MAYOTTE ÎLE SOUS DOMINATION

Le 26 mars 2026, à Paris, au CICP le Centre international de culture populaire, le CAJ : Le Collectif d’Action Judiciaire présentait, un film documentaire “Mayotte, île sous domination”. Ce film militant, situé au cœur de la réalité sociale et politique de Mayotte, était présenté dans le cadre de la 20ᵉ édition de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste à Paris. Les réalisatrices sont Pauline Le Liard, Mathilde Detrez et Carol Sibony.

En décembre 2024, l’archipel des Comores est frappé par le cyclone Chido, qui dévaste l’île de Mayotte, balayant en quelques heures les habitations précaires où vivent 100 000 personnes. Si la crise climatique a renforcé la puissance du cyclone, elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur des destructions. Depuis 1975, la France a arraché Mayotte au reste des Comores, et un long processus de dépossession coloniale a transformé l’île en département-colonie, marquée par la grande pauvreté, les inégalités et la répression d’État.

À travers le point de vue de militantes et travailleuses du droit à Mayotte, “Mayotte, île sous domination” part à la rencontre des habitant·es de l’île. Le film recueille leurs paroles : colères, résignations et résistances quotidiennes, loin des récits dominants. Dans une situation internationale convulsive où l’impérialisme français cherche à maintenir son rang, le cyclone Chido a surtout servi de point d’appui à l’État français pour légitimer le renforcement de son agenda sécuritaire et xénophobe.

Dans la continuité des opérations Wuambushu et Place Nette, la loi Mayotte et le nouveau régime d’exception sur le droit du sol viennent renforcer la fonction de laboratoire de ce territoire, au service de l’impérialisme français dans la région de l’Océan Indien. “Mayotte, île sous domination” offre un regard inédit sur la gestion coloniale, les mécanismes de domination et l’utilisation du droit comme instrument de contrôle.

À travers les voix de celles et ceux qui vivent ces politiques au quotidien, le documentaire nous plonge dans la réalité de la gestion coloniale de l’île, mais évoque également les perspectives pour y mettre fin. À défaut de regarder le film, vous allez pouvoir entendre les échanges qui l’ont suivi.