PAS D’EXTRADITION POUR GINO ET ZAÏD

Depuis plus de deux ans, la Hongrie traque une vingtaine d’antifascistes à travers l’Europe, accusés d’avoir attaqué des néonazis en février 2023 lors du « Jour de l’honneur », un rassemblement à la gloire du Troisième Reich qui se tient chaque année à Budapest. Via des mandats d’arrêt européens, le régime hongrois poursuit à l’échelle du continent,  19 antifas qui auraient été impliqués dans des agressions de militants d’extrême droite. Face à cette chasse aux antifas, un mouvement de solidarité s’est organisé dans divers pays européens.

En France, c’est autour de l’extradition de Gino et de Zaïd que s’est organisée la solidarité. En avril 2025, la justice française s’est opposé à l’extradition du militant albanais Gino, invoquant le risque de « traitements inhumains » en détention et l’incertitude sur les garanties d’un procès équitable. Néanmoins, en décembre, il est arrêté par la police antiterroriste qui l’informe qu’il fait l’objet, pour les mêmes faits, d’un nouveau mandat d’arrêt européen, émis cette fois-ci par l’Allemagne.

Le même enjeu se pose aujourd’hui pour Zaïd, un jeune syro-palestinien de 22 ans, qui a fui à ses 11 ans la guerre civile syrienne pour l’Allemagne, avec un statut de réfugié. Après s’être rendu aux autorités allemandes et avoir passé 108 jours de prison à Cologne et a été libéré sous contrôle judiciaire. Il s’est alors réfugié en France. Car, les risques sont réels. En effet Maja, militant·e allemand·e, non binaire, avait été remis·e par la Hongrie à Budapest, dans les heures suivant son arrestation par la police allemande. Un transfert désavoué quelques mois plus tard par la Cour constitutionnelle, notamment parce que les conditions de détention en Hongrie n’avaient pas été suffisamment prises en compte. Le 4 février dernier, Maja a écopé de huit ans de prison, 30 minutes à peine après les plaidoiries de la défense. Dans son procès était aussi jugé par contumace, Gabri et Anna, condamnés à 7 et 2 ans de réclusion.

Nous réalisons donc cette émission en vue de la date du 18 mars, où la cour d’appel de Paris se prononcera sur l’extradition de deux militants antifas Gino et Zaïd. Vous entendrez donc un reportage réalisé lors d’un rassemblement de soutien pour Zaïd en novembre dernier. Puis, nous vous diffusons un podcast réalisé par le Comité solidarité Budapest en collaboration avec le Studio son de La Parole errante. Un récit pour tenter de comprendre l’ « affaire de Budapest » et les risques encourus par Gino et Zaïd, à nouveau sous procédure d’extradition, suite à leur engagement antifasciste. La lumière sur leur situation est portée par le sombre système politique qui enferme Maja dans les geôles hongroises. Et nous terminons cette émission en vous diffusant le témoignage de Ilaria Salis, poursuivie dans cette affaire, début 2024 sera finalement libérée en raison de l’immunité octroyée par son élection, depuis sa cellule, comme députée européenne. 

CLÉMENT MÉRIC


Il y a 8 ans Clément Méric, militant antifasciste et syndical, était assassiné par des militants néonazis, en plein Paris. En mai prochain, se tiendra le procès en appel de ses meurtriers, condamnés en première instance. Bien qu’il soit nécessaire que la justice reconnaisse la responsabilité des militants de l’organisation Troisième Voie qui s’en sont pris à Clément et à ses amis ce 5 juin 2013, cela ne saurait suffire car, par-delà la question judiciaire, il est impératif d’organiser une mobilisation politique et de replacer le meurtre de Clément sur le plan politique : la montée en puissance de l’extrême droite et de ses violences dans le monde.

extrait du texte d’appel publié sur le site la horde

Nous consacrerons la totalité de cette émission a cette affaire.

Dans une première partie d’émission, nous diffuserons des reportages et extraits d’émission issus de 2018 ou se tenait le premier procès et en seconde parties d’émission, nous serons de retour en plateau avec Aude, qui réactualiseras le contexte et nous parleras du procès qui aura lieu du 25 mai au 4 juin 2021 au tribunal de grande instance d’Évry.