LA SITUATION AU CAMEROUN APRÈS LES DERNIÈRES ÉLECTIONS

Le 28 novembre 2025 à La Maison Ouverte de Montreuil, l’association SURVIE, organisait une soirée intitulée : Regards croisés entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun : Démocratie confisquée, la France complice.
Dans cette première partie, nous nous arrêterons sur la situation au Cameroun, après les élections d’octobre 2025.
Dans ce premier temps, nous entendrons successivement : Patrick Belinga Ondua, chercheur à l’Université d’Antwerp & au CERI – Sciences Po Paris. Il a soutenu sa thèse à l’Université de Genève, « Gouverner le mécontentement au Cameroun. Politiques du logement et construction de l’hégémonie à Yaoundé, 2000-2020 ».

Et Augusta Epanya, militante de l’Union des populations du Cameroun (UPC)-Manidem, coordinatrice de la Dynamique Unitaire Panafricaine.

Le Cameroun subit depuis 1960 une dictature néocoloniale féroce incarnée depuis 1982 par Paul Biya. Le 27 octobre 2025, la huitième « élection » du nonagénaire a été validée par la Cour Constitutionnelle, malgré des suspicions de fraude et de vives contestations populaires. Le premier bilan de la répression fait état de centaines d’arrestations et de dizaines de morts… par des militaires formés et équipés entre autres par la France. Depuis 2014, le Traité sur le commerce des armes de l’ONU (TCA) ratifié par Paris interdit pourtant d’exporter des armes si ces dernières risquent d’être utilisées contre des civil-es. La France, deuxième partenaire commercial du pays, a simplement appelé “tous les acteurs à la retenue et à un dialogue constructif permettant de ramener paix”…

RÉÉLECTION DE PAUL BIYA AU CAMEROUN

Supporters of Cameroonian presidential candidate Issa Tchiroma, who claimed victory in the October 12 presidential election, carry signs and a Cameroonian flag during a protest in New Bell neighbourhood, Douala, Cameroon, October 26, 2025. The signs read: “We are determined for change” and “We no longer want dictatorship”. REUTERS/Zohra Bensemra TPX IMAGES OF THE DAY

Ce lundi 27 octobre, le Conseil constitutionnel du Cameroun a proclamé la réélection de Paul Biya. À 92 ans, il est le plus vieux chef d’État du monde et prolonge une présidence ininterrompue de 41 années pour sept nouvelles années – qui prolongent neuf ans de fonction de premier ministre. Officiellement, il aurait récolté 53,66 % des suffrages. Avant même cette annonce et depuis les élections, des manifestations se tenaient dans plusieurs villes contre le gouvernement, dénonçant sa corruption et la fraude électorale, malgré une répression violente. Pour revenir sur cette actualité, nous sommes en direct aujourd’hui dans les studios de FPP avec Augusta Epanya, coordinatrice de la Dynamique Unitaire Panafricaine et militante de l’UPC-Manidem (Union des Populations du Cameroun-Manifeste National pour l’instauration de la Démocratie).

Du Cameroun à la “Dynamique Unitaire Panafricaine”

Dans cette émission du vendredi 8 novembre 2024, nous avons reçu Augusta Epanya.  Cette militante Franco-Camerounaise est investie depuis plusieurs décennies au sein de l’UPC (Union des Populations du Cameroun), organisation qui lutte contre la politique impérialiste du président Paul Biya.  Elle est également pleinement investie au sein de Dynamique Unitaire Panafricaine, qui lutte pour la souveraineté et l’unité politique du continent, afin de répondre aux aspirations des peuples africains. 

Lors de cette émission, nous avons pu évoquer la lutte contre le régime de Paul Biya, le rôle oppresseur de la France vis-à-vis de ses anciennes colonies, ou encore la nécessité d’une alternative révolutionnaire et anti-impérialiste pour créer des sociétés au service des peuples. 

C’est d’ailleurs avec cette organisation qu’elle s’est rendue au Sénégal du 24 au 28 octobre dernier dans le cadre de la Plateforme Mondiale Anti-Impérialiste, ou des organisations anti-impérialistes du monde entier se sont réunies pour créer une dynamique commune.