Le 18 décembre : Si on s’arrête, tout s’arrête ! journée internationale des migrant·e·s

Le 18 décembre, à l’occasion de la journée internationale des migrant.e.s, des mobilisations ont eu lieu partout en France, soutenues par près de 500 collectifs, syndicats et organisations locales, régionales et nationales. L’objectif de cette « journée sans nous » est née au cœur de l’été dernier dans la dynamique de « Bloquons tout ! ». Elle était le produit du succès des manifestations du 22 mars. Mais aussi de la nécessité de faire monter le rapport de forces contre un pouvoir qui a fait du racisme et des attaques contre les immigré.es le cœur de sa stratégie pour nous attaquer toutes et tous. Malgré l’importance du sujet, un travail de mobilisation considérable et le nombre important d’organisations signataires, le nombre de manifestants et surtout de grévistes n’étaient pas au rendez-vous.

Dans cette émission, vous allez pouvoir écouter une partie des interventions qui se sont succédées sur la place de la république, avant de partir en manifestation.

Le pays n’a certes pas été bloqué. Mais le mot d’ordre a diffusé largement et est devenu un enjeu. Des dizaines de syndicats, locaux, de secteur, ont signé l’appel. Dans l’hôtellerie et la restauration, le collectif Mise en Place a joué un rôle moteur. Et des livreurs ont rejoint la lutte. Le travail social a été le premier à appeler à la grève le 18 décembre en lien avec ses propres revendications. C’est avec notamment le collectif des Jeunes du Parc de Belleville et les collectifs de mineur.es isolé.es en lutte que le secteur de l’éducation s’est mobilisé. À Paris, l’Assemblée Culture en lutte a organisé des événements de soutien.
Un cap a été franchi, qui agrandit la brèche vers l’avenir, avec l’intervention active d’organisations étudiantes. En région parisienne, des blocages ont eu lieu à Nanterre, à Paris 8…

Partout, il faut que cela grandisse, s’élargisse, essaime. Laplateforme de la MARCHE DES SOLIDARITÉS appelle chaque cadre de mobilisation à organiser dès janvier des assemblées publiques de mobilisation, de coordination, d’organisation des suites :

1/ Renforcer ce qui a permis la #JournéeSansNous : 

  • – les collectifs de sans-papiers, les collectifs de mineur.es en lutte, les collectifs antiracistes et antifascistes, les organisations de solidarité.
    — Les syndicats, en faire des syndicats de lutte pour l’égalité sociale, l’égalité des droits et la régularisation de tous les sans-papiers.

2/ Mener dans les élections municipales une campagne : 

  • – Défensive pour repousser toutes les tentatives de RN et Reconquête d’apparaître et s’implanter dans nos quartiers, nos villes, nos villages.
    – Offensive pour rendre visible et imposer nos exigences : régularisation de tou·te·s les sans-papiers, accès à l’école, à la santé, au logement, à la culture pour toutes et tous, arrêt des rafles et violences policières, stop islamophobie.

3/ Faire converger cette campagne dans des grandes manifestations unitaires sur l’ensemble du territoire samedi 14 mars, veille du premier tour des élections municipales.
Organiser le 21 mars, journée internationale contre le racisme, veille du second tour des élections municipales et fin du ramadan, des rassemblements populaires, des fêtes de l’unité et de la solidarité avec tous et toutes les Musulman.es et contre l’islamophobie.

4/ Et pour préparer pour mars une semaine « Bloquons tout ! », une « semaine noire », une « semaine sans nous » ! Une semaine contre le racisme, le fascisme, le colonialisme et la guerre. Une semaine pour la justice sociale, la paix et l’égalité des droits. Une semaine pour l’abrogation de la réforme des retraites, de la loi Darmanin, des circulaires Retailleau et des lois islamophobes.

Voir ici la feuille de route contre le racisme et le fascisme pour les mois qui suivront : https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/061025/le-temps-du-nous

Ce pays tient grâce aux migrant·e·s. Il vit, fonctionne, respire grâce à celles et ceux que les gouvernements et les patrons tentent de réduire au silence ou à l’invisibilité. Ce n’est pas l’immigration qui abîme ce pays, mais les politiques menées, l’austérité, le mépris social et l’encouragement permanent aux discours de haine. Depuis des années, les pouvoirs publics construisent un paysage dans lequel l’extrême droite se sent chez elle, protégée, légitimée.

Le 18 décembre, nous refusons cette mise en scène. Nous faisons bloc. Nous organisons une « journée sans nous », dans nos quartiers, nos écoles, nos lieux de travail, nos espaces de lutte. Une journée où l’on montre ce que la France refuse d’admettre : sans nous, rien ne tourne. Sans nous, tout s’arrête.

Avec ou sans papiers, immigré·e·s, enfants et petit-enfants d’immigré·e·s, voisin·e·s, collègues, camarades des blocages du 10 septembre et des mobilisations du 18 septembre, nous appelons chacune et chacun à se joindre à ce mouvement. Nous n’irons pas travailler. Nous n’irons pas en cours. Nous ferons front ensemble dans toutes les villes du pays.

Et nous appelons toutes les forces sociales, syndicales, associatives, culturelles, étudiantes, antiracistes, féministes, antifascistes à se mobiliser. À relayer l’appel. À organiser, occuper, bloquer, manifester. À créer les formes d’action adaptées à leurs réalités, pour que cette journée devienne un moment de convergence et d’autodéfense populaire.

Nous mobiliserons pour :

  • L’abrogation immédiate de la loi Darmanin et des circulaires Retailleau
  • L’égalité des droits pour toutes et tous : école, logement, santé, culture, travail
  • La régularisation des sans-papiers
  • La fermeture des centres de rétention administrative
  • La justice sociale, la solidarité, et la lutte contre le racisme et le fascisme

Le 18 décembre, nous faisons vivre l’idée simple et puissante que la dignité ne se mendie pas. Elle se conquiert. Elle s’organise. Elle se défend ensemble. Riposte Populaire sera là, avec toutes celles et ceux qui refusent de plier.

RIPOSTE POPULAIRE