Grève générale en Belgique!

La Belgique à l’arrêt : une paralysie inédite”, titre le quotidien Le Soir. De son côté, La Libre Belgique évoque une “suspension de temps” doublée d’une “parenthèse historique”. Trains supprimés, vols annulés, crèches fermées : un mouvement sociale important a immobilisé un temps la Belgique en novembre 2025, trois jours de grève contre les réformes envisagées par le gouvernement De Wever pour redresser les finances publiques, comparées à un “démantèlement social” par les syndicats. Tiens, tiens, ça nous rappelle que l’austérité est un programme politique transnational. Début mars le journal courant alternatif a invité des Belges, à Lille, pour en savoir un peu plus. Nous vous diffusons l’enregistrement de cette rencontre.

Déja en 2014 le LE PLAN MICHEL sur son site, la radio télévision belge francophone (RTBF) propose un bref résumé (non-exhaustif) des mesures gouvernementales à l’origine de la grève. A titre d’exemple on peut citer le recul de l’âge légal de la retraite (qui passerait de 65 à 67 ans) et l’arrêt de l’indexation des salaires sur l’inflation, une particularité belge correspondant de fait à une stagnation salariale pendant au moins deux ans. Le plan prévoit une modification dans le système d’allocations chômage qui seront revues à la baisse (évidemment !) ainsi qu’une déréglementation des contrats de travail qui va accentuer la précarité, notamment chez les étudiants qui seront sous contrat horaire et non plus journalier. Il prévoit également des mesures visant les chômeurs : allongement du stage d’attente (délai entre l’inscription au «pôle emploi» et le début du versement d’allocations) pour les jeunes qui sortent des études, dégressivité accrue des allocations, limitation dans la durée des allocations d’insertion, mais aussi un service d’intérêt général obligatoire, autrement dit, l’obligation pour les chômeurs de s’acquitter de certains travaux pour pouvoir continuer de percevoir leurs allocations. Enfin l’annualisation du temps de travail dans certains secteurs va permettre le réglage de l’exploitation aux petits oignons, et pour les femmes ce ne sera pas la joie non plus, puisque les réformes concernant le travail à temps partiel vont principalement les concerner. Privatisations, baisse des allocs et des salaires, précarité qui se généralise une recette qui a fait ses preuves ailleurs…