PAS D’EXTRADITION POUR GINO ET ZAÏD

Depuis plus de deux ans, la Hongrie traque une vingtaine d’antifascistes à travers l’Europe, accusés d’avoir attaqué des néonazis en février 2023 lors du « Jour de l’honneur », un rassemblement à la gloire du Troisième Reich qui se tient chaque année à Budapest. Via des mandats d’arrêt européens, le régime hongrois poursuit à l’échelle du continent,  19 antifas qui auraient été impliqués dans des agressions de militants d’extrême droite. Face à cette chasse aux antifas, un mouvement de solidarité s’est organisé dans divers pays européens.

En France, c’est autour de l’extradition de Gino et de Zaïd que s’est organisée la solidarité. En avril 2025, la justice française s’est opposé à l’extradition du militant albanais Gino, invoquant le risque de « traitements inhumains » en détention et l’incertitude sur les garanties d’un procès équitable. Néanmoins, en décembre, il est arrêté par la police antiterroriste qui l’informe qu’il fait l’objet, pour les mêmes faits, d’un nouveau mandat d’arrêt européen, émis cette fois-ci par l’Allemagne.

Le même enjeu se pose aujourd’hui pour Zaïd, un jeune syro-palestinien de 22 ans, qui a fui à ses 11 ans la guerre civile syrienne pour l’Allemagne, avec un statut de réfugié. Après s’être rendu aux autorités allemandes et avoir passé 108 jours de prison à Cologne et a été libéré sous contrôle judiciaire. Il s’est alors réfugié en France. Car, les risques sont réels. En effet Maja, militant·e allemand·e, non binaire, avait été remis·e par la Hongrie à Budapest, dans les heures suivant son arrestation par la police allemande. Un transfert désavoué quelques mois plus tard par la Cour constitutionnelle, notamment parce que les conditions de détention en Hongrie n’avaient pas été suffisamment prises en compte. Le 4 février dernier, Maja a écopé de huit ans de prison, 30 minutes à peine après les plaidoiries de la défense. Dans son procès était aussi jugé par contumace, Gabri et Anna, condamnés à 7 et 2 ans de réclusion.

Nous réalisons donc cette émission en vue de la date du 18 mars, où la cour d’appel de Paris se prononcera sur l’extradition de deux militants antifas Gino et Zaïd. Vous entendrez donc un reportage réalisé lors d’un rassemblement de soutien pour Zaïd en novembre dernier. Puis, nous vous diffusons un podcast réalisé par le Comité solidarité Budapest en collaboration avec le Studio son de La Parole errante. Un récit pour tenter de comprendre l’ « affaire de Budapest » et les risques encourus par Gino et Zaïd, à nouveau sous procédure d’extradition, suite à leur engagement antifasciste. La lumière sur leur situation est portée par le sombre système politique qui enferme Maja dans les geôles hongroises. Et nous terminons cette émission en vous diffusant le témoignage de Ilaria Salis, poursuivie dans cette affaire, début 2024 sera finalement libérée en raison de l’immunité octroyée par son élection, depuis sa cellule, comme députée européenne. 

ROJAVA : la situation politique, militaire et geopolitique

Depuis le début de l’année, le Rojava fait face à une offensive éclair du gouvernement d’Al Charaa soutenu par la Turquie d’Erdogan, lui aussi islamiste, centralisateur et soutenu par les États-Unis de Donald Trump. 

Le vendredi 13 février 2026, le comité Rojava Paris organisait une conférence sur la situation politique, militaire et géopolitique du Rojava ( l’ouest du Kurdistan ou Kurdistan syrien).

Les comités Rojava sont des comités de soutien à la cause kurde. Ces derniers ont organisé des convois de solidarité, composés de jeunes ouest-européens, dont certains ont pu atteindre la frontière turco-syrienne.

Un accord a été signé par rapport à l’avenir de l’administration autonome, prévoyant son intégration progressive au fonctionnement syrien sur le plan militaire et politique, et certaines garanties des droits des kurdes.

Alors, que signifie cet accord ? Comment est-il déjà appliqué et comment va-t-il l’être à plus long terme ? En quoi cette guerre, s’inscrit-elle dans un contexte plus global de restructuration du Moyen-Orient par les forces impérialistes, et concerne donc tous les peuples de la région ?

Autant de questions qui furent abordées lors de cette réunion d’information, le 13 février 2026, au siège du CDK-F à Paris.

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute des interventions issue de cette rencontre

Cette offensive centralisatrice de Damas est la 3ᵉ contre ses minorités, après celle contre les Alaouites de la côte puis les Druzes au sud-ouest près de la frontière israélienne, provoquant sa réaction et l’occupation élargie de son territoire par Israël.

L’armée arabe syrienne (AAS) et les Forces démocratiques syriennes (FDS) se sont retirées dans des casernes militaires après plus d’un mois d’affrontements, remettant leurs positions aux forces de sécurité intérieure. Kobanê a été un foyer de tension dans les efforts du gouvernement de transition syrien pour prendre le contrôle des régions à majorité kurde du pays, qui sont administrativement, politiquement et militairement autonomes de Damas depuis 2012.

LA SITUATION POLITIQUE AU BENIN

Dans l’émission en direct de ce jour, nous recevons Eugénie, membre de l’UAPDB (Unité d’Action Patriotique de la Diaspora du Bénin) et honoré et en leur compagnie, nous revenons sur la situation politique au Bénin.

Le Bénin, en forme longue la république du Bénin, historiquement connu sous le nom de Dahomey, est un État d’Afrique de l’Ouest, qui couvre une superficie de 114 763 km2 et s’étend sur 700 km, du fleuve Niger au nord à la côte atlantique au sud. Le Bénin comptait 14 814 460 habitants en 2025. Le pays fait partie des États membres de la CEDEAO et a comme voisins le Togo à l’ouest, le Nigeria à l’est, le Niger au nord-est et le Burkina Faso au nord-ouest [

Patrice talon remporte l’élection du 20 mars 2016 avec 65,39 %. Il est ensuite réélu à l’élection présidentielle d’avril 2021 dès le premier tour avec plus de 85 % des voix.

Plusieurs journaux et sites Internet ont été suspendus en vertu du Code du numérique qui criminalise la publication de fausses informations et le harcèlement par le biais de communications électroniques. Les autorités continuent de restreindre le droit de manifester de manière disproportionnée et ces dernières années, les forces de sécurité ont dispersé des manifestations pacifiques avec.
Une force excessive et arrêtée des personnes arbitrairement.

À l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, que va-t-il se passer ? avec nos invité-e-s en plateau, nous tenterons de voir quelles sont les perspectives.

BOLIVIE : le bilan de la mobilisation générale 2025/2026

Le gouvernement de droite récemment élu en Bolivie a promulgué un décret suprême (5503) qui ouvrait la porte aux investissements transnationaux « fast-track » ou accélérés, et prévoit des réductions d’impôts pour les ultra-riches, tout en augmentant le prix de l’essence de 82 % et celui du diesel de 163 %. Face à cela, une mobilisation s’est organisée fin décembre 2025, début décembre 2026. Début janvier, la marche « La Bolivie ne se vend pas »,Bolivia No Se Vende, est arrivée au siège du gouvernement, avec près d’un demi-million de manifestants, et près de 40 points de blocage ont été enregistrés sur les principales routes du pays. face à cette organisation le gouvernement a reculé immédiatement mais a néanmoins affirmé qu’il prévoyait de présenter de nouvelles réformes dans les mois à venir. pour mieux comprendre, les tenants et les aboutissants de cette mobilisation et les perspectives politiques qui se dessinent dans les moi à venir, nous avons donc demander à Samuel Morville, habitant de la région de Cochabamba de répondre à nos questions. C’est son interview que nous vous diffusons pendant l’ensemble de cette émission.

FOYER ADOMA ST DENIS / USA /HÔPITAL TENON

Les résidents et délégués du foyer ADOMA 12 rue David Siqueiros a Saint-Denis appelaient le 29 janvier 2026 au matin à bloquer le chantier de démolition de leur foyer. Ils veulent –avant le démarrage des travaux – une convention écrite avec Adoma (ex Sonacotra). Nous entendrons dans ce reportage, des prises de paroles et entretien qui illustrent la mobilisation

les revendications sont :

1) — aménagement d’un parking provisoire sur le nord de la parcelle d’une trentaine de places pendant la durée des travaux et maintien des capacités (10 % des résidents) dans les nouveaux bâtiments ;

2) — relogement de tous les résidents (et non pas seulement 198 comme prévu par Adoma) sur les 2 sites en surélevant les bâtiments (R+3 et R+4 à David Siqueiros et R+6 à Romain Rolland) et en transformant les T1 Bis en T1 ;

3) — transfert des contrats des résidents décédés ou à la demande des retraités à leur remplaçant (résident au foyer souvent depuis longtemps) ;

4) — solutions de relogement pour les surnuméraires qui sont à la recherche d’un logement ;

5) — acceptation de la présence dans le futur logement d’un aidant pour les vieux résidents en perte d’autonomie ;

6)- 2 clés et 2 badges pour chaque résident lors de la signature du contrat ;

7) — convention permettant au comité de résidents d’utiliser – sous sa responsabilité et selon les besoins des résidents – les salles polyvalentes ;

8) — ouverture d’une négociation générale avec la Direction nationale d’Adoma pour changer le règlement intérieur et donner aux résidents des droits et garanties identiques à ceux de tout locataire ;

9) — maintien en bon état du foyer actuel (nettoyage, chauffage, eau chaude, électricité…) et fonctionnement correct de l’astreinte pendant toute la durée des travaux.

Après le meurtre de Renée Nicole Good le 7 janvier, d’un tir à vue, de sang-froid, par un agent de l’ICE la police de l’immigration américaine à Minneapolis, un deuxième assassinat le 24 janvier, celui Alex Pretti, infirmier dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital des anciens combattants de Minneapolis. Cela vient signifier l’impunité accordée par Trump à sa milice fédérale aux pouvoirs exorbitants. La vidéo ne laisse aucun doute : une dizaine d’agents fédéraux plaquent Alex Pretti au sol et le rouent de coups. Puis, ils tirent presque à tour de rôle sur leur victime à terre. Une exécution.  Le mercredi 28 janvier 2026, la digue appelait à un rassemblement en solidarité avec le peuple américain et c’est le reportage issu de ce rassemblement que nous proposons.

Suite à plusieurs mois de luttes, le 17 janvier 2026, se tenait devant l’hôpital Tenon dans le 20e arrondissement de Paris un Pot convivial pour fêter, la réouverture des IVG chirurgicaux. À cette occasion, nous vous diffusons, l’entretien réalisé, ce même jour, avec une infirmière de l’hôpital Tenon, qui nous parle de l’importance de cette réouverture.

Marche citoyenne des peuples du Sud pour la paix et l’autodétermination des peuples

Dans l’émission de ce jour et a la veille de la manifestation des peuples du sud pour la paix et l’autodétermination, nous recevons Darline Casseus, membre du mouvement citoyen de la diaspora haïtienne NOU BOUKE, parti prenante de la marche de ce samedi à Paris.

En sa compagnie, nous reviendrons sur la Genèse de cette marche et après la pause musicale, nous ferons un focus sur la situation à Haïti.

Car De Port-au-Prince à Gaza, de Caracas à Khartoum, de Bogotá aux quartiers populaires d’Europe, une même logique traverse nos vies : celle de l’impérialisme, du colonialisme, du patriarcat et du racisme structurel qui hiérarchisent les peuples et les êtres, pillent les ressources, criminalisent les résistances et banalisent la souffrance humaine. En particulier, la situation et les souffrances des peuples du sud global sont invisibilisées.

rendez-vous ce samedi 7 février 2026 14 h 00 Place de la Nation à Paris

LA SITUATION AU ROJAVA

Suite au soulèvement qui commence en 2011, en Syrie, une coalition dominée par les Kurdes dirigée par le Parti de l’union démocratique ainsi que des groupes kurdes, arabes, syriaques-assyriens et turkmènes cherchent à établir une nouvelle constitution pour la région autonome, tandis que l’armée syrienne et les milices alliées se battent pour garder le contrôle de la région. Cela a conduit à la création de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (AANES), le Rojava, en 2016.L’AANES affirment que les événements constituent une révolution sociale[4] avec un rôle important joué par les femmes à la fois sur le champ de bataille et au sein du nouveau système politique, ainsi que la mise en œuvre du confédéralisme démocratique, qui privilégie la décentralisation, l’égalité des sexes et la nécessité d’une gouvernance locale par la démocratie directe.

Début janvier, le gouvernement de transition auto proclamé d’al-Charaa en Syrie, appuyé par le gouvernement turc et des milices islamistes multiplient les offensives offensive militaire. Cela démarre par la prise du quartier kurde de Cheikh Maqsoud à Alep puis par la prise de Deir Hafer et de Maskanah avant de s’étendre aux gouvernorats de Raqqa, Deir ez-Zor et Hassaké. Le 18 janvier, un cessez-le-feu est signé, mais des combats se poursuivent jusqu’au 20 janvier. Malgré un cessez-le-feu et 11 ans après la victoire héroïque du YPG à Kobané face à l’offensive du gourvernement de transition, le projet d’un Kurdistan autonome est menacé de définitivement disparaître. Le vendredi 30 janvier, le gouvernement de transition syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) ont annoncé, un accord global pour l’intégration progressive des forces militaires et de l’administration de la zone autonome kurde au sein de l’Etat syrien.

Face à ces attaques, une mobilisation en soutien au combattants du Rojava s’est organisée avec la création de comité de soutien dans plusieurs villes et l’envoi de ” Caravane du peuple” en direction de cette région de la Syrie. Dans cette émission, nous revenons donc sur cette mobilisation, en vous diffusant notamment un interview réalisé avec des membres de Young Struggle et du CDKF.

À l’international, les journalistes face à l’extrême droite au pouvoir

Ces derniers mois et années, la situation politique s’est considérablement dégradée, que ce soit en France, en Europe et dans le monde, avec une extrême droite accédant au pouvoir ou sur le point d’y parvenir. Quand elle n’y est pas, ses idées sont banalisées, et préparent le terrain. En France, la constitution de l’empire médiatique du milliardaire Bolloré ou la croisade culturelle du milliardaire Stérin, avec le plan Péricles, servent un même objectif : l’alliance des droites, et la victoire des idées réactionnaires et racistes en 2027.

Dans l’émission de ce jour, nous allons revenir, sur la situation du journalisme au niveau international et a sa condition d’exercice dans des pays avec des dirigeants autoritaire au pouvoir.

Pour cela, nous vous diffusons, la seconde table ronde, qui se tenait dans le cadre journée Médias et extrême droite : construire les résistances, le 29 novembre 2025 a la bourse du travail de Paris.

Cette table ronde s’intitule : À l’international, les journalistes face à l’extrême droite au pouvoir avec Dominique Pradalié (Fédération internationale des journalistes), Youri safronof de radio France international et du journal russe novaïa gazeta et Pablo Aiquel (Fédération européenne des journalistes).

Les médias sont le passage obligé de la victoire. Que ce soit en prenant leur contrôle capitalistique ou en infléchissant les discours qui y sont tenus, les pressions viennent de toutes parts.

Journalistes et citoyens, eux, s’organisent pour résister : s’opposer à la concentration, aux reprises en main éditoriales, à l’évolution des discours qui repeignent la réalité. Forces vives de la société civile, les syndicats jouent un rôle important : ils défendent un projet de société aux antipodes de celui prôné par l’extrême droite.

Sur le site, vous pourrait retrouver la première table ronde intitulée : Banalisation du vocabulaire et des thématiques d’extrême droite dans les médias, en date du 20 janvier 2026.

Résistances des peuples : IRAN/ROJAVA

Dans cette émission, nous revenons sur la situation en Iran et au Rojava, autour desquelles étaient appelés des rassemblement en soutien à la résistances des peuples.

Le 28 décembre 2025, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei. À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité. Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos. Nous vous diffuserons donc dans une première partie d’émission une partie des prises de parole enregistrées lors du rassemblement du 17 janvier dernier, sur la Place du Panthéon à Paris, que nous avons contextualisé avec une sujet réalisé par Blast.

Dans une deuxième partie d’émission, nous abordons la situation au Rojava en vous diffusant des interviews et prises de paroles réalisé le 20 janvier 2026 à Invalide et le 24 janvier sur la Place de la Bastille à Paris. En effet, depuis le 4 Janvier 2026 une guerre totale est menée contre l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie, aussi connu sous le nom de Rojava. L’organisation djihadiste HTS, qui a pris le pouvoir il y a un an à Damas suite au renversement du régime d’Assad, a récemment pris le contrôle de larges territoires et continue ses attaques sans interruption contre le reste de l’Administration Autonome, malgré un accord de cessez-le-feu hier qui dans les faits n’a jamais été mis en pratique. L’objectif est l’occupation militaire de l’ensemble du territoire autonome ou, en cas d’échec, de mettre une pression militaire suffisante pour que l’Administration autonome, les Forces Démocratique Syriennes (FDS) et les Unités de Défense des Femmes (YPJ) acceptent une reddition totale et sans condition.

Malgré l’extrême brutalité des attaques le peuple kurde et les communautés présentes au Rojava oppose une résistance totale. Un appel à mobilisation générale a été lancé et toutes les composantes de la société s’organisent sur cette base : «Nous appelons tous les jeunes, toutes les femmes et tous les hommes du Rojava, du Kurdistan du Nord, du Sud et de l’Est, ainsi que celles et ceux d’Europe, à s’unir, à abattre les frontières des occupants et à rejoindre la résistance. Aujourd’hui est le jour de la dignité. Aujourd’hui est le jour de la responsabilité historique. Une fois de plus, nous montrons que la volonté des peuples est plus forte que toute attaque ou occupation» déclarait le Commandement général des Forces démocratiques syriennes (FDS) le 19 janvier.

VENEZUELA : le décryptage médiatique de Maurice Lemoine

Maurice Lemoine est journaliste et écrivain. Autodidacte, il a été rédacteur en chef du Monde diplomatique. Il est une exception dans la presse française. Il est spécialiste de l’Amérique latine, et en particulier du Venezuela où il se rend très régulièrement. Aujourd’hui, il continue à enquêter et publie ses articles sur le site Mémoire des luttes. Il a notamment écrit “Venezuela, Chronique d’une déstabilisation” en 2019 et “Juanito la vermine, Roi du Venezuela” en 2023 au Temps des Cerises. Samedi dernier, il prenait la parole dans le cadre des ” café marxiste” au café-bar Le Royal Est, à Paris sur l’invasion américaine au Venezuela et l’arrestation de Maduro, afin de dégager les enjeux du conflit et analyser de la situation. C’est sa prise de parole que nous vous diffusons aujourd’hui.

LA SITUATION AU CAMEROUN APRÈS LES DERNIÈRES ÉLECTIONS

Le 28 novembre 2025 à La Maison Ouverte de Montreuil, l’association SURVIE, organisait une soirée intitulée : Regards croisés entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun : Démocratie confisquée, la France complice.
Dans cette première partie, nous nous arrêterons sur la situation au Cameroun, après les élections d’octobre 2025.
Dans ce premier temps, nous entendrons successivement : Patrick Belinga Ondua, chercheur à l’Université d’Antwerp & au CERI – Sciences Po Paris. Il a soutenu sa thèse à l’Université de Genève, « Gouverner le mécontentement au Cameroun. Politiques du logement et construction de l’hégémonie à Yaoundé, 2000-2020 ».

Et Augusta Epanya, militante de l’Union des populations du Cameroun (UPC)-Manidem, coordinatrice de la Dynamique Unitaire Panafricaine.

Le Cameroun subit depuis 1960 une dictature néocoloniale féroce incarnée depuis 1982 par Paul Biya. Le 27 octobre 2025, la huitième « élection » du nonagénaire a été validée par la Cour Constitutionnelle, malgré des suspicions de fraude et de vives contestations populaires. Le premier bilan de la répression fait état de centaines d’arrestations et de dizaines de morts… par des militaires formés et équipés entre autres par la France. Depuis 2014, le Traité sur le commerce des armes de l’ONU (TCA) ratifié par Paris interdit pourtant d’exporter des armes si ces dernières risquent d’être utilisées contre des civil-es. La France, deuxième partenaire commercial du pays, a simplement appelé “tous les acteurs à la retenue et à un dialogue constructif permettant de ramener paix”…

PALESTINE : le génocide et la colonisation se poursuivent

Ce 1ᵉʳ janvier 2026, Israël a confirmé l’interdiction d’accès à la bande de Gaza pour 37 organisations humanitaires internationales. Elles ont jusqu’au 1ᵉʳ mars pour quitter le territoire ou comment continuer à anéantir un peuple en toute tranquillité. Ce lundi 12 janvier, c’est L’historien français Vincent Lemire, qui a critiqué ouvertement la guerre menée par Israël à Gaza, qui est interdit de venir en Israël, où il devait se rendre pour une série de séminaires et de rencontres universitaires, avec des chercheurs et étudiants notamment israéliens et palestiniens.

Dans l’émission de ce jour, il sera question de la Palestine. Comment peut-on informer de la situation à Gaza en tant que journaliste palestinien ? c’est dont nous parlera Nacer Abu Bakr, président du syndicat des journalistes palestinien, invité le samedi 29 novembre 2025 à la Bourse du Travail de paris dans le cadre de la journée “Médias et extrême droite : construire les résistances”.

Ce même jour, se tenait la journée internationale de Solidarité avec la Palestine avec une manifestation unitaire nationale à paris et nous entendrons dans la suite quelques prises de paroles enregistrée lors de cette manifestation.

Nous terminerons cette émission avec la parole de Raji Sourani avocat, fondateur et directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme. Il vit provisoirement au Caire, après que sa maison à Gaza a été détruite par une bombe, le 22 octobre 2023.
Lors d’une récente interview, il posait la question suivante : « Gaza sera-t-elle le cimetière du droit international » ?, et affirmait : « Les Israéliens essaieront de créer une nouvelle Nakba, mais les Palestiniens ne seront pas de bonnes victimes consentantes […] Malgré tout, je suis optimiste, car je suis du bon côté de l’histoire. Il intervenait Le 19 mars 2025 ou se tenait à la Bourse du Travail de Paris, une soirée d’information et de soutien a la Palestine intitulée Voix de Palestine – Voix du droit. Rappelons que La Cour pénale internationale a émis officiellement des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Concernant Vincent lemire, il pourra finalement se rendre en Israël, a annoncé lundi 12 janvier le chercheur, qui avait dit dans la journée avoir été interdit d’accès par les autorités israéliennes.

Le 18 décembre : Si on s’arrête, tout s’arrête ! journée internationale des migrant·e·s

Le 18 décembre, à l’occasion de la journée internationale des migrant.e.s, des mobilisations ont eu lieu partout en France, soutenues par près de 500 collectifs, syndicats et organisations locales, régionales et nationales. L’objectif de cette « journée sans nous » est née au cœur de l’été dernier dans la dynamique de « Bloquons tout ! ». Elle était le produit du succès des manifestations du 22 mars. Mais aussi de la nécessité de faire monter le rapport de forces contre un pouvoir qui a fait du racisme et des attaques contre les immigré.es le cœur de sa stratégie pour nous attaquer toutes et tous. Malgré l’importance du sujet, un travail de mobilisation considérable et le nombre important d’organisations signataires, le nombre de manifestants et surtout de grévistes n’étaient pas au rendez-vous.

Dans cette émission, vous allez pouvoir écouter une partie des interventions qui se sont succédées sur la place de la république, avant de partir en manifestation.

Le pays n’a certes pas été bloqué. Mais le mot d’ordre a diffusé largement et est devenu un enjeu. Des dizaines de syndicats, locaux, de secteur, ont signé l’appel. Dans l’hôtellerie et la restauration, le collectif Mise en Place a joué un rôle moteur. Et des livreurs ont rejoint la lutte. Le travail social a été le premier à appeler à la grève le 18 décembre en lien avec ses propres revendications. C’est avec notamment le collectif des Jeunes du Parc de Belleville et les collectifs de mineur.es isolé.es en lutte que le secteur de l’éducation s’est mobilisé. À Paris, l’Assemblée Culture en lutte a organisé des événements de soutien.
Un cap a été franchi, qui agrandit la brèche vers l’avenir, avec l’intervention active d’organisations étudiantes. En région parisienne, des blocages ont eu lieu à Nanterre, à Paris 8…

Partout, il faut que cela grandisse, s’élargisse, essaime. Laplateforme de la MARCHE DES SOLIDARITÉS appelle chaque cadre de mobilisation à organiser dès janvier des assemblées publiques de mobilisation, de coordination, d’organisation des suites :

1/ Renforcer ce qui a permis la #JournéeSansNous : 

  • – les collectifs de sans-papiers, les collectifs de mineur.es en lutte, les collectifs antiracistes et antifascistes, les organisations de solidarité.
    — Les syndicats, en faire des syndicats de lutte pour l’égalité sociale, l’égalité des droits et la régularisation de tous les sans-papiers.

2/ Mener dans les élections municipales une campagne : 

  • – Défensive pour repousser toutes les tentatives de RN et Reconquête d’apparaître et s’implanter dans nos quartiers, nos villes, nos villages.
    – Offensive pour rendre visible et imposer nos exigences : régularisation de tou·te·s les sans-papiers, accès à l’école, à la santé, au logement, à la culture pour toutes et tous, arrêt des rafles et violences policières, stop islamophobie.

3/ Faire converger cette campagne dans des grandes manifestations unitaires sur l’ensemble du territoire samedi 14 mars, veille du premier tour des élections municipales.
Organiser le 21 mars, journée internationale contre le racisme, veille du second tour des élections municipales et fin du ramadan, des rassemblements populaires, des fêtes de l’unité et de la solidarité avec tous et toutes les Musulman.es et contre l’islamophobie.

4/ Et pour préparer pour mars une semaine « Bloquons tout ! », une « semaine noire », une « semaine sans nous » ! Une semaine contre le racisme, le fascisme, le colonialisme et la guerre. Une semaine pour la justice sociale, la paix et l’égalité des droits. Une semaine pour l’abrogation de la réforme des retraites, de la loi Darmanin, des circulaires Retailleau et des lois islamophobes.

Voir ici la feuille de route contre le racisme et le fascisme pour les mois qui suivront : https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/061025/le-temps-du-nous

Ce pays tient grâce aux migrant·e·s. Il vit, fonctionne, respire grâce à celles et ceux que les gouvernements et les patrons tentent de réduire au silence ou à l’invisibilité. Ce n’est pas l’immigration qui abîme ce pays, mais les politiques menées, l’austérité, le mépris social et l’encouragement permanent aux discours de haine. Depuis des années, les pouvoirs publics construisent un paysage dans lequel l’extrême droite se sent chez elle, protégée, légitimée.

Le 18 décembre, nous refusons cette mise en scène. Nous faisons bloc. Nous organisons une « journée sans nous », dans nos quartiers, nos écoles, nos lieux de travail, nos espaces de lutte. Une journée où l’on montre ce que la France refuse d’admettre : sans nous, rien ne tourne. Sans nous, tout s’arrête.

Avec ou sans papiers, immigré·e·s, enfants et petit-enfants d’immigré·e·s, voisin·e·s, collègues, camarades des blocages du 10 septembre et des mobilisations du 18 septembre, nous appelons chacune et chacun à se joindre à ce mouvement. Nous n’irons pas travailler. Nous n’irons pas en cours. Nous ferons front ensemble dans toutes les villes du pays.

Et nous appelons toutes les forces sociales, syndicales, associatives, culturelles, étudiantes, antiracistes, féministes, antifascistes à se mobiliser. À relayer l’appel. À organiser, occuper, bloquer, manifester. À créer les formes d’action adaptées à leurs réalités, pour que cette journée devienne un moment de convergence et d’autodéfense populaire.

Nous mobiliserons pour :

  • L’abrogation immédiate de la loi Darmanin et des circulaires Retailleau
  • L’égalité des droits pour toutes et tous : école, logement, santé, culture, travail
  • La régularisation des sans-papiers
  • La fermeture des centres de rétention administrative
  • La justice sociale, la solidarité, et la lutte contre le racisme et le fascisme

Le 18 décembre, nous faisons vivre l’idée simple et puissante que la dignité ne se mendie pas. Elle se conquiert. Elle s’organise. Elle se défend ensemble. Riposte Populaire sera là, avec toutes celles et ceux qui refusent de plier.

RIPOSTE POPULAIRE

CRISE SOCIALE ET MOBILISATION EN ÉQUATEUR

A l’occasion de la soirée de partage, d’analyse et de soutien au peuple équatorien, organisée le 16 décembre, à l’Espace Jeunes Mahalia Jackson, à Paris; notre équipe a pu enregistrer les prises de parole de Salomé Cardenas Munoz, et de Sisa Calapi sur la situation sociale et politique en Équateur. En effet, elles ont pu revenir sur la gréve générale d’un mois lancée en septembre 2025, suite à la disparition d’une subvention concernant le prix du diesel, symptomatique de la politique libérale du Président Daniel Noboa. Mais aussi, sur les enjeux du référendum du mois de novembre dernier, avec le refus des réformes constitutionnelles qui s’y trouvaient. Les électeurs ont ainsi dit non aux quatre questions posées, qui portaient sur l’installation de bases militaires étrangères, notamment américaines (60 %) ; la fin du financement public des partis politiques (58 %) ; la réduction du nombre de députés (53 %) ; et une “carte blanche” pour réécrire la Constitution (61 %).

VENEZUELA: l’enlèvement de Nicolas Maduro par l’adminstration américaine

L’enlèvement, samedi 3 janvier 2026, du président vénézuélien Nicolás Maduro par l’armée américaine à Caracas, suivie de son transfert à New York, a mis en évidence une conception extraterritoriale de l’État de droit, revendiquée par Donald Trump. C’est donc à la fois une guerre d’agression menée par les USA sur le continent sud américain, une attaque pour s’approprier les énormes réserves de pétroles du pays, la violation d’un État souverain et un coup d’État pour installer l’extrême droite au pouvoir.

Dans l’émission de ce jour, nous allons revenir sur cette situation. Dans un premier temps, nous commencerons par une analyse, tiré du site blast, sur l’historique de cette opération, nous poursuivrons par les prises de parole enregistrée, lors du meeting du samedi 3 janvier 2026 place de la république à paris et nous terminerons cette émission, par une analyse du journal l’Humanité, sur la suite de cette opération, qui a conduit à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, visant à redessiner les équilibres mondiaux et la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis. 

VIVRE SANS POLICE : du long été au crépuscule d’exarchia, par Victor Collet

Aujourd’hui, vous allez pouvoir écouter la présentation du livre ; Vivre sans police par son auteur ; Victor Collet. L’occasion de revenir sur l’histoire récente du quartier Exarchia, quartier du centre d’Athènes qui s’est affranchi pendant une décennie du contrôle de la police, mais aussi de revenir sur la crise monétaire internationale de 2008 qui a assujetti la Grèce aux diktats de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds Monétaire International mettant le peuple à genoux et nous imposant de renflouer les banques.

« Mecque des anarchistes, paradis pour anarchotouristes, zoo émeutier pour jeunes égarés, quartier de la résistance ou de l’insurrection contre la dictature des colonels, de la révolte et des émeutiers après décembre 2008, quartier des intellectuels, petit coin laborieux des artisans, maisons d’édition, libraires, imprimeurs, luthiers, quartier paisible et bariolé, commerçant et festif, « contre culturel » ou « alternatif », de plus en plus branché, gentrifié, approché puis envahi par les touristes à la nuit tombée, quartier de tous les refuges, des sans-abris et des exilés, des antifascistes et des hooligans de l’AEK Athènes, des dealers et des mafieux, des koukouloforoi, (jeunes encagoulés et délinquants sociaux), quartier de tous les départs, vidé par les Airbnb, la marchandisation ou le folklore militant, quartier des assemblées et des disputes interminables entre groupes militants, à l’agonie devant sa militarisation, étouffé par les barrières métalliques et des projets urbanistes délirants, cœur de ville et place cathartique d’une politique du quartier, de la capitale, du pays.

Décrire Exarchia, le quartier de toutes les hyperboles, version miniature (et extrême) des conflits nationaux, mais aussi des fantasmes et projections du gratin militant international… Autant renoncer d’emblée. Mais n’est-ce pas le propre des mythes que d’échapper aux tentatives d’accaparement ? De ne pas se laisser enfermer ou réduire à une définition, une dimension et une direction qui répondent à des intérêts ? Un quartier, aussi polymorphe qui plus est, ne se laisse pas si facilement attraper. À tout prendre, autant choisir un point de vue, et pourquoi pas le mien. »

Comment un quartier peut-il s’affranchir pendant toute une décennie du contrôle de la police ? Victor Collet nous guide dans Exarchia, dans ses squats, ses violences, ses solidarités, ses espoirs déchus, ses victoires… pour nous montrer les possibilités qui existent, lorsque des habitants réussissent à tenir tête au fascisme, que celui-ci soit militant ou étatique ou les deux.

Il parvient à faire l’histoire singulière d’un pays dont il a éprouvé les crises et l’inscrit dans celle, plus large, des villes qui résistent, coûte que coûte, à toutes formes d’oppression. Si le récit de la Grèce peut être lu comme un récit d’anticipation à bien des égards, il donne aussi des raisons d’espérer. Comprendre Exarchia, c’est comprendre ce qui a marché, entrevoir ce qui aurait pu marcher, et s’inspirer des raisons de l’impossibilité à rester un îlot imperméable aux logiques d’oppression, afin de, peut-être, recréer ailleurs des réseaux de solidarité.

présentation de la 2e édition du guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël

Stop Arming Israel France est un collectif créé en novembre 2023 pour répondre à l’appel des syndicats de travailleur·ses palestinien·nes : « End all complicity. Stop arming Israel. »

De la PME à la multinationale, au moins 44 entreprises françaises participent au commerce d’armement d’Israël. C’est ce que montre la 2ᵉ édition du guide de Stop Arming Israël France, publiée ce 9 novembre 2025.

Alors que le génocide en Palestine se poursuit, qu’Israël multiplie les violations du cessez-le-feu avec des frappes sur Gaza et le Liban, que la colonisation continue sur l’ensemble du territoire palestinien, le collectif Stop Arming Israel France dévoile le résultat de plusieurs mois de recherche sur la participation d’entreprises françaises au commerce d’armement avec Israël.

En mars 2024, une première édition de notre Guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël recensait les liens de 10 entreprises avec le complexe militaro-industriel israélien. Aujourd’hui, ce sont 34 nouvelles entreprises qui font leur entrée dans cette nouvelle édition du Guide.

Dans l’émission de ce jour, nous recevons Loïc et Fanny, membres de stop arming Israël France, pour la présentation de l’édition 2025 du guide des entreprises françaises d’armement complices d’Israël.

Guerres coloniales et impérialistes : l’arsenal du poison et de la mort

Le 26 novembre dernier au Baranoux était organisé un débat autour du thème “guerres impérialistes et génocides : comment lutter à armes inégales” par le collectif “Vietnam dioxine“, en association avec “Urgence Palestine“, le média soudanais Sudfa, et le collectif Guerre à la guerre. Présent également une personne qui nous parlera de la situation dans le dit “Sahara occidental”. Était ainsi évoqué la question de l’armement et de la complicité occidentale, et notamment des armes chimiques quelques jours avant la journée internationale des victimes des armes chimiques, le 30 novembre. La prise de parole concernant l’intervention d’Urgence Palestine n’ayant pu être prise, nous vous liront à la place des textes, l’un traitant de l’emploi du phosphore blanc à Gaza et au Liban par Human Right Watch ; un autre, une tribune du collectif Vietnam-Dioxine appelant à identifier les victime pour envisager une « réparation digne ».

A lire :
«Les armes chimiques tuent encore, à quand la fin de l’impunité ?»

EN SERBIE MALGRÉ LA RÉPRESSION LE MOUVEMENT CONTINU

Jeudi 27 novembre 2025, Amnesty International Paris, organisait une rencontre sur les droits humains en Serbie. En novembre 2024, les étudiants serbes descendent dans la rue, contre la corruption, pour la justice, pour un changement. Depuis, la protestation s’étend et se généralise. Face à une société en mouvement les autorités répondent par la répression.

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une partie de cette rencontre

Étaient présents :

Teodora Cirilovic, franco-serbe, soutien du mouvement en France

Jean-Arnault Dérens, rédacteur en chef du Courrier des Balkans et

Lazar Jeremic, étudiant et manifestant venu spécialement de Serbie,

le Pr Miodrag Jovanovic, Professeur de la sociologie et de la théorie et philosophie du droit, Faculté de droit de l’Université de Belgrade, en visioconférence depuis Belgrade

Ana Otasevic, doctorante à l’EHESS, documentariste, collaboratrice du Monde diplomatique, spécialiste des Balkans

Serbie Rapport d’Amnesty

Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Serbie en 2024.

Des manifestant·e·s et des journalistes ont fait l’objet d’actes d’intimidation, de manœuvres de harcèlement et de poursuites judiciaires abusives pour s’être mobilisés sur des questions d’intérêt public. Aucune mesure crédible n’a été prise pour que les responsables de crimes de guerre aient enfin à rendre compte de leurs actes. Le gouvernement a au contraire cherché à édulcorer une résolution de l’ONU concernant le génocide de Srebrenica. La discrimination à l’égard des Roms et des personnes LGBTI, ainsi que des réfugié·e·s et des migrant·e·s, constituait toujours une préoccupation majeure. Le nombre de personnes réfugiées ou migrantes transitant par la Serbie a diminué, mais ces personnes restaient exposées à des abus et à des violences aux frontières.

CONTEXTE

La mise en œuvre de l’accord négocié sous l’égide de l’UE entre la Serbie et le Kosovo concernant la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays était au point mort. La Cour constitutionnelle a annulé en juillet un décret pris en 2022 par le gouvernement qui bloquait l’ouverture d’une mine de lithium et de bore dans la vallée de la Jadar. Cette décision a déclenché dans tout le pays une vague de manifestations de grande ampleur. Peu de temps après, le gouvernement a pris un nouveau décret approuvant le projet d’exploitation. Toujours au mois de juillet, la Serbie et l’UE ont conclu un protocole d’accord et un partenariat stratégique sur les matières premières durables. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pendant des mois contre l’extraction du lithium, dénonçant les dommages irréversibles qu’elle risquait de causer à l’environnement.

Liberté d’expression

Des procédures-bâillons ont été ouvertes contre des journalistes d’investigation, des militant·e·s et des défenseur·e·s des droits humains, qui continuaient par ailleurs de faire l’objet d’un dénigrement systématique de la part d’organes de presse favorables au pouvoir en place. En juillet, une chaîne de télévision progouvernementale très populaire a accusé une quarantaine d’organisations de la société civile de « mener une guerre spéciale contre la Serbie » pour le compte de puissances étrangères. Cette chaîne a diffusé des données détaillées sur les finances de ces organisations, y compris les noms de certains membres de leur personnel, des informations bancaires et des indications sur des transactions – autant d’éléments censés être confidentiels. Plusieurs responsables gouvernementaux ont appelé de façon répétée à l’adoption d’une « loi sur les agents de l’étranger » destinée à faire taire toute dissidence. L’Association indépendante des journalistes de Serbie (NUNS) a signalé plus de 150 cas de menaces ou d’agressions visant des journalistes cette année. À lui seul, le Réseau de reportage sur la criminalité et la corruption (KRIK) a fait l’objet de 16 procès abusifs pour ses activités de journalisme d’investigation.

En mars, le Comité des droits de l’homme [ONU] s’est inquiété de la persistance de propos discriminatoires visant des journalistes, tant en ligne que dans les médias traditionnels, y compris de la part de personnalités politiques et de hauts responsables.

Liberté de réunion pacifique

Les manifestations, en particulier celles liées à l’environnement, ont été lourdement encadrées par les forces de l’ordre, qui n’ont pas hésité à recourir à une force excessive ni à procéder à des arrestations arbitraires. À la suite des manifestations contre l’extraction de lithium qui ont eu lieu en août, 33 militant·e·s au moins ont été arrêtés dans 17 villes de Serbie. Nombre d’entre eux ont été placés en détention ou interrogés en raison de commentaires qu’ils avaient publiés sur les réseaux sociaux ou pour avoir simplement participé à des manifestations pacifiques. Plusieurs ont été inculpés d’infractions pénales disproportionnées, telles que l’« incitation au renversement violent de l’ordre constitutionnel », et ont subi des interrogatoires prolongés, des perquisitions de leur domicile et la confiscation de leurs téléphones et ordinateurs.

Amnesty International a révélé en décembre des éléments prouvant qu’un logiciel espion illégal et diverses autres techniques invasives relevant de la criminalistique numérique étaient largement utilisés par les autorités pour surveiller des militant·e·s et des journalistes indépendants. Après la publication de ces informations, plusieurs organisations locales de la société civile ont porté plainte contre la police et l’Agence d’information sur la sécurité pour avoir développé et utilisé un logiciel espion et accédé sans autorisation à des données personnelles.

Droit à la vérité, à la justice et à des réparations

La Serbie a fait part de sa réprobation face à l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies d’une résolution faisant du 11 juillet la Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide commis à Srebrenica en 1995.

Plus de 1 700 affaires de crimes de guerre n’avaient toujours fait l’objet d’aucune enquête en Serbie.

Le procès de sept anciens policiers serbes de Bosnie accusés d’avoir participé, en juillet 1995, au massacre de 1 313 Bosniaques de Srebrenica dans les locaux de la coopérative agricole de Kravica n’a guère avancé en raison de multiples reports d’audiences.

En Serbie, des logiciels espions utilisés par les autorités pour espionner journalistes et militants

Publié le 17.12.2024

Dans un nouveau rapport, nos équipes d’Amnesty Tech révèlent comment des journalistes d’investigation et des militants écologistes ont vu leur téléphone infecté par un logiciel espion pendant des interrogatoires, des gardes à vues ou dépôts de plaintes auprès de la police ou des services de renseignements serbes. Il s’agit là d’une campagne de surveillance illégale menée par les autorités pour faire taire la société civile.

Les autorités serbes usent de technologies de pointe pour surveiller, espionner, ses journalistes, militants et activistes. Une répression numérique pour étouffer les mouvements de contestation.

Depuis 2021, la Serbie a été le théâtre de nombreuses manifestations contre le gouvernement. Les attaques de l’État serbe contre la société civile se sont nettement intensifiées après les manifestations massives de juillet et août 2024 contre l’extraction de lithium et contre l’accord passé entre la Serbie et l’Union européenne sur l’accès aux matières premières. 

C’est dans ce contexte que nous révélons dans un rapport de plus de 80 pages intitulé « Une prison numérique. Surveillance et répression de la société civile en Serbie », comment les autorités ont infecté secrètement les téléphones de personnes considérées comme « voix dissidentes. »

Une entreprise israélienne et un logiciel espion serbe  

C’est l’entreprise israélienne Cellebrite qui est à l’origine d’un outil d’extraction des données de téléphones portables, outil utilisé par les autorités serbes. Fondée en Israël, l’entreprise Cellebrite dispose de bureaux dans le monde entier et développe une gamme de produits pour les entités gouvernementales. Les outils de Cellebrite ont permis aux autorités serbes de déverrouiller, sans accès au code, les téléphones des personnes interrogées par la police.  

Une fois les téléphones déverrouillés, les autorités pouvaient introduire leur logiciel espion, NoviSpy. Il peut récupérer les données confidentielles du téléphone ciblé et peut allumer à distance le micro et la caméra.

Journalistes ciblés 

Slaviša Milanov est un journaliste d’investigation indépendant. En février 2024, il est arrêté lors d’un contrôle routier. Placé en détention, il est interrogé sur son travail de journaliste, téléphone éteint. À sa libération, Slaviša remarque que son téléphone, qu’il avait laissé à l’accueil au poste de police pendant son interrogatoire, semble avoir été trafiqué. Il demande alors au Security Lab d’Amnesty International d’examiner son téléphone.

Résultat : nos équipes ont bien confirmé que l’outil de l’entreprise Cellebrite avait bien été utilisé pour déverrouiller son téléphone et y introduire le logiciel espion NoviSpy.  

Nos preuves démontrent que le logiciel espion NoviSpy a été installé alors que la police serbe était en possession de l’appareil de Slaviša Milanov

Donncha Ó Cearbhaill, responsable du Security Lab d’Amnesty International

Militants piratés par NoviSpy lors d’un dépôt de plainte 

La stratégie qui consiste à installer le logiciel espion secrètement sur l’appareil d’une personne pendant sa détention ou pendant son dépôt de plainte a été largement utilisée par les autorités serbes.  Un militant d’une organisation qui promeut le dialogue et la réconciliation dans les Balkans occidentaux, a vu son téléphone infecté par un logiciel espion lors d’un entretien avec des responsables des services de renseignements serbes (BIA), en octobre 2024.  Le militant a été convié dans les locaux de la BIA à Belgrade concernant une attaque menée contre les bureaux de son organisation. Après cet entretien, son téléphone avait été infecté par le logiciel espion. 

Effets dévastateurs  

Les militants serbes que nous avons interrogés ont été traumatisés par ce système de surveillance numérique mis en place par les autorités. « Tout ce que vous pourrez dire pourrait être utilisé contre vous, ce qui a un effet paralysant à un niveau personnel tout comme professionnel », déclare Branko*, un militant pris pour cible par le logiciel espion Pegasus.

Nous nous trouvons tous dans une espèce de prison numérique (…). Nous avons une illusion de liberté, mais en réalité, nous n’en avons aucune. 

Goran*, militant ciblé par le logiciel espion Pegasus

Ce ciblage entraîne également une forme d’autocensure. « Cela a deux conséquences » indique un militant. « soit vous optez pour l’autocensure, ce qui nuit considérablement à votre capacité de travailler, soit vous choisissez de parler malgré tout, auquel cas vous devez être prêt à en subir les conséquences », déclaré Goran*, un militant également ciblé par Pegasus. 

On a envahi ma vie privée et cela a complètement détruit mon sentiment de sécurité personnelle. Cela a provoqué une grande anxiété […] J’ai ressenti un sentiment de panique et je suis devenu assez isolé. 

Aleksandar*, militant, ciblé par le logiciel espion Pegasus

Piquet de grève devant le site Amazon de Brétigny-sur-Orge

Brétigny-sur-Orge, vendredi 28 novembre 2025. devant les locaux d’Amazon

Une action syndicale a été menée vendredi 28 novembre, jour du Black Friday, dans le plus gros entrepôt français d’Amazon, pour dénoncer les conditions de travail. Mais difficile d’empêcher la machine américaine de tourner.

Dans cette émission, nous entendrons les prises de paroles et les entretiens réalisés avec les salari-e-és d’Amazon Brétigny, qui nous parlent notamment de leurs conditions de travail.

Amazon Bretigny, c’est 70.000 mètres carrés, 10 terrains de football et 50.000 colis par jour, tous les jours, 24 h/24 ; le 28 novembre 2025 se tenait devant le site Amazon de Brétigny un piquet de grève pour soutenir les salarié·es en lutte. Une date stratégique pour les travailleurs de choisir le Black Friday pour exprimer leur colère. Un trop petit nombre de militants avait fait le déplacement dans la grisaille et la pluie de ce mois de novembre pour soutenir le courage et la détermination des quelques grévistes.

C’est en 2000 que le fondateur et PDG Jeff Bezos que de cette boite américaine s’implante en France dans un premier temps dans le secteur des biens culturels et de l’édition. Tient au moment où Sarkozy arrive au pouvoir ! Depuis, la société de Jeff Bezos s’est développée de manière exponentielle, vendant tout et n’importe quoi. Son activité progresse et vient détruire les petits magasins de proximité, comme les libraires par exemple, elle a fait un chiffre d’affaires annuel de 638 milliards de dollars en 2024 sur l’exploitation de ses salariés.

Cette action s’inscrivait dans une protestation mondiale. De New Delhi à Montréal et au-delà, des milliers de personnes prendront les rues, les lignes de piquetage, les entrepôts, les bureaux et les centres de données pour faire payer Amazon ses abus envers les travailleurs, sa destruction de l’environnement et ses menaces envers la démocratie. Depuis sa création, Amazon écrase le droit des travailleurs à la démocratie sur le lieu de travail, en s’opposant aux syndicats et avec l’appui de figures politiques autoritaires. Son modèle accentue les inégalités et sape les droits fondamentaux des travailleurs à s’organiser, à négocier collectivement et à exiger des lieux de travail sûrs et équitables. 

Lancé en 2020 par UNI Global Union et Progressive International, Make Amazon Pay Day est une campagne qui rassemble des travailleurs, des écologistes, des défenseurs de la justice fiscale et des militants pour les droits numériques afin de contester les abus d’Amazon et d’exiger un changement systémique. Alors pour soutenir, évitez de passer par Amazon pour faire vos achats.

> En Inde – Des milliers de manifestants à New Delhi, Kolkata, Mumbai et dans 20 autres villes exigeront de meilleurs salaires, des conditions sûres et une protection contre la chaleur extrême.

> Au Bangladesh – une marches de travailleuses du textile à Dhaka dénonçe l’exploitation des chaînes d’approvisionnement.

> au Canada – un rassemblement du CSN et d’Oxfam à Montréal. Manifestation d’Unifor en Colombie-Britannique.

> En Allemagne – une grèves dans les entrepôts Amazon

> États-Unis – Mobilisations du Cyber Monday à Chicago (IL), Newark (NJ), New York (NY), Oakland (CA), San Bernardino (CA) et Washington, D.C. Les manifestants dénonceront les contrats d’Amazon qui alimentent les raids de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Alors qu’Amazon profite d’une de ses saisons de ventes les plus importantes, les communautés demanderont à l’entreprise de mettre fin à sa complicité dans l’agenda de détention et de déportation de Trump, en servant de colonne vertébrale technologique à la machine de surveillance de l’ICE.

> Indonésie – Manifestation du syndicat ASPEK à Jakarta.

> Australie – Manifestations des syndicats TWU et SDA.

> Taïwan – Action de Greenpeace Taïwan.

> Népal – Manifestation à Katmandou.

> Palestine – Les postiers protestent contre la collaboration d’Amazon avec l’occupation.

> Brésil – Action à Franco da Rocha.

> Colombie – Manifestation du COE à Bogotá.

> Danemark – Action de Greenpeace Danemark.

> Luxembourg – Actions de Greenpeace Luxembourg et Greenpeace International.

> Afrique du Sud – Au Cap, action « Save Our Sacred Land » devant le siège d’Amazon construit sur des terres autochtones.

> Actions numériques et créatives – Projections, événements de solidarité en ligne et campagnes coordonnées ciblant les sièges d’Amazon.

Les salarié·es d’Amazon ont engagé une nouvelle journée de grève le 28 novembre. Leur lutte est aussi la nôtre : c’est celle de toutes et tous les travailleur·ses qui refusent la casse sociale, les cadences infernales, la précarisation et le mépris de classe.

À Amazon Brétigny, les conditions de travail continuent de se dégrader chaque jour : surcharge permanente, pressions managériales, bas salaires, licenciements abusifs.
La direction pense pouvoir briser les résistances avec la peur et les sanctions, mais ils se trompent. Déjà, le 10 septembre, lors de l’appel «  bloquons tout », c’est 500 personnes qui s’étaient réunies sur le piquet de grève, devant le site d’Amazon de Brétigny.

Actions Mondiales dans Plus de 30 Pays

Amazon se trouve « au cœur de la machine » qui permet la fusion de la cupidité des entreprises, de la surveillance, de la lutte antisyndicale et de l’autoritarisme d’extrême droite. Cette dynamique combine la recherche impitoyable du profit avec des systèmes de contrôle et de violence. C’est une attaque contre la démocratie et contre la liberté, au travail comme ailleurs.

Déjà l’une des entreprises les plus puissantes de l’histoire, Amazon a financé l’investiture de Trump et en a retiré ce qu’il voulait : soutien à la lutte antisyndicale, dérégulation et recul des protections environnementales. Le dernier rapport financier d’Amazon a montré qu’elle avait payé 1,4 milliard de dollars de moins en impôts que sur la même période l’année précédente, grâce aux réductions fiscales adoptées plus tôt cette année. Cela survient alors que Trump contourne le Congrès pour réduire encore davantage les impôts des entreprises et des milliardaires.

Les organisateurs de la campagne avertissent aussi que l’expansion de l’automatisation et de l’intelligence artificielle chez Amazon menace de remplacer des centaines de milliers de travailleurs, tandis que ses vastes centres de données consomment d’énormes quantités d’énergie et d’eau, aggravant la crise climatique.

Dans le monde entier, les travailleurs ont néanmoins réussi à repousser la domination d’Amazon. Au Canada, des années d’efforts pour syndiquer les salariés ont porté leurs fruits : cette année, les travailleurs de l’entrepôt de Delta, en Colombie-Britannique, ont obtenu la certification syndicale avec Unifor après que la commission provinciale des relations de travail a conclu qu’Amazon avait illégalement interféré dans la campagne d’organisation. La commission a jugé que les actions d’Amazon — notamment une embauche accélérée et des messages antisyndicaux — avaient compromis l’équité du vote. Elle a donc accordé une certification automatique. L’entrepôt de Delta devient ainsi le premier site Amazon au Canada à obtenir une représentation syndicale.

En Australie, le mouvement syndical a transformé une bataille politique en victoire législative. La nouvelle clause de « conduite éthique » dans les règles fédérales de passation de marchés — obtenue grâce à la campagne du syndicat SDA — oblige les agences gouvernementales à examiner le bilan d’une entreprise en matière de droits du travail avant d’attribuer un contrat. La mesure, en vigueur depuis le 17 novembre, pourrait exclure des entreprises accusées d’exploitation ou de violations du droit du travail de marchés publics valant plusieurs milliards.

Aux États-Unis, les autorités régulatrices ont infligé leur propre sanction. Dans une affaire historique, Amazon a accepté de payer 2,5 milliards de dollars US (2,3 milliards d’euros) pour régler des accusations de la Federal Trade Commission (FTC) selon lesquelles la société trompait les clients pour les inscrire à Prime et rendait difficile la résiliation de l’abonnement. L’accord comprend 1 milliard de dollars d’amende civile — la plus élevée jamais imposée par la FTC — et 1,5 milliard en remboursements aux consommateurs.

La coalition Make Amazon Pay réunit plus de 80 organisations, dont UNI Global Union, Progressive International, Greenpeace International, Tax Justice Network et Attac.

Ensemble, nous exigeons qu’Amazon :

Paie équitablement ses travailleurs et respecte leur droit à s’organiser.

Paie sa juste part d’impôts et mette fin à l’évasion fiscale mondiale.

Paie pour ses destructions environnementales en s’engageant à une véritable durabilité et responsabilité

Milipol : protestation devant le salon de la guerre contre les peuples/ Rosa Luxembourg

Ce mercredi 19 novembre 2025. Malgré le temps glacé et l’hostilité de l’endroit, une centaine de personnes, membres de la coalition Guerre à la guerre, de Stop Arming Israël et d’organisations pro-palestiniennes et soudanaises, sont venues dénoncer ce salon de la honte. En particulier la présence d’une quarantaine d’entreprises israéliennes. « Israël assassin, Milipol complice ! »

Le 11 novembre une soirée antimilitariste était organisée par la coalition Guerre à la guerre avec pour thème ; Rosa Luxembourg, passé, présente !, vous allez entendre dans cette émission une partie des interventions.

Le slogan résonne devant une rangée de banderoles aux couleurs vives sur le parvis du parc des expositions de Villepinte, au nord de Paris. L’endroit est sécurisé par des policiers armés,

Milipol désigne le plus grand salon de « la sécurité » du monde. Toutes les entreprises qui vendent des produits pour gazer, mutiler, torturer ou faire peur ont rendez-vous dans la capitale, pour exposer leurs produits aux différents dirigeants de la planète qui ont envoyé leurs représentants. Ce nom illustre à lui seul la violence d’État dans toute sa largeur, de la répression à la guerre. C’est un mélange peu subtil entre le mot « militaire » ou « milicien » et « police ».

Pendant qu’à l’extérieur, les manifestant·es contre les armes de répression sont repoussé·es par les forces de l’ordre, à l’intérieur du salon, toute l’extrême droite parade au milieu des stands et des uniformes. Ce 19 novembre, Éric Ciotti, Jordan Bardella, Marion Maréchal, mais aussi le syndicat UNSA Police ont fait le déplacement pour rencontrer les marchands de grenades, de drones et de matraques, et les policiers qui les utilisent. La veille, c’est le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez qui coupait en riant le ruban d’inauguration du salon et tweetait : « C’est avec beaucoup d’honneur, et aussi beaucoup d’attentes, que j’ai inauguré la 24e édition du salon Milipol Paris ». Dans un monde auquel les valeurs sont inversées, les fascistes et les autocrates parlent « d’honneur » quand ils vendent des armes servant à violenter le peuple, et les personnes qui s’indignent de telles pratiques qui sont réduites au silence.

L’existence de Milipol est un scandale en soi, qui devrait mobiliser l’ensemble des forces de gauche pour exiger son annulation. Mais la présence de 39 firmes israéliennes rajoute un niveau de plus à l’abjection. En effet, un « village » israélien est présent chez Milipol. Le nom de l’État sioniste apparaît en couleurs flashy, surmontant des exemplaires de fusils et de lance-grenades disposés sur de nombreux stands. Israël se vante de son savoir-faire exceptionnel en matière de répression armée et propose ainsi à ses clients des armes qui ont déjà « fait leurs preuves » contre le peuple palestinien.

Parmi les entreprises représentées, on trouve la firme Elbit, premier vendeur d’armes israélien, qui fabrique notamment des drones de combat et de surveillance. Toka, qui propose des logiciels pour surveiller, pirater et infiltrer les appareils connectés, et travaille avec le renseignement israélien. Sightec qui élabore des systèmes d’Intelligence Artificielle pour les drones armés. Paxis LTD qui produit des blindages et des protections pour les policiers et les soldats, ou encore Emtan qui vend des pistolets-mitrailleurs et fusils d’assaut, et qui a même offert des armes à l’armée israélienne pour soutenir le génocide à Gaza. Initialement, 8 entreprises israéliennes particulièrement impliquées dans les crimes contre l’humanité visant les palestiniens avaient été désinvitées de Milipol cette année. Mais finalement, suite à la pression du lobby pro-israélien et des États-Unis, Macron a validé leur présence à Villepinte, déroulant ainsi le tapis rouge à des criminels de guerre aux portes de Paris.

Malheureusement, ces firmes israéliennes ne sont que la partie émergée d’un iceberg de violence industrielle. 1200 exposants sont présents à Milipol, et ont souvent autant de sang sur les mains que leurs homologues israéliens. Cette année, l’entreprise française Netforce a présenté de nouveaux « gants à impulsion électrique » qui permettent aux agents qui les portent de torturer facilement rien qu’en saisissant le corps d’une personne. Le chercheur Mathieu Rigouste a filmé des images terrifiantes du représentant de l’entreprise qui fait une démonstration publique de son produit avec un sourire malsain. Ces gants qui électrocutent leurs victimes seraient déjà en test dans la gendarmerie française et en dotation dans les unités pénitentiaires marocaines.

On trouve aussi, dans les couloirs de Milipol, 9 entreprises d’armement des Émirats arabes unis, qui équipent actuellement les massacres commis au Soudan. Par exemple la firme International Armoured Group qui produit des véhicules blindés à la fois utilisés au Soudan, mais aussi par la police brésilienne, ultra-violente, qui vient de commettre un massacre dans une favela de Rio de Janeiro. Des entreprises françaises comme KNDS et Lacroix ont aussi fourni des grenades, des fumigènes ou des roquettes qui ont été retrouvés au Soudan, utilisés par des milices qui commettent des crimes contre l’humanité.

Du côté de l’industrie française des armes, on trouve évidemment Airbus, qui fabrique des missiles, des hélicoptères de combat et des engins volants pour surveiller ou tuer, Nobel Sécurité, qui produit des grenades lacrymogènes utilisées à la fois contre les manifestations en France, mais aussi dans de nombreux pays, notamment africains, ou SAPL, dont les munitions ont par exemple été utilisées contre les contestations au Togo.

C’est un véritable salon de la guerre contre les peuples qui a lieu tous les deux ans aux portes de paris, au milieu de l’agglomération la plus peuplée de France. L’existence de ce salon est une honte mondiale, et l’absence d’une mobilisation massive pour l’empêcher l’est au moins autant. Pour une fois, nous, habitant en France, avons une prise réelle et concrète sur ceux qui produisent et mènent la répression et la guerre. Ils sont là, sous nos yeux, aux portes de Paris. Manifester contre un tel salon est infiniment plus efficace et pertinent que les éternels défilés inutiles entre Bastille et Nation, qui ne servent qu’à démontrer notre impuissance collective.

POUR LA PAIX CONTRE TOUTES LES GUERRES/ZONE DE GUERRE A SAINTE-SOLINE

Nous commençons cette émission aujourd’hui par quelques interventions enregistrées lors du rassemblement organisé le mardi 11 novembre 2025 place de la république à Paris, un rassemblement Pour la paix / Contre toutes les guerres / Pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, organisé par la Fédération Anarchiste, La Libre Pensée, Sat-Amikaro, La Cité des Droits des Femmes, l’Organisation Communiste Libertaire, l’Union Pacifiste et la Coordination Régionale Antinucléaire d’Île-de-France.

Dans une deuxième partie, nous lirons le communiqué écrit par Mickaël, Serge, Alix, Olivier et des proches, pour que la lumière soit faite sur ce qui s’est passé à Sainte-Soline et pour éclairer les agissements de la police lors de cet événement et les garder en mémoire, nous diffusons le son de la vidéo réalisée par Médiapart sur les violences policières à Sainte-Soline et ailleurs.

Pour la paix, contre toutes les guerres

Les millions de femmes et d’hommes qui manifestent dans le monde entier, en solidarité avec le peuple palestinien, victime du génocide perpétré par l’État d’Israël, le font en toute conscience que demain, ce sont eux qui pourraient devenir les victimes de l’impérialisme, de son économie fondée sur la guerre, la destruction de l’humanité, l’extermination de peuples entiers. Ni au Yémen, ni en Grande-Bretagne, ni tout récemment en Italie où viennent de se produire des grèves générales et des manifestations gigantesques de soutien aux Palestiniens de Gaza et Cisjordanie, aux flottilles de solidarité kidnappées par l’armée israélienne, les populations travailleuses et la jeunesse n’oublient les autres guerres menées par l’impérialisme.

En RDC, au Soudan, pour ne citer que ces deux pays, les politiques néocolonialistes, avec la complicité de potentats et d’États locaux, organisent délibérément la mort de millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Partout, les guerres font des victimes civiles, subissant drones, bombardements, mines anti-personnel, tortures, viols comme arme de guerre, esclavage sexuel, déplacements forcés, famine, épidémie, etc. Là se trouvent les conditions pour continuer à exploiter ces pays, à piller leurs ressources naturelles. Mais les peuples résistent, malgré des conditions atroces, et il arrive que l’impérialisme subisse des défaites. C’est le cas au Niger, d’où la Françafrique, son armée, ses trusts miniers, commencent d’être chassés. Et le peuple vénézuélien s’apprête à résister à l’agression de Trump, qui vise les réserves pétrolières du pays et cherche à mettre ce peuple à genoux. Comme pour les Palestiniens, il s’agit du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

C’est une imposture de soutenir par les armes et la propagande un régime corrompu comme celui de l’Ukraine de Zelensky, qui réprime le mouvement social et ouvrier, enlève les citoyens dans les rues pour les enrôler dans la boucherie des tranchées. Quant aux justifications de l’agression russe, elles s’enracinent dans le culte du chef, la religion orthodoxe ressuscitée, propagande destinée à masquer le caractère mafieux de l’économie russe, aux mains d’oligarques tout aussi criminels que ceux d’Ukraine. Dans ces deux pays, le peuple paye pour des visées hégémoniques.

En luttant contre la guerre, pour la paix immédiate, exigeant la fin du génocide à Gaza, l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie, nous soutenons le droit à l’existence du peuple palestinien, le droit pour toutes les composantes de la région à vivre dans un cadre pacifique. De ce point de vue, invoquer le droit de se défendre comme le fait Israël, État colonial, relève aussi de l’imposture. Nous ne sommes pas dupes de la « diplomatie » de Trump. En soutenant et défendant les déserteurs russes et ukrainiens, nous aidons ces deux peuples à chasser, un jour prochain, les oligarques et les représentants de l’OTAN et à retrouver la fraternité, qui est l’aspiration fondamentale des peuples.

Les peuples rejettent la guerre, car ils comprennent que la guerre et sa préparation sont l’occasion de détruire les services publics, de piller les acquis sociaux, de supprimer les libertés et de les plonger dans la misère. En France, par exemple, la militarisation de la société, relayée par les médias dominants, vise à terroriser les populations pour les soumettre et les dresser au nom du lobby militaro-industriel, du nationalisme, de la religion et du patriarcat, tout en légitimant les frontières et les drapeaux.

COMMUNIQUÉ

Il importe de faire la lumière sur les violences policières à Sainte-Soline et ailleurs

Le 25 mars 2023, lors d’une manifestation à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) contre les mégabassines, les forces de l’ordre ont blessé plus de 200 personnes – dont nous quatre gravement.

Une plainte a été déposée par nous ou par des proches de nous, notamment pour tentative de meurtre et pour entrave à l’arrivée des secours.

Les experts que le procureur de la République a chargé d’enquêter sur les violences policières ont mis deux ans à rendre leurs conclusions, qui sont à la fois partiaux et lacunaires. Selon eux, les forces de l’ordre auraient seulement répondu à la violence de certains manifestant-e-s. En fait, comme l’ont démontré force témoignages,

images et enquêtes journalistiques, les 3 200 policiers « défendant » un trou de terre vide ont bombardé (de 5 010 grenades) sans sommation l’ensemble des manifestant-e-s.

Toujours selon ces experts, l’organisation des secours n’aurait pas entraîné une « perte de chance » pour les victimes… parce qu’elles ont été soignées sur place « de façon consciencieuse et irréprochable ». En fait, ce n’est pas la qualité de ces soins qui a été dénoncée, c’est l’interdiction faite aux ambulanciers d’accéder aux personnes blessées même quand il y a eu un retour au calme – interdiction que, là encore, divers témoignages confirment.

L’enquête indique que les soignants n’étaient pas autorisés à arriver seuls sur les lieux, et que des tirs « non réglementaires » ont été opérés par les forces de l’ordre. Mais de nombreuses zones d’ombre subsistent dans ses conclusions, en particulier concernant les ordres explicites d’effectuer ces tirs « non réglementaires » : quoique figurant dans le dossier, ils n’ont pas été traités. Enfin, si des « dysfonctionnements inexplicables » sont relevés dans l’organisation des secours (le PC pompier ne répondait pas aux appels à l’aide, des motards de la police ont tardé à venir escorter des ambulanciers et les ont abandonnés en chemin, etc.), aucun avis n’est émis dessus.

La manière dont a été conduite cette enquête laisse clairement apparaître l’intention de classer sans suite nos plaintes, aussi demandons-nous la poursuite des investigations. Loin d’être un événement ponctuel, le 25 mars 2023 à Sainte-Soline s’inscrit dans un processus visant depuis de nombreuses années à banaliser une répression toujours plus violente. L’objectif de l’État ce jour-là n’était pas d’empêcher les manifestant-e-s de parvenir sur le chantier de la mégabassine, mais de dissuader quiconque de manifester à nouveau contre de telles constructions – lesquelles ont depuis été jugées inutiles et illégales par les autorités compétentes.

La mobilisation antibassines de Sainte-Soline a ainsi été pour l’État une occasion d’appliquer sa « doctrine du maintien de l’ordre », qui implique d’assimiler les mobilisations sociales à des attentats terroristes afin de déclencher officieusement un plan Orsec permettant leur répression par de véritables moyens militaires, mais ne prévoyant pas les moyens sanitaires à la hauteur de cette répression. Le terrorisme, c’est ça : rendre une population passive face aux agissements d’un pouvoir devenu omnipotent.

Nous avons aujourd’hui les preuves audio et vidéo de ce dont nous nous doutions : les actes qui ont causé tant de blessures et fait frôler la mort à nombre d’entre nous ne sont pas l’œuvre d’individus particulièrement violents, mais découlent de l’ordre donné par une institution. Et des actes semblables ont blessé et tué dans d’autres contextes (mouvements des gilets jaunes ou contre la réforme des retraites, émeutes après la mort de Nahel…).

Alors, nous voulons faire peser sur cette institution le cadre juridique dont elle s’affranchit délibérément. Apporter un éclairage sur ce dossier ne suffira évidemment pas à le clôturer, mais cela nous aidera à trouver les réponses dont nous avons besoin et à affirmer un refus de se laisser tétaniser par la terreur. Nous n’en continuerons pas moins de mener d’autres batailles pour une réelle justice sociale et environnementale.

Mickaël, Serge, Alix, Olivier et des proches,

le 5 novembre 2025

Révoltes à Madagascar

Dans cette émission, nous revenons avec Marie Ranjanoro, auteure de Feux, Fiévres Forêts, fiction historique qui se déroule lors de l’ insurrection de 1947 à Madagascar, sur les différentes raisons et enjeux de la mobilisation qui a été entamée sur ce territoire en septembre 2025.

Entretien entre Georges Ibrahim Abdallah et Salah Amouri – par le média Blast

Dans cette émission, vous entendrez un entretien des militants Gorges Ibrahim Abdallah et Salah Amouri réalisé par Olivier Besancenot et Antonin Bernanos à qui le média Blast a donné carte blanche (date de publication : le 23 octobre 2025). Cet entretien nous a semblé particulièrement intéressant pour en refaire la rediffusion.

Nous reproduisons la présentation textuelle de Blast :

“Georges Ibrahim Abdallah et Salah Hamouri sont deux militants historiques de la cause palestinienne pour laquelle ils ont été tous deux incarcérés. Le premier pendant 41 ans dans les geôles de l’État français, et le second pendant plus de 10 ans, dans les prisons de israéliennes. Libéré depuis le 25 juillet 2025, Georges Ibrahim Abdallah a rejoint le Liban. Salah Hamouri a été expulsé vers la France, interdit de revenir en territoire palestinien, il milite désormais au sein d’Urgence Palestine. Blast a offert à Olivier Besancenot et Antonin Bernanos une carte blanche, ils sont ainsi partis à leur rencontre à Beyrouth pour réaliser l’entretien et la rencontre qui vont suivre. Leurs deux interlocuteurs reviennent sur leurs conditions de détentions, la singularité du combat pour la Palestine et leurs vues sur les récentes évolutions politiques mondiales. Ils évoquent aussi, avec calme et lucidité, les nouveaux enjeux stratégiques liés à un capitalisme en crise. Leur regard n’est jamais revanchard, nationaliste ou partisan mais toujours emprunt d’un internationalisme qu’on n’entend peu dans les débats médiatiques en France. Plus qu’une entrevue sur l’actualité immédiate, cette conversation à la fois grave et légère est une invitation à réfléchir sur l’état de la planète, les moyens de résister à l’oppression ou au techno-fascisme. Elle nous aide à changer de focal et nous permet de nous évader du cercle infernal de la domination et de l’aliénation.”

ZHERA KURTAY / ROBERT BADINTER

Zehra Kurtay, militante et journaliste turque exilée en France depuis 18 ans, est en grève de la faim le 3 juillet 2025 suite à sa mise sous OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) à l’occasion d’un rendez-vous à la préfecture du Val-de-Marne le 26 juin. Emprisonnée dans la foulée en CRA (centre de rétention administratif), elle sera finalement libérée sous contrôle judiciaire six jours plus tard grâce à une mobilisation en sa faveur.

La journaliste, exilée depuis 2007 en France, a dû fuir son pays à cause de son activité politique et journalistique, après 9 ans de prison et avoir participé à une grève de la faim de 180 jours, laquelle lui a laissé des séquelles. Exilée en France, elle obtient le statut de réfugiée politique. Un statut qui ne l’empêchera pas d’être arrêtée et emprisonnée en 2008… pour les mêmes motifs qu’en Turquie : avoir distribué le journal révolutionnaire turc, dont elle était rédactrice en chef « Kurtulus ». Par la suite, la France révoquera ce statut, qui la protège d’une potentielle expulsion, en 2018, sans même la prévenir, lui laissant le découvrir deux ans et demi plus tard à l’occasion du renouvellement de sa carte de séjour.

Dans cette première partie d’émission, nous entendrons les interventions lors de la rencontre avec Zehra Kurtay et son comité de soutien, qui s’est tenu à Saint-Denis, le 23 octobre 2025 et dans ce même temps, nous entendrons un entretien réalisé avec une femme, dont le mari est emprisonné à l’isolement en compagnie de deux autres personnes en Turquie.

Dans la seconde partie de l’émission, il sera question du parcours de Robert Badinter suite à sa panthéonisation Le 9 octobre 2025. L’entrée au Panthéon de Robert Badinter a donné lieu à une séance d’autocélébration comme la République bourgeoise sait les mener. Chantre de l’État de droit, abolitionniste de la peine de mort, le garde des sceaux de Mitterrand incarne l’hypocrisie d’un système judiciaire et carcérale et la duplicité des socialistes. Pour revenir sur le parcours politique de Robert Badinter, nous entendrons entretien réalisé avec Nadia, par l’équipe de l’émission de radio l’égrégore sur radio primitive à Reims, et cela, pour remettre les choses à l’endroit.

Pour soutenir Zehra Kurtay : la rencontrée à la tente de solidarité Au pied de la porte Saint-Denis, à Paris, métro Strasbourg saint Denis.

Insta :@justicezehrakurtay x :@nexpulsezzehra FB : n’expulsez pas zehra mail : kurtay.zehra@laposte.net

pour le soutien aux prisonniers turcs : https://www.tiktok.com/@is4pp6

Palestine : Mohsen Abu Ramadan , directeur du Centre Haider Abel Shafi pour la culture et le développement à Gaza

Le Cedetim (entre d’études et d’initiatives de solidarité internationale) et  le Forum Palestine citoyenneté organisaient le 16 octobre au CICP (centre international des cultures populaires) une rencontre avec Mohsen Abu Ramadan, directeur du Centre Haider Abel Shafi pour la culture et le développement à Gaza  (une des principales organisation de la société civile à Gaza, Mohsen Abu Ramadan vit actuellement en Egypte) et fut de passage à Paris.

Il est revenue sur la situation a Gaza et a répondu aux questions du public présent au CICP et dans l’émission de ce jour, nous proposons l’écoute d’une grande partie de cette rencontre

Le Centre Dr Haider Abdel Shafi pour la culture et le développement (HCCD) est une organisation palestinienne indépendante, non gouvernementale et à but non lucratif. Elle a été créée en 2014 par des leaders de la société civile, et des éducateurs à Gaza. Le centre s’inspire de la vie et des valeurs du Dr Haider Abdel Shafi, une personnalité palestinienne connue pour son combat pour la justice. Le centre perpétue son héritage en promouvant les droits humains, la responsabilité sociale et la participation démocratique.

Le HCCD encourage l’engagement civique, la tolérance, la paix civile et la non-violence. Il soutient aussi les groupes défavorisés, surtout les femmes, les jeunes et les communautés déplacées. Le centre agit dans toute la bande de Gaza. Il propose des programmes qui intègrent le soutien psychologique, l’autonomisation, le patrimoine culturel et le développement social. Ces programmes sont des moyens pour parvenir à la paix civile et à la résilience. « Nous voulons une société où tout le monde peut s’épanouir et contribuer à un avenir meilleur, sans distinction de sexe, d’origine ou de statut social. »

Dr Haider Abdel Shafi ( 1919-2007),  médecin, nationaliste et laïc, fondateur directeur de la Société palestinienne du Croissant Rouge à Gaza dès 1972, commissaire Général de la Commission palestinienne indépendante pour les droits des citoyens, membre fondateur de l’Initiative nationale palestinienne lancée en juin 2002, avec Edward Said et Mustafa Barghouthi, membre du conseil des administrateurs de l’université de Birzeit

Kanaky libre et indépendante

Afin de dénoncer les accords de Bougival, Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et les collectifs de soutien à l’indépendance de la Kanaky nouvelle Calédonie organise partout en France des Meetings unitaire. Ce soir, le jeudi 6 novembre, se tiendra l’un deux, à Paris, à la Bourse du Travail, 29, boulevard du Temple, métro république. Christian Tein (président du FLNKS) et les six prisonniers politiques kanaks, enfin réunis et libres, y seront présents.

Nous avons pu enregistrer le meeting qui s’est tenu à Marseille le 28 octobre dernier. Nous souhaitons que, dans l’émission de ce jour, son écoute vous donne envie d’aller écouter et soutenir ce soir la lutte du peuple Kanak.

RÉÉLECTION DE PAUL BIYA AU CAMEROUN

Supporters of Cameroonian presidential candidate Issa Tchiroma, who claimed victory in the October 12 presidential election, carry signs and a Cameroonian flag during a protest in New Bell neighbourhood, Douala, Cameroon, October 26, 2025. The signs read: “We are determined for change” and “We no longer want dictatorship”. REUTERS/Zohra Bensemra TPX IMAGES OF THE DAY

Ce lundi 27 octobre, le Conseil constitutionnel du Cameroun a proclamé la réélection de Paul Biya. À 92 ans, il est le plus vieux chef d’État du monde et prolonge une présidence ininterrompue de 41 années pour sept nouvelles années – qui prolongent neuf ans de fonction de premier ministre. Officiellement, il aurait récolté 53,66 % des suffrages. Avant même cette annonce et depuis les élections, des manifestations se tenaient dans plusieurs villes contre le gouvernement, dénonçant sa corruption et la fraude électorale, malgré une répression violente. Pour revenir sur cette actualité, nous sommes en direct aujourd’hui dans les studios de FPP avec Augusta Epanya, coordinatrice de la Dynamique Unitaire Panafricaine et militante de l’UPC-Manidem (Union des Populations du Cameroun-Manifeste National pour l’instauration de la Démocratie).

NON A l’ACCORD UE-MERCOSUR

Le 14 octobre 2025, la confédération paysanne et de nombreuses associations et collectifs appelaient à une manifestation pour s’opposer à l’accord de libre échange Union européenne (UE) et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Vous allez pouvoir entendre les interventions faites lors de cette manifestation qui a rassemblé un millier de personnes et quelques tracteurs. L’occasion de mieux comprendre les enjeux de ces accords aussi bien pour les paysans français que sud américain.

Le 3 septembre 2025, la Commission Européenne a ouvert la voie à l’adoption de l’accord UE*Mercosur* et de l’accord UE*-Mexique. Cela s’inscrit dans la lignée de politiques de libéralisation des marchés, notamment agricoles. A travers cette lutte contre l’accord UE*-Mercosur* et autres accords de libre-échange, c’est bien l’avenir de notre modèle agricole et alimentaire qui est en jeu. C’est une énième attaque à la souveraineté alimentaire des peuples et à la nécessaire protection du revenu des travailleurs et travailleuses. C’est l’occasion de remettre en cause structurellement ce système économique libéral et de sortir l’agriculture et l’alimentation de la logique des marchés.

Ce combat dépasse le seul secteur agricole et le seul enjeu d’une alimentation de qualité : c’est un enjeu de société global tant sur les enjeux socio-économiques que climatiques.

Notre mobilisation collective le 14 octobre sera l’occasion de clamer haut et fort dans les rues de la capitale qu’il est impératif d’enfin placer les enjeux de rémunération du travail, de droits humains, de santé publique, de bien-être animal, d’accès à une alimentation de qualité et de préservation de l’environnement, devant les intérêts financiers poursuivis par ces accords de libre-échange.

Nous, paysan.nes, syndicalistes, responsables d’organisations de solidarité internationale et de protection de l’environnement, scientifiques, artistes, citoyen.nes, appelons à une mobilisation massive paysanne et citoyenne sur Paris le 14 octobre, à 12h esplanade des Invalides, pour exiger la régulation des marchés internationaux et dénoncer la logique du libre-échange qui délocalise nos productions et tire vers le bas les normes sociales et environnementales.

Ce 14 octobre est aussi la date du procès de deux camarades paysans poursuivis suite à une action syndicale de la Confédération paysanne au Grand Palais pour dire stop à la spéculation lors de la Bourse européenne de commerce. Cette répression militante et syndicale est scandaleuse. Nous exprimerons notre solidarité lors de notre mobilisation du 14 octobre. 

Cette manifestation s’inscrit pleinement dans le mouvement social engagé depuis la rentrée contre l’austérité budgétaire et se construit en totale solidarité avec les populations des pays du Sud, victimes aussi des accords de libre-échange.

Le 14 octobre doit être une date charnière pour revendiquer un droit au revenu paysan, une protection de notre agriculture et alimentation vis-à-vis des logiques de marché et la mainmise des multinationales.

Le 14 octobre doit être une date phare pour la mise en place d’une réelle démocratie alimentaire et le soutien à un modèle agricole qui protège l’avenir des générations futures et de notre planète.

Le 14 octobre, stoppons ensemble l’accord UE*-Mercosur* et tous ces autres accords de libre-échange.

Ensemble, exigeons la régulation des marchés !

Nous appelons l’ensemble des paysan.nes français à se soulever contre ces politiques ultralibérales appliquées au secteur agricole et à monter sur Paris le 14 octobre pour manifester dans les rues de Paris.

Nous appelons l’ensemble des travailleuses et travailleurs à se mobiliser pour défendre la juste rémunération du travail via un commerce international équitable.

Nous appelons l’ensemble des organisations soucieuses des enjeux de solidarité internationale, de démocratie, de protection de l’environnement et de la santé publique à faire front commun contre ces accords de libre-échange qui enterrent toute velléité de politique publique de justice sociale et climatique, de relocalisation et de transition écologique.

Nous appelons l’ensemble des citoyen.nes français, soucieux de soutenir les agricultrices et agriculteurs français et une alimentation de qualité, de rejoindre la mobilisation du 14 octobre. 

Nous appelons toutes celles et ceux qui veulent dénoncer la primauté du marché dans des domaines essentiels de notre vie : alimentation, santé, logement, éducation, culture, transports… à investir la capitale.

PREMIERS SIGNATAIRES :

  • Alliance Écologique et Sociale
  • Syndicats de salarié.es : FSU, SNICS-FSU, SNETAP-FSU, Union syndicale Solidaires, CGT, URIF-CGT
  • Organisations pour une économie équitable : AITEC, Collectif Stop CETA Mercosur*, ATTAC France, Commerce Équitable France, Max Havelaar France, Fédération Artisans du Monde, Eko
  • Organisations environnementales : Amis de la Terre France, Générations Futures, Agir pour l’environnement, Greenpeace France, Combat Monsanto, France Nature Environnement, ANV-COP* 21, Alternatiba
  • Organisations citoyennes : Les Ami.es de la Conf’, Terres de Luttes
  • Organisations de solidarité internationale : ISF-Agrista, CRID, Amis du Mouvement des Sans Terre du Brésil, Autres Brésils
  • Organisations de consommateurs : Foodwatch France, Bioconsomm’acteurs
  • Organisations de bien-être animal : Welfarm
  • Organisations paysannes et rurales : FADEAR, Pôle INPACT, Atelier paysan, Chrétiens dans le monde rural, MRJC, Modef*, OPAM, GRAGE, UPG
  • Organisations étudiantes : Agros en lutte

Palestine : un plan pour la paix?

Suite à l’annonce d’un “plan pour la paix” , par Donald Trump, aux contours flous et sans aucune prise en compte des différentes revendications portée par la mobilisation ou bien des recommandations de l’ONU, le 09 octobre dernier, nous décidons de vous diffuser les prises de sons réalisées lors d’événements de soutien à la lutte du peuple palestinien. Bien que le cessez feu soit de bonne augure et que nous ne puissions que nous réjouir de la libération des prisonniers palestiniens, il nous semble que la mobilisation reste nécessaire, et que seules les revendications portées par les acteurs de la mobilisation portent, en germe, la possibilité d’une libération du peuple palestinien et d’une solution pour l’ensemble des peuples de la région. Nous vous diffusons donc, une partie des prise de parole réalisée le 05 octobre au meeting contre la guerre, au Dôme de Paris ; un reportage réalisé le 08 octobre, lors d’un rassemblement de soutien à la marche européenne vers Gaza lancé par le Front anti impérialiste devant l’ambassade d’Egypte; puis un reportage réalisé sur la place de la République, le même jour, afin d’acueillir une partie des camarades de retour de la Flotille.

Projet de réglementation européen chat control et l’enjeu du droit au chiffrement à travers l’affaire du “8 décembre 2020”

Dans cette émission, il sera question de numérique et de surveillance. Ainsi, vous pourrez entendre dans une première partie une explication et les enjeux du projet de réglementation européen nommé chat control, visant à établir de nouvelles normes techniques au motif de la lutte contre la pédocriminalité en ligne. En seconde partie, c’est une rediffusion d’une archive sur l’affaire du 8 décembre 2020 qui sera entendue, et qui ici aussi abordera la volonté des autorités de passer outre les dispositifs de cryptage.

Lien vers un article de l’UCL de Toulouse : Pédocriminalité : Contre la culture de l’inceste : écouter et croire les enfants (30 novembre 2022)
Lien vers un article de Framasoft : Chat Control, ça s’en va… et ça revient (29 septembre 2025)
Lien vers un article de la Quadrature du net : Chat Control : on fait le point (3 octobre 2025)
Lien vers la campagne internationale Stop Scanning Me
Lien vers le site français Stop chat control

Mobilisation du 14 octobre 2025 à Paris, en Belgique et partout dans le monde

Dans cette émission, vous pourrez entendre Benjamin de la commission international Bloquons tout sur la mobilisation du 14 octobre à Paris. Puis Jacques Chastaing qui nous fera un tour d’horizon des luttes dans le monde. Puis, vous entendrez Stéphane Galais porte-parole de la confédération paysanne, sur la mobilisation du 14 octobre à Paris contre les traités de libre échange du MERCOSUR puis Samy installé en Bolivie.

Manifestation nationale – 14 octobre en Belgique

Avec son accord d’été, le gouvernement réduit encore la Sécurité sociale, les droits sociaux, notre pouvoir d’achat et donc les perspectives d’avenir de la population. Par contre, il a trouvé de l’argent pour acheter plus de drones et d’avions de chasse !

Le mouvement se poursuit contre la casse sociale de l’Arizona. Nous voulons :

  • des pensions dignes et le retrait du Malus Jambon ;
  • des emplois de qualité et pas des contrats bidons ;
  • plus de pouvoir d’achat, le maintien de l’indexation automatique, des services publics refinancés ;
  • une réforme fiscale qui fasse davantage contribuer les plus riches ;
  • le respect des droits fondamentaux dont les droits syndicaux ;
  • une politique ambitieuse pour la transition vers une société sans carbone respectueuse de l’environnement et des travailleurs/euses ;
  • la reconnaissance de l’État palestinien et des sanctions sévères contre Israël.

Rendez-vous le 14 octobre à partir de 10h à Bruxelles pour une manifestation nationale en front commun syndical

Le 14 octobre à Paris, bloquons ensemble avec la confédération paysanne contre l’accord UE-Mercosur !

Pour stopper l’accord de libre-échange UE-Mercosur, la Confédération paysanne appelle largement l’ensemble des paysan·nes, encartés ou non, les organisations citoyennes de solidarité internationale, de protection des consommateur·rices, de défense de l’environnement, les syndicats de travailleur·euses, les pétitionnaires contre la loi Duplomb, les citoyen·nes à monter sur Paris pour manifester, tracteurs en tête, le mardi 14 octobre, à 12h esplanade des Invalides.

Tous les accords de libre-échange sont à refuser, clause de sauvegarde ou non. Ils sont catastrophiques pour l’avenir de nos élevages et de nos fermes et pour la qualité de notre alimentation. Ils sapent aussi notre démocratie, empêchant toute initiative politique publique de justice sociale, de relocalisation et de transition. Nous exigeons donc la régulation des marchés et un commerce international équitable qui placent enfin les enjeux de revenu paysan, de souveraineté alimentaire, de droits sociaux, de protection de l’environnement devant les intérêts financiers des multinationales.

C’est cet appel à une stratégie enfin gagnante contre le libre-échange que nous allons porter cet après-midi en audition à l’Assemblée nationale sur l’accord UE-Mercosur. Au-delà des discours de façade, nous espérons que les parlementaires et les autres syndicats agricoles seront prêts à poser enfin les bases d’un front de lutte solide contre le libre-échange qui participe à la délocalisation de notre agriculture et à la fragilisation de notre revenu.

Les contradictions profondes actuelles des dirigeants de la FNSEA et de la Coordination Rurale autour des normes empêchent une réelle stratégie gagnante contre les accords de libre-échange. Les dirigeants de la FNSEA orchestrent une stratégie volontairement perdante, du fait de leurs propres intérêts à maintenir ce système économique injuste. Faut-il en effet leur rappeler qu’il n’est pas possible d’un côté de revendiquer de protéger notre agriculture, et de l’autre côté de pousser des mesures accélérant la course à la compétitivité sur les marchés mondiaux : ré-autorisation de pesticides interdits, agrandissement et concentration capitalistique des exploitations, déréglementation des OGM, détricotage des droits sociaux, développement des méga-bassines, soutien à d’autres accords de libre-échange… Cette posture contradictoire est d’une hypocrisie sans nom qui mène le monde agricole dans le mur. Comment allons-nous rivaliser avec des pays où le salaire minimum avoisine un euro l’heure ? Devrons-nous autoriser à nouveau les antibiotiques comme activateurs de croissance ? Devrons-nous supprimer le SMIC en France ?

Les décideurs politiques doivent aussi avoir le courage de la clarté : vouloir abaisser nos normes pour se battre sur les marchés mondiaux, comme avec la loi Duplomb, ou protéger un modèle agricole et alimentaire de qualité et donc réguler les marchés.

Le 14 octobre, deux camarades seront jugés suite à notre action syndicale du 5 décembre 2024 au Grand Palais lors de la Bourse européenne du commerce, pour dénoncer la spéculation sur les marchés agricoles. Ce doit être le moment d’une mobilisation massive pour stopper tous les accords de libre-échange. C’est en se mobilisant avec le reste de la société, pour créer un rapport de force gagnant, que le monde agricole pourra faire valoir ses revendications pour stopper ces politiques libérales qui détruisent nos fermes, notre revenu, notre santé et l’environnement. Faire croire l’inverse, c’est tromper les paysan·nes sur notre capacité à faire reculer la logique du libre-échange sur nos fermes et dans nos vies.

Ce front commun, le plus large possible, est la condition sine qua non pour réussir à sortir enfin l’agriculture et l’alimentation des logiques de marché !

LE PLAN ISRAËLIEN DE NETTOYAGE ETHNIQUE DE LA CISJORDANIE

La Cisjordanie (en arabe : الضفة الغربية, Al-Dhifa al-Gharbia : « Rive ouest [du Jourdain] ») est un territoire palestinien, occupé illégalement par Israël depuis 1967, limité au nord, à l’ouest et au sud par la ligne d’armistice du 3 avril 1949 entre Israéliens et Jordaniens, résultant de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, et à l’est par le Jourdain et la mer Morte qui font frontière avec la Jordanie.

Le territoire couvre une surface de 5 860 km2 et est peuplé de Palestiniens (environ 2,8 millions d’habitants, essentiellement de confession musulmane, les chrétiens représentant environ 2 % de cette population). En 2024, il compte quelque 650 000 colons israéliens[2], répartis en plus de 230 colonies (« district de Judée et Samarie »). À ce chiffre de colons, il faut ajouter les quelque 240 000 Israéliens établis à Jérusalem-Est depuis la conquête consécutive à la guerre des Six jours de 1967.

Le 29 septembre 2025 avait lieu au CICP (centre international des cultures populaires) la conférence avec Jamal Juma organisée par l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) de Paris. Titre de cette conférence”Dans l’ombre du génocide en cours à Gaza : le plan israélien de nettoyage ethnique de la Cisjordanie”. Jamal Juma, coordinateur de Stop The Wall, explique comment l’état israélien commettant un génocide à Gaza, en parallèle, pratique un nettoyage ethnique en Cisjordanie et ceux au grand jour et dans le même temps dans un silence assourdissant de l’occident.

C’est une grande partie de cette rencontre que nous vous proposons dans l’émission de ce jour. Dans la seconde partie d’émission, nous entendrons les échanges avec le public.

GAZA: De la France à l’Italie en soutien à Thousand Madleens

https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/

L’actualité des luttes diffuse les interventions enregistrées lors de la soirée organisée le samedi 27 septembre, à la Parole errante en soutien à la flottille « Thousand Madleens », nouvelle tentative, dans le sillage des « Freedom flotilla » et « Global Sumud », pour briser le blocus sur Gaza et faire pression sur le régime israélien en vue d’un cessez-le-feu. 

Dans le premier tiers, vous pourrez entendre des camarades palestiniens du camp de réfugiés de Deisheh qui nous raconterons ce qu’ils perçoivent de ces tentatives internationales depuis leur quotidien en Cisjordanie.

Dans le deuxième tiers, vous écouterez deux membres de la délégation française de la flottille quelques heures après leur départ des côtes siciliennes.

Et dans le troisième tiers, des camarades italiens font le point sur l’onde politique qui se propage en Italie autour des flottilles, depuis la première manifestation partie du port de Gênes le 30 août dernier jusqu’à l’énorme journée de grève générale du 22 septembre qui a touché l’ensemble du pays.

Reconnaissance sous conditions de l’Etat de Palestine

Le 22 septembre Emmanuel Macron, a annoncé reconnaître officiellement l’État de Palestine par la France. La veille, le Royaume-Uni, le Canada, le Portugal et l’Australie avaient fait de même. Durant la conférence des Etats Unis, la décision française a été suivie par celles de la Belgique, d’Andorre, de Malte, du Luxembourg, de Monaco et de Saint-Marin. Au total, en à peine deux jours, 11 pays occidentaux se sont ajoutés à la liste des 147 États qui reconnaissaient déjà la Palestine, soit l’immense majorité des 193 membres de l’organisation.la Déclaration des Nations Unies souligne leurs réelles intentions : désarmer et isoler le Hamas et ses alliés, les exclure de toute administration de Gaza avec comme perspective stratégique un micro-territoire démilitarisé, dépendant économiquement de l’occupant, digne d’un bantoustan  permettant de liquider les aspirations du peuple palestinien sur un territoire minuscule.

L’autorité palestinienne a accepté toutes les concessions en échange de la reconnaissance d’un État virtuel. Les responsables de l’Autorité palestinienne ont été les plus démonstratifs pour saluer cette vague de reconnaissances – ils y gagnent un pouvoir symbolique, alors que leur popularité est en berne depuis des années. Le modèle dit « à deux États » a mis sur le même plan occupant et occupé, effaçant le rapport de domination coloniale.

Mais nombreux sont ceux qui mettent en doute la solution à deux États. Certains militent pour un seul État, qui serait démocratique et laïc, qui accorderait les mêmes droits aux Palestinien·nes, qu’aux juifs et juives israélien·nes. Comme l’organisation One Democratic State Campaign (« Campagne pour un seul État démocratique »). Pour l’heure, personne ne semble vouloir penser à l’après, alors qu’un génocide détruit le peuple Palestinien. LÉtat est reconnu au milieu d’un génocide ? Pourquoi la priorité n’a t elle pas été d’arrêter le génocide ? 

Dans cette émission nous avons choisi de vous faire entendre des interviews de Dominique Eddé auteure de La mort est en train de changer, de Omar Alsoumi d’urgence Palestine, une intervention de Francesca Albanese lors de la fête de l’humanité et de Rami Abou Jamous journaliste palestinien.

Sur  les collines arides de Masafer Yatta, aux confins méridionaux de la Cisjordanie occupée, 1 200 Palestinien·nes sont menacé·es d’expulsion par Israël. En juillet, un colon y a tué, à bout portant, un militant pacifique, Odeh Hathalin, qui défendait son village. Ici comme dans le reste de la Cisjordanie, les Palestinien·nes sont seul·es. L’occupant, l’État israélien, protège ses propres citoyens qui les attaquent. L’Autorité palestinienne n’a aucun pouvoir d’intervention. Dans ces conditions, la reconnaissance d’un État palestinien entretient une fable sans lien avec leur réalité quotidienne.

« Vous reconnaissez l’État de Palestine au milieu d’un génocide ? Pourquoi votre priorité n’est pas d’arrêter le génocide ? », a réagi avec humeur le réalisateur palestinien Basel Adra, qui avait documenté le sort de sa région et de ses habitant·es dans le film No Other Land, coréalisé avec le journaliste israélien Yuval Abraham et récompensé par un Oscar en 2025.

« C’est bien de reconnaître un État de Palestine mais vous auriez dû le faire dans les années 1990, quand vous avez fait pression sur les Palestiniens pour qu’ils signent et acceptent les accords d’Oslo. Pas une fois qu’Israël a tué la solution à deux États », ajoute-t-il dans une interview vidéo avec le journaliste britannique Owen Jones, publiée après l’annonce de la Grande-Bretagne, le 21 septembre.

Consacrée notamment par les accords d’Oslo de 1993, censés ouvrir la voie à la création d’un État palestinien indépendant aux côtés d’un État israélien, la solution à deux États reste largement, aux yeux du monde, la « seule issue politique viable au conflit israélo-palestinien », comme le rappelait l’ONU en avril, mettant en garde contre sa « lente agonie ». Elle a connu un regain d’intérêt après que la France a reconnu l’État de Palestine le 22 septembre au siège de l’ONU, à New York, entraînant neuf autres pays dans son sillage.

« Ce qui manque à toutes ces reconnaissances, c’est une stratégie internationale pour mettre fin à l’occupation israélienne, juge l’analyste palestinien Khalil Shaheen, du centre de recherche Masarat, à Ramallah. Si on ne stoppe pas l’occupation, la colonisation et la guerre d’extermination [israéliennes], il ne peut y avoir d’État palestinien. » Les citoyen·nes israélien·nes devraient payer un prix exorbitant pour la poursuite des crimes de leur gouvernement, afin d’être poussés à demander que cela cesse, affirme l’expert palestinien, qui évoque des sanctions économiques contre Israël ou des campagnes de boycott.

En Cisjordanie, une dépossession silencieuse

24 septembre 2025

Le modèle dit « à deux États » a mis sur le même plan occupant et occupé, effaçant le rapport de domination coloniale. C’est « une des plus grandes erreurs des efforts passés pour faire la paix, constate Mustafa Barghouti, fondateur et dirigeant de l’Initiative nationale palestinienne, dans une tribune publiée le 22 septembre dans le New York TimesL’inégalité de pouvoir entre les Israéliens et les Palestiniens doit être reconnue» Il prévient : « Aucune des deux parties ne connaîtra la sécurité si les causes profondes de l’injustice ne sont pas traitées », plaidant pour un nouveau paradigme.

Sur le terrain, Israël a déjà avancé son propre modèle : un État à majorité juive, de la mer Méditerranée au Jourdain. Des ministres israélien·nes évoquent ouvertement des transferts de la population gazaouie hors de la petite bande côtière, alors que la campagne génocidaire de leur armée a rendu l’enclave largement inhabitable. En Cisjordanie, les violences des colons et les offensives militaires israéliennes contre des camps de réfugié·es du nord du territoire ont également changé en profondeur les dynamiques démographiques d’une partie de ces terres.

Comment vivre ensemble ? 

Depuis Haïfa, dans le nord d’Israël, Awad Abdelfattah milite lui aussi pour un seul État, mais qui serait démocratique et accorderait les mêmes droits aux Palestinien·nes, comme lui, qu’aux juifs et juives israélien·nes. Ce coordinateur de l’organisation One Democratic State Campaign (« Campagne pour un seul État démocratique ») est l’ancien secrétaire général du parti nationaliste palestinien Balad en Israël. Un État palestinien excluant de facto de leur droit à l’autodétermination les citoyen·nes palestinien·nes d’Israël comme lui.

Awad Abdelfattah ne balaie pas d’un revers de main cette vague de reconnaissances : elle est le marqueur, dit-il, du retour de « la cause palestinienne sur la scène mondiale ». Il s’oppose à une séparation, qu’il juge dangereuse : « Cela va créer de nouvelles racines pour un conflit. » Et, en l’état, cette solution sert surtout de « couverture pour perpétuer le génocide » à Gaza, dénonce-t-il. « Surtout qu’à aucun moment, on ne définit ce qu’est cet État. Où est-il établi ? Bénéficie-t-il d’une pleine souveraineté ? »

Face à l’annihilation de Gaza, l’ancien dirigeant politique a vu émerger une nouvelle génération, « très en colère », qui ne veut plus voir les Israélien·nes : elle rêve d’une solution à l’algérienne, soit l’expulsion de ceux considérés comme les colons de tout le territoire entre la mer et le Jourdain. Lui, au contraire, pense qu’il faut bâtir un avenir en commun.

Son point de vue est encore minoritaire, concède-t-il, invoquant lui aussi le modèle de l’Afrique du Sud. La route est encore longue, les haines tenaces. « En tant que Palestiniens, nous à l’intérieur d’Israël, c’est vrai que [les Israéliens] ne nous supportent pas et nous non plus. On a des difficultés à s’entendre, rapporte Awad Abdelfattah. La société israélienne est devenue barbare. Mais on ne voit pas d’autre solution, on a besoin d’un État démocratique, une solution au conflit qui délivre aussi les juifs du racisme et du fascisme – en plus de libérer les Palestiniens. »

Clothilde Mraffko


La reconnaissance de l’État palestinien : une manœuvre contre le peuple palestinien

21 septembre 2025 , Par Tom Martin

Ce lundi 22 septembre 2025, Emmanuel Macron et d’autres chefs d’État doivent annoncer lors de l’Assemblée générale des Nations unies la reconnaissance officielle de « l’État de Palestine ».

Du Parti Socialiste à une large partie de la gauche dite « radicale » en passant par Alain Finkielkraut, cette reconnaissance est largement soutenue en France. A cette occasion, une partie du mouvement de solidarité avec la Palestine ressuscite ladite « solution à deux États » et les incantations à la paix alors que Gaza City est sous le feu de l’artillerie israélienne.

Mais de quoi parle-ton ? Est-ce que tout ceci répond aux exigences anticolonialistes que nous devons porter en faveur du peuple palestinien qui fait face à un terrible génocide depuis près de deux ans ?

Qu’est-ce que « l’État palestinien » ?

En 1964, l’Organisation de Libération de la Palestine déclare dans sa charte lors du premier Conseil national palestinien : « La Palestine avec ses frontières de l’époque du mandat britannique constitue une unité régionale indivisible. »

A sa suite, l’ensemble du mouvement national palestinien moderne a défendu la perspective de la libération de toute la Palestine de la mer au Jourdain avec Al Qods comme capitale. Des organisations telles que le Fatah et le Front Populaire de Libération de la Palestine [FPLP] ont publié d’innombrables textes d’orientation politique définissant cette perspective stratégique, à l’image de La révolution palestinienne et les juifs du Fatah en 1970 ou Rien n’est plus précieux que la liberté de George Habash, cofondateur du FPLP.

Depuis le programme en 10 points de 1974 jusqu’à la déclaration d’indépendance de la Palestine à Alger en 1988, la direction du Fatah incarnée par Yasser Arafat a pris un autre chemin en imposant une stratégie diplomatique autour de la perspective de la défense de la « solution à deux États » et la reconnaissance implicite puis explicite de l’État sioniste.

En d’autres termes, la défense d’une entité palestinienne en Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est, c’est-à-dire à peine 22% de la Palestine historique…

Cette stratégie a atteint son paroxysme avec la signature des accords d’Oslo en 1993 qui ont entériné la trahison des positions historiques du mouvement national palestinien, en premier lieu desquelles la défense du droit au retour des réfugiés palestiniens et la libération de toute la Palestine.

Trente ans plus tard, le bilan est sans appel. La colonisation sioniste de la Palestine s’est poursuivie inlassablement de la mer au Jourdain. L’Autorité Palestinienne qui était censée être la structure pour administrer ce nouvel « État » ne l’a nullement empêché, au contraire. Elle s’est révélée être l’instrument d’une bourgeoisie compradore [2] complètement soumise aux intérêts de l’impérialisme et du sionisme.

Reconnaître « l’État palestinien », le mirage des accords d’Oslo

Alors que le génocide se poursuit dans la bande de Gaza depuis quasiment 2 ans, on voit se développer les mots d’ordre autour de « la reconnaissance de l’État palestinien » dans plusieurs pays occidentaux, allant même jusqu’à être soutenu par plusieurs gouvernements. Même si à première vue cela pourrait paraître avoir une portée symbolique positive, tant le gouvernement israélien actuel est radicalisé, cette perspective n’est rien d’autre qu’un outil pour imposer à nouveau l’horizon de la stratégie de « la solution à deux États ».

Mais les droits nationaux et sociaux du peuple palestinien, tels que le droit au retour des réfugiés, ne seraient pas renforcés par cette reconnaissance. Au contraire, elle ne ferait que justifier et normaliser une fois de plus la division de la Palestine et la colonisation sioniste.

« Les efforts visant à rechercher la reconnaissance diplomatique d’un État palestinien imaginaire sur une fraction de la Palestine historique sont une stratégie de désespoir de la part d’une direction palestinienne qui est à court d’options, a perdu sa légitimité et est devenue un obstacle sérieux sur la voie du rétablissement de ses droits par les Palestiniens » rappelle le journaliste palestinien Ali Abunimah dans un article paru sur Al Jazeera en 2011.

En réalité, cette reconnaissance n’est même pas un geste dit symbolique et ne sert qu’à offrir une issue politique afin de garantir les intérêts et la pérennité d’Israël profondément fragilisés par sa politique génocidaire.

En ce sens, Abdallah Silawi de Boussole Palestine a interpellé le mouvement de solidarité avec la Palestine en soulignant que « reconnaître un micro État palestinien et cibler Netanyahu sont deux stratégies aboutissant à contenir notre mouvement, à préserver les intérêts sionistes et maintenir l’hégémonie occidentale ».

« Proposer « l’État palestinien » en ce moment et de cette manière vise à isoler sérieusement la résistance et à saper sa base populaire de masse. C’est le moyen d’imposer la reddition au peuple palestinien, car une telle capitulation ne peut être imposée tant que le mouvement de résistance est capable de maintenir sa position de seul représentant de sa volonté » déclare l’écrivain et révolutionnaire palestinien Ghassan Kanafani en 1971 au lendemain de la défaite de Septembre Noir. Un commentaire qui résonne avec la séquence actuelle.

La France et l’Arabie Saoudite contre le peuple palestinien

Aujourd’hui, l’opération génocidaire impérialo-sioniste à Gaza se poursuit mais n’a toujours pas réussi à imposer la complète capitulation aux organisations qui s’y opposent dans l’ensemble du Monde Arabe.

Dans ce contexte, on voit émerger des contradictions inter-impérialistes à propos de leurs objectifs tactiques à court et moyen terme.

D’un côté, le bloc États-Unis/Israël considère que la reddition palestinienne passe par l’intensification de l’offensive génocidaire à Gaza en utilisant tous les moyens à sa disposition. Cela a pour effet de provoquer un certain isolement avec ses propres alliés, comme en témoigne les réactions occidentales qui ont « dénoncé » en parole le lancement de l’opération terrestre à Gaza City en septembre 2025.

De l’autre, le rôle de l’impérialisme français et des régimes réactionnaires arabes, et à sa tête l’Arabie Saoudite, qui tentent d’imposer une voie alternative en faisant la promotion d’une issue diplomatique visant à liquider la cause palestinienne.

C’est comme cela qu’il faut comprendre la séquence ouverte par ladite reconnaissance de l’Etat palestinien et les annonces attendues la semaine prochaine. Cette reconnaissance n’est pas la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple palestinien sur sa terre. Elle n’est que la reconnaissance de l’exercice du pouvoir de l’Autorité Palestinienne sur 22% de la Palestine historique (et en réalité à peine 10%).

Par ailleurs, ce projet insiste sur la volonté d’imposer la gestion des territoires palestiniens à une frange de la bourgeoisie compradore palestinienne et arabe, mais aussi généraliser la normalisation dans la droite ligne des Accords d’Abraham de 2020.

En ce sens, la Déclaration des Nations Unies votée par 140 pays le 12 septembre dernier à New-York souligne leurs réelles intentions : désarmer et isoler le Hamas et ses alliés, les exclure de toute administration de Gaza avec comme perspective stratégique un micro-territoire démilitarisé, dépendant économiquement de l’occupant, digne d’un bantoustan [1] permettant de liquider les aspirations du peuple palestinien.

Le fait que les États-Unis, Israel et leurs alliés s’y soient opposés soulignent seulement leur désaccord tactique sur les moyens à utiliser pour éradiquer la cause palestinienne.

En réalité, la prétendue « solution à deux États » ne vise qu’à légitimer et garantir la stabilité de l’entité sioniste et abandonner les droits nationaux du peuple palestinien (avec en premier lieu le droit au retour) en échange d’une entité palestinienne démembrée sur les dernières îles assiégées de Cisjordanie et de Gaza soumises à la domination impérialiste.

En ce sens, l’Autorité Palestinienne est à rejeter fermement (ainsi que ses relais locaux en France autour de la prétendue ambassadrice de Palestine). Cette « autorité » a multiplié ces derniers mois les attaques contre le peuple palestinien et ses organisations dans le but d’accompagner le projet de liquidation voulu par les occidentaux.

Cela passe évidemment par sa coordination sécuritaire en Cisjordanie et son accompagnement de la plus grande offensive de contre-insurrection depuis plus de 20 ans dans la zone (notamment à travers la destruction des camps de réfugiés) mais aussi en annulant le versement d’allocations pour 1612 familles de prisonniers palestiniens ou encore en soutenant le projet de désarmement des camps palestiniens au Liban.

Face à la confusion ambiante, il faut sans cesse rappeler que dans une lutte de libération nationale il n’y a que deux voies : la résistance ou la capitulation. La « reconnaissance de l’État de Palestinien » est définitivement une expression capitularde qu’il s’agit de démasquer et de combattre.

Soutenir la libération de la Palestine de la mer au Jourdain

Plutôt que de demander aux puissances occidentales, co-responsables de l’occupation de la Palestine, la reconnaissance d’un bantoustan, nous devons nous mobiliser pour défendre la perspective de la libération totale des terres palestiniennes de la mer au Jourdain.

Cela passe par affirmer la centralité politique de la résistance du peuple palestinien dans sa lutte contre plus de 76 ans de colonisation de peuplement. Les luttes victorieuses des peuples algérien ou haïtien nous permettent de comprendre que cette perspective est possible.

En ce sens, il est plus que jamais nécessaire de participer à la mobilisation mondiale qui vise à délégitimer l’État d’Israël en tant que projet colonial et ainsi se mobiliser pour l’isoler sur la scène internationale. « Ce qu’ils doivent faire, c’est non pas reconnaître un État palestinien, mais retirer leur reconnaissance d’Israël. C’est la seule façon d’aboutir à un résultat antiraciste et démocratique décolonisé », résume l’universitaire palestinien Joseph Massad.

Pour cela, il faut affirmer que les États impérialistes feront toujours partie du problème et jamais de la solution. De la déclaration Balfour de 1917 jusqu’à l’armement du génocide à Gaza aujourd’hui, ils ont toujours soutenu l’État sioniste pour ce qu’il est : la base avancée de leurs intérêts dans la région.

Au contraire, nous devons relayer et soutenir l’aspiration du peuple palestinien à la libération totale de sa terre tel qu’il l’a exprimé par plus de 100 ans de résistance contre l’impérialisme et le sionisme et enterrer définitivement la voie d’Oslo et de ses conséquences funestes

TRUMP, LA SILICON VALLEY ET LA GUERRE

Aux rencontres du Maquis qui se déroulent depuis plusieurs années, non loin de Minerve, au mois d’août. Philippe Godard a épluché pour nous, afin d’alimenter sa causerie sur la politique de Trump ; le site de la maison blanche « white house. Gov », le réseau social de Trump « thruh social », consulter les titres du New York Times et du Washington Post et lu pas mal du bouquin.

On lit souvent que les principaux inspirateurs de Trump sont les technolâtres de la Silicon Valley. Mais les tenants du cybermonde ne sont pas partisans de la guerre sous sa forme actuelle. Qui croire : Trump, ses cyber-conseillers, les états-majors qui se préparent à une guerre ?

Philippe Godardécrivain et essayiste français. Il est l’auteur entre autre «  Le pouvoir selon Google » et d’un article intitulé « guide d’une personne ordinaire dans le monde de Trump ». Il écrit notamment, pour la jeunesse, des ouvrages documentaires sur des sujets de société et, pour les adultes, des essais. Il est par ailleurs intervenant à l’Institut Régional du Travail Social de Franche-Comté et a été directeur de collections chez différents éditeurs.

SERBIE: les étudiant-e-s se soulevent contre la corruption

janvier 2025 rassemblement d’éducateurs devant la Faculté de philosophie de Belgrade

Le 1ᵉʳ novembre 2024, la canopée de la gare de Novi Sad s’est effondrée, tuant 14 personnes sur place et en laissant trois blessés ; l’un des blessés est mort le 17 novembre et un autre est mort le 21 mars 2025. L’effondrement a suscité de nombreuses préoccupations de l’opinion publique en Serbie, de nombreuses personnes contestant l’intégrité structurelle et la surveillance des infrastructures publiques.

Les autorités ont ouvert une enquête sur les causes de l’incident, mais la frustration de l’opinion publique a augmenté en raison de l’absence de responsabilisation dans la réponse. Le bâtiment de la gare a été construit en 1964, et a été rénové de 2021 jusqu’à la mi-2024 avec le soutien de l’initiative “la Ceinture et la Route” de la Chine. La cause officielle de l’effondrement reste en cours d’enquête, la corruption du gouvernement et les relations opaques avec les entrepreneurs chinois blâmées.

Les universités serbes, on était leurs tours occupées pour dénoncer la corruption et le clientélisme en Serbie, considérés comme étant à l’origine de ce funeste événement. Ce mouvement, initié par les étudiant.es, s’est étendu dans toutes les couches de la société.

En France, la couverture médiatique de ces événements est pratiquement inexistante. Pourtant, ce mouvement paraît particulièrement intéressant, du fait de sa forme d’organisation (démocratie directe via des plenums), de son ampleur (toutes les universités sont occupées depuis plusieurs mois) et de sa stratégie (les étudiants sont sortis des universités pour arpenter le territoire).

Il ouvre des perspectives politiques dans une Europe qui en manque cruellement, à l’heure où les politiques réactionnaires et nationalistes gagnent du terrain. En 10 mois, se sont tenue dans toute la Serbie, 23000 manifestations.

Le 5 juillet 2025, l’association DOC situé dans le 19e arrondissement de Paris, accueillait, dans ces locaux, une rencontre autour d’une exposition photographique et documentaire et d’un échange en présence d’étudiantes et étudiant serbes venues expressément à Paris pour cet événement et dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une majeure partie de cette rencontre.

Pause musicale : BLOCKADA – C NIK Lorsque l’injustice devient une loi, la résistance devient un devoir.” Cette chanson a été crée en soutien aux protestations d’étudiants à travers la Serbie en 2025 – “Blockada” est leur son de résistance.

Pour plus informations : https://www.courrierdesbalkans.fr/

https://www.instagram.com/1152paris/

Mobilisation des travailleur·euse·s du soin contre le génocide et pour la Palestine

Les sociétés savantes, les institutions médicales et paramédicales ont le devoir d’agir et de prendre position sans ambiguïté contre le génocide à Gaza, et contre la complicité active de l’État français. L’heure est à la clarification : continuer à se taire serait une faillite morale et éthique irréparable.

Il est possible d’agir, comme beaucoup d’autres l’ont déjà fait : les dockers de Fos-sur-Mer et de Gênes en Italie ont bloqué des livraisons d’armes, destinées à Israël. Les syndicats de professeurs se sont mis en grève le 17 juin en solidarité avec la Palestine et contre la répression d’une professeure qui, à la demande de ses élèves, a réalisé une minute de silence en classe. Des médecins dans le secteur de la santé ont organisé des rassemblements devant des hôpitaux, encore récemment à Tenon et à la Pitié-Salpêtrière.

Et dans ce contexte, le 26 juillet 2025, se tenait une première mobilisation des travailleur·euse·s du soin contre le génocide et pour la Palestine, avec une manifestation de l’Hôpital Tenon, jusqu’à l’Hôpital Robert-Debré.

Dans l’émission de ce jour, nous diffusons le reportage réalisé ce samedi dans la manifestation. Bonne écoute

week-end de mobilisation contre le salon d’armement du bourget

Du 16 au 22 juin 2025 s’est déroulé la 55ᵉ édition du salon international de l’aéronautique et de l’espace au parc des expositions du Bourget, au nord de Paris. Sous couvert d’un événement grand public, il s’agit bien d’un des plus grands salons d’armement du monde, où tout le complexe militaro-industriel et près de 300 délégations officielles de pays étrangers viennent y faire leur marché ou observer les dernières innovations.

Cela a été l’occasion d’agir concrètement contre la guerre et la militarisation depuis là où nous sommes. Leurs guerres se fabriquent près de chez nous. Nous ne pouvons laisser commercer impunément les entreprises et les États se rendre coupables et complices en notre nom de génocides et de crimes contre l’humanité.

Contre le génocide à Gaza, contre l’économie de guerre et les marchands de mort, ont été organisés non seulement une manifestation, mais aussi des meetings, des tables rondes, des concerts gratuits, des ateliers, un village anti-guerre et de nombreuses animations.

Dans cette émission, nous vous proposons deux temps. Tout d’abord, les interventions de la soirée du vendredi 20 juin à la Bourse du Travail de Bobigny, avec comme thème Face à leurs guerres : nos résistances. Ensuite, nous serons dans la manifestation du 21 juin, contre la tenue du Salon du Bourget.

rencontre avec Béto Pianelli secrétaire du syndicat du métro de Buenos Aires

L’accession de Milei à la présidence de l’Argentine est lourde de conséquences. Le fascisme, la dictature militaire de Videla ne sont pas tombés aux oubliettes de l’histoire ! Les attaques contre les travailleurs et les travailleuses, la violence envers les femmes, les pauvres, les LGBTQI sont une réalité. Mais la résistance, les luttes sociales aussi !

Le 11 juin 2025, l’Union syndicale Solidaires et le Réseau syndical international de solidarité et de luttes accueillait dans leur local parisien, Béto Pianelli, secrétaire du syndicat du métro de Buenos Aires et responsable de la Centrale de Trabajadores y Trabajadoras de Argentina (CTA-T).

Il fut question de la situation sociale en Argentine, sous la présidence de Milei et comment le mouvement syndical argentin s’organise et agit. Nous vous proposons l’écoute d’une grande partie de cette rencontre.

Les propos de Béto Pianelli ont été traduits par Nara Cladéra

GUERRE A LA GUERRE: le business lucratif de la mort

Du 16 au 22 juin 2025, se déroulera la 55ᵉ édition du Salon du Bourget, au nord de Paris. Il s’agit de l’un des plus importants salons d’armement au monde.

Cette 55ᵉ édition du salon intervient dans une séquence où la Commission européenne a annoncé un plan de réarmement de 800 milliards d’euros, soit 5% du PIB européen. Cela s’accompagne d’une hausse des budgets militaires et de projets de réformes visant à rétablir progressivement le service militaire dans l’ensemble des pays européens.

La France, 1ʳᵉ puissance militaire du continent et 2ᵉ exportatrice d’armes au monde, ambitionne d’atteindre 90 milliards de budgets pour la défense dans les prochaines années. Un objectif qui repose sur l’accélération de la destruction des services publics et la perspective d’attaques d’ampleur contre les conditions de travail.

Alors que le génocide à Gaza et la colonisation des territoires palestiniens et la guerre d’Israël contre l’Iran se poursuivent avec le soutien inconditionnel des puissances occidentales, ce salon sera par ailleurs l’occasion pour Israël d’exposer ses armes « testées au combat » sur les civils palestiniens, mais aussi de conclure de nouveaux contrats d’armement avec des entreprises du monde entier, notamment des groupes français comme Thalès ou Safran.

Dans l’émission de ce jour, et en appel au week-end de mobilisation contre la tenue du salon du Bourget qui aura lieu du 20 au 22 juin 2025, nous vous proposons l’écoute de deux table-rondes, qui se tenait au Cirque électrique, le 24 mai dernier avec comme titre Guerre et répression : le business lucratif de la mort”.

Cette soirée avait pour but de comprendre tous les enjeux de la nécessité d’organiser un front anti-militariste.

Dans cette émission, nous entendrons les deux parties de cette soirée du 24 mai dernier avec en Première partie : Opérations extérieures et coopérations militaires : jusqu’où la France est-elle prête à aller pour maintenir son aire d’influence coloniale ? avec notamment Camille de l’association Survie et Marc-Antoine Pérouse de Montclos.

Puis en deuxième partie : Dépendance aux exportations d’armes et complicité de crimes de guerre : les dessous de la “souveraineté” militaro-industrielle française avec notamment Stop Arming Israël France, Boussole Palestine, CGT, STMicroelectronics

Les rendez-vous pour ce week-end

VENDREDI 20 JUIN à 18 h 30 MEETING D’OUVERTURE Bourse du Travail de BOBIGNY Place de la Libération

SAMEDI 21 JUIN, 13H : GRANDE MANIFESTATION, départ de la Bourse du Travail de Bobigny 16H/23H : CONCERTS CONTRE LES MARCHANDS DE MORT – Fête de la Musique

DIMANCHE 22 JUIN de 11h à 19h  : VILLAGE ANTI-GUERRE : Tables rondes, Concerts, Animations, Ateliers, Assemblée de clôture
Bourse du travail de BOBIGNY, place de la Libération et Parc du Mail de l’Hôtel de Ville

Pour plus d’info guerrealaguerre.net

FREE PALESTINE

Devant l’insoutenable massacre perpétrer par l’état israélien en Palestine nous poursuivons sa dénonciation et cherchons ça et là des raisons de ne pas désespérer. Des positions d’intellectuelles, des rassemblement, des réunions publiques, des actions, des grèves prouvent que malgré la répression, la frilosité ou la complicité des gouvernements, des organisations politiques et syndicales les résistances existent.

Déclaration de Sarajevo du Tribunal pour Gaza

2 juin 2025 Nous, membres du Tribunal de Gaza, réunis à Sarajevo du 26 au 29 mai 2025, exprimons notre indignation morale collective face au génocide qui se poursuit en Palestine, notre solidarité avec le peuple palestinien, et notre engagement à travailler avec des partenaires de la société civile mondiale pour mettre fin à ce génocide, garantir la poursuite des auteurs et de leurs complices, obtenir réparation pour les victimes et les survivants, construire un ordre international plus juste et œuvrer pour une Palestine libre.

Téléchargez la déclaration, format .pdf.

Nous condamnons le régime israélien, le génocide qu’il mène, et les décennies de sa politique et ses pratiques en matière de colonialisme de peuplement, ethno-suprémacisme, apartheid, ségrégation raciale, persécutions, implantations illégales, déni du droit au retour, punitions collectives, détentions massives, tortures et traitements cruels et inhumains, exécutions extrajudiciaires, violences sexuelles systématiques, démolitions, déplacements et expulsions forcés, purges ethniques et changement démographique forcé, famine imposée, déni systématique de tous les droits économiques et sociaux, et extermination.

Nous sommes horrifiés par la politique du régime israélien, qui ravage méthodiquement l’existence des Palestiniens : leurs vies, leurs terres et leur survie économique. Les sources et systèmes d’alimentation d’eau, les structures de soins de santé, d’éducation, de logement, de culture, ainsi que les mosquées, églises, installations d’aide et abris pour les réfugiés sont systématiquement détruits. Le personnel soignant, les reporters, les humanitaires, les agents des Nations unies sont délibérément ciblés, de même que les civils : enfants, personnes âgées, femmes et hommes, filles et garçons, personnes handicapées ou malades.

Nous exigeons le retrait immédiat des forces israéliennes et la fin du génocide, de toutes les opérations militaires, des déplacements forcés et des expulsions, des activités de colonisation, ainsi que du siège de Gaza et des restrictions de circulation en Cisjordanie. Nous réclamons la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers, les milliers d’hommes, femmes et enfants détenus de manière abusive dans des centres de détention israéliens. Nous insistons sur la reprise de l’aide humanitaire massive à l’ensemble de la bande de Gaza, sans délai, sans restriction ni interférence, incluant nourriture, eau, abris, fournitures et équipements médicaux, équipements sanitaires, équipements de sauvetage, ainsi que matériaux et équipements de construction. Nous demandons aussi le retrait complet de toutes les forces israéliennes de l’ensemble des territoires libanais et syrien.

Nous appelons tous les gouvernements ainsi que les organisations régionales et internationales à mettre fin au scandale historique de l’inaction qui a marqué ces dix-neuf derniers mois, à réagir d’urgence et par tous les moyens disponibles pour stopper l’offensive et le siège israéliens, à faire respecter le droit international, à traduire en justice les auteurs de ces crimes et à fournir sans délai aide et protection au peuple palestinien.

Nous dénonçons la complicité persistante des gouvernements dans la perpétration des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du génocide commis par Israël en Palestine, ainsi que le rôle honteux de nombreux médias dans leur couverture du génocide, leur déshumanisation des Palestiniens et leur propagation d’une rhétorique alimentant le racisme anti-palestinien, les crimes de guerre et le génocide.

Nous dénonçons avec la même fermeté la vague de répression et de persécutions menée par les gouvernements occidentaux, forces de police, secteur privé et institutions éducatives contre : les défenseurs des droits humains, militants pour la paix, étudiants, universitaires, travailleurs, professions libérales et autres. Nous rendons hommage à ceux qui, malgré cette répression, ont eu le courage et les convictions morales de se lever et dénoncer ces horreurs historiques. Nous insistons sur la pleine protection des droits humains que sont la liberté d’expression, d’opinion, de réunion et d’association, ainsi que le droit de défendre les droits humains sans harcèlement, représailles ou persécution.

Nous rejetons la tactique injuste qui consiste à qualifier d’« antisémites » ou de « soutiens du terrorisme » tous ceux qui osent s’exprimer et agir pour défendre les droits du peuple palestinien, condamner les injustices et atrocités du régime israélien, et sa pratique de l’apartheid et du génocide, ou critiquer l’idéologie sioniste. Nous sommes solidaires de tous ceux qui ont été diffamés ou punis de la sorte.

Nous sommes convaincus que la lutte contre toutes les formes de racisme, d’intolérance et de discrimination inclut nécessairement un rejet égal de l’islamophobie, du racisme anti-arabe et anti-palestinien et de l’antisémitisme. Elle implique aussi de reconnaître les effets dévastateurs que le sionisme, l’apartheid et le colonialisme de peuplement ont eus, et continuent d’avoir, sur le peuple palestinien. Nous nous engageons à lutter contre tous ces fléaux.

De plus, nous rejetons l’idéologie destructrice du sionisme, en tant qu’idéologie officielle de l’État israélien, des forces qui ont colonisé la Palestine et établi l’État israélien sur ses ruines, ainsi que des organisations et relais pro-israéliens actuels. Comme le proclame la Déclaration universelle des droits humains, nous affirmons que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, sans aucune exception. Nous appelons à la décolonisation sur toute la terre, à la fin de l’ordre suprémaciste et au remplacement du sionisme par un système fondée sur l’égalité des droits pour tous – chrétiens, musulmans, juifs et autres.

Nous sommes inspirés par la résistance courageuse et la résilience du peuple palestinien face à plus d’un siècle de persécutions, ainsi que par le mouvement grandissant de millions de personnes à travers le monde qui se tiennent à ses côtés en solidarité, y compris l’engagement militant et les actions non-violentes de milliers de militants juifs rejetant le régime israélien et son idéologie ethnonationaliste, et qui ont proclamé que ce régime ne les représente en rien et n’agit pas en leur nom.

Nous reconnaissons le droit du peuple palestinien à résister à l’occupation étrangère, la domination coloniale, l’apartheid, l’assujettissement par un régime raciste et l’agression, y compris par la lutte armée, conformément au droit international et comme affirmé par l’Assemblée générale des Nations unies.

Nous rappelons que le droit des Palestiniens à l’autodétermination relève du jus cogens et erga omnes (règle universelle ne souffrant aucune exception et s’imposant à tous les États) et qu’il est non négociable et axiomatique. Nous reconnaissons que ce droit comprend : l’autodétermination politique, économique, sociale et culturelle, le droit au retour et à une compensation intégrale pour tous les préjudices subis pendant un siècle de persécutions, à la souveraineté permanente sur les ressources naturelles, à la non-agression et à la non-ingérence. Nous respectons les aspirations des Palestiniens, ainsi que leur pleine autonomie pour toutes les décisions affectant leur existence, et nous exprimons notre solidarité.

Nous sommes gravement préoccupés par le cours que prennent les relations internationales, la politique internationale et les institutions internationales, ainsi que par les attaques contre les institutions internationales ayant dénoncé le génocide et l’apartheid en Palestine. Ces fondements normatifs de l’ordre mondial, basés sur les droits humains, l’autodétermination des peuples, la paix et le droit international, sont sacrifiés sur l’autel d’un réalisme politique cynique et d’une soumission obséquieuse à l’égard du pouvoir, laissant le peuple palestinien sans défense, exposé en première ligne. Nous affirmons qu’un autre monde est possible, et nous nous engageons à nous battre pour qu’il voie le jour.

Nous craignons que l’ordre normatif international naissant et imparfait, élaboré depuis la Seconde Guerre mondiale, avec les droits humains pour fondement, ne risque aujourd’hui l’effondrement en raison des attaques prolongées menées par les alliés occidentaux du régime israélien, déterminés à garantir son impunité. Nous nous engageons à combattre cette offensive et à œuvrer pour protéger et faire avancer l’idéal d’un monde dans lequel les droits humains seraient régis par l’État de droit, en commençant par lutter pour la liberté des Palestiniens. Nous estimons qu’il faut réformer et corriger les faiblesses et inégalités instituées dès l’origine du système international, notamment : le droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, la marginalisation de l’Assemblée générale et les obstacles entravant l’exécution des arrêts de la Cour internationale de Justice (CIJ).

Nous exigeons une action immédiate pour isoler, contenir et traduire en justice le régime israélien par le biais du boycott universel, du désinvestissement, des sanctions, d’un embargo militaire, de la suspension des organisations internationales et de la poursuite de ses responsables. Nous nous engageons à défendre cette cause. Nous exigeons aussi que soient pénalement responsables tous les dirigeants politiques et militaires, soldats et colons israéliens impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, génocide ou violations flagrantes des droits humains, et que répondent de leurs actes toutes les personnes et entités complices des crimes de ce régime, y compris ses soutiens externes, les responsables gouvernementaux, les entreprises, les fabricants d’armes, les sociétés énergétiques, les firmes technologiques et les institutions financières.

Nous saluons la Cour internationale de justice (CIJ) pour la procédure en cours pour génocide contre le régime israélien et pour son avis consultatif historique concluant à l’illégalité de l’occupation israélienne, du mur d’apartheid et des pratiques d’apartheid et de ségrégation raciale. Nous saluons aussi ses conclusions selon lesquelles les droits du peuple palestinien ne peuvent dépendre de son oppresseur, ne sont pas négociables, et que tous les États ont l’obligation de s’abstenir de tout traité, relations économiques, commerciales, diplomatiques ou d’investissements avec le régime d’occupation d’Israël. Nous célébrons l’action exemplaire de l’Afrique du Sud qui a porté devant la CIJ l’affaire historique de génocide contre le régime israélien.

Nous appelons tous les États à garantir la mise en œuvre intégrale des mesures conservatoires ordonnées par la CIJ dans l’affaire pour génocide contre Israël, à respecter pleinement les conclusions de l’avis consultatif de la CIJ de juillet 2024, à appliquer sans réserve la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies du 13 septembre 2024 (A/ES-10/L.31/Rev.1), notamment en mettant fin à tout commerce d’armes avec le régime israélien, en instaurant des sanctions à son encontre et en soutenant la traduction en justice de tous les criminels israéliens. Nous exhortons les organisations de la société civile et les mouvements sociaux du monde entier à lancer et renforcer des campagnes de soutien aux décisions et avis de la CIJ sur la Palestine, et à pousser leurs propres gouvernements à s’y conformer.

De même, nous saluons la Cour pénale internationale (CPI) pour avoir émis, bien que tardivement, des mandats d’arrêt à l’encontre de deux hauts responsables du régime israélien. Nous appelons la CPI à accélérer la procédure concernant ces dossiers et à délivrer sans délai des mandats supplémentaire contre d’autres responsables israéliens, civils et militaires. Nous exhortons tous les États parties à la CPI à remplir d’urgence leur obligation d’arrêter ces auteurs et de les remettre à la justice, et nous exigeons que les États-Unis lèvent immédiatement toutes les sanctions contre la CPI et cessent leur obstruction à la justice.

Nous exprimons notre gratitude et notre admiration envers les procédures spéciales indépendantes du Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour leurs contributions d’experts et leur voix forte et intègre demandant la responsabilisation du régime israélien et défendant les droits humains du peuple palestinien. Les membres de ce conseil se sont révélés être la conscience morale de l’ONU, et nous appelons les Nations unies et tous les États membres à défendre sans faille ces titulaires de mandat. Nous saluons aussi l’action exemplaire des agences onusiennes – au premier rang desquelles l’UNRWA – dans leur défense des droits du peuple palestinien et la fourniture d’aide et secours aux survivants du génocide en Palestine, en dépit de risques et obstacles jamais vus.

Nous sommes convaincus que le monde se trouve au bord d’un dangereux précipice, dont la lisière est en Palestine. Des forces redoutables, tant publiques que privées, nous poussent vers l’abîme. Les événements des dix-neuf derniers mois et nos propres réflexions nous ont persuadés que les organisations internationales clés et la majorité des pays du monde, qu’ils agissent seuls ou collectivement, ont échoué dans la défense des droits du peuple palestinien et dans la réponse au génocide perpétré par le régime israélien. Désormais, le défi de la justice repose sur les personnes de conscience du monde entier, la société civile et les mouvements sociaux, sur nous tous. C’est pourquoi, dans les mois qui viennent, nous nous consacrerons à relever ce défi. Des vies palestiniennes sont en jeu. L’ordre moral et juridique international est en jeu. Nous ne pouvons pas échouer. Nous ne faiblirons pas.

Le Comité de Pilotage du Tribunal : Richard Falk, Ahmet Köroglu, Hilal Elver, Raji Sourani, Lara Elborno, Penny Green, Wesam Ahmad, Craig Mokhiber.

29 mai 2025 – Gaza Tribunal – Traduction : Chris & Dine

QUEL AVENIR POUR LES OCEANS ?

issus du site de Serge D’ignazio www.flickr.com/photos/119524765@N06/albums

La troisième Conférence des Nations unies sur l’océan, c’est ouverte lundi 9 juin 2025 à Nice. C’est le plus grand rassemblement international jamais dédié à la protection du milieu marin, après une première édition à New York (États-Unis), en 2017, et une seconde à Lisbonne (Portugal) en 2022, et cette troisième conférence se terminera le vendredi 13 juin 2025. Que peut-on en attendre ?

Son objectif, c’est de faire le point sur la mise en œuvre de l’objectif de développement durable n°14 », détaille Gauthier Carle, directeur général adjoint de la Plateforme Océan et Climat. Adopté en 2015 par l’Assemblée générale des Nations Unies, ce fameux « objectif 14 » vise à « gérer durablement » et mieux protéger des activités humaines les écosystèmes marins. Pour ce faire, il définit plusieurs cibles à atteindre : prévenir la pollution marine et les déchets en mer, réduire l’acidification des océans, mettre un terme à la pêche illégale…

Parmi les dix-sept objectifs de développement durable établis par les Nations unies, l’objectif 14 est « l’un des plus sous-financés », regrette Gauthier Carle. Ses cibles sont par ailleurs loin d’être atteintes. Seuls 8,4 % des océans sont aujourd’hui protégés, alors que les Nations unies projetaient d’atteindre 10 % en 2020 et espèrent parvenir à 30 % d’ici à 2030. Au total, 2,7 % des océans sont fermés aux activités industrielles, le seul niveau de protection qui permette, selon les scientifiques, d’obtenir des résultats tangibles pour la vie marine.

Extrait article site de reporterre 9 juin 2025

Dans l’émission de ce jour, nous allons revenir sur la question de la préservation des océans. Pour cela, nous entendrons à la suite un son du site blast du 18 février 2022 intitulé : L’Océan est en danger et s’il meurt, nous mourrons. Nous poursuivrons avec Aurore Stéphant qui démontra l’impossibilité de l’exploitation sous-marine des métaux et nous terminerons par cette question Comment la surpêche industrielle tue l’environnement et la pêche artisanale.

“Organize, fight, win” : De l’intérieur

Lors de la semaine anti- impérialiste ” organize, fight, win” Paris, qui se déroule à Paris du 2 au 8 juin, nous avons pu réaliser un plateau radio lors du vernissage de l’exposition ” De l’intérieur : Héritage et mémoire des luttes anti impérialiste à Paris” que nous vous diffusons aujourd’hui.

Cette semaine, organisé à l’initiative de plusieurs collectifs engagés dans la lutte contre le fascisme et l’impérialisme, à l’occasion de l’hommage rendus à la mémoire de notre camarade Clément Meric, tué par des neonazis il y a 12 ans, vise à transformer ce moment de mémoire en une initiative stratégique pour refonder un front anti-impérialiste et se poursuit avec de nombreux événements tout au long de la semaine.

Non à la dissolution Urgence Palestine et La jeune garde

Aujourd’hui, nous vous diffusons le montage que nous avons réalisé de l’émission Au poste du 14 mai 2025 dernier dans lequel vous pourrait entendre un débat croisée entre la Jeune garde et Urgence palestine autour de la demande de dissolution de leur organisation demandé par le gouvernement.

Désertion et refus de la guerre en Ukraine et Russie avec l’initiative Olga Taratuta

Samedi 3 mai à la Maison Ouverte s’est tenue une discussion autour de la désertion et le refus de la guerre en Ukraine et Russie avec l’Initiative Olga Taratuta (bulletin anti-guerre et initiative de solidarité avec les déserteurs), suivi d’une cantine à prix libre et d’un blind-test antimilitariste, en soutien au collectif ASSEMBLY de Kharkiv (Ukr). C’est une grande partie de cette discussion que nous vous proposons dans l’émission de ce jour.

La soirée débuta avec une discussion avec des membres de l’INITIATIVE OLGA TARATUTA, bulletin anti-guerre lancé aux premiers jours du conflit et initiative de solidarité avec les déserteurs. L’idée de cette rencontre fut d’offrir une mise en contexte du déroulement du conflit et des positions qui ont pu y être tenues, en mettant en lumière le choix de la désertion et du refus de la guerre.

Alors que de nombreuses guerres font rage dans le monde, celle qui oppose officiellement les États russe et ukrainien depuis trois ans (et au Donbass depuis 2014) sert aujourd’hui d’accélérateur à un réarmement européen. Depuis l’embrigadement général de 1914, l’union sacrée a toujours été l’arme du pouvoir et de la bourgeoisie pour étouffer les révoltes populaires et rallier les classes en lutte sous son drapeau contre une nation rivale. En tant qu’internationalistes, nous refusons de cautionner ce jeu de dupes macabre et voulons faire vivre une perspective révolutionnaire à travers le brouillard dans lequel nous plonge la guerre et ses apôtres.

Que ce soit en Russie tout comme en Ukraine, on peine à trouver de nouveaux volontaires au sacrifice, les campagnes de conscription s’enchainent à coup de matraquages patriotiques dans l’espace public. L’État russe est forcé de payer de plus en plus cher sa chair à canon (hausse drastique des soldes, utilisation de mercenaires) tandis que les rafles de conscrits se multiplient en Ukraine, souvent sous la pression de la torture. Confrontée à la boucherie qu’est la guerre, c’est
une part de plus en plus grande de la population ukrainienne qui ne trouve plus de sens à défendre « son » État contre un autre, à taire les mesures de casse sociale et la corruption à l’arrière comme au front.

La désertion est aujourd’hui devenue un véritable phénomène de masse dans les rangs ukrainiens (un soldat sur cinq déserte face au carnage de cette guerre) et il ne fait nul doute qu’elle n’est pas négligeable du côté russe. Attaques incendiaires et armées de centres de recrutements, sabotages de lignes ferroviaires de logistique, disparitions massives d’armes, refus d’obéir aux ordres et assassinats d’officiers : partout la révolte craquelle, l’apparence d’ordre martial.

Dans cette situation, refuser la guerre et sa logique de destruction, c’est se placer en solidarité avec toutes celles et ceux qui cherchent à fuir ou à lutter contre l’effort de guerre en cours plutôt que d’aligner nos discours sur les intérêts de la bourgeoisie européenne. Plus que jamais, nous pensons que cela passe par la visibilisation des pratiques des russes et des ukrainien⸱nes qui luttent contre l’enrôlement de force et la propagande militaire et tentent de provoquer mutinerie et désaffection sur la ligne de combat comme au travail. Déjà difficilement tenable en début de conflit,
le soutien inconditionnel à des brigades se disant anarchistes, bien que subordonnées depuis longtemps à l’armée régulière ukrainienne, semble définitivement être une position totalement à rebours de la situation concrète.

Contrairement aux positions qui semblent faire consensus chez une partie des révolutionnaires en Europe de l’Ouest, nous voulons également souligner que les
anarchistes et plus globalement les révolutionnaires ukrainien⸱nes ne sont pas un groupe homogène. S’appuyant sur l’image de brigades antiautoritaires, “Solidarity Collectives” et leurs soutiens tendent à invisibiliser les initiatives anti-guerre. En cela, ils ne font que jouer le jeu de l’État ukrainien et dépeignent de telles initiatives comme pro-russes, quand bien même, elles soutiendraient les déserteurs des deux côtés du front. Tentant de tenir cette ligne, le collectif Assembly représente pour nous une source d’inspiration salutaire dans la perspective de l’entretien de la conflictualité sociale en temps de guerre.

Transmettant des informations concernant les conflits tant sur le front que sur les lieux de travail ou encore concernant le désastre écologique en cours en Ukraine, le collectif est aujourd’hui un relai important des pratiques de désertion et de celles et ceux qui organisent au quotidien la solidarité contre la conscription forcée, et ce, malgré son isolement politique à la fois au sein de son propre pays et à l’international.

Outre le sujet du front en Ukraine et de notre soutien aux déserteurs, cette discussion sera ainsi l’occasion de nous pencher sur la réalité de la militarisation d’une Europe qui se lance dans un grand plan de réarmement à coups de milliards, mais aussi de la France où commence à se poser la question d’un retour du service militaire. Ici, la droite tout comme la gauche se rejoignent dans un grand consensus toujours plus militariste avec le vote de crédits de guerre au nom de la démocratie. Avec la montée du nationalisme – ou du “patriotisme”, on tente de nous préparer non seulement à de futures potentielles mobilisations générales, mais dès aujourd’hui à toujours plus de réformes au nom d’une “économie de guerre”.

Derrière le soi-disant soutien au peuple ukrainien proclamé par la bourgeoisie européenne, c’est le complexe militaro-industriel occidental qu’il s’agit de nourrir dans une séquence de reconfiguration du cycle mondial de l’accumulation capitaliste. Dans un tel contexte, ni le soutien à l’occident sous prétexte qu’il serait démocratique, ni le soutien aux régimes russes, iraniens ou chinois, quand bien même, il s’opposerait à l’impérialisme étasunien, ne peuvent être une solution pour notre émancipation.

Nous faisons le choix de rappeler des principes de solidarité entre les opprimés et les exploités du monde entier, de donner de la force à qui refuse de tuer et se sacrifier pour la patrie, accueille et aide les déserteurs, sabote et s’attaque aux donneurs d’ordre et autres profiteurs de cette industrie de la mort, à quiconque participe, en somme, au sursaut du camp de l’émancipation.

Liberté pour tous les déserteurs emprisonnés, pour les prisonniers et prisonnières politiques en Russie et en Ukraine !
Contre la déportation des déserteurs exilés en France et en Europe !
Mort à la guerre et à qui en vit !
Solidarité entre tous les exploités et les opprimés du monde !

confederation paysanne :mort de pierre alessandri / Action pour le revenu paysan au Grand Palais

Dans l’émission de ce jour, nous revenons sur l’assassinat de pierre Alessandri, agriculteur et Secrétaire général de la Via Campagnola, syndicat agricole membre de la Confédération paysanne en Corse. Pour cela, nous entendrons l’entretien réalisé avec Laurence Marondola, porte-parole de la Confédération paysanne puis en seconde partie d’émission, nous reviendrons sur l’action syndicale de la Confédération paysanne le 5 décembre 2024 au Grand Palais, lors de l’inauguration de la Bourse européenne de commerce et des suites de cette action avec le procès qui se tenait le 4 février 2025 et nous pourront entendre le reportage issu du rassemblement avec notamment, l’entretien réalisé avec Sylvie Colas secrétaire nationale de la confédération paysanne et également l’interview d’un des paysans qui comparaissait à ce procès. À noter, qu’à l’issue de cette audience, a été prononcer le renvoi du procès au 14 octobre 2025.

Assassiné le 17 mars en Corse, Pierre Alessandri était connu pour son engagement syndical contre la spéculation, les fraudes et les pratiques mafieuses dans le monde agricole. Retour sur le combat de ce syndicaliste.

Article initialement publié sur Basta! et écrit par Sophie Chapelle

Deux balles mortelles dans le dos et pas de revendication. Pierre Alessandri, 55 ans, a été assassiné le 17 mars, au crépuscule, alors qu’il travaillait sur sa ferme, au lieu-dit U Mandriolu en Corse-du-Sud. Ses obsèques ont eu lieu ce samedi 22 mars. Installé à Sarrola-Carcopino dans la région d’Ajaccio depuis 1993 où il avait repris l’exploitation familiale, Pierre Alessandri était un producteur d’huiles essentielles, passionné par la culture des agrumes. « Son verger témoignait de son attachement profond à la terre et à la transmission d’un savoir-faire ancestral » écrit André Torre, président du centre Inrae de Corse.

Son engagement ne s’arrêtait pas à ses propres terres. Secrétaire général de la Via Campagnola, syndicat agricole membre de la Confédération paysanne, Pierre Alessandri a consacré plus de trente ans à la défense du foncier agricole et de l’agriculture paysanne en Corse. « Il a été moteur de nombreux projets collectifs comme des magasins de producteurs », témoigne Laurence Marandola, porte-parole de la Confédération paysanne. « Il a participé à la formation de générations de militants et de militantes sur les dossiers agricoles. »

Pierre Alessandri était aussi « un militant engagé et offensif, nationaliste de gauche, sympathisant du mouvement Core in Fronte, qui dénonçait avec force les dérives de l’agriculture insulaire », rappelle la journaliste Hélène Constanty sur Mediapart.

Siégeant durant de nombreuses années en Safer – instance collective où se décide l’attribution du foncier –, Pierre Alessandri n’a jamais cessé de dénoncer la spéculation sur les terres agricoles. « Il s’était aussi dressé courageusement contre les fraudes aux aides Pac, système corrompu qui permettait à quelques-uns de se remplir les poches. Il réclamait simplement un système juste pour tous les agriculteurs et agricultrices corses », témoigne Laurence Marandola.

« Cette tragédie s’inscrit dans un climat de pratiques mafieuses et corruptives qui gangrènent le territoire corse et mettent à mal l’État de droit »estime l’association Anticor, qui ajoute : « Combattre pour l’intérêt général ne devrait pas coûter la vie. »

Si une enquête a bien été ouverte pour « assassinat », aucun lien ne peut être établi à ce stade entre ce meurtre et les positions syndicales de Pierre Alessandri. Le procureur d’Ajaccio a déclaré le 18 mars que « plusieurs pistes sont exploitées par les services enquêteurs pour déterminer le mobile de l’acte criminel qui avait manifestement fait l’objet d’actes préparatoires ».

Scandale des fraudes aux aides Pac

Comme le rappelle France 3 Corse, Pierre Alessandri s’illustre à partir de 2013 en tant qu’opposant à la majorité en place à la chambre d’agriculture, alors détenue par le syndicat majoritaire FNSEA. « Les pressions et les menaces sur Pierre Alessandri ont commencé en 2018, lorsqu’a éclaté le scandale des détournements d’aides agricoles européennes » souligne également Mediapart« Pierre Alessandri était alors candidat à l’élection de la chambre d’agriculture de Corse-du-Sud et dénonçait les pratiques du syndicat majoritaire FNSEA, dont les représentants régnaient sans partage sur le monde paysan ».

Le 3 décembre 2018, Anticor dépose une plainte contre X auprès du Parquet national financier (PNF) pour détournement, recel et blanchiment de subventions européennes. D’après l’association, 36 millions d’euros auraient été détournés par des agriculteurs, entre 2015 et 2018, avec « l’accord et la complicité des autorités de contrôle », c’est-à-dire les services de l’État et l’« accompagnement de personnes très bien informées de la complexité et des failles du système de distribution des aides », à savoir les chambres d’agriculture, précise à l’époque Mediapart.

Cette plainte se fonde sur un rapport confidentiel de l’office européen antifraude (Olaf) qui pointait « la revalorisation des aides agricoles » allouées à la Corse, passées de 13,9 millions d’euros en 2014 à 36 millions d’euros par an pour la période 2015-2020.

Selon des documents d’enquête consultés par l’AFP, « tout tourne autour d’une réunion au ministère de l’Agriculture, le 14 janvier 2016, lors de laquelle a été décidée l’ »attribution informelle et illégale d’aides de la politique agricole commune en Corse ». Pour « éviter d’éventuels troubles à l’ordre public », ces hauts fonctionnaires sont accusés d’avoir invité, lors de cette réunion, les responsables des chambres d’agriculture corses à faire déclarer aux éleveurs insulaires des « surfaces non admissibles » pour bénéficier d’aides. »

Ce dossier n’est pas encore clos puisque trois hauts fonctionnaires seront prochainement jugés. La directrice adjointe du cabinet du ministre de l’Agriculture de l’époque, le socialiste Stéphane Le Foll (2012-2017), est ainsi renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour « détournement de fonds publics ». Le président-directeur général en 2016 de l’agence de services de paiement (ASP), l’organisme qui verse les aides publiques européennes de la Pac, sera également jugé pour « détournement de fonds publics ».

Enfin, le conseiller pour la Corse du ministre de l’Agriculture de l’époque est renvoyé pour « complicité de détournement de fonds publics » pour avoir organisé cette réunion de janvier 2016. Le montant d’aides illégalement versées pourrait être « compris entre 370 000 euros et 1,2 million d’euros », précise l’accusation. Ces possibles détournements ont pu être mis en lumière grâce au courage de militants comme Pierre Alessandri, salue Anticor.

Secrétaire général de la Via Campagnola, syndicat agricole membre de la Confédération paysanne, Pierre Alessandri a été tué de deux balles dans le dos sur sa ferme en Corse le 17 mars 2025. © Distillerie U Mandriolu

Déjà visé par un incendie criminel

Dans le cadre de cette affaire de fraudes, des enquêtes judiciaires sont déclenchées fin 2018, visant notamment le directeur de la chambre d’agriculture de Corse-du-Sud. À l’époque, Pierre Alessandri est l’un des seuls à se « féliciter » de cette opération et à se dire « satisfait de ces contrôles » rappelle Ouest France.

C’est dans ce contexte que Pierre Alessandri se porte candidat tête de liste pour Via Campagnola aux élections de la chambre d’agriculture. La campagne est « particulièrement tendue » relève Mediapart, et c’est finalement la FDSEA qui remporte largement les élections en janvier 2019.

Deux mois plus tard, le 29 mars 2019, France 3 Corse organise une soirée spéciale, consacrée aux fraudes dans le milieu agricole, avec la diffusion du documentaire Prime à la fraude, suivi d’un débat entre représentants du monde agricole.

Face à Stéphane Paquet et Joseph Colombani (FNSEA) qui viennent respectivement d’être réélus président de la chambre d’agriculture de Corse-du-Sud et Haute-Corse, Pierre Alessandri dénonce « le système clientéliste et clanique qui prévaut dans l’attribution des aides agricoles ».

Un mois après, dans la nuit du 26 au 27 avril 2019, sa distillerie est détruite par un incendie criminel. Dans la foulée, une manifestation de soutien rassemble plusieurs centaines de personnes à Ajaccio. Les auteurs ne seront jamais identifiés. Si l’enquête se solde par un non-lieu, le procureur d’alors évoque à l’époque l’hypothèse « d’une réaction violente liée aux positions syndicales de Pierre Alessandri ».

Lorsqu’on se met en travers de la spéculation foncière, il y a une personnalisation systématique de la part d’un système  »mafieux » très efficace pour « terroriser »

Cinq mois après cet incendie, le 25 septembre 2019, alors qu’il s’engage aux côtés du collectif naissant « A maffia no, A vita iè » (Non à la mafia, oui à la vie), Pierre Alessandri se dit personnellement menacé.

Dans une séquence que France 3 Corse a décidé de diffuser à la suite de cet assassinat, Pierre Alessandri indique : « Nous agriculteurs, on est maintenant quasiment en première ligne sur la spéculation foncière. Et lorsqu’on se met un peu en travers, globalement y a une personnalisation systématique de la part d’un système ’’mafieux’’, d’un système « occulte » » qui est très efficace pour ce qui est de, on va employer un terme un peu fort, « terroriser » un certain nombre d’acteurs.

Pierre Alessandri était présent à la manifestation anti-mafia du 9 mars dernier à Ajaccio. Pour Léo Battesti, membre fondateur de ce collectif, « c’est un symbole d’intégrité et du militantisme agricole vertueux qui a été abattu » et « un coup dur porté à la Corse de la créativité et du travail par ceux qui, par la terreur, veulent la dominer »a-t-il écrit sur X.

Silence « effarant » des autorités

L’engagement de Pierre Alessandri contre le clientélisme a été conforté par la récente publication d’un rapport de la Cour des comptes critiquant la gestion passée de la chambre d’agriculture. En janvier 2025, la chambre d’agriculture de Corse – devenue une chambre de région unique – a finalement basculé lors des élections professionnelles en faveur d’une liste d’union soutenue par la Via Campagnola, détrônant ainsi la FNSEA.

Nouveau président de la chambre d’agriculture de Corse, Jean-Baptiste Arena a tenu à rendre hommage à Pierre Alessandri. Il « a payé le fait de son engagement, notamment au niveau du foncier […] face à certaines bandes mafieuses » a-t-il déclaré le 19 mars, devant les représentants des différentes chambres d’agriculture en France, deux jours après son assassinat. « Le danger auquel nous sommes confrontés aujourd’hui […] est un danger mafieux. »

Si la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a déclaré sur X que « [ses] pensées les plus émues vont à sa famille, ses proches et ses compagnons syndicaux, dont [elle] n’ose mesurer la peine qui les envahit » et que « la violence, le recours aux armes, n’ont pas leur place dans notre pays », la Confédération paysanne s’indigne de l’absence de réaction d’autres membres du gouvernement. Ni Gérald Darmanin, ministre de la Justice, ni Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, n’ont fait de déclaration à ce sujet.

« On est face à l’assassinat d’un responsable syndical en activité, et on n’a aucune réaction publique. Ce silence est effarant. Il n’y a eu aucune parole dans l’hémicycle », dénonce Laurence Marandola. « Son assassinat est un coup porté à la démocratie, à la parole libre, à l’engagement en faveur d’une terre que tant d’intérêts contraires cherchent à accaparer. Il faut que l’enquête avance et aboutisse. » Cet assassinat est le quatrième depuis le début de l’année en Corse.+++++++++

Meurtre de Pierre Alessandri : la Confédération paysanne en deuil

18.03.2025

La Confédération paysanne est en deuil. Pierre Alessandri a été assassiné hier soir sur sa ferme en Corse, au lieu-dit U Mandriolu. Secrétaire général de Via Campagnola*, Pierre Alessandri était très engagé pour défendre l’agriculture en Corse depuis plus de 20 ans. Nous sommes sous le choc, empreints d’une immense tristesse.

Nous pensons à sa famille et à ses proches, à tous nos collègues corses et à toutes celles et ceux qui défendent l’agriculture.

Nous sommes dans l’incompréhension et la colère. Les paysan·nes et responsables syndicaux ne peuvent être ainsi pris pour cible. Pierre Alessandri avait déjà subi un incendie criminel sur son exploitation en 2019.

C’est un jour terriblement sombre pour la famille de Pierre à qui nous adressons nos pensé.

Action pour le revenu paysan au Grand Palais

Pendant l’action syndicale de la Confédération paysanne le 5 décembre 2024 au Grand Palais, lors de l’inauguration de la Bourse européenne de commerce, de violentes interpellations policières ont eu lieu dans le cadre d’une nasse totalement illégale, alors que nous quittions les lieux dans le calme aux alentours de 14h. Avec une grande banderole « Sauvez les paysan·nes, mangez un trader ! », la Confédération paysanne y avait dénoncé la spéculation sur les marchés et celles et ceux qui profitent de la dérégulation des marchés.

A la veille d’une conclusion scandaleuse des négociations de l’accord UE*-Mercosur* par la Présidente de la Commission Européenne Ursula Von der Leyen à Montevideo (Uruguay), le gouvernement a préféré en envoyant la BRAV-M la répression disproportionnée de paysan·nes manifestant pour le revenu et contre les accords de libre-échange.

Cinq camarades paysans avaient été interpelés et placés en garde à vue pendant 48 heures, dont deux était jugés le 4 février 2025 au TGI de Paris.

MANIFESTATION DU 1er MAI 2025

photo issue du site contre-attaque.net

Le 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs et travailleuses, prend cette année un relief tout particulier. L’arrivée en ce début 2025, a la tête des États-Unis, de Donald Trump, pour un nouveau mandat de Quatre ans, préfigure déjà une guerre économique, qui mettra à malle une bonne partie du prolétariat. En France, les fermetures d’entreprises et leurs cortèges de licenciement battent leur plein.

Pendant ce temps-là, le gouvernement nous sort un conclave sur les retraites et le président de la République, pour distraire le chaland, nous prépare pour l’automne, une convention citoyenne sur l’école.

L’équipe de l’actualité des luttes, se trouver dans la manifestation parisienne de ce 1er mai 2025. Mais pour commencer, nous nous rendons en Seine-Saint-Denis pour commencer cette journée internationale de lutte des travailleurs et travailleuses, et plus précisément à Aubervilliers. Dans cette manifestation, qui partait de la bourse du travail, pour se rendre vers le quartier de la Maladrerie, nous entendrons plusieurs interventions qui auront une résonance avec le 1er mai et la situation à Aubervilliers.

Dans cette seconde partie d’émission, nous serons dans la manifestation parisienne du 1er mai, dans laquelle, nous avons rencontré des membres de l’association des travailleurs du Congo-Kinshasa, un membre de l’assemblée de citoyens argentins en France, pour parler de la situation en Argentine, puis des salarié-e-s de Monoprix en bute a la répression syndicale et nous terminerons avec la situation de l’institut mutualiste de Montsouris.

« Que se passe-t-il en RDC ? Extractivisme minier, néocolonialisme et viol de masse »

Le mercredi 26 mars 2025, avait lieu une conférence intitulée « Que se passe-t-il en RDC ? Extractivisme minier, néocolonialisme et viol de masse », organisée par le club cutlturel de PSL CultuRepresente, à l’ENS Jourdan. A cette occasion, David Maenda Kithoko, fondateur de l’ association Génération Lumière à Lyon et membre de l’Observatoire Terre Monde prenait la parole. C’est son intervention que nous vous diffusons aujourd’hui pour l’ensemble de cette émission.

relaxe judiciaire pour Siham Touzi ex infirmière en ephad /pas d’extradition pour Gino

Dessin réalisé par SoSkuld (soskuld.com)

Dans l’émission de ce jour, nous revenons sur deux procès à teneur social et de lutte antifasciste.

Dans cette première partie, nous nous rendons au tribunal de Pontoise, ou fût jugé Siham Touzi, ex-infirmière de l’Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) du château de Neuville et gréviste avec d’autres collègues dans cet établissement pendant 133 jours en janvier 2022 et Eugénie Barbezat, journaliste, elles furent poursuivies par l’ex-direction de l’Ehpad pour diffamation. Nous entendrons les différentes séquences du procès 6 février et du délibéré du 3 avril 2025.

Nous poursuivons, avec le procès et le délibéré pour Gino, militant antifasciste et menacé d’extradition en Hongrie. Procès et délibéré qui se sont tenu le 12 mars et le 9 avril 2025. Nous entendrons les interventions de Gino, de ses avocats et de l’un de ses soutiens.

Face à l’absence évidente d’éléments qui pouvait justifier l’extradition de Gino, ainsi qu’aux risques majeurs pour sa sécurité que représentait une détention et un procès en Hongrie, il appartenait à la justice française de prouver sa capacité à prendre la bonne décision. Après la décision positive prise par la Cour d’appel de Paris concernant sa libération, elle devait également refuser son extradition.

Au-delà du cas de Gino, de nombreux.Ses militant.e.s sont victimes de la répression en raison de leurs idées politiques. C’est le cas pour les militant.e.s antifascistes, mais c’est aussi le cas pour les militant.e.s pro-Palestine, écologistes, et contre les violences policières.