Blocage à Agro-Paris-Tech en soutien aux mobilisations agricoles

Le 26 janvier, nous avons rencontré quatre étudiants de l’école d’ingénieur Agronome Agro-Paris-Tech qui avaient bloqué à partir du 20 janvier 2026, pendant quatre jours et quatre nuits, leur université. Ce blocage a eu lieu alors que le monde agricole se mobilise depuis déjà plusieurs mois contre l’abattage systématique des troupeaux contaminés par la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) et contre l’accord de libre-échange du Mercosur.

Mais les revendications des étudiant·es de cette école ne s’arrêtent pas là : les étudiant·es demandent un arrêt de la cogestion entre le gouvernement et la FNSEA au profit d’une agriculture productiviste, qui règne depuis 50 ans au ministère de l’Agriculture. Cette cogestion se retrouve aussi au sein de cette école, car un certain nombre des membres de son Conseil d’Administration sont directement liés à l’agro-industrie. L’exemple le plus parlant est Christiane Lambert — ancienne présidente de la FNSEA de 2017 à 2023 — mais on y trouve aussi la vice-présidente du CA Véronique Fontaine-Heim, ancienne cadre dirigeante chez Nestlé et ancienne directrice générale de Vivescia, une des plus grandes coopératives céréalières de France.

Cette infiltration de l’agro-industrie dans l’école se ressent dans l’enseignement, et c’est ce que dénoncent les élèves qui bloquent le campus. Alors que l’enseignement dans cette école d’ingénieurs agronomes devrait être à la pointe de la transition agroécologique et former les futurs ingénieurs à changer en profondeur le système agricole, il n’en est rien. Les étudiant·es ne sont que très peu intégré·es à l’élaboration des programmes et l’essentiel des partenariats que l’école noue sont avec des représentant·es d’une agriculture industrielle par exemple Syngenta, une multinationale spécialisée dans la production de pesticides.

L’école possède aussi une ferme d’élevage « test », qui pourrait servir à tester des pratiques agricoles plus respectueuses des animaux et de l’écosystème. C’est à la place une ferme industrielle classique, avec des vaches qui passent la majeure partie de leur vie en bâtiment et où les derniers investissements ont consisté à construire une unité de méthanisation et un espace test pour l’agriculture de précision. Cela illustre encore une fois la fuite en avant technologique dans laquelle veut nous entraîner la FNSEA.

Face à ce blocage, la direction joue la montre : elle a fait passer tous les cours en distanciel et a essayé d’intimider les agriculteurs de la Confédération Paysanne qui sont venus soutenir le blocus, en les appelant personnellement pour leur dire qu’ils ne sont pas les bienvenus.

L’enjeu est aussi de relancer une mobilisation étudiante sur le pôle universitaire du plateau de Saclay, car d’autres écoles y dénoncent l’infiltration de l’industrie. C’est notamment le cas de l’école Centrale/Supelec qui multiplie les partenariats et accélère son rapprochement avec le complexe militaro-industriel.

SERBIE: les étudiant-e-s se soulevent contre la corruption

janvier 2025 rassemblement d’éducateurs devant la Faculté de philosophie de Belgrade

Le 1ᵉʳ novembre 2024, la canopée de la gare de Novi Sad s’est effondrée, tuant 14 personnes sur place et en laissant trois blessés ; l’un des blessés est mort le 17 novembre et un autre est mort le 21 mars 2025. L’effondrement a suscité de nombreuses préoccupations de l’opinion publique en Serbie, de nombreuses personnes contestant l’intégrité structurelle et la surveillance des infrastructures publiques.

Les autorités ont ouvert une enquête sur les causes de l’incident, mais la frustration de l’opinion publique a augmenté en raison de l’absence de responsabilisation dans la réponse. Le bâtiment de la gare a été construit en 1964, et a été rénové de 2021 jusqu’à la mi-2024 avec le soutien de l’initiative “la Ceinture et la Route” de la Chine. La cause officielle de l’effondrement reste en cours d’enquête, la corruption du gouvernement et les relations opaques avec les entrepreneurs chinois blâmées.

Les universités serbes, on était leurs tours occupées pour dénoncer la corruption et le clientélisme en Serbie, considérés comme étant à l’origine de ce funeste événement. Ce mouvement, initié par les étudiant.es, s’est étendu dans toutes les couches de la société.

En France, la couverture médiatique de ces événements est pratiquement inexistante. Pourtant, ce mouvement paraît particulièrement intéressant, du fait de sa forme d’organisation (démocratie directe via des plenums), de son ampleur (toutes les universités sont occupées depuis plusieurs mois) et de sa stratégie (les étudiants sont sortis des universités pour arpenter le territoire).

Il ouvre des perspectives politiques dans une Europe qui en manque cruellement, à l’heure où les politiques réactionnaires et nationalistes gagnent du terrain. En 10 mois, se sont tenue dans toute la Serbie, 23000 manifestations.

Le 5 juillet 2025, l’association DOC situé dans le 19e arrondissement de Paris, accueillait, dans ces locaux, une rencontre autour d’une exposition photographique et documentaire et d’un échange en présence d’étudiantes et étudiant serbes venues expressément à Paris pour cet événement et dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute d’une majeure partie de cette rencontre.

Pause musicale : BLOCKADA – C NIK Lorsque l’injustice devient une loi, la résistance devient un devoir.” Cette chanson a été crée en soutien aux protestations d’étudiants à travers la Serbie en 2025 – “Blockada” est leur son de résistance.

Pour plus informations : https://www.courrierdesbalkans.fr/

https://www.instagram.com/1152paris/

ON S’EN MÊLE : assemblée nationale des quartiers

Crédit Photo : À l’AG de On s’en mêle, le 8 mai 2022. © On s’en mêle.

Le 8 mai dernier s’est tenue la deuxième assemblée nationale des quartiers à Stains dans la banlieue nord de Paris. Cette assemblée était appelée par le collectif « On s’en mêle » créé dans les mois précédant l’élection présidentielle – début mars.

Le collectif « On s’en mêle » est issu d’un appel signé par une centaine de représentantEs des quartiers dits populaires et aussi beaucoup de figures historiques des mobilisations de ces quartiers, par exemple des organisateur/ices de la Marche pour l’égalité, du MIB (Mouvement de l’immigration et des banlieues) ou encore autour du groupe Zebda).

Cette rencontre a réuni autour de 250 acteurs et actrices de luttes de quartiers de toute la France.

L’appel « On s’en mêle » part du constat que les organisations de gauche ne prennent pas en considération les questions spécifiques aux quartiers et qu’il convient de s’organiser soi-même en toute indépendance. Même si cette constatation n’est pas nouvelle, il y a déjà eu un grand nombre d’initiatives politiques dans les quartiers des 30 dernières années : il y a un changement pour « On s’en mêle » car même si l’indépendance vis-à-vis des organisations classiques de la gauche est revendiquée, il y a une volonté de participer politiquement avec ces organisations.

En ce mois de mai, nous nous trouvions dans une période électorale, coincé entre la présidentielle et les élections législatives. Comment se ressaisir de la politique et peser dans le quartier. Ce 8 mai, à Stains, la question fut posée.

Ce dimanche, dans cette rencontre, trois temps. D’abords, un retour sur le premier tour des élections présidentielles ensuite la campagne des législatives et la recomposition de la gauche et enfin, le thème de l’émission de ce jour : construction du réseau national vers l’université des quartiers populaire et comment recomposer la scène politique.

UNIVERSITÉ PARIS X NANTERRE : meeting de soutien aux sans facs

On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants », a soutenu Emmanuel Macron lors de la Conférence des présidents d’université, jeudi 13 janvier. Ces propos ont fait bondir les sans-fac de Nanterre. Ces jeunes occupent, depuis bientôt trois mois, un bâtiment administratif de leur université pour exiger leur droit à y poursuivre des études. « La politique de Macron, c’est d’augmenter les frais d’inscription et de renforcer la sélection pour empêcher les classes populaires d’aller à la fac », résume Victor, étudiant, membre de l’UNEF.

Ce jeudi 20 janvier, se tenait un meeting intitulé « De la lutte des sans-fac à la grève nationale », à la fac de Paris X-Nanterre. Plusieurs personnalités syndicales ou de la gauche politique y sont intervenus. Le rendez-vous a été organisé par les quatre fédérations syndicales porteuses du mouvement : l’UNEF, la FSE, l’Alternative et Solidaires étudiant.e.s.

Début décembre, les militants ont proposé à la présidence de l’université un nouveau protocole de fin d’occupation. Le deal : obtenir 21 affectations (en licence ou master) au sein de Paris X-Nanterre, et 61 ailleurs en Île-de-France, après examen des situations par le rectorat. Plusieurs réunions ont eu lieu avec la direction de l’université. Mais la position de cette dernière reste ferme : « zéro affectation »

BÂTIMENT GRAPPIN OCCUPE A PARTIR DU 27 OCTOBRE 2021

Dans un communiqué du 2 décembre, la présidence de l’université assure qu’en 2021, nombre de recours ont déjà été traités. « Plus de 3 000 dossiers ont été examinés et souvent réexaminés par les responsables de nos formations. Nous avons pu résoudre plus de 250 situations, soit nettement plus qu’en 2020 et bien au-delà des capacités d’accueil de l’établissement ». La problématique des jeunes sans affectation « est un sujet national qui mérite bien mieux qu’un conflit local », conclut-elle.

Au quotidien, les occupants déplorent des « méthodes autoritaires et répressives » de la part de cette présidence. Déploiement de vigiles privés, coupures d’électricité pendant plusieurs jours… Pour l’heure, une trentaine d’étudiants et étudiantes composent encore le noyau dur de l’occupation. Ils sont soutenus par une quinzaine de travailleurs issus de l’intersyndicale et d’enseignants.

Dans l’émission de ce jour, nous vous proposons l’écoute de large extrait de ce meeting.

UNIVERSITÉ : QUELLE PLACE POUR LA QUESTION SOCIALE ?


190312 manif etudiante paris (1)

En janvier dernier, la présidence de l’Université de Nanterre a interdisait l’accès du campus à Victor et Mickaël, étudiants et militants à Nanterre.Un projet de loi et a l’étude pour interdire toute intrusion pour des raison politique dans les universités.

pour parler de tout cela , nous recevons Victor étudiant a l’ Université Paris 10 Nanterre