Manifestation – Justice pour El Hacen Diarra – Justice pour tou.te.s

En vue de la manifestation du 21 février prochain, nous vous diffusons aujourd’hui une partie des prises de paroles réalisée le mardi 10 février lors de l’assemblée générale qui avait lieu à la bourse du travail en vue de l’organisation de cette mobilisation.

Communiqué de presse :

LE 14 JANVIER 2026, LA POLICE A TUÉ EL HACEN DIARRA

Devant son foyer, dans le 20e arrondissement. Violemment interpellé.
Étranglé. L’autopsie révèle une fracture du cartilage thyroïde, des signes d’étranglement.

Aujourd’hui, les policiers responsables patrouillent toujours dans nos rues pour intimider les habitant·e·s et le ministre de l’Intérieur Nuñez a déclaré qu’il ne suspendrait pas les policiers. Seule notre mobilisation à tous et toutes pourra imposer la justice.

LE 20E ARRONDISSEMENT : ZONE D’IMPUNITÉ POLICIÈRE

Ce n’est pas la première fois que la police du 20eme tue, mutile, viole et humilie :

En 2007, Lamine Dieng est étouffé dans un fourgon de police, menotté avec 5 policiers sur son dos pendant 30 minutes. Comme El Hacen, Lamine criait qu’il ne pouvait pas respirer. Non-lieu. Aucun policier n’est
condamné !

Entre 2019 et 2020, cinq femmes et une mineure ont subi des agressions sexuelles au sein du commissariat du 20e. Si le policier a été condamné, sa peine a été réduite à du bracelet électronique pour qu’il puisse
“continuer son travail”.

En 2023, Safyatou, Salif et Ilan, 17, 13 et 14 ans sont renversés VOLONTAIREMENT par une voiture de police. Chacun d’entre eux a été gravement blessé et traumatisé, leurs rêves d’avenir brisés. 3 ans plus tard, toujours pas de justice. L’impunité est totale !

DANS NOS MÉMOIRES ET DANS NOS LUTTES

Ils s’appelaient Moussa Bradai (2002), Zyed Benna et Bouna Traoré (2005), Lamine Dieng (2007), Hakim Ajimi (2008), Ali Ziri (2009), Wissam El-Yamni (2012), Amine Bentounsi (2012), Babacar Gueye (2015), Adama Traoré (2016), Shaoyao Liu (2017), Brahim Moussa (2018), Gaye Camara (2018), Sabri Choubi (2020), Souheil El Khalfaoui (2021), Boubacar et Fadjigui (2022), Nahel Merzouk (2023), Alhoussein Camara (2023), Sulivan (2024)… et tant d’autres en France et dans les territoires colonisés.

De George Floyd à El Hacen Diarra, toujours le même cri : “Je ne peux pas respirer”. La même violence raciste d’État. Le même système d’impunité qui tue.

VIOLENCES POLICIÈRES, ÉTAT RACISTE

Il n’y a pas de “bavures” : c’est un système qui tue les personnes racisées, les immigrées, les plus précaires. La police est un instrument de soumission à l’ordre raciste : gardes à vue pour briser nos jeunes, amendes pour appauvrir, violences pour soumettre, contrôles au faciès pour humilier, rafles pour expulser.

Ce combat nous concerne tou·te·s, parce qu’une société qui tolère qu’on blesse et qu’on assassine nos enfants, nos amis, nos cousin.e.s et nos frères et soeurs dans la rue ou dans un commissariat est une société où personne n’est en sécurité.

Nous ne serons JAMAIS en sécurité avec une police qui tue, avec un gouvernement qui hiérarchise les vies selon les origines et les religions. Nous ne serons JAMAIS en sécurité tant que l’impunité perdure.

La vraie sécurité, c’est la justice, c’est l’égalité des droits.

NOS REVENDICATIONS :

1. JUSTICE IMMÉDIATE : Mise en examen des policiers impliqués dans la mort d’El Hacen, justice pour Safyatou, Salif et Ilan, et réouverture de tous les dossiers classés sans suite.

2. VÉRITÉ ET TRANSPARENCE : Enquête indépendante sous contrôle citoyen avec publication de tous les éléments (vidéos, expertises) et fin du mensonge des “caméras déchargées”.

3. SANCTIONS ET DISSOLUTION : Suspension immédiate des agents impliqués dans les violences, et dissolution des brigades violentes (BTC, BRAV-M, BAC).

4. FIN DU RACISME ET DES VIOLENCES POLICIÈRES : Interdiction du contrôle au faciès et des amendes abusives, du plaquage ventral et des techniques d’étranglement, abrogation de la loi “Permis de tuer”.

5. ÉGALITÉ DES DROITS : Droits égaux pour les résidents des foyers : sécurité, dignité, mêmes droits que tous les locataires o Régularisation de tous les sans-papiers.

6. RÉPARATIONS ET SOUTIEN : Reconnaissance de la responsabilité de l’État et soutien financier, médical et psychologique aux victimes et familles. Engagements concrets de l’ensemble des candidats aux municipales et aux présidentielles.

Nous refusons l’oubli. Nous refusons l’impunité. Quand une famille gagne, toutes les familles gagnent !

 Manifestation unitaire le 21 février à Barbès (PARIS) et le 14 mars dans toute la France,
 Pression sur tous les candidat·e·s aux élections,
 Présence aux audiences et aux procès pour soutenir les familles,
 Organisation d’événements de soutien pour permettre aux familles de se battre,
 Solidarité partout : protégeons nos quartiers et surveillons la police.

JUSTICE ET VÉRITÉ POUR EL HACEN ! JUSTICE ET VÉRITÉ POUR TOUTES LES VICTIMES ! ÉGALITÉ DES DROITS POUR TOUS ET TOUTES ! PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX !

Comité Justice et Vérité pour El Hacen Diarra. Avec le soutien de la famille d’El Hacen, des résidents du foyer des Mûriers, du Comité Vérité et Justice pour Safyatou, Salif et Ilan, du Comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng, du Réseau d’Entraide Vérité et Justice, de la Marche des Solidarités, du Collectif pour l’Avenir des Foyers.

Violence d’état à ste Soline: Serge dans Égrégore

Les 25 et 26 mars 2023, se tenait dans les Deux-Sèvres, une Mobilisation Internationale pour la défense de l’eau et contre les mégabassines intitulée : Pas une bassine de plus !

« Les bassines sont des ouvrages de stockage d’eau pour l’irrigation. Ce sont des cratères de plusieurs dizaines d’hectares en moyenne, recouverts de bâches plastiques noires retenues par des digues de 10 m de hauteur en moyenne. Elles ne sont PAS remplies avec l’eau de pluie ni de l’eau de ruissellement ! Les bassines sont alimentées par des pompes qui vont chercher l’eau de bonne qualité dans les sols, les NAPPES PHRÉATIQUES. Face aux pénuries d’eau en été, la solution trouvée par les agro-industriels et le gouvernement est de construire des bassines pour pomper de l’eau en hiver et la stocker.

Une minorité d’exploitations (environ 5 %) a le privilège d’être connectée à la bassine et de bénéficier de cette eau pour irriguer les cultures l’été, alors que le reste du territoire subit le manque d’eau et doit s’adapter aux restrictions préfectorales. Autour d’une série de nouvelles bassines projetées dans les Deux-Sèvres, la mobilisation de Sainte-Soline, c’est à l’ensemble du pays et bien au-delà que se sont vus révélés les enjeux de l’accaparement de l’eau par une minorité d’irrigants, en pleine sécheresse systémique.

Le samedi 26 mars, une manifestation se dirige vers Sainte-Soline ou se construit une bassine de rétention d’eau. Face aux manifestants, c’est un dispositif de maintien de l’ordre disproportionné : pas moins de 7 hélicoptères et plus de 1700 FDO, un dispositif dont le coût est estimé à plus d’un million d’euros. 200 blessés dont plusieurs grièvement, deux personnes entre la vie et la mort et le ministre de l’Intérieur qui demande la dissolution du collectif les soulèvement de la terre.

Grièvement blessé à la tête lors de la manifestation de Sainte-Soline, Serge attendra pendant 1 h 20 l’arrivée des secours bloqués par les forces de l’ordre. Après deux mois de coma, il se réveille enfin.

Nous avons déjà produit une émission avec un premier témoignage de Serge. Néanmoins, pour continuer à réfléchir sur la question de la violence de l’état et de nos moyens d’actions, nous vous proposons aujourd’hui d’écouter une rediffusion de l’émission Égrégore diffusé sur radio primitive, qui revient avec Serge sur cet événement et son engagement politique. Pour finir et compléter cette réflexion, nous vous diffusons par la suite le témoignage d’Alexandre qui a été mutilé lors d’une manifestation LGBT le 1ᵉʳ février 2024.

Vérité et justice pour Safyatou, Salif et Ilan

En appel à la mobilisation contre les violences policières, le racisme systématique et les libertés publiques qui se déroulera le samedi 23 septembre 2023 au départ de gare du nord a 14h, nous décidons aujourd’hui de vous diffuser une partie des prises de paroles que nous avons enregistré lors de la soirée du 13 septembre 2023, à la Flèche d’or, organisé par le comité Vérité et justice pour Safyatou, Salif et Ilan.


Dans la nuit du 13 avril, le scooter de ces enfants du 20ème arrondissement de Paris a été percuté volontairement par une voiture de police, provoquant leur chute. Dès le départ, les policiers ont menti et tenté de camoufler cet acte délibéré en accident de la route, contredit pourtant par plusieurs témoins qu’ils ont essayés de faire taire par la menace et l’intimidation. Après révélation des faits et publication des témoignages dans la presse, le conducteur du véhicule a été mis en examen pour « violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique » et « faux en écriture publique » par un juge d’instruction. Il a alors été placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’exercer son métier, ainsi que d’entrer en contact avec les victimes et les témoins. Mais quid des trois autres membres de l’équipage ? L’acte criminel des policiers a des conséquences gravissimes sur les enfants, sur leur santé physique et morale, leurs possibilité d’étudier, de faire du sport, etc.
Un comité de soutien s’est organisé pour aider Safyatou, Salif et Ilan, leurs familles et leur entourage à obtenir vérité et justice. Cela passe par une solidarité active au quotidien et aussi par une cagnotte afin de faire face à des dépenses (frais avocats et justice, dépenses santé, psychologues…). Mais aussi, pour mener des campagnes de communication pour obtenir vérité et justice.

LE CAJ (collectif d’action judiciaire)

Le 24 mars 2023, le Collectif d’action judiciaire organisait sa première réunion publique à la Flèche d’or intitulée « GAV, violences policières, réquisitions : résister face à la répression ». Environ 150 personnes étaient présentes pour échanger sur l’offensive répressive du gouvernement et les moyens d’y répondre. Nous avons enregistré les interventions que vous pourrez écouter dans cette émission.

« Le Collectif d’action judiciaire, réunissant des avocats, juristes et travailleurs du droit qui veulent faire le choix de mettre leurs compétences juridiques au service de la mobilisation, de la lutte des classes et de notre camp social, s’est lancé pendant le mouvement contre la réforme des retraites.

Ce mercredi, il organisait une première réunion publique à la Flèche d’or à Paris intitulée « GAV, violences policières, réquisitions : résister face à la répression ». À la tribune, Elsa Marcel, avocate et membre du collectif, est d’abord intervenue sur la séquence politique décrivant le changement de nature du mouvement depuis l’annonce 49.3. Une métamorphose se caractérisant par la radicalisation du mouvement poussant le gouvernement, très isolé, à durcir ses méthodes de répression de Saint-Soline en passant par les réquisitions et les atteintes au droit de grève.

L’avocate a aussi expliqué qu’il s’agit en réalité d’un élargissement de pratiques constamment en vigueur dans les quartiers populaires et en a profité pour dire quelques mots de l’opération « Wuambushu », une offensive sécuritaire et xénophobe d’ampleur que prépare Darmanin à Mayotte. Elle a également avancé quelques éléments de programme que défend le Collectif, tels que l’abandon de toutes les poursuites et la levée de tous les contrôles judiciaires ou encore la dissolution des corps spéciaux de répression (BAC, BRAV-M, etc.).

Julie Gonidec, avocate pénaliste et également membre du collectif, est intervenue sur l’évolution des modalités de répression. Elle a d’abord décrit les mécanismes à l’œuvre avant la manifestation et les outils de dissuasion mis en place : fouilles, saisies, arrestations préventives ou encore arrêtés d’interdiction de manifester. L’avocate a aussi expliqué le rôle politique de la garde-à-vue et a donné des conseils pratiques comme la nécessité d’exercer son droit au silence. Enfin, elle a décortiqué les suites possibles à la garde-à-vue comme l’amende forfaitaire délictuelle ou encore les « alternatives aux poursuites » qui sont souvent une façon de sanctionner sans procès.

Le Collectif a ensuite répondu à de nombreuses questions de la salle : sur le fichage, les empreintes ADN, le produit invisible de marquage des manifestants utilisé à Sainte-Soline etc. Près de 150 personnes étaient présentes à la soirée : une réussite pour le Collectif lancé il y a à peine quelques semaines, qui compte bien renouveler rapidement ce type d’échéance. »

Pour les contacter :

E-mail : collectif.action.judiciaire@gmail.com
Instagram : @collectif_action_judiciaire

TEL : 07 45 93 26 88