UKRAINE: à la croisée des chemins

L’Ukraine, qui comptait 50 millions d’habitants à la fin du XXe siècle, n’en comptait qu’un peu plus d’une trentaine à la fin de l’année 2023. Depuis l’invasion à grande échelle des forces armées de Vladimir Poutine en février 2022, 6,4 millions de personnes se sont réfugiées à l’étranger et 4 millions d’entre elles sont déplacées : un exode supérieur en nombre à celui de mai-juin 1940 en France.

Depuis cette date, des dizaines de millions d’obus, (dont 3 à 5 millions d’origine nord-coréenne), 13 000 drones (dont plus de 2000 Shahed), 10 000 missiles (dont 1600 venus de Corée du Nord) et plus de 30 000 bombes planantes guidées (qui peuvent peser jusqu’à trois tonnes), ont été envoyés sur le territoire ukrainien,
sans parler des bombes au phosphore et des bombes thermobariques.

La vie de millions d’Ukrainiens a été dévastée jour après jour, nuit après nuit par cette guerre industrielle, totale et à caractère génocidaire menée contre cette population, sa culture, son histoire et qui lutte une fois encore pour sa survie. À l’automne 2024, les victimes civiles et militaires des deux bords atteignaient le nombre d’UN MILLION.

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’actualité des luttes reçoit aujourd’hui Jean-Marc Royer qui, dans ses carnets de guerre, raconte et analyse, de par ses voyages fréquents en Ukraine, l’invasion à grande échelle de 2022, et ses conséquences en Europe. Nous avons abordé les récents évènements sur le terrain (bombardements russes et reculs de l’armée ukrainienne dans l’est) les manquements de l’aide occidentale et la faillite intellectuelle de la gauche européenne.

Manifestation contre la tenue du Gala Israël is Forever

Le 13 novembre dernier a eu lieu, à Paris, un gala organisé par l’association Israël Is Forever, avec comme objectif la « mobilisation des forces francophones sionistes au service de la puissance et de l’histoire d’Israël ».

Nili Kupfer-Naouri, présidente de l’association Israël Is Forever, organisatrice du gala, est une avocate ayant les nationalités française et israélienne qui tient publiquement des propos qui s’apparentent à de l’apologie de crimes de guerre. Parmi ses nombreuses déclarations, citons : « Il n’y a pas de population civile innocente à Gaza » ou : « Qu’il ne reste plus rien de Gaza et qu’on [peut] y installer une grande hityashvut, une grande réimplantation juive ». À l’origine, l’invité vedette de ce gala devait être Bezalel Smotrich, le ministre israélien des Finances et le ministre exerçant la tutelle sur la Cisjordanie occupée. Habitant dans une colonie et se revendiquant lui-même « fasciste », Smotrich incarne la figure du sionisme religieux le plus fanatique. Depuis son entrée au gouvernement le 29 décembre 2022, le nombre de colonies et les hectares de terres confisqués par Israël ont augmenté dans des proportions jamais vues depuis les accords d’Oslo.

Face à la complicité de l’état quant à la tenue de cet événement, une manifestation était appelée au départ de la gare Saint-Lazare. Nous vous diffusons aujourd’hui un montage réalisé à partir des prises de paroles enregistrées lors de cette mobilisation. Nous terminerons l’émission avec un court montage réalisé sur la tenue du match France Israël du lendemain.

DES MÉDIAS INDÉPENDANTS A L’ÉCOUTE DES LUTTES

LA CHAPELLE – RUE Danielle Casanova – Photo des années 1990 !

Maintenir et Créer des espaces d’information, de rencontre, d’organisation. Pour commencer cette émission, nous allons faire un point sur la pérennité des radios libres. En effet

Dans un premier temps, nous avons appris que le gouvernement par l’intermédiaire de sa ministre reconduite Rachida Dati prévoyait d’amputer de 29 % les aides au Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER) qui permet aux radios associatives de garder la tête hors de l’eau. Cette annonce retoquée risquait de détruire une expérience riche de plus de quarante ans. Mais ne nous réjouissons pas trop vite

En 1980, le gouvernement légalise l’existence des radios. Créé en 1982, le FSER permet à environ sept cent cinquante radios associatives locales réparties sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones rurales, de montagne, urbaines et périurbaines, de donner un espace d’expression aux différents courants socioculturels. Nos radios fonctionnent sur un modèle à but non lucratif. Elles soutiennent les artistes locaux, encouragent le développement des initiatives territoriales. Par cette décision inique, le gouvernement voulait éliminer des centaines de radios libres qui déjà peine à survivre sans publicité.

Depuis plus de trente ans, FPP avec ses 80 émissions originales, ses centaines d’animateurs et animatrices, ses nombreux invités, déploie ses programmes 24/24 sur les ondes du 106.3 FM pour porter la voix des sans voix, celle des grévistes, des manifestants, des enfermés, contre l’exploitation, le racisme, pour l’égalité et la liberté de choix sexuel. FPP est une radio des luttes dans la pluralité de ses expressions, culturelle, politique et communautaire.
 

Les gouvernements, mandature après mandature, ont déjà réduit les aides publiques du secteur associatif indépendant. Les subventions sont conditionnées à des appels à projet qui sont autant de moyens de domestiquer nos activités. Depuis notre création, nous avons vu nos moyens financiers fondrent et notre activité sans cesse menacée.   
   

Dans un monde où les médias sont assujettis au pouvoir de l’argent débitant à longueur de colonnes, d’images et d’ondes la rengaine du libéralisme, nous continuons de penser que la radio, média populaire et non traçable doit continuer à jouer un rôle dans l’expression de ceux et celles qui ne l’ont pas et dans l’extension des luttes comme elle l’a déjà fait au cours de l’histoire. Hier comme aujourd’hui, conserver des espaces d’expressions critiques, et d’informations indépendantes du pouvoir est essentiel.

Dati, après avoir reculée face aux contestations, a repris au vol une proposition de Philippe Ballard. Le député RN de l’Oise qui a proposé de faire le ménage dans les radios associatives. « Dans ce monde cohabitent des stations tout à fait honorables et nécessitants un soutien, mais aussi d’autres qui peuvent tenir à l’antenne des propos hors du champ républicain. Il serait nécessaire de faire le tri et d’attribuer les subventions sur des critères plus solides » ? A l’en croire seul les médias soumis pourraient bénéficier des mânes des seigneurs aux pouvoirs.

Nous ne nous laisserons pas réduire au silence sans réagir.
Nous souhaitons par ce texte inviter tous les passionnées de radios, animateurs, à se rencontrer pour réfléchir et anticiper une riposte aux attaques qui nous sont faites.

L’actualité des luttes pour FPP

Et si nous doutions encore de la nécessité de multiplier les canaux d’information indépendants des puissances financière nous vous proposons d’écouter le Canard réfractaire hébergé sur YouTube qui revient sur un mensonge énorme, une falsification des faits insupportable, des mots indécents utilisés, nous voulons parler de la médiatisation des heurts provoqués par les hooligans israéliens lors du match de foot Ajax d’Amsterdam / Tel-Aviv à Amsterdam.

Outre les espaces d’information indépendants, il faut également construire des espaces ouverts. C’est ce que propose un collectif Toulousain qui lance une cagnotte pour acquérir un lieu « la Chapelle ». Dans cette partie d’émission, nous entendrons un entretien réalisé avec un membre du collectif la Chapelle, qui nous parlera de l’histoire de cette lutte.

Nous ne pouvons pas finir cette émission sans vous parler de la manifestation qui s’est déroulée à Paris le 10 novembre. Manifestation gigantesque pour revendiquer l’arrêt de la profitation dans les territoires d’outre-mer.

AISDPK: le colonialisme français en Kanaky

Le 19 octobre, se sont déroulées deux tables rondes sur l’actualité du colonialisme français, au Centre International des cultures populaires et organisé par Association information et soutien aux droits du peuple Kanak. Aujourd’hui, nous vous diffusons le montage de la première, qui concernait la situation en Kanaky avec Daniel Wéa, président du Mouvement des Kanaks en France ; Isabelle Leblic, anthropologue et coprésidente de l’Association Information et soutien aux droits du peuple kanak (AISDPK) ; Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’Homme, Benoit Trépied anthropologue spécialiste du droit Kanack Animateur : Mehdi Lallaoui, coprésident de l’AISDPK.

En effet, depuis décembre 2021, le gouvernement Macron a choisi son camp en prenant parti ouvertement pour les loyalistes. Il a préparé et présenté la loi constitutionnelle envisageant d’élargir le corps électoral en Nouvelle-Calédonie pour minoriser les Kanak sur leur territoire. Les indépendantistes ont d’abord commencé par se mobiliser pacifiquement depuis le mois d’octobre 2023 avec la création de la CCAT (Cellule de coordination des actions de terrain). Le vote de cette loi le 13 mai 2024 et la perspective de la réunion du congrès à Versailles fin juin 2024 ont mis le feu aux poudres. Macron en avait allumé la mèche.

Le pays est en révolte et les milices loyalistes marchent aux côtés des forces de l’ordre de l’État français pour réprimer et assassiner les militants indépendantistes, au premier rang desquels se trouvent les Kanak, peuple colonisé.

Depuis le 12 mai, l’État français mène une politique de criminalisation de l’action politique kanak. Il y a une moins une dizaine de personnes décédées, 1 260 gardes à vue, 210 déferrements, 93 incarcérations, plus de 340 interpellations en justice, et plus de 260 mesures de travail alternatif. Et les interpellations continuent.

Onze responsables de la CCAT ont été arrêtés et incarcérés. Sept d’entre eux, 2 femmes et 5 hommes, viennent de passer devant la justice calédonienne et ont été immédiatement déportés vers les prisons françaises. Cette déportation est contraire aux droits démocratiques garantis par la convention européenne des droits de l’Homme.
Afin de les isoler, l’État français a dispersé ces sept militants aux quatre coins de la France, à 17 000 kilomètres de leur famille :
– Mulhouse pour M. Christian TEIN
– Dijon pour Mme Brenda WANABO IPEZE
– Bourges pour M. Guillaume VAMA
– Blois pour M. Steeve UNË
– Nevers pour M. Yewa WAETHEANE
– Villefranche-sur-Saône pour M. Dimitri QENEGEI
– Riom pour Mme Frédérique MULIAVA


Mais qu’en est-il des loyalistes assassins des militants kanak à proximité des barrages? Pas de déportation vers les prisons françaises en tout cas… si jamais incarcération il y eut en Nouvelle-Calédonie.

Palestine Liban un destin commun

Le 6 novembre 2024 s’est tenue à la parole errante à Montreuil, une réunion publique, dans le contexte de la guerre sans fin mené par l’armée israélienne à Gaza et l’ouverture d’un nouveau front au Liban, les collectifs Urgence Palestine 20, Samidoun et la Campagne unitaire pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, était à l’initiative de cette rencontre.

Y fut abordée la dimension géopolitique actuelle, la tentative d’invasion du Liban, les forces en présence, l’histoire des résistances palestiniennes et libanaises, ainsi que le rôle central des prisons dans l’oppression coloniale israélienne.

Avec les interventions de : Soha BECHARA : résistante communiste libanaise, Salah HAMMOURI, avocat franco-palestinien, ainsi qu’une militante de la Campagne unitaire pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah.

Dans l’émission de ce jour, Nous vous donnons à entendre le montage d’une grande partie des interventions.

Du Cameroun à la “Dynamique Unitaire Panafricaine”

Dans cette émission du vendredi 8 novembre 2024, nous avons reçu Augusta Epanya.  Cette militante Franco-Camerounaise est investie depuis plusieurs décennies au sein de l’UPC (Union des Populations du Cameroun), organisation qui lutte contre la politique impérialiste du président Paul Biya.  Elle est également pleinement investie au sein de Dynamique Unitaire Panafricaine, qui lutte pour la souveraineté et l’unité politique du continent, afin de répondre aux aspirations des peuples africains. 

Lors de cette émission, nous avons pu évoquer la lutte contre le régime de Paul Biya, le rôle oppresseur de la France vis-à-vis de ses anciennes colonies, ou encore la nécessité d’une alternative révolutionnaire et anti-impérialiste pour créer des sociétés au service des peuples. 

C’est d’ailleurs avec cette organisation qu’elle s’est rendue au Sénégal du 24 au 28 octobre dernier dans le cadre de la Plateforme Mondiale Anti-Impérialiste, ou des organisations anti-impérialistes du monde entier se sont réunies pour créer une dynamique commune. 

Barbarie numérique, une autre histoire du monde connecté

Dans l’émission de ce vendredi 18 octobre 2024, il sera question du numérique et plus particulièrement de l’articulation du capitalisme et de l’extractivisme à travers l’exemple de la République Démocratique du Congo et de la région des Grands Lacs. En effet, à partir des années 1990, l’explosion de la production de biens électroniques, caractéristique du passage du capitalisme à son stade numérique, déclenche une guerre des métaux technologiques au Congo qui n’a fait que gagner en intensité depuis lors.
Le 8 octobre 2024 dernier, la librairie Quilombo, en partenariat avec l’association Survie Paris, a invité Fabien Lebrun pour en discuter, à travers la présentation de son nouvel ouvrage, une enquête intitulée Barbarie numérique, une autre histoire du monde connecté, aux Éditions L’échappée.

Palestine : 1 an de Génocide -Manifestation du 05 octobre 2024

©Olivier Donnars / Le Pictorium/MAXPPP –

Dans l’émission d’aujourd’hui, nous vous diffusons une partie des prise de paroles réalisées lors de la manifestation en soutien à la résistance du peuple palestinien du 05 octobre 2024 à Paris. Ces prises de paroles sont montées avec des extraits de l’émission Israël Palestine : un naufrage médiatique sans précédent, réalisé par Blast.

Du pain et des parpaings: De l’eau jaillit le feu

Dans l’émission de ce jour, nous vous diffusons une émission de radio Pikez, du pain et des parpaings de septembre 2024.

Du pain et des parpaings, une série d’émissions mensuelle sur les luttes contre l’accaparement des terres, la gentrification, l’agro-industrie, le capitalisme vert, le pourrissement des écosystèmes, le colonialisme, l’extractivisme des corps et des matières, le tout principalement en Bretagne, mais pas que. Parce que les luttes ne sont pas que locales, elles s’insèrent le plus souvent dans un système économique et politique global, délétère et injuste.

Pour entamer avec élan la 3ᵉ saison de l’émission Du pain et des parpaings, nous commençons par un retour sur 6 jours de mobilisation estivale, festive et déterminée : le Village de l’eau du 16 au 21 juillet 2024 à Melle dans les Deux-Sèvres.

Notre envoyée archi-spéciale nous raconte son expérience, tend son micro aux participant.es, capte les sons d’ambiances et les conférences. On y entend aussi des extraits de documentaires ou radio éphémère montée pour l’occasion. Ça parle de l’organisation du village, d’une logistique au cordeau, des forces de l’ordre toujours présentes, on navigue entre les nombreuses tables rondes, mobilisations locales et internationalisme des luttes.

On se laisse porter par l’énergie des manifestations et des actions, les vibrations des fanfares et des chorales. De l’eau, encore des logiques d’accaparement, toujours des résistances collectives !

Ressources :

Zoom Écologie Hydre : la fabrique d’un réseau de luttes pour l’eau
La Clé des Ondes « Contre l’accaparement et pour les biens communs de l’eau »
La guerre de l’eau, France Culture, La Série Documentaire
Reporterre : fiction « La révolution, c’est de l’eau » de Wendy Delorme
Arrêté du 17.07.2024 allégeant les contraintes réglementaires pour la construction de plans d’eau de moins d’un hectare dans les zones humides
Traversée des luttes de l’eau septembre 2024

Sons et vidéos :

Megaradio 2024, le podcast de la megaradio, radio éphémère de lutte au village de l’eau de Melle en juillet 2024
Stop Méga-bassines, le procès fictif organisé par les scientifiques en rébellion
Le port, le pont et les paysan·nes, documentaire de Bassines Non Merci
Trip à Sainte Soline de Claire Kachkouch Soussi

Musiques :

« Aguacerito » de Muiska
« Freinage d’urgence » instru d’un appel à la lutte contre la LGV Toulouse-Bordeaux
« Panorama du micro-monde » de Mayeul Irlinger
« Tartunta » de Toinen Luonto

Contact : documentairesradio@riseup.net

PALESTINE : 1 AN DE GENOCIDE

En cette émission du 07 octobre, nous traiterons de la question Palestinienne en direct avec Matteo et Jean, afin de revenir sur la chronologie des événements de cette dernière année, mais aussi, afin de mieux comprendre le contexte dans lequel se sont déclenchées les attaques du 07 octobre 2023. Nous vous diffusons aussi quelques extraits de la manifestation du 05 octobre 2024 à Paris.

Lutte internationale contre le racisme et le fascisme

La MARCHE DES SOLIDARITÉS a organisé en région parisienne un week-end de discussions qui a rassemblé, samedi 28 et dimanche 29 septembre, 200 personnes représentant différents collectifs, réseaux et organisations de Paris et sa région, de Marseille, Rennes, Brest etc. Le dimanche 29 septembre avait lieu une discussion intitulée “situation internationale et développement de la lutte internationale contre le racisme et le fascisme”, en perspective d’une journée internationale de manifestation le 22 mars 2025, à l’AERI 57 rue Étienne Marcel à Montreuil. Cette discussion que nous vous diffusons aujourd’hui réunie les intervention de Keerfa ( Gréce), la CISPM ( coalition internationale des sans papiers et migrant.e.s) pour l’Italie, le réseaux Alarm Phone, Urgence Palestine et Stand up to racism ( Grande Bretagne).


GAZA : Comment faire disparaître 2 millions de palestiniens.

Nous diffusons aujourd’hui une interview réalisée par BLAST qui invitait Alain Gresh, ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique et aujourd’hui d’Orient XXI qui a publié « Palestine, un peuple qui ne veut pas mourir » (Les Liens qui Libèrent), livre écrit dans l’urgence avec un besoin vital de mise en perspective.

Denis Robert le reçoit pour un zoom arrière guerrier, combatif, décalé (par rapport à l’actualité) et vivifiant sur le conflit (terme neutre) entre israéliens et palestiniens. Chaque mot compte en ce moment et c’est la première vertu de cet échange spontané, lucide, voire lumineux autour de Gaza, des horreurs de Gaza, de ce moment d’histoire qui pourrait faire basculer la planète. La peur est-elle le moteur de cette haine entre deux peuples ? Comment expliquer la barbarie ? Quelle est la réalité chiffrée du 7 octobre ? Quelle issue pour les Gazaouis ? Comment comprendre la faiblesse et l’absence de compassion des médias français à l’égard des palestiniens enfermés à Gaza ? Qui est Olivier Rafowicz ? Pourquoi Caroline Fourest et David Pujadas sont-ils si nuls ? Le Hamas est-il le parti du Diable ? Bibi peut-il tenir ? Biden va-t-il continuer à vendre ses armes à Tsahal ? La judéité est-elle compatible avec l’État d’Israël ? Comment et vers où se projeter ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles cet échange cherche à répondre.

Pour ceux qui traquent des références et des articles à lire pour nourrir ces réflexions, connectez-vous sur le site de Blast ou sur celui Orient XXI. On essaie d’informer sans haine, sans passion excessive et en toute indépendance (de corps et d’esprit).

Journaliste : Denis Robert, Maxime Cochelin
Montage : Alexandre Cassier
Son : Baptiste Veilhan
Graphisme : Morgane Sabouret, Diane Lataste
Production : Hicham Tragha
Directeur des programmes : Mathias Enthoven
Rédaction en chef : Soumaya Benaïssa
Directeur de la publication : Denis Robert

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RETOUR SUR LA SITUATION EN KANAKY

Conséquence logique du sabotage méthodique du processus de décolonisation par l’État français, l’heure est à l’affrontement en Kanaky-Nouvelle Calédonie, qui a déjà fait plusieurs morts. Il est urgent de dénoncer la responsabilité première de la politique coloniale française, des colons sur place, de s’opposer à la menace qui plane sur les indépendantistes et la CCAT (Cellule de coordination des actions sur le terrain) en particulier et de soutenir la lutte légitime du peuple Kanak.

Depuis mai 2024, plus d’un millier d’arrestations, neuf morts «officielles» Kanak, des dizaines de disparuEs et des centaines de blesséEs, couvre-feu, envoi de plus de 4 000 militaires et policiers : la répression se déchaine en Kanaky, surtout dans les quartiers populaires de Nouméa.

Des milices composées de colons racistes qui, sous prétexte d’autodéfense, se livrent à des ratonnades et des assassinats et tirs contre la population, particulièrement sur la jeunesse. Avec l’appui des élus de la droite locale.

Pour cette émission de rentrée, nous revenons sur la situation en Kanaky/Nouvelle-Calédonie. Nous commencerons avec un entretien réalisé ce jour avec Rock Haocas, Le 3ᵉ vice-président de l’Union syndicale des travailleurs kanaks et exploités (Ustke) qui nous parle de la gréve d’une usine d’exploitation de nickel.

Ensuite, nous serons de retour en plateau avec Christian, membre du mouvement des Kanaks en France. En sa compagnie, nous parlerons de la suite des diverses répressions liées au dégel du corps électoral et de la commémoration, le 24 septembre prochain, du 171ᵉ anniversaire du rattachement de la Nouvelle-Calédonie a la métropole française. Rattachement en date du 24 septembre 1853.

REPRESSION DE LA LUTTE EN KANAKY

Le 19 juin 2024, à Nouméa, une descente des forces de l’ordre a eu lieu dans le local de l’Union calédonienne (UC) à Magenta et les principaux responsables de la CCAT (Cellule de coordination des actions de terrain) ont été interpelés alors qu’ils se rendaient à une conférence de presse. Une perquisition a eu lieu et onze membres de la CCAT dont la plupart sont aussi des responsables politiques et syndicaux, ont été placés en garde à vue sous plusieurs chefs d’inculpation très graves, relevant de la criminalité organisée, pour une durée de 96 heures (quatre jours).

La communication volontairement floue et contradictoire de l’État veut empêcher que le mouvement indépendantiste et l’opinion publique en France n’aient une vision de l’ampleur de cette répression. Le nombre de disparus, de blessés graves demeurent inconnus, nous exigeons une complète transparence et la vérité sur l’action des forces de l’ordre et des milices. Ces milices sont composées de colons racistes qui, sous prétexte d’autodéfense, se sont livrés à des ratonnades et des assassinats et tirs contre la population, particulièrement la jeunesse.

À cette violence directe pratiquée conjointement par l’État et les miliciens, s’est ajoutée la répression judiciaire à l’encontre des manifestants et des membres de la Cellule de Coordination des Actions de Terrain – CCAT : des centaines d’arrestations, de mandats de dépôt ont eu lieu. Il y a une volonté de la criminaliser. La CCAT est une organisation politique composée d’élu.es de partis, de syndicats et d’associations indépendantistes, qui depuis des mois organise la contestation pacifique sur le terrain (manifestations dans les rues de Nouméa de plus de 60 000 personnes). Et non pas une « minorité radicalisée ». Après les avoir qualifiés de « voyous » et de « mafieux », l’État les a assignés à résidence et interdit de communication.

Aujourd’hui, les assignations sont levées, mais des mises en examen ont été prononcées dans le cadre d’une enquête pour rechercher les « commanditaires » alors que l’État, en s’alignant sur les positions de la droite coloniale la plus extrémiste, est le seul responsable de cette situation.

Alors que les tensions baissaient dans le pays et que les appels au calme n’ont cessé de se multiplier, y compris celui de l’Union calédonienne juste après les interpellations, l’État français persiste dans ses méthodes d’intimidation et son recours à la manière forte, loin de prôner la désescalade, jette à nouveau de l’huile sur les braises.

La criminalisation de la CCAT et les perquisitions menées dans les locaux de l’UC cherchent à discréditer le mouvement indépendantiste kanak dans son ensemble au risque d’aggraver davantage une situation très chaotique.

En Kanaky-Nouvelle-Calédonie, c’est le retrait de la loi sur le dégel du corps électoral et l’ouverture d’un véritable dialogue pour un accès garanti à l’indépendance qui peut faire revenir la paix. Le projet de loi constitutionnelle de dégel du corps électoral calédonien est comprise en Nouvelle-Calédonie comme une volonté d’en finir avec le processus de décolonisation engagé par l’accord de Nouméa.

Dans cette émission, nous recevons Julie du collectif Solidarité Kanaky avec qui nous reviendrons sur la lutte d’indépendance du peuple Kanak et sur la répression qu’il subit.

Exportation militaire et idéologique israélienne en Amérique du Sud – Guerre de basse intensité – Stop arming Israël

Dans cette émission, vous entendrez des interventions ayant eu lieu dans une table-ronde organisée dans le cadre de la campagne Stop Arming Israël, et qui se déroulait dans le cadre de la semaine anti-satory, en référence au salon de l’armement du même nom qui se tenait du 15 au 21 juin 2024. Ainsi vous pourrez écouter en première partie de cette émission, tout d’abord, une chronologie sur l’influence de l’état israélien en matière d’armement, de technologies, de formation et de doctrine militaire au travers du continent sud-américain, après que les États-Unis qui considèrent ce dernier comme leur arrière-cour, aient retirés leur soutien à divers pays au profit de leur allié. Ceci donnera à éclairer sous un jour nouveau les positionnements de divers pays d’Amérique du sud vis-à-vis du génocide en cours à Gaza. Il sera fait plus spécifiquement le focus sur deux pays : la Colombie et le Guatemala. Puis, dans dans une seconde partie, la militante et chercheuse Jules Falquet développera le concept de guerre de basse intensité, qu’elle associera aux génocides comme aux politique contre-révolutionnaires, sinon comme politique généralisée et promue à travers le monde, et visant les populations civiles des états. Nous terminerons enfin par un petit reportage effectué le vendredi 21 juin dernier, où avait lieu une action à proximité du salon de l’armement Eurosatory, au parc des expositions de Villepinte. Alors que la justice vient de lever l’interdiction de participation des vendeurs d’armes israéliens a Eurosatory, que le média d’investigation Disclose révèle des livraisons récentes de composants de drones à Israël par Thalès, alors que des militants ont été interpellés dans le cadre d’une action contre l’armement d’Israël et avec eux une journaliste qui exerçait simplement sa profession, les mobilisations se poursuivent contre le commerce des armes avec Israël.

Cités dans l’émission :
Article sur André Michèle, militante féministe et anti-militariste par Jules Falquet dans les Nouvelles questions féministes 2022.
Escadron de la mort, une école française par Marie-Monique Robin
Pax neoliberalia, par Jules Falquet aux éditions iXe. Vous trouverez à cette adresse l’introduction.

Voir aussi :
– Article du Monde : Le génocide des Mayas en débat au Guatemala, 14/05/13
Du conflit armé aux conflits mémoriels. Les femmes mayas ixil et la reconstruction sociale post-génocide au Guatemala, par la La Clé des Langues [en ligne], Lyon, ENS de LYON/DGESCO (ISSN 2107-7029), le 26/09/23
Vente d’armes à Israël : la justice refuse d’examiner les demandes de suspension malgré le risque pour les civils à Gaza, par Disclose le 27/05/24

Les loups sont entrés en Ukraine : Carnets de guerre

Établir les faits en recoupant les sources, les replacer dans une histoire contemporaine écrite par les vainqueurs et les analyser malgré une théorie critique balbutiante n’est pas chose facile. Ce fut le but des 15 « Carnets de guerre » que de documenter au plus près les prémisses historiques, économiques et politiques de la guerre qui vise l’annihilation du peuple ukrainien. Reste que des évolutions historiques malheureusement probables nous conduisent vers un conflit à plus large échelle, dont personne ne peut prévoir l’ampleur et la nature. Dans ce genre de circonstance, il vaut mieux y réfléchir avant d’y être confronté.

Le 14 juin 2024, la BAM (la bibliothèque associative de Malakoff), organisait une soirée-Rencontre avec Jean-Marc Royer autour de ses quinze Carnets de guerre rédigés depuis mars 2022 et l’attaque de l’armée russe en Ukraine. Il introduira la soirée avec le chapitre : notre avenir se joue-t-il en Ukraine et s’ensuivra un échange avec le public de la BAM.

Les carnets de guerre sur internet :

https://autrefutur.net/?-Carnets-

https://lundi.am/Jean-Marc-Royer

mobilisation des juifs américains contre le sionisme

Le 3 juin 2024, l’Union Juive Française pour la Paix a invité Jewish Voice for Peace en la personne de Donna Nevel, membre active de JVP aux États-Unis et militante historique pour la Palestine.

Elle nous parlera de l’évolution de l’état d’esprit et des positions politiques des Juifs aux États-Unis et de la mobilisation qui a cours depuis le 7 octobre. Elle revient sur la façon dont JVP réussit à rallier des catégories très diverses de la population juive étasunienne dans sa démarche antisioniste.

Donna se présente :

« Je suis impliquée dans le militantisme pour la Palestine depuis longtemps et j’ai été l’une des coordinatrices de la conférence Route vers la Paix en 1989 qui a fait venir des dirigeants palestiniens et des membres de la Knesset aux États-Unis pour la première fois (les membres de la Knesset n’avaient pas le droit de rencontrer des représentants de l’OLP sauf sous des auspices académiques, aussi Edward Saïd a-t-il fait en sorte que la conférence se tienne à Columbia).

Je fais aussi partie de Jewish Voice for Peace (j’ai été au Bureau national) et je suis cofondatrice de Jews Say No! et de Jews for Racial and Economic Justice.

Je suis psychologue communautaire et éducatrice, codirectrice de PARCEO, un centre éducatif et centre de ressources. Dans le cadre de notre travail, nous créons des cursus en justice sociale ; nous sommes cofondateurs du Projet 48, du programme sur la Nakba palestinienne ; plus récemment, nous avons créé un programme sur l’antisémitisme d’un point de vue de la libération collective.

Voici pour l’émission de ce jour et cette rencontre se tenait au centre international des cultures populaires à Paris.

Inde, après les élections législatives de 2024 : réélection de Narendra Modi

Cette émission fait suite aux élections législatives de 2024 en Inde, qui a vu la reconduction du premier ministre sortant, Narendra Modi, et de son parti le BJP (le parti du peuple indien). Avec Joy et Kumar, nous reviendrons sur la politique de ce dernier, lors de ces dix dernières années à la tête de l’Inde (nationalisme hindou, sa filiation fasciste, discriminations multiples, violences économiques et sociales, etc.). L’occasion également d’aborder les résistances et luttes sociales qui lui ont fait face.

Voici donc les sites de médias alternatifs dont on a parlé, qui sont tous en anglais :  The wire : https://thewire.in/

Scroll : https://scroll.in/

The Caravan : https://caravanmagazine.in/

News click : https://www.newsclick.in/

Les livres de références sur Narendra Modi en français : 

« L’Inde de Modi: National-Populisme et démocratie ethnique » de Christophe Jaffrelot.(Fayard) 

« Dans la Tête de Narendra Modi » de Sophie Landrin et Guillaume Delacroix. (Actes sud) 

soirée de soutien au mouvement kanak

La situation actuelle en Kanaky, et le résultat d’une colonisation depuis la prise de possession en 1853, suivie d’interventions dites civilisatrices successives de l’armée pour « pacifier » les Kanaks (alors considéré·es comme sauvages).

Cela suivi d’une accélération de recolonisation de peuplement orchestrée par l’État français avec une reformulation néolibérale depuis 2020 à la nomination de Sébastien Lecornu sous Emmanuel Macron. La Kanaky vit, depuis le 13 mai 2024, une vaste opération de répression coloniale avec un déploiement massif des forces armées françaises sur un territoire déjà en processus de militarisation.

La solidarité en France métropolitaine se poursuit. Le 7 juin dernier a la Parole Errante de Montreuil se tenait une soirée de soutien au mouvement kanak.

Dans l’émission de ce jour, vous entendrez des morceaux choisis de cette soirée, notamment des prises de parole et en seconde partie d’émission, deux entretiens réalisés sur des barrages en Kanaky et diffusé lors de cette même soirée.

Que se passe t’il en Géorgie ?

En ce 31 mai 2024, nous avons reçu Tamara Demuria, présidente de l’association Géorgie vue de France, avec qui nous avons abordé la situation actuelle de ce pays caucasien qui vit des heures difficiles dû aux ingérences russe. Pas seulement depuis 1 ans et le passage en force d’une loi visant à museler les voix anti-gouvernement sous influence de Moscou mais aussi depuis 2008 et l’occupation de 20% du territoire géorgien et de 2 régions frontalières autonomes.

Autodétermination Des Peuples

En ce 30 mai 2024, nous vous diffusons un reportage enregistré lors de la soirée de solidarité et de débat organisée par On construit l’alternative” (initiative politique soutenue par Ensemble, NPA, Rejoignons-nous) dans le cadre de la campagne “Palestine, Ukraine, Sahel : contre tous les impérialismes et les colonialismes, pour l’autodétermination des peuples”. Cette soirée se tenait le 14 mai 2024 à l’AERI à Montreuil

Nous entendrons dans cette émission un mixage des deux tables ronde : Quelles solidarités concrètes avec les peuples en lutte ? et Quelles stratégies politiques, quels obstacles, quelles responsabilités pour l’autodétermination des peuples ?

KANAKY: l’état français veut maintenir sa présence coloniale

Lundi 13 mai, veille du vote à l’Assemblée nationale, les manifestations des indépendantistes contre le dégel du corps électorat se sont multipliées ; routes bloquées ou barrages filtrants, grève très suivie au port et aéroport de Nouméa, fermeture de nombreuses administrations, feux allumés à différents endroits, début de mutinerie dans la prison de Nouméa, heurts entre jeunes kanaks et forces de l’ordre dans les quartiers populaires, nombreux blessés et arrestations en masse.

Pour tenter d’arrêter ce processus dangereux pour l’avenir du peuple kanak, les élus du congrès de Nouvelle-Calédonie se sont réunis ce lundi 13 mai et sont parvenus à adopter, à la majorité, une résolution demandant le retrait de ce projet de loi sur le corps électoral. Les élus rappellent à l’État qu’ils sont majoritairement contre ce projet de loi.

Trente ans après l’Accord de Nouméa, ainsi que du transfert des compétences et leur rééquilibrage, les inégalités restent très importantes, le non-respect de la priorité à l’emploi local : dans beaucoup de secteurs, ce sont les métropolitains récemment arrivés en Nouvelle-Calédonie, du fait de conditions attractives (niveau de salaire et indexation, avantages en termes de logement ou de soutien à l’installation), qui occupent des postes au détriment des travailleurs Kanak à compétences égales. Ainsi se perpétue une longue tradition de privilèges offerts aux Français partant travailler en Outremer.

Mais l’État français, ne l’entend pas de cette oreille. Suite aux nombreuses manifestations de révolte, il envoie son armée pour réprimer toute contestation.

Dans ce contexte, la solidarité s’organise dans de nombreux coins de la planète. En France plusieurs manifestations et meeting s’organisent et ce fut le cas ce 24 mai 2024 à la bourse du travail de Paris et dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une partie de ce meeting en soutien au peuple Kanak.

PALESTINE : Bombardement à Rafah

Dimanche dernier, un bombardement israélien a atteint un camp de réfugié à Rafah, au sud de Gaza, faisant au moins 45 morts et 249 blessés. Le lendemain, les blindés de Tsahal rentraient dans cette partie de la bande de Gaza. Mardi 28 mai, la défense civile de l’enclave palestinienne a annoncé la mort de 21 personnes dans une nouvelle frappe israélienne sur un camp de déplacés à Rafah. Dès le lundi de nombreux rassemblements de soutien et manifestation ont eu lieux afin de dénoncer l’état colonial et soutenir le peuple palestinien. Néanmoins, l’armée israélienne poursuit son offensive sur Rafah. En trois semaines, environ un million de Palestiniens qui se trouvaient dans cette localité du sud de l’enclave ont fui, selon l’ONU.

Dans cette émission, nous vous diffusons dans une première partie d’émission un montage autour de cette attaque avec des prises paroles réalisées lors de la manifestation en soutien qui se dérouler lundi 27 mai à St Augustin à Paris. Dans une deuxième partie d’émission nous reviendrons sur l’utilisation du droit international dans ce conflit.

Réunion publique de Stop Arming Israël sur le salon de l’armement Eurosatory

Dans cette émission, nous vous donnons à entendre des morceaux choisis d’une réunion publique organisée par Stop Arming Israël, et qui se déroulait le 14 mai 2024 dernier. Cette réunion publique portait sur le salon de l’armement français Eurosatory, dédié à la sécurité terrestre et aéroterrestre, qui doit avoir lieu du 17 au 21 juin 2024 à Paris. Alors qu’une campagne génocidaire menée par l’État d’Israël est en cours à Gaza, les signataires de la campagne Stop Arming Israël milite pour que ne puisse pas être présent les entreprises israéliennes sur le salon, ces armes ayant pour au moins une partie été utilisées et testées en conditions réelles sur un terrain de guerre. En outre, et les signataires souhaitent que la France cesse de vendre des armes à l’État israélien.

Lien vers la tribune Aucune arme israélienne à Eurosatory 2024 !
Chaîne telegram de Stop Arming Israël

Retour de flamme : Journées de sport et de discussions contre les JOP

du 8 au 12 mai ce tenait le RETOUR DE FLAMME contre les JOP et leur monde de gentrification, de bétonisation, et de surveillance. A cette occasion ce tenait des ateliers d’initiation et/ou aux combats, ainsi que des et discuter sur les Jeux Olympiques et Paralympiques.

Dans cette émission nous vous diffusions une de ces tables rondes.

SOLIDARITÉ AVEC LA LUTTE DU PEUPLE DE KANAKY

Mercredi 15 mai, Macron a décrété l’état d’urgence en Kanaky après plusieurs nuits d’émeutes contre le dégel du corps électoral. Alors que les mobilisations avaient gagné en intensité ses derniers jours, la loi vient d’être votée à l’Assemblée nationale ce mercredi.

Pour rappel, la Kanaky est une colonie française depuis le 19ᵉ siècle. Elle est d’abord utilisée par la France comme une colonie pénitentiaire où étaient envoyées tout ce que la métropole comptait en pauvres, subversifs ou révolutionnaires. Elle devient une colonie de peuplement au 20ᵉ siècle, les colons français s’y installent et supplantent peu à peu les Kanaks.

En ce début 2024, après 170 ans de colonisation de la terre de Kanaky, et année anniversaire des 40 ans de création du FLNKS, le gouvernement français a décidé de présenter unilatéralement deux projets de lois sur l’avenir institutionnel de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie mettant en jeu l’avenir du peuple Kanak.

Après les affrontements violents qui ont marqué les années de 1984 à 1988, les accords de Matignon-Oudinot (1988) et de Nouméa (1998), fruit de décennies de négociations, ont permis la reconnaissance du peuple Kanak comme peuple autochtone de Nouvelle-Calédonie et ouvert un processus de décolonisation et d’autodétermination.

L’État français s’engageait à rompre avec la logique de colonisation de peuplement qui conduisait à la minorisation du peuple Kanak, d’où le gel du corps électoral établi dans les accords, en conformité avec les résolutions de l’ONU : « Les puissances administrantes devraient veiller à ce que l’exercice du droit à l’autodétermination ne soit pas entravé par des modifications de la composition démographique dues à l’immigration ou au déplacement de populations dans les territoires qu’elles administrent. »

C’était la condition pour rendre possible la recherche d’un consensus sur le devenir du pays : quelle forme de souveraineté ? Quelle relation avec la France ?

Les conditions du 3ᵉ et dernier référendum d’autodétermination fin 2021 sont aujourd’hui toujours remises en question unanimement par l’ensemble des indépendantistes Kanak. Ils avaient demandé son report pour respecter la période de deuil en pleine épidémie de la covid (en confinement, ils ne pouvaient faire campagne). L’État a imposé la date du référendum et le peuple Kanak, peuple colonisé, n’a pas participé. L’ensemble des indépendantistes ne reconnaissent pas les résultats de ce 3ᵉ référendum, une plainte a été préparée par la FLNKS en vue de faire reconnaître ces conditions inacceptables par la Cour internationale de Justice.

Aujourd’hui, sous couvert de « démocratie » le gouvernement français veut reporter les élections provinciales et modifier le corps électoral, et ainsi augmenter brutalement de 15 % le corps électoral pour les provinciales avec une ouverture à des métropolitains résidant depuis 10 ans pour diluer le peuple Kanak dans ces flux migratoires.

L’État veut balayer l’Accord de Nouméa avec ces deux projets de lois dans un calendrier très court : présentation de la loi organique (report des élections provinciales) au Sénat le 27 février puis à l’Assemblée nationale. La seconde sur le dégel du corps électoral, au Sénat dès mars. Et si aucun accord n’est conclu avec les indépendantistes avant le 1ᵉʳ juillet, il passe en force en convoquant le congrès de Versailles.

Alors que les manifestations et les blocages gagnaient en intensité en Kanaky depuis le début du mois de mai, la journée du 13 mai, veille du vote à l’Assemblée nationale, a marqué un tournant. De nombreuses routes ont été bloquées, la grève a été très suivie dans les ports et les aéroports, dans les réseaux de transports en commun et chez les camionneurs, de nombreuses administrations étaient également fermées. Des matons ont par ailleurs été pris en otage dans la prison de Nouméa pendant que des affrontements avaient lieu entre jeunes kanaks indépendantistes et forces de l’ordre dans plusieurs quartiers.

Dans la journée du mardi 14 mai, un couvre-feu a été décrété de 18 h à 6 h à partir du lendemain et des renforts ont été annoncés (quatre escadrons de gendarmerie mobile (près de 500 gendarmes), deux sections de CRS, le RAID et le GIGN). Le vote a été reporté au mercredi. Des milices loyalistes (principalement des Métros et des Caldoches [1]) ont commencé à faire leur apparition dans la soirée, tenant des barrages filtrants pour « protéger leur quartier » notamment autour des quartiers de Tuband et Ouémo.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les révoltes ont repris malgré le couvre-feu, des boutiques ont été pillées et incendiées (Décathlon, station Total) ainsi que des établissements scolaires. En tout, la police a annoncé 130 interpellations, et une soixantaine de policiers blessés. Une nouvelle mutinerie a eu lieu à la prison de Nouméa.

Dans la journée de mercredi 15, le texte est finalement adopté. La pénurie commence à se faire sentir, les magasins sont vides. Pendant que les jeunes tiennent toujours les barrages sur les routes et que des affrontements ont lieu avec les flics, le FLNKS lance un appel au calme et à la levée des barrages. Dans la soirée de mercredi, Macron a décrété l’état d’urgence en Nouvelle-Calédonie. Dans le même temps, le gouvernement annonçait également la suspension de TikTok pendant que Gérald Darmanin commençait à signer des assignations à résidence pour des militants « radicaux » et annonçait des perquisitions à venir. L’armée a aussi été déployée pour sécuriser les ports et aéroport. Pour l’instant, le bilan s’élève à six morts dont deux gendarmes.

Face à l’offensive coloniale de l’État français en Kanaky, soutenons la lutte des Kanaks. Plusieurs conférences de presse et rassemblements ont été organisés. Aujourd’hui dans cette émission, nous vous diffusons une partie des prises de paroles du rassemblement du jeudi 16 mai à 19 h sur la Place de la République, l’interview de Romuald Pidjot de l’union calédonienne réalisé le mercredi 15 mai et la conférence de presse qui avait lieu au CICP(centre international des cultures populaires) le jeudi 16 mai par Solidarité Kanaky.

Voyage a la tronçonneuse – Massacre en Argentine

Dans l’émission de ce 14 mai, nous diffusons une émission reportage produite par radio Béton qui revient sur la situation en Argentine.

Lien de leur site: https://www.radiobeton.com/www/events/event/emission-reportage-voyage-a-la-tronconneuse/

“Le 10 décembre 2023, le nouveau président argentin ultralibéral Javier Milei prend ses fonctions et lance son « plan tronçonneuse » : un massacre en règle de l’État social en mode stratégie du choc.

Quatre jours plus tard, quatre comparses, leurs trois enfants et un enregistreur atterrissent en Argentine pour retrouver leurs vieux et veilles ami.e.s rencontré.e.s six ans plus tôt dans une zone rurale du centre du pays.

Entre des balades dans les montagnes, des ateliers masque avec les enfants du quartier et des apéros dans leur maison provisoire avec les copaines, iels prennent la mesure de la catastrophe économique et sociale qui s’annonce.” Carnet de voyage sonore réalisé par le collectif LaCucaracha

Musiques : “Eco Sistema” de Sara Hebe ; “Me han robado el mar” de Sofia Viola ; la mixtape “Algunos booty beats” de Ramiro Jota ; “Le Bal des soubrettes” de Fred Pallem et Le sacre du tympan ; et enfin “Agüitay” de César Alejandro Vilte dans le film “Au nom du lithium”.

Après le début de l’offensive sur Rafah : Mobilisation étudiante pour Gaza – BDS et Palmed France

Mardi 7 mai dernier, l’armée israélienne indiquait avoir pris le contrôle du poste-frontière de Rafah, reliant la bande de Gaza et l’Égypte. Ce poste-frontière est stratégique car étant le seul point de passage non-contrôlé par l’État d’Israël. Et c’est par celui-ci que transitait jusqu’alors au compte-goutte l’aide humanitaire. Cette offensive menace surtout la population, dont la majorité a déjà dû fuir de multiples fois. Rafah, au porte de l’Égypte constitue donc la dernière ville non détruite de la bande de Gaza, où s’entasse 1,4 millions de personnes. Face à cette nouvelle offensive, aux bombardements, aux atrocités, à la situation épouvantable sur place, où la population est contrainte encore une fois à fuir, avait eu lieu le soir-même sur la place de la République, à Paris, un rassemblement de soutien à la Palestine. Au même moment, à la Sorbonne, avait lieu une nouvelle tentative d’occupation. C’est des conséquences de cette dernière et plus généralement du mouvement étudiant dont nous allons traiter ici en première partie d’émission, à la faveur d’un reportage lors du rassemblement de soutien pour exiger la libération de 88 personnes interpellées.

Dans le second temps de cette émission, nous vous ferons écouter deux enregistrements. Tout d’abord une interview avec une personne de la campagne BDS (pour Boycott Désinvestissement Sanction), dénonçant la présence d’Israël aux JO ; puis une intervention de Nazir Badran lors d’une discussion publique organisée par le collectif des luttes Sud-Essonne. Nazir Badran est membre de Palmed France, une association de médecins qui apporte une aide matérielle et un programme de développement des compétences médicales en Palestine et dans des camps de réfugiés au Liban. Le médecin reviendra sur la situation sanitaire à Gaza.

Article de Rfi sur la situation à Rafah au 9 mai : lien

Les mobilisations s’amplifient en Kanaky/Nouvelle-calédonie

Dans l’émission de ce 10 mai, vous écouterez un direct avec des membres du collectif solidarité kanaky, venu nous parlez dès dernières mobilisations ainsi que du dégel du corps électoral en kanaky. Un rassemblement est prévu le 14 mai à 14 h devant l’Assemblée nationale.

Plus de 80 000 personnes dans la rue le 13 avril dernier sur tout le territoire. Des mobilisations historiques qui sont impulsées par la CCAT (Cellule de Coordination des Actions de Terrain, ) qui regroupe l’ensemble des courants indépendantistes. Les objectifs sont clairs : la demande du retrait du projet de loi sur le dégel du corps électoral, la non-reconnaissance du troisième référendum et la poursuite de la trajectoire de décolonisation.
Ce passage en force de l’État français rappelle de bien tristes souvenirs et favorise une dynamique de tensions extrêmement dangereuse. La mobilisation du 1ᵉʳ mai est donc cette année marquée politiquement par ce contexte dans lequel la moindre étincelle peut embraser le pays.
Par ailleurs, la répression est forte. Plusieurs personnes poursuivies depuis la manifestation du 21 février dernier sont passées en procès le 19 avril au Tribunal de Nouméa, subissant de très lourdes condamnations, dont deux ans ferme et 18 mois ferme pour deux manifestants qui sont toujours emprisonnés au Camps Est. Ce sont des prisonniers politiques !
Le collectif Solidarité Kanaky, créé en 2007, regroupe différentes organisations associatives, syndicales et politiques avec l’objectif d’organiser en France la
solidarité avec le peuple kanak dans sa trajectoire de décolonisation.
Aux côtés des différents courants indépendantistes, nous réaffirmons ce 1ᵉʳ mai notre solidarité aux luttes syndicales et politiques des indépendantistes kanak et non kanak, contre la situation coloniale, raciste, capitaliste et répressive de l’État français en Kanaky.
Que ce soit contre la discrimination dans l’accès aux postes à responsabilité, aux objectifs néolibéraux de mainmise économique sur les ressources du pays, dont le nickel, encore aujourd’hui, c’est le peuple kanak, et notamment la jeunesse, qui paye le prix cher de la colonisation : chômage important, et face à un niveau de vie
exorbitant et un salaire minimum plus bas que le SMIC français touchant principalement l’emploi kanak dans le secteur privé.

MANIFESTATION DU 1er MAI 2024 A PARIS

Comme chaque année, la manifestation internationale du 1ᵉʳ mai, battait le bitume dans de nombreuse ville du monde. Après la lutte contre la réforme des retraites de 2023, quelle allée être la mobilisation pour cette année ? Des cortèges assez fournis ont défilé à Paris pour ce 1ᵉʳ mai 2024

Dans l’émission de ce jour, nous vous diffusons le reportage réalisé ce 1ᵉʳ mai.

Pour commencer, nous ferons un détour, par là gréve d’Onela, société de services d’aide à domicile pour personnes âgées ou en situation de handicap, ou les salariées sont dans leur 4ᵉ mois de grève !! Alors qu’elles exigent le minimum : travailler dans des locaux salubres, ne pas subir de propos racistes, et une augmentation de leurs salaires, leur patron joue la carte du mépris et compte sur l’essoufflement de la grève.

Ce 1ᵉʳ mai, c’est également la suite de l’occupation de la Maison des Métallos par Le Collectif des Jeunes du Parc de Belleville dans le 11ᵉ arrondissement de Paris et ce même jour, ils appelaient à un grand rassemblement festif organisé devant la Maison des Métallos, avec fanfares et barbecue pour un départ en cortège jusqu’à la Place de la République afin de rejoindre la grande manifestation à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des travailleur.ses . Et à cette occasion, nous vous proposons dans ce moment, l’écoute d’une interview d’un membre du collectif et des prises de parole.

L’émission se poursuit avec la prise de parole dans la manifestation, d’une membre du collectif de soutien a la Palestine.

Et nous terminerons cette émission, avec un entretien, réalisé avec des salariés-es du secteur du déchet lors de ce 1ᵉʳ mai 2024

Palestine : répression d’un mouvement de solidarité et Boycott d’Israël au jop

Le mardi 30 avril dernier Mathilde Panot et Rima Hassan été convoquées par les autorités française pour apologie du terrorisme compte tenu des propos qu’elles avaient pu avoir en solidarité avec le peuple palestinien. Le 18 avril c’était le secrétaire général de l’Union départementale CGT du Nord qui été condamné, à un an de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ». Ces convocations interviennent après l’ouverture de plusieurs autres enquêtes judiciaires contre des militant·es, membres d’organisations syndicales (CGT, Solidaires, Sud Rail, Sud Aérien) et politiques pour des faits d’apologie du terrorisme.

Le même jour avait lieu une manifestation pour le boycott d’Israel aux JO de Paris devant le comité d’organisation des Jo. Réunis à l’appel de l’association EuroPalestine, les manifestants ont tenu à rappeler la sanction qui exclut la Russie des JO de Paris. Les athlètes russes devront défiler sous bannière neutre c’est-à-dire avec un tee-shirt portant les anneaux olympiques, le drapeau russe n’apparaîtra nulle part. Ils demandent donc que les athlètes israeliens soient soumis au même conditions.

Dans cette émission, nous vous diffuserons donc les quelques interviews que nous avons réalisé dans le rassemblement en soutien à Mathilda Panot et Rima Hassan accompagné de plusieurs témoignages que nous avons pu récupérer sur internet sur la répression du mouvement qui s’organise en soutien à la Palestine et notamment dans les universités. Ensuite nous vous diffuserons les prise de paroles réalisées lors de la manifestation de l’après midi afin de demander le boycott d’Israel des Jo de Paris

PARIS 2024, une ville face a la violence olympique

Les organisateurs des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont obtenu carte blanche pour fabriquer en Seine-Saint-Denis la ville rêvée des promoteurs et investisseurs : moderne, innovante, lucrative. Sans pauvre, sans cité à la dérive, sans caillassage de voiture de police, un merveilleux produit d’appel pour nouveaux habitants bankable au pays de Vinci, Eiffage, et Nexity.

Il faut regarder par la fenêtre de celles et ceux qui y habitent pour voir que l’ « intérêt national » de cette opération a délogé 1500 personnes, détruit des jardins ouvriers, collé une voie d’accès routière à une école. Pourtant, à l’ombre de la puissante métropole parisienne, les contre-projets fleurissent et les désirs d’habiter une ville aussi diverse qu’égalitaire sont vivaces.

Journaliste en charge du pôle écologie chez Mediapart et habitante d’Aubervilliers, Jade Lindgaard pose un regard sur les JO -à venir, mais déjà bien installés depuis “ses chantiers, ses arrières-boutiques, ses réunions à huis clos, son butin immobilier, sa dépossession urbaine.”

Une rencontre avec Jade Lindgaard pour son ouvrage paris 2024, une ville face a la violence olympique, organisée par les membres de l’association des amiEs de la librairie envie de lire à Ivry-Sur-Seine et que nous vous proposons dans l’émission de ce jour.

STOP CROISIERES EVERY WERE

Le 8 et 9 mars 2024 se sont réunis de nombreux collectifs se battant contre les bateaux de croisières. De Trieste, valence, Taragone, le Havre etc Tous s’étaient donnés rendez-vous à Marseille pour échanger sur leurs pratiques et créer des liens. Dans l’émission de ce jour, nous entendrons les entretiens réalisés avec les différents collectifs mobilisés contre le tourisme de croisière en Europe.

Stop aux navires de croisière en Méditerranée 15/04/2023
L’essor du tourisme de croisière en Méditerranée coïncide avec la manifestation évidente d’une crise multiple : climatique, énergétique, des ressources et de la biodiversité.
Nous ne pouvons pas isoler ces crises du modèle économique qui permet, légitime et prône le tourisme de croisière. À la rencontre des mouvements anti-navires de croisière, de nombreux impacts socio environnementaux et économiques ont été identifiés, qui se reproduisent dans toute la Méditerranée avec une intensité croissante.
Nous dénonçons donc :
      Les impacts environnementaux insoupçonnables : c’est le transport le plus polluant par personne et par kilomètre, il génère une immense quantité de déchets, en mer et sur terre, il utilise les carburants les plus nocifs pour la santé des personnes et encourage le déploiement de grandes infrastructures (routes, aéroports…).
      Fausses solutions technologiques : GNL (énergie fossile à fort effet de serre), électricité, hydrogène vert ou recours à des épurateurs. Tout cela ne sont que des stratégies de greenwashing.
      Impacts sous forme de touristification intensive des territoires, surpeuplement de l’espace public, transformation des villes en scénarios touristiques, effondrement des systèmes de transports publics, disparition du commerce local et perte de l’identité du tissu social.
      La spirale de croissance insatiable d’une industrie qui jouit de nombreux privilèges : avec des fonds publics, elle construit des ports et des infrastructures pour accueillir des navires toujours plus gigantesques qui extraient de gros profits qui ne restent pas dans les mains locales.
      L’utilisation aveugle des pavillons de complaisance par les multinationales du transport maritime, qui leur permet des régimes de travail abusifs, des salaires plus bas, des contrôles techniques minimes des navires, des réglementations environnementales laxistes et l’évasion fiscale.
      Le manque de transparence dans le secteur et l’opacité dans le fonctionnement des ports, qui rend difficile le contrôle et le suivi de leurs actions, et des modèles de gouvernance plus participatifs.

 Les organisations participantes exigent des actions politiques tendant à supprimer l’activité de croisière, la recherche d’alternatives économiques non polluantes dans les territoires concernés, une plus grande réglementation environnementale du secteur maritime ainsi qu’une prise de conscience générale de la population.
     En tant que réseau de mouvements et de plateformes qui subissent les effets du secteur des croisières, nous avons décidé de lutter ensemble. En conséquence, les entités soussignées ont convenu de la nécessité de s’organiser pour réaliser les mesures suivantes :
1.  La réduction radicale de l’activité des navires de croisière en Méditerranée, conduisant à leur disparition.
2.  La mise en œuvre de campagnes de sensibilisation et d’explication des conséquences de l’industrie des croisières, tant auprès des habitants des villes et villages qui subissent ses conséquences, que des usagers des navires de croisière eux-mêmes.
3.  L’arrêt immédiat des expansions portuaires destinées au secteur des croisières et la diminution des infrastructures portuaires.
4.  La dénonciation des fausses solutions comme le GNL, les scrubbers ou l’alimentation à quai, puisqu’aucune de ces technologies actuelles et futures n’empêchera un navire de polluer.
5.  La reconversion du secteur touristique dans les villes, afin d’améliorer les modes de mobilité plus durables et de renforcer des secteurs économiques locaux plus justes, socialement et écologiquement. Travailler ces processus avec les travailleurs et leurs espaces syndicaux.
6.  La promotion de l’entrée en vigueur avant 2025 de zones de contrôle des émissions de soufre et d’azote en Méditerranée, sans « scrubbers ».
7.  L’expansion et le maintien d’efforts communs dans toute la Méditerranée pour faire de ces revendications une réalité et prendre en compte les inégalités nord sud mondiales.

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE MAROCAIN

Les relations économiques entre le Maroc et Israël connaissent un véritable essor grâce aux Accords d’Abraham (accord d’investissement entre Israël et les émirats arabes). Un dynamisme confirmé par les investissements d’entreprises israéliennes dans le Royaume, notamment dans son Sahara.

En 2022, le Maroc et Israël quadruplent leurs échanges commerciaux pour les porter à plus de 500 millions de dollars par an. L’accord prévoit notamment des discussions pour la création de zones industrielles au Maroc, la coopération entre le secteur privé des deux pays et l’échange d’expertise dans le domaine de l’innovation, dans des secteurs à « fort potentiel d’investissement » dont le secteur numérique, l’agroalimentaire, l’automobile, le textile, l’aéronautique, les énergies renouvelables et l’industrie pharmaceutique.

La coopération entre les universités marocaines et israéliennes, notamment le partenariat signé entre l’Université Mohammed VI Polytechnique et l’Université Ben Gourion, vise à améliorer les compétences de la main-d’œuvre locale et développer les partenariats commerciaux entre les deux pays. 

Le magazine marocain “TelQuel” qualifie Gaza de “terre martyre” en une de son édition. Comme l’explique le journal dans son éditorial, le Maroc est dans une position délicate : Rabat veut poursuivre la normalisation de ses relations avec Israël, mais doit composer avec le fort sentiment propalestinien de sa population. 

Pour parler de la situation des droits de l’homme au Maroc, dans l’émission de ce jour, nous sommes en compagnie de Saïd Sioubti, président de l’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc.

Israël contre les Juifs

Vous allez pouvoir écouter l’interview du réalisateur Yyal Sivan publiée par le site Hors série sur internet conçue et animée par Tarek Bouafia.

« Un pique-nique sur un volcan ». C’est par cette puissante image qu’Eyal Sivan, cinéaste israélien, nous invite à saisir la situation en Palestine – Israel à la veille du 7 octobre. C’est ainsi qu’il décrit l’organisation de cette rave party où règnent l’insouciance et la légèreté à quelques encablures d’un territoire soumis à un blocus meurtrier et inhumain. Un décalage entre deux mondes qui témoigne de la volonté d’effacement du peuple palestinien, de cet Autre relégué dans les limbes de l’Humanité. Depuis les accords d’Abraham, la question palestinienne semblait définitivement ensevelie pour la société israélienne comme pour la « communauté internationale ». C’est dire l’onde de choc provoquée par les attaques du 7 octobre, véritable refoulé d’une histoire et d’un passé qui ne passe pas.

Dès lors, comme en 2001 aux Etats-Unis ou en 2015 en France, c’est toute une construction de l’innocence qui s’est mise en place, identifiant Israel à la joie, à la Vie, à la Démocratie, au camp du Bien, face à des « animaux humains » pétris de haine et quintessence du Mal absolu. C’est précisément ce narratif, propre à l’Occident, qu’utilise aujourd’hui le gouvernement israélien pour poursuivre et achever le nettoyage ethnique débuté en 1947.

Il y a douze ans déjà, l’idée d’Etat commun soulevée par Eric Hazan et Eyal Sivan pouvait apparaître comme une douce illusion. Que dire aujourd’hui si ce n’est qu’elle semble relever de l’insensé et de l’impossible. Et pourtant. D’un côté, le mythe des deux Etats a fait son temps. Non seulement cette solution n’est pas viable mais elle acterait par ailleurs l’injustice originelle née de la Nakba. D’un autre coté se dresse « l’Etat-nation du peuple juif » comme le proclame une loi de 2018, faisant de fait d’Israel, un Etat d’apartheid. Reste l’utopie d’un Etat commun au sens où l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano la concevait, non pas comme « l’irréalisable mais l’irréalisé ».

Cette idée d’Etat commun ne sort pas de nulle part. Elle précède la création même d’Israël et a été pensée par de nombreuses voix juives comme celle du sénateur de Californie Julius Khan en 1919 : « Quant à l’avenir de la Palestine, notre fervent espoir est que cette ‘‘terre promise’’ devienne une ‘‘terre de promesse’’ pour toutes les races et les croyances (…) Nous demandons que la Palestine devienne un Etat libre et indépendant avec un gouvernement démocratique qui ne reconnaisse aucune différence de religion, de race ou d’ascendance ethnique, et qui ait tout pouvoir pour protéger contre toute forme d’oppression. Nous ne souhaitons pas voir la Palestine, ni maintenant ni jamais, prendre la forme d’un Etat juif ».

Comptant parmi les très rares voix de citoyens israéliens qui s’opposent à la guerre, allant même jusqu’à soutenir la plainte de l’Afrique du Sud à la Cour internationale de justice, Eyal Sivan s’inscrit pleinement dans cette tradition juive antisioniste. Comme d’autres, il refuse que la mémoire des victimes du judéocide nazi soit exploité” et souillée par l’Etat d’Israël. Par son intelligence, sa clairvoyance et sa profonde humanité, il nous offre 1h20 d’entretien magistral.

Manifestation en soutien à la Palestine du 09-03-24/Intervention de Judith Butler sur l’antisionisme et l’instrumentalisation de l’antisémitisme

Dans cette émission, vous pourrez entendre des enregistrements effectués le 9 mars dernier à l’occasion d’une nouvelle manifestation à paris en soutien à la Palestine. Cette manifestation était appelée par Urgence Palestine, avec les exigences suivantes : un cessez-le-feu et la fin immédiate du blocus ; la fin de la colonisation, de l’occupation et de l’apartheid ; était demandé également des sanctions contre Israël, mais aussi le boycott et des mesures de désinvestissement. Enfin, était pointé et condamné la complicité du gouvernement français avec les crimes israéliens, et la répression de la solidarité avec la lutte du peuple palestinien. Cette première partie d’émission, qui est un reportage, sera suivi d’une séquence de la conférence de Judith Butler, une universitaire juive états-unienne par ailleurs critique du sionisme. Elle intervenait sur le sionisme et l’instrumentalisation de l’antisémitisme. L’événement en date du 3 mars était co-organisé par l’action antifasciste Paris-banlieue, le Nouveau Parti Anticipapitaliste, Révolution Permanente, Paroles d’honneur, l’Union Juive Française pour la Paix et Tsedek, avec le soutien de Urgence Palestine.

Appel Guerre permanente ou paix révolutionnaire, il faut choisir ! : lien

REVOLTE PAYSANS INDIEN 2024

Les campagnes européennes sont en ébullition. Des Pays-Bas à la Roumanie en passant par la Pologne, l’Allemagne, l’Italie, partout la colère gronde. Les agriculteurs manifestent leur mécontentement. Un mécontentement également présent en France, ou nous avons entendu essentiellement les gros exploitants s’exprimer pour demander moins de réglementation donc plus d’artificialisation des terres, de produits polluants répendus, d’exploitations gigantesques. Ils ont utilisé des méthodes plutôt musclées qui ont bénéficiées de la part des médias et du gouvernement d’un traitement complaisant, c’est le moins que l’on puisse dire. Nous avons trop peu entendu les petit paysans qui dénonçaient leurs morts programmée, des prix trop bas, des subventions qui vont toujours aux plus gros exploitants, des sols ravagés par les pesticides issus de la pétrochimie. ils dénonçaient l’agroindustrie qui tue les sols et les humains. Cette colère touche également l’Inde, une fois de plus, c’est pourquoi nous avons demandé à jacques Chastaing de luttesinvisibles de nous faire un point.

Pourquoi les agriculteurs indiens ont-ils relancé leur mouvement de protestation ?

Des milliers d’agriculteurs indiens convergent cette semaine vers New Delhi sur des tracteurs, tentant de relancer le mouvement de protestation de 2020-2021 qui avait bloqué les autoroutes vers la capitale pendant plus d’un an.

Le Premier ministre Narendra Modi avait alors été contraint de reculer et d’abroger des lois de déréglementation des marchés agricoles. Les syndicats agricoles affirment que le gouvernement n’a depuis pas fait assez pour résoudre leurs problèmes, ce qui les a poussés à reprendre leur mouvement. Des colonnes de police anti-émeute ont jusqu’à présent freiné l’avancée des manifestants avec des tirs de gaz lacrymogènes et des barricades en béton, mais les agriculteurs ont promis de continuer leur mouvement.

Quelle est la situation du secteur agricole en Inde ?

Le secteur agricole indien est gigantesque et plongé dans de multiples difficultés. Il emploie plus de 45% de la main-d’œuvre du pays et représente 15% de son produit intérieur brut (PIB). La “Révolution verte” des années 1970 avait fait de l’Inde, alors régulièrement confrontée à des pénuries alimentaires, un important exportateur de produits alimentaires.

La taille moyenne des exploitations reste modeste : plus de 85% des agriculteurs possèdent moins de deux hectares de terre. Et moins d’un agriculteur sur cent possède plus de 10 hectares, selon une enquête du ministère de l’Agriculture de 2015-2016.

Les pénuries d’eau, les inondations et des conditions météorologiques irrégulières liées au changement climatique, ainsi que l’endettement pèsent fortement sur les agriculteurs.

Plus de 300.000 d’entre eux se sont suicidés depuis les années 1990, selon les chiffres officiels, et les agriculteurs sont nombreux à déplorer un état de détresse financière constante.

Les agriculteurs indiens ont néanmoins un poids politique important en raison de leur nombre : des dizaines de milliers de personnes avaient campé dans la banlieue de Delhi lors du précédent mouvement pour exiger que le gouvernement de Narendra Modi abandonne son projet de déréglementation de l’agriculture.

Que demandent les agriculteurs ?

Les agriculteurs indiens disposent déjà de garanties de longue date obligeant le gouvernement à acheter certains produits, notamment le riz et le blé, lorsque leur prix tombe au-dessous d’un certain niveau sur le marché. La principale revendication des syndicats est d’élargir ces prix minimum de soutien à toutes les cultures pour les protéger des fluctuations du marché.

Le gouvernement Modi avait promis d’examiner cette demande après les manifestations de 2021, mais les syndicats affirment que rien n’a été fait depuis. Ils veulent également que les poursuites contre les dirigeants syndicaux datant de ces manifestations soient abandonnées et qu’une pension mensuelle de 120 dollars soit versée aux agriculteurs de plus de 60 ans.

Plusieurs autres revendications visent une plus grande protection des agriculteurs face aux fluctuations du marché : allègement des dettes, retrait de l’Inde de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et des accords de libre-échange, ainsi que l’assurance que les subventions existantes, notamment l’électricité gratuite, ne seront pas supprimées.

Quelle a été la réponse du gouvernement ?

L’Inde dépense déjà plus de 50 milliards de dollars par an en subventions aux agriculteurs, selon des documents budgétaires. Ces subventions ont parfois aggravé le manque de productivité en encourageant des cultures inadaptées aux conditions locales, comme le riz qui a épuisé les nappes phréatiques dans l’État du Pendjab.

Les subventions et les achats publics de produits agricoles ont fréquemment été des facteurs de corruption et de gaspillage. Le gouvernement a tenu cette semaine plusieurs séries de négociations avec les syndicats pour désamorcer la crise, sans succès.

Le parti de M. Modi, le BJP, affirme que l’extension du système de prix minimum est régressive et inabordable, avec un coût estimé à au moins 140 milliards de dollars supplémentaires. Le gouvernement a plutôt cherché à contenir les manifestations afin d’éviter un mouvement de grande ampleur comme celui de 2020-2021, qui avait suscité une grande sympathie dans l’opinion publique.

Les agriculteur·trices indien·nes protestent à nouveau. La garantie légale du prix minimum de soutien est la principale revendication

 14 FÉVRIER 2024  ASIE DU SUDDROITS DES PAYSANS ET DES PAYSANNESORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE

La capitale de l’Inde, New Delhi, est une fois de plus à la limite.

Des milliers d’agriculteur·trice·s de l’État du Pendjab marchent vers la métropole, réclamant l’assurance légale d’un prix minimum de soutien pour leurs récoltes. À quelques mois des élections nationales, la coalition au pouvoir craint qu’une mobilisation de grande ampleur, comme celle de 2020, ne lui cause des problèmes. Les agriculteur·trice·s sont convaincu·e·s que les gouvernements ne tiennent compte de leurs demandes qu’en période électorale. La marche se poursuit donc.

Le 13 février, à la frontière de Shambu, entre l’Haryana et le Pendjab, les agriculteur·trice·s en marche ont été accueillis par des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Plus près de la capitale nationale, les médias décrivent les principales artères fortifiées par des clôtures en fer, des anneaux métalliques et des clous sur le sol. Les agriculteur·trice·s comparent la région à une zone de guerre et s’interrogent sur de telles tactiques dans une nation fière de ses valeurs démocratiques. Les travailleur·euse·s locaux qui empruntent cette route pour se rendre de leur lieu de travail à leur domicile parcourent désormais plusieurs kilomètres par jour, la circulation automobile étant interrompue.

Les dirigeants du Samyukt Kisan Morcha (SKM), qui a été le fer de lance des manifestations historiques de 2020, ont précisé qu’ils n’organisaient pas la marche actuelle. Celle-ci est organisée par des groupes qui faisaient autrefois partie des mobilisations de 2020, mais qui se sont depuis détachés pour fonctionner indépendamment de la coalition plus large du SKM. Néanmoins, le SKM a défendu le droit de chacun à manifester et a réitéré son appel à une journée de grève nationale des agriculteur·trice·s et des syndicats le 16 février, en particulier dans les zones rurales. Les syndicats qui ont appelé à cette grève nationale ont demandé des pensions pour les agriculteur·trice·s, un prix minimum de soutien pour les cultures, la mise en œuvre de l’ancien régime de retraite et le retrait de l’amendement des lois sur le travail.

Sous la surface de ces détails et de ces subtilités se cache l’état désastreux de l’agriculture indienne actuelle.

Entre 1991 et 2011, près de 15 millions d’agriculteur·trice·s ont abandonné l’agriculture pour chercher d’autres moyens de subsistance. Bien que l’on ne dispose pas de données pour la dernière décennie, la plupart des villes indiennes ont connu un afflux important de travailleur·euse·s, ce qui témoigne de la détresse des zones rurales. L’un des principaux facteurs rendant l’agriculture non viable pour de nombreux petit·e·s producteur·trice·s indien·ne·s est la faiblesse des revenus qu’il·elle·s perçoivent.

Dans une interview accordée à Thirdpole en 2022, Devinder Sharma, analyste de l’alimentation et du commerce, a élucidé cette question en citant une étude de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement qui a révélé la stagnation des prix à la production des produits agricoles entre 1985 et 2005, corrigés de l’inflation. Une autre étude réalisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques et le Conseil indien pour la recherche sur les relations économiques internationales a estimé que les agriculteur·trice·s indien·ne·s avaient perdu 600 milliards de dollars entre 2000 et 2016. M. Sharma a souligné la dure réalité : en 2016, les revenus agricoles annuels par habitant dans 17 États, soit la moitié du pays, s’élevaient à moins de 270 USD, soit moins de 23 USD par mois.

Nalla Gounder, un agriculteur du Tamil Nadu, pose une question poignante : « Au cours de la dernière décennie, le prix de vente de la noix de coco a diminué de moitié tandis que le coût de la main-d’œuvre agricole a doublé. Comment voulez-vous que les agriculteur·trice·s survivent ? »

La fréquence croissante des catastrophes climatiques, notamment les tempêtes de grêle, les pluies intempestives, les sécheresses prolongées et la diminution des sources d’eau, rend encore plus difficile l’obtention d’une bonne récolte. Au cours des 30 dernières années, le coût des intrants a régulièrement augmenté, alors que les prix de vente n’ont pas suivi. En conséquence, la moitié des ménages agricoles ruraux se retrouvent endettés, le suicide devenant tragiquement un moyen désespéré de s’en sortir.

Les agriculteur·trice·s ne savent plus où donner de la tête. S’accrochant à leurs dernières forces pour survivre, ils croient fermement qu’un prix minimum de soutien garanti par la loi empêcherait au moins que leur production soit vendue à des prix inférieurs.

Toutefois, l’adoption d’une telle loi est plus facile à dire qu’à faire. L’adhésion de l’Inde à l’Organisation mondiale du commerce a exposé ses programmes de sécurité alimentaire et d’approvisionnement public à des attaques répétées de la part des pays orientés vers l’exportation, en particulier les États-Unis, qui les qualifient de « distorsions commerciales ». Ces pays considèrent tout soutien national offert aux agriculteur·trice·s indien·ne·s comme une entrave à l’accès au marché. Même les mécanismes de sauvegarde spéciale proposés pour permettre aux gouvernements nationaux de contrôler l’afflux d’importations bon marché ont été des points litigieux lors des négociations agricoles à l’OMC. Pour les pays en développement comme l’Inde, le soutien interne qu’ils apportent aux agriculteur·trice·s – y compris le prix minimum de soutien – est crucial pour le maintien des économies rurales.

Pris dans ce bourbier, les agriculteurs sont les premiers à souffrir de la situation.

Le prix minimum de soutien proposé par le gouvernement indien ne couvre que 23 cultures, et les agriculteur·trice·s affirment depuis longtemps que ces prix couvrent à peine les coûts de production. Ils plaident en faveur d’une méthodologie redéfinie pour déterminer le coût de la culture en incluant les loyers et les intérêts pour les terres possédées et les actifs fixes. Ils demandent que le prix minimum de soutien soit au moins 50 % plus élevé que le coût révisé des intrants. Un rapport de 2006, souvent appelé « rapport de la commission Swaminathan » en Inde, recommandait que le prix minimum de soutien soit supérieur d’au moins 50 % au coût de production moyen pondéré. Cette recommandation n’a toutefois pas été suivie d’effet.

À Bangalore, lors de la commémoration du 88e anniversaire du légendaire leader paysan Prof. M D Nanjudaswamy au Karnataka, Rakesh Tikat de l’Union Bhartiya Kisan, une figure importante de l’agitation de 2020, a souligné l’importance de mettre en œuvre les recommandations faites par M S Swaminathan, plutôt que de simplement l’honorer à titre posthume.

« C’est une bonne chose que le gouvernement ait honoré M S Swaminathan de la plus haute distinction civile à titre posthume. Mais ce qui est plus important pour les agriculteur·trice·s, c’est que les gouvernements mettent en œuvre les recommandations de M S Swaminathan et en fassent une garantie juridique. »

1 tracteur, 1 village, 15 personnes, 10 jours – la formule qui a soutenu un mouvement paysan pendant 13 mois en Inde

En 2020, le gouvernement indien a introduit trois lois agricoles controversées qui, selon les agriculteurs, visaient à corporatiser le système agricole sans s’attaquer aux causes profondes de la détresse. Les protestations véhémentes menées par les agriculteur·trice·s pendant 13 mois ont contraint le gouvernement indien à retirer ces lois.

Tikait a décrit leur stratégie pendant les manifestations : “Il n’a pas été facile de protester pendant 13 mois, car cela s’étendait sur plusieurs saisons. Nous avons donc suivi une formule selon laquelle chaque village envoyait un tracteur transportant 15 personnes jusqu’à la frontière de Delhi et, au bout de 10 jours, ces personnes revenaient tandis qu’un autre groupe du village les remplaçait. Il s’agissait d’une démonstration de force et de solidarité de la part des agriculteur·trice·s indien·ne·s, qui s’inscrivait dans une réalité liée à la baisse des revenus et à l’augmentation des dépenses

En retirant les lois en 2021, le gouvernement indien s’est également engagé à aborder la question du prix minimum de soutien, mais aucun progrès n’a été réalisé depuis.

S’adressant à TRT World lors de la commémoration du 13 février, Chukki Nanjudaswamy, de l’association des agriculteur·trice·s de l’État de Karnataka, a regretté le manque d’action du gouvernement concernant la détresse rurale et l’absence de législation garantissant le prix minimum de soutien. « Nous avons été victimes d’un système néolibéral et de catastrophes climatiques. Aucun gouvernement ne se penche sur la question. Ils auraient dû au moins organiser une discussion sérieuse au Parlement. Plus de 25 % de notre population a quitté les zones rurales au cours de la dernière décennie. »

Devinder Sharma, également présent lors de la cérémonie à Bangalore, a souligné le caractère mondial de la crise des paysan·ne·s, citant les manifestations en cours en Europe pour réclamer des prix équitables pour les produits et un plus grand soutien de l’État à la transition agroécologique. Il a mis en garde contre les dangers de la mondialisation, faisant écho aux précédentes mises en garde du professeur M.D. Nanjundaswamy concernant ses implications pour les agriculteur·trice·s.

« De l’Europe à l’Inde, les petits producteur·trice·s de denrées alimentaires descendent dans la rue pour protester contre les tentatives visant à rendre l’agriculture non viable pour eux·elles. Alors que la tendance mondiale s’oriente vers l’agriculture industrielle et l’agrotechnologie, avec l’émergence d’usines agroalimentaires à grande échelle, le modèle agricole traditionnel est confronté à des menaces existentielles », a-t-il déclaré. M. Sharma a également cité des exemples de protéines fabriquées en laboratoire qui remplacent les protéines réelles, comme l’approbation récente de la viande cultivée en laboratoire aux États-Unis. Il a averti que cette tendance poussait l’agriculture vers un avenir dystopique où les agriculteur·trice·s seraient marginalisé·e·s, faisant écho aux préoccupations exprimées par le professeur M.D. Nanjundaswamy il y a plusieurs dizaines d’années.

« La situation critique des agriculteur·trice·s indien·ne·s est un microcosme d’une crise mondiale qui touche les petit·e·s agriculteur·trice·s du monde entier. En 2020, les agriculteur·rice·s indien·ne·s ont fait preuve de résilience en manifestant pendant 13 mois. Nous pouvons recommencer, et nos villages observent attentivement ce qui se passe. Le gouvernement peut apporter une solution en un rien de temps s’il le souhaite sincèrement. Il suffit d’adopter une loi qui garantisse le PMS », rappelle Yudhvir Singh, de la Bhartiya Kisan Union, qui a également assisté à l’anniversaire de la naissance du professeur M.D. Nanjudaswamy.

« Le professeur MDN avait cette étrange capacité à relier les luttes mondiales, car il reconnaissait les réalités partagées par les paysan·ne·s du monde entier. Il a été l’un des fondateurs du mouvement paysan mondial La Via Campesina il y a trente ans, un excellent organisateur qui a rassemblé de nombreux mouvements paysans. Aujourd’hui, nous devons nous souvenir de son héritage alors que nous assistons une fois de plus à la mobilisation mondiale des petit·e·s producteur·trice·s du monde entier pour obtenir de meilleurs prix. » Le professeur Ravivarma Kumar, ancien procureur général du Karnataka et actuel membre du Comité international de coordination de La Via Campesina, s’est souvenu du légendaire leader paysan.

Le syndicat des agriculteurs de l’État de Karnataka, qui a organisé la manifestation de Bangalore, a également publié une résolution appelant le gouvernement indien à protéger ses stocks alimentaires publics et ses programmes d’approvisionnement, ainsi que les aides nationales aux intrants agricoles lors de la 13e réunion ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Abou Dhabi à la fin du mois. « L’Inde devrait résister à la pression de ces pays développés, car cela pourrait compromettre la sécurité alimentaire d’autres pays en développement, y compris l’Inde elle-même. Pour garantir la souveraineté des agriculteur·trice·s, telle qu’elle est défendue par le KRRS depuis les années 1990, nous demandons que l’agriculture reste en dehors des négociations de l’OMC », peut-on lire dans la résolution.

L’association des agriculteur·trice·s de l’État a également condamné l’attaque israélienne contre Gaza. « Nous demandons à notre gouvernement d’intervenir et de soutenir l’appel mondial en faveur de la paix à Gaza, d’exiger la fin immédiate de cette guerre et de demander à Israël de retirer immédiatement ses troupes afin de sauver les cinq millions de Palestinien·ne·s de Gaza et de Cisjordanie de la famine, de la mort et du meurtre. »

La résolution demande également l’interdiction stricte de l’expérimentation et des essais en plein champ de toutes les cultures transgéniques, y compris la moutarde transgénique tolérante aux herbicides. « L’introduction de moutarde tolérante aux herbicides dans les champs des agriculteurs sous le couvert de la technologie hybride est trompeuse, en particulier lorsque des hybrides non génétiquement modifiés sont facilement disponibles. Le gouvernement du Karnataka peut créer un précédent fort pour les autres États en interdisant la moutarde transgénique et toutes les autres cultures génétiquement modifiées dans l’État et en demandant instamment au gouvernement central de révoquer son approbation antérieure ».

le monde international article du 2024/02/17

En-inde-modi-defie-par-une-nouvelle-manifestation-de-masse-des-paysans

Des dizaines de milliers de paysans indiens ont commencé une nouvelle marche vers la capitale, baptisée « Delhi Chalo » (« en route pour Delhi »), à l’appel de deux cents syndicats d’agriculteurs. Ils se sont mis en branle avec tracteurs et remorques, mardi 13 février, partis du Penjab, le grenier de l’Inde, et de l’Haryana, avec la ferme intention de bloquer New Delhi. L’histoire se répète : ils avaient déjà campé aux portes de la capitale entre novembre 2020 et novembre 2021, la plus longue grève de l’histoire de l’Inde. Ils avaient regagné leurs champs après avoir obtenu le retrait de trois lois de libéralisation des marchés agricoles. Une immense victoire, remportée à un prix très lourd. Sept cents paysans sont morts durant le siège de la capitale.

Toutes les promesses n’ont pas été tenues. Le gouvernement avait lancé la création d’un groupe chargé d’examiner la possibilité d’imposer des prix minimum garantis pour les récoltes dans l’ensemble du pays. Mais aucune décision n’a été prise. Cette question est au cœur de la nouvelle marche.

Les paysans réclament l’instauration de tarifs minimum pour toutes leurs productions, pas seulement le blé, le riz et la canne à sucre, comme c’est le cas aujourd’hui. Ce système permet de protéger les agriculteurs de la volatilité des cours, les pouvoirs publics intervenant lorsque les prix du marché passent en dessous du tarif minimum garanti.

« Des années de négligence »

Les syndicats demandent aussi une pension de 5 000 roupies (55,8 euros) pour les agriculteurs, un allègement de leur dette et le retrait des poursuites judiciaires engagées lors des précédentes manifestations. Ils exigent enfin que l’Inde quitte l’Organisation mondiale du commerce (OMC), pour se protéger de la concurrence de l’étranger. Février 14, 2024 AMNESTY INTERNATIONALES

Inde. Les restrictions croissantes et l’escalade de la répression contre la marche des paysans menacent le droit de manifester pacifiquement

En réaction aux restrictions croissantes et à l’escalade de la répression imposées par les autorités indiennes face à la marche pacifique des paysans, baptisée « Dilli Chalo », Aakar Patel, président du conseil exécutif d’Amnesty International Inde, a déclaré :

« Au lieu de faciliter le droit de manifester, le gouvernement indien déploie encore une fois beaucoup d’efforts pour réprimer les manifestations pacifiques des paysans à travers le pays. La marche ” Dilli Chalo “ se heurte à la répression, ce qui va à l’encontre de l’obligation du gouvernement de ne pas restreindre les rassemblements pacifiques de manière inutile ou disproportionnée.

« Les autorités indiennes doivent désamorcer sans attendre la situation et garantir les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et de circulation. Elles doivent condamner toute allégation de recours inutile et excessif à la force par les forces de l’ordre contre les manifestations d’agriculteurs dans le pays et mener des enquêtes efficaces. Les gaz lacrymogènes ne doivent être utilisés qu’en dernier recours pour faire face à une violence généralisée, après avoir évalué précisément les risques, lancé un avertissement verbal et donné aux participants la possibilité de se disperser.

« En outre, les grenades lacrymogènes ne doivent pas être larguées par des drones, au risque d’exposer les manifestants à des quantités excessives de substances chimiques, de provoquer panique et désorientation, et d’empêcher les manifestants d’identifier le meilleur itinéraire pour se disperser.

« Amnesty International engage les autorités indiennes à cesser d’écraser la dissidence pacifique et à lever toutes les restrictions injustifiées qui entravent les manifestations pacifiques dans le pays, notamment les interdictions générales, les coupures d’Internet empêchant la diffusion d’informations en temps voulu, ainsi que l’usage illégal de la force par les responsables de l’application des lois et l’arrestation et la détention arbitraires de manifestant·e·s pacifiques. »

Complément d’information

Plus de 200 syndicats agricoles indiens participent à la marche du « Dilli Chalo » depuis les États du Pendjab, de l’Haryana et de l’Uttar Pradesh, dans le but de parvenir jusqu’à la capitale, New Delhi. Ils portent 12 revendications, notamment la garantie légale d’un prix minimum de soutien pour toutes les récoltes, promesse faite par le gouvernement en 2021. D’après les informations dont dispose Amnesty International, la marche est pacifique, car elle ne donne pas lieu à des violences graves et généralisées, et est par conséquent protégée par les normes internationales relatives au droit à la réunion pacifique.

Les autorités ont imposé l’article 144 du Code indien de procédure pénale, qui interdit les rassemblements de plus de quatre personnes, à trois frontières de Delhi et dans 15 districts de l’État de l’Haryana. L’accès à New Delhi est bloqué par d’importantes barricades et un vaste déploiement de forces de sécurité, la mise en place de blocs de béton, de clous en fer et de fils barbelés, et Internet est coupé dans au moins sept districts de l’Haryana. Ces restrictions injustifiées constituent une violation du droit de réunion pacifique.

Le 13 février, certains des paysans mobilisés, près de la frontière de Shambhu en périphérie de Delhi, ont commencé à écarter les barricades pour poursuivre leur avancée. Ces actes n’ont pas entraîné un usage de la force susceptible de provoquer des blessures ou des décès, ni des dégâts matériels graves, et ne justifiaient donc pas l’intervention de la police pour disperser le rassemblement. Pourtant, la police de l’Haryana a tiré des salves de gaz lacrymogènes, y compris à l’aide de drones, pour disperser les manifestants. C’est la première force de police en Inde à utiliser des drones pour larguer des grenades lacrymogènes afin de disperser une manifestation.

D’après des sources policières, au moins 4 500 grenades lacrymogènes ont été tirées pendant six heures. Les leaders du mouvement paysan ont affirmé que certaines ont été larguées sur des fermiers âgés qui attendaient un peu plus loin sur des remorques de tracteurs. Ils ont ajouté que la police détenait une dizaine de paysans depuis mardi 13 février et que plusieurs manifestants ont été blessés par des tirs de projectiles à impact cinétique (balles en caoutchouc).

MEDIAS GAZAOUIS / MINEURS ISOLES

A Gaza, pour la première fois, nous assistons à un génocide en direct, et les journalistes qui le documentent le font au péril de leur vie. Depuis le 7 octobre, 123 journalistes et travailleuses/rs des médias à Gaza ont été tués·es lors des bombardements israéliens sur la bande de Gaza. Il s’agit de la période la plus meurtrière pour les journalistes dans l’histoire moderne. Les journalistes qui continuent leur travail le font dans des conditions terribles et traumatisantes. Ce sont des aussi des personnes civiles déplacées de leurs foyers avec leur famille. Leur matériel est détruit : appareils photo, ordinateurs portables, téléphones. A ce sujet, le 18 février, se tenait au Hasard Ludique, une soirée de soutien aux journalistes palestiniens de Gaza. Nous vous diffusons donc en première partie d’émission un montage réalisé à partir des prises de paroles qui s’y sont tenues. Nous entendrons les interventions d’Anne Paq, coréalisatrice du documentaire “Gaza, a Gaping Wound” et d’une membre de reporter solidaire. Serons également abordés les questions du Pinkwashing, la responsabilité des médias occidentaux et l’accessibilité aux médias arabophones.

Dans une deuxième partie d’émission, nous diffusons un reportage réalisé le 6 février 2024 dernier autour de la mobilisation des collectifs de mineurs isolés pour le respect de la présomption de minorité et l’obtention des droits qui en découle. En effet, cette semaine, la préfecture de Paris a envoyé sa police démanteler les 3 camps de fortune occupés par plusieurs centaines de mineurs isolés depuis des mois au Pont Marie, Pont Sully et Pont Neuf. La préfecture a prétexté la montée de la Seine pour expulser des enfants des seuls abris qu’ils avaient trouvés. Si l’objectif avait été réellement de les protéger de quoi que ce soit, alors des hébergements en mesure d’apporter cette garantie auraient été proposés. Suite à leur expulsion des 3 ponts, les mineurs se sont rassemblés mercredi soir devant l’hôtel de ville, le collectif des jeunes du parc de Belleville a demandé à ce que les mineurs isolés soient reçus en délégation par la préfecture et par la mairie pour trouver rapidement une solution, aucune réponse. La police a plutôt nassé les mineurs isolés avant de les menacer de les dégager par la force. Les jeunes ont décidé de partir en direction de la cité des Arts pour s’abriter sous les arcades, la préfecture leur dit d’abord qu’elle les tolérera à cet endroit avant de les menacer de dégager pour finalement, face à la résistance des jeunes épuisés mais déterminés, accepter qu’ils restent à condition de ne pas monter leur tente. Depuis plusieurs jours, le collectif des mineurs isolés du parc de Belleville alertent l’ensemble des réseaux de solidarité : dans plusieurs gymnases que les jeunes ont arrachés au fur et à mesure de leur lutte et de leurs actions, la mairie de Paris commence à proposer des rendez-vous individuels afin d’établir des dossier SIAO (Service Intégré de l’Accueil et de l’Orientation). Inquiets de la pérennité de leur hébergement, solidaires de leurs camarades laissés à la rue, les mineurs isolés soupçonnent que la mairie a pour projet de les disperser hors de Paris après la fin de la trêve hivernale et avant les Jeux Olympiques.Rien ces derniers jours n’a démontré que ces soupçons étaient faux. 23 jeunes mineurs du Collectif des Jeunes du Parc de Belleville ont été expulsés du centre de Porte de La Villette la semaine dernière. Après le 31 mars, pendant le ramadan et avant les JO : Expulsion, dispersion, évacuation. Chaque jour, les mineurs isolés hébergés doivent se débrouiller pour manger auprès des associations, se réfugier de la pluie car leurs hébergements sont fermés en journée, éviter les contrôles RATP, fuir la police qui les harcèle, se soigner…Ce qui arrive aux mineurs isolés à Paris, n’est ni une exception, ni une erreur, ni un manque de moyen. C’est le projet raciste de société du pouvoir qui explose à nos yeux, comme à Calais, dans les Alpes, dans la Manche, la Méditerranée, une société qui refuse de reconnaître la moindre humanité aux migrant.e.s. Les mineurs isolés exigent immédiatement : 

• La présomption de minorité• Des hébergements dignes où ils peuvent rester jusqu’à leur recours ensemble et en lien avec les réseaux de solidarité, syndicats et associations 

• Une couverture médicale digne

• L’accès aux cantines solidaires de la Ville de Paris pour se nourrir • L’accès à l’école 

• Des transports gratuits comme tous les mineurs d’Ile-de-FranceNous demandons également que les demandes de délégations des mineurs soient acceptées, qu’ils soient représentés par les délégués du collectif des jeunes du parc de Belleville et leurs soutiens comme ils l’exigent depuis des semaines à la Maire du 20e, à la Ville de Paris et à la Préfecture.

Cagnotte du collectif des mineurs isolés du parc de Belleville : https://www.helloasso.com/associations/liberte-egalite-papiers/formulaires/1

Pour un retrait rapide de l’armée française d’Afrique

Le mercredi 28 février dernier avait lieu à la bourse du travail de Paris une réunion publique pour renseigner et dénoncer l’ingérence militaire française en Afrique.

Texte d’appel :

« Il y a un an, le 27 février 2023, Emmanuel Macron annonçait depuis l’Élysée vouloir réformer le statut des bases militaires françaises permanentes en Afrique afin, disait-il, de tenir compte des « bouleversements » et « transformations profondes » auxquels la France était confrontée sur le continent. Entre temps, le coup d’État au Niger a rebattu les cartes et l’exécutif semble hésiter. Mais que ce projet de réforme aboutisse ou non, nous ne nous en satisferons pas. En quelques décennies, les justifications officielles successives au maillage militaire français en Afrique ont progressivement anesthésié tout débat public. Alors que s’impose l’idée d’une présence « naturelle » et indépassable de nos armées sur ce continent, nous disons à l’inverse :

« Armée française, hors d’Afrique ! »

En l’espace de quelques mois, après le Mali et le Burkina Faso, le Niger est le troisième pays à avoir exigé le départ de l’armée française, en dépit des menaces et des représailles de la diplomatie française. Quoiqu’on pense des nouveaux gouvernements à la tête de ces États, il est incontestable que l’exigence d’en finir avec l’ingérence française est partagée par les citoyens et citoyennes des pays africains, qui aspirent à une véritable souveraineté et une vraie autonomie. Au Tchad, dernier pays sahélien dans lequel des forces françaises sont présentes en nombre, les voix de l’opposition démocratique se font également entendre, malgré les risques qu’elles encourent, pour demander le retrait de l’armée française qui soutient la dictature du fils Déby après avoir soutenu celle du père.

Dans les autres pays où la France conserve une base permanente (Côte d’Ivoire, Gabon, Sénégal, Djibouti) mais également dans les pays voisins, ces mêmes exigences sont portées par un large arc de forces politiques, syndicales ou associatives. Comme elles, nous affirmons qu’il est temps :

  • que les bases militaires françaises soient purement et simplement démantelées,
  • que les opérations et les ingérences extérieures prennent fin,
  • que la coopération militaire et policière avec les régimes autoritaires cesse

Éclairage de chercheur-ses et journalistes, témoignages de militant-es, prises de parole sur les thèmes suivants :

  • Histoire de la présence militaire française et de la force destructrice des anciennes opérations, avec un lien sur les migrations.
  • Échec de la décennie de guerre contre le terrorisme et regain des mobilisations populaires contre la présence militaire française en Afrique
  • Contre-pouvoirs, contrôle et débat démocratiques sur la présence militaire française en Afrique. »

STOP ARMING ISRAEL

Lundi 12 février , Stop Arming Israël France était organisée une rencontre avec M. Rigouste chercheur en sciences sociales et militant qui prépare actuellement un documentaire sur l’industrie de l’armement, P. Bouveret co-fondateur de l’Observatoire des Armements et auteur d’une brochure sur les collaborations militaires France-Israël ; et A. Paq photographe et membre du collectif Activestills qui a documenté l’affaire impliquant l’entreprise française Exxelia dans le meurtre de trois enfants a Gaza touchés par un missile israélien à la bourse du travail République, pour s’informer et agir contre les collaborations militaires France-Israël.

Qu’est-ce que Stop Arming Israël France?
Stop Arming Israël France est une réponse à l’appel mondial à l’aide lancé par 30 syndicats palestiniens, le 16 octobre 2023 : «End all complicity. Stop Arming Israel»

L’appel peut être lu sur le site internet workersinpalestine.org :
https://www.workersinpalestine.org/

Les revendications de cet appel sont simples, elles demandent aux travailleurs et aux syndicats partout dans le monde de :

• Refuser de construire des armes destinées à Israël.
• Refuser de transporter des armes vers Israël.
• Adopter des motions en ce sens au sein de leurs syndicats.
• Agir contre les entreprises complices qui participent à la mise en œuvre du siège brutal et illégal d’Israël.
• Faire pression sur les gouvernements pour qu’ils cessent tout commerce militaire avec Israël et, dans le cas des États-Unis, qu’ils cessent de le financer.

Cet appel s’inscrit dans la tradition de solidarité internationale entre les travailleurs qui est centrale dans le mouvement syndical et ouvrier.

Dès novembre 2023, nous avons décidé de répondre à cet appel et ce dans le but d’enrayer la machine de guerre israélienne.

Sans le soutien militaire des pays occidentaux, Israël ne pourrait pas mener l’offensive génocidaire en cours. Sans les envois d’armes, de technologies, de pièces détachées par les grandes puissances du monde, les bombardements cesseraient au bout de trois jours!

Depuis octobre 2023, nous implorons nos gouvernants, jour après jour, de demander un cessez-le-feu, mais il est clair que ni Netanyahou ni nos chefs d’État ne nous écoutent ni ne nous écouteront. Ce cessez-le-feu, nous devons donc l’imposer, en coupant les vivres à l’armée israélienne, en coupant le robinet des envois d’armes !

Mais la France collabore-t-elle vraiment, militairement parlant, avec Israël?
On entend souvent dire que ce ne sera pas ou plus le cas…
Officiellement, le ministère des armées prétend que la France n’exporte pas de matériels létaux susceptibles d’être employés contre la population civile à Gaza… Mais ce même ministère assure également que la France «exporte des équipements militaires à Israël afin de lui permettre d’assurer sa défense.»
Certes, Israël est un petit marché pour la France (de 15 à 25 millions d’euros chaque année. Pour comparaison, les exportations totales de la France, en matière d’armement, se comptent en dizaines de milliards d’euros).
Mais, OUI, la France vend bien des armes à Israël : des drones (Safran, Thalès, Dassault), des missiles (MDBA, Nexter) mais encore des bombes, des torpilles, des roquettes, des avions. Toutes collaborations que nous préciserons et dont nous discuterons le 12 février. Le salon de l’armement Milipol, en date du 15 novembre dernier, avec en vedette 52 entreprises israéliennes, prouve également toute l’étendue de la complicité mortifère de la France avec Israël.
Donc, OUI, il faut désarmer Israël pour que cessent les exactions atroces dont les palestiniennes et palestiniens sont victimes.

Cette soirée du lundi 12 février nous permettra précisément d’une part, de mettre à jour les liens militaires, multiples et opaques, entre la France et Israël, d’autre part, nous y discuterons de la façon de les rompre, de ce que nous pouvons concrètement mettre en œuvre, collectivement, pour que le désastre humanitaire en cours à Gaza s’achève.

Nous le savons, après plus de trois mois de guerre, nous ne pouvons compter que sur nous pour lutter contre le génocide en cours ainsi que contre le soutien et la collaboration, militaire notamment, de la France avec Israël. Plus que jamais, ne désespérons pas de nos forces et de la puissance de la solidarité, nationale et internationale et n’acceptons jamais le silence ou l’inaction face à la politique criminelle que Macron mène en notre nom !

MOBILISATION EN SOLIDARITE AU CONGO RDC

Comment la mort de près de 6 millions de personnes, en l’espace de 25 ans, a-t-elle pu être passée sous silence médiatique ? Comment le génocide des Tutsis perpétré par les Uthus au Rwanda s’est-il « déplacé » au-delà de la frontière? Pourquoi trois guerres – les deux guerres du Congo et la guerre du Kivu – se sont ensuite succédé ? Pourquoi, encore aujourd’hui, les autorités congolaises couvrent-elles les massacres perpétrés par ses propres troupes ? Un indice revient souvent : l’avarice et cette envie internationale de faire main basse sur l’un des sous-sols les plus riches de la planète.

Depuis la fin du mois d’octobre 2023, plusieurs manifestations ont été organisées à Paris pour dénoncer ce silence. Aujourd’hui nous recevons donc dans nos studio Mheneryck, membre de l’association Lisanga Bana Mboka, collectif qui rassemble la communauté Kongolaise de France, Europe, Amérique jusqu’en Afrique dans le but de créer un élan fort de la solidarité et d’entraide sur tout ces territoires jusqu’au Congo, afin de revenir sur les raisons de leurs mobilisations.

La Palestine doit vivre

Le 7 février, cela faisait quatre mois que le génocide en cours à Gaza avait commencé. C’est cette date que le collectif Urgence Palestine Paris 20ᵉ avait choisi pour tenir une réunion publique autour de la mobilisation en solidarité à la résistance palestinienne. Une occasion de revenir sur l’ensemble des actions menées depuis le mois d’octobre, mais aussi de réaffirmer la nécessité de reconstruire des luttes internationalistes fortes. Malgré les manifestations, la décision de la Cour internationales de Justice, les diverses manifestations dans le monde entier et la résistance sur place, les attaques israéliennes ne baissent en intensité et le projet reste le même : faire disparaitre l’idée même de la Palestine.

Aujourd’hui, nous commençons donc par faire un bilan de la décision rendue par la Cour de justice internationale le 26 janvier dernier. Ensuite, nous diffusons des interviews réalisés le 6 février à l’arrivée de la délégation de l’association Palmed (association de médecins qui apporte une aide matérielle et un programme de développement des compétences médicales en Palestine et dans des camps de réfugiés au Liban) de retour de l’hôpital européen de Gaza.

Puis, nous reviendrons sur la mobilisation en France avec un camarade du collectif Samidoun ( réseau de solidarité aux prisonniers palestiniens), pour terminer cette émission en vous diffusant les prises de paroles de deux camarades palestinien-ne-s réalisé lors de la soirée du collectif d’Urgence Palestine paris 20ᵉ.

Argentine : l’élection de Javier Milei

En haut à droite : “Ici les forces du ciel nous disent qu’il ne faut pas sous-estimer les forces du sol”* ; En bas à gauche : “DNU dehors Milei, la caste ne sont pas les libres du Sud/travailleurs” ; En bas-milieu : “Milei je te défie de vivre avec le salaire de ma mère”

Dans cette émission, il sera fait un état des lieux de l’Argentine, des dynamiques à l’œuvre ayant conduit à l’élection du président libertarien argentin Javei Milei, le 19 novembre 2023. Avec notre invitée, Lauriane de la commission Amérique Latine du Nouveau Parti Anticapitaliste, nous nous entretiendrons du profil politique du nouveau président, de ses liens avec les extrêmes-droites, et bien sûr de ses politiques. Le 24 janvier 2024, jour d’appel à la grève générale, se tenait de nombreuses manifestations à travers le pays afin de contester deux énormes trains de mesures : la loi dite Ómnibus et le Décret de Nécessité et d’Urgence (DNU) ; lesquelles entraîneraient si elles étaient adoptées, de profonds reculs des droits sociaux et politiques, mais aussi des mesures répressives et quantité de dérégulations. C’est à cette attaque brutale que répond une partie de la population argentine, par cette première journée de mobilisation d’ampleur.

Commentaire de slogan
*Par rapport à la référence inscrite sur le ballon visible dans la vignette d’illustration : “Les forces du ciel” font initialement référence à une citation de l’Ancien Testament, écrits au IIe siècle avant notre ère et traitant des révoltes des Maccabées. « À la guerre, la victoire ne dépend pas du nombre de soldats, mais des forces du ciel. ». Un article de Clarin en date du 10 décembre 2023 nous apprend que Javier Milei se serait référé pour la première fois à cette citation en 2021, pour faire référence au protestations sociales à Cuba, et une autre fois, selon lui, afin de répondre à ceux qui remettaient en question le poids de son nouveau et alors minuscule parti, La Libertad Avanza (LLA), au Congrès. Après quoi, avec notamment l’usage des réseaux sociaux, ses militants auraient repris à leur compte l’expression, jusqu’à s’en faire une identité. L’expression a depuis été réutilisée, et a servi allégrement dans le merchandising de la campagne présidentielle du nouveau président argentin, devenant également un meme, comme le fut le slogan Make America Great Again pour Donald Trump aux États-Unis. Toutefois, cette première expression se distingue par sa dimension messianique, et vient renforcer la dimension de figure providentielle et d’outsider de Milei. Les forces du ciel ne sont de sorte pas juste ses militants, mais constituent aussi la force et la ferveur qui anime sa politique et ses partisans. A la manière de David contre Goliath d’une certaine façon. On comprendra donc que l’inscription sur le ballon en haut à droite de la vignette d’illustration « Ici les forces du ciel nous disent qu’il ne faut pas sous-estimer les forces du sol », constitue une réponse à l’ambition de Milei et de ses partisans, non sans une certaine ingéniosité dans sa réarticulation : le ciel fait référence au ballon, lequel n’est en réalité qu’une balise pour se rendre visible, à la manière d’une ancre rattachée à la terre. Terre qui se trouve être les masses manifestantes, présentes en nombre ce jour-là. Une manière de ramener symboliquement le président argentin à la réalité, et de signifier que si le ciel pouvait insuffler et guider les foules, il pouvait également soulever des montagnes.

Lien vers le site de l’Assemblée de Citoyens Argentins en France (ACAF) : lien
Lien vers le site H.I.J.O.S. Paris : lien

théorie critique du sport et JOP 2024: Les anneaux des J.O n’enchaîneront pas les travailleurs

Dans l’émission de ce jour, il sera question de la théorie critique du sport et de mobilisation sociale en vue des jeux olympique et paralympique paris 2024.

Nous commençons par la question de la théorie critique du sport. En effet, ce 17 janvier 2024, dans le 11e arrondissement de paris, la librairie Quilombo recevait À l’occasion du nouveau numéro spécial consacré aux Jeux Olympiques de Paris 2024, l’équipe du Chiffon, le journal de Paname et de sa banlieue, ils le présentaient en compagnie de Jean-Marie Brohm, auteur de notamment : Pierre de Coubertin, le seigneur des anneaux (Éditions Quel Sport ?) et nous allons entendre une partie de son intervention.

En seconde partie d’émission, nous continuons sur les jeux olympique et paralympique paris 2024 et l’appel à la grève et à se rassembler ce 17 janvier 2024 devant le siège du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques à Saint-Denis. Car Les travailleurs du commerce et services ne veulent pas être les esclaves du capitalisme. En effet, un palmarès de mesures régressives est déjà annoncé. particulièrement un décret permettant de suspendre le repos hebdomadaire dans certaines entreprises pendant les JO. Pour cela, Nous avons réalisé un entretien avec Amar Lagha Secrétaire Général de la CGT commerce.

Revenons sur Bernard Thibault, en effet, L’ancien secrétaire général de la CGT, copréside, depuis 2018, le Comité de suivi de la charte sociale, signée par les organisations syndicales, patronales, et les collectivités impliquées dans l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Il siège également, au sein du Comité d’organisation des Jeux et au conseil d’administration de la Solideo, l’établissement public chargé des infrastructures construites. Voilà comme se recycle aujourd’hui, les anciens chefs syndicaux.

NOS VOEUX avec le Poing de Montpellier et la grand goule

La rédaction du Poing vous souhaite ses meilleurs vœux pour 2024 ! Nous avons fouillé dans nos archives pour vous proposer un petit bilan de l’année écoulée dans le Clapas

Bon, qu’on se le dise, 2023 était quand même bien pourrie. Peut-être moins pire que 2020 et ses confinements, mais quand même : records de températures, massacres dans la bande de Gaza, gouvernement macroniste toujours plus en roue libre… Petit tour d’horizon (non-exhaustif) d’un an d’actu dans la 7ème ville de (F)rance.

Un mouvement massif contre les retraites

2023 a démarré en fanfare : la réforme des retraites, mesure phare du second quinquennat Macron, a largement mobilisé dans les rues de Montpellier. Premier round massif le 19 janvier dans les rues de la “surdoue”, avec 25 000 personnes à battre le pavé, à l’appel de l’intersyndicale, suivi de son lot d’actions (blocage du dépôt pétrolier de Frontignan, rassemblement devant les locaux du MEDEF, manifs sauvages avec feux de poubelles) et de mobilisations sectorielles, notamment chez les cheminots, dans l’éducation nationale ou chez les étudiants, notamment en fac de sciences, pourtant peu connue pour se mobiliser en période de mouvement social. Autre moment important de cette séquence : la visite de Macron à Ganges, fortement perturbée par des manifestants, aussitôt réprimés.

Manifestation du 7 février à Montpellier contre la réforme des retraites. (Mathieu Le Coz/Hans Lucas)

Une mobilisation quantitativement importante (jusqu’à 40 000 personnes le 7 ou le 22 mars), mais insuffisante pour faire plier Macron et son gouvernement. Comment l’expliquer ? Dans un article d’analyse publié dans notre numéro 36 (printemps 2023), une étudiante pointait du doigt la difficulté d’organiser et de coordonner des assemblées générales de luttes : « On a eu la sensation d’atteindre un plafond de verre assez vite, dans le nombre de secteurs représentés. La plupart de ces secteurs étaient déjà connectés avant la première AG : les cheminots venaient souvent sur le campus, les autres secteurs représentés se retrouvaient régulièrement sur des actions. Malgré une présence collective sur les piquets de grève, l’AG interpro n’a pas réussi à drainer d’autres salarié·e·s mobilisé·e·s sur la ville, comme les travailleur·ses de la TAM, de Nicollin, ou de l’énergie. Un faible investissement dans l’orga, accentué par la fonte des taux de grévistes au quotidien, a découragé. Le bilan n’est pas nul, à défaut d’une direction locale et démocratique pour le mouvement, les liens entre participant·e·s se sont resserrés, on a pu organiser une belle soirée de soutien à la grève le 6 avril. »

Cette désaffection des assemblées générales professionnelles peut aussi s’expliquer par la multiplication des contrats de travail courts et précaires, très exposés à la répression patronale, l’inflation importante pesant lourdement sur les petits salaires, etc. La grève dans le privé, notamment dans les PME, était faible. Une culture de la grève ne se construit pas en quelques semaines, et les projets de massification des arrêts de travail ne se situent pas sur la même temporalité que la lutte sur les retraites.

Les assemblées de luttes autonomes, comme celles initiées par le groupe Montpellier contre la vie chère, n’ont pas non plus rassemblées les masses, bien qu’elles aient conduits à mener plusieurs actions : barrages filtrants, tractages, blocages de sites jugés moteurs dans l’économie locale.

Assassinat de Nahel : la ville s’est embrasée

27 juin. Nahel, un jeune de Nanterre, se faisait tuer par un policier. Des émeutes ont eu lieu dans tout le pays en signe de protestation. A Montpellier, les quartiers Mosson-La Paillade ont rejoint la révolte dans la nuit du 29 au 30 juin. Barricades incendiées, bris de vitres du bureau de police Nord, tirs de feu d’artifice, pillage de l’Aldi Saint-Paul, caméras cassées… France 3 notait qu’une « personne âgée de 71 ans a également été admise au CHU de Montpellier […] elle aurait été victime d’un tir de LBD, un lanceur de balles de défense. »

Des affrontements ont également eu lieu à la Devèze, à Béziers (attaques de la mairie annexe, de la Mission locale et d’un distributeur automatique de billets), à Nîmes (poste de police de l’avenue Bir Hakeim visé) et à Narbonne (voitures incendiées).

Des scènes de jonctions entre militants du centre-ville et jeunes des quartiers populaires ont également été observées. Le 3 juillet, 19 personnes ont été déférées au parquet, avec des condamnations allant des travaux d’intérêts généraux à de la prison ferme.

En septembre, en réaction à ces violences policières, une manifestation réunissant un millier de personnes a été organisée à Montpellier.

Photo de la manifestation contre les violences policières organisée en septembre à Montpellier. (“Le Poing”)

Montpellier la mystique

Si Montpellier n’a pas été choisie pour devenir capitale européenne de la culture, serait-elle en train de devenir la capitale des thérapies new-age teintées d’ésotérisme ? En mai 2023, le salon du bien-être “Demain c’est aujourd’hui” accueillait au château de Flaugergues des entrepreneurs en bien-être (ainsi que des membres de la secte d’extrême-droite “Les Brigandes”). Le Poing avait sorti une enquête très détaillée à ce propos, et des sponsors s’étaient retirés de l’événement. Le salon avait d’ailleurs été pointé du doigt par l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (Unadfi) pour ses risques de dérives sectaires. Le sommet aura finalement fait un beau flop, qui conduira l’organisatrice à lancer une cagnotte en ligne pour rembourser son manque à gagner et payer ses prestataires. Elle récupèrera seulement 200 euros sur les 66 000 demandés.

En septembre, des « mediums » et « guérisseuses » proposaient des « rituels de dégagement des magies noires » au plomb et autres massages, lithothérapie et « nettoyage énergétique du mauvais œil » à la journée des associations d’Antigone. En octobre, un autre salon du bien-être, “Mystic”, avait lieu au château de Flaugergues, sans médecins du CHU, mais avec son lot de « chamans », litothérapeutes et autres promoteurs de « thérapies holistiques ».

Toujours en octobre, la foire internationale de Montpellier, soutenue par la Ville, la Métropole et le Département, qui s’est tenue au parc des expositions, a encore fait la part belle aux « guérisseurs », « patriciens reiki », et « annulateurs de sortilèges »… Enfin, le salon “Bio&harmonies”, qui s’est tenu du 8 au 10 décembre dernier, également au parc des expos, mettait lui aussi en avant des « thérapies complémentaires » : « alchimie gnostique », « thérapeute dans le Quantique », « sono-thérapeute », « psychologie biodynamique », « soin spirituel »…

Enfin, en décembre, étaient organisées les journées internationales de l’Observatoire des pratiques professionnelles en santé intégrative (OPPSI), une association de promotion de cette médecine. Le congrès, finalement annulé après une saisie des autorités par l’Ordre des médecins, prévoyait d’inviter entre autres, un médecin antivax et surtout, un médecin se réclamant de la doctrine de l’anthroposophie, un courant ésotérique cité par la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires comme pouvant présenter des risques pour la population.

Ce n’était pas la première fois que le Poing évoquait dans ses colonnes l’anthroposophie à Montpellier : en septembre dernier, nous révélions que la mairie et la Métropole avaient signé un prêt à une banque citée dans un rapport de la Miviludes dans son chapitre sur l’anthroposophie, et en octobre, que le site de la Ville faisait la promotion sur son “portail des assos” en ligne d’une association dont la mission est de faire connaître cette doctrine (supprimée après publication de notre article).

L’extrême-droite toujours en embuscade

Fidèle à sa ligne éditoriale fermement engagée contre les extrêmes-droites, Le Poing a encore une fois beaucoup documenté les faits et gestes des fachos locaux en 2023.

Nous avons notamment évoqué les menaces subies par des syndicalistes du bassin de Thau durant la réforme des retraites, la complaisance de l’ancien préfet Hugues Moutouh (remplacé depuis par François Xavier-Lauch, un proche de Macron et Darmanin) avec les manifestations d’extrême-droite, les péripéties administratives conduisant à l’annulation du spéctacle de l’antisémite Dieudonné (théoriquement de retour dans le Clapas à la fin du mois), ainsi que la présence de symbole fascistes sur les tenues de policiers montpelliérains.

Nous avons également révélé que Jordi Vives, ancien cadre du groupuscule raciste et violent La Ligue du Midi, était devenu assistant parlementaire de l’eurodéputé Gilbert Collard. A l’occasion du sommet “MEET” dont nous parlions plus haut, nous avons consacré deux articles à la secte d’extrême-droite les Brigandes : l’un sur leur business immobilier et sur leurs conférences ésotériques new-age, et l’autre sur leurs liens avec Moscou et des nationalistes russes.

Nous avons relaté une série de procès opposant justement un membre de la Ligue du Midi ou un soutien des brigandes à des membres de la Ligue des droits de l’Homme.

En septembre, nouvelle révélation : une ex-cadre du groupuscule dissous Génération Identitaire fonde une association de parents d’élèves à Aniane, petit village héraultais. Une information ensuite reprise par Libération en citant Le Poing.

Nous avons aussi beaucoup parlé de Béziers et de son sulfureux maire Robert Ménard : son refus de marier un couple car l’époux était sous un régime d’obligation de quitter le territoire français, son obstination à mettre des crèches de Noël dans sa mairie malgré les refus successifs du tribunal administratif, et de sa politique de fichage des propriétaires de chiens. De plus, nous avons discuté avec Daniel Kupferstein, réalisateur qui a filmé cette ville pendant sept ans pour en faire un documentaire sur la gestion municipale de Ménard.

Grève chez Onet : l’évènement social de la rentrée

Un phare dans la nuit” selon certains militants. il faut dire que cette grève, menée essentiellement par des femmes, souvent issues de l’immigration, en temps partiel imposé et sans grande culture syndicale, a suscité beaucoup d’attention de par sa longévité : le 13 septembre, les salariés d’Onet, entreprise qui gère le nettoyage du CHU de Montpellier, se sont mis en grève pour demander pour demander des augmentations de salaires, une prime équivalente au treizième mois et pour marquer leur refus d’un dispositif de contrôle sur téléphone où elles devaient rendre compte de chaque prestation effectuée dans les divers endroits qu’elles nettoyaient.

Une grève historique par sa durée, qui aura eu le soutien de députés insoumis comme Rachel keke ou François Ruffin.

Au bout de 80 jours de grève, elles ont finalement obtenu, via des négociations avec la direction, une prime exceptionnelle de 650 euros et un allègement du dispositif de traçage. 80 jours de lutte qui n’auraient sans doute pas été possibles sans un comité de soutien, rassemblant largement divers pans du mouvement social montpelliérain, qui a réuni près de 20 000 euros en organisant divers évènements pour abonder la caisse de grève.

Les salariées d’Onet étaient en première ligne de la manifestation intersyndicale du 13 octobre à Montpellier. (Mathieu Le Coz/Hans Lucas)

Toujours aux côtés de celles et ceux qui luttent, Le Poing a également couvert le mouvement des coursiers en lutte contre les plateformes de livraisons pour plus de droits, le combat des intermittents du spectacle pour la défense de leur statut, celui des profs contre la réforme des lycées pro ou des étudiants contre la sélection à l’université, la grève historique des attachés parlementaires en novembre ou plus récemment celle des salariés de l’association Issue, qui militent pour le renouvellement des contrats dans un accueil de jour pour des personnes à la rue, mais encore la mobilisation écologiste contre les travaux du LIEN au nord de Montpellier, jugés illégaux.

Fait cocasse, quand Michaël Delafosse, maire “socialiste” de Montpellier, se vante de “grignoter de l’espace aux voitures” en mettant en place la gratuité des transports (opérationnelles depuis fin décembre), alors que son comparse lui aussi socialiste Kléber Mesquida, à la tête du Département, fait construire un échangeur autoroutier qui va augmenter le trafic. N’y aurait-il pas une dissonance cognitive dans les rangs du PS héraultais ?

Massacres à Gaza : réaction populaire

Une actu chasse l’autre. C’est celle, dramatique, provoquée par l’attaque du Hamas le 7 octobre dernier, qui a agité les rues montpélliéraines en cette fin d’années. Malgré des tentatives d’interdictions par la préfecture (retoquées par le tribunal administratif), pas moins de dix manifestations réunissant parfois plusieurs milliers de personnes se sont enchainées tous les samedis dans le Clapas depuis octobre, avec la dernière en date, celle de la veille de Noël dans le quartier de la Paillade.

Image de la manifestation du 28 octobre en soutien à la Palestine sur la Place de la Comédie. (Mathieu Le Coz/Hans Lucas)

L’une d’elle a été marquée par une interpellation pour apologie du terrorisme, après qu’une personne ait qualifié l’attaque du 7 octobre comme un “battement d’aile de papillon” pour la résistance palestinienne. Des propos tenus en fin de manifestation alors que les organisateurs étaient déjà partis. L’homme sera jugé en février. Les organisateurs des manifestations avaient alors dénoncé une “instrumentalisation” politique et médiatique pour masquer le caractère légitime de la mobilisation.

Par ailleurs, les organisations mobilisées ont dénoncé le 11 décembre dernier devant la mairie de Montpellier la position de la Ville sur le conflit en cours et ont demandé (sans succès) à Michaël Delafosse, d’adopter en Conseil municipal une motion en faveur d’un cessez-le-feu.

Car depuis 1977, les élus locaux montpelliérains célèbrent, à l’initiative du centre culturel juif de Montpellier, la “journée de Jérusalem, capitale une et indivisible du peuple juif”. Une revendication alignée sur des intégristes israéliens et contraire au droit international, reprise par un certain Donald Trump en 2017. Et plus récemment, Michaël Delafosse a déclaré ;“il est mensonger de parler d’apartheid Israélien”.

Enfin, la fin de l’année a été marquée par la mobilisation contre la loi immigration de Darmanin. Des rassemblements et manifestations ont été organisées à Montpellier.

De notre côté, dix ans et un salarié

Pour la presse indépendante, 2023 a été une année riche : les camarades de la revue Frustration et du média Marseillais CQFD nous ont rendu visite à Montpellier, on s’est tous fédéré autour des états généraux de la presse indépendante le 30 novembre dernier à Paris pour porter des revendications, et la mobilisation devrait continuer en 2024.

Pour Le Poing, 2023 fut l’année des dix ans d’existence, une durée de vie inespérée pour un petit canard comme le notre (un numéro papier spécial anniversaire paraîtra le 12 janvier), mais aussi celle de l’embauche de son premier salarié à temps partiel. On a aussi commencé nos ateliers d’éducation aux médias et à l’information dans des établissements scolaires, et on compte bien poursuivre ! Cependant, la suite demeure précaire. Pour qu’on dure dix ans de plus (et c’est tout ce qu’on peut nous souhaiter en ce début d’année), une seule solution, vu qu’on refuse la pub et l’asservissement à un milliardaire : abonnez-vous à notre journal papier ou faites un don !

Sur ce, la rédaction du Poing vous souhaite une excellente année 2024, pleine de luttes et (on l’espère), de victoires !

Bilan 2023 de la Grand Goule journal militant du limousin

une répression des mouvements sociaux en pleine expansion !

Le premier semestre 2023 a largement exprimé une forte colère sociale, avec la mobilisation contre la réforme des retraites et la lutte contre les mégabassines, puis avec les émeutes déclenchées par le meurtre de Nahel, adolescent abattu à bout portant par un policier le 27 juin lors d’un contrôle routier à Nanterre. Le bilan que l’on peut tirer de cette année est aussi celui d’une répression de plus en plus violente – au total, ce sont des milliers de manifestant-e-s et d’émeutiers qui ont été blessés, interpellés ou poursuivis devant les tribunaux.

Le 5 avril dernier, le ministre de l’Intérieur Darmanin avait menacé de supprimer les subventions de la LDH parce qu’elle dénonçait dans les médias l’« usage disproportionné » d’armes (grenades, LBD…) par les forces de l’ordre le 25 mars, lors de la manifestation antibassines interdite de Sainte-Soline, ainsi que leur refus de laisser les secours accéder aux blessé-e-s. Le 10 juillet, la LDH a néanmoins rendu public son rapport sur ces faits. Ont ainsi été mis en relief que – pour défendre un trou – plus de 5 000 grenades ont été lancées contre les manifestant-e-s, et 3 200 gendarmes, 9 hélicoptères, 4 blindés et 4 camions à eau ont été mobilisés. Ces chiffres montrent une nette augmentation des moyens mis en œuvre par l’Etat français pour « maintenir l’ordre », en comparaison par exemple avec les affrontements sur la ZAD de Sivens le 25 octobre 2014, où il n’a paraît-il été tiré « que » 237 grenades lacrymogènes, 38 grenades GLI-F4 et 23 grenades offensives F1 – et où l’une de ces dernières a tué Rémi Fraisse.

L’Etat français a plusieurs fois été épinglé par des institutions telles que l’ONU ou le Conseil de l’Europe pour la violence de ses troupes, mais il n’en a cure. En 2023, il a multiplié les mesures coercitives : innombrables interdictions de manifester (que ce soit contre les mégabassines1 ou pour dénoncer les bombardements de Gaza après le 7 octobre) ; renforcement de la surveillance des populations – par l’utilisation des drones, de la reconnaissance faciale ou du prélèvement d’ADN 1 C’est même depuis septembre 2021 que les manifestations antibassines font l’objet d’arrêtés d’interdiction systématiques. – ainsi que des contrôles policiers, notamment à l’encontre de personnes venant soutenir des prévenu-e-s lors de procès. La décision qu’a prise, le 21 juin, le conseil des ministres de dissoudre les Soulèvements de la Terre n’est tombée à l’eau que grâce à l’avis négatif rendu à son sujet par le Conseil d’Etat le 9 novembre.

Concernant la lutte contre la réforme des retraites : d’après Darmanin le 5 avril, il y avait eu alors, depuis le 16 mars – jour où le gouvernement a utilisé l’article 49-3 pour faire passer sa réforme des retraites –, 1 851 interpellations. Pendant ce mouvement, des centaines (au moins) d’arrestations préventives ont eu lieu, à ajouter aux milliers d’interpellations lors des manifestations, et des centaines de personnes ont été blessées (dont quatre manifestant-e-s et un journaliste gravement) . Actuellement, plus de 400 militant-e-s de la CGT sont poursuivis en justice, selon ce syndicat , et plus de 1 000 sont menacés de licenciement, des procédures à leur encontre étant en cours dans les entreprises. Par exemple, le secrétaire général de la fédération mines-énergie Sébastien Ménesplier a été entendu par la gendarmerie à Montmorency dans le cadre d’une enquête sur des coupures d’électricité en mars. La FSU signale de son côté une hausse des signalements dans la fonction publique ; et Solidaires fait état de conseils de discipline à la Poste et de mutations forcées dans l’Education nationale.

Concernant les émeutes du 27 juin au 3 juillet : selon le ministère de la Justice, le 6 juillet, il y avait eu au niveau national 3 693 personnes interpellées, donc 31 % de mineurs. Le 19 juillet, Dupond-Moretti a parlé de « 1 278 jugements, avec 95 % de condamnations, 1 300 déferrements au parquet, 905 comparutions immédiates, 1 056 personnes condamnées à une peine d’emprisonnement, dont 742 à une peine ferme avec un quantum moyen des peines fermes de 8,2 mois, et 600 personnes incarcérées ». Pour rappel, pendant les trois semaines d’émeutes déclenchées, le 27 octobre 2005, par la mort des adolescents Zyed et Bouna, à Clichy-sous-Bois lors d’une coursepoursuite avec la police, il n’y avait eu « que » 400 peines de prison ferme. En 2023, jusqu’à 45 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés – contre 11 000 en 2005. Au moins 10 personnes ont été gravement blessées (le plus souvent éborgnées par des tirs, de LBD ou autres grenades) et il y a eu deux morts.

Le procès « mégabassines » de Niort Deux épisodes judiciaires se sont déroulés, le 8 septembre et le 28 novembre, au tribunal correctionnel niortais sur la thématique « mégabassines ». Un dossier a en effet été monté sur cette thématique pour inculper neuf personnes : il mêle diverses « affaires » et vise des militants de diverses organisations… en les incriminant pour l’essentiel à partir de vidéos ou d’articles mis en ligne par ces organisations. Les 1 neuf prévenus ont comparu libres, le 8 septembre après-midi, au tribunal correctionnel de Niort. Sébastien Wyon (de la Confédération paysanne), Joan Monga et Nicolas Bauvillain (de Bassines non merci, BNM) sont poursuivis pour « vol aggravé »2 car « commis en réunion » pendant le « printemps maraîchin » des 25- 27 mars 2022 à La Rochénard. Lors de cet événement festif qui a réuni plusieurs milliers de personnes contre la création des 16 « retenues d’eau » prévues dans la région par le protocole d’accord de la Coop de l’eau3 , deux tuyaux de canalisation d’irrigation ont été déterrés et découpés, puis un bout en a été « frauduleusement soustrait » et 1 « A Niort, un procès des antibassines fourre-tout et sous haute tension », Politis, 8 septembre 2023. 2 Ils le sont aussi pour avoir refusé de se soumettre à un relevé d’empreintes et d’ADN. 3 Les travaux pour creuser celle de Priaires – la troisième de ces 16 mégabas- sines – ont démarré le 28 août. emporté – une action revendiquée par plusieurs organisations4 . Julien Le Guet (porte-parole de BNM) est quant à lui inculpé pour organisation d’une manifestation non déclarée et « participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou dégradations de biens, vol et dégradations » lors de la « grillade party » du 2 octobre 2022 à Sainte-Soline – une manifestation où une cinquantaine de personnes avait été empêchée par la police de piqueniquer sur un terrain. Ce militant est aussi accusé d’avoir démonté une grille à cette occasion. Cinq des neuf prévenus sont poursuivis pour organisation d’une manifestation interdite le 29 octobre 2022 : Julien Le Guet, Joan Monga, Nicolas Garrigues (porte-parole des Soulèvements de la Terre), Hervé Auguin (codélégué départemental Solidaires 79) et David Bodin, secrétaire de l’union départementale 4 Toutes ces manifestations interdites ont été soutenues par… 150 à 200 orga- nisations. CGT. Les syndicalistes de Solidaires et de la CGT sont en fait là parce qu’ils ont déposé, au nom de leurs organisations respectives, une déclaration de manifestation et que la préfecture a ensuite interdit cette manifestation. L’organisation d’une manifestation interdite est un délit passible de 6 mois d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, alors que la participation à une manifestation interdite n’est passible que d’une amende forfaitaire de 135 euros… Ces cinq prévenus sont également inculpés pour organisation d’une manifestation interdite le 25 mars 2023, et deux autres personnes avec elles : Nicolas Girod (ancien porteparole de la Confédération paysanne) et Benoît Jaunet (porte-parole de la Confédération paysanne 79), parce qu’ils ont participé au convoi de tracteurs venus alors à Sainte-Soline. Acte I : le 8 septembre L’hétérogénéité du dossier et le nombre des prévenus ont conduit le président du tribunal à ne pas procéder par individu, mais par ordre Des interpellations et des condamnations en lien avec les émeutes du printemps ont toujours lieu (les gardes à vue ont ainsi dépassé les 4 000), notamment « grâce » à l’exploitation de la vidéosurveillance, aux tests ADN réalisés sur les projectiles ou les véhicules, et à la géolocalisation des téléphones. Par exemple, le 4 décembre à Brest, un jeune homme a pris douze mois de prison ferme pour « dégradation » du tennis-club, tandis que, à Gaillon dans l’Eure, quatre personnes dont deux mineurs étaient placées en garde à vue pour des tirs de mortier contre les forces de l’ordre. Ces procès qui se déroulent à bas bruit aboutissent, d’après l’AFP4 , « dans de nombreux 4 « Emeutes après la mort de Nahel : cinq mois après, les enquêteurs voient cas à des condamnations en justice [mais] il n’existe pour l’instant pas de statistiques nationales sur ce sujet ». Concernant la lutte contre les mégabassines : à Sainte-Soline le 25 mars, il y a eu au moins 200 blessée-s chez les manifestants – une quarantaine gravement, dont deux dans le coma. Plus de 24 000 contrôles de véhicule ont été réalisés, selon Darmanin, et des arrestations opérées sur la seule base d’un marquage chimique (un… journaliste a ainsi effectué 28 heures de garde à vue). Le procès de Niort portant entre autres sur cette manifestation (voir l’article suivant) montre une fois de plus que des moyens d’enquête d’ordinaire utilisés contre le terrorisme ou le le bout du tunnel », Nice-Matin du 5 dé- cembre 2023. grand banditisme – ainsi la section de recherches de Poitiers – peuvent être employés pour des infractions rangées en bas de l’échelle pénale (tel l’« emprunt » d’un bout de canalisation) afin de dramatiser un dossier. Aujourd’hui comme hier, les poursuites judiciaires traduisent la volonté gouvernementale de criminaliser les mouvements sociaux. Et, sous Macron comme sous Hollande auparavant, ces poursuites contribuent, avec les violences policières, à servir les intérêts des capitalistes – que ce soit pour imposer une réforme du code du travail ou des retraites ou pour faciliter l’accaparement de l’eau par l’agro-industrie.

NOTE : A Paris, du 16 au 20 mars, 790 personnes ont été interpellées lors de « nasses », et 200 ont été blessées rien que le 1er Mai. « Mobilisation contre la réforme des retraites : plus de 400 militants CGT sont visés par des poursuites judiciaires après des actions », Franceinfo, le 6 septembre 2023.

Après Gaza ? Avec Sylvain Cypel.

Parce que nous ne lâcherons pas Gaza, nous vous diffusons aujourd’hui la conférence de Sylvain Cypel. Cette initiative avait lieu au Lieu dit, organisée par la société Louise Michel et avait pour thème Après Gaza.

Sylvain Cypel est un journaliste qui a travaillé pour le journal Le Monde jusqu’en 2013 et qui maintenant écrit pour Orient 21ᵉ siècle.

Sylvain Cypel a écrit le livre Israël contre les juifs, dont une republication actualisée va bientôt paraître.

Les drames qui s’accélèrent depuis le 7 octobre en Israël et à Gaza nous obligent à comprendre !  Comment tout cela est-il devenu possible ? Que faire pour arrêter l’horreur qui se déroule sous nos yeux, bien que les médias Française affiche un soutien à Israël.

Le gouvernement Netanyahou, et malheureusement sans doute une majorité de la société israélienne, en était venu à croire qu’il n’y avait plus de « question palestinienne ». Affaire réglée ! Du coup, le 7 octobre, le Hamas a fait voler en éclats cette illusion. Celle-ci imposée au prix d’un massacre de la population Palestinienne et de nombreux morts en Cisjordanie… Une descente aux enfers pour la population de Gaza, dont on ne voit pas quand elle finira et qui pourrait l’arrêter.

Au fur et à mesure de la conférence, bien des questions qui font polémique s’éclairent. Terrorisme ? Terroristes ; certainement, les actes du Hamas le sont, mais aussi ceux de l’État israélien, qui vont jusqu’à des actions de portée génocidaire. Comment ce qui se passe à Gaza est vécu par la communauté juive des États-Unis ; La communauté juive américaine est presque aussi importante que celle vivant en Israël et Sylvain Cypel la connaît bien. Elle est traversée de fortes divisions, une part très significative des juifs américains se dissocie de l’État israélien et dénonce la politique de son gouvernement.

Au-delà de l’exigence immédiate d’un cessez-le-feu à Gaza, Sylvain Cypel insiste sur l’idée que l’objectif pour sortir des implacables dynamiques destructrices en cours, et ce, pour toutes les populations concernées, c’est d’imposer la fin de la colonisation.

Quelle solution pour l’après Gaza ? Selon sylvain Cypel, elle ne peut venir que de l’extérieur. Des États-Unis ? Pour le moment, c’est l’Afrique du Sud, forte de son expertise en matière apartheid, qui dépose plainte devant la Cour internationale de justice, pour génocide.

JOP PARIS 2024 : défaire le mythe olympique

Du 26 juillet au 11 août 2024, se dérouleront en France, les jeux olympiques 2024 et suivront en septembre les jeux paralympiques.

Le 11 janvier 2024 se tenait, à la Librairie Bourlinguer à Saint-Denis, une rencontre sur les saccages olympiques et paralympiques. Cette soirée avait pour but de défaire le mythe des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) soi-disant “inclusifs, les plus verts de l’histoire…”.

C’est une rencontre avec le Collectif Saccage2024, qui lutte contre les saccages des JOP, et avec “le Chiffon“, le journal de Paname et sa banlieue, qui vient de sortir un hors-série sur les JOP.

L’objectif de cette soirée à Saint-Denis, lieu phare des JOP 2024, est de proposer une autre analyse des JOP, considéré comme destructeurs à tous les niveaux :économique, social, écologique, mais aussi sécuritaire.

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une grande partie de cette rencontre.

Un point sur Pierre de Coubertin

Le baron Pierre de Coubertin, né le 1er janvier 1863 à Paris et mort le 2 septembre 1937 à Genève en Suisse, est un historien et pédagogue français fortement influencé par la culture anglo-saxonne qui a particulièrement milité pour l’introduction du sport dans les établissements scolaires français.

Dans ce cadre, il prend part à l’éclosion et au développement du sport en France dès la fin du XIXe siècle avant d’être le rénovateur des Jeux olympiques de l’ère moderne en 1894 et de fonder le Comité international olympique, dont il est le président de 1896 à 1925. Durant cette période, il dessine les anneaux olympiques et installe le siège du CIO à Lausanne en 1915. Il milite également pour la création des Jeux olympiques d’hiver dont la première édition a lieu à Chamonix en 1924.

Derrière l’olympisme Un réactionnaire

Fervent partisan de la colonisation —« dès les premiers jours, j’étais un colonial fanatique »— il voit dans le sport, à l’instar de nombreuses élites de la IIIe République, un instrument utile de « disciplinisation des indigènes ». Coubertin, de surcroît, semble clairement raciste : « Les races sont de valeur différente et à la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance ».

Mais à propos des « journées anthropologiques », compétitions réservées « aux représentants des tribus sauvages et non civilisées » organisées lors des Jeux de Saint-Louis, il s’oppose à ce qu’il appelle une « mascarade outrageante », qui, ajoute-t-il, « se dépouillera naturellement de ses oripeaux lorsque ces Noirs, ces Rouges, ces Jaunes apprendront à courir, à sauter, à lancer et laisseront les Blancs derrière eux »sa vision inégalitaire du monde ne se limite d’ailleurs pas au seul domaine ethnique et frise parfois l’eugénisme.

Pour lui, toute société est divisée entre forts et faibles : « il y a deux races distinctes, celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée, et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Eh ! bien, c’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts »

IMPERIALISME ET NEO COLONIALISME

En appel à la mobilisation pour un cessez le feu à Gaza du samedi 13 janvier à 13h30 sur la Place de la République, et pour l’abrogation de la loi asile et immigration à 15h le dimanche 14 janvier sur la même place, nous vous diffusons aujourd’hui un débat qui avait eu lieu le 17 octobre 2023 dernier à Ivry lors de la semaine décoloniale intitulé « Impérialisme et néo-colonialisme. Du renouveau des mouvements révolutionnaires à l’unité des peuples ? » avec Saïd Bouamama.

« En ce jour de commémoration du massacre du 17 octobre 1961, comme chaque année à Ivry nous rendons hommage à ces manifestant.es algérien.ne.s réclamant l’indépendance de leur pays et réprimé.e.s dans le sang, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui se sont battu.es et qui se battent encore contre le colonialisme. Et aujourd’hui, aux quatre coins du monde, les peuples se soulèvent et s’organisent pour une indépendance réelle, débarrassée de l’impérialisme et du néocolonialisme, comment construire les solidarités concrètes avec et entre les peuples, là-bas et ici même, au cœur des puissances impérialistes ? Comment répondre aux attaques violentes, réactionnaires et contre-révolutionnaires de tous ces « empires » qui ne veulent pas mourir ?

L’unité des peuples en lutte contre le système colonial et capitaliste apparaît déterminante pour y mettre un terme. Le sociologue et militant Saïd Bouamama présentera la résurgence de ces mouvements révolutionnaires, inscrits dans la continuité des expériences passées, et ayant des répercussions sur les combats de libération et d’émancipation à toutes les échelles, jusque dans nos propres quartiers. »

Entretien avec Leila Shahid

En appel aux prochains rassemblements en soutien à la lutte du peuple palestinien, nous vous diffusons aujourd’hui le montage d’un entretien réalisé par Blast avec Leila Shahid publié le 09 décembre 2023.

Des nombreux acteurs ayant participé aux guerres et aux négociations plus ou moins secrètes entre Israël et Palestine depuis une quarantaine d’années, Leïla Shahid est sans doute une des premières et une des dernières à pouvoir mettre un peu de lumière dans ce qui apparait de plus en plus obscur, manichéen et indéchiffrable. Ambassadrice dans de nombreux pays, déléguée générale de la Palestine, depuis son arrivée en Irlande en 1989 jusqu’à sa démission de l’Union européenne en 2015, la diplomate née à Beyrouth en 1949 a été de tous les combats aux côtés de Yasser Arafat, le président de l’OLP, puis sans lui après sa mort en 2004.

Elle démissionne en 2015, car elle se sent inutile et désarmée pour amener la paix entre les deux États. Elle préfère alors s’investir sur un terrain plus culturel. Elle prend sa retraite en France du côté des Cévennes, non loin de Nîmes, d’où elle a accordé cet entretien au long cours à Denis Robert. Le signal internet étant fluctuant, nous nous excusons de la piètre qualité de l’image. Mais peu importe au fond, le son est bon et le témoignage de Leïla Shahid, devenu rare, prime et vaut tous les cours d’histoire et de géopolitique.

RDV LE 29 DÉCEMBRE 17 H 30 MÉTRO AVRON PARIS 20EME pour une déambulation en appel au cessez-le-feu à Gaza.

RDV LE 31 DÉCEMBRE 2023 SUR LES CHAMPS ÉLYSÉES À MINUIT MUNIE DE VOS DRAPEAUX PALESTINIEN AVEC LE COLLECTIF URGENCE PALESTINE.

Stop Arming Israël/Manif du 17 Elias Sambar presse et “terrorisme”

Le vendredi 15 décembre à eu lieu une action d’information à la gare Saint Lazare pour demander la fin du soutien de l’État Français aux massacreurs sionistes du peuple Palestinien. Ensuite nous avons été à la manifestation du 17 décembre, vous pourrez entendre quelques morceaux des intervention et des interviews que nous avons pu y réalisés. Puis dans la dernière partie de cette émission nous vous restituons la séquence enregistrée le 30 novembre dernier, lors des états généraux de la presse indépendante qui avait pour thème : La guerre israélo-palestinienne ou la nécessité d’une information indépendante et notamment l’intervention de M. Elias Sanbar (ancien ambassadeur de la Palestine à l’Unesco) sur quelle information en temps de guerre et l’utilisation du terme de terrorisme.

Plus de 30 syndicats palestiniens ont lancé le 16 octobre l’appel « Stop arming Israël ». Dans ce texte, ils appellent les syndicats à l’échelle internationale à :

  • Refuser de fabriquer des armes destinées à Israël
  • Refuser de transporter des armes vers Israël
  • Adopter des motions en ce sens par leurs syndicats
  • Prendre des mesures contre les entreprises complices qui participent à la mise en œuvre du siège brutal et illégal d’Israël, en particulier si elles ont des contrats avec leur institution.

— Faire pression sur les gouvernements pour qu’ils cessent tout commerce militaire avec Israël

Nous voulons mettre nos forces au service du peuple palestinien. Nous voulons que son massacre cesse. Nous souhaitons soutenir en France une campagne internationale lancée par les syndicats palestiniens. Pour ce faire, nous voyons pour le moment trois axes sur lesquels nous pourrions être utiles :

Faire des recherches sur les accords militaires France/Israël

Faire connaître au grand public les actions qui ont lieu à l’étranger et en France

Organiser des actions

Mail : stoparmingisraelfrance@gmail.com

Twitter : @stoparmingist

Instagram : @stoparmingisraelfrance

Telegram : t.me/stoparmingisraelfrance

REUNION TOUS LES DIMANCHES0 20H

http://tinyurl.com/arretonsdarmerisrael

Les syndicats palestiniens lancent un appel aux travailleurs du monde entier : Arrêtez d’armer Israël ! Ne soyez pas complices de ses crimes !

Les syndicats palestiniens lancent un appel mondial urgent à l’action, demandant aux travailleurs du monde entier de mettre un terme à la vente et au financement d’armes à Israël, ainsi qu’à la recherche militaire afférente.

APPEL À L’ACTION

Israël a exigé que 1,1 million de Palestiniens évacuent la moitié nord de Gaza, tout en les soumettant à des bombardements constants. Cette agression militaire sans précédent s’inscrit dans le cadre du plan israélien, qui bénéficie du soutien indéfectible et de l’aide active des États-Unis et de la majorité des États européens. Elle a pour but de nettoyer ethniquement la région, en massacrant impitoyablement les 2,3 millions de Palestiniens de Gaza.

Depuis samedi, Israël a bombardé Gaza de manière aveugle et intensive et a coupé le carburant, l’électricité, l’eau, la nourriture et les fournitures médicales. Israël a tué plus de 2 700 Palestiniens, dont 614 enfants, rasant des quartiers entiers, éliminant des familles entières et blessant plus de 10 000 personnes (le nombre de morts a maintenant dépassé 10 000, ndt). Certains experts en droit international ont commencé à parler de génocide.

Par ailleurs, le gouvernement israélien d’extrême droite a distribué plus de 10 000 fusils à des colons extrémistes en Palestine de 1948 et en Cisjordanie occupée afin de faciliter leurs attaques et les pogroms de plus en plus fréquents contre les Palestiniens.

Les décisions, les massacres et la rhétorique d’Israël montrent qu’il a l’intention de perpétrer la seconde Nakba qu’il promet depuis longtemps, en expulsant autant de Palestiniens que possible et en créant un “nouveau Moyen-Orient” dans lequel les Palestiniens survivants vivront sous un joug perpétuel.

En réponse, les États occidentaux ont manifesté un soutien complet et total à l’État d’Israël, sans même un regard pour le droit international. Cela a amplifié le sentiment d’impunité d’Israël et lui a donné carte blanche pour mener une guerre génocidaire sans limite.

Au-delà du soutien diplomatique, les États occidentaux fournissent de l’armement à Israël et soutiennent les activités des entreprises d’armement israéliennes à l’intérieur de leurs frontières.

Alors qu’Israël intensifie sa campagne militaire, les syndicats palestiniens appellent leurs homologues internationaux et tous ceux qui ont une conscience à mettre fin à toute forme de complicité avec les crimes d’Israël, en cessant de toute urgence le commerce d’armes avec Israël, ainsi que tout financement et toute recherche militaire. C’est maintenant qu’il faut agir – des vies palestiniennes sont en jeu.

la situation est urgente : seule une augmentation massive des manifestations de solidarité mondiale avec le peuple de Palestine pourront arrêter la machine de guerre israélienne et mettre fin au génocide. Nous avons besoin que vous agissiez immédiatement – où que vous soyez dans le monde – pour empêcher l’armement de l’État israélien et empêcher les entreprises de s’impliquer dans l’infrastructure du blocus.

Nous nous inspirons des mobilisations antérieures des syndicats en Italie, en Afrique du Sud et aux États-Unis, ainsi que des mobilisations internationales similaires contre l’invasion italienne de l’Éthiopie dans les années 1930, contre la dictature fasciste au Chili dans les années 1970 et partout où la solidarité mondiale a limité l’ampleur de la brutalité coloniale.

Nous appelons les syndicats des secteurs concernés à :

  • 1. Refuser de fabriquer des armes destinées à Israël.
  • 2. Refuser de transporter des armes vers Israël.
  • 3. Adopter des motions à cet effet au sein de leur syndicat.
  • 4. Prendre des mesures contre les entreprises complices impliquées dans la mise en œuvre du siège brutal et illégal d’Israël, en particulier si elles ont des contrats avec votre institution.
  • 5. Faire pression sur les gouvernements pour qu’ils cessent tout commerce militaire avec Israël et, dans le cas des États-Unis, pour qu’ils cessent de financer l’état hébreu.

Nous lançons cet appel alors que nous voyons se multiplier les efforts pour interdire et limiter l’expression de toute forme de solidarité avec le peuple palestinien. Nous vous demandons de vous exprimer et d’agir pour dénoncer l’injustice, comme les syndicats l’ont toujours fait dans l’histoire.

Nous lançons cet appel car nous sommes convaincus que la lutte pour la justice et la libération de la Palestine n’est pas seulement une lutte régionale et mondiale singulière. C’est un levier pour la libération de tous les peuples dépossédés et exploités du monde.

  • Fédération générale palestinienne des syndicats, Gaza. Syndicat général des travailleurs des services publics et du commerce. Syndicat général des travailleurs municipaux. Syndicat général des travailleurs des jardins d’enfants. Syndicat général des travailleurs de la pétrochimie. Syndicat général des travailleurs agricoles. Union des comités de femmes palestiniennes. Syndicat général des travailleurs des médias et de la presse écrite.. Fédération générale palestinienne des syndicats (PGFTU). Syndicat général des enseignants palestiniens. Union générale des femmes palestiniennes. Union générale des ingénieurs palestiniens. Association des comptables palestiniens.
  • Fédération d’associations professionnelles, y compris. Association dentaire palestinienne – Centre de Jérusalem. Association des pharmaciens palestiniens – Centre de Jérusalem. Association médicale – Centre de Jérusalem. Association des ingénieurs – Centre de Jérusalem. Association des ingénieurs agronomes – Centre de Jérusalem. Syndicat des vétérinaires – Centre de Jérusalem. Syndicat des journalistes palestiniens. Association du barreau palestinien. Association palestinienne des infirmières et des sages-femmes. Syndicat des travailleurs des jardins d’enfants. Syndicat des travailleurs des services postaux palestiniens. Fédération des syndicats des professeurs et employés des universités palestiniennes. Fédération générale des syndicats indépendants de Palestine. La nouvelle fédération des syndicats de Palestine. Union générale des écrivains palestiniens. Syndicat des entrepreneurs palestiniens. Fédération des syndicats de professionnels de la santé. Syndicat palestinien des psychologues et des travailleurs sociaux