Procès de Limoges du 19 et 20 mars : contre les technologies du numérique

Près de cinq ans après les faits qui se sont déroulés le 15 juin 2021, un procès se tiendra à Limoges les 19 et 20 mars 2026. De quoi s’agit-il ? Deux personnes restent misent en cause de « destruction ou dégradation du bien d’autrui par moyens dangereux pour les personnes » et « association de malfaiteurs », en rapport avec l’incendie de huit véhicules d’ENEDIS et de deux antenne-relais de téléphonie mobile et de télévision. Le collectif de soutien et les inculpés souhaitent que le procès de Limoges soit celui des technologies du numérique.

Les compteurs Linky et les antennes 5G sont d’ores et déjà déployés sur tout le territoire français, sans débat ni concertation. Un épais nuage électromagnétique est en train de recouvrir le monde entier, sans prendre en compte les dégâts que ça occasionnent. Les firmes multinationales multiplient les actions de lobbying auprès des gouvernements et dans les commissions officielles de protection de la santé publique. Pourtant, les études menées par des scientifiques indépendants tendent à prouver la dangerosité des rayonnements électromagnétiques, mais elles sont ignorées par les industriels qui affirment que cette dangerosité n’est pas prouvée scientifiquement. Cette manœuvre n’est pas nouvelle. Les industriels l’ont déjà utilisée pour le tabac, l’amiante et la dioxine.

En attendant, ils se frottent les mains devant l’ampleur de l’arnaque des objets connectés. Vendus une fortune, ces objets sont à la fois des émetteurs d’ondes, des moyens de surveillance légaux et la cause d’un gaspillage phénoménal des ressources naturelles. Nous assistons à la mise en orbite de milliers de satellites et au développement à marche forcée de l’intelligence artificielle. Un contrôle généralisé de la population se met en place à une vitesse stupéfiante. C’est tout cela que le procès du 19 et 20 mars dénoncera.

Le principe de précaution doit être appliqué de façon rigoureuse. La santé des personnes et la préservation de l’environnement ne doivent plus être sacrifiées sur l’autel du profit. La situation de notre planète et des organismes vivants qui l’habitent est de plus en plus compromise par l’extractivisme et l’augmentation vertigineuse de la consommation d’énergie. Le réchauffement planétaire, la destruction de la biodiversité et les atteintes de toute sorte à l’environnement entraînent une série de catastrophes climatiques, sanitaires et humaines. Cette destruction du vivant connaît une accélération exponentielle. Les changements dépassent les prévisions des scientifiques qui sonnent l’alarme depuis longtemps. Le temps des bonnes paroles arrive à sa fin. Notre planète, nos mondes, sont en train d’être détruits sous nos yeux.

Devant l’étendue du désastre, il faut agir maintenant. Les États et les institutions internationales tiennent un discours écologique de façade en contradiction complète avec leurs actions. Il revient à chacune et chacun d’entre nous d’agir. Une réflexion globale et collective doit impérativement se mettre en place pour définir une nouvelle conception du vivant qui ne doit plus jamais être une marchandise. L’interdépendance entre tout ce qui vit implique la nécessité d’une coopération égalitaire entre l’humain et les autres organismes vivants.

Il est incontestable que les lois et normes actuelles sont au service des industries mortifères. La désobéissance civile est donc vitale. Pourtant, elle est souvent réprimée au nom d’un dogme « antiterroriste » qui cache mal la terreur réelle que les gouvernements sont prêts à exercer.

Le 19 et 20 mars à Limoge sera l’occasion de débattre et d’être solidaires de toutes celles et tous ceux qui cherchent à arrêter cette machine Infernale. .

Nous espérons que cet appel sera discuté, repris et amplifié.

Les inculpé•es et le Comité de solidarité du 15 juin

Et pour finir :

LYON : LE SALAIRE DE LA HAINE

On ignore pour le moment les circonstances précises de la bagarre qui a causé la mort d’un militant identitaire de Lyon. Toute l’extrême droite et une partie de la classe politique et des médias s’efforcent

 d’instrumentaliser ce décès, notamment contre LFI, mais aussi contre l’extrême gauche, en faisant de ce militant un martyr. Néanmoins, les groupes d’extrême droite, en particulier à Lyon, sont depuis des années à l’origine de très nombreux affrontements violents. Déjà, le 21 mai 2022, un communiqué signé par diverses organisations, dont la CGT et la FSU, dénonçait les agressions régulières commises à Lyon par ces groupes contre des militants ouvriers, de gauche et des immigrés. Cette fois, c’est le groupe Nemesis, dont l’égérie Mila arbore un T-shirt nazi, qui était venu faire de la provocation devant une réunion publique de Rima Hassan, bête noire de l’extrême droite en raison de son engagement pro palestinien.

Les néonazis lyonnais s’en sont pris aussi à des commerçants et à des librairies.

On ne peut se réjouir de la mort d’un jeune homme, mais celle-ci n’est-elle pas la conséquence de la politique de ces groupes dont la haine, le racisme et la violence constituent le fonds de commerce ? Serait-il possible de prôner sans arrêt cette haine et cette violence sans prendre le risque d’en subir les conséquences ?

ENEDIS/RAFFINERIE/GRDF : crise énergétique ou crise sociale?

Dans l’émission d’aujourd’hui nous vous diffusons plusieurs reportages réalisés autour des mobilisations qui s’organisent dans le secteur de l’énergie.

Le mercredi 5 octobre dernier, deux syndicalistes agents d’Enedis en Dordogne ont été interpellés et placés en garde à vue par les renseignements généraux, dans le cadre d’une enquête sur une coupure « sauvage » d’électricité, le 10 janvier, dans une entreprise du département classée Seveso. Une action menée dans le cadre de la contestation contre la réforme des retraites. Jusque là pratique syndicale courante, dans le cadre de la crise énergétique et économique doublée de la répression des militants, l’état utilise l’artillerie lourde pour répandre la peur chez les salariés. Dans une première partie d’émission nous vous diffusons donc l’interview de Cédric syndicaliste CGT réalisé le 6 octobre 2022 lors d’un rassemblement de soutien organisé dès le lendemain par les salariés.

Ensuite, nous vous diffusons un interview réalisé avec Paul délégué CGT de la raffinerie de Grand Puit, le mardi 4 octobre 2022, qui nous fera un point sur les raisons de la mobilisation et sur la force du mouvement après les 72 première heures de blocage.

Puis pour finir cette émission nous vous diffuserons l’interview de Luc Andre Pons autour de l’affaire de Moussa Gakou, salarié de GRDF depuis 15 ans qui dans sa participation à la mobilisation des agents de l’électricité et du gaz pour l’augmentation des salaires est lui même soumis à une répression judiciaire et patronale. A l’appel de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME-CGT), et comme d’autres techniciens grévistes Moussa, les 15 et 22 juin dernier dans ce cadre syndicale coupe le gaz pour pousser la direction de Gaz Réseau Distribution France (GRDF) la partie ex GDF à négocier. Son employeur a porté plainte contre lui. La filiale de l’entreprise publique Engie l’accuse de « dégradation volontaire d’une installation gaz ». Perquisitionné chez lui à Argenteuil dès 6h du matin,il est finalement condamné à 6 mois d’interdiction d’exercice de son métier, 90 h de travaux d’intérêt généraux notamment GRDF le fait passer le 15 novembre en entretien pour licenciement.

MASCARADE ANTITERRORISTE SUR LE PLATEAU DE MILLEVACHE

Cette émission revient sur les événements qui se sont déroulés le mardi 15 juin 2021 en Limousin. Nous rediffusons l’émission réalisée par L’Égrégore sur radio Primitive fin juin 2021, et suivi d’une actualisation.

Le 15 juin 2021 des interventions policières ont été menées dans plusieurs lieux en Limousin avec l’appui de la sous-direction antiterroriste (SDAT), menant à des interpellations et/ou perquisitions pour 12 personnes.

La raison officielle de l’intervention (une enquête sur les incendies de l’antenne-relais des Cars et de véhicules d’Enedis) a bien du mal à faire oublier tout ce qui s’est fait au nom de cette enquête (perquisitions, interrogatoires, surveillance, pose de micro, saisies de matériel relatifs aux activités politiques et militantes de tous et toutes). Actuellement trois personnes demeurent mises en examen et un comité de soutien a été monté. Vous pouvez avoir plus d’information en allant sur le site d’information La bogue ou vous trouverez textes de soutien, analyses sur la question et rendez-vous

Publié le 17/06/2021 | Mise à jour le 28/06/2021

Mardi 15 juin, une soi-disant « opération antiterroriste » a visé sept personnes sur la commune de Gentioux-Pigerolles (Plateau de Millevaches) et en Haute-Vienne. Les faits reprochés : incendies d’une antenne 5G et de véhicules Enedis en février 2020. Les habitant·e·s déjà soutenu·e·s par quelques syndicats s’organisent pour contrer cette offensive policière et politique.

Gentioux (23340), 6 h du matin : de nombreux véhicules de police et gendarmerie bouclent le village du Mont. Une maison est perquisitionnée, une femme entendue. Tout le voisinage est confiné de force dans son logement et toute entrée dans le village est barrée.

Certaines personnes (peut-être au courant de la démesure habituelle des cow-boys en cagoule, qui laisse parfois derrière elle des blessés ou des morts ?) s’inquiètent de cette situation, et font passer le mot qu’une arrestation est en cours. Vers 9 h, alors que perquisition et interrogatoire se poursuivent, mais la route rouverte, une trentaine de personnes des environs s’est rassemblée pour exprimer sa méfiance envers cette opération, qui consiste tout de même à interpeller… l’institutrice et directrice de l’école du village.

On apprendra dans la journée que des opérations similaires ont été menées dans le nord-ouest de la Haute-Vienne au même moment, conduisant au total à l’arrestation de sept personnes dont six sont ce soir toujours gardées à vue.

L’enquête est sous le régime de l’antiterrorisme. Les policier.e.s et gendarmes qui sont intervenu.e.s étaient notamment des membres de la SDAT (Sous-direction de l’antiterrorisme à Levallois-Perret) et du PSIG (Peloton spécial d’intervention de la gendarmerie), armés, gilets pare-balles, cagoulés, équipés de gazeuses et de tout le genre d’attirail absurde qui sied à cette engeance. Deux juges d’instruction, dont un spécialiste de la terrorisation de la population (« antiterroriste »).

Les faits reprochés sont des dégradations de biens, à savoir l’antenne-relais des Cars près de Limoges et des véhicules appartenant à Enedis, en janvier 2020 et janvier 2021.

Le récit, on le connaît déjà : groupuscule radicalisé blabla des leaders et des exécutants blabla pas de fumée sans feu blabla il faut défendre le système blabla nous faisons tout notre possible blabla, faites-nous confiaaaaaaance.

Tout ça à trois jours des élections (dont par ailleurs tout le monde se fout).

Les morts, pendant ce temps, c’est ceux d’un système hospitalier consciemment démantelé, d’un système social en état d’abandon manifeste, d’un système policier putschiste, d’un système patriarcal hystérique, liste non exhaustive.

Gentioux (23340), mardi 15 juin, 6 h du soir : derrière la statue du gamin du monument aux morts qui lève le poing en direction de l’inscription “Maudite soit la guerre”, plus d’une centaine de personnes sont réunies sous les tilleuls devant l’école. Quelques prises de parole se succèdent, les unes pour donner un exposé succinct de la situation, les autres pour faire part de leur solidarité ou raconter leur expérience de “voisins” de l’opération du matin. La parole est difficile. Comme perturbée, hallucinée. Même alors que paraissent les premiers articles de presse, ceux de France Bleu ou du Populaire « la voix de son maître » du Centre, tout le monde reste incrédule, sidéré par la démesure. L’opération de terrorisation habituelle commence à ressembler à ce qu’elle est, la détestable carte dans la manche d’un État aux abois.

Pour plus d’information visitez le site Mutu : La bogue.

Un comité de soutien a été monté. Pour le contacter : Par e-mail : comite15juin@riseup.net/ Par téléphone : 06.23.44.31.52/ Par « FB » :SoutienArrestations15juin

CGT-ÉNERGIE : LES AGENTS CONTRE « HERCULE »

Le projet « Hercule », avec son look sympa, son nom de film de Walt Disney et son code couleur qui n’est pas sans nous rappeler les meilleures séries de notre enfance, n’a rien de rassurant.

« La facture d’électricité a pris 80 % en moins de vingt ans et n’a pas fini d’augmenter »

La réforme de la plus grosse entreprise publique française, EDF, plus de 70 milliards de chiffre d’affaires en 2019 dans le monde, est sur la table. Le feuilleton de la privatisation, dont le premier épisode date de 2004 – séparation d’EDF et GDF, création d’EDF comme société anonyme (SA) à capitaux publics –, continue. Dans l’ombre médiatique de la crise sanitaire, le projet, annoncé en avril 2019, passerait presque inaperçu. Pourtant, depuis novembre, les agents se mobilisent, entre jours de grève et actions, contre « Hercule » qui porte un coup fatal au service public.

L’objectif du projet serait de découper EDF en trois entités :

EDF bleu. Les centrales nucléaires resteraient dans domaine « public ».

EDF vert. Énergies renouvelables et distribution d’électricité (Enedis) seraient regroupées dans une même entreprise privée cotée en Bourse.

EDF azur. Une entreprise chargée des barrages hydroélectriques, dont les concessions seraient ouvertes à la concurrence.

En résumé, vendre les activités les plus rentables et garder dans le domaine public les activités nécessitant les plus gros investissements, la production nucléaire, par exemple.

Entretien du 5 février 2021 avec Romain Rassouwe, secrétaire général de la CGT-Energie 93, Yohann Régis, Noguès Nicolas, Malek Bouakaz.

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