses en 2017

 publié en 2017 commence à dater mais demeure pourtant le seul référentiel robuste et référencé sur le site de l’Anses. Avec prudence, et soulignant le peu de recul et de connaissances accumulées en Europe tant sur les vaccins disponibles que sur les modalités de contamination, un collège d’expert·es avait ainsi discuté des différents protocoles envisageables.

Le groupe avait préconisé la « vaccination » dans les zones contaminées, « seul moyen permettant de contrôler l’évolution », mais également dans les zones indemnes. « Si la vaccination n’est pas conseillée, elle s’avère être le seul moyen de contrôle efficace de la progression de la maladie en situation épizootique préconisé par l’Union européenne pour autant que le vaccin présente des garanties suffisantes d’innocuité et d’efficacité », indiquait-il. Prenant en exemple la Mayenne, qui concentre la plus forte densité de bovins en France, les expert·es avaient estimé que plus de 900 000 doses de vaccin seraient nécessaires pour atteindre en deux semaines un bon taux de couverture vaccinale.

Peur pour les exportations

Le 27 février 2020, le quatrième et dernier rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) consacré à cette thématique et disponible en ligne concluait à l’absence de résurgence en 2019 de clusters en Europe du sud-est, à la suite notamment d’une campagne de vaccination transnationale « de masse » (« supérieure à 70 % »), « coordonnée » et « soutenue par la Commission européenne ».

Un an plus tôt, l’Efsa estimait déjà « que le programme de vaccination et les autres mesures de contrôle mises en place [avaient] permis de stopper l’épidémie »« La vaccination massive du bétail à l’aide de vaccins homologues vivants figure clairement comme la politique de contrôle la plus efficace, indiquait l’autorité. Néanmoins, il existe des preuves que le virus reste présent et que les bovins non immunisés restent à risque, même dans des zones à couverture vaccinale relativement élevée. »

C’est aussi ce à quoi concluait le bulletin épidémiologique santé animale et alimentation de janvier 2018 réalisé par l’Anses et la direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère en charge de l’agriculture : « On peut considérer que la vaccination, dont la couverture a fini par être très large dans les pays européens touchés, a grandement contribué à la quasi-extinction de l’épizootie. »

Une maladie très contagieuse, qui circule activement dans la partie orientale du continent depuis dix ans.

Cependant une généralisation de la vaccination à l’ensemble du territoire national demande une logistique colossale. Et mettrait en péril les exportations françaises de viande et de lait ce qui induirait, comme l’a expliqué Le Monde, que « pendant quatorze mois après la vaccination », la France serait « soumise à des exigences sanitaires supplémentaires pour les échanges commerciaux, voire à un arrêt total des exportations suivant les pays destinataires ».

C’est là, l’un des forts enjeux de la crise agricole en cours. Il faut « prévenir toute perturbation inutile des échanges dans l’Union et éviter que des pays tiers n’imposent des entraves injustifiées aux échanges commerciaux », exprimait déjà au mois d’août la Commission européenne, dont on peine toutefois à cerner l’amorce d’une vraie réflexion autour de cette maladie très contagieuse, qui circule activement dans la partie orientale du continent depuis dix ans.

« Deux pays ont marqué leur accord pour recevoir, sous conditions, des bovins depuis la zone vaccinale », a d’ores et déjà annoncé vendredi le ministère de l’agriculture pour tenter d’apaiser la filière. Il s’agit de l’Italie, l’un des partenaires commerciaux privilégiés de la France, et de la Suisse. « La France poursuit ses négociations avec ses autres partenaires commerciaux, afin d’obtenir l’accord d’autres pays », a affirmé le ministère. Marion Briswalter

Film “Devant – contrechamp de la rétention” de Annick Redolfi

On lit sur le site du ministère de l’Intérieur que « les centres de rétention administrative ont été officiellement créés par la loi du 29 octobre 1981 ». Derrière cette phrase, il y a toute l’histoire du centre d’Arenc, un hangar des quais du port de Marseille où, de 1963 à 1975, des milliers d’étrangers ont été détenus, à la discrétion de l’administration, jusqu’à leur embarquement forcé sur un navire. Ce centre de rétention « avant la lettre » existait en dehors de tout cadre juridique, les détenus étaient privés d’accès à un avocat et de tout contact avec l’extérieur.

Le centre occupait le deuxième étage d’un hangar désaffecté d’une zone industrielle à proximité de la gare maritime. Ces locaux (quelques bureaux et une salle d’attente, accessibles uniquement par un escalier métallique externe) avaient été cédés à la Sécurité publique par la Chambre de commerce de Marseille au début des années 1960.
L’utilisation de ce bâtiment comme lieu de détention se situe dans le contexte de la fin de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962).

Dans l’émission de ce jour, nous recevons Annick Redolfi, pour son Film “Devant – contrechamp de la rétention”. En sa compagnie, nous parlons de ce qu’il l’a motivé pour réaliser ce film. Son itinéraire, son refus de tout enfermement, en un mot la liberté pour toutes et tous. Dans l’émission, nous entendrons trois extraits du film.

Intentions par Annick Redolfi

Il est des injustices qui nous insupportent plus que d’autres. Celle que vivent les personnes dites « sans papiers » en France m’interpelle depuis que je suis arrivée à Paris. En 1996, un collectif de « sans-papiers » occupe l’église Saint Bernard, tout proche de mon domicile. L’épisode médiatisé donne alors un coup de projecteur sur la réalité de ces femmes et ces hommes immigrés à qui l’administration refuse de délivrer un titre de séjour, alors qu’ils travaillent, ont des enfants nés sur le sol français, participent à la vie sociale et économique. Depuis, le mot est entré dans le langage courant et colle à la peau d’êtres humains, les privant de leur humanité. Comme si on pouvait être « sans papiers » par essence. Ça rend la tâche de déshumanisation plus facile pour l’administration et les politiques discriminatoires envers les étrangers. Nous voilà bientôt 30 ans plus tard. Les choses ont affreusement empiré. Ce qui nous paraissait alors totalement inconcevable est devenu tout à fait légal, comme le délit de solidarité. Comme enfermer en prison pendant plusieurs mois des personnes qui n’ont commis ni crime ni délit.

Un jour, j’ai entendu à la radio que des « sans papiers » avaient mis le feu au centre de rétention de Vincennes. C’était en 2008. Cela se passait tout près de chez moi encore une fois. J’ai lu le récit des personnes retenues. J’ai décidé de rendre compte de ce qui se passait dans ces lieux invisibles. Et que Mon désir d’en faire un film est né. Je me suis rapprochée des citoyens engagés qui ont créé l’Observatoire du centre de rétention de Vincennes. J’ai fait des visites aux retenus pour rendre compte des parcours des personnes enfermées et de ce qui se passe dans les centres de rétention.

N’ayant pas obtenu l’autorisation de filmer dans le centre de rétention, j’ai cherché la forme que pourrait prendre ce film. C’est en passant de nombreuses heures d’attente à discuter avec les autres visiteurs que le dispositif filmique s’est imposé. L’accueil des visiteurs. Lui, je peux le filmer. Même si Les policiers de garde veillent à ce que la caméra ne soit jamais tournée vers le centre de rétention. Ce qui m’est apparu d’abord comme une contrainte est devenu la force du film : en observant la rétention en plans serrés, j’englobe/ais le lieu d’enfermement et tous ceux qui sont pris dans son champ de gravité : les visiteurs des retenus et au-delà, la société française dans son ensemble. L’accueil des visiteurs est un lieu frontière, entre intérieur et extérieur. C’est là que se joue tous les jours le même théâtre de l’absurde : celui de l’enfermement de personnes étrangères qui n’ont commis ni crime ni délit, mais qui n’ont « pas de papiers ».

Dans cet espace, nos personnages évoluent à huis clos dans une dynamique de l’attente qui évoque la pièce de Samuel Beckett «En attendant Godot». Ils sont nos fenêtres sur l’intérieur interdit, l’incarnation de l’extérieur invisible, les passeurs du vécu d’un enfermement qui est aussi le leur car il s’inscrit dans leur histoire intime. Ils sont des révélateurs, montrant comment notre société assigne l’Étranger au rôle d’indésirable. Comment la France n’est pas le pays des Droits de l’Homme qu’elle prétend incarner.

Derrière ces parcours de la rétention, le film dépeint une réalité française que nous ne voulons pas voir. Il questionne un système institutionnalisé de criminalisation de l’étranger qui se durcit au fil des lois sur l’immigration. Un système absurde car il est aussi inefficace et coûteux, qu’inhumain et indéfendable. L’invisibilité de la rétention dans la société, la banalisation de la figure du « sans-papiers » sont autant de symptômes d’un glissement idéologique dangereux, d’une vision politique pernicieuse de notre avenir qui efface le sens des mots « hospitalité » et « humanité ». Il ne se passe pas une rencontre avec les visiteurs du centre de rétention de Vincennes sans que l’on me demande : « Où est la France, pays des droits de l’homme ? » Je n’ai toujours pas la réponse.


site du film : https://www.iskrafilms.com/DEVANT

https://www.facebook.com/iskrafilm/

SECURITE SOCIALE : historique et financement

Le 4 octobre 2025 se tenait à la bourse du travail de paris, une Journée pour les 80 ans de la Sécurité sociale, organisait par Convergence services publics”. En cette fin d’année, et en période de vote du budget de l’état, nous avons donc décider de vous diffuser aujourd’hui, un montage réalisé avec une partie des prises de parole qui ont lieu lors de cet événement. Parmi les interventions, vous pourrait entendre Emmanuel Defouley auteur du livre Ambroise Croizat, justice sociale et humanisme en héritage qui fait l’historique de la Sécurité sociale. Dans un second temps, il est question du financement de la sécu à hauteur des besoins avec les interventions de Nathalie Coutinet, membre du collectif des économistes atterrés, Michèle Rault ; commission protection sociale a Solidaires et Hervé Moreau responsable du secteur protection sociale a la fsu

VIVRE SANS POLICE : du long été au crépuscule d’exarchia, par Victor Collet

Aujourd’hui, vous allez pouvoir écouter la présentation du livre ; Vivre sans police par son auteur ; Victor Collet. L’occasion de revenir sur l’histoire récente du quartier Exarchia, quartier du centre d’Athènes qui s’est affranchi pendant une décennie du contrôle de la police, mais aussi de revenir sur la crise monétaire internationale de 2008 qui a assujetti la Grèce aux diktats de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds Monétaire International mettant le peuple à genoux et nous imposant de renflouer les banques.

« Mecque des anarchistes, paradis pour anarchotouristes, zoo émeutier pour jeunes égarés, quartier de la résistance ou de l’insurrection contre la dictature des colonels, de la révolte et des émeutiers après décembre 2008, quartier des intellectuels, petit coin laborieux des artisans, maisons d’édition, libraires, imprimeurs, luthiers, quartier paisible et bariolé, commerçant et festif, « contre culturel » ou « alternatif », de plus en plus branché, gentrifié, approché puis envahi par les touristes à la nuit tombée, quartier de tous les refuges, des sans-abris et des exilés, des antifascistes et des hooligans de l’AEK Athènes, des dealers et des mafieux, des koukouloforoi, (jeunes encagoulés et délinquants sociaux), quartier de tous les départs, vidé par les Airbnb, la marchandisation ou le folklore militant, quartier des assemblées et des disputes interminables entre groupes militants, à l’agonie devant sa militarisation, étouffé par les barrières métalliques et des projets urbanistes délirants, cœur de ville et place cathartique d’une politique du quartier, de la capitale, du pays.

Décrire Exarchia, le quartier de toutes les hyperboles, version miniature (et extrême) des conflits nationaux, mais aussi des fantasmes et projections du gratin militant international… Autant renoncer d’emblée. Mais n’est-ce pas le propre des mythes que d’échapper aux tentatives d’accaparement ? De ne pas se laisser enfermer ou réduire à une définition, une dimension et une direction qui répondent à des intérêts ? Un quartier, aussi polymorphe qui plus est, ne se laisse pas si facilement attraper. À tout prendre, autant choisir un point de vue, et pourquoi pas le mien. »

Comment un quartier peut-il s’affranchir pendant toute une décennie du contrôle de la police ? Victor Collet nous guide dans Exarchia, dans ses squats, ses violences, ses solidarités, ses espoirs déchus, ses victoires… pour nous montrer les possibilités qui existent, lorsque des habitants réussissent à tenir tête au fascisme, que celui-ci soit militant ou étatique ou les deux.

Il parvient à faire l’histoire singulière d’un pays dont il a éprouvé les crises et l’inscrit dans celle, plus large, des villes qui résistent, coûte que coûte, à toutes formes d’oppression. Si le récit de la Grèce peut être lu comme un récit d’anticipation à bien des égards, il donne aussi des raisons d’espérer. Comprendre Exarchia, c’est comprendre ce qui a marché, entrevoir ce qui aurait pu marcher, et s’inspirer des raisons de l’impossibilité à rester un îlot imperméable aux logiques d’oppression, afin de, peut-être, recréer ailleurs des réseaux de solidarité.

“PERSONNE N’EST ILLÉGAL”

À l’occasion de la Journée internationale des migrants, célébrée chaque année le 18 décembre, nous vous diffusons aujourd’hui, la présentation de l’ouvrage d’Anne Volery ” Personne n’est illégal”, réalisée sans les studios de FPP, avec notamment des représentant-e-s de la coordination sans papiers de Montreuil (CSPM), du CSP75, et de l’intercollectif des sans-papiers. Avec eux, et grâce à cet ouvrage, nous revenons sur leurs luttes passées et faisons un appel pour la mobilisation du 18 décembre intitulée cette année ” une journée sans nous”. Cette journée d’action, initiée par les collectifs de personnes sans papiers et immigrées, appelle à une grève solidaire et politique contre le racisme d’État, la précarisation et le recul des droits des personnes migrantes en France. L’appel est donné à 12h sur la place de la République pour l’installation d’un camp de base ; à 15h aura lieu une Assemblée publique sur la Place de la République ; pour un départ en manifestation à 17h en direction de l’Opéra de Paris.

Les revendications pour cette journée :

  • L’abrogation immédiate de la loi Darmanin et des circulaires Retailleau
  • L’égalité des droits pour toutes et tous : école, logement, santé, culture, travail
  • La régularisation des sans-papiers
  • La fermeture des centres de rétention administrative
  • La justice sociale, la solidarité, et la lutte contre le racisme et le fascisme

Le livre :
Depuis le mouvement des sans-papiers de 1996, qui a vu l’occupation de l’église Saint-Bernard, le mouvement s’est structuré au sein de collectifs et de coordinations de collectifs. Leurs revendications : la régularisation de tous les sans-papiers, la liberté de circulation et la liberté d’installation. Ce qui les pousse à agir : sortir de l’aliénation du travail au noir, échapper à l’arbitraire des préfectures et à la peur des contrôles policiers.

À travers les photographies et la parole des délégués de la Coordination 75 des Sans-Papiers et de l’Intercollectif d’Île-de-France, ce livre donne à voir et à entendre une lutte continue pour des droits, mais aussi les acteur.ice.s de cette lutte. Les photographies, exclusivement prises en manifestation entre 2020 et 2025, permettent de voir évoluer un collectif formé d’individualités ; elles montrent la nécessité de la lutte, qui se lit dans les regards, et la force que donne l’action collective. Les entretiens permettent de comprendre cette lutte et de saisir ses formes et ses enjeux actuels. Ils se sont déroulés entre novembre 2024 et juillet 2025 et ont permis de récolter les récits de 20 délégués, de 8 collectifs et associations de la région parisienne.

«Personne n’est illégal». Photographies et récits de Sans-Papiers en lutte (2002-2025), un livre d’Anne Volery et de la Coordination 75 des Sans-Papiers, avec la participation de l’Intercollectif des Sans-Papiers, 160 p, 2025, 20EUR – ISBN : 979-10-979706-0-4

Pour tout renseignement :
personne.n.est.illegal@gmail.com
Pour commander le livre :
règlement par chèque à l’ordre de DIEL d’un montant de 29EUR (livre+frais de port) à envoyer par voie postale à : DIEL (Droits Ici Et Là-bas) – Boîte 158, Maison des associations du 11e, 8 rue du Général-Renault 75011 Paris.

M.E.P. et En Cuisine contre la Loi Raciste

Ce vendredi 12 décembre 2025, l’Actualité Des Luttes a reçu les représentants des collectifs de travailleurs de la restauration MEP et En Cuisine contre la Loi Raciste. Nous avons évoqué les violences en cuisine, la difficulté de s’organiser dans un secteur majoritairement composé de petites et très petites entreprises, le racisme et la précarité inhérents à ce secteur et surtout l’appel à la grève du 18 décembre pour la journée internationale des migrant.e.s. Cette journée de mobilisation, initiée par la Marche des Solidarités et intitulée “si on s’arrête, tout s’arrête”, revendique : 

  • L’abrogation immédiate de la loi Darmanin et des circulaires Retailleau
  • L’égalité des droits pour toutes et tous : école, logement, santé, culture, travail
  • La régularisation des sans-papiers
  • La fermeture des centres de rétention administrative
  • La justice sociale, la solidarité, et la lutte contre le racisme et le fascisme

Les rdv à Paris
12H00 – Camp de base Place de la République
15H00 – Assemblée publique Place de la République
17H00 – ManifestationPrésentation des collectifs présents et de bondir, qui participe aux actions et a été maintes fois évoqué au cours de l’interview : 


Bondir.e : 

Existe depuis 5 ans pour lutter contre les violences en cuisine. Et la lutte contre les violences passe par le fait de faire respecter les lois car il y a une trop grande impunité dans le milieu. En 5ans, on a créé des outils pour réformer un secteur sinistré:

– Dans les écoles : formation Prévention contre les violences

– ⁠Pour les managers : formation Prévention contre les risques psychosociaux et formation sur la communication

– ⁠Pour les victimes : une ligne d’écoute accessible en envoyant un mail à ecoute.bondire@gmail.com pour prendre rdv avec un bénévole formé à l’écoute.

Manifeste de En Cuisine contre la Loi Raciste :

A table, comme en cuisine, chacun.e a sa place en France.

La cuisine française, à travers les siècles, est le délicieux fruit du métissage des populations d’ici et d’ailleurs… Cette cuisine s’est longtemps singularisée par sa perméabilité avec les autres cultures culinaires du monde.

Nos cuisines sont et doivent rester des lieux d’ouverture sur le monde, de partage et d’hospitalité. Elles doivent continuer de susciter la rencontre avec l’autre, l’étranger.e, la différence.

Dans nos cuisines, nombre d’emplois sont occupés par des étranger.es (50% en Ile-de-France – selon l’INSEE) alors que 200 000 postes restent non pourvus dans le pays. Nous avons besoin des personnes immigrées, très nombreuses à se tourner vers nos métiers, dans un secteur qui peut et doit former, recruter et faire évoluer des dizaines de milliers de personnes.

C’est pourquoi nous affirmons que nos tables comme nos cuisines doivent rester ouvertes à toutes et tous, inconditionnellement.

Que nous placerons toujours le talent, l’envie et le courage avant une nationalité, une origine ou un statut administratif.

Que nous refuserons d’appliquer toute mesure discriminatoire envers les étranger.es, contraires à nos valeurs républicaines.

Que nous ne laisserons pas s’installer au sein de notre profession des discours stigmatisants en décalage avec la réalité des migrations et la réalité vécue au quotidien au sein de nos établissements.

Chacun.e doit pouvoir trouver sa place dans notre France humaniste.

Nous nous opposons à cette loi immigration et demandons qu’une véritable politique d’intégration, notamment par le travail, soit mise en place au bénéfice de notre secteur et pour la société toute entière.

Mise En Place : 

Le collectif Mise en Place a été créé en septembre 2024 par des travailleur.euses des hôtels, cafés et restaurants.

Il existe une antenne du collectif à Marseille et une à Paris. Nous avons trois revendications principales qui sont :

• la régularisation immédiate de toustes nos camarades sans papiers

• un strict respect du cadre imposé par la convention collective HCR

• la renégociation de cette convention collective qui nous maintient dans la précarité

A Paris, le collectif se réunit une fois toutes les deux semaines pour faire le point sur les actions menées (le lundi ou le mercredi).

Les différentes missions du syndicat sont  :

– défendre les droits individuels et collectifs de travailleureuses, en aidant au cas par cas des collègues en difficulté, ou des travailleureuses organisé-es contre les abus de leur direction

– produire une analyse économique et sociale de la situation du secteur qui permette de comprendre son organisation qui permet notre exploitation (et construire une conscience de notre classe)

– construire un rapport de force pour imposer l’intérêt des travailleureuses et devenir un interlocuteur incontournable dans notre secteur

– prendre part aux mouvements sociaux interprofessionnels et intersectionnels pour faire exister la solidarité de classe et la convergence des luttes

MEP organise tous les travailleureuses dans le secteur Hôtellerie Cafés Restauration, quel que soit leur employeur, leur métier ou leur statut. Nous travaillons avec la CGT sans y être fédérés. En parallèle, nous animons l’AG HCR les lundis toutes les deux semaines.

AG HCR :

Cette AG ouverte à tous.tes est un lieu de discussions et de prise de décisions par et pour les travailleur.euses du secteur. C’est là que nous parlons de nos revendications et comment les appliquer en organisant ou en soutenant des luttes en cours. Par exemple, nous avons décidé d’organiser une journée de discussion publique sur comment fairegrève dans le secteur, afin d’organiser le rapport de force.

Aussi, nous organisons des actions pour visibiliser une lutte essentielle pour nous (et notre première revendication) : celles des camarades de la marche des solidarités qui organisent une journée de grève le 18 décembre.

présentation de la 2e édition du guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël

Stop Arming Israel France est un collectif créé en novembre 2023 pour répondre à l’appel des syndicats de travailleur·ses palestinien·nes : « End all complicity. Stop arming Israel. »

De la PME à la multinationale, au moins 44 entreprises françaises participent au commerce d’armement d’Israël. C’est ce que montre la 2ᵉ édition du guide de Stop Arming Israël France, publiée ce 9 novembre 2025.

Alors que le génocide en Palestine se poursuit, qu’Israël multiplie les violations du cessez-le-feu avec des frappes sur Gaza et le Liban, que la colonisation continue sur l’ensemble du territoire palestinien, le collectif Stop Arming Israel France dévoile le résultat de plusieurs mois de recherche sur la participation d’entreprises françaises au commerce d’armement avec Israël.

En mars 2024, une première édition de notre Guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël recensait les liens de 10 entreprises avec le complexe militaro-industriel israélien. Aujourd’hui, ce sont 34 nouvelles entreprises qui font leur entrée dans cette nouvelle édition du Guide.

Dans l’émission de ce jour, nous recevons Loïc et Fanny, membres de stop arming Israël France, pour la présentation de l’édition 2025 du guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël.

La Nuit du Bien Commun : stratégies de luttes

issue du site https://multinationales.org/

Pierre-Edouard Stérin et ses milliards organisent des soirées de charité au projet profondément politique : faire gagner les extrêmes droites (de préférence libertarienne) dans les urnes et dans les têtes.

Ce 4 décembre 2025, plusieurs organisations, dont la Section carrément anti-Stérin (Scas), appelaient à un rassemblement devant les Folies Bergères à Paris, où se tenait une Nuit du bien Commun.

Stérin, c’est ce milliardaire qui a fait fortune avec les Smartbox et qui organise, grâce à son empire économique, la conquête du pouvoir par l’extrême droite.  Il est, comme il le clame publiquement : en croisade !

Le plan Périclès pour Patriotes / Enracinés / Résistants / Identitaires / Chrétiens / Libéraux / Européens / Souverainistes, révélé par le journal l’Humanité (en juillet 2024) a été développé dans ce but. Ce vaste plan, qui entend lutter contre les principaux maux de notre pays (Par là, entendez l’état social, la Sécurité sociale, les droits des femmes, des LGBTQI, des musulman.ne.s et des étranger.e.s… ) a pour objectif la conquête de plusieurs centaines de mairies aux prochaines élections municipales, et à terme une victoire politique complète.

Némésis, Thaïs D’escuffon, Stanislas Rigault, le RN, SOS Calvaire, l’institut Illiade, l’Institut de Formation Politique, la manif pour tous, des assos anti-IVG… En plus d’être d’extrême droite, ils ont tous en commun d’avoir bénéficié de la galaxie Stérin et de ses milliards.

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons, l’écoute de la dernière table ronde intitulée : La Nuit du Bien Commun : stratégies de luttes, enregistrée le 8 novembre 2025 au cirque électrique a paris (les deux autres tables rondes en date du 25 novembre et 3 décembre 2025 son disponible sur notre site).

Il sera question de l’histoire des nuits bien commun, que ce qu’on y trouve, COMMENT LE SYSTÈME STERIN CHERCHE À DÉSTABILISER LA CULTURE ET COMMENT Y RÉSISTER et le témoignage d’une action mené le 6 octobre 2025 à Aix-en-Provence. En fin d’émission, nous reviendrons sur la soirée de mobilisation du 4 décembre 2025, plusieurs organisations, appelaient à un rassemblement devant les Folies Bergères à Paris, où se tenait une Nuit du bien Commun, avec la diffusion d’un reportage.

Guerres coloniales et impérialistes : l’arsenal du poison et de la mort

Le 26 novembre dernier au Baranoux était organisé un débat autour du thème “guerres impérialistes et génocides : comment lutter à armes inégales” par le collectif “Vietnam dioxine“, en association avec “Urgence Palestine“, le média soudanais Sudfa, et le collectif Guerre à la guerre. Présent également une personne qui nous parlera de la situation dans le dit “Sahara occidental”. Était ainsi évoqué la question de l’armement et de la complicité occidentale, et notamment des armes chimiques quelques jours avant la journée internationale des victimes des armes chimiques, le 30 novembre. La prise de parole concernant l’intervention d’Urgence Palestine n’ayant pu être prise, nous vous liront à la place des textes, l’un traitant de l’emploi du phosphore blanc à Gaza et au Liban par Human Right Watch ; un autre, une tribune du collectif Vietnam-Dioxine appelant à identifier les victime pour envisager une « réparation digne ».

A lire :
«Les armes chimiques tuent encore, à quand la fin de l’impunité ?»

EN SERBIE MALGRÉ LA RÉPRESSION LE MOUVEMENT CONTINU

Jeudi 27 novembre 2025, Amnesty International Paris, organisait une rencontre sur les droits humains en Serbie. En novembre 2024, les étudiants serbes descendent dans la rue, contre la corruption, pour la justice, pour un changement. Depuis, la protestation s’étend et se généralise. Face à une société en mouvement les autorités répondent par la répression.

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une partie de cette rencontre

Étaient présents :

Teodora Cirilovic, franco-serbe, soutien du mouvement en France

Jean-Arnault Dérens, rédacteur en chef du Courrier des Balkans et

Lazar Jeremic, étudiant et manifestant venu spécialement de Serbie,

le Pr Miodrag Jovanovic, Professeur de la sociologie et de la théorie et philosophie du droit, Faculté de droit de l’Université de Belgrade, en visioconférence depuis Belgrade

Ana Otasevic, doctorante à l’EHESS, documentariste, collaboratrice du Monde diplomatique, spécialiste des Balkans

Serbie Rapport d’Amnesty

Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Serbie en 2024.

Des manifestant·e·s et des journalistes ont fait l’objet d’actes d’intimidation, de manœuvres de harcèlement et de poursuites judiciaires abusives pour s’être mobilisés sur des questions d’intérêt public. Aucune mesure crédible n’a été prise pour que les responsables de crimes de guerre aient enfin à rendre compte de leurs actes. Le gouvernement a au contraire cherché à édulcorer une résolution de l’ONU concernant le génocide de Srebrenica. La discrimination à l’égard des Roms et des personnes LGBTI, ainsi que des réfugié·e·s et des migrant·e·s, constituait toujours une préoccupation majeure. Le nombre de personnes réfugiées ou migrantes transitant par la Serbie a diminué, mais ces personnes restaient exposées à des abus et à des violences aux frontières.

CONTEXTE

La mise en œuvre de l’accord négocié sous l’égide de l’UE entre la Serbie et le Kosovo concernant la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays était au point mort. La Cour constitutionnelle a annulé en juillet un décret pris en 2022 par le gouvernement qui bloquait l’ouverture d’une mine de lithium et de bore dans la vallée de la Jadar. Cette décision a déclenché dans tout le pays une vague de manifestations de grande ampleur. Peu de temps après, le gouvernement a pris un nouveau décret approuvant le projet d’exploitation. Toujours au mois de juillet, la Serbie et l’UE ont conclu un protocole d’accord et un partenariat stratégique sur les matières premières durables. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pendant des mois contre l’extraction du lithium, dénonçant les dommages irréversibles qu’elle risquait de causer à l’environnement.

Liberté d’expression

Des procédures-bâillons ont été ouvertes contre des journalistes d’investigation, des militant·e·s et des défenseur·e·s des droits humains, qui continuaient par ailleurs de faire l’objet d’un dénigrement systématique de la part d’organes de presse favorables au pouvoir en place. En juillet, une chaîne de télévision progouvernementale très populaire a accusé une quarantaine d’organisations de la société civile de « mener une guerre spéciale contre la Serbie » pour le compte de puissances étrangères. Cette chaîne a diffusé des données détaillées sur les finances de ces organisations, y compris les noms de certains membres de leur personnel, des informations bancaires et des indications sur des transactions – autant d’éléments censés être confidentiels. Plusieurs responsables gouvernementaux ont appelé de façon répétée à l’adoption d’une « loi sur les agents de l’étranger » destinée à faire taire toute dissidence. L’Association indépendante des journalistes de Serbie (NUNS) a signalé plus de 150 cas de menaces ou d’agressions visant des journalistes cette année. À lui seul, le Réseau de reportage sur la criminalité et la corruption (KRIK) a fait l’objet de 16 procès abusifs pour ses activités de journalisme d’investigation.

En mars, le Comité des droits de l’homme [ONU] s’est inquiété de la persistance de propos discriminatoires visant des journalistes, tant en ligne que dans les médias traditionnels, y compris de la part de personnalités politiques et de hauts responsables.

Liberté de réunion pacifique

Les manifestations, en particulier celles liées à l’environnement, ont été lourdement encadrées par les forces de l’ordre, qui n’ont pas hésité à recourir à une force excessive ni à procéder à des arrestations arbitraires. À la suite des manifestations contre l’extraction de lithium qui ont eu lieu en août, 33 militant·e·s au moins ont été arrêtés dans 17 villes de Serbie. Nombre d’entre eux ont été placés en détention ou interrogés en raison de commentaires qu’ils avaient publiés sur les réseaux sociaux ou pour avoir simplement participé à des manifestations pacifiques. Plusieurs ont été inculpés d’infractions pénales disproportionnées, telles que l’« incitation au renversement violent de l’ordre constitutionnel », et ont subi des interrogatoires prolongés, des perquisitions de leur domicile et la confiscation de leurs téléphones et ordinateurs.

Amnesty International a révélé en décembre des éléments prouvant qu’un logiciel espion illégal et diverses autres techniques invasives relevant de la criminalistique numérique étaient largement utilisés par les autorités pour surveiller des militant·e·s et des journalistes indépendants. Après la publication de ces informations, plusieurs organisations locales de la société civile ont porté plainte contre la police et l’Agence d’information sur la sécurité pour avoir développé et utilisé un logiciel espion et accédé sans autorisation à des données personnelles.

Droit à la vérité, à la justice et à des réparations

La Serbie a fait part de sa réprobation face à l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies d’une résolution faisant du 11 juillet la Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide commis à Srebrenica en 1995.

Plus de 1 700 affaires de crimes de guerre n’avaient toujours fait l’objet d’aucune enquête en Serbie.

Le procès de sept anciens policiers serbes de Bosnie accusés d’avoir participé, en juillet 1995, au massacre de 1 313 Bosniaques de Srebrenica dans les locaux de la coopérative agricole de Kravica n’a guère avancé en raison de multiples reports d’audiences.

En Serbie, des logiciels espions utilisés par les autorités pour espionner journalistes et militants

Publié le 17.12.2024

Dans un nouveau rapport, nos équipes d’Amnesty Tech révèlent comment des journalistes d’investigation et des militants écologistes ont vu leur téléphone infecté par un logiciel espion pendant des interrogatoires, des gardes à vues ou dépôts de plaintes auprès de la police ou des services de renseignements serbes. Il s’agit là d’une campagne de surveillance illégale menée par les autorités pour faire taire la société civile.

Les autorités serbes usent de technologies de pointe pour surveiller, espionner, ses journalistes, militants et activistes. Une répression numérique pour étouffer les mouvements de contestation.

Depuis 2021, la Serbie a été le théâtre de nombreuses manifestations contre le gouvernement. Les attaques de l’État serbe contre la société civile se sont nettement intensifiées après les manifestations massives de juillet et août 2024 contre l’extraction de lithium et contre l’accord passé entre la Serbie et l’Union européenne sur l’accès aux matières premières. 

C’est dans ce contexte que nous révélons dans un rapport de plus de 80 pages intitulé « Une prison numérique. Surveillance et répression de la société civile en Serbie », comment les autorités ont infecté secrètement les téléphones de personnes considérées comme « voix dissidentes. »

Une entreprise israélienne et un logiciel espion serbe  

C’est l’entreprise israélienne Cellebrite qui est à l’origine d’un outil d’extraction des données de téléphones portables, outil utilisé par les autorités serbes. Fondée en Israël, l’entreprise Cellebrite dispose de bureaux dans le monde entier et développe une gamme de produits pour les entités gouvernementales. Les outils de Cellebrite ont permis aux autorités serbes de déverrouiller, sans accès au code, les téléphones des personnes interrogées par la police.  

Une fois les téléphones déverrouillés, les autorités pouvaient introduire leur logiciel espion, NoviSpy. Il peut récupérer les données confidentielles du téléphone ciblé et peut allumer à distance le micro et la caméra.

Journalistes ciblés 

Slaviša Milanov est un journaliste d’investigation indépendant. En février 2024, il est arrêté lors d’un contrôle routier. Placé en détention, il est interrogé sur son travail de journaliste, téléphone éteint. À sa libération, Slaviša remarque que son téléphone, qu’il avait laissé à l’accueil au poste de police pendant son interrogatoire, semble avoir été trafiqué. Il demande alors au Security Lab d’Amnesty International d’examiner son téléphone.

Résultat : nos équipes ont bien confirmé que l’outil de l’entreprise Cellebrite avait bien été utilisé pour déverrouiller son téléphone et y introduire le logiciel espion NoviSpy.  

Nos preuves démontrent que le logiciel espion NoviSpy a été installé alors que la police serbe était en possession de l’appareil de Slaviša Milanov

Donncha Ó Cearbhaill, responsable du Security Lab d’Amnesty International

Militants piratés par NoviSpy lors d’un dépôt de plainte 

La stratégie qui consiste à installer le logiciel espion secrètement sur l’appareil d’une personne pendant sa détention ou pendant son dépôt de plainte a été largement utilisée par les autorités serbes.  Un militant d’une organisation qui promeut le dialogue et la réconciliation dans les Balkans occidentaux, a vu son téléphone infecté par un logiciel espion lors d’un entretien avec des responsables des services de renseignements serbes (BIA), en octobre 2024.  Le militant a été convié dans les locaux de la BIA à Belgrade concernant une attaque menée contre les bureaux de son organisation. Après cet entretien, son téléphone avait été infecté par le logiciel espion. 

Effets dévastateurs  

Les militants serbes que nous avons interrogés ont été traumatisés par ce système de surveillance numérique mis en place par les autorités. « Tout ce que vous pourrez dire pourrait être utilisé contre vous, ce qui a un effet paralysant à un niveau personnel tout comme professionnel », déclare Branko*, un militant pris pour cible par le logiciel espion Pegasus.

Nous nous trouvons tous dans une espèce de prison numérique (…). Nous avons une illusion de liberté, mais en réalité, nous n’en avons aucune. 

Goran*, militant ciblé par le logiciel espion Pegasus

Ce ciblage entraîne également une forme d’autocensure. « Cela a deux conséquences » indique un militant. « soit vous optez pour l’autocensure, ce qui nuit considérablement à votre capacité de travailler, soit vous choisissez de parler malgré tout, auquel cas vous devez être prêt à en subir les conséquences », déclaré Goran*, un militant également ciblé par Pegasus. 

On a envahi ma vie privée et cela a complètement détruit mon sentiment de sécurité personnelle. Cela a provoqué une grande anxiété […] J’ai ressenti un sentiment de panique et je suis devenu assez isolé. 

Aleksandar*, militant, ciblé par le logiciel espion Pegasus

Amendes, contrôles et évictions abusives

Le 11 octobre dernier était organisé une conférence aux Plateaux sauvages, à Paris, autour de la question des évictions, amendes et contrôles policiers abusifs. Cette conférences était organisée par la MCDS ( maison communautaire pour un développement solidaire). Vous pourrez entendre Magda Boutros, enseignante chercheuses au CRIS, Aline Daillère chercheuse au CESDIP, Khady Mane, présidente de l’association ” les mamans de la banane” et David Boilet secrétaire national de solidaire finances publiques.

Ça pue d’épier – Du pain et des Parpaings


Cette 30ème émission de « Du pain et des parpaings », une émission mensuelle d’actu des luttes en Bretagne et ailleurs, a été enregistrée en public place Guérin, à Brest.

Depuis 2023, dans la ville, s’est déployé un nouveau réseau de vidéosurveillance au nom de la « lutte anti-délinquance ». Géré par la préfecture du Finistère et la sous-préfecture en accord avec la municipalité brestoise, le dispositif de caméras a fait l’objet à l’été 2025 d’une mise en demeure de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) pour « cesser de mettre en œuvre le système de vidéoprotection déployé sur la commune de Brest ».

C’est dans ce contexte qu’on accueille pour discuter des enjeux de ce dispositif de surveillance et des résistances qui se fabriquent des militant.es de la Quadrature du Net, de Technopolice Paris-Banlieue, de la LDH Brest métropole ainsi qu’une habitante du quartier.

Ressources :

Le livre “Caméras sous surveillance” de Martin Drago aux Editions Terres de feu
Contact du collectif brestois : habiteretlutterabrest@systemli.org

La nuit du bien commun : perspectives de contre-attaque

Le jeudi 4 décembre à 19 h se tiendra aux Folies Bergère à Paris l’édition nationale de la Nuit du Bien Commun, série d’événements caritatifs initiés par Pierre-Edouard Stérin.

Ces Nuits reposent sur un fonctionnement simple : financer des projets d’associations compatibles avec leur vision raciste, patriarcale et réactionnaire. Sous couvert de charité, de philanthropie et de “bien commun”, c’est tout un réseau d’extrême droite qui est financé à coups de grands dons défiscalisés, alors même que les financements publics des associations sont à la baisse ! Elles sont le cheval de Troie du projet Périclès (Patriotes Enracinés Résistants Identitaires Chrétiens Libéraux Européens Souverainistes) de Stérin, visant à faire gagner l’extrême droite.

Dans l’émission de ce jour et pour illustrer cette mobilisation du jeudi 4 décembre, nous vous diffusons, la seconde table ronde enregistrée le 8 novembre 2025 au cirque électrique, intitulée Ce que Stérin tente de s’approprier : perspectives situées pour contre-attaquer. Nous entendrons les récits de collectif en lutte contre le système Stérin, notamment dans l’Allier, le Morvan et la Sologne, ou comment, avec l’appui d’élus locaux et de la bourgeoisie, le système stérin tente de s’implanter. Et nous terminerons ce tour d’horizon en Seine-Saint-Denis, plus précisément à Pierrefitte, ou il sera question d’une colonie de vacances bien particulière.

Rassemblement proche des Folies Bergère, le jeudi 4 décembre, à 18 heures, 3 Rue Saulnier métro cadet dans le 9ᵉ arrondissement de Paris

Toutes les infos sur https://blogs.mediapart.fr/la-scas-section-carrement-anti-sterin

LA SITUATION À GEODIS ET A LA RATP

illustration issue du site https://formesdesluttes.org/

Ce mardi 2 décembre, l’actualité des luttes a reçu Mohammed de la CGT Géodis et Ahmed Berrahal de la CGT RATP. Dans la première demi-heure, Mohammed nous a décrit le quotidien des livreurs sous-traitants de Geodis fait d’heure à rallonge et d’illégalité. Dans la seconde partie, c’est Ahmed qui brosse un dossier sombre de la situation sociale à la RATP entre privatisation, plan sociale déguisé et racisme.

Geodis est l’un des leaders mondiaux du transport, de la logistique et de la messagerie. Au sein du port de Gennevilliers, nœud logistique important de la région des Hauts-de-Seine, Mohammed, syndicaliste, a subi de multiples injures racistes de la part de la direction au sein de l’entreprise.

Sur place, une section combative de la CGT fait face à la répression patronale et à une discrimination décomplexée. Une pression qui s’est intensifiée depuis une grève victorieuse. Début 2025, une bataille âpre de 3 longues semaines avait arraché une augmentation de 150 euros de salaire pour tous les travailleurs.

Depuis, la direction a enclenché un cycle de représailles contre les travailleurs du groupe. Plusieurs salariés ont été victimes de licenciements, d’autres font face au racisme quotidien de petits chefs protégés par la direction de la plateforme. Ici, c’est une responsable des relations clients de la boîte qui a insulté le syndicaliste de la CGT au courant du mois d’octobre : « Encore un Mohammed, encore un Arabe », « Ce sont toujours les mêmes, toujours des problèmes avec eux » ou « J’en peux plus des Arabes ».

Piquet de grève devant le site Amazon de Brétigny-sur-Orge

Brétigny-sur-Orge, vendredi 28 novembre 2025. devant les locaux d’Amazon

Une action syndicale a été menée vendredi 28 novembre, jour du Black Friday, dans le plus gros entrepôt français d’Amazon, pour dénoncer les conditions de travail. Mais difficile d’empêcher la machine américaine de tourner.

Dans cette émission, nous entendrons les prises de paroles et les entretiens réalisés avec les salari-e-és d’Amazon Brétigny, qui nous parlent notamment de leurs conditions de travail.

Amazon Bretigny, c’est 70.000 mètres carrés, 10 terrains de football et 50.000 colis par jour, tous les jours, 24 h/24 ; le 28 novembre 2025 se tenait devant le site Amazon de Brétigny un piquet de grève pour soutenir les salarié·es en lutte. Une date stratégique pour les travailleurs de choisir le Black Friday pour exprimer leur colère. Un trop petit nombre de militants avait fait le déplacement dans la grisaille et la pluie de ce mois de novembre pour soutenir le courage et la détermination des quelques grévistes.

C’est en 2000 que le fondateur et PDG Jeff Bezos que de cette boite américaine s’implante en France dans un premier temps dans le secteur des biens culturels et de l’édition. Tient au moment où Sarkozy arrive au pouvoir ! Depuis, la société de Jeff Bezos s’est développée de manière exponentielle, vendant tout et n’importe quoi. Son activité progresse et vient détruire les petits magasins de proximité, comme les libraires par exemple, elle a fait un chiffre d’affaires annuel de 638 milliards de dollars en 2024 sur l’exploitation de ses salariés.

Cette action s’inscrivait dans une protestation mondiale. De New Delhi à Montréal et au-delà, des milliers de personnes prendront les rues, les lignes de piquetage, les entrepôts, les bureaux et les centres de données pour faire payer Amazon ses abus envers les travailleurs, sa destruction de l’environnement et ses menaces envers la démocratie. Depuis sa création, Amazon écrase le droit des travailleurs à la démocratie sur le lieu de travail, en s’opposant aux syndicats et avec l’appui de figures politiques autoritaires. Son modèle accentue les inégalités et sape les droits fondamentaux des travailleurs à s’organiser, à négocier collectivement et à exiger des lieux de travail sûrs et équitables. 

Lancé en 2020 par UNI Global Union et Progressive International, Make Amazon Pay Day est une campagne qui rassemble des travailleurs, des écologistes, des défenseurs de la justice fiscale et des militants pour les droits numériques afin de contester les abus d’Amazon et d’exiger un changement systémique. Alors pour soutenir, évitez de passer par Amazon pour faire vos achats.

> En Inde – Des milliers de manifestants à New Delhi, Kolkata, Mumbai et dans 20 autres villes exigeront de meilleurs salaires, des conditions sûres et une protection contre la chaleur extrême.

> Au Bangladesh – une marches de travailleuses du textile à Dhaka dénonçe l’exploitation des chaînes d’approvisionnement.

> au Canada – un rassemblement du CSN et d’Oxfam à Montréal. Manifestation d’Unifor en Colombie-Britannique.

> En Allemagne – une grèves dans les entrepôts Amazon

> États-Unis – Mobilisations du Cyber Monday à Chicago (IL), Newark (NJ), New York (NY), Oakland (CA), San Bernardino (CA) et Washington, D.C. Les manifestants dénonceront les contrats d’Amazon qui alimentent les raids de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Alors qu’Amazon profite d’une de ses saisons de ventes les plus importantes, les communautés demanderont à l’entreprise de mettre fin à sa complicité dans l’agenda de détention et de déportation de Trump, en servant de colonne vertébrale technologique à la machine de surveillance de l’ICE.

> Indonésie – Manifestation du syndicat ASPEK à Jakarta.

> Australie – Manifestations des syndicats TWU et SDA.

> Taïwan – Action de Greenpeace Taïwan.

> Népal – Manifestation à Katmandou.

> Palestine – Les postiers protestent contre la collaboration d’Amazon avec l’occupation.

> Brésil – Action à Franco da Rocha.

> Colombie – Manifestation du COE à Bogotá.

> Danemark – Action de Greenpeace Danemark.

> Luxembourg – Actions de Greenpeace Luxembourg et Greenpeace International.

> Afrique du Sud – Au Cap, action « Save Our Sacred Land » devant le siège d’Amazon construit sur des terres autochtones.

> Actions numériques et créatives – Projections, événements de solidarité en ligne et campagnes coordonnées ciblant les sièges d’Amazon.

Les salarié·es d’Amazon ont engagé une nouvelle journée de grève le 28 novembre. Leur lutte est aussi la nôtre : c’est celle de toutes et tous les travailleur·ses qui refusent la casse sociale, les cadences infernales, la précarisation et le mépris de classe.

À Amazon Brétigny, les conditions de travail continuent de se dégrader chaque jour : surcharge permanente, pressions managériales, bas salaires, licenciements abusifs.
La direction pense pouvoir briser les résistances avec la peur et les sanctions, mais ils se trompent. Déjà, le 10 septembre, lors de l’appel «  bloquons tout », c’est 500 personnes qui s’étaient réunies sur le piquet de grève, devant le site d’Amazon de Brétigny.

Actions Mondiales dans Plus de 30 Pays

Amazon se trouve « au cœur de la machine » qui permet la fusion de la cupidité des entreprises, de la surveillance, de la lutte antisyndicale et de l’autoritarisme d’extrême droite. Cette dynamique combine la recherche impitoyable du profit avec des systèmes de contrôle et de violence. C’est une attaque contre la démocratie et contre la liberté, au travail comme ailleurs.

Déjà l’une des entreprises les plus puissantes de l’histoire, Amazon a financé l’investiture de Trump et en a retiré ce qu’il voulait : soutien à la lutte antisyndicale, dérégulation et recul des protections environnementales. Le dernier rapport financier d’Amazon a montré qu’elle avait payé 1,4 milliard de dollars de moins en impôts que sur la même période l’année précédente, grâce aux réductions fiscales adoptées plus tôt cette année. Cela survient alors que Trump contourne le Congrès pour réduire encore davantage les impôts des entreprises et des milliardaires.

Les organisateurs de la campagne avertissent aussi que l’expansion de l’automatisation et de l’intelligence artificielle chez Amazon menace de remplacer des centaines de milliers de travailleurs, tandis que ses vastes centres de données consomment d’énormes quantités d’énergie et d’eau, aggravant la crise climatique.

Dans le monde entier, les travailleurs ont néanmoins réussi à repousser la domination d’Amazon. Au Canada, des années d’efforts pour syndiquer les salariés ont porté leurs fruits : cette année, les travailleurs de l’entrepôt de Delta, en Colombie-Britannique, ont obtenu la certification syndicale avec Unifor après que la commission provinciale des relations de travail a conclu qu’Amazon avait illégalement interféré dans la campagne d’organisation. La commission a jugé que les actions d’Amazon — notamment une embauche accélérée et des messages antisyndicaux — avaient compromis l’équité du vote. Elle a donc accordé une certification automatique. L’entrepôt de Delta devient ainsi le premier site Amazon au Canada à obtenir une représentation syndicale.

En Australie, le mouvement syndical a transformé une bataille politique en victoire législative. La nouvelle clause de « conduite éthique » dans les règles fédérales de passation de marchés — obtenue grâce à la campagne du syndicat SDA — oblige les agences gouvernementales à examiner le bilan d’une entreprise en matière de droits du travail avant d’attribuer un contrat. La mesure, en vigueur depuis le 17 novembre, pourrait exclure des entreprises accusées d’exploitation ou de violations du droit du travail de marchés publics valant plusieurs milliards.

Aux États-Unis, les autorités régulatrices ont infligé leur propre sanction. Dans une affaire historique, Amazon a accepté de payer 2,5 milliards de dollars US (2,3 milliards d’euros) pour régler des accusations de la Federal Trade Commission (FTC) selon lesquelles la société trompait les clients pour les inscrire à Prime et rendait difficile la résiliation de l’abonnement. L’accord comprend 1 milliard de dollars d’amende civile — la plus élevée jamais imposée par la FTC — et 1,5 milliard en remboursements aux consommateurs.

La coalition Make Amazon Pay réunit plus de 80 organisations, dont UNI Global Union, Progressive International, Greenpeace International, Tax Justice Network et Attac.

Ensemble, nous exigeons qu’Amazon :

Paie équitablement ses travailleurs et respecte leur droit à s’organiser.

Paie sa juste part d’impôts et mette fin à l’évasion fiscale mondiale.

Paie pour ses destructions environnementales en s’engageant à une véritable durabilité et responsabilité

Un autre budget est possible

En vue de la journée de mobilisation appelée pour ce mardi 02 décembre, le syndicat Solidaire organisait une réunion publique à la Bourse du Travail de Paris, autour de la question du budget de l’Etat. En effet, le gouvernement Lecornu a dévoilé son projet de budget 2026. Sous prétexte de « faire des économies » pour « maîtriser les dépenses publiques », il propose un plan d’austérité qui n’a qu’une seule ligne directrice : faire payer la crise aux travailleurs et travailleuses, aux retraité·es, aux jeunes, aux plus précaires, aux privé·es d’emploi, et aux étudiant·es. C’est ce que nous vous diffusons ce jour.

 

Milipol : protestation devant le salon de la guerre contre les peuples/ Rosa Luxembourg

Ce mercredi 19 novembre 2025. Malgré le temps glacé et l’hostilité de l’endroit, une centaine de personnes, membres de la coalition Guerre à la guerre, de Stop Arming Israël et d’organisations pro-palestiniennes et soudanaises, sont venues dénoncer ce salon de la honte. En particulier la présence d’une quarantaine d’entreprises israéliennes. « Israël assassin, Milipol complice ! »

Le 11 novembre une soirée antimilitariste était organisée par la coalition Guerre à la guerre avec pour thème ; Rosa Luxembourg, passé, présente !, vous allez entendre dans cette émission une partie des interventions.

Le slogan résonne devant une rangée de banderoles aux couleurs vives sur le parvis du parc des expositions de Villepinte, au nord de Paris. L’endroit est sécurisé par des policiers armés,

Milipol désigne le plus grand salon de « la sécurité » du monde. Toutes les entreprises qui vendent des produits pour gazer, mutiler, torturer ou faire peur ont rendez-vous dans la capitale, pour exposer leurs produits aux différents dirigeants de la planète qui ont envoyé leurs représentants. Ce nom illustre à lui seul la violence d’État dans toute sa largeur, de la répression à la guerre. C’est un mélange peu subtil entre le mot « militaire » ou « milicien » et « police ».

Pendant qu’à l’extérieur, les manifestant·es contre les armes de répression sont repoussé·es par les forces de l’ordre, à l’intérieur du salon, toute l’extrême droite parade au milieu des stands et des uniformes. Ce 19 novembre, Éric Ciotti, Jordan Bardella, Marion Maréchal, mais aussi le syndicat UNSA Police ont fait le déplacement pour rencontrer les marchands de grenades, de drones et de matraques, et les policiers qui les utilisent. La veille, c’est le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez qui coupait en riant le ruban d’inauguration du salon et tweetait : « C’est avec beaucoup d’honneur, et aussi beaucoup d’attentes, que j’ai inauguré la 24e édition du salon Milipol Paris ». Dans un monde auquel les valeurs sont inversées, les fascistes et les autocrates parlent « d’honneur » quand ils vendent des armes servant à violenter le peuple, et les personnes qui s’indignent de telles pratiques qui sont réduites au silence.

L’existence de Milipol est un scandale en soi, qui devrait mobiliser l’ensemble des forces de gauche pour exiger son annulation. Mais la présence de 39 firmes israéliennes rajoute un niveau de plus à l’abjection. En effet, un « village » israélien est présent chez Milipol. Le nom de l’État sioniste apparaît en couleurs flashy, surmontant des exemplaires de fusils et de lance-grenades disposés sur de nombreux stands. Israël se vante de son savoir-faire exceptionnel en matière de répression armée et propose ainsi à ses clients des armes qui ont déjà « fait leurs preuves » contre le peuple palestinien.

Parmi les entreprises représentées, on trouve la firme Elbit, premier vendeur d’armes israélien, qui fabrique notamment des drones de combat et de surveillance. Toka, qui propose des logiciels pour surveiller, pirater et infiltrer les appareils connectés, et travaille avec le renseignement israélien. Sightec qui élabore des systèmes d’Intelligence Artificielle pour les drones armés. Paxis LTD qui produit des blindages et des protections pour les policiers et les soldats, ou encore Emtan qui vend des pistolets-mitrailleurs et fusils d’assaut, et qui a même offert des armes à l’armée israélienne pour soutenir le génocide à Gaza. Initialement, 8 entreprises israéliennes particulièrement impliquées dans les crimes contre l’humanité visant les palestiniens avaient été désinvitées de Milipol cette année. Mais finalement, suite à la pression du lobby pro-israélien et des États-Unis, Macron a validé leur présence à Villepinte, déroulant ainsi le tapis rouge à des criminels de guerre aux portes de Paris.

Malheureusement, ces firmes israéliennes ne sont que la partie émergée d’un iceberg de violence industrielle. 1200 exposants sont présents à Milipol, et ont souvent autant de sang sur les mains que leurs homologues israéliens. Cette année, l’entreprise française Netforce a présenté de nouveaux « gants à impulsion électrique » qui permettent aux agents qui les portent de torturer facilement rien qu’en saisissant le corps d’une personne. Le chercheur Mathieu Rigouste a filmé des images terrifiantes du représentant de l’entreprise qui fait une démonstration publique de son produit avec un sourire malsain. Ces gants qui électrocutent leurs victimes seraient déjà en test dans la gendarmerie française et en dotation dans les unités pénitentiaires marocaines.

On trouve aussi, dans les couloirs de Milipol, 9 entreprises d’armement des Émirats arabes unis, qui équipent actuellement les massacres commis au Soudan. Par exemple la firme International Armoured Group qui produit des véhicules blindés à la fois utilisés au Soudan, mais aussi par la police brésilienne, ultra-violente, qui vient de commettre un massacre dans une favela de Rio de Janeiro. Des entreprises françaises comme KNDS et Lacroix ont aussi fourni des grenades, des fumigènes ou des roquettes qui ont été retrouvés au Soudan, utilisés par des milices qui commettent des crimes contre l’humanité.

Du côté de l’industrie française des armes, on trouve évidemment Airbus, qui fabrique des missiles, des hélicoptères de combat et des engins volants pour surveiller ou tuer, Nobel Sécurité, qui produit des grenades lacrymogènes utilisées à la fois contre les manifestations en France, mais aussi dans de nombreux pays, notamment africains, ou SAPL, dont les munitions ont par exemple été utilisées contre les contestations au Togo.

C’est un véritable salon de la guerre contre les peuples qui a lieu tous les deux ans aux portes de paris, au milieu de l’agglomération la plus peuplée de France. L’existence de ce salon est une honte mondiale, et l’absence d’une mobilisation massive pour l’empêcher l’est au moins autant. Pour une fois, nous, habitant en France, avons une prise réelle et concrète sur ceux qui produisent et mènent la répression et la guerre. Ils sont là, sous nos yeux, aux portes de Paris. Manifester contre un tel salon est infiniment plus efficace et pertinent que les éternels défilés inutiles entre Bastille et Nation, qui ne servent qu’à démontrer notre impuissance collective.

Les irresponsables – Qui a porté Hitler au pouvoir ? de Johann Chapoutot

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une intervention de Johan Chapoutot, spécialiste de l’histoire du nazisme, sur le thème “Quand la démocratie cède au fascisme”. L’historien intervenait à la fête de l’Humanité 2025 suite à la sortie de son livre « Les Irresponsables », et il nous a semblé intéressant de faire entendre un épisode historique, celle de comment le parti nazi fut porté au pouvoir au début des années 1930 en Allemagne. Nous précisons d’emblée qu’il ne s’agit pas de dire ici qu’il y aurait une équivalence entre les acteurs ou les idéologies d’hier et d’aujourd’hui. L’histoire ne se répète jamais. Nous considérons néanmoins et c’est l’intention de la présente émission, que l’histoire peut éclairer le présent, et qu’elle peut permettre d’approfondir la compréhension de mécanismes et de dynamiques à l’œuvre. Comme elle peut également permettre de comprendre ce qui distingue les périodes, rompant justement avec la tentation de créer des parallélismes.

Soirée d’information sur les Nuits du Bien Commun Le système Stérin : contre-enquête(s)

Depuis des mois, les mobilisations contre les “Nuits du Bien Commun” de Stérin s’intensifient. Et pour cause, ces grands spectacles de charité bourgeoise sont une des vitrines de son projet PERICLES (Patriotes Enracinés Résistants Identitaires Chrétiens Libéraux Européens Souverainistes), visant à faire que l’extrême droite gagne la bataille politique et celles des idées.

La galaxie Stérin est une nébuleuse dans laquelle notre exilé fiscal préféré se plaît à créer de l’opacité. Mais pas de chance pour lui, des dizaines de personnes veillent, enquêtent et traquent.

Elles étaient là le 8 novembre 2025, au cirque électrique, dans le 20ᵉ arrondissement de Paris, pour contrer le discours dominant, mettre en commun leurs enquêtes et raconter leurs luttes et les soirées de mobilisations. C’est l’écoute d’une grande partie de cette première table ronde que nous vous proposons aujourd’hui

Manifestation-anniversaire pour les 7 ans du mouvement des gilets jaunes

Le 15 novembre dernier avait lieu une manifestation à l’occasion de l’anniversaire des 7 ans du mouvement social des gilets jaunes. A cette occasion, les différents groupes gilets jaunes de la capitale et alentour s’étaient organisés pour ne proposer qu’un seul cortège. Parallèlement, un groupe de militants se réunissant sous le nom de Organisons-nous, voulant s’inscrire en suite de la mobilisation autonome du 10 septembre et surfant sur cette dynamique, comme cherchant à créer un espace de coordination nationale sous la bannière Indignons-nous Bloquons tout, s’est essayé à créer une jonction avec la date anniversaire des gilets jaunes. Cette manifestation était elle-même suivie d’un meeting à l’initiative de ce même groupe en soirée. Quand le lendemain était organisé plusieurs groupes de travail sur différentes thématiques se donnant pour objectif de construire des perspectives à la mobilisation sociale du 10 septembre 2025.

Dans cette émission vous pourrez entendre tout d’abord des prises de parole lors de la manifestation et qui seront suivies dans une seconde partie d’émission, d’une interview avec deux membres du syndicat des gilets jaunes. L’émission se conclue par une brève d’information sur le procès qui se tenait le lundi 24 novembre contre des multi-propriétaires de Airbnb à Marseille.

Pour aller plus loin sur le projet de la “semaine noire” : https://semainenoire.super.site/
Les réseaux sociaux liés à l’AG Paris Nord-Est : https://linktr.ee/Bloquons_Tout_Paris_Est_Nord

Voir aussi : https://indignonsnous.fr/ ; https://10s25.ovh/cms/ (lié au groupe télégram Organisons-nous mentionné plus haut)
Note : Il existe deux sites internet se revendiquant du même nom avec une volonté d’organiser la dynamique née autour de la journée de mobilisation du 10 septembre 2025, avec chacun leurs sites miroirs associés, suite à une scission en interne. Néanmoins, les deux partages la plupart des chaînes télégram et évoluent de fait dans un même espace numérique, structurés par les assemblées encore en activité, qui ont par ailleurs leur autonomie propre.


LE DÉCRET SANCTION DE LA LOI PLEIN EMPLOI

Onze associations, dont le collectif Changer de Cap et cinq syndicats, attaquent au Conseil d’état le décret sanctions de la loi Plein emploi et demandent son abrogation. Ce décret permet de suspendre ou de supprimer les allocations des demandeurs d’emploi au moindre « manquement ». Cela concerne les chômeurs et chômeuse comme les bénéficiaires du RSA, puisque ceux-ci sont désormais inscrits automatiquement à France Travail.

Bernadette Accompagnante : Pendant 27 mois, je me suis baladée de maison en maison, avec ma brosse à dents et mes affaires de toilette, parce que si je m’installais chez mes enfants, on leur coupait les allocations

Dans l’émission en direct de ce jour, nous recevions, Benjamin du collectif Changer de Cap et en sa compagnie, nous sommes revenus sur les motifs de l’attaque au Conseil d’état du décret sanction de la loi Plein emploi. La question du contrat d’engagement, les inégalités de traitement qui en découle et les contrôles invasifs sur les habitantes et habitants, les plus précaires des quartiers populaires …

Pour plus d’info : changerdecap.net

LA SELLETTE : Emprisonner pour soigner ?

Aujourd’hui, nous inaugurons notre nouvelle collaboration mensuelle avec l’émission “Tapage”, animé par le collectif La Sellette. La Sellette s’intéresse à la justice pénale ordinaire, telle qu’elle se pratique quotidiennement dans les tribunaux à travers un blog, dans lequel on peut retrouver des articles thématiques, des chroniques et des émission de radio. Le collectif traite de ce qu’on appelle parfois la « petite justice », celle qui, loin des cours d’assises et des procès médiatiques, ne s’applique qu’à des affaires peu spectaculaires, pour lesquelles chaque jour des dizaines de personnes sont jugées et condamnées en moins de trente minutes, puis emprisonnées le soir même.

Pour cette première rediffusion nous vous diffusons une partie de l’émission intitulée : Emprisonner pour soigner? les troubles psychiques en audiences”. En effet, de nombreuses personnes atteintes de troubles mentaux sont envoyées en prison après avoir été jugées en comparution immédiate. À travers deux récits d’audience, on revient sur cette question, qui croise la notion problématique de « dangerosité », la présence – ou non – d’expertise psychiatrique dans le dossier et l’illusion des magistrats que la prison peut être un lieu de soin.

Ressources évoquées dans l’émission :

Deux chroniques de La Sellette : « Protéger la société » et « On n’est pas au spectacle ». (Sur la question de l’expertise psychiatrique, on peut aussi écouter « Expertiser pour mieux enfermer ».)

L’intervention de Cyrille Canetti est tiré de « Santé mentale et politique criminelle », conférence de présentation du no 44 de la revue Archives de politique criminelle, disponible sur YouTube.

POUR LA PAIX CONTRE TOUTES LES GUERRES/ZONE DE GUERRE A SAINTE-SOLINE

Nous commençons cette émission aujourd’hui par quelques interventions enregistrées lors du rassemblement organisé le mardi 11 novembre 2025 place de la république à Paris, un rassemblement Pour la paix / Contre toutes les guerres / Pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, organisé par la Fédération Anarchiste, La Libre Pensée, Sat-Amikaro, La Cité des Droits des Femmes, l’Organisation Communiste Libertaire, l’Union Pacifiste et la Coordination Régionale Antinucléaire d’Île-de-France.

Dans une deuxième partie, nous lirons le communiqué écrit par Mickaël, Serge, Alix, Olivier et des proches, pour que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé à Sainte-Soline et pour éclairer les agissements de la police lors de cet événement et les garder en mémoire, nous diffusons le son de la vidéo réalisée par Médiapart sur les violences policières à Sainte-Soline et ailleurs.

Pour la paix, contre toutes les guerres

Les millions de femmes et d’hommes qui manifestent dans le monde entier, en solidarité avec le peuple palestinien, victime du génocide perpétré par l’État d’Israël, le font en toute conscience que demain, ce sont eux qui pourraient devenir les victimes de l’impérialisme, de son économie fondée sur la guerre, la destruction de l’humanité, l’extermination de peuples entiers. Ni au Yémen, ni en Grande-Bretagne, ni tout récemment en Italie où viennent de se produire des grèves générales et des manifestations gigantesques de soutien aux Palestiniens de Gaza et Cisjordanie, aux flottilles de solidarité kidnappées par l’armée israélienne, les populations travailleuses et la jeunesse n’oublient les autres guerres menées par l’impérialisme.

En RDC, au Soudan, pour ne citer que ces deux pays, les politiques néocolonialistes, avec la complicité de potentats et d’États locaux, organisent délibérément la mort de millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Partout, les guerres font des victimes civiles, subissant drones, bombardements, mines anti-personnel, tortures, viols comme arme de guerre, esclavage sexuel, déplacements forcés, famine, épidémie, etc. Là se trouvent les conditions pour continuer à exploiter ces pays, à piller leurs ressources naturelles. Mais les peuples résistent, malgré des conditions atroces, et il arrive que l’impérialisme subisse des défaites. C’est le cas au Niger, d’où la Françafrique, son armée, ses trusts miniers, commencent d’être chassés. Et le peuple vénézuélien s’apprête à résister à l’agression de Trump, qui vise les réserves pétrolières du pays et cherche à mettre ce peuple à genoux. Comme pour les Palestiniens, il s’agit du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

C’est une imposture de soutenir par les armes et la propagande un régime corrompu comme celui de l’Ukraine de Zelensky, qui réprime le mouvement social et ouvrier, enlève les citoyens dans les rues pour les enrôler dans la boucherie des tranchées. Quant aux justifications de l’agression russe, elles s’enracinent dans le culte du chef, la religion orthodoxe ressuscitée, propagande destinée à masquer le caractère mafieux de l’économie russe, aux mains d’oligarques tout aussi criminels que ceux d’Ukraine. Dans ces deux pays, le peuple paye pour des visées hégémoniques.

En luttant contre la guerre, pour la paix immédiate, exigeant la fin du génocide à Gaza, l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie, nous soutenons le droit à l’existence du peuple palestinien, le droit pour toutes les composantes de la région à vivre dans un cadre pacifique. De ce point de vue, invoquer le droit de se défendre comme le fait Israël, État colonial, relève aussi de l’imposture. Nous ne sommes pas dupes de la « diplomatie » de Trump. En soutenant et défendant les déserteurs russes et ukrainiens, nous aidons ces deux peuples à chasser, un jour prochain, les oligarques et les représentants de l’OTAN et à retrouver la fraternité, qui est l’aspiration fondamentale des peuples.

Les peuples rejettent la guerre, car ils comprennent que la guerre et sa préparation sont l’occasion de détruire les services publics, de piller les acquis sociaux, de supprimer les libertés et de les plonger dans la misère. En France, par exemple, la militarisation de la société, relayée par les médias dominants, vise à terroriser les populations pour les soumettre et les dresser au nom du lobby militaro-industriel, du nationalisme, de la religion et du patriarcat, tout en légitimant les frontières et les drapeaux.

COMMUNIQUÉ

Il importe de faire la lumière sur les violences policières à Sainte-Soline et ailleurs

Le 25 mars 2023, lors d’une manifestation à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) contre les mégabassines, les forces de l’ordre ont blessé plus de 200 personnes – dont nous quatre gravement.

Une plainte a été déposée par nous ou par des proches de nous, notamment pour tentative de meurtre et pour entrave à l’arrivée des secours.

Les experts que le procureur de la République a chargé d’enquêter sur les violences policières ont mis deux ans à rendre leurs conclusions, qui sont à la fois partiaux et lacunaires. Selon eux, les forces de l’ordre auraient seulement répondu à la violence de certains manifestant-e-s. En fait, comme l’ont démontré force témoignages,

images et enquêtes journalistiques, les 3 200 policiers « défendant » un trou de terre vide ont bombardé (de 5 010 grenades) sans sommation l’ensemble des manifestant-e-s.

Toujours selon ces experts, l’organisation des secours n’aurait pas entraîné une « perte de chance » pour les victimes… parce qu’elles ont été soignées sur place « de façon consciencieuse et irréprochable ». En fait, ce n’est pas la qualité de ces soins qui a été dénoncée, c’est l’interdiction faite aux ambulanciers d’accéder aux personnes blessées même quand il y a eu un retour au calme – interdiction que, là encore, divers témoignages confirment.

L’enquête indique que les soignants n’étaient pas autorisés à arriver seuls sur les lieux, et que des tirs « non réglementaires » ont été opérés par les forces de l’ordre. Mais de nombreuses zones d’ombre subsistent dans ses conclusions, en particulier concernant les ordres explicites d’effectuer ces tirs « non réglementaires » : quoique figurant dans le dossier, ils n’ont pas été traités. Enfin, si des « dysfonctionnements inexplicables » sont relevés dans l’organisation des secours (le PC pompier ne répondait pas aux appels à l’aide, des motards de la police ont tardé à venir escorter des ambulanciers et les ont abandonnés en chemin, etc.), aucun avis n’est émis dessus.

La manière dont a été conduite cette enquête laisse clairement apparaître l’intention de classer sans suite nos plaintes, aussi demandons-nous la poursuite des investigations. Loin d’être un événement ponctuel, le 25 mars 2023 à Sainte-Soline s’inscrit dans un processus visant depuis de nombreuses années à banaliser une répression toujours plus violente. L’objectif de l’État ce jour-là n’était pas d’empêcher les manifestant-e-s de parvenir sur le chantier de la mégabassine, mais de dissuader quiconque de manifester à nouveau contre de telles constructions – lesquelles ont depuis été jugées inutiles et illégales par les autorités compétentes.

La mobilisation antibassines de Sainte-Soline a ainsi été pour l’État une occasion d’appliquer sa « doctrine du maintien de l’ordre », qui implique d’assimiler les mobilisations sociales à des attentats terroristes afin de déclencher officieusement un plan Orsec permettant leur répression par de véritables moyens militaires, mais ne prévoyant pas les moyens sanitaires à la hauteur de cette répression. Le terrorisme, c’est ça : rendre une population passive face aux agissements d’un pouvoir devenu omnipotent.

Nous avons aujourd’hui les preuves audio et vidéo de ce dont nous nous doutions : les actes qui ont causé tant de blessures et fait frôler la mort à nombre d’entre nous ne sont pas l’œuvre d’individus particulièrement violents, mais découlent de l’ordre donné par une institution. Et des actes semblables ont blessé et tué dans d’autres contextes (mouvements des gilets jaunes ou contre la réforme des retraites, émeutes après la mort de Nahel…).

Alors, nous voulons faire peser sur cette institution le cadre juridique dont elle s’affranchit délibérément. Apporter un éclairage sur ce dossier ne suffira évidemment pas à le clôturer, mais cela nous aidera à trouver les réponses dont nous avons besoin et à affirmer un refus de se laisser tétaniser par la terreur. Nous n’en continuerons pas moins de mener d’autres batailles pour une réelle justice sociale et environnementale.

Mickaël, Serge, Alix, Olivier et des proches,

le 5 novembre 2025

Révoltes à Madagascar

Dans cette émission, nous revenons avec Marie Ranjanoro, auteure de Feux, Fiévres Forêts, fiction historique qui se déroule lors de l’ insurrection de 1947 à Madagascar, sur les différentes raisons et enjeux de la mobilisation qui a été entamée sur ce territoire en septembre 2025.

Entretien entre Georges Ibrahim Abdallah et Salah Amouri – par le média Blast

Dans cette émission, vous entendrez un entretien des militants Gorges Ibrahim Abdallah et Salah Amouri réalisé par Olivier Besancenot et Antonin Bernanos à qui le média Blast a donné carte blanche (date de publication : le 23 octobre 2025). Cet entretien nous a semblé particulièrement intéressant pour en refaire la rediffusion.

Nous reproduisons la présentation textuelle de Blast :

“Georges Ibrahim Abdallah et Salah Hamouri sont deux militants historiques de la cause palestinienne pour laquelle ils ont été tous deux incarcérés. Le premier pendant 41 ans dans les geôles de l’État français, et le second pendant plus de 10 ans, dans les prisons de israéliennes. Libéré depuis le 25 juillet 2025, Georges Ibrahim Abdallah a rejoint le Liban. Salah Hamouri a été expulsé vers la France, interdit de revenir en territoire palestinien, il milite désormais au sein d’Urgence Palestine. Blast a offert à Olivier Besancenot et Antonin Bernanos une carte blanche, ils sont ainsi partis à leur rencontre à Beyrouth pour réaliser l’entretien et la rencontre qui vont suivre. Leurs deux interlocuteurs reviennent sur leurs conditions de détentions, la singularité du combat pour la Palestine et leurs vues sur les récentes évolutions politiques mondiales. Ils évoquent aussi, avec calme et lucidité, les nouveaux enjeux stratégiques liés à un capitalisme en crise. Leur regard n’est jamais revanchard, nationaliste ou partisan mais toujours emprunt d’un internationalisme qu’on n’entend peu dans les débats médiatiques en France. Plus qu’une entrevue sur l’actualité immédiate, cette conversation à la fois grave et légère est une invitation à réfléchir sur l’état de la planète, les moyens de résister à l’oppression ou au techno-fascisme. Elle nous aide à changer de focal et nous permet de nous évader du cercle infernal de la domination et de l’aliénation.”

Indignons-nous, Bloquons tout : 15 et 16 novembre

A l’occasion de l’anniversaire du mouvement des gilets jaunes, et, suite aux dates de mobilisation de ce début d’année, notamment avec la date du 10 septembre, un week-end composé de plusieurs rendez-vous est organisé pour les dates du 15 et 16 novembre. Afin d’appeler à cette initiative, nous vous diffusons une partie des prises de paroles réalisées lors de l’évènement de PEPS ( pour une écologie populaire et sociale) du 7 novembre dernier, au Baranoux, intitulé ” En quoi les gilets jaunes avaient il raison?”, dans un montage qui alterne parole et lecture des tracts qui appellent a cette initiative.

Maudite soit la guerre; Manuel de résistance antimilitariste

À la librairie du monte en l’air, le 17 octobre 2025, Pierre Douillard-Lefèvre présentait son dernier livre « Maudite soit la guerre, manuelle de résistance antimilitariste ». Nous y étions, bonne écoute.

Le « réarmement » est dans tous les discours, l’économie de guerre est imposée à coups d’austérité, les Empires se militarisent, la France est le deuxième vendeur d’armes de la planète, l’anéantissement de Gaza se poursuit, le fond de l’air est kaki et les accents martiaux contaminent l’espace médiatique. Par le passé, les luttes sociales se sont levées contre le nationalisme conquérant et la guerre, contre l’uniforme et l’obéissance aux chefs, contre l’union sacrée et la militarisation du travail. « Guerre aux palais, paix aux chaumières ! » : refaisons notre ce slogan révolutionnaire. Ce manuel antimilitariste puise dans l’expérience des réfractaires aux guerres d’hier et d’aujourd’hui, pour réarmer les résistances.

160 pages aux éditions DIVERGENCES

L’auteur analyse remarquablement tous les aspects présents et passés du militarisme. Jusqu’aux guerres contemporaines des drones et au renoncement de l’écologie politique européenne à sa tradition antimilitariste. Joscka Fischer réclame, en Allemagne, le service militaire obligatoire pour les deux sexes. La présidente des députés écologistes français déclare à l’Assemblée que « l’Union européenne doit s’affirmer comme une force politique, ce qui implique aujourd’hui dans ce contexte de s’affirmer comme une force militaire. »

Après son analyse, Pierre Douillard-Lefèvre rappelle que « l’affect guerrier est l’exact négatif de l’émancipation : le militarisme, c’est-à-dire l’obéissance aveugle, l’encadrement, la violence hiérarchisée, est fondamentalement incompatible avec un horizon révolutionnaire. » […] « En empruntant la voie militaire, le camp de la libération perd son âme, même quand il gagne matériellement. » […] « Le bolchevisme n’est rien d’autre que la militarisation de la révolution. »

« En Algérie, le FLN laisse sa branche militaire prendre le dessus sur la branche civile et politique. Après l’indépendance, ce sont logiquement des officiers qui prennent le pouvoir par la force. »

« Le front anti-guerre devra aussi soutenir les déserteurs et les mutins d’aujourd’hui, les conscrits qui ont fui les guerres depuis la Russie et l’Ukraine. »

« L’histoire retiendra-t-elle qu’au moment où l’humanité avait atteint le pic du progrès et le maximum de sa production de richesse, elle a préféré le nationalisme et la guerre plutôt que de faire face aux défis sociaux et écologiques ? »

L’auteur distingue : « Être antimilitariste n’est pas être « pacifiste » ou « non-violent » de façon dogmatique. Ce n’est pas un rejet aveugle de la force, lorsque l’intégrité individuelle et collective sont attaquées. Vouloir la fin des institutions militaires ne signifie pas abandonner son droit à l’autodéfense. […] Une armée, fut-elle « populaire » finit par répondre à sa logique propre, c’est-à-dire accroître sa puissance et assurer sa propre pérennité, son appareil, ses chefs et ses privilèges. »

Dans un paragraphe intitulé « Haïr la guerre sans baisser les armes, Pierre Douillard-Lefèvre écrit : « Le pacifisme est le statu quo : dans une situation d’injustice, il revient à donner raison à l’oppresseur. L’antimilitarisme refuse l’idéologie et les pratiques militaires, mais ne fait pas du refus de la violence un principe absolu. […] Les dernières décennies ont montré que le pacifisme, même issu de courants hippies ou progressistes, pouvaient être solubles dans l’ordre dominant. […] d’anciens soixante-huitards qui voulaient « faire l’amour, pas la guerre » appellent à l’escalade contre la Russie. » [… Dans l’entre deux guerres], un courant pacifiste […] pousse à l’abandon de l’Espagne face à Franco, puis aux accords de Munich avec les nazis en 1938. »

En conclusion, je rappelle ce qu’écrivait Martine Leibovici : « Rosa Luxemburg montre qu’en fait ceux qui conçoivent la révolution comme un phénomène de nature essentiellement violente […] finissent par la concevoir en termes militaires qui reconduisent toujours une structure de commandement et d’obéissance, des masses disciplinées et unifiées, bref le retour de la domination au sein du projet d’émancipation [1]. »

Guy Dechesne

ZHERA KURTAY / ROBERT BADINTER

Zehra Kurtay, militante et journaliste turque exilée en France depuis 18 ans, est en grève de la faim le 3 juillet 2025 suite à sa mise sous OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) à l’occasion d’un rendez-vous à la préfecture du Val-de-Marne le 26 juin. Emprisonnée dans la foulée en CRA (centre de rétention administratif), elle sera finalement libérée sous contrôle judiciaire six jours plus tard grâce à une mobilisation en sa faveur.

La journaliste, exilée depuis 2007 en France, a dû fuir son pays à cause de son activité politique et journalistique, après 9 ans de prison et avoir participé à une grève de la faim de 180 jours, laquelle lui a laissé des séquelles. Exilée en France, elle obtient le statut de réfugiée politique. Un statut qui ne l’empêchera pas d’être arrêtée et emprisonnée en 2008… pour les mêmes motifs qu’en Turquie : avoir distribué le journal révolutionnaire turc, dont elle était rédactrice en chef « Kurtulus ». Par la suite, la France révoquera ce statut, qui la protège d’une potentielle expulsion, en 2018, sans même la prévenir, lui laissant le découvrir deux ans et demi plus tard à l’occasion du renouvellement de sa carte de séjour.

Dans cette première partie d’émission, nous entendrons les interventions lors de la rencontre avec Zehra Kurtay et son comité de soutien, qui s’est tenu à Saint-Denis, le 23 octobre 2025 et dans ce même temps, nous entendrons un entretien réalisé avec une femme, dont le mari est emprisonné à l’isolement en compagnie de deux autres personnes en Turquie.

Dans la seconde partie de l’émission, il sera question du parcours de Robert Badinter suite à sa panthéonisation Le 9 octobre 2025. L’entrée au Panthéon de Robert Badinter a donné lieu à une séance d’autocélébration comme la République bourgeoise sait les mener. Chantre de l’État de droit, abolitionniste de la peine de mort, le garde des sceaux de Mitterrand incarne l’hypocrisie d’un système judiciaire et carcérale et la duplicité des socialistes. Pour revenir sur le parcours politique de Robert Badinter, nous entendrons entretien réalisé avec Nadia, par l’équipe de l’émission de radio l’égrégore sur radio primitive à Reims, et cela, pour remettre les choses à l’endroit.

Pour soutenir Zehra Kurtay : la rencontrée à la tente de solidarité Au pied de la porte Saint-Denis, à Paris, métro Strasbourg saint Denis.

Insta :@justicezehrakurtay x :@nexpulsezzehra FB : n’expulsez pas zehra mail : kurtay.zehra@laposte.net

pour le soutien aux prisonniers turcs : https://www.tiktok.com/@is4pp6

SOIGNER C’EST LUTTER

Après le mouvement Bloquons tout, l’équipe de l’émission de radio, Du pain et des parpaings a suivi un groupe de soignant·es mobilisé·es contre la privatisation des parkings sur les hôpitaux de Brest et Carhaix. C’est l’occasion de faire un focus sur les tensions qui traversent les métiers du soin et les luttes qui les animent. Trois invité.es nous racontent leurs raisons et moyens d’action : deux étudiant·es, l’une en soins infirmiers, l’autre en médecine, et une infirmière déléguée syndicale. On parle d’actions de lutte à l’origine d’un projet de loi, d’un collectif étudiant anticapitaliste, de centres de santé communautaires, et de mobilisations à venir, encore.

Ressources

Enquête sur le mal-être des étudiant·es infirmier·es de la FNESI : fnesi.org/site/kw1S19v5RsW1uat…_bien-etre_2025pressedp__20250201.pdf?file_type=media_files

Collectif d’étudiant·es en santé à Brest Kerfull : kerfull.noblogs.org

Centre de santé communautaire à Langon (35) : sentiersensante.fr

Centre de santé communautaire des Monts d’Arrée à Plouneour Menez (29) : latelierensante.fr

Pétition contre les parkings privés à l’hôpital de Brest et Carhaix : change.org/p/pour-la-gratuit%C…-cavale-blanche

Musiques de l’émission

École du couac, créations musicales dans le médico-social en Finistère : ecoleducouac.bandcamp.com

  • Ntrax, par Tiffanys
  • Blue sky, par Johan, Philippe, Paul, Laurent et Angle
  • Démultiplié, par Maryse
  • Kyniq, par Mirhan

Contact dpedp[at]riseup.net

Marche des fiertés folles autonome — Paris 2025

Crédit photos : Joséphine Plat — Realize&Oz (instagramblog)

Le 11 octobre 2025 avait lieu la mad pride, appelée aussi marche des fiertés folles. Cette manifestation autonome d’anti-psychiatrie, la première se déroulant à Paris depuis quelques années, était l’occasion pour les concerné-es de revendiquer le droit à la différence et le droit à la dignité à exister en société. D’être également des sujets politiques à part entier, portant critique sur la société comme génératrice de mal-être et de désordre psychologique. Cette manifestation était aussi dans le cadre d’une mobilisation sociale qui dépasse le champ de la psychiatrie, un espace-temps consacré à la lutte contre toutes les formes de discrimination.

Cette émission se compose de deux parties : tout d’abord d’un extrait d’un entretien réalisé par le média Lundi matin en date du 6 octobre 2025 avec deux personnes faisant parties du collectif organisateur (et dont vous pouvez trouver ici l’interview complète et ici une copie du manifeste, entendu dans l’émission, qui avait été envoyé à Lundi matin) ; puis en seconde session, d’un reportage réalisé au sein de la manifestation.

Le site de la mad pride 2025 : https://www.mad-pride-2025.fr/
Site internet de la militante Nan marci : https://www.nanmarci.com/
Blog Comme des fous : https://commedesfous.com/
Écouter aussi l’émission MAD PRIDE autonome parisienne ! Nous sommes vivants•x•es et nos joies sont politiques ! diffusée sur la radio Cause commune qui est bien plus exhaustive au format complet 1h

Palestine : Mohsen Abu Ramadan , directeur du Centre Haider Abel Shafi pour la culture et le développement à Gaza

Le Cedetim (entre d’études et d’initiatives de solidarité internationale) et  le Forum Palestine citoyenneté organisaient le 16 octobre au CICP (centre international des cultures populaires) une rencontre avec Mohsen Abu Ramadan, directeur du Centre Haider Abel Shafi pour la culture et le développement à Gaza  (une des principales organisation de la société civile à Gaza, Mohsen Abu Ramadan vit actuellement en Egypte) et fut de passage à Paris.

Il est revenue sur la situation a Gaza et a répondu aux questions du public présent au CICP et dans l’émission de ce jour, nous proposons l’écoute d’une grande partie de cette rencontre

Le Centre Dr Haider Abdel Shafi pour la culture et le développement (HCCD) est une organisation palestinienne indépendante, non gouvernementale et à but non lucratif. Elle a été créée en 2014 par des leaders de la société civile, et des éducateurs à Gaza. Le centre s’inspire de la vie et des valeurs du Dr Haider Abdel Shafi, une personnalité palestinienne connue pour son combat pour la justice. Le centre perpétue son héritage en promouvant les droits humains, la responsabilité sociale et la participation démocratique.

Le HCCD encourage l’engagement civique, la tolérance, la paix civile et la non-violence. Il soutient aussi les groupes défavorisés, surtout les femmes, les jeunes et les communautés déplacées. Le centre agit dans toute la bande de Gaza. Il propose des programmes qui intègrent le soutien psychologique, l’autonomisation, le patrimoine culturel et le développement social. Ces programmes sont des moyens pour parvenir à la paix civile et à la résilience. « Nous voulons une société où tout le monde peut s’épanouir et contribuer à un avenir meilleur, sans distinction de sexe, d’origine ou de statut social. »

Dr Haider Abdel Shafi ( 1919-2007),  médecin, nationaliste et laïc, fondateur directeur de la Société palestinienne du Croissant Rouge à Gaza dès 1972, commissaire Général de la Commission palestinienne indépendante pour les droits des citoyens, membre fondateur de l’Initiative nationale palestinienne lancée en juin 2002, avec Edward Said et Mustafa Barghouthi, membre du conseil des administrateurs de l’université de Birzeit

Kanaky libre et indépendante

Afin de dénoncer les accords de Bougival, Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et les collectifs de soutien à l’indépendance de la Kanaky nouvelle Calédonie organise partout en France des Meetings unitaire. Ce soir, le jeudi 6 novembre, se tiendra l’un deux, à Paris, à la Bourse du Travail, 29, boulevard du Temple, métro république. Christian Tein (président du FLNKS) et les six prisonniers politiques kanaks, enfin réunis et libres, y seront présents.

Nous avons pu enregistrer le meeting qui s’est tenu à Marseille le 28 octobre dernier. Nous souhaitons que, dans l’émission de ce jour, son écoute vous donne envie d’aller écouter et soutenir ce soir la lutte du peuple Kanak.

Action de blocage au foyer de travailleurs migrants Mûriers

Le comité des résidents a tenté sans résultat de se concerter avec la direction de Coallia sur les mauvaises relations qu’entretient la Responsable d’Hébergement. Car, il n’y a ni dialogue ni concertation possible. Elle harcelait et menacée les résidents abusivement.

Elle refusa les paiements de redevance par d’autres habitants même si le résident titulaire était malade, handicapé ou au travail. Ascenseur souvent en panne et la mobilité parfois difficile. Le résident titulaire est alors considéré comme ayant une dette et peut se voir convoqué au tribunal pour expulsion.

Une pétition fut massivement signée par les résidents en demandant à Coallia de remplacer la Responsable d’Hébergement, requête refusée par la direction à ce moment-là, mais qui finalement aboutira. Et malgré des redevances très élevées, une Chambre de 17 m², pouvant approcher les 500 euros et les problèmes techniques ont perduré.

Sur ses faits, le jeudi 16 octobre 2025, les résidents du foyer Mûriers, ont bloqué l’accès de leur résidence aux salariés de Coallia.

Le foyer Mûriers, situé dans le quartier du Père Lachaise dans le 20ᵉ, date de 1975. Initialement géré par le Centre d’action sociale de la Ville de Paris (CASVP), et plus précisément par l’unité Équipements d’Aide aux Travailleurs Migrants (EATM) aujourd’hui dissoute. Le foyer était repris par l’association AFTAM (Association pour la formation des travailleurs africains et malgaches) en avril 2006 et aujourd’hui, géré par Coalia (anciennement Aftam)

Le mardi 21 octobre, était convoqué au siège de COALIA, dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, le délégué des résidents, suite à la mobilisation, qui avait débuté le 9 octobre 2025.

Dans l’émission de ce jour, nous entendrons les entretiens réalisés avec le délégué actuel des résidents du foyer mûriers et le délégué précédent, qui nous décrivent la situation actuelle, et cela, lors de l’action de blocage du 16 octobre 2025 et ensuite, nous serons à la sortie de la convocation du délégué des résidents au siège de coallia, le 21 octobre 2025. En sa compagnie, nous revenons sur les motifs de cette convocation et sur la réunion de concertation avec la direction de coalia qui a suivi le mouvement du 16 octobre.

RÉÉLECTION DE PAUL BIYA AU CAMEROUN

Supporters of Cameroonian presidential candidate Issa Tchiroma, who claimed victory in the October 12 presidential election, carry signs and a Cameroonian flag during a protest in New Bell neighbourhood, Douala, Cameroon, October 26, 2025. The signs read: “We are determined for change” and “We no longer want dictatorship”. REUTERS/Zohra Bensemra TPX IMAGES OF THE DAY

Ce lundi 27 octobre, le Conseil constitutionnel du Cameroun a proclamé la réélection de Paul Biya. À 92 ans, il est le plus vieux chef d’État du monde et prolonge une présidence ininterrompue de 41 années pour sept nouvelles années – qui prolongent neuf ans de fonction de premier ministre. Officiellement, il aurait récolté 53,66 % des suffrages. Avant même cette annonce et depuis les élections, des manifestations se tenaient dans plusieurs villes contre le gouvernement, dénonçant sa corruption et la fraude électorale, malgré une répression violente. Pour revenir sur cette actualité, nous sommes en direct aujourd’hui dans les studios de FPP avec Augusta Epanya, coordinatrice de la Dynamique Unitaire Panafricaine et militante de l’UPC-Manidem (Union des Populations du Cameroun-Manifeste National pour l’instauration de la Démocratie).

NON A l’ACCORD UE-MERCOSUR

Le 14 octobre 2025, la confédération paysanne et de nombreuses associations et collectifs appelaient à une manifestation pour s’opposer à l’accord de libre échange Union européenne (UE) et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Vous allez pouvoir entendre les interventions faites lors de cette manifestation qui a rassemblé un millier de personnes et quelques tracteurs. L’occasion de mieux comprendre les enjeux de ces accords aussi bien pour les paysans français que sud américain.

Le 3 septembre 2025, la Commission Européenne a ouvert la voie à l’adoption de l’accord UE*Mercosur* et de l’accord UE*-Mexique. Cela s’inscrit dans la lignée de politiques de libéralisation des marchés, notamment agricoles. A travers cette lutte contre l’accord UE*-Mercosur* et autres accords de libre-échange, c’est bien l’avenir de notre modèle agricole et alimentaire qui est en jeu. C’est une énième attaque à la souveraineté alimentaire des peuples et à la nécessaire protection du revenu des travailleurs et travailleuses. C’est l’occasion de remettre en cause structurellement ce système économique libéral et de sortir l’agriculture et l’alimentation de la logique des marchés.

Ce combat dépasse le seul secteur agricole et le seul enjeu d’une alimentation de qualité : c’est un enjeu de société global tant sur les enjeux socio-économiques que climatiques.

Notre mobilisation collective le 14 octobre sera l’occasion de clamer haut et fort dans les rues de la capitale qu’il est impératif d’enfin placer les enjeux de rémunération du travail, de droits humains, de santé publique, de bien-être animal, d’accès à une alimentation de qualité et de préservation de l’environnement, devant les intérêts financiers poursuivis par ces accords de libre-échange.

Nous, paysan.nes, syndicalistes, responsables d’organisations de solidarité internationale et de protection de l’environnement, scientifiques, artistes, citoyen.nes, appelons à une mobilisation massive paysanne et citoyenne sur Paris le 14 octobre, à 12h esplanade des Invalides, pour exiger la régulation des marchés internationaux et dénoncer la logique du libre-échange qui délocalise nos productions et tire vers le bas les normes sociales et environnementales.

Ce 14 octobre est aussi la date du procès de deux camarades paysans poursuivis suite à une action syndicale de la Confédération paysanne au Grand Palais pour dire stop à la spéculation lors de la Bourse européenne de commerce. Cette répression militante et syndicale est scandaleuse. Nous exprimerons notre solidarité lors de notre mobilisation du 14 octobre. 

Cette manifestation s’inscrit pleinement dans le mouvement social engagé depuis la rentrée contre l’austérité budgétaire et se construit en totale solidarité avec les populations des pays du Sud, victimes aussi des accords de libre-échange.

Le 14 octobre doit être une date charnière pour revendiquer un droit au revenu paysan, une protection de notre agriculture et alimentation vis-à-vis des logiques de marché et la mainmise des multinationales.

Le 14 octobre doit être une date phare pour la mise en place d’une réelle démocratie alimentaire et le soutien à un modèle agricole qui protège l’avenir des générations futures et de notre planète.

Le 14 octobre, stoppons ensemble l’accord UE*-Mercosur* et tous ces autres accords de libre-échange.

Ensemble, exigeons la régulation des marchés !

Nous appelons l’ensemble des paysan.nes français à se soulever contre ces politiques ultralibérales appliquées au secteur agricole et à monter sur Paris le 14 octobre pour manifester dans les rues de Paris.

Nous appelons l’ensemble des travailleuses et travailleurs à se mobiliser pour défendre la juste rémunération du travail via un commerce international équitable.

Nous appelons l’ensemble des organisations soucieuses des enjeux de solidarité internationale, de démocratie, de protection de l’environnement et de la santé publique à faire front commun contre ces accords de libre-échange qui enterrent toute velléité de politique publique de justice sociale et climatique, de relocalisation et de transition écologique.

Nous appelons l’ensemble des citoyen.nes français, soucieux de soutenir les agricultrices et agriculteurs français et une alimentation de qualité, de rejoindre la mobilisation du 14 octobre. 

Nous appelons toutes celles et ceux qui veulent dénoncer la primauté du marché dans des domaines essentiels de notre vie : alimentation, santé, logement, éducation, culture, transports… à investir la capitale.

PREMIERS SIGNATAIRES :

  • Alliance Écologique et Sociale
  • Syndicats de salarié.es : FSU, SNICS-FSU, SNETAP-FSU, Union syndicale Solidaires, CGT, URIF-CGT
  • Organisations pour une économie équitable : AITEC, Collectif Stop CETA Mercosur*, ATTAC France, Commerce Équitable France, Max Havelaar France, Fédération Artisans du Monde, Eko
  • Organisations environnementales : Amis de la Terre France, Générations Futures, Agir pour l’environnement, Greenpeace France, Combat Monsanto, France Nature Environnement, ANV-COP* 21, Alternatiba
  • Organisations citoyennes : Les Ami.es de la Conf’, Terres de Luttes
  • Organisations de solidarité internationale : ISF-Agrista, CRID, Amis du Mouvement des Sans Terre du Brésil, Autres Brésils
  • Organisations de consommateurs : Foodwatch France, Bioconsomm’acteurs
  • Organisations de bien-être animal : Welfarm
  • Organisations paysannes et rurales : FADEAR, Pôle INPACT, Atelier paysan, Chrétiens dans le monde rural, MRJC, Modef*, OPAM, GRAGE, UPG
  • Organisations étudiantes : Agros en lutte

Mobilisation contre le projet de méga canal seine-nord europe: manifestation du 11 octobre 2025

Dans l’émission de ce jour, ont vous emmène en Picardie. De Compiègne à Aubencheul-au-Bac, les pelleteuses s’affairent sur le « chantier du siècle ». Les arbres tombent, des rivières sont détournées, les zones humides saccagées.

C’est qu’il faut vite creuser, sur 107 km, un canal pour raccorder la Seine aux grands ports d’Anvers et de Rotterdam : le pharaonique canal Seine-Nord Europe. Pour faire advenir le tant désiré chaînon manquant du fret européen, la Société du canal Seine-Nord Europe, présidée par le chef de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui ne se refuse rien : huit milliards d’argents publics sur la table et des millions de m3 d’eau et de terres englouties au service d’intérêts privés.

Depuis un an, la lutte s’ancre et s’intensifie tous azimuts : À peine commencés, les travaux prennent déjà du retard. Contre la logistique du désastre, l’heure de la riposte a sonné. Les Soulèvements de la terre et Extinction Rébellion se joignent au collectif Méga Canal Non Merci pour une mobilisation nationale cet automne en Picardie, contre les ravages de l’empire logistique sur le bassin versant de la Seine – les Soulèvements de la Seine. Les 10-11-12 octobre 2025, une mobilisation, c’est tenu, près de Compiègne, à Thourotte.

Dans cette heure d’émission, nous serons dans la manifestation du samedi 11 octobre 2025, qui partait près de la gare de Thourotte pour se rendre à proximité du chantier.

Pêle-mêle, nous entendrons les prises de parole et entretiens, notamment avec le matelot d’une péniche, qui nous parlera de sa réflexion sur ce projet, les associations venues en soutien, comme le collectif pour le triangle de Gonesse et nous serons également sur l’action contre le chantier du méga-canal Seine-Nord Europe.

Palestine : un plan pour la paix?

Suite à l’annonce d’un “plan pour la paix” , par Donald Trump, aux contours flous et sans aucune prise en compte des différentes revendications portée par la mobilisation ou bien des recommandations de l’ONU, le 09 octobre dernier, nous décidons de vous diffuser les prises de sons réalisées lors d’événements de soutien à la lutte du peuple palestinien. Bien que le cessez feu soit de bonne augure et que nous ne puissions que nous réjouir de la libération des prisonniers palestiniens, il nous semble que la mobilisation reste nécessaire, et que seules les revendications portées par les acteurs de la mobilisation portent, en germe, la possibilité d’une libération du peuple palestinien et d’une solution pour l’ensemble des peuples de la région. Nous vous diffusons donc, une partie des prise de parole réalisée le 05 octobre au meeting contre la guerre, au Dôme de Paris ; un reportage réalisé le 08 octobre, lors d’un rassemblement de soutien à la marche européenne vers Gaza lancé par le Front anti impérialiste devant l’ambassade d’Egypte; puis un reportage réalisé sur la place de la République, le même jour, afin d’acueillir une partie des camarades de retour de la Flotille.

Projet de réglementation européen chat control et l’enjeu du droit au chiffrement à travers l’affaire du “8 décembre 2020”

Dans cette émission, il sera question de numérique et de surveillance. Ainsi, vous pourrez entendre dans une première partie une explication et les enjeux du projet de réglementation européen nommé chat control, visant à établir de nouvelles normes techniques au motif de la lutte contre la pédocriminalité en ligne. En seconde partie, c’est une rediffusion d’une archive sur l’affaire du 8 décembre 2020 qui sera entendue, et qui ici aussi abordera la volonté des autorités de passer outre les dispositifs de cryptage.

Lien vers un article de l’UCL de Toulouse : Pédocriminalité : Contre la culture de l’inceste : écouter et croire les enfants (30 novembre 2022)
Lien vers un article de Framasoft : Chat Control, ça s’en va… et ça revient (29 septembre 2025)
Lien vers un article de la Quadrature du net : Chat Control : on fait le point (3 octobre 2025)
Lien vers la campagne internationale Stop Scanning Me
Lien vers le site français Stop chat control

Mobilisation du 14 octobre 2025 à Paris, en Belgique et partout dans le monde

Dans cette émission, vous pourrez entendre Benjamin de la commission international Bloquons tout sur la mobilisation du 14 octobre à Paris. Puis Jacques Chastaing qui nous fera un tour d’horizon des luttes dans le monde. Puis, vous entendrez Stéphane Galais porte-parole de la confédération paysanne, sur la mobilisation du 14 octobre à Paris contre les traités de libre échange du MERCOSUR puis Samy installé en Bolivie.

Manifestation nationale – 14 octobre en Belgique

Avec son accord d’été, le gouvernement réduit encore la Sécurité sociale, les droits sociaux, notre pouvoir d’achat et donc les perspectives d’avenir de la population. Par contre, il a trouvé de l’argent pour acheter plus de drones et d’avions de chasse !

Le mouvement se poursuit contre la casse sociale de l’Arizona. Nous voulons :

  • des pensions dignes et le retrait du Malus Jambon ;
  • des emplois de qualité et pas des contrats bidons ;
  • plus de pouvoir d’achat, le maintien de l’indexation automatique, des services publics refinancés ;
  • une réforme fiscale qui fasse davantage contribuer les plus riches ;
  • le respect des droits fondamentaux dont les droits syndicaux ;
  • une politique ambitieuse pour la transition vers une société sans carbone respectueuse de l’environnement et des travailleurs/euses ;
  • la reconnaissance de l’État palestinien et des sanctions sévères contre Israël.

Rendez-vous le 14 octobre à partir de 10h à Bruxelles pour une manifestation nationale en front commun syndical

Le 14 octobre à Paris, bloquons ensemble avec la confédération paysanne contre l’accord UE-Mercosur !

Pour stopper l’accord de libre-échange UE-Mercosur, la Confédération paysanne appelle largement l’ensemble des paysan·nes, encartés ou non, les organisations citoyennes de solidarité internationale, de protection des consommateur·rices, de défense de l’environnement, les syndicats de travailleur·euses, les pétitionnaires contre la loi Duplomb, les citoyen·nes à monter sur Paris pour manifester, tracteurs en tête, le mardi 14 octobre, à 12h esplanade des Invalides.

Tous les accords de libre-échange sont à refuser, clause de sauvegarde ou non. Ils sont catastrophiques pour l’avenir de nos élevages et de nos fermes et pour la qualité de notre alimentation. Ils sapent aussi notre démocratie, empêchant toute initiative politique publique de justice sociale, de relocalisation et de transition. Nous exigeons donc la régulation des marchés et un commerce international équitable qui placent enfin les enjeux de revenu paysan, de souveraineté alimentaire, de droits sociaux, de protection de l’environnement devant les intérêts financiers des multinationales.

C’est cet appel à une stratégie enfin gagnante contre le libre-échange que nous allons porter cet après-midi en audition à l’Assemblée nationale sur l’accord UE-Mercosur. Au-delà des discours de façade, nous espérons que les parlementaires et les autres syndicats agricoles seront prêts à poser enfin les bases d’un front de lutte solide contre le libre-échange qui participe à la délocalisation de notre agriculture et à la fragilisation de notre revenu.

Les contradictions profondes actuelles des dirigeants de la FNSEA et de la Coordination Rurale autour des normes empêchent une réelle stratégie gagnante contre les accords de libre-échange. Les dirigeants de la FNSEA orchestrent une stratégie volontairement perdante, du fait de leurs propres intérêts à maintenir ce système économique injuste. Faut-il en effet leur rappeler qu’il n’est pas possible d’un côté de revendiquer de protéger notre agriculture, et de l’autre côté de pousser des mesures accélérant la course à la compétitivité sur les marchés mondiaux : ré-autorisation de pesticides interdits, agrandissement et concentration capitalistique des exploitations, déréglementation des OGM, détricotage des droits sociaux, développement des méga-bassines, soutien à d’autres accords de libre-échange… Cette posture contradictoire est d’une hypocrisie sans nom qui mène le monde agricole dans le mur. Comment allons-nous rivaliser avec des pays où le salaire minimum avoisine un euro l’heure ? Devrons-nous autoriser à nouveau les antibiotiques comme activateurs de croissance ? Devrons-nous supprimer le SMIC en France ?

Les décideurs politiques doivent aussi avoir le courage de la clarté : vouloir abaisser nos normes pour se battre sur les marchés mondiaux, comme avec la loi Duplomb, ou protéger un modèle agricole et alimentaire de qualité et donc réguler les marchés.

Le 14 octobre, deux camarades seront jugés suite à notre action syndicale du 5 décembre 2024 au Grand Palais lors de la Bourse européenne du commerce, pour dénoncer la spéculation sur les marchés agricoles. Ce doit être le moment d’une mobilisation massive pour stopper tous les accords de libre-échange. C’est en se mobilisant avec le reste de la société, pour créer un rapport de force gagnant, que le monde agricole pourra faire valoir ses revendications pour stopper ces politiques libérales qui détruisent nos fermes, notre revenu, notre santé et l’environnement. Faire croire l’inverse, c’est tromper les paysan·nes sur notre capacité à faire reculer la logique du libre-échange sur nos fermes et dans nos vies.

Ce front commun, le plus large possible, est la condition sine qua non pour réussir à sortir enfin l’agriculture et l’alimentation des logiques de marché !

LE PLAN ISRAËLIEN DE NETTOYAGE ETHNIQUE DE LA CISJORDANIE

La Cisjordanie (en arabe : الضفة الغربية, Al-Dhifa al-Gharbia : « Rive ouest [du Jourdain] ») est un territoire palestinien, occupé illégalement par Israël depuis 1967, limité au nord, à l’ouest et au sud par la ligne d’armistice du 3 avril 1949 entre Israéliens et Jordaniens, résultant de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, et à l’est par le Jourdain et la mer Morte qui font frontière avec la Jordanie.

Le territoire couvre une surface de 5 860 km2 et est peuplé de Palestiniens (environ 2,8 millions d’habitants, essentiellement de confession musulmane, les chrétiens représentant environ 2 % de cette population). En 2024, il compte quelque 650 000 colons israéliens[2], répartis en plus de 230 colonies (« district de Judée et Samarie »). À ce chiffre de colons, il faut ajouter les quelque 240 000 Israéliens établis à Jérusalem-Est depuis la conquête consécutive à la guerre des Six jours de 1967.

Le 29 septembre 2025 avait lieu au CICP (centre international des cultures populaires) la conférence avec Jamal Juma organisée par l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) de Paris. Titre de cette conférence”Dans l’ombre du génocide en cours à Gaza : le plan israélien de nettoyage ethnique de la Cisjordanie”. Jamal Juma, coordinateur de Stop The Wall, explique comment l’état israélien commettant un génocide à Gaza, en parallèle, pratique un nettoyage ethnique en Cisjordanie et ceux au grand jour et dans le même temps dans un silence assourdissant de l’occident.

C’est une grande partie de cette rencontre que nous vous proposons dans l’émission de ce jour. Dans la seconde partie d’émission, nous entendrons les échanges avec le public.

MOBILISATION ET RÉPRESSION DU MOUVEMENT DE LA RENTRÉE 2025

Aujourd’hui dans cette émission en direct, nous revenons sur la répression qui s’abat sur la mobilisation enclenchée le 10 septembre dernier. Pour cela, nous sommes en plateaux avec Louise, afin de revenir sur le parcours d’un de ses camarades arrêté le 18 septembre 2025 dernier, qui, suite à sa comparution immédiate, s’est vu condamné à quatre mois de prison ferme. À travers son parcours, nous revenons sur la manière dont les organes policier, judiciaire et pénitentiaire organisent ensemble une véritable répression politique. Face à ces constats, nous appelons donc à l’événement de soutien organisé ce vendredi 10 octobre à 19h au bar le père Lachaise, 15 boulevard de Ménilmontant, dans le 11ᵉ arrondissement de Paris.

Le texte d’appel

En soutien aux personnes victimes de la répression du mouvement social en cours, nous proposons de nous retrouver le 10 octobre autour d’une cantine solidaire dont les fonds seront reversés à l’antirep.

Cette initiative autonome est née d’une réunion entre plusieurs personnes qui ont participé au mouvement du 10 septembre et qui ont assisté aux procès qui ont suivi la manifestation du 18 septembre, où un camarade a été condamné à une peine de prison ferme de quatre mois. Nous sommes arrivés au constat, à l’issue d’une discussion collective, qu’il y avait un besoin de se retrouver en dehors des assemblées générales pour se faire du bien, créer du lien et de la solidarité face à la répression, à l’enfermement et à la police, mais aussi face à la lassitude et au sentiment d’échec des dernières mobilisations.

Ce moment convivial nous semble donc nécessaire pour, d’une part, soutenir les personnes enfermées ou qui ont pris des peines de sursis suite aux actions du mois de septembre, mais aussi pour échanger sur les événements de cette rentrée sociale et sur la répression de manière générale autour d’un bon repas et d’un verre.

Les espaces de solidarité et de convivialité sont précieux à nos luttes. Ils sont aussi nécessaires à la poursuite et à la consolidation du mouvement social, tout comme l’est la solidarité avec toutes les personnes enfermées dans les taules de l’État.

Rendez-vous le 10 octobre à partir de 19h au bar le Père Lachaise (Métro 2 et 3 Père Lachaise ou Philippe Auguste). Au programme, une cantine sucrée/ salée, des crêpes, un DJ set et de la bonne ambiance !

GAZA: De la France à l’Italie en soutien à Thousand Madleens

https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/

L’actualité des luttes diffuse les interventions enregistrées lors de la soirée organisée le samedi 27 septembre, à la Parole errante en soutien à la flottille « Thousand Madleens », nouvelle tentative, dans le sillage des « Freedom flotilla » et « Global Sumud », pour briser le blocus sur Gaza et faire pression sur le régime israélien en vue d’un cessez-le-feu. 

Dans le premier tiers, vous pourrez entendre des camarades palestiniens du camp de réfugiés de Deisheh qui nous raconterons ce qu’ils perçoivent de ces tentatives internationales depuis leur quotidien en Cisjordanie.

Dans le deuxième tiers, vous écouterez deux membres de la délégation française de la flottille quelques heures après leur départ des côtes siciliennes.

Et dans le troisième tiers, des camarades italiens font le point sur l’onde politique qui se propage en Italie autour des flottilles, depuis la première manifestation partie du port de Gênes le 30 août dernier jusqu’à l’énorme journée de grève générale du 22 septembre qui a touché l’ensemble du pays.

Déso c’est kéblo émission du pain et des parpaings n°28

Illustration issue de https://formesdesluttes.org/

Aujourd’hui, nous vous diffusons l’émission du pain et des parpaings n°28

Ça a commencé à bruisser en juillet.

Un post, puis un appel au confinement, relayé dans les réseaux de la fachosphère, brandissant le 10 septembre comme horizon. Tout le monde est un peu en vacances, ou au travail sous la canicule, les villes sont encore semi-vides, les incendies dévastent, et la date du 10 continue de circuler dans les milieux politiques, militants.

Elle commence à déborder sur les murs, les containers des poubelles, au marqueur, dans les conversations, les sections syndicales… Partout, des groupes, indignons-nous, se retrouvent, écrivent des revendications sur la santé, l’éducation, recueillent des doléances, partagent des appels et des communiqués.

On entame la saison 4 de “Du pain et des parpaings”, une émission mensuelle d’actu des luttes en Bretagne et ailleurs, serré.es autour du plateau pour refléter différentes composantes du mouvement « Bloquons tout » et en discuter ensemble.

Musiques :

– Dañs-ar-bleiz, d’Eben

– Ya Nas, de Bachar Mar-Khalifé

Texte :

– 4h45 sur le pont, sur lundi.am : https://lundi.am/4H45-sur-le-pont

Contact :

dpedp@riseup.net

MOBILISATION 02 OCTOBRE 2025

Aujourd’hui, nous vous diffusons les reportages que nous avons réalisés lors de la journée de mobilisation du 02 octobre dernier. Vous pourrez donc entendre une partie des prises de paroles réalisées lors de l’assemblée générale de gare de Lyon, des interviews réalisées lors de la manifestation, et un reportage fait pendant l’occupation du palais de Tokyo qui avait lieu en parallèle de la manifestation.

WEEK-END DE MOBILISATION CONTRE LE PROJET CANAL SEINE NORD EUROPE

Le 26 septembre 2025, se tenait au Cirque Électrique, dans le 20ᵉ arrondissement de paris, une Soirée intitulée : Méga Canal Seine Nord Europe.

Soirée publique d’appel à la prochaine mobilisation nationale pour confluer vers Compiègne les 10-12 octobre contre le projet canal Seine-Nord Europe.

Dans l’émission de ce jour, nous entendrons la présentation de la mobilisation : entre contexte de luttes, présentation de l’argumentaire et infos pratiques sur les 10-12 octobre 2025.

Les trois thématiques de la soirée :

1 -le financement : 8 Mds euros d’argent public pour mettre au pas tout un territoire
2 – accaparement de l’eau et business de l’agro-industrie
3- l’empire logistique : bloquer les flux, tout bloquer !

Le projet du canal Seine-Nord Europe, c’est quoi ?

C’est la construction d’un canal de 107 km entre Compiègne et Aubencheul-au-Bac, ayant pour but de raccorder la Seine aux ports d’Anvers et de Rotterdam, en s’insérant dans un maillage fluvial déjà existant.

-C’est un giga-projet logistique, destructeur (de terres, donc de biodiversité, d’emplois, de vies), inutile (infrastructures existantes sous-utilisées, pas au service de la population, mais du capitalisme logistique) et coûteux (8+ milliards d’euros d’argent public)

– C’est un projet au service de filières toxiques et pas pour la population : les immenses péniches vont transporter des céréales en vrac issues de l’agro-industrie destinées à l’export + des granulats pour le monde du béton.

– C’est un projet anti-social, qui va considérablement impacter les villages/villes par lesquelles le chantier passe, tout en détruisant la batellerie artisanale et les collectifs de travailleurs existant.

Porté par la société du canal Seine-Nord Europe (opérateur public), présidée par Xavier Bertrand qui est aussi président de la région Hauts-de-France.

POUR EN SAVOIR PLUS :

RDV samedi 12h à Thourotte pour pique-nique avant départ en manif à 14h

– Accessible en voiture ou train+vélo (environ 1h depuis Paris) ou train+train –

– Possibilité de faire du bénévolat –

-Bambinerie pour les parents : possible de déposer ses enfants avant la manif

– Campement disponible dès vendredi soir pour celles et ceux qui voudraient, soirée sur le camp samedi soir

– dimanche ateliers, AG, formations ! + des surprises !

https://linktr.ee/megacanalmegascandale

https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/t.me/soulevementseine

Rediffusion NE TOURNONS PAS LA PAGE !/ Communiqué de l’inter-AG Organisons-nous : de la critique des directions syndicales

Après le mouvement social en opposition à la contre-réforme des retraites de 2023, s’était constitué à la faveur de la pratique de la grève, un collectif appelé “Ne tournons pas la page”. Ce collectif entendait précisément comme son nom l’indique continuer la lutte et interpeller les directions syndicales, pour les mettre face à leurs responsabilités et s’en faire la critique.

Et c’est précisément parce que le mouvement de cette fin d’été/début d’automne 2025, c’est-à-dire Indignons-nous – Bloquons tout, entend et essaye de trouver des voies nouvelles, d’expérimenter, en se faisant critique de la stratégie des directions de l’intersyndicale, au passé comme au présent, que nous avons choisi en cette journée de manifestation du 2 octobre, de vous faire écouter une rediffusion provenant de nos archives sur l’initiative du collectif “Ne tournons pas la page”.

Nous vous ferons ainsi tout d’abord la lecture du communiqué de l’inter-Assemblée “Organisons-nous” du mouvement Indignons nous – bloquons tout du 28 septembre dernier. Puis, en écho et pour parallèle, nous enchaînerons par la lecture du texte du collectif “Ne tournons pas la page”. Avant de vous faire écouter une sélection de l’archive proprement dite.

Nous vous annonçons par ailleurs que ce jeudi 2 octobre, à 19h devant l’institut du monde arabe (place Mohammed V/Rue des Fossés St-Bernard) aura lieu une assemblée générale afin de d’élaborer et de voter potentiellement la suite directe de cette journée de mobilisation. Entendez par là, la volonté de dépasser l’intersyndicale et la possibilité de la reconduction de grèves, comme de préparer une grève générale, ou toutes modalités d’actions que le mouvement se donnera lui-même, qui ne se limite pas à une seule journée, ni ne soit limité par les bureaucraties syndicales.

POUR UNE STRATÉGIE DU TRIPLE DÉBORDEMENT CE JEUDI 2 OCTOBRE !
Appel de l’inter AGs du mouvement “Indignons nous – bloquons tout” :

Travailleur.euses, paysan.nes, étudiant.es, citoyen.nes, chômeur.euses ou retraité.es,

Ce dimande 28, lors de la deuxième rencontre inter AGs du mouvement Indignons-nous Bloquons tout, la nécessité de déborder la stratégie perdante qu’essaye de nous imposer l’intersyndicale avec ses journées saute mouton s’est faite lourdement ressentir.

Elle s’est accompagné de différents témoignages au sujet de la journée de mobilisation du 18 septembre dernier appelée par l’intersyndicale qui a déçu beaucoup de militants pour son manque de vitalité en comparaison à l’émulation ressentie le 10 octobre.

Ce sentiment semble également partagé par le syndicat Solidaire qui a publié ces derniers jours des communiqués nous alertant sur le fait de ne pas reproduire les mêmes erreurs du passé. “N’attendons définitivement plus rien qui vienne d’en haut” pouvait-on y lire mais créons plutôt les conditions afin que les travailleurs reprennent en main le calendrier de leur lutte pour que “la rue l’emporte” !

Le syndicat FO s’est également targué de plusieurs communiqués cinglants insistants sur la nécessité de monter d’un cran dans le rapport de force avec le non-gouvernement Lecornu, notamment en réunissant les salariés pour discuter de la grève reconductible partout où c’est possible.

C’est pourquoi les participants de notre dernière rencontre nationale, provenant d’une quarantaine de villes différentes, ont décidé eux aussi de prendre les devant en lançant cet appel à proposer dans toutes nos assemblées durant la semaine qui vient pour une stratégie du triple débordement ce jeudi 2 octobre.

Premièrement : déborder les clous du cortège classique avec ce qui a fait désormais la marque de notre mouvement, c’est à dire l’action directe, les blocages et les manifs sauvages qui nous permettent d’agir collectivement et de surprendre nos adversaires.

Deuxièmement : déborder les mots d’ordre syndicaux avec nos slogans, nos banderoles, nos pancartes et si possible nos propres sonos pour exprimer notre colère qui s’adresse aussi au président Macron, à cette cinquième république pourrissante ou à cette classe médiatico-politique complice du génocide à Gaza.

Troisièmement : déborder enfin et surtout la stratégie de l’intersyndicale en organisant des Assemblées générales à l’issue des manifestions, pour construire ensemble nos propres perspectives, la suite d’un mouvement que nous avons initié et imposé à l’intersyndicale, notamment à travers la construction de la grève reconductible qui culminerait le 10 octobre, date anniversaire, pour un blocage total de l’économie.

Nous vous invitons donc vous, membres de ce si beau mouvement naissant, à diffuser cet appel lors de vos prochaines assemblées locales pour que ces dernières puissent s’en saisir si elles le souhaitent et décider elles-mêmes de ses modalités d’action pour participer à ce blocage général du pays.

La victoire est à portée de main si nous y mettons les forces nécessaires. Alors soyons créatifs et, combatifs, imprévisibles mais surtout soyons ingouvernables jusqu’à la victoire !

Cet appel est issu du groupe de travail “Débordons le 2 octobre !” de l’inter AGs du mouvement “Indignons nous – bloquons tout”.

Texte de Ne tournons pas la page de 2023

Adresse aux directions de la CGT, FO, SOLIDAIRES, FSU, CFDT, CFTC, UNSA, CFE-CGC :
NE TOURNONS PAS LA PAGE !
Mesdames, Messieurs,

Nous sommes mobilisés depuis plusieurs mois contre la loi Borne. En effet, le système des retraites par répartition étant à l’équilibre, et l’heure de travail en France étant parmi les plus productives au monde, il n’y a aucune raison acceptable de repousser de deux ans l’âge de départ à la retraite. Comme vous aujourd’hui, nous exigeons l’abrogation de la loi Borne.

Emmanuel Macron, ses ministres, ses députés, ses sénateurs, et de larges pans du patronat sont heureux que la loi ait enfin pu être promulguée. Ils veulent passer à autre chose, passer à d’autres « réformes », c’est-à-dire d’autres attaques contre les services publics, les travailleuses et travailleurs (en emploi ou non), et la jeunesse.
Par ailleurs, les candidats à la présidence du Medef réclament déjà « d’introduire une dose de capitalisation ». C’est bien la mise à mort du système par répartition qui est programmée.

À l’instar des millions de manifestantes et manifestants le 1ᵉʳ mai, de ceux qui depuis font grève dans leur entreprise, et de tous ceux qui casserolent chaque jour les représentants de Macron, nous, nous ne tournons pas la page.

Nous sommes pour la plupart syndiqués dans vos fédérations. Nous avons pour la plupart repris le travail. Nous entendons nos collègues nous dire que « faire grève ne sert à rien ». Nous pouvons les comprendre. Qui a envie de perdre du salaire « pour rien » ? Nous faisons aussi le constat que 14 journées de grève réparties sur 6 mois, de janvier à juin, est une tactique qui est loin d’avoir porté ses fruits.

Le pouvoir était beaucoup plus chancelant courant mars, lors de la grève reconductible de plusieurs secteurs (cheminots, raffineurs, énergéticiens, secteur des déchets…). Nous avons conscience, comme des millions de travailleuses et travailleurs en France, que nous devons arrêter le travail tous en même temps, pour véritablement bloquer le pays et avoir le rapport de force nécessaire pour obtenir l’abrogation de la loi Borne.

En tant que directions syndicales, vous avez le pouvoir d’appeler à la grève générale, de l’organiser et de la financer. Pas de fausse modestie entre nous. Il est insupportable d’entendre dire qu’il n’y a pas de bouton pour déclencher la grève générale, quand on voit avec quelle aisance on appuie sur le frein pour
empêcher le déferlement. Vous ne pouvez pas vous défausser de vos responsabilités sur le reste de la direction de votre confédération, ou sur vos fédérations.

Si nous perdons ce combat de civilisation, celui du travail contre le capital, celui du temps libre sur le temps contraint, vous serez les coupables tout désignés de cette défaite. Vos dizaines de milliers de nouveaux syndiqués ne seront bientôt plus qu’un lointain souvenir.

Nous vous demandons donc de prendre toutes vos responsabilités, et de vous engager par écrit à :
1 : Cesser toute rencontre avec Macron ou ses ministres. Ne pas « négocier » d’autres contre-réformes. Assumer la politique de la chaise vide. Arrêter d’être des « interlocuteurs responsables ». Vous gagnerez en crédibilité auprès des seules personnes qui comptent : les travailleuses et les travailleurs.
2 : Appeler à la grève générale, l’organiser, et la financer. Dans le cas contraire, nous en tirerons toutes les conséquences.

Les 80 ans de la Sécurité sociale

** NB 44223 **

Pour les 80 ans de la sécurité sociale, une journée de rencontres, débats et présentation de luttes est organisée de 9h30 à 18h30 à la Bourse du travail de Paris (salle hénaff ). Nous sommes donc ce jour en plateau avec Joëlle et Roger, (membre de l’assemblée des gilets jaunes de Paris sud et Belleville), afin de revenir sur l’histoire de la sécurité sociale et les différentes attaques qui ont déjà été menées à son encontre. Une occasion de revenir sur la nécessité de la défendre face aux différentes réformes budgétaires que l’état cherche à imposer malgré la gronde sociale de cette rentrée.

Abolition des Quartiers de lutte contre la criminalité organisée, des QHS et QI.

Le 29 avril 2025, la loi dite de lutte contre le narco trafic a été adoptée dans un silence effrayant et un consensus coupable. Cette loi calquée sur la loi antiterroriste permet de renforcer les pouvoirs de la police, de la justice et de l’administration pénitentiaire tout en restreignant ceux de la défense et des prisonniers. La loi fixe les conditions d’emprisonnement dans les Quartiers de lutte contre la criminalité organisée QLCO : les Quartiers de Haute Sécurité comme Condée sur Sarthe et Vendin-Le-Vieil voient leurs sécurités renforcées. Le gouvernement prévoit la construction de quatre à cinq établissements similaires d’ici à 2027.

Nous sommes allées rencontrer Maitre Benoit David, l’avocat de Rédoine Faïd actuellement emprisonné à Vendun-le-Vieil., qui a porté une plainte contre les conditions de détention inhumaine et dégradante de son client.

Une juge d’application des peines du tribunal de Béthune (Pas-de-Calais) qualifie les conditions de détention de Rédoine Faïd de “contraires à la dignité humaine” et demande à l’administration pénitentiaire d’y remédier d’ici au 28 juillet 2025. Dans cette ordonnance, la juge explique que Redoine Faïd affirme que ses conditions de détention “entraînent une détérioration de son état de santé physique et psychique causée par un isolement sensoriel et social”.

Depuis fin juillet 2025, 89 prisonniers ont été transférés à la prison de Vendun-le-Vieil, dans le nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée. Un mois à peine après son ouverture, les prisonniers qui y sont enfermés ont entamé des mouvements de protestation.

Après l’interview de maître Benoit David, vous pourrez entendre la lecture du témoignage glaçant de Redoine Faïd.

Reconnaissance sous conditions de l’Etat de Palestine

Le 22 septembre Emmanuel Macron, a annoncé reconnaître officiellement l’État de Palestine par la France. La veille, le Royaume-Uni, le Canada, le Portugal et l’Australie avaient fait de même. Durant la conférence des Etats Unis, la décision française a été suivie par celles de la Belgique, d’Andorre, de Malte, du Luxembourg, de Monaco et de Saint-Marin. Au total, en à peine deux jours, 11 pays occidentaux se sont ajoutés à la liste des 147 États qui reconnaissaient déjà la Palestine, soit l’immense majorité des 193 membres de l’organisation.la Déclaration des Nations Unies souligne leurs réelles intentions : désarmer et isoler le Hamas et ses alliés, les exclure de toute administration de Gaza avec comme perspective stratégique un micro-territoire démilitarisé, dépendant économiquement de l’occupant, digne d’un bantoustan  permettant de liquider les aspirations du peuple palestinien sur un territoire minuscule.

L’autorité palestinienne a accepté toutes les concessions en échange de la reconnaissance d’un État virtuel. Les responsables de l’Autorité palestinienne ont été les plus démonstratifs pour saluer cette vague de reconnaissances – ils y gagnent un pouvoir symbolique, alors que leur popularité est en berne depuis des années. Le modèle dit « à deux États » a mis sur le même plan occupant et occupé, effaçant le rapport de domination coloniale.

Mais nombreux sont ceux qui mettent en doute la solution à deux États. Certains militent pour un seul État, qui serait démocratique et laïc, qui accorderait les mêmes droits aux Palestinien·nes, qu’aux juifs et juives israélien·nes. Comme l’organisation One Democratic State Campaign (« Campagne pour un seul État démocratique »). Pour l’heure, personne ne semble vouloir penser à l’après, alors qu’un génocide détruit le peuple Palestinien. LÉtat est reconnu au milieu d’un génocide ? Pourquoi la priorité n’a t elle pas été d’arrêter le génocide ? 

Dans cette émission nous avons choisi de vous faire entendre des interviews de Dominique Eddé auteure de La mort est en train de changer, de Omar Alsoumi d’urgence Palestine, une intervention de Francesca Albanese lors de la fête de l’humanité et de Rami Abou Jamous journaliste palestinien.

Sur  les collines arides de Masafer Yatta, aux confins méridionaux de la Cisjordanie occupée, 1 200 Palestinien·nes sont menacé·es d’expulsion par Israël. En juillet, un colon y a tué, à bout portant, un militant pacifique, Odeh Hathalin, qui défendait son village. Ici comme dans le reste de la Cisjordanie, les Palestinien·nes sont seul·es. L’occupant, l’État israélien, protège ses propres citoyens qui les attaquent. L’Autorité palestinienne n’a aucun pouvoir d’intervention. Dans ces conditions, la reconnaissance d’un État palestinien entretient une fable sans lien avec leur réalité quotidienne.

« Vous reconnaissez l’État de Palestine au milieu d’un génocide ? Pourquoi votre priorité n’est pas d’arrêter le génocide ? », a réagi avec humeur le réalisateur palestinien Basel Adra, qui avait documenté le sort de sa région et de ses habitant·es dans le film No Other Land, coréalisé avec le journaliste israélien Yuval Abraham et récompensé par un Oscar en 2025.

« C’est bien de reconnaître un État de Palestine mais vous auriez dû le faire dans les années 1990, quand vous avez fait pression sur les Palestiniens pour qu’ils signent et acceptent les accords d’Oslo. Pas une fois qu’Israël a tué la solution à deux États », ajoute-t-il dans une interview vidéo avec le journaliste britannique Owen Jones, publiée après l’annonce de la Grande-Bretagne, le 21 septembre.

Consacrée notamment par les accords d’Oslo de 1993, censés ouvrir la voie à la création d’un État palestinien indépendant aux côtés d’un État israélien, la solution à deux États reste largement, aux yeux du monde, la « seule issue politique viable au conflit israélo-palestinien », comme le rappelait l’ONU en avril, mettant en garde contre sa « lente agonie ». Elle a connu un regain d’intérêt après que la France a reconnu l’État de Palestine le 22 septembre au siège de l’ONU, à New York, entraînant neuf autres pays dans son sillage.

« Ce qui manque à toutes ces reconnaissances, c’est une stratégie internationale pour mettre fin à l’occupation israélienne, juge l’analyste palestinien Khalil Shaheen, du centre de recherche Masarat, à Ramallah. Si on ne stoppe pas l’occupation, la colonisation et la guerre d’extermination [israéliennes], il ne peut y avoir d’État palestinien. » Les citoyen·nes israélien·nes devraient payer un prix exorbitant pour la poursuite des crimes de leur gouvernement, afin d’être poussés à demander que cela cesse, affirme l’expert palestinien, qui évoque des sanctions économiques contre Israël ou des campagnes de boycott.

En Cisjordanie, une dépossession silencieuse

24 septembre 2025

Le modèle dit « à deux États » a mis sur le même plan occupant et occupé, effaçant le rapport de domination coloniale. C’est « une des plus grandes erreurs des efforts passés pour faire la paix, constate Mustafa Barghouti, fondateur et dirigeant de l’Initiative nationale palestinienne, dans une tribune publiée le 22 septembre dans le New York TimesL’inégalité de pouvoir entre les Israéliens et les Palestiniens doit être reconnue» Il prévient : « Aucune des deux parties ne connaîtra la sécurité si les causes profondes de l’injustice ne sont pas traitées », plaidant pour un nouveau paradigme.

Sur le terrain, Israël a déjà avancé son propre modèle : un État à majorité juive, de la mer Méditerranée au Jourdain. Des ministres israélien·nes évoquent ouvertement des transferts de la population gazaouie hors de la petite bande côtière, alors que la campagne génocidaire de leur armée a rendu l’enclave largement inhabitable. En Cisjordanie, les violences des colons et les offensives militaires israéliennes contre des camps de réfugié·es du nord du territoire ont également changé en profondeur les dynamiques démographiques d’une partie de ces terres.

Comment vivre ensemble ? 

Depuis Haïfa, dans le nord d’Israël, Awad Abdelfattah milite lui aussi pour un seul État, mais qui serait démocratique et accorderait les mêmes droits aux Palestinien·nes, comme lui, qu’aux juifs et juives israélien·nes. Ce coordinateur de l’organisation One Democratic State Campaign (« Campagne pour un seul État démocratique ») est l’ancien secrétaire général du parti nationaliste palestinien Balad en Israël. Un État palestinien excluant de facto de leur droit à l’autodétermination les citoyen·nes palestinien·nes d’Israël comme lui.

Awad Abdelfattah ne balaie pas d’un revers de main cette vague de reconnaissances : elle est le marqueur, dit-il, du retour de « la cause palestinienne sur la scène mondiale ». Il s’oppose à une séparation, qu’il juge dangereuse : « Cela va créer de nouvelles racines pour un conflit. » Et, en l’état, cette solution sert surtout de « couverture pour perpétuer le génocide » à Gaza, dénonce-t-il. « Surtout qu’à aucun moment, on ne définit ce qu’est cet État. Où est-il établi ? Bénéficie-t-il d’une pleine souveraineté ? »

Face à l’annihilation de Gaza, l’ancien dirigeant politique a vu émerger une nouvelle génération, « très en colère », qui ne veut plus voir les Israélien·nes : elle rêve d’une solution à l’algérienne, soit l’expulsion de ceux considérés comme les colons de tout le territoire entre la mer et le Jourdain. Lui, au contraire, pense qu’il faut bâtir un avenir en commun.

Son point de vue est encore minoritaire, concède-t-il, invoquant lui aussi le modèle de l’Afrique du Sud. La route est encore longue, les haines tenaces. « En tant que Palestiniens, nous à l’intérieur d’Israël, c’est vrai que [les Israéliens] ne nous supportent pas et nous non plus. On a des difficultés à s’entendre, rapporte Awad Abdelfattah. La société israélienne est devenue barbare. Mais on ne voit pas d’autre solution, on a besoin d’un État démocratique, une solution au conflit qui délivre aussi les juifs du racisme et du fascisme – en plus de libérer les Palestiniens. »

Clothilde Mraffko


La reconnaissance de l’État palestinien : une manœuvre contre le peuple palestinien

21 septembre 2025 , Par Tom Martin

Ce lundi 22 septembre 2025, Emmanuel Macron et d’autres chefs d’État doivent annoncer lors de l’Assemblée générale des Nations unies la reconnaissance officielle de « l’État de Palestine ».

Du Parti Socialiste à une large partie de la gauche dite « radicale » en passant par Alain Finkielkraut, cette reconnaissance est largement soutenue en France. A cette occasion, une partie du mouvement de solidarité avec la Palestine ressuscite ladite « solution à deux États » et les incantations à la paix alors que Gaza City est sous le feu de l’artillerie israélienne.

Mais de quoi parle-ton ? Est-ce que tout ceci répond aux exigences anticolonialistes que nous devons porter en faveur du peuple palestinien qui fait face à un terrible génocide depuis près de deux ans ?

Qu’est-ce que « l’État palestinien » ?

En 1964, l’Organisation de Libération de la Palestine déclare dans sa charte lors du premier Conseil national palestinien : « La Palestine avec ses frontières de l’époque du mandat britannique constitue une unité régionale indivisible. »

A sa suite, l’ensemble du mouvement national palestinien moderne a défendu la perspective de la libération de toute la Palestine de la mer au Jourdain avec Al Qods comme capitale. Des organisations telles que le Fatah et le Front Populaire de Libération de la Palestine [FPLP] ont publié d’innombrables textes d’orientation politique définissant cette perspective stratégique, à l’image de La révolution palestinienne et les juifs du Fatah en 1970 ou Rien n’est plus précieux que la liberté de George Habash, cofondateur du FPLP.

Depuis le programme en 10 points de 1974 jusqu’à la déclaration d’indépendance de la Palestine à Alger en 1988, la direction du Fatah incarnée par Yasser Arafat a pris un autre chemin en imposant une stratégie diplomatique autour de la perspective de la défense de la « solution à deux États » et la reconnaissance implicite puis explicite de l’État sioniste.

En d’autres termes, la défense d’une entité palestinienne en Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, c’est-à-dire à peine 22% de la Palestine historique…

Cette stratégie a atteint son paroxysme avec la signature des accords d’Oslo en 1993 qui ont entériné la trahison des positions historiques du mouvement national palestinien, en premier lieu desquelles la défense du droit au retour des réfugiés palestiniens et la libération de toute la Palestine.

Trente ans plus tard, le bilan est sans appel. La colonisation sioniste de la Palestine s’est poursuivie inlassablement de la mer au Jourdain. L’Autorité Palestinienne qui était censée être la structure pour administrer ce nouvel « État » ne l’a nullement empêché, au contraire. Elle s’est révélée être l’instrument d’une bourgeoisie compradore [2] complètement soumise aux intérêts de l’impérialisme et du sionisme.

Reconnaître « l’État palestinien », le mirage des accords d’Oslo

Alors que le génocide se poursuit dans la bande de Gaza depuis quasiment 2 ans, on voit se développer les mots d’ordre autour de « la reconnaissance de l’État palestinien » dans plusieurs pays occidentaux, allant même jusqu’à être soutenu par plusieurs gouvernements. Même si à première vue cela pourrait paraître avoir une portée symbolique positive, tant le gouvernement israélien actuel est radicalisé, cette perspective n’est rien d’autre qu’un outil pour imposer à nouveau l’horizon de la stratégie de « la solution à deux États ».

Mais les droits nationaux et sociaux du peuple palestinien, tels que le droit au retour des réfugiés, ne seraient pas renforcés par cette reconnaissance. Au contraire, elle ne ferait que justifier et normaliser une fois de plus la division de la Palestine et la colonisation sioniste.

« Les efforts visant à rechercher la reconnaissance diplomatique d’un État palestinien imaginaire sur une fraction de la Palestine historique sont une stratégie de désespoir de la part d’une direction palestinienne qui est à court d’options, a perdu sa légitimité et est devenue un obstacle sérieux sur la voie du rétablissement de ses droits par les Palestiniens » rappelle le journaliste palestinien Ali Abunimah dans un article paru sur Al Jazeera en 2011.

En réalité, cette reconnaissance n’est même pas un geste dit symbolique et ne sert qu’à offrir une issue politique afin de garantir les intérêts et la pérennité d’Israël profondément fragilisés par sa politique génocidaire.

En ce sens, Abdallah Silawi de Boussole Palestine a interpellé le mouvement de solidarité avec la Palestine en soulignant que « reconnaître un micro État palestinien et cibler Netanyahu sont deux stratégies aboutissant à contenir notre mouvement, à préserver les intérêts sionistes et maintenir l’hégémonie occidentale ».

« Proposer « l’État palestinien » en ce moment et de cette manière vise à isoler sérieusement la résistance et à saper sa base populaire de masse. C’est le moyen d’imposer la reddition au peuple palestinien, car une telle capitulation ne peut être imposée tant que le mouvement de résistance est capable de maintenir sa position de seul représentant de sa volonté » déclare l’écrivain et révolutionnaire palestinien Ghassan Kanafani en 1971 au lendemain de la défaite de Septembre Noir. Un commentaire qui résonne avec la séquence actuelle.

La France et l’Arabie Saoudite contre le peuple palestinien

Aujourd’hui, l’opération génocidaire impérialo-sioniste à Gaza se poursuit mais n’a toujours pas réussi à imposer la complète capitulation aux organisations qui s’y opposent dans l’ensemble du Monde Arabe.

Dans ce contexte, on voit émerger des contradictions inter-impérialistes à propos de leurs objectifs tactiques à court et moyen terme.

D’un côté, le bloc États-Unis/Israël considère que la reddition palestinienne passe par l’intensification de l’offensive génocidaire à Gaza en utilisant tous les moyens à sa disposition. Cela a pour effet de provoquer un certain isolement avec ses propres alliés, comme en témoigne les réactions occidentales qui ont « dénoncé » en parole le lancement de l’opération terrestre à Gaza City en septembre 2025.

De l’autre, le rôle de l’impérialisme français et des régimes réactionnaires arabes, et à sa tête l’Arabie Saoudite, qui tentent d’imposer une voie alternative en faisant la promotion d’une issue diplomatique visant à liquider la cause palestinienne.

C’est comme cela qu’il faut comprendre la séquence ouverte par ladite reconnaissance de l’Etat palestinien et les annonces attendues la semaine prochaine. Cette reconnaissance n’est pas la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple palestinien sur sa terre. Elle n’est que la reconnaissance de l’exercice du pouvoir de l’Autorité Palestinienne sur 22% de la Palestine historique (et en réalité à peine 10%).

Par ailleurs, ce projet insiste sur la volonté d’imposer la gestion des territoires palestiniens à une frange de la bourgeoisie compradore palestinienne et arabe, mais aussi généraliser la normalisation dans la droite ligne des Accords d’Abraham de 2020.

En ce sens, la Déclaration des Nations Unies votée par 140 pays le 12 septembre dernier à New-York souligne leurs réelles intentions : désarmer et isoler le Hamas et ses alliés, les exclure de toute administration de Gaza avec comme perspective stratégique un micro-territoire démilitarisé, dépendant économiquement de l’occupant, digne d’un bantoustan [1] permettant de liquider les aspirations du peuple palestinien.

Le fait que les États-Unis, Israel et leurs alliés s’y soient opposés soulignent seulement leur désaccord tactique sur les moyens à utiliser pour éradiquer la cause palestinienne.

En réalité, la prétendue « solution à deux États » ne vise qu’à légitimer et garantir la stabilité de l’entité sioniste et abandonner les droits nationaux du peuple palestinien (avec en premier lieu le droit au retour) en échange d’une entité palestinienne démembrée sur les dernières îles assiégées de Cisjordanie et de Gaza soumises à la domination impérialiste.

En ce sens, l’Autorité Palestinienne est à rejeter fermement (ainsi que ses relais locaux en France autour de la prétendue ambassadrice de Palestine). Cette « autorité » a multiplié ces derniers mois les attaques contre le peuple palestinien et ses organisations dans le but d’accompagner le projet de liquidation voulu par les occidentaux.

Cela passe évidemment par sa coordination sécuritaire en Cisjordanie et son accompagnement de la plus grande offensive de contre-insurrection depuis plus de 20 ans dans la zone (notamment à travers la destruction des camps de réfugiés) mais aussi en annulant le versement d’allocations pour 1612 familles de prisonniers palestiniens ou encore en soutenant le projet de désarmement des camps palestiniens au Liban.

Face à la confusion ambiante, il faut sans cesse rappeler que dans une lutte de libération nationale il n’y a que deux voies : la résistance ou la capitulation. La « reconnaissance de l’État de Palestinien » est définitivement une expression capitularde qu’il s’agit de démasquer et de combattre.

Soutenir la libération de la Palestine de la mer au Jourdain

Plutôt que de demander aux puissances occidentales, co-responsables de l’occupation de la Palestine, la reconnaissance d’un bantoustan, nous devons nous mobiliser pour défendre la perspective de la libération totale des terres palestiniennes de la mer au Jourdain.

Cela passe par affirmer la centralité politique de la résistance du peuple palestinien dans sa lutte contre plus de 76 ans de colonisation de peuplement. Les luttes victorieuses des peuples algérien ou haïtien nous permettent de comprendre que cette perspective est possible.

En ce sens, il est plus que jamais nécessaire de participer à la mobilisation mondiale qui vise à délégitimer l’État d’Israël en tant que projet colonial et ainsi se mobiliser pour l’isoler sur la scène internationale. « Ce qu’ils doivent faire, c’est non pas reconnaître un État palestinien, mais retirer leur reconnaissance d’Israël. C’est la seule façon d’aboutir à un résultat antiraciste et démocratique décolonisé », résume l’universitaire palestinien Joseph Massad.

Pour cela, il faut affirmer que les États impérialistes feront toujours partie du problème et jamais de la solution. De la déclaration Balfour de 1917 jusqu’à l’armement du génocide à Gaza aujourd’hui, ils ont toujours soutenu l’État sioniste pour ce qu’il est : la base avancée de leurs intérêts dans la région.

Au contraire, nous devons relayer et soutenir l’aspiration du peuple palestinien à la libération totale de sa terre tel qu’il l’a exprimé par plus de 100 ans de résistance contre l’impérialisme et le sionisme et enterrer définitivement la voie d’Oslo et de ses conséquences funestes

Projection-débat : Médiatiser nos combats, nourrir nos luttes avec le Chaud bouillon et l’Actualité des luttes

Dans l’émission de ce jour vous entendrez les échanges qui ont suivi la projection du documentaire “Jojo des luttes” réalisé par Tomislav Jancar à la Pagaille, à Ivry-sur-Seine le 20 septembre dernier. A cette occasion avait eu lieu un repas de soutien pour notre émission, l’Actualité des luttes, par la cantine du Chaud Bouillon, qui figurait également parmi les interlocuteurs des échanges qui ont suivi. La discussion portait sur le thème “Des radios associatives et des cantines solidaires pour renforcer nos luttes ?”

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