URBANISME ET SECURITAIRE

Depuis plusieurs années, l’îlot 8 réalisé par Renée Gailhoustet dans la ZAC Saint-Denis Basilique (1976-1986) est l’objet d’un projet NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) de dénaturation urbaine, malgré l’opposition exprimée depuis 2017 par les habitants, les architectes-auteurs d’origine et d’autres personnalités extérieures du milieu architectural. En effet, 167 locataires sont signataires d’une pétition qui refuse l’opération (sur 180 appartements). Créé en 2015 le Collectif de l’îlot 8 s’est depuis le début mobilisé sur la rénovation du quartier. Alors qu’auparavant le collectif pouvait négocier le projet d’aménagement avec les initiateurs, depuis 2020 le collectif s’oppose totalement au projet de la municipalité de Mathieu Hanotin qu’il tente d’imposer sans concertation. Sous couvert de sécurité publique, les décideurs (Mairie, PCH et Plaine Commune) veulent fermer la dalle haute et faire peser le coût de cette privatisation sur les locataires actuels, avec pour objectif plus au moins affiché de réduire le logement social sur l’Îlot à 50 % avec un projet de résidentialisation qui relègue la réhabilitation urgente des logements, pourtant plébiscitée par l’ensemble des locataires, à une dernière phase des travaux.

Dans l’émission d’aujourd’hui nous vous diffusons donc le montage du débat organisé par la collectif de l’îlot 8 le 14 février dernier, sur l’urbanisme sécuritaire, avec Lucie Delaporte, journaliste à Médiapart, Alain Bertho, anthropologue, Francis Landron, architecte, et militant à Stop démolitions.

Tract des habitants de l’îlot 8 :

Nous sommes un collectif d’habitants.tes de l’îlot 8 situé au dessus du centre commercial Basilique. La ville, Plaine Commune, le bailleur PCH, la société qui gère le centre commercial, vont déposer des permis de construire en 2025 pour engager la rénovation de l’îlot 8 et de la ZAC Basilique.

Les permis de construire vont porter sur la rénovation du centre commercial et la résidentialisation de l’îlot 8.

Ils prétendent préserver le patrimoine remarquable de Renée Gailhoustet, architecte de l’îlot, primée dans plusieurs pays pour son audace, sa conception progressiste du logement social. Mais ils veulent détruire tous les escaliers montant sur la dalle, enlever les passerelles reliant les îlots, retourner les halls, condamner des passages dans le centre commercial, privatiser des espaces publics, supprimer la libre circulation entre les îlots,

Les services publics et activités sociales vont être déplacés : La radiologie, la crèche, la MAM, Objectif emploi, la Maison Jaune…

Ils veulent transférer aux locataires les charges d’entretien et de la végétalisation de la dalle, aujourd’hui de la responsabilité de la ville .

Mathieu Hanotin déclarait le 5 mars 2021, lors d’un comité de pilotage du projet de rénovation de l’ANRU : « Est ce qu’il y a un enjeu de mixité sociale dans la ville du haut ? Clairement oui. Aujourd’hui dans la ville de l’étage quand on prend tous les îlots on est sur du 100% de logement social : Ce n’est pas normal »

Ils veulent changer la population du quartier. Ils veulent diminuer le nombre de logements sociaux. Leur objectif c’est 50% de logement social 50% de logement privé. Ils veulent développer l’accession à la propriété, au nom de la mixité sociale. Ils veulent chasser les plus pauvres et gentrifier le centre-ville de Saint-Denis.

Ils passent en force. Ils ont refusé de discuter du projet avec les habitants.tes alors qu’ils en avaient l’obligation et le présentent aujourd’hui comme une décision irréversible.
Aujourd’hui ils font de « pseudo-ateliers » pour informer de ce qu’ils ont décidé mais pas pour prendre en compte l’avis des habitants.tes. On peut au mieux discuter de la position des plantes vertes.

Nous ne voulons pas de cette rénovation qui se fait sans les habitants.tes, contre les habitants.tes

Nous ne voulons pas de cette résidentialisation qui prépare la privatisation des logements, la baisse du nombre de logements sociaux, la hausse des charges et des loyers, le changement de population.

Nous ne voulons pas d’une résidentialisation qui dénature l’architecture et modifie les usages de tous les habitants.tes.

Nous voulons une rénovation de qualité, au service des habitants.tes qui y vivent, concertée avec elles et eux.

Nous voulons en urgence la réhabilitation de nos logements. C’est la priorité, les locataires l’attendent depuis trop longtemps.”

JUILLET 2023 : Les violences policières en question

Le 7 juillet 2023, la marche pour la vérité et la justice et la justice organisée depuis 7 ans à Persan Beaumont par le comité Adama était interdite par la préfecture suite aux révoltes qui ont eu lieu après la mort de Nahel lors d’un contrôle routier à Nanterre. En réponse à cette interdiction, le comité Adama a appelé à se réunir le 8 juillet 2023 sur la place de la République, rassemblement qui a lui même était interdit et maintenu par le comité. Vous entendrez donc dans la première partie de cette émission le reportage que nous avons réalisé lors de ce rassemblement avec les prises de parole du Comité et un interview de Mahamadou Camara, frére de Gaye Camara, tué par la police en janvier 2018 d’une balle dans la tête alors qu’il était au volant de sa voiture.

Ensuite, dans une deuxième partie d’émission nous reviendrons avec Emilie du collectif stop violence policières de St Denis, sur la lutte contre les violences d’état, l’article l435-1 qui accorde le permis de tuer à la police et sur les activités du collectif au quotidien mais aussi lors des nuits de révoltes qui se sont déroulés à St Denis.

APPEL A LA MARCHE POUR YANIS 2022

“Le 3 juin 2021, notre fils, notre frère, notre ami Yanis, jeune dyonisien de 20 ans, mourrait de ses blessures après avoir été pourchassé dangereusement par un véhicule de la BAC quelques semaines auparavant.
Certains diront qu’il aurait dû s’arrêter. Il était à l’arrêt. Il rentrait chez lui accompagné d’un ami, chacun sur un scooter. Au bout de sa rue, un véhicule de la BAC a foncé droit dans leur direction. La panique. La peur. Après des années de violences et d’humiliations de la part des policiers dans nos quartiers populaires, précaires et racisés, ils ont fui. La BAC a décidé de les prendre en chasse. Plusieurs témoins témoignent de la dangerosité du véhicule de police lors de cette poursuite.

Une circulaire, envoyée à tous les commissariats et régulièrement mise à jour depuis 2005, interdit pourtant la poursuite des deux-roues sauf en cas de crime de sang. Ce n’était donc pas le profil de Yanis. Ce n’était pas non plus celui de Maïcol (mort en en janvier 2021 à Nice), de Curtis (mort en 2017 dans l’Essonne), d’Ibo (mort en 2019 à Sarcelles) ou de Sabri (mort en 2020 à Argenteuil) ou de Miguel (mort en 2020 à la Réunion). Tous ont perdu la vie après que leur moto, scooter ou quad aient été dangereusement pourchassé et/ou violemment parchoqué par la police.

Depuis le début de la mobilisation, nous avons constaté trop d’incohérences, que ce soit sur la course poursuite en elle-même, ou lorsque Yanis a été retrouvé au sol. Les témoignages mis à notre disposition contredisent la version policière. C’est pourquoi nous ne cesserons de lutter pour que la Vérité éclate que Justice soit rendue pour Yanis et ses proches.

Engagés depuis maintenant 18 mois pour faire éclater la vérité sur ce terrible soir où il a été percuté, l’association JUSTICE ET VÉRITÉ POUR YANIS appelle à la mobilisation et à la solidarité lors de la deuxième journée de commémoration et d’action en la mémoire de Yanis qui aura lieu le samedi 5 novembre 2022, à partir de 14h à Porte de Paris (Saint Denis).

Nous, l’association Vérité et Justice pour Yanis, dénonçons :

  • les violences policières subies depuis de longues années dans nos quartiers, avec une hausse croissante de l’impunité (contrôles au faciès, amendes, humiliations, coups, déclarations mensongères, refus de prendre des plaintes…)
  • le silence des administrations publiques face aux victimes
  • le racisme délétère et systémique de l’institution policière
  • toutes les formes d’injustices couvertes par l’État

Nous marcherons pour :

  • que cesse le silence des administrations publiques et de la justice devant le drame que la famille de Yanis vit depuis 18 mois
  • réclamer à nouveau l’accès à la vidéosurveillance dont une partie est directement gérée par les services de la mairie de Saint-Denis afin d’avoir accès aux faits exacts qui se sont déroulés le soir de la poursuite et de pouvoir poursuivre, s’il y a lieu d’être, les responsables de la mort de Yanis en justice
  • que soit enfin respectée la circulaire qui préconise de ne pas prendre en chasse les véhicules à deux-roues sauf en cas de crime de sang que cessent toutes les formes de violences policières, pénitentiaires et d’État sur notre territoire
  • que les polices, en tant qu’administrations publiques, rendent des comptes aux citoyens

L’association JUSTICE ET VÉRITÉ POUR YANIS est membre du réseau Entraide, Vérité et Justice qui accompagne et fédère les victimes survivantes et les familles de victimes de violences policières, pénitentiaires et d’État. Au niveau local, nous soutenons la mise en place d’un collectif « anti violences policières » dont l’objectif est de créer un réel rapport de force face à la politique sécuritaire inquiétante qui s’est mis en place à Saint-Denis et qui s’est accrue en vue de la préparation des Jeux Olympiques 2024. Cette marche sera l’occasion de rappeler que Yanis n’est pas la seule victime des violences policières sur notre territoire.


Nous donnons rendez-vous le samedi 5 novembre, à 13h30 à Porte de Paris (ou 13h à Pont de Soissons pour départ collectif vers la manifestation) pour rendre hommage à Yanis et à toutes les victimes de violences policières.

Le dimanche 7 novembre 2021, plus de 200 personnes avaient marché à Saint-Denis contre l’impunité policière à l’appel du Comité Justice et vérité pour Yanis. De nombreux soutien avaient répondu présents à l’appel du comité, et notamment le réseau d’entraide Vérité et Justice, Justice pour Ibo, Vérité et justice pour Gaye, le collectif Vies Volées mais aussi des Gilets jaunes avec le collectif des Mutilé.e.s pour l’exemple etc. Dans cette émission et en appel à la marche qui se déroulera le 5 novembre 2022, nous vous diffusons une interview réalisée avec une des membres du collectif le 3 novembre 2022 dernier, et une partie du reportage que nous avions réaliser lors de la marche de l’année dernière.

Pour plus d’infos :

https://justiceveritepouryanis.webnode.fr/marchepouryanis/

Pour soutenir financièrement l’association :

https://www.cotizup.com/marche-pour-yanis

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTER-PROFESSIONNELLE A ST DENIS / MARSEILLE : LE PROJET DE RÉFORME DES RETRAITES


190930

Dans cette 1ere partie d’émission nous vous diffusons un montage réalisé a partir des interventions qui avaient lieu lors de l’assemblée général inter-professionnel qui avait lieu le 23 septembre dernier à St Denis à la bourse du travail.

Ensuite nous vous diffuserons des reportages de cette journée du 25 septembre à Marseille.